Assis sur son fauteuil les pieds négligemment posés sur un repose pied en velours rouge élimé il contemplait les lambeaux de plafond qui se détachait en grande plaques grisâtres. Là où le papier se décollait la couleur initiale apparaissait. D'un air morne il regardait ces taches blanchâtres qui affleurait sous le papier gris. Autour de lui le spectacle était tout aussi désolant qu'au-dessus de sa tête. Mais il n'y prenait pas garde et continuait de tirer sur sa cigarette sans bouger de la pièce lugubre. Avachit sur son fauteuil éculé il faisait des ronds de fumé en attendant que le temps s'effiloche comme la brume toxique qu'il aspirait à chaque bouffée. Le temps s'étirait lentement pendant que sa cigarette se consumait tout doucement.
Il avait piètre figure avec ses vêtements qui avait déjà vécu une vie avant celle-ci et ses cheveux qui lui tombaient sur les yeux cachant ses prunelles noires douloureusement vide. Un rictus s'étira sur ses lèvres alors qu'il se faisait la réflexion qu'il se fondait vraiment dans le décor accoutré ainsi.
Il leva sa tête le temps de jeter un bref coup d'oeil sur la pièce pour fixer sur sa rétine le piètre spectacle de cette salle jonché des débris d'un passé révolu. Et quel passé. Un passé qui avait était glorieux et qu'on devinait encore sous la pellicule de poussière qui recouvrait le manteau de la cheminée d'un fragile linceul. Le lustre en cristal avait perdu ses pampilles dont les éclats de cristal brisés au sol reflétaient maintenant la lumière dans toute la pièce en des milliers de petits diamants. Les fils d'argent avaient été remplacés par les toiles d'araignées et les tapisseries totalement mités. La cheminée noircie de suie arborait le blason de quelque famille illustre et la grande porte ouvrait sur un immense escalier en marbre. Le sol en marbre dessinait des entrelacs qui se reflétait dans un immense miroir moucheté de noir.
Toute dans cette maison respirait la grandeur et la décadence d'une grande et noble famille.
O comme il haïssait cette demeure, mais piégé dans son sein il ne pouvait rien faire si ce n'est attendre que le temps passe et que l'heure de la délivrance sonne.
Las il jeta son mégot par terre l'envoyant rejoindre les restes de ses précédentes cigarettes qui s'entassait sur le tapis. Sans prêter attention au trou qui se dessinait sous la chaleur des braises il attrapa une autre cigarette qu'il alluma avec son zipo d'un coup sec avant de basculer à nouveau sa tête contre l'appui-tête défoncé.
Au loin le cliquetis d'une horloge se faisait entendre, la fumée dansait toujours dans l'air en nuée de plus en plus compact et Sirius restait là amorphe dans son fauteuil rouge.
