Chapitre 7: Toute vérité n'est pas bonne à entendre

Un lointain clocher fit retentir ses douze coups dans le silence religieux de cette nuit brumeuse. L'éclairage électrique de la petite ville était éteint depuis maintenant deux heures. Seules quelques fenêtres éclairaient encore les rues de leur lueur pâle. Au loin, on entendait le bruit sourd de quelques voitures circulant sur la voie rapide toute proche. Le vacarme de Londres était inaudible depuis le village de Leaderbend qui comptait une communauté de tout juste trois milles âmes. Il était entouré de quelques champs et d'une forêt épaisse sur laquelle régnaient feu-follet et autres êtres surnaturels, du moins, telle était la croyance des anciens du village.

Si un promeneur était entré sous le couvert des arbres ce soir là, si il s'y était enfoncé jusqu'à perdre son chemin, il aurait aperçut une lueur bleutée se mouvoir dans l'ombre. Le passant aurait alors détalé, en se maudissant de ne pas avoir écouté sa grand-mère lorsqu'elle lui disait de ne pas aller dans le bois en pleine nuit sous peine de ne jamais en revenir.

Le silence de la ville était ici remplacé par toutes sortes de bruits nocturnes : hululements, insectes, bruissement du vent dans les feuilles et branches craquantes des arbres. Toutefois, si l'on écoutait attentivement, on pouvait entendre quelque chose, au-dessus des autres sons. Une voix rauque, apportée par le souffle des bois.

Soudain, le vent s'imposa, hurlant à travers la forêt, créant parfois des tourbillons de feuilles orangées. Dans une clairière du sous-bois, la mousse recouvrant le sol inégal s'affaissa brusquement sous le poids d'un nouvel arrivant. Le vent cessa alors, aussi brusquement qu'il était venu.
En plein milieu du bois se trouvait désormais un immense dragon aux écailles brillant dans les teintes dorées et blanches. Devant lui, rendu encore plus frêle par la taille de l'être mystique, se trouvait Merlin. Son visage, à moitié dissimulé par le col remonté de son trench-coat, était seulement éclairé par une boule de lumière bleuâtre qui se trouvait dans sa main droite, lui donnant un aspect fantomatique.

Un lointain clocher fit retentir ses douze coups dans le silence religieux de cette nuit brumeuse. L'éclairage électrique de la petite ville était éteint depuis maintenant deux heures. Seules quelques fenêtres éclairaient encore les rues de leur lueur pâle. Au loin, on entendait le bruit sourd de quelques voitures circulant sur la voie rapide toute proche. Le vacarme de Londres était inaudible depuis le village de Leaderbend qui comptait une communauté de tout juste trois milles âmes. Il était entouré de quelques champs et d'une forêt épaisse sur laquelle régnaient feu-follet et autres êtres surnaturels, du moins, telle était la croyance des anciens du village.

Si un promeneur était entré sous le couvert des arbres ce soir là, si il s'y était enfoncé jusqu'à perdre son chemin, il aurait aperçut une lueur bleutée se mouvoir dans l'ombre. Le passant aurait alors détalé, en se maudissant de ne pas avoir écouté sa grand-mère lorsqu'elle lui disait de ne pas aller dans le bois en pleine nuit sous peine de ne jamais en revenir.

Le silence de la ville était ici remplacé par toutes sortes de bruits nocturnes : hululements, insectes, bruissement du vent dans les feuilles et branches craquantes des arbres. Toutefois, si l'on écoutait attentivement, on pouvait entendre quelque chose, au-dessus des autres sons. Une voix rauque, apportée par le souffle des bois.

Soudain, le vent s'imposa, hurlant à travers la forêt, créant parfois des tourbillons de feuilles orangées. Dans une clairière du sous-bois, la mousse recouvrant le sol inégal s'affaissa brusquement sous le poids d'un nouvel arrivant. Le vent cessa alors, aussi brusquement qu'il était venu.
En plein milieu du bois se trouvait désormais un immense dragon aux écailles brillant dans les teintes dorées et blanches. Devant lui, rendu encore plus frêle par la taille de l'être mystique, se trouvait Merlin. Son visage, à moitié dissimulé par le col remonté de son trench-coat, était seulement éclairé par une boule de lumière bleuâtre qui se trouvait dans sa main droite, lui donnant un aspect fantomatique.

C'était la première fois depuis des siècles qu'il invoquait lui-même Kilgharrah.

"-Que me vaut le plaisir de ton appel jeune sorcier ?" demanda ce dernier.

"-Pourquoi aucun d'eux ne m'a reconnu ?" Coupa Merlin de but en blanc.

"-Es-tu sûr de ça ?" répliqua le dragon avec ce qui ressemblait vaguement à un sourire énigmatique.

Le multi-centenaire allait répliquer, mais les mots moururent sur ses lèvres. Quelqu'un l'avait reconnu. Enfin, quelqu'un, quelque chose plutôt. Et encore, il avait fallut qu'il emploi l'ancien irlandais pour ça.

"-Ça n'explique pas pourquoi est-ce que les autres m'ont oublié. Ils n'ont pas changés depuis, aucun d'eux !" poursuivit le brun en s'appuyant contre un chêne sans pour autant quitter son interlocuteur du regard.

La lumière avait désormais quitté la main de son créateur, flottant entre les deux êtres millénaire.

"Ce n'est pas parce que leurs apparences ou leurs comportements n'ont pas changé que les choses sont identiques. Ils ne sont pas réapparu avec leurs anciens souvenirs, prêt à retrouver leur rang passé ! Est-ce à quoi tu t'attendais ? Au retour immédiat de tes amis ?" lança le dragon, son souffle formant de la vapeur dans l'air glacé de cette nuit d'automne.

Le dernier seigneur des dragons garda le silence. Oui. C'était ce qu'il avait pensé, attendu, espoir fou forgé avec les siècles, abandonné puis ramené à la vie.

"-Le destin ne marche pas ainsi Emrys, tu devrais déjà t'en être rendu compte depuis... Ils ne sont pas réapparu avec une nouvelle vie crée de toutes pièces, effaçable en deux mots. Ils se sont réincarnés, la vie qu'ils ont maintenant est la leur. Tout comme ils en possédaient une à l'époque. Ils retrouveront leurs souvenirs mais pour ça, il te faut laisser faire le temps." Continua Kilgharrah sur un ton calme.

"-Je suppose que tu as raison..." Soupira Merlin.

Il secoua la tête et passa à la seconde raison qui l'avait poussé à faire appel au dragon :

"-Où est-il ? Si les autres sont revenus, sont tous au même endroit, où est Arthur ?"

L'immortel eut un rire grave. L'impatience que montrait le sorcier changeait drastiquement de l'attitude désillusionnée qu'il avait depuis plus de cinq cent ans.

"-Patience jeune sorcier, patience. Tu devrais plutôt songer aux créatures qui règnent sur Londres ces temps-ci au lieu de te préoccuper de chose prévue par le destin. Souviens-toi, si Arthur et les autres ont été rappelés sur Albion, c'est qu'un danger rôde." Annonça t-il avant de prendre son envol, laissant de nouveau Merlin tourmenté de questions.


«-Bonjour, vous êtes bien sur la messagerie du 06********. Votre correspondant est absent pour le moment. Veuillez laisser un message après le bip sonore. BIP

-Gwaine... C'est ton père. Décroche ton foutu téléphone. Il faut qu'on parle. Ton frère est... Décroche merde !

-BIP »

C'était le troisième appel qui finissait par s'adresser à la messagerie du smartphone. Les deux premiers avaient été passés par une secrétaire, puis par un « proche » et c'est à la troisième tentative que le patriarche de la famille Lug avait décidé de s'y mettre personnellement.

"-Tu comptes décrocher un jour ?" demanda Seth en voyant le portable de son meilleur ami vibrer pour la quatrième fois ce samedi matin.

Les deux étudiants étaient attablés au comptoir de la cuisine, devant du café (comme d'habitude) et avec un air plus ou moins réveillé. Les insomnies du plus jeune l'avait pour le moment laissé tranquille mais ce n'était pas le cas de Gwaine, qui semblait n'avoir eu pour sommeil qu'un coma insidieux remplit de rêves plus dérangeant les uns que les autres. Et à ces songes s'ajoutaient les messages insistant de la part de l'entreprise familiale. Aussi répondit-il à son meilleur ami par un signe négatif à moitié dissimulé par ses cheveux.

Le numéro qui s'affichait sur le portable n'appartenait pas vraiment à un contact, juste à un smiley s'apparentant à un oiseau. L'objet fut agité d'un dernier soubresaut avant de s'immobiliser. Un silence mortel s'installa, faisant regretter à Seth les vibrements incessants de l'engin. Ceux-ci ne tardèrent cependant pas à reprendre, faisant grincer Gwaine des dents. Il attrapa le téléphone et refusa de nouveau l'appel.
Setenta s'aperçut automatiquement que les mains de son colocataire tremblaient par intermittence, signe que ce dernier soit très énervé, soit inquiet. Voire même les deux. Dans tous les cas, il s'agissait d'une attitude qu'il n'avait pas dû avoir depuis des siècles.

"-Ça doit être quelqu'un de très important pour autant t'énerver." Remarqua l'autre étudiant.

"-Merci captain Obvious." Railla le plus âgé en levant les yeux au ciel.

"-Je parierais sur de la famille." Ajouta Seth en se levant pour ranger la vaisselle, Rien dont tu veuille parler, je suppose ?

-Tu supposes bien. Si jamais j'ai besoin d'un psy, je me tournerais vers quelqu'un qui a moins de problème que moi." Répliqua Gwaine, sans vraiment se rendre compte que ce qu'il disait pouvait être blessant.

Son meilleur ami fronça les sourcils.

"Ok... À quel moment on a basculé du côté obscur de la conversation ?

-Je suis presque sûr que j'ai moins de problème que toi pour le moment." Répondit ce dernier en s'appuyant contre l'évier pour faire face à son colocataire.

Celui-ci grinça des dents d'un air irrité :

"-Insomnies, maux de tête digne d'une tumeur d'après ta mère adoptive, saute d'humeur, tendance à l'autodestruction, refus d'admettre un traumatisme pour le moins évident, syndrome de protection poussé à l'extrême... Je continue ? Non, parce que je peux aussi parler du coté familial."

Le visage de Setenta se ferma. Gwaine comprit, trop tard, qu'il était allé trop loin. Le brun se gifla mentalement : ce n'était pas une mauvaise nouvelle, quoi que ce soit, qui devait le pousser à blesser l'une des seules personnes en qui il avait confiance. Surtout pas maintenant. Pas lorsqu'on était le seul élément stable dans la vie de quelqu'un. Malheureusement, garder ça impliquait aussi de cacher des choses, et il savait que Seth le lui reprocherait un jour ou l'autre.
Il repoussait le moment où il devrait tout expliquer. Comme d'habitude depuis que les deux amis se connaissaient. Si la vie de Setenta s'était bâtit autour d'un mensonge, Gwaine avait entouré la sienne de mensonges et de demi-vérités.

Il secoua la tête et sortit de la pièce sans un mot. Quelques instants plus tard, Seth entendit la porte d'entré se refermer. Il soupira et se massa les tempes, une nouvelle migraine commençait. Il n'avait pas envie de bouger, il savait que Gwaine avait raison et c'était le pire. Toute vérité n'est pas bonne à faire entendre à n'importe qui. Une citation qui provenait visiblement d'un livre qui devait appartenir à sa mère ou son père et qui correspondait un peu trop à ce qu'il pensait maintenant.

Une partie de l'étudiant était d'accord avec ce qu'avait dit Gwaine mais une autre ignorait complètement ses paroles, préférant se concentrer sur sa colère et sur ce que cachait son meilleur ami.

Une décharge de douleur parcourue sa moelle épinière, s'étendant jusqu'à ses ongles. La migraine augmenta, forçant le brun à s'appuyer contre le meuble.

"Pas maintenant...

Faible."

Un grincement aiguë attaqua ses tympans. Ces derniers semblaient recevoir le double d'informations pendant le même laps de temps, s'ajoutant à la surcharge nerveuse que subissait Seth.
Sa vue se troubla, s'obscurcissant avant de paraître soudain plus nette que jamais. La lumière l'éblouit soudain, l'obligeant à détourner le regard. Son rythme cardiaque augmenta, atteignant des sommets dangereux. Sa mâchoire émit un craquement étrange et la plupart de ses articulations suivirent le même chemin. Un gout de sang métallique imprégna sa bouche.

"Libre..."

Setenta vacilla, sa vision s'obscurcit définitivement et il s'effondra au sol, sa tête allant heurter le coin de la table.

« -Vous êtes bien sur la messagerie de Setenta Moore, je suis probablement en cours ou entrain de travailler, laissez un message ! BIP

-Bonjour, c'est Lloyd, le père de Gwaine. Son téléphone doit avoir un problème car il ne répond pas... Pourrais tu lui dire que son frère est gravement blessé et que nous l'attendons au St Thomas' Hospital? C'est urgent. Merci. BIP»