Bonjour ! J'espère que vous allez bien. Nous entrons aujourd'hui dans les chapitres/évènements/arcs qui ne faisaient pas du tout partie de la version originelle. J'espère qu'ils vous plairont ! N'oubliez pas, vous pouvez toujours rejoindre notre discord consacré à la communauté francophone d'AO3 en suivant le lien donné dans la note du chapitre précédent. Bonne lecture !

Lou Lovegood : Merci pour ta gentille review ! En effet, cette histoire est plus facile à écrire maintenant que je sais comment le faire, et je suis définitivement plus à l'aise avec la troisième personne et le style un peu plus externe. Je prends aussi beaucoup plus de temps pour développer le scénario, comme tu pourras le voir à partir des chapitres 4 et 5, puisqu'un arc entier a été ajouté à l'histoire. J'irai jeter un oeil au profil que tu me conseilles, et ne t'en fais pas pour la longue review, ça fait toujours plaisir !

Jusqu'à ses trois ans, peu d'évènements furent réellement marquants pour Hitomi. Elle passait beaucoup de temps avec sa mère, mais aussi avec le clan de feu son père. Shikaku Nara avait un bébé tout juste né et débarquait souvent au milieu de la nuit, complètement paniqué, pour demander conseil à Kurenai et rapporter la bonne parole à sa femme. C'était drôle, de le voir comme ça, avec sa queue de cheval totalement défaite et la lueur un peu fébrile dans son regard, mais Hitomi veillait à ne pas se moquer de lui.

Il était son oncle préféré, après tout, et pas seulement parce que son plan pour contrecarrer Danzô nécessitait qu'elle soit proche de lui. Il était un homme gentil, paisible, loin d'être aussi fainéant qu'on le prétendait. Il était intelligent, aussi, et c'était lui qui avait compris qu'Hitomi était en avance sur son âge. Quand Yoshino gardait la petite pour Kurenai, elle lui donnait des cours de vocabulaire plus complexes que ce que les bambins de trois ans apprenaient. Hitomi, elle, s'en délectait.

Depuis qu'elle pouvait parler et marcher, même si les deux étaient encore maladroits, un poids s'était levé de ses épaules. Elle se sentait à la fois plus libre et plus en sécurité. Elle n'avait encore rien appris qui lui serait frontalement utile pour ses différentes machinations, mais elle recueillait précieusement chaque information, sans en dénigrer aucune. On ne savait jamais, après tout, elle pourrait leur trouver une utilité.

Le lendemain de ses trois ans, Kurenai leva Hitomi bien plus tôt qu'elle n'en avait l'habitude. Elle était vêtue d'une tenue d'exercice bleu foncé qui lui collait au corps et que la petite fille ne lui avait jamais vue. Quand sa mère commença à l'aider à enfiler une tenue semblable, elle haussa les sourcils et attendit que la kunoichi réponde à la question tacite.

— Il y a une grande différence entre les enfants issus d'un clan et ceux qui viennent d'une lignée de civils. Tu la connais ?

— Les enfants des clans, répondit la petite, ont droit à un entraînement bien avant d'entrer à l'Académie, alors que les civils, eux, partent de zéro en commençant les cours.

— Exactement. Tu ne le sais peut-être pas, mais tu fais partie de deux clans : le clan Nara, celui de ton père et de ton oncle, et le clan Yûhi, dont ton grand-père et moi sommes les derniers représentants en vie… Avec toi, bien entendu.

— Oh… Donc on commence l'entraînement ?

— C'est ça !

Enthousiaste, Hitomi aida sa mère à finir de l'habiller et se tint sagement immobile alors que les longues mains habiles rassemblaient ses cheveux dans la queue de cheval traditionnelle des Nara. Enfin, traditionnelle… Ses cheveux étaient désormais assez longs pour ne plus tenir dressés sur son crâne, mais commencer à retomber vers ses épaules. Dans son attirail sombre, elle ressemblait à l'idée qu'on se faisait des ninjas dans son premier monde. En miniature, mais tout de même.

Obéissante, la petite fille suivit Kurenai, qui sortit de la maison et s'installa au milieu de leur jardin, campée fièrement sur ses deux pieds. C'était le début du mois de novembre, mais le temps était clément à Konoha : on n'y avait pas vu de neige depuis plus de dix ans, d'après les discussions qu'Hitomi avait entendues entre sa mère et les différents ninjas venus lui rendre visite ces trois dernières années. Ces visites étaient vraiment précieuses pour l'enfant, qui s'en servait pour remplir l'étage de sa Bibliothèque consacré à son nouveau monde.

— Bon, commençons. Positionne-toi comme moi, les pieds écartés à la largeur de ton bassin, le dos bien droit, les bras le long du corps.

Aussitôt, Hitomi obéit. Cette position lui était familière : en théâtre, il s'agissait de la « position de départ » à partir de laquelle on construisait l'attitude d'un personnage. Elle savait qu'ici, ce ne serait pas le cas, et réalisa tout de suite que si son cerveau se souvenait très bien de la pose à prendre, la mémoire de ses muscles était encore pratiquement vierge. Elle dut s'y reprendre à trois fois pour écarter juste assez les pieds et cesser de tenter d'occuper ses mains.

— C'est bien, ma puce, encouragea sa mère. Maintenant, lève les deux mains ensemble en étendant tes bras sur les côtés le plus possible, et lève-les jusqu'à ce qu'elles se touchent au-dessus de ta tête.

Guidée par la voix douce de sa mère, Hitomi découvrit ce qui serait désormais sa routine, tous les matins, avant de commencer sa journée. Sa mère appelait cela « saluer le soleil » et, en effet, il se leva pendant l'exercice. Quand ce fut fini, elle réalisa avec émerveillement qu'elle ne ressentait que les saines douleurs qui allaient avec la fatigue et la pratique d'un sport. Toutes les souffrances qui avaient hanté son premier corps dès son enfance ne l'avaient pas suivie dans sa nouvelle vie. Elle était libre, enfin.

Au bout de quelques semaines seulement de cet exercice quotidien, Hitomi put déjà observer quelques améliorations : son jeune corps était encore très malléable et, d'après sa mère, plus elle acquerrait de souplesse d'ici à la fin de sa croissance, plus elle serait souple en tant qu'adulte. Plus tard, elle pourrait encore améliorer sa souplesse avec du chakra, mais pour cela, il fallait déjà une bonne base de travail.

Il ne s'agissait pas de la seule compétence que Kurenai avait choisi de travailler avec sa fille. Après tout, elle ne retournerait pas en service actif tant qu'Hitomi ne serait pas diplômée. La petite commença donc à pratiquer quotidiennement la course d'endurance et la course de vitesse (bien plus agréables toutes les deux maintenant qu'elle n'avait plus à cracher ses poumons dès qu'elle accélérait un peu l'allure) et apprit des exercices qui l'aideraient à construire sa force. L'après-midi, sa mère l'emmenait s'asseoir autour de la table basse et lui parlait de l'histoire des villages ninjas, du chakra, de l'Académie. On pouvait voir qu'elle avait parlé à Shikaku : elle ne répétait jamais une information qui avait été comprise et n'hésitait pas à faire participer sa fille, interagissant avec elle plutôt que de simplement lui donner des cours.

Hitomi était aux anges. Elle apprenait des tas de choses, et il lui semblait qu'il n'y en aurait jamais assez, jamais assez de nouvelles connaissances et de choses encore à découvrir. Bientôt, ennuyée de simplement tenter de dessiner ce dont elle parlait avec sa mère pendant le cours de l'après-midi, elle se mit à essayer de reproduire, même sans pouvoir les lire, les kanjis sur le dos des livres de la bibliothèque du salon. Elle réalisa bien vite que ses doigts étaient encore bien trop maladroits pour cela mais, comme pour la force, la vitesse et la souplesse, c'était une affaire de travail, aussi travailla-t-elle.

Sa fille avait presque quatre ans quand Kurenai réalisa qu'elle essayait d'apprendre à écrire toute seule, prouvant sans le savoir à quel point Shikaku avait eu raison à son sujet. La jeune mère prit immédiatement les choses en main, pour éviter que la main d'Hitomi prenne de mauvaises habitudes, comme tracer les traits des kanjis dans le mauvais ordre, et la petite apprit à écrire, exactement comme elle l'avait voulu.

Il lui fallut plusieurs semaines pour maîtriser les deux syllabaires de kanas. Sa mémoire était toujours excellente, mais ses traits manquaient encore du naturel qu'on ne pouvait acquérir que par la pratique et des mains plus matures. Ensuite, elle put passer aux kanjis. Elle en connaissait déjà certains, comme celui qu'elle verrait un jour sur la tempe de Gaara, mais devait apprendre les règles correspondant à l'ordre des traits. Cela l'amusait et la détendait, si bien qu'elle se mit à pratiquer chaque soir une heure avant d'aller se coucher.

Avec ce début d'apprentissage, elle gagna aussi en indépendance, en quelque sorte. Alors qu'elle n'avait jusque là rencontré que Shikamaru parmi les enfants à peu près de son âge, Kurenai la jugea prête à faire la connaissance de ceux qui seraient sans doute ses futurs collègues, mais uniquement sur le territoire des Nara, le seul assez vaste pour que le chakra des adultes n'agresse pas ses méridiens identifiés comme hypersensibles quand elle était bébé. À partir de ses quatre ans, elle commença à passer du temps également avec les deux meilleurs amis de son cousin, Chôji Akimichi et Ino Yamanaka. Les deux enfants étaient pratiquement les opposés l'un de l'autre ; Hitomi devait admettre qu'elle avait plus d'affinités avec le paisible Chôji qu'avec Ino, bavarde et bruyante. Cela dit, son préféré restait Shikamaru.

Un soir, il arriva chez elle totalement surexcité, une sorte de boîte de bois plaquée contre sa poitrine comme s'il s'agissait d'un trésor. Son père se trouvait encore quelques pas plus loin, remontant la rue de sa démarche souple et paresseuse. Il évoquait souvent un félin à Hitomi. Placide, mais dangereux. Il était rare pour la petite de voir son cousin dans un tel état d'excitation. Sans attendre que l'adulte arrive, elle ouvrit largement la porte et s'effaça du passage pour les laisser tous les deux entrer. Aussitôt, Shikamaru l'attrapa par le bras et, marmonnant qu'il avait un truc à lui montrer, la tira vers l'autre porte, qui ouvrait sur le jardin.

Il n'alla pas jusqu'à l'herbe, s'asseyant en tailleur sur la terrasse sur pilotis que Shikano avait construite quelques mois avant la naissance d'Hitomi – sa mère lui avait raconté l'histoire. Derrière le mur qui encadrait le jardin, le soleil glissait lentement vers l'horizon, teintant de rose et d'orange les rares nuages de ce ciel d'été. Pendant quelques secondes, Hitomi se perdit dans la contemplation de cette immensité colorées, revigorée par les douces couleurs et le vent léger.

— Viens ! s'exclama Shikamaru, ramenant l'attention de la petite fille sur lui. Assieds-toi en face de moi.

En quelques gestes habiles, tandis qu'elle s'exécutait, il mit en place entre eux ce qui ressemblait très fort à un plateau d'échecs, sans les couleurs. Hitomi le reconnut instantanément : ainsi, Shikaku avait appris les règles du shôgi à son fils…

— Oh, ton père parle de ce jeu parfois, il joue avec les capitaines de l'ANBU ! Tu sais jouer ?

— Oui, et je vais t'apprendre, Hitomi-chan. Mon père est un adversaire difficile, j'ai besoin de quelqu'un à mon niveau pour apprendre correctement.

Elle hocha la tête et ainsi, ce fut décidé. Il lui expliqua les règles de placement tout en positionnant les pièces sur le plateau, puis les règles de jeu au fur et à mesure de la première partie. C'était pour ce genre de moments complices qu'Hitomi adorait Shikamaru. Il ne montrait jamais de signe d'ennui quand elle voulait discuter de choses un peu complexes, et lui apportait d'autres précieux petits éclats de savoir à ajouter à sa collection.

Elle perdit les trois premières parties. Nul doute que Shikamaru avait déjà progressé en jouant contre son père. Comme elle, il dévorait les connaissances des adultes, souvent sans qu'ils le réalisent. La quatrième partie fut plus longue, bien plus longue. Le soleil avait depuis bien longtemps disparu alors que le dénouement était loin. Avant de prendre la moindre décision, ils réfléchissaient soigneusement au prochain mouvement et à ses implications. Quelque part au milieu de la partie, Kurenai vint leur apporter des couvertures et des chocolats chauds, mais ils ne quittaient pas le plateau des yeux.

Finalement, ce fut Hitomi qui l'emporta, et l'euphorie fut telle qu'elle laissa échapper un cri victorieux et sauta sur ses pieds, un sursaut d'énergie lui parcourant le corps. Shikamaru la regardait d'un air fier, un sourire extrêmement satisfait sur les lèvres. Il avait trouvé son adversaire.

— On ferait mieux de ne pas commencer une nouvelle partie. Tu dois encore t'entraîner à écrire, pas vrai ?

— Je connais pas mal de vocabulaire de base maintenant, du coup je me concentre plutôt sur la lecture. Mais tu as raison. Maman a déjà été gentille de me laisser dehors aussi tard.

Les deux adultes étaient visibles à travers la baie vitrée qui séparait le jardin et le salon. Ils étaient assis sur le canapé et les observaient attentivement tout en discutant. Ils avaient l'air légers, détendus. Avec un soupir, Hitomi fit coulisser la porte de la baie vitrée et franchit le seuil, la couverture sur ses épaules et sa tasse entre les mains.

— Eh bien, dit Shikaku, il ne t'a pas fallu longtemps pour piger le truc, chaton ! Je suis sûr qu'avec quelques années d'entraînement, Shikamaru et toi parviendrez à me battre.

La petite fille répondit d'un rire à cette affirmation. Shikamaru et elle étaient peut-être considérés comme des génies, mais c'était également le cas de Shikaku, et lui avait des dizaines d'années d'avance sur eux, dans tous les domaines. Ils ne le rattraperaient sans doute jamais, et c'était parfait comme ça. Shikamaru la rejoignit à l'intérieur, son plateau dans les bras comme s'il s'agissait d'un enfant, et la soirée continua sur ce ton léger, jusqu'à ce qu'il soit temps pour les deux enfants d'aller se coucher, et pour Shikaku, qui reviendrait chercher son fils à la fin du week-end, de rejoindre son épouse dans leur maison quelque rues plus loin.

Voilà, c'est tout pour cette semaine ! Rendez-vous la semaine prochaine, pour l'introduction d'un personnage qui deviendra très important dans cette histoire. N'oubliez pas de follow cette histoire pour ne rater aucun update, de l'ajouter à vos favoris pour que tout le monde puisse la voir dans votre profil, et d'envoyer une review pour communiquer et faire plaisir à l'autrice (aka moi, faites-moi plaisir please please please). Bonne semaine !