Bonsoir !

J'espère que vous avez passé un excellent réveillon.

Alors, aussi étonnant que cela puisse paraître, j'ai fini un nouveau chapitre. Comme quoi, quand je me met pas la pression, j'arrive à faire des trucs ! Mes idées reviennent et j'arrive à les poser sur papier. J'espère que cela vous plaira. Il n'y a pas d'infos supplémentaire sur ce qui est arrivé à Draco mais un léger moment de tendresse vers la fin.

Ce chapitre n'est toujours pas corrigé. Comme le précédent, je n'ai pas de beta-lecteur pour faire la correction. Lucy, pour sa part, manque d'un peu de temps. Si quelqu'un est partant qu'il fasse signe.

Les personnages, OC mis à part, appartiennent à J.K.R.


Le mois d'octobre venait de débuter et l'altercation Gryffondor-Serpentards était maintenant connue de tous. Et si les rumeurs allaient de bon train depuis la rentrée au sujet du Héros national et du fait qu'il trainait assez bien avec un ancien Mangemort, les ragots s'étaient intensifiés depuis la dispute qui aura suivi la sélection de l'équipe de Gryffondor. Bien sûr, cela passait largement au-dessus de la tête de Harry. Il avait aussi l'habitude de ne plus soucier de ce genre de comportement avec les années. Malheureusement, jamais il ne serait un simple individu dans la masse.

Pour Draco cependant, c'était un peu plus délicat. Harry l'avait bien remarqué. Le Serpentard ne sortait pas beaucoup de leurs quartiers d'habitude. Cependant, il avait tout de même commencé à se rendre à d'autres endroits, comme la bibliothèque, en dehors des cours. Malencontreusement, le regain des persifflages dans les couloirs de l'école à son sujet l'avait poussé à revenir sur sa décision. D'ailleurs, il s'était enfermé tout le weekend dans l'appartement et n'avait même pas accepté de sortir pour les repas. Alors certes, l'influence de la pleine lune toute proche devait surement jouer un rôle. Mais Harry n'était pas idiot. Après tout, il était passé par là lui-aussi… L'isolement…

Le réveil sonna et tira Harry de ses pensées. Cela faisait un moment que la plus grande célébrité de l'Angleterre sorcière avait été tiré du sommeil par les grognements plaintifs de son colocataire. Mais Il n'avait fait aucune remarque sachant que la pleine lune était pour ce soir. Sans attendre, il sortit du lit et arrêta l'infernale sonnerie avant de se rendre en s'étirant dans la salle-de-bain. Calmement, il fit couler un bain bouillant avant de retirer le t-shirt et le boxer qui lui servaient de pyjama et se plaça sous la douche. L'eau était assez froide, la baignoire tirant quasiment toute l'eau chaude. Mais cela avait au moins le mérite de le rendre plus alerte… Et d'éviter qu'il passe une demi-heure sous la douche. Une fois propre, Harry sortit de la cabine pour fermer le robinet d'eau chaude. Il ne lui restait plus qu'à se préparer avant d'aller tirer le Serpentard de son sommeil.

- Draco !

Habillé et paré pour commencer la semaine, Harry repassa dans la pièce principale et tentait d'ouvrir les yeux à son colocataire. Toutefois, la seule réaction qu'il réussit à obtenir fut un long râlement geignard. Comme il le craignait, Draco était bien trop affecté par sa prochaine transformation pour pouvoir prétendre aller en cours. Après tout, le professeur Lupin aussi s'absentai jours par mois à cause des effets de la pleine lune. Le Gryffondor se contenta donc de s'assoir sur son lit, avant de se gratter la gorge.

- J'ai préparé un bain. Tu devrais y aller, ça te soulagera un peu. Moi, je vais aller déjeuner. Je reviens tout à l'heure.

Harry n'eut comme réponse qu'un simple grognement et soupira. Après avoir remplir les gamelles de Luffy de croquettes et d'eau. Le Griffon prit la direction de la Grande Salle en réfléchissant à ce qu'il devait faire, ignorant totalement les regards qui se tournaient vers lui sur son passage. Enfin, il franchit les portes et s'avança le long des tables afin de rejoindre celle des Professeurs afin de s'entretenir rapidement avec la Directrice qui savourait son thé avec quelques toasts.

- Excusez-moi de vous déranger, Professeur. Je voulais…

Il se fit interrompre par un simple geste et Minerva McGonagall lui offrit un sourire bienveillant.

- Je m'en suis doutée, Monsieur Potter. Toutefois, il est aimable à vous de venir me prévenir de la situation.

La directrice marqua une courte pause, semblant réfléchir un instant.

- Je vais demander à Monsieur Slughorn de rassembler les notes de cours que Monsieur Malfoy va rater aujourd'hui. Nous vous les ferons parvenir dans la soirée.

Harry remercia son professeur avant de détourner le regard et voir Blaise et Théodore le regarder avec insistance. Une idée lui vient à l'esprit et il revient voir son ancienne Professeur de Métamorphose qui fouillait maintenant avec ferveur dans son sac.

- Excusez-moi, Professeur. Pourquoi ne demanderions-nous pas à Monsieur Zabini et Monsieur Nott de rassembler les notes de cours ? Je suis sûr qu'ils adoreraient se rendre utiles !

La directrice releva la tête vers son élève avant de détourner le regard vers la table vert et argent.

- Ce n'est pas une mauvaise idée, Monsieur Potter. Et puisque vous en êtes l'auteur, pourquoi ne vous chargeriez-vous pas ?

McGonagall s'était redressé en s'adressant à Harry et le regardait avec une fierté non-dissimulée. Son sourire s'était quant à lui élargit au maximum et le Griffon se sentait dans l'impossibilité de refuser la requête.

- Parfait, Monsieur Potter. J'aurais une dernière demande pour vous. Il s'agirait de remettre ceci à Miss Granger. Je suis sûr qu'elle serait ravie de le recevoir maintenant.

La directrice sortit alors de son sac un petit morceau de parchemin roulé qu'elle tendit à Harry avec un clin d'œil. Surpris, mais n'ayant aucune raison de refuser, il prit le bout de papier dans sa main avant de saluer la table des Professeurs.

- Direction Serpentard, murmura-t-il.

L'icône nationale se retourna une nouvelle fois vers la table vert et argent. Comme tout à l'heure, Blaise et Théodore le regardaient avec attention. Certes, ce détail pourrait paraitre anodin vu que tout l'école observait avec une curiosité malsaine ce que faisait Celui-qui-a-vaincu. Cependant, à la différence de tous les autres, Les deux Serpentards le regardaient droit dans les yeux. Pas de biais, ou seulement quand il avait le dos tourné. Pas en comme s'il était un monstre de foire ou le Premier Ministre. Non… A vrai dire, ils tiraient même une drôle de tête. Avaient-ils remarqué l'absence de leur ami ? Harry en aurait mis sa main au feu. Alors que seule la table les séparait maintenant, le Griffon commença la discussion en entrant dans le vif du sujet.

- Salut. Draco est malade et cloué au lit. Il y aurait moyen que vous preniez des notes pour lui pendant son absence ?

- Hum… Ouais, répondit Zabini légèrement déconcerté par l'échange qui été en train de se faire. On suit tous les trois les mêmes cours… Donc, sans problèmes.

Un détail qu'Harry avait oublié. Les cours étaient dispensés selon les résultats des B.U.S.E. Il se sentait stupide. Il y avait pourtant une possibilité que Zabini ou Nott n'aient pas les mêmes options que Draco ! Quoi qu'il en soit, le problème ne se posait pas. Ce qui ne l'empêchait pas de se sentir con. Préférant ne pas prolonger cet échange plus longtemps, Harry se contenta d'un simple signe de tête avant de se rendre à sa table et saluer ses deux meilleurs amis.

- 'Lut ! Ca va ? 'Mione m'a parlé de la réunion dans le bureau de McGonagall.

- T'es au courant que je vais devoir fréquenter plus de Serpentards, demanda Harry dans un soupir.

Ron acquiesça avec une moue assez particulière, mélange entre compassion et appréhension.

- C'était inévitable. Surtout que vous partagez les mêmes dortoirs. Mais bon, avec ça, tout le monde n'arrête pas de parler de Malfoy et toi.

- Ce n'est pas quelque chose de nouveau, intervint Hermione. Depuis la fin de la guerre, les discussions à ton sujet vont de bon train. En ce qui concerne Draco, son absence est loin d'être passée inaperçue…

La griffonne fit une pause pour toiser les curieux qui osaient écouter leur conversation. Après un dernier regard noir, elle se retourna et se pencha vers les garçons pour reprendre à voix basse.

- Le problème vient aussi du fait que les raisons de son absence ont été tus. Tout le monde se pose des questions.

La mine d'Hermione s'assombrit tandis qu'un tremblement involontaire parcouru son corps. Harry savait que les mauvais souvenirs lui revenaient en tête. Lui-même sentait son estomac soudainement se tordre et se secouer, lui donnant la nausée. A son tour, un spasme parcourut son corps. Instinctivement, il repoussa son assiette d'une main en plaquant l'autre sur sa bouche.

- On devrait… parler d'autre chose, lança Ron qui jouait sans appétit avec les œufs brouillés dans son assiette.

Harry et Hermione acceptèrent la proposition. Cependant, ils se contentèrent simplement de fixer la table en silence. Aucun des trois ne semblait arriver à penser à autre chose. Du moins, jusqu'à l'arrivée de Ginny qui s'installa joyeusement à table, un exemplaire du Chicaneur en main.

- Eh ben ! Vous en faites une tête !

Sa présence eut au moins le mérite de faire sortir le trio de leur pensée.

- Comment va Luna, demanda Hermione.

- Bien, plutôt. Son père aussi vu qu'il s'est remis à publier.

La rousse agita toujours le journal qu'elle tenait avant de le déposer sur la table.

- Sinon, je t'ai vu discuter avec McGo, tout à l'heure.

- Oh oui… J'avais oublié. Elle m'a demandé de te remettre ceci, Hermione.

Fébrilement, il sortit le morceau de parchemin qu'il tendit à sa meilleure amie. Celle-ci l'ouvrit rapidement pour le lire. Son visage afficha tout de suite un large sourire.

- Une bonne nouvelle, 'Mione ?

- Très, répondit-elle avant d'embrasser son petit ami.

XoXoX

Le soir arriva sans accroc, malgré la discussion plutôt sombre de ce matin. A vrai dire, cela était notamment du au jeu que Hermione, Ron et Harry jouèrent toute la journée. En effet, cette dernière avait décidé de garder la secret le contenu du message de la directrice. Les deux garçons avaient donc passé la plupart du temps à essayer de trouver ce que leur amie cachait. Malheureusement pour eux, la demoiselle était déterminée à ne rien dévoiler, leur répétant sans cesse que c'était une surprise. Si ce jeu avait l'air particulièrement puéril pour les jeunes adultes qu'ils étaient, il avait au moins l'avantage de leur faire oublier un peu leurs peines et leurs malaises. Ils prenaient la fuite, en somme.

Cependant, il finit par se retrouver seul avec ses pensées, allongé dans le divan de ses appartements, une petite boule de poils lovée sur son nombril. Distraitement, il amena à ses lèvres le verre à moitié rempli de Whisky Pur Feu qu'il s'était servi en arrivant. Inconsciemment, un rictus apparut sur son visage. McGonagall le tuerait si elle savait, pensa-t-il. Puis, son esprit se reconcentra sur la discussion de ce matin-même.

Sans le vouloir, des souvenirs refirent surfacent. Il s'était allongé sur le carrelage froid du salon du Manoir Malfoy, tentant vainement de calmer son estomac et son esprit bouillonnant. Non loin de lui, Hermione était étendue, profitant elle aussi tant bien que mal de la fraicheur qu'offrait le sol. Kingsley et Minerva, eux, s'étaient avachis mollement dans un des fauteuils et une impression de vide absolu avait émanée d'eux. Il se souvient avoir un instant lever la tête vers la fenêtre et avoir vu, assis sur le rebord, Ron les regarder d'un air inquiet.

Ronald Weasley s'était toujours montré un rien distant depuis. Tout d'abord parce qu'il ne partageait pas la connaissance des détails sordides de l'affaire Malfoy. Il s'était enfui du sous-sol, l'odeur pestilentielle lui ayant retourné les boyaux. Aussi, il était resté dans le salon en attendant que ses amis remontent. De ce que Harry savait, Hermione n'avait jamais parlé de ce qu'elle savait avec Ron. Et il n'était jamais venu lui poser de questions à ce sujet.

Trois coups à la porte sortirent Harry de ses pensées. A peine eut-il le temps de déposer sonverre sur la table basse et de prendre Luffy comme il se fallait pour se lever qu'il entendit la porte s'ouvrir. Cela ne pouvait donc être que…

- Hermione.

L'amie du Sauveur du monde s'approcha du divan et ses yeux se posèrent irrémédiablement sur le verre d'alcool encore un rien rempli. Comme il s'en doutait, un regard désapprobateur finit par s'abattre sur lui. Mais aucun commentaire ne sortit de la bouche de la griffonne. Elle se contenta de venir s'assoir et de caresser la boule duveteuse qui somnolait toujours sur le ventre de son maitre.

- Bonsoir, toi !

Elle s'était adressée au chiot qui baillait à s'en décrocher la mâchoire. Les deux amis restèrent ainsi, en silence pendant un instant, les yeux rivés sur le « concentré de mignoncité ».

- C'est vraiment gentil de la part d'Hagrid de te l'avoir offert. Je suis sûr que tu vas bien t'en occuper.

Harry acquiesça silencieusement, un sourire sur les lèvres. Ma main caressait distraitement le ventre de l'animal.

- Tiens, je ne t'ai pas raconté, d'ailleurs. C'est un hippogriffe qu'il voulait me confier au départ.

Le regard d'Hermione se leva d'un coup sur son ami. L'effarement se lisait sur son visage. Harry ne put s'empêcher de rire légèrement en voyant la tête de son amie.

- Bien sûr, McGonagall a longuement discuté avec Hagrid pour le convaincre d'un animal moins… imposant.

- J'imagine bien ! Il serait impossible de vivre avec un hippogriffe au Square Grimmaurd. Il n'aurait jamais assez de place. Et il ne pourrait pas facilement voler en plein Londres. Il serait forcément remarqué.

Harry émit un léger rire.

- C'est vrai. Quand je pense à ce pauvre Buck. Il doit être content de plus être coincé au grenier.

- Je ne sais toujours pas comment Sirius a réussi à le faire entrer dans cette maison, rigola la griffonne.

Le visage d'Harry s'assombrit légèrement à l'évocation de son parrain et sa meilleure amie ne le manqua pas. Se sentant légèrement coupable, elle reprit parle.

- Il serait fier de toi, tu sais. Il serait fier du jeune homme que tu es devenu. J'en suis certaine.

- J'n'en doute pas, 'Mione. C'est juste… qu'il me manque… Rémus aussi. Avant, j'avais l'impression d'avoir encore une famille. Maintenant, j'ai vraiment cette impression…

Harry ne termina pas sa phrase, mais il en avait pas besoin.

- Tu n'es pas seul. On est là ! Ron et moi, tes amis, les Weasley, les Professeurs, l'Ordre. Quant à Sirius, Lupin et tes parents, je sais qu'ils veillent sur toi de là où ils sont. Je suis certaine qu'ils sont toujours avec toi, même si tu ne les vois pas.

L'Orphelin se redressa délicatement pour aller la prendre dans ses bras. Il savait qu'elle avait raison. Il n'était pas seul, même s'il en avait parfois l'impression.

- Arg…

Un cri, vainement étouffé dans un oreiller, brisa l'instant, attirant l'attention des deux griffons. En se redressant, Harry tourna le regard vers l'origine de ce bruit. Mais il n'en avait pas besoin pour savoir qu'il venait de Draco. Toujours aussi impuissant, il attendit que la transformation soit complète, serrant calmement pour lui une Hermione tremblante. Le moment parut extrêmement long alors que Draco criait de souffrance. Puis, le silence revint dans la pièce. Seul le souffle rapide et fort d'un animal se faisait entendre. Sans attendre, Harry se dirigea vers le loup-garou pour l'apaiser autant qu'il le pouvait, passant sa main dans les poils de la bête.

- C'est fini… C'est passé…

Hermione vient s'installer en face des deux garçons, sur le lit d'Harry. Elle adressait un sourire peiné au loup qui la regardait fixement. Elle trouvait que la scène qui se jouait sous ses yeux était drôle, mais aussi terriblement triste. Quand on pense à toutes les atrocités par lesquelles ils étaient passés pour devenir proches. La Gryffondor n'était pas dupe. Elle savait que ce qui avait poussé Harry a aidé et recueillir Draco Malfoy, c'était les remords qu'il ressentait quant à son sort. Il se sentait coupable.

Trois petits coups vinrent tirer la demoiselle de ses réflexions. Si au début, comme pour son ami, elle en fut d'abord surprise. Elle se rappela bien vite d'un certain morceau de parchemin qu'elle avait reçu ce matin même.

- Tu devrais aller ouvrir, dit-elle avec un sourire.

Harry fronça les sourcils avant de se lever. Il se demandait qui pouvait bien venir les voir à cette heure-ci. L'heure du couvre-feu venait tout juste de passer, non ? Sans attendre plus longtemps, il se dirigea vers porte et l'ouvrit, découvrant la directrice qui attendait avec un grand sourire. Surpris, il ne parvint pas à prononcer le moindre mot.

- Monsieur Potter.

Minerva McGonagall lui adressa un signe de tête avant de rentrer dans les quartiers des garçons. Elle se contenta d'adresser un signe de tête à la jeune demoiselle avant de se retourner vers Draco.

- Monsieur Malfoy, je vous prie de bien vouloir m'excuser de venir vous importuner ainsi. Malheureusement, les contraintes du Amato Animo Animato Animagus obligent que le processus commence lors de la pleine lune. Je vous prie de croire cependant que je ferais au plus vite.

Elle termina sa tirade sur un signe de tête avant de se retourner vers les deux Gryffondors.

- Bien… Miss Granger, Monsieur Potter, ce soir commencera la longue et difficile route pour que vous deveniez des Animagi. Avant toute chose. J'aimerai vérifier que vous êtes bien déterminés à suivre la procédure, tantôt complexe, tantôt fastidieuse. Cela ne sera nullement facile et la moindre erreur sera fatale.

L'expression de la directrice était partagée entre sévérité et inquiétude. Harry et Hermione se regardèrent avec sérieux avant d'acquiescer silencieusement. Ils virent alors la directrice sortir une boite qu'elle ouvrit devant eux. A l'intérieur, deux feuilles étaient placées précautionneusement. Harry était certain d'en avoir déjà vu auparavant mais il était incapable de se souvenir précisément.

- Ce sont des feuilles de Mandragore, répondit Minverva pour répondre à sa question tacite. Pour commencer, il vous faut les mettre en bouche.

Les deux élèves s'exécutèrent sans poser de questions. Jusque-là, ils ne voyaient pas encore ce qui était complexe. La sensation sur la langue était assez étrange, assez désagréable. Le gout de terre n'aidait pas non plus.

- Bien. Maintenant, il va falloir que vous les garder en bouche jusqu'à la prochaine pleine lune. Attention ! Les recracher ou les avaler vous obligera à recommencer.

- Un mois à la garder en bouche, s'écria difficilement Harry.

- A peu près… A condition que la lune se montre. Sinon, il faudra attendre la suivante. Et si celle-là ne se montre pas non plus, il faudra attendre celle d'après. Et ainsi de suite jusqu'au moment où une pleine lune se montre, sans être cachée par quoique ce soit !

Un rire se fit entendre dans la pièce. Draco, qui n'était pas encore endormi, cette fois, gloussait comme il le pouvait sous la forme qu'il avait.

- Ça, bien sûr, ça te fait rire !

Harry ne put s'empêcher de sourire. Entendre Draco rire de bon cœur, même si c'était pour se moquer, l'apaisait un rien. Regonflé, il était à nouveau déterminé à suivre les traces de son père et de son Parrain.

- Bien. Miss Granger, je vais vous raccompagner à votre dortoir. Messieurs, je vous souhaite une bonne nuit.

McGonagall sortit avec Hermione, laissant Harry seul avec le loup. Le Gryffondor décida qu'il était largement temps de se coucher. Tout en se concentrant pour coincer la feuille entre sa langue et son palais, il se rendit dans la salle-de-bain avec un pyjama pour se changer. Une fois la chose faite, il s'installa confortablement dans son lit et sombra rapidement au royaume des rêves.

XoXoX

Harry se leva le lendemain matin, réveillé par le son strident du réveil. Il avait particulièrement mal dormi cette nuit. Tout d'abord, parce que le sommeil de Draco, à côté, avait été plutôt agité. Ensuite, parce que le Gryffondor se redressait en sursaut afin de vérifier que la feuille de Mandragore soit toujours dans sa bouche. Celle-ci s'amusait à rester collée à son palais.

Un bâillement lui échappa. Il aurait tout donné pour pouvoir dormir encore un peu. Malheureusement, il ne pouvait pas fuir les obligations et aller en cours en était une. Résigné, il se leva sans envie avant de se préparer pour la journée à venir. Une fois habillé, il se dirigea vers la sortie quand une voix l'interpella.

- Alors comme ça, tu comptes devenir un animagus ?

Stoppé net, Harry se tourna en direction des lits où il vit un Draco fatigué, mais bien réveillé. Sans un mot, l'Elu s'approcha de son lit et s'y assis pour regarder attentivement son camarade de chambre.

- Ouais. Hermione m'a convaincue. Je suppose qu'elle ne voulait pas tenter l'expérience seule.

Draco ne répondit rien, hochant simplement la tête.

- Je me demande quel sera mon animal, ajouta Harry.

- Si je ne me trompe pas, ton patronus est un cerf. Alors, il y a de grande chance que ce soit aussi le cas. Il est rare que les deux soient différent l'un de l'autre.

- Comment tu sais que mon patronus est un cerf, s'étonna Harry.

- Je te rappelle que tu as fait une magnifique démonstration durant l'épreuve des BUSE. Toute l'école en a parlé jusqu'au retour à Londres.

- Je vois…

- Sinon, les animagi rarement des animaux volants. Et rarement des animaux exotiques. Chat, chien, cheval… Après, il n'y a pas eu énormément de sorciers animagi. On sait que ça concorde souvent avec le patronus. On se base en général plus là-dessus, du coup.

Harry se trouvait en pleine réflexion. Il comprenait bien ce que le Serpentard lui disait. Il y avait très peu d'animagi dans le monde… Non, il n'y a pas beaucoup d'animagi connus. Cette pensée le fit sourire quand une autre question lui vient à l'esprit.

- Comment se fait-il que tu en saches autant ?

Le visage de Draco se voila d'une légère tristesse. Il se retourna dans son lit pour cacher son trouble et son corps encore endolori lui arracha un grognement plaintif.

- J'avais fait quelques recherches. Je… J'aurais voulu en devenir un, avant…

Harry eut un pincement au cœur. Instinctivement, il se leva pour changer de lit et alla s'assoir à côté de Draco. Il posa une main réconfortante sur l'épaule nue du loup.

- Ce n'est pas encore tout à fait perdu…

- Ne te fous pas de moi, Potter !

La main du Sauveur se crispa, toujours en contact avec la peau de son colocataire. Harry pouvait sentir l'épaule qui tressaillait, maintenant. En lui-même, plusieurs émotions effectuaient une ronde conflictuelle. La colère monta doucement. Puis elle disparut alors qu'un sanglot s'étrangla dans la gorge du blond.

Se sentant légèrement idiot, Harry lâcha enfin l'épaule pour une étreinte plus amicale et réconfortante.

- Je ne me foutais pas de toi, je te le jure.

Un nouveau sanglot mourut dans la gorge de Draco. Harry le serra un peu plus avant de continuer à parler.

- Je me disais juste… que les deux ne sont peut-être pas forcément incompatibles. Je vais en discuter avec Hermione. Elle sera ravie de mener des recherches.

Le corps de Draco tressaillit à nouveau, mais à cause d'un rire contenu cette fois. Il se retourna vers le Gryffondor et le regarda longuement. Ce dernier pouvait voir que les yeux du Serpent étaient humides à cause de larmes.

- Merci, dit-il finalement avec une voix cassée.

Harry ne répondit rien. A la place, il lui adressa simplement un sourire quand trois petits coups furent donné à la porte. Toujours sans un mot, Harry se leva pour ouvrir et tomba sans surprise sur l'infirmière de l'école.

- Monsieur Potter.

- Entrez, Mme Pomfrey.

Poppy lui adressa un singe de tête et un sourire avant d'obéir et de rejoindre le malade. Harry, lui, préféra les laisser pour aller se sustenter d'un délicieux petit déjeuner.


Aucune mandragore n'a été blessée... Allez ! A qui vais-je croire ça ? Ça fait mal de se faire arracher les feuilles !
Chers défenseurs de la nature, j'attends vos reviews pour vous plaindre de l'exploitations abusives des mandragores !

A la prochaine !