Chapitre 4: Une soirée au Perfect Alchemy
Bien plus tard dans la soirée, alors que le ciel grisâtre de la journée avait cédé sa place à un ciel clair-obscur, illuminé par les lueurs de la capitale, une légère bruine avait commencé à tomber sur les rues de Londres. Le parking du campus était désormais vide, la cloche égrena dix coups.
Plus loin, dans un des quartiers étudiants qui se situaient en bordure de la ville, de la musique retentissait. Un simple morceau joué au violon. La violoniste était une étudiante en psychologie qui jouait en regardant la pluie tomber à l'extérieur.
Elle regarda une silhouette encapuchonnée passer dans la rue en contrebas sans vraiment la voir. Cette silhouette était fine, des cheveux noirs dépassaient de la capuche de sa veste, rendant son visage invisible. Un câble blanc dépassait de son col, preuve qu'elle aussi écoutait de la musique.
La passante s'arrêta devant un bâtiment de pierre donc l'extérieur était striée de bois. De larges fenêtres donnaient sur un intérieur accueillant illuminé par une chaude lumière dorée. Une pancarte se trouvait à l'extérieur avec marqué : Perfect Alchemy.
La silhouette haussa les épaules et entra en retirant capuche et écouteurs.
"-Bonsoir !" Lança une voix joyeuse provenant visiblement du comptoir.
Elle appartenait à une jeune femme d'environ vingt-deux ans, de taille moyenne, aux grand yeux noisettes encadrés de cheveux châtains. La repérer n'était pas difficile avec le T-shirt à manches longues rouge vif qu'elle portait. Dans sa main droite se trouvait une chope de bière qu'elle essuyait de la main gauche avec un torchon immaculé.
Tara sourit :
"-'Soir."
L'intérieur du pub était chaleureux comme un trou de Hobbit ou une taverne de nain selon Tara. Oui, ses livres préférés se trouvaient être ceux de J.R.R Tolkien.
Le pub donc, était rempli par des gens qui avait pour la plupart entre vingt et trente ans. Ce qui, vu le quartier, était plutôt logique. Toutefois, il y avait quelques groupes de personnes plus âgés. La plupart des clients étaient attablés aux tables rondes qui peuplaient la salle, laissant les sièges devant le comptoir de bois vides. Des lustres pendaient aux poutres du plafond, et de nombreux tableaux ou gravures accrochés aux murs complétaient la décoration simple mais chaleureuse du lieu. Une longue rangée de paternes couvertes de vestes et de manteaux se trouvaient contre le mur près de la porte.
Tara y accrocha sa veste et s'approcha du comptoir.
"-Qu'est ce que je vous sers ?" demanda la barmaid en posant sa chope sur l'étagère qui se trouvait derrière elle.
"-Une vodka and lime s'il vous plait." Répondit la brune en s'asseyant sur un tabouret.
Elle remonta les manches de sa chemise bleu nuit et retira ses mitaines noires, laissant voir ses multiples tatouages. Sur ses mains se trouvaient deux tatouages identiques, à savoir un crâne coiffé d'un haut de forme et une rose. Des ronces s'entrelaçaient sur ses phalanges. Quant à ses avant-bras, ils étaient couverts par une gisante entourée de roses noires et blanches sur le droit et un squelette entouré de lierres ainsi que la cage thoracique remplie de fleurs.
"-Je vous apporte ça tout de suite. Vous voulez quelque chose avec ? Le cuisinier part dans dix minutes donc c'est maintenant ou jamais." Reprit la brune de l'autre côté du bar.
"-Ça ira, merci."
La barmaid acquiesça et alla préparer la boisson. Pendant ce temps là, l'étudiante sorti un carnet avec l'écusson de Woodford et commença à noter ce qui ressemblait à une traduction en latin.
"-Oh, tu es à Woodford toi aussi ?" Remarqua la brune en revenant avec un verre rempli d'un liquide vert transparent dont le dessus était couvert de glaçons et de citrons vert.
"-Merci. Et oui, j'suis des cours de littérature." Expliqua la jeune femme en attrapant son verre.
"-Pareil, je suis en seconde année." Ajouta la propriétaire en s'accoudant au meuble.
"-Ah ? Un an de moins que moi alors." Comprit la brune en rangeant son carnet.
"-Moi, c'est Maïa Vanek au fait." Se présenta la plus jeune.
"-Tara Constantine."
Leur discussion fut interrompue par la porte du bar qui claqua suite à un courant d'air.
"-Désolé !" S'excusa le nouvel arrivant avant de poser sa veste en cuir sur l'une des paternes.
"-Ya pas de mal." Répliqua Maïa en haussant les épaules, cette porte avait vu bien pire.
"-Barman ! On peut avoir une autre tournée ?" demanda, ou plutôt cria, un homme d'une trentaine d'années assis à l'une des tables avec cinq autres individus du même acabit.
"-Voilà une manière fort peu délicate de s'adresser à une demoiselle aussi charmante." Fit l'inconnu en allant s'asseoir au bar, pas très loin de Tara.
Maïa lui lança un regard incompréhensif avant de retourner préparer les pressions de la table de cinq. Tara se contenta d'un léger rire amusé :
"-Et voilà une manière peu commune de parler. Étudiant en lettre ?
-Encore un ?" S'étonna Maïa en posant les bières sur un plateau.
"-Non, histoire." Corrigea le brun.
"-Je prends votre commande dans deux secondes." Avertit la barmaid en allant porter les boissons à leurs commanditaires.
Et aussi leurs âmes sœurs au vue de la lueur fanatique qui s'alluma dans les yeux de cinq personnes attablées. Tara se serait presque attendu à des champs rituels.
"-Histoire ancienne ou moderne ?" demanda t-elle finalement, portant son verre à ses lèvres.
"-Les deux. Le futur est aussi intéressant que le passé, non ?" répondit son voisin avec un sourire narquois.
"-Certes mais le passé contient plus de réponses pour le présent que le futur." Répliqua la brune en reposant son verre.
Le sourire de l'étudiant s'agrandit.
"-Ça semble logique. Gwaine Lug." poursuivit-il en lui tendant une main que la brune serra.
"-Tara Constantine."
"-Alors, qu'est-ce que vous prendrez ?" demanda Maïa en revenant vers eux.
"-Une Beamish si vous avez, sinon n'importe quelle bière." Commanda le brun.
"-J'vous sers ça." prévint Maïa en allant chercher une bouteille.
"-Merci." Fit Gwaine avec un sourire qui se voulait s'en doute charmeur.
Tara lui jeta un regard blasé avant de sourire d'un air narquois.
"-Quoi ?
-Oh, rien, rien." Soupira t-elle sans arrêter pour autant.
Quelques clients sortirent. Il commençait à se faire tard. Il ne resta bientôt plus que les deux étudiants accoudés au comptoir, Maïa et les cinq malabars à leur table. La barmaid revient et versa un liquide brun et mousseux dans un grand verre à bière qu'elle tendit à Gwaine :
"-Et voilà.
-Merci bien." Remercia ce dernier, "À la votre." Ajouta t-il en direction de Tara qui leva légèrement son verre.
En un temps record, il reposa son verre. Vide. Maïa y versa le reste de la bouteille. La brune siffla entre ses dents :
"-J'en connais un qui va pas tenir longtemps.
-Il tiendra toujours plus que ces cinq soiffards. C'est la troisième tournée qu'ils prennent." Corrigea la barmaid en montrant la table du pouce.
"-Je suis encore là vous savez ?" Les interrompit l'étudiant.
Les deux autres échangèrent un regard complice. Complicité bien vite interrompue par une voix éraillée par l'alcool :
"-Une autre !
-Et s'il vous plait, c'est pour les chiens ?" Grinça à voix haute Tara en terminant son verre d'un coup avant de le poser sur le comptoir dans un bruit mat.
"-Qu'est c'qu'il dit lui ?" Brailla un des cinq hommes.
Il était grand, plus que Tara qui faisait tout de même presque un mètre quatre-vingt, avec un crâne chauve luisant de sueur et un visage rendu rougeâtre par l'alcool.
Gwaine s'étouffa dans son verre et se mit à tousser violemment avant d'éclater franchement de rire. L'étudiante en lettres secoua la tête en levant les yeux au ciel.
"-On peut pas dire que l'alcool améliore leur perception.
- Que veux-tu ? Ça ne réussit pas à tout le monde." Ironisa son voisin sans vraiment s'arrêter de rire.
Maïa sourit à leur échange.
"-Bon, elles viennent ces bières ?!" Reprit un autre des tonneaux d'alcools avec des cheveux gras plaqués en brosse.
"-Ouais, fais ton boulot, gonzesse !" Crut bon d'ajouter un troisième larron, faisant éclater de rire le reste de sa tablée, un badge sur son veston prévenait que son nom était Francis.
Ce ne fut pas le cas de Gwaine qui s'arrêta et leur lança un regard irrité. La barmaid lui fit signe de laisser tomber de la main et se tourna pour remplir de nouveau des verres.
"-Je pense que vous avez assez bu pour la soirée messieurs." Railla Tara en faisant tourner son tabouret vers ses interlocuteurs.
"-Ben ! Tu t'es plantée ! C'est une nana !" s'exclama un blond avant d'être pris de hoquet.
Le dénommé Ben haussa les épaules :
"-Pas de ma faute si c'est une planche à pain !
-Et pis, gonzesse ou pas, qu'est-ce t'as à te mêler d'nos affaires ?!" Continua un autre d'une voix avinée.
La brune fit craquer ses jointures d'un air peu commode.
"-Peut être qu'un ton plus courtois serait mieux apprécié et donc plus enclin à une réponse positive ?" répliqua Gwaine avant que Tara ait pu répondre.
Maïa fronça les sourcils :
"Je sens que ça va mal finir...
-J'ai rien compris à c'que tu viens de dire toi, mais j'suis presque sûr que tu mériterais de t'en prendre une !" Baragouina celui aux cheveux gras en tentant de lever.
"-Faudrait déjà que t'arrives à te lever, douchebag." Railla Tara avec un sourire narquois.
"-Répète un peu ça pour voir !?" S'énerva celui qui était à moitié debout en s'approchant, manquant de trébucher à cause d'un siège.
"-Il te le faut en quelle langue ? Japonais ? Bakaeru* !" reprit la brune.
Seule Maïa comprit l'insulte, regarder des animés en version originale sous-titrée avait ses avantages. Les cinq hommes, dont le sang semblait avoir été en grande partie remplacé par de l'alcool, se levèrent, faisant pour la plupart tomber leur siège.
"-T'vas voir toi ! On va t'apprendre l'respect !
- Mes dieux, on n'est pas sorti de l'auberge." Soupira Tara, "Je pourrais ravoir la même chose avec plus de citrons s'il te plait ?" demanda t-elle à la barmaid qui observait la scène d'un air blasé.
Elle acquiesça et partit préparer la boisson. Gwaine termina la sienne en surveillant la progression des cinq ivrognes du coin de l'œil. Maïa eut le temps de revenir avec la commande avant qu'ils n'arrivent.
"-Merci." Fit Tara en retirant les citrons un à un et en les posant sur la soucoupe.
Arrivant en premier, celui qui avait un crâne aussi dégarni qu'un œuf, se lança dans une guirlande d'insultes et de provocations que les deux étudiants observèrent d'un air incompréhensif.
"-Qu'est-ce qu'il vient de dire là ?" demanda Gwaine en jetant un regard à Tara.
Celle-ci haussa les épaules :
"-Comment tu veux que je le sache ?
-Je sais pas, c'est toi l'étudiante en lettres !" répliqua le brun.
"-Ouais, mais là, j'suis pas sûre qu'il puisse en aligner trois des lettres." Railla t-elle en attrapant son verre.
Comprenant sans doute qu'on se moquait de lui, Ben (du moins, ils leur semblaient que c'était son nom) projeta son poing en direction du visage de Gwaine. Celui-ci esquiva tranquillement et reposa son verre sur le comptoir.
"-Un peu de tenue messieurs." Dit-il bien que son sourire amusé démente tout à fait le sérieux de ses paroles.
Il semblait plutôt content de la tournure qu'avait pris les événements. Maïa soupira.
"-Pour qui tu t'prends ?!" S'exclama Francis en arrivant à son tour à leur hauteur.
Les deux étudiants se retrouvèrent bientôt entourés par les cinq hommes. Tara secoua la tête.
"-Bon, on prend les paris ?" Proposa t-elle à Gwaine.
"-Pas la peine, je suis sûr de gagner." Répliqua ce dernier avec un clin d'œil railleur.
Un sourire narquois étira les lèvres de la brune.
"-J'aimerais bien voir ça tiens. Toujours sûr pour les paris ?
-Certain !" répondit le brun en esquivant un nouveau coup de poing.
La jeune femme soupira et attrapa les citrons qu'elle avait posés sur sa soucoupe tandis que Gwaine se prenait son premier coup de la soirée. À savoir un coup de poing dans le torse. Elle versa tout le jus qu'elle avait put extraire des citrons dans la soucoupe qu'elle plaça dans son dos avant de lancer un sourire sadique à Maïa.
"-Vous comptez vous y mettre à cinq contre un parce que vous êtes des lâches aussi cons que faibles ou c'est parce que vous avez peur de vous faire démonter par une nana ?!" S'exclama t-elle en se mettant face à aux ivrognes.
La provocation ne manqua pas de marcher sur leurs esprits machistes et deux d'entre eux se jetèrent sur elle. Persuadés à cause de sa stature fine qu'elle devait être faible, ils ne prirent pas garde à ce qu'elle tenait dans la main. Un hurlement surpassa les grognements de douleurs. Tara venait de jeter le contenu de sa soucoupe dans les yeux d'un blond qui recula en hurlant et en se frottant les yeux, ne faisant qu'aggraver le problème.
"-Eh ! C'est de la triche !" s'exclama Gwaine en voyant ça.
"-J'croyais que tu étais sûr de gagner ?" Ironisa la brune en envoyant son poing dans la mâchoire du second ivrogne.
Celui-ci tenta de répliquer d'un coup de poing dans les côtes mais l'étudiante se glissa sur le coté du bras qu'elle tordit à l'envers faisant crier son adversaire de douleur.
"-Je suis sûr de gagner ! J'en ai trois contre moi, ça me rapporte plus de points !" répliqua le brun en envoyant un coup de pied dans un tabouret pour qu'il se retrouve dans le menton de Ben le dégarni.
"-Pt'être mais pour le moment, j'ai pas pris de coup moi !" Poursuivit Tara, "Ça fait mal ?" demanda t-elle à l'homme qu'elle tenait.
Celui-ci acquiesça vivement en continuant de gémir. Un sourire sadique apparut sur les lèvres de sa tortionnaire :
"-Tant mieux. Si tu veux que j'arrête, il va falloir faire quelque chose pour moi, d'accord ?
-Qu'est ce que tu fais au juste ?" demanda Gwaine en assommant celui qui avait les cheveux tellement gras que Severus Rogue en aurait été jaloux.
Tara ne répondit pas, se contentant de forcer un peu plus sur l'articulation qui semblait prête à lâcher.
"-Oui, oui, j'vais l'faire, j'vais l'faire !" Cria l'autre.
"-Bien. Tu vas présenter tes excuses à la demoiselle puis, tu vas récupérer tes potes et vous allez tous partir, sinon, on vous éclate un à un." Ordonna t-elle en lui collant un coup de pied derrière les jambes pour l'obliger à se mettre sur les genoux.
Maïa fronça les sourcils : il y avait un problème au niveau des yeux de l'étudiante. La cornée de cette dernière était sombre, presque noire. Pourtant, elle ne semblait pas s'être prise un coup.
Un des comparses de l'homme que tenait Tara s'approcha dans son dos, prêt à lui envoyer un coup en traître mais il fut accueillit par un coup de coude dans les cotes flottantes, suivit d'un coup de poing dans le nez qui émit un craquement sinistre.
"-J'attends mais je te préviens, je ne suis pas du genre patiente." Grinça t-elle.
"-Pardon ! On est désolé d'vous avoir mal parlé !" S'exécuta sa victime.
"-Bien, maintenant, tu vas payer les consommations que vous avez prit." –Il y eut un bruit de verre brisé- "Plus un supplément pour rembourser les dégâts occasionnés." Dit la brune en jetant un regard à Gwaine qui venait d'exploser son verre sur le crâne d'un des ivrognes.
"-Désolé." S'excusa l'étudiant sans sembler l'être pour deux sous.
Le rouquin que maintenait Tara jeta tous les billets qui se trouvaient dans son porte monnaie avant d'attraper ses comparses inconscients et de se précipiter dehors.
La brune attrapa les billets et les posa sur le comptoir.
"-Pour les consommations et les dégâts."
"-Voilà une bonne chose de faite !" Sourit Gwaine en se rasseyant tranquillement.
Il avait la joue légèrement rouge suite à un crochet non-esquivé et avait probablement quelques hématomes pour le moment invisibles. Quant à Tara, elle n'avait strictement rien et ce que Maïa avait crut voir sur ses yeux avait disparu.
Elle attrapa son verre et le vida d'une gorgée. Au loin, une cloche sonna onze heures.
"-Si vous faites ça à chaque fois que vous venez, je peux dire adieu à mon commerce !" s'exclama Maïa, "Vous avez vu le bordel que vous m'avez foutu ?!
-C'est pas nous qui avons commencé !" répliqua le brun.
"-J'suis d'accord avec Don Juan !" Ajouta Tara en reposant son verre.
Gwaine ne répliqua rien, se contentant de rire. Maïa secoua la tête d'un air blasé :
"-Bon, allez, sortez de mon bar ! Il est tard et j'ai du ménage à faire maintenant !
-Mais il est que onze heures ?" protesta le brun.
"-J'm'en fiche, j'ai cours à huit heure demain !" Coupa la barman.
"-Moi aussi !" Répliquèrent les deux autres étudiants en même temps.
"-Arrête, je suis presque sûre que tu n'assistes jamais aux cours toi !" Railla Tara.
"-Et alors ? Techniquement, j'ai cours quand même."
La barmaid leva les yeux au ciel : ces deux idiots étaient plus âgés qu'elle et se comportaient comme de vrais gamins !
"-Dehors !" Lança t-elle, coupant court à leur discussion.
"-Oui madame, bien madame." Répondit Tara sur un ton sarcastique avant de se lever.
Elle déposa l'argent de sa consommation sur le comptoir et alla récupérer sa veste. Gwaine soupira mais l'imita.
"-À demain si on se voit !" Salua t-il avant de fermer la porte derrière eux.
Maïa les salua de la main et s'attela à ses comptes.
Plus tard, elle rejoignit la maison qu'elle partageait encore avec son père et sa plus jeune sœur. Ses deux frères suivaient leurs études plus loin de Londres.
"-Ça c'est bien passé ?" lui demanda son père alors qu'elle entrait dans le vestibule.
C'était un homme brun assez grand qui se trouvait dans le canapé du salon entrain de lire un vieux livre.
"-Plutôt, il y a une bagarre à la fin mais c'est tout." Répondit la brune en retirant chaussures et manteau.
"-Tu les as calmé normalement j'espère ? Tu n'as rien utilisé qui sorte de l'ordinaire ?" S'inquiéta le patriarche.
"-T'inquiète pas ! Je n'ai pas eu besoin d'utiliser le moindre petit sort !" répliqua Maïa en le rejoignant, "Deux étudiants de Woodford se sont chargés de les virer.
-Tant mieux, on ne brûle plus les nôtres depuis longtemps mais mieux vaut être discret." Conclut le brun en acquiesçant.
"-Au fait, tu connais une créature d'apparence humaine dont le blanc de la cornée serait remplacée par du noir ?" l'interrogea sa fille en posant ses clés sur la table.
"-Oui, plutôt !
-C'est quoi ?" Continua t-elle.
"-On appelle ça un démon."
*Connard en japonais
