Vous pouvez tromper certaines personnes tout le temps, vous pouvez tromper tout le monde un certain temps, mais vous ne pouvez pas tromper tout le monde tout le temps.— Abraham Lincoln

Tous les êtres humains devraient essayer d'apprendre avant de mourirCe qu'ils fuient, où ça donc, et pourquoi.— James Thurber


Albus ne s'était heureusement pas aperçu de la disparition d'Harry, auquel cas il aurait patienté jusqu'à le confronter à ce sujet. De plus, il se serait probablement trouvé à mi-chemin entre l'inquiétude et la colère devant la réapparition soudaine d'Harry. Ses mains tremblaient si violemment, qu'il réussit à peine à rentrer la clé dans la serrure, ses lèvres étaient certainement bleues à cause du froid et, peu importe la force avec laquelle il essayait de se calmer, il savait que ses yeux étaient écarquillés et paniqués. L'écho de cris étouffés résonnait dans son esprit, battant au même rythme que sa migraine, et par moments il était tout simplement incapable de reprendre son souffle.

Du chocolat. Il lui fallait du chocolat.

Aussi silencieusement que possible, Harry fouilla dans les placards à la recherche de confiseries, et engloutit trois barres avant de se sentir un peu mieux. Il devait vraiment arrêter de tomber sur des détraqueurs s'il souhaitait un beau jour retrouver goût au chocolat.

Il poussa un soupir épuisé et se passa la main dans les cheveux, grimaçant devant l'éclair de douleur raisonnant dans son cerveau. Aïe. Foncer tête la première dans une énorme porte, bien qu'elle n'avait pas été complètement fermée, ne faisait pas partie de ses plus brillantes idées. D'un autre côté, songea t'il en fouillant calmement dans le placard à potions pour soigner son mal de tête, cela ne faisait pas non plus partie de ses idées les plus stupides.

Harry ferma brièvement les yeux de soulagement à la disparition de la douleur, et monta enfin les escaliers vers sa chambre. Il s'arrêta dans le couloir à l'extérieur de sa chambre, et jeta un œil à la porte fermée de la chambre d'Albus. Tenu tout contre son cœur, demeurait le souvenir d'avoir été blotti contre Albus, les cauchemars et l'insomnie chassés par la présence de l'homme. Harry était si fatigué de se réveiller en hurlant, en pleurant ou en tremblant, fatigué d'avoir peur, fatigué des morts, fatigué de ne pas dormir assez. S'il dormait avec Albus, les cauchemars ne le troubleraient pas…

Mais non. Il ne demanderait jamais une chose pareille à l'autre sorcier. Albus avait tant fait pour lui, plus que de raison. De plus, lui demander cela était embarrassant. Et gênant.

Non, Harry ferait ce qu'il avait toujours fait. Il survivrait. Ses cauchemars ne le tueraient pas.

Il serra les mains, ses ongles s'enfoncèrent dans ses paumes, et il se frappa la cuisse de frustration. Il allait mieux! La maison d'Albus et sa présence lui apportaient sécurité et protection. Les cauchemars étaient moins terribles et moins fréquents. Le revoilà à présent à la case départ.

Harry s'allongea sur son lit à contrecœur, ferma les yeux et se laissa emporter par son épuisement.

Ses hurlements le réveillèrent quelques heures plus tard à peine. Il balança les couvertures, s'assit et plongea la tête dans ses mains. Harry était essoufflé comme s'il venait de courir deux kilomètres, et sa tête recommençait à lui faire mal.

Ça n'avait pas été un souvenir cette fois, ce mauvais rêve avait tout simplement été basé sur le souvenir de la folie actuelle de Tom. La présence des détraqueurs avait, semblait-il, infligé des dégâts à l'esprit déjà instable du Mage Noir, et il possédait peu de défenses contre la présence des détraqueurs à un stade aussi précoce de sa vie. Dans le cauchemar d'Harry, Tom lui avait hurlé dessus une énième fois, griffé ses yeux, la seule différence étant qu'Albus était apparu dans la cellule, et que Tom l'avait massacré sous les yeux d'un Harry incapable de bouger.

Je te protégerai Albus, promit Harry. Il ne se croyait pas capable de survivre si jamais Albus venait à mourir et le laissait seul à cette époque qui n'était pas la sienne.

Il soupira et se leva, sortit de sa chambre et descendit les escaliers en direction de la cuisine. Il était encore trop tôt pour avaler une autre potion anti-migraine, mais un chocolat chaud l'aiderait à se détendre. Après avoir allumé la lumière de la cuisine, il sortit des placards une casserole, du lait et du cacao en poudre sans faire de bruit, puis il se mit au travail. C'était simple, mais cela occupa son esprit. Il se surprit même à bailler de fatigue en rinçant la casserole, avant de s'asseoir avec sa boisson.

Albus le trouva là quelques heures plus tard, affalé sur la table avec une tasse de cacao presque vide posée à côté de son coude. Des cauchemars, pensa le professeur devant la pâleur maladive de son colocataire, la tension de sa posture et les cernes sombres sous ses yeux. Il n'eut pas le cœur de le réveiller, il commença donc à préparer le petit déjeuner.

Harry se réveilla dans un grognement, son mal-de-tête comparable à un marteau-piqueur cognant contre son crâne.

« Trop de lumière, gémit-il en louchant sur Albus qui venait tout juste de poser une assiette de crêpes sur la table.

Albus se figea et fronça les sourcils.

— Tu as bu?

Il ne pensait pas avoir déjà vu Harry boire de l'alcool, mais son état ressemblait à une gueule de bois.

— Non, bougonna Harry en faisant la moue, il aurait aimé qu'Albus ne parle pas aussi fort. Trop dangereux. Tu peux te faire tuer si t'pas capable d'penser ni d'bouger correctement. Mais ça aurait été sympa d'oublier. Même 'Mione se serait laissée tenter, je pense.

— 'Mione comme dans Hermione? s'enquit Albus.

— Mmm.

Harry fit un geste semblable à un hochement de tête.

— Qui d'autre était dans ton groupe d'amis? Je crois que tu as déjà mentionné un Ron également.

— Ouais. Et Luna, Neville, Ginny aussi.

Harry ne pouvait pas se concentrer. Sa tête lui faisait souffrir le martyr. Peu enclin à profiter de l'état d'Harry, et dans l'espoir qu'il n'y avait rien de trop grave, Albus lui demanda :

— Qu'est-ce qu'il s'est passé? Tu es malade?

— Um.

Harry réfléchit en fouillant dans son cerveau. Il avait pris une potion quelques heures plus tôt à peine, dans l'espoir de guérir son mal-de-tête, lui-même causé par sa violente altercation avec une porte.

Ah.

— J'ai pris une potion anti-migraine la nuit dernière, marmonna Harry un peu plus distinctement.

Le coup avait vraiment dû lui brouiller le cerveau, si la possibilité d'une commotion cérébrale ne lui avait même pas traversé l'esprit. Les potions anti-migraines étaient indiquées pour les maux-de-tête uniquement. Dans le cas où elles étaient prises par quelqu'un souffrant d'une commotion, elles soulageaient temporairement avant de provoquer d'intenses migraines.

Albus fit vite le rapprochement et l'examina d'un regard suspect.

— Comment as-tu bien pu réussir à te faire une commotion?

— J'ai foncé dans une porte? répondit Harry d'une voix faible.

— Comment?

— Il faisait sombre et j'étais un peu pressé.

— Sans me réveiller?

Harry choisit de se cacher la tête dans les bras plutôt que de répondre. Albus soupira.

— Tu as faim? demanda-t-il en conjurant une assiette et en poussant les crêpes dans sa direction.

— Merci, répondit le jeune homme.

Ils mangèrent en silence, Albus ayant choisi de lire la Gazette du Sorcier plutôt que de parler, afin d'éviter de causer à Harry plus de douleur que nécéssaire. Caché derrière les pages du journal, il ne remarqua pas le sorcier se redresser et examiner la première page attentivement.

En silence, Harry poussa un soupir de soulagement. Les nouvelles d'une effraction dans Azkaban restaient manifestement un secret pour le grand public. Il n'y aurait pas eu grand chose à raconter dans tous les cas, vu qu'aucune évasion n'avait pu être tentée par un détenu, et qu'aucune des patrouilles n'avait pu voir sa forme Animagus avec précision. Cela constituait un souci de moins dans tous les cas.

— Pourquoi n'irais-tu pas te coucher sur le canapé? suggéra Albus avec douceur lorsqu'Harry fut incapable de retenir un gémissement de douleur plus longtemps. Essaye de dormir un peu plus, peut-être que tu te sentiras mieux. Ne t'occupe pas de la vaisselle.

— Merci, grommela Harry avec un sourire blême avant de se lever pour suivre son conseil.

Il était encore tôt et le salon resterait frais jusqu'à midi environ quand le temps se réchaufferait. Il s'affala sur le canapé, un bras devant les yeux pour rester à l'abri de la lumière, et essaya de se détendre assez pour somnoler.

Albus entra dans la pièce quelques minutes plus tard seulement, et agita sa baguette d'un geste absent devant les fenêtres, fermant ainsi les rideaux pour bloquer la lumière matinale.Il se pencha vers le canapé et tira gentiment sur le bras d'Harry.

— Tiens, dit-il en posant un chiffon frais et trempé sur les yeux fermés de son compagnon. Ça va surement t'aider. Je suis dans mon bureau si tu as besoin de quoi que ce soit.

La main d'Harry surgit et lui attrapa le poignet avant qu'il ne puisse s'en aller.

— Je suis désolé, dit-il d'un ton misérable.

— Pourquoi? s'interrogea Albus.

Harry resta silencieux.

— Pour tout, déclara-t-il finalement.

— Je suis heureux de vivre avec toi Harry, affirma le sorcier ainé.

Il hésita, le cœur au bord des lèvres.

— Je…

Les mots restèrent bloqués dans sa gorge. Il ne pouvait pas le lui avouer.

— J'aimerais que tu m'en dises plus, mais je ne vais pas te forcer, certifia Albus à la place.— Merci, dit Harry à voix basse avant de le lâcher. N'oublie pas de faire des pauses et de manger.

Les lèvres d'Albus se courbèrent en un demi-sourire.

— D'accord, » approuva-t-il en sortant de la pièce.


Harry dormit plus profondément que prévu et oublia complètement d'installer des Sortilèges de Silence. Pour la deuxième fois ce jour-ci il hurla à s'en réveiller, rêvant cette fois-ci des rues de Pré-au-Lard inondées de sang, des décombres continuant à brûler tels les tourments de l'enfer.

Crack de Transplanage et Albus apparut, baguette brandie. Il fit sursauter Harry si violemment qu'il en tomba du canapé. L'air sauvage et paniqué disparut des yeux bleus d'Albus devant la situation, avant d'y être remplacé par de l'inquiétude.

« Cauchemar? demanda-t-il avec douceur en rangeant sa baguette.

— Ou-ouais, baragouina Harry en tremblant, il se passa une main dans ses cheveux indomptables. Désolé de t'avoir dérangé.

— Harry, je préférerais mille fois être 'dérangé' comme tu dis, plutôt que de te laisser subir cela tout seul. Depuis combien de temps fais-tu des cauchemars pareils?

— Ça allait beaucoup mieux ces derniers temps. Je pense que c'est parce que tu es dans les parages, estima Harry en se forçant à regarder l'autre sorcier dans les yeux, alors qu'il rougissait d'embarras. J'ai juste fait une rechute aujourd'hui, c'est tout.

— Qu'est-ce qui a causé cette rechute? s'enquit Albus.

— Probablement un truc en rapport avec mon mal-de-tête, répondit Harry, incapable de mentir ouvertement à Albus, mais paradoxalement peu enclin à avouer toute la vérité.

Comme il le faisait assez souvent ces derniers temps lorsqu'il s'agissait d'Harry, Albus n'insista pas.

— C'est bientôt l'heure du dîner, annonça-t-il. Tu as une envie particulière?

L'autre secoua la tête.

— N'importe quoi fera l'affaire, franchement, dit-il en se levant. Ma tête va beaucoup mieux. Je t'aiderais bien à faire la cuisine. »


Albus tombait un peu plus amoureux d'Harry à chaque fois qu'ils passaient du temps ensemble.

Il passait sans doute pour un idiot, à faire confiance à quelqu'un d'aussi louche, à laisser son attirance pour une personne dont il ignorait tout prospérer. Albus avait néanmoins retenu la leçon la dernière fois, avec Gellert. Il ne laissait pas son attachement l'aveugler. Il avait beau ne détenir peut-être que très peu de détails sur les origines d'Harry, ni n'avait pas la moindre idée concernant son nom de famille, mais il savait qui était Harry. Il savait quel genre de personne était Harry, même s'il savait très peu de choses sur ce qui l'avait rendu ainsi.

Jamais Albus n'aurait pensé se rapprocher à ce point de quiconque après Gellert Grindelwald. En effet, il avait été déterminé à ne plus jamais se laisser faire mais, Harry était tout ce que Gellert n'était pas. Il était brun là où l'allemand avait été blond ; gentil et compatissant là où l'autre avait été froid et calculateur ; humble plutôt qu'arrogant. Harry avait été victime d'horreurs qui l'avaient renforcé à bien des niveaux, mais fragilisé à d'autres. Gellert, actuellement, perpétrait des horreurs et des atrocités. Harry se sacrifierait pour les autres sans hésitation si besoin, alors que Gellert se sauverait lui-même avant toute chose.

Albus avait aussi conscience des défauts d'Harry. Ce dernier avait beau ne pas être sérieusement suicidaire, il ne considérait pas sa santé avec une importance particulière non plus. Il était si têtu, qu'il était capable de se faire du mal à essayer d'accomplir ce qu'il pensait être plus nécéssaire que de prendre soin de lui. Il mentait, même s'il savait qu'Albus s'en rendait compte la plupart du temps, il mentait tout le temps. Qu'Harry s'y sente obligé lui faisait de la peine. Il avait un sale caractère.

Il disait tout le temps : « Je vais bien », alors que c'était rarement le cas.


La fin des vacances d'été se passa dans le calme. Harry se remit vite d'Azkaban et finit par accepter d'avoir enfin vaincu Voldemort, alias Tom Jedusor. Il avait passé presque toute sa vie à combattre le Seigneur des Ténèbres et, à présent que c'était chose faite, il se sentait partir à la dérive, sans but. De la même façon qu'il avait passé presque toute sa vie en cavale, il n'était pas habitué à cette espèce de paresse. Qu'Albus eut passé la plupart des derniers jours à l'extérieur de la maison, à faire Merlin seul savait quoi n'aidait pas. Harry comprenait mieux pourquoi Mme Weasley s'était mise à trimballer l'horloge familiale partout avec elle, même lorsque toutes les aiguilles restaient bloquées sur un péril mortel. Harry voulait savoir à la seconde près si quoi que ce soit changeait du côté d'Albus, dont la situation actuelle était probablement dangereuse.

La semaine avant le 1er septembre, date qui marquait le début de la nouvelle année scolaire, Albus et Harry emballèrent toutes les affaires dont ils auraient besoin à Poudlard et fermèrent le cottage. Au lieu de transplaner et, à la consternation d'Harry, Albus avait choisi la Poudre de Cheminette pour arriver directement dans le bureau du Directeur, la seule cheminée du château à autoriser les allées et venues avec la permission du Directeur actuel.

« Quelque chose ne va pas? s'inquiéta Albus en haussant les sourcils devant la tête d'Harry à l'instant où il sortit la Poudre de Cheminette.

— C'est tout simplement l'un des pires moyens de transport, grimaça Harry de dégout.

— Mais pas du tout, le contredit Albus d'un air amusé.

Il aurait presque aimé ne pas avoir dit cela devant l'étincelle qui brillait dans les yeux de son compagnon.

— Très bien, asséna Harry sur un ton aimable, un rictus pas rassurant le moins du monde plaqué sur son visage. Pourquoi n'y vas-tu pas d'abord et je te rejoins après.

En regardant Harry avec appréhension, il s'exécuta. Le feu vira au vert et il articula distinctement :

— Poudlard, Bureau du Directeur.

— Bon retour Albus, s'exclama Armando avec enthousiasme de derrière son bureau. Vous avez passé un bel été?

Albus émergea avec grâce de la cheminée et se décala pour laisser la place à Harry.

— C'était… commença-t-il, avant d'être interrompu par une forme compacte qui débarqua de la cheminée et s'écrasa avec force contre lui. Ils s'écroulèrent dans un enchevêtrement de membres et restèrent allongés là, étourdis par l'impact.

Harry baissa la tête vers Albus qui se trouvait sous lui et ne put s'en empêcher ; il pencha la tête en arrière et éclata de rire.

— La tête que tu as fait, haleta-t-il avant d'appuyer sa tête contre le torse d'Albus dans un effort d'étouffer son rire incontrôlable.

— Par Merlin, mon garçon, dit le Directeur Dippet d'un air surpris. Vous avez eu un souci avec la Poudre?

— J'ai toujours eu des soucis avec la poudre, expliqua Harry entre deux gloussements. Elle ne m'aime pas, tout simplement.

— D'accord, céda Albus, lui-même l'air amusé. J'ai bien compris. La prochaine fois nous pourrons transplaner.— Ce serait plus sûr, en effet, songea Armando en souriant.

— Tout à fait, geint Harry en se relevant du corps de son colocataire, avant de lui tendre une main pour l'aider à se relever. Moque toi de moi et de mes inaptitudes.

— Puisqu'on parle d'inaptitudes, commença Albus en adressant un regard à Dippet.

— Ah oui. Albus m'a suggéré que, ayant prouvé vos compétences en Défense, vous seriez peut-être intéressé pour assister le Professeur Galatea Têteenjoy en classe, et pour donner des cours aux élèves qui en auront besoin. J'en ai parlé avec elle durant l'été et elle a admis que compte tenu du climat actuel, un assistant compétent ne serait pas de refus.

Harry n'attendit pas la fin de son discours pour fixer le Directeur avec des yeux effarés.

— Vous êtes sérieux? souffla-t-il.

— Très, confirma Armando.

Harry n'avait pas vraiment réfléchi à une véritable carrière au delà du simple fait d'obtenir ses documents d'identité. Il ne supportait pas de ne rien faire, mais il n'avait jamais été sûr de ses ambitions, en dehors de l'idée consistant à travailler ses aptitudes en duel et en sortilèges. Il se rappela ce que lui avait procuré l'AD lorsqu'il y donnait des cours, le plaisir qu'il avait pris en les aidant à devenir de meilleures sorcières et sorciers. Il pouvait enseigner et, si les choses qu'il leur avait enseigné pouvaient sauver ne serait-ce qu'une vie, alors elles en valaient la peine. Il avait un but, une fois de plus.

— J'adorerais, accepta-t-il avec enthousiasme.

— Magnifique, sourit Dippet. Vu que nous n'avons pas effectué d'entretien formel ou rien du processus habituel, vos deux premières semaines prendront la forme d'un essai. Si tout se passe bien, vous serez alors considéré comme membre de cette école et vous devrez lire un contrat et le signer. En plus de votre propre chambre et d'une place au sein du conseil d'administration, vous obtiendrez un petit salaire, plus bas que celui des professeurs à plein-temps. Votre chambre dans les quartiers d'Albus est toujours disponible si vous décidez de retourner vous installer là bas, mais nous avons aussi de nombreuses pièces libres dans le château si vous le désirez.

Harry se mordit la lèvre. Il pouvait vivre seul - il était bien assez âgé et pouvait tout à fait se débrouiller seul - mais il n'en avait pas envie. Il appréciait la compagnie d'Albus, aimait savoir que quelqu'un de confiance se trouvait à ses côtés. Il appréciait le sentiment de ne pas être seul au monde. Le problème était qu'il ne voulait pas s'imposer dans la vie d'Albus. Il avait sans aucun doute déjà bien trop profité de l'hospitalité d'Albus.

Albus sembla remarquer son hésitation ainsi que la raison qui se cachait derrière.

— Je serais heureux si tu choisissais de continuer à vivre avec moi Harry. Mais je ne le prendrais pas mal si tu en décidais autrement.

— Si tu en es sûr, dit Harry.

Albus acquiesça.

— Alors je vais retourner dans mon ancienne chambre, affirma Harry. Merci infiniment pour cette opportunité, je vous en suis reconnaissant et je ne vous décevrai pas.

— Bien, approuva Armando. Durant les prochains jours, vous devriez contacter Galatea pour discuter du programme et de vos fonctions.

— Je n'y manquerai pas. Merci. »

Albus et Harry sortirent du bureau du directeur. Une fois que la gargouille qui montait la garde se trouva derrière eux, Harry se tourna vers son collègue.

« C'est toi qui as suggéré ça? demanda-t-il en lui adressant un regard reconnaissant.

— En effet, reconnut Albus.

Harry les surprit tous les deux en se jetant sur le sorcier ainé pour l'enlacer fermement.

— Merci, » murmura-t-il avec ferveur.

Albus sourit avec douceur et lui rendit son étreinte. Harry était rarement à l'origine de gestes affectueux, bien qu'il avait l'air de les savourer quand il les initiait.