Chapitre 18: Ascenseur au coeur de la toile

"-Bon... Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?" demanda Lancelot en regardant autour de lui.

"-Et bien, là maintenant, tu attends que je trouve dans quelle partie de la cité elle est." répondit Merlin, le nez dans un dossier.

"-Ça je sais, merci... Mais comment tu fais pour y voir quoique ce soit?!" s'étonna le premier en rejoignant le sorcier.

Les deux jeunes hommes se trouvaient à l'extrémité nord du campus, là où la cité universitaire rejoignait presque le quartier étudiant. La nuit était tombée depuis plus de deux heures et seules quelques lueurs de lampadaires et de fenêtre perçaient çà et là l'obscurité. Heureusement, après une averse dans l'après-midi, la pluie s'était arrêtée aussi le vent était le seul problème de leur escapade nocturne. Merlin et Lancelot avaient dû batailler contre la petite amie de ce dernier pendant une bonne demi-heure pour que celle-ci accepte qu'ils aillent voir la mystérieuse blonde seuls. Mais ils avaient réussit pas la convaincre, enfin, Lance l'avait convaincue pendant que Merlin cherchait un abri anti-nucléaire.

"-J'ai de bons yeux." répondit le multi-centenaire sans quitter des yeux ce qu'il lisait.

"-Merlin, il fait tellement sombre que je ne vois quasiment pas mes mains !" le coupa Lancelot. Et puis même, comment est-ce que tu l'as récupéré ?

Le sorcier laissa échapper un rire en abaissant le dossier qu'il tenait:

"-Je suis quelqu'un de très persuasif."

Son compagnon arqua un sourcil amusé.

"-Bref! J'ai trouvé où elle habitait! Tu viens?" continua le plus âgé en rangeant les documents dans sa besace.

"-Bien sûr que je viens ! Je t'ai pas suivi jusque là pour partir tout de suite !" répliqua Lance en lui emboîtant le pas, sans remarquer le discret sourire qui ornait les lèvres du brun. "Tu comptes entrer comment? Parce qu'à mon avis, il doit soit y avoir un code, soit une serrure." Ajouta t-il.

"-On se débrouillera." Répondit Merlin avec un sourire espiègle.

Les deux "étudiants" hâtèrent leurs pas afin d'atteindre rapidement le porche de la cité. Le vent forcissait de plus en plus et aucun des deux n'avaient envie de tester la solidité des arbres alentours. Occupé à envoyer un message à Gwen, Lancelot ne fit pas attention à ce que faisait Merlin. Celui-ci s'était placé devant la serrure et, après un rapide regard à son compagnon, il passa une main devant l'ouverture et murmura une rapide incantation:

"-Agorwyr chi."

Ses yeux prirent la même teinte incandescente que l'étincelle qui s'échappa de la serrure.

"-Sésame, ouvres-toi." dit-il avec un demi-sourire alors que la porte tournait lentement sur ses gonds. "Après toi." ajouta le sorcier en tenant le battant pour son compagnon.

Lancelot passa sans rien dire, se contentant d'un simple hochement de tête.
L'intérieur de l'immeuble était plongé dans la pénombre. On y distinguait les boîtes aux lettres des locataires, quelques plantes vertes et les portes du rez-de-chaussée.

"-Quel numéro?" s'enquit Lance après un bref regard aux alentours.

"-Deuxième étage, chambre vingt-huit." répondit Merlin sans prendre la peine de vérifier le dossier.

Il continua d'avancer dans le hall. Les quelques fenêtres perçant les murs éclairaient suffisamment l'endroit pour qu'ils ne soient pas obligés d'allumer les lumières. Le sorcier finit par arriver devant la cage d'escalier:

"-Bon, et bien on dirait que l'ascenseur reste notre seule option." dit-il simplement.

Devant lui, si les trois premières marches se dirigeaient bel et bien vers le haut, les suivantes s'étaient effondrées, laissant un gouffre noir et béant à leur place. Seuls quelques morceaux étaient restés fixés.

"-D'abord une porte qui s'ouvre aux quatre vents et maintenant un escalier effondré. C'est quoi cette cité étudiante sérieux?! Je savais que la municipalité était à sec mais là, ça en devient dangereux! C'est pire que les barrières qui entourent le lac!" Fit Lancelot en le rejoignant finalement.

"-Quelles barrières ?" s'étonna Merlin.

"-Exactement!

-Oh. Je vois." Compris le sorcier. "Espérons que l'ascenseur soit en meilleur état. "

Et heureusement, il l'était, du moins en apparence. La cabine était propre, il ne manquait aucun bouton, en somme rien qui n'aurait puis signaler un quelconque dysfonctionnement. Cependant, les deux entrèrent dans l'ascenseur avec une légère angoisse. Après un bref échange de regard, Lancelot appuya sur le bouton du deuxième étage. Lorsque la cabine se mit en mouvement, Merlin sentit sa gorge se serrer. Il détestait les espaces clos. Il décida donc de fixer les portes qui leur faisaient face, s'évitant ainsi la perspective d'une toile d'araignée, accrochée dans un coin, à laquelle était suspendue un arachnide aux longues pattes effilées...

Dans un Ding qui leur parut retentissant dans le silence qui s'était installé, l'ascenseur s'ouvrit sur le deuxième étage. Celui-ci était éclairé par des lampes à basse consommation, donnant un aspect fantomatique aux lieux. Toutefois, de la musique, du mouvement et des discussions pouvaient être perçut, remettant les deux étudiants plus à l'aise. Ils se dirigèrent en silence vers le numéro vingt-huit. Sur la porte, en dessous du judas, se trouvait une étiquette avec marqué Hailey Parker, suivit d'un cœur, le tout fait dans une écriture des plus soignées.

"-Tu as une idée de ce que tu vas lui dire ?" s'enquit Lancelot, songeant finalement qu'ils n'avaient aucun réel prétexte pour parler à la jeune femme.

Merlin ouvrit la bouche avant de hausser les épaules :

"-On improvisera sur le coup."

Lancelot leva les yeux au ciel mais frappa toutefois à la porte. Aucune réponse ne leur parvint. Lance recommença, plus fort. Toujours rien.

"-Vous cherchez Hailey ?" Fit soudainement une voix dans leur dos.

Les deux hommes se retournèrent. A la porte d'à côté se trouvait une jeune femme brune, tenant une panière de linges pliés contre sa hanche.

"-Oui, nous sommes dans les même cours qu'elle, on veut juste s'assurer qu'elle va bien après ce qu'il s'est passé cette après-midi." Répondit presque immédiatement Merlin.

"-Oh, vous êtes au courant pour l'accident ?" Supposa la brune en ouvrant son appartement.

Lancelot confirma avec un hochement de tête :

"-Vous savez où l'on peut la trouver ?

-Elle était à la laverie avec moi, elle doit encore y être. C'est au premier sous-sol.

-Merci, passez une bonne soirée." La remercia le plus âgé en retournant vers la cabine de l'ascenseur.

"-De rien, à vous aussi !" Les salua la jeune femme avec un sourire aimable avant de disparaître après le pas de sa porte.

Cette fois, lorsqu'ils entrèrent dans l'ascenseur, les deux ne purent ignorer l'araignée qui se trouvait désormais suspendue au milieu du cadre. Merlin grimaça. En mille ans de vie sur Terre, il ne s 'était toujours pas découvert une quelconque affection pour les arachnides, quels qu'ils soient. Lancelot n'y jeta qu'un bref regard. Il attrapa un morceau de toile et fit tomber la recluse sur le sol de l'étage peu de temps avant que les portes de la cabine ne se referment.

"-Pas un fan de notre voisin amical spider-man ?*" fit Lance alors qu'ils descendaient.

"-Non, on ne peut pas dire que je le sois, non." Confirma le plus âgé en secouant la tête.

Le rire du premier se perdit dans la sonnerie de l'ascenseur. La laverie était un couloir large avec plusieurs machines à laver accompagnée de placards de rangement qui alternaient avec des portes menant aux salles de stockages des locataires. Cependant, le couloir était vide, uniquement peuplé par le ronronnement des machines.
Merlin s'avança, vérifiant le numéro des portes pour trouver celle qui correspondait à l'appartement. Alors qu'il s'approchait du bout, son téléphone se mit à vibrer. Le nom sur l'écran lui indiqua qu'il s'agissait de Seth. Le sorcier secoua la tête d'un air désabusé :

"-C'est Seth, je dois répondre." Avertit-il Lance. "Vérifie la dernière porte, je pense qu'elle est là.

-C'est ça, tu diras bonjour à la baby-sitter pour moi." Ironisa Lance en se dirigeant vers l'ouverture indiquée.

Merlin leva les yeux au ciel en s'éloignant avant de décrocher.

"-Merlin ?

-Oui ?" Répondit le brun après un bref regard en arrière.

"-C'est bon, ils sont pas encore morts !" Lança la voix de Setenta qui s'était visiblement écarté du téléphone.

Le multi-centenaire réprima un sourire en entendant les voix de Gwaine et Tara dans le fond.

"-Non, on est encore bien vivant, merci Seth... C'est tout ce que tu voulais savoir ?

-Et bien, oui et non. C'est Gwen qui m'a dit de vérifier avec toi, je pense qu'elle veut qu'on alterne entre elle appelant Lance et moi avec toi.

-Ça a changé le téléphone rose !" Fit une voix dans le fond.

"-La ferme Gwaine !" Répliqua Seth.

Alors que Merlin allait faire une remarque sarcastique, il entendit un grand bruit de métal s'écrasant au sol.

"-C'était quoi ça ?" s'enquit Seth sur un ton brusquement sérieux.

"-Merlin ! Viens voir ça !" s'exclama Lance en même temps.

"-J'arrive !" Répondit le sorcier, "Désolé, je dois y aller, Lance a trouvé quelque chose.

-Ok, faîtes attention à vous.

-Oui, toi aussi, laisses pas Gwaine trop boire." Conclut Merlin avec un demi-sourire.

"-Comptes sur moi !" Fit Seth avant de raccrocher.

Ceci fait, Merlin rejoignit Lance. Celui-ci avait ouvert la dernière porte et se tenait maintenant dans une pièce plongée dans l'obscurité. A ses pieds se trouvait une étagère métallique et derrière celle-ci s'étendaient ce que Merlin prit tout d'abord pour de larges cordes. Mais lorsqu'il les éclaira à la lueur de son portable, elles se révélèrent être de larges toiles d'araignées noirâtres, identiques à celles de la tour-bibliothèque.

"-Je crois que je vais vomir." Constata Merlin, dégoûté.

"-Vous n'auriez jamais dû venir ici..." murmura soudainement une voix glaçante dans leurs dos.

Les deux étudiants se retournèrent brusquement. Ils faisaient désormais face à une ombre derrière laquelle se découpaient huit pattes crochues.


*Our friendly neighbor Spider-man , la traduction française sucks.