Feindre : Donner pour réel ce que l'on ne ressent pas, simuler un sentiment pour tromper ; affecter.
Un mot du dictionnaire qui lui convenait tellement.
Il avait un jour lu cette définition et depuis il trouvait que c'était un mot pour lui. Un mot qui lui collait à la peau. Ce n'était qu'un masque qu'il apposait sur son visage et qu'il portait en permanence. Ce n'était que des mots savamment utilisés pour camoufler tout ce qu'il était, tout ce qu'il ressentait.
Un code qu'ils reprenaient tous à loisir dans cette société enfouie dans un marasme de paraître. Un code et des coutumes d'un autre siècle qui les faisaient s'embourber dans un ennui sans nom. Il n'en pouvait plus de ce monde là, il n'était pas fait pour les masques et les faux semblants.
Lui, il voulait dire ce qu'il pensait et briser les masques policés que les gens affichaient pour cacher leur mépris et leur morne vie.
Il voulait montrer son visage courageux au lieu d'un masque indolent ourlé d'un sourire sardonique.
Alors, quand le Choipeaux lui évita la maison des masques et l'envoya dans celle du courage, il put enfin respirer. Et porter pour la dernière fois son masque et feindre la déception de ne pas être envoyé dans l'illustre maison où tous les Black allaient depuis des décennies.