Bonjour ! Voici le chapitre de la semaine. Comme je l'avais promis, il introduit un personnage qui sera très important pour la suite de l'histoire. Attention toutefois, il ne s'agit pas d'un OC mais, pour les gens qui ont suivi l'anime, d'un personnage qui a eu quelque chose comme deux scènes dans l'arc de la Grande Guerre Shinobi. Je l'ai trouvé cool en tombant sur lui par hasard dans le wiki, et du coup, le voilà ! J'espère que vous l'aimerez autant que moi en le découvrant au fil des chapitres suivants.
Réponse aux reviews :
- Nuage : Bon retour, et merci pour tes compliments ! En effet, je me sens bien plus à l'aise à la troisième personne. Elle me permet de prendre mon temps, de mieux me concentrer sur ce que je veux raconter. J'espère que tu apprécieras tout autant la suite, maintenant qu'on entre dans un arc totalement inédit par rapport à la première version !
= Lou Lovegood : En effet, Hitomi mûrit très vite, mais c'est parce qu'elle est entourée d'un clan de génies. Les Nara ne sont pas étonnés, selon moi, quand une gamine de même pas quatre ans essaye d'apprendre à lire et à écrire - et de manière générale, les clans en attendent vraiment plus de leurs enfants que les civils. On a pu le voir avec toutes les scènes concernant notamment Hinata, Neji et Sasuke enfants. Quant à Shikamaru, elle peut le battre au shôgi (parfois) parce qu'ils sont égaux. Ils seront plusieurs fois décrits comme tels dans la suite, parce que c'est important : ils sont égaux sur le plan de l'intelligence, mêrme si Shikamaru est plutôt un stratège et Hitomi plutôt une créative, ces deux compétences leur permettent d'arracher la victoire à leur partenaire.
Pour lady scatty, je trouve qu'elle a de bonnes idées, mais je suis très exigeante dans mes lectures et en terme de style, je pense qu'il y a beaucoup de choses à améliorer, notamment la grammaire et l'orthographe, et je n'arrive pas à me concentrer sur des histoires où il y a beaucoup de fautes... Mais ses idées sont sympathiques.
J'espère te revoir par ici cette semaine !
Le jour des cinq ans d'Hitomi, un homme qui n'avait plus été vu au village depuis des années réapparut à la porte du territoire des Nara. Il portait la coiffure du clan, mais ses cheveux étaient un peu trop longs pour se dresser hors de l'élastique. Ses yeux noirs étaient soulignés de traits d'eye-liner, une teinte de vert sombre qui lui donnait un air dangereux et méfiant. Si les histoires étaient vraies, ces deux caractéristiques s'appliquaient parfaitement à lui. Son nom était sur les lèvres de ceux qui le regardaient avancer, massés de chaque côté de la route sans oser y poser le pied.
Ensui Nara. L'Ombre Étrangleuse de Konoha. Celui qui n'avait de respect et de considération que pour son chef de clan, ignorant même parfois les ordres du Hokage – sa manière à lui d'exprimer qu'Hiruzen n'aurait jamais dû revenir à ce poste, et laisser le très fameux chapeau à Shikaku, quand bien même celui-ci n'avait jamais voulu de telles responsabilités.
Hitomi, elle aussi, regardait l'homme avancer dans les rues, bouche bée. Elle avait beau supporter de mieux en mieux le chakra des adultes qu'elle fréquentait, elle passait rarement du temps dans cette partie du territoire du clan. Si elle n'était pas venue rendre visite à Shikamaru, si Shikaku n'avait pas organisé sa fête d'anniversaire, elle n'aurait pas pu assister au retour de l'homme que tous, dans le clan, semblaient respecter.
— Quelle plaie…
La petite fille tourna la tête vers Shikamaru, qui venait de pester près de son oreille.
— Tu ne l'aimes pas ?
— J'ai pas de problème avec lui, mais je pense que mon père va être très occupé dans les jours qui viennent. Je voulais qu'il me montre comment tenir des shuriken…
Hitomi hocha la tête, compatissante. Sa mère avait commencé à lui montrer comment manipuler des armes de jet plusieurs semaines plus tôt, déclarant qu'elle était prête, mais Shikamaru avait toujours montré un certain manque de volonté dans sa préparation pour l'Académie. Montré seulement. Shikaku voyait toujours clair dans son jeu. Mais Shikaku était aussi chef de clan et Commandant en Chef des Jônin. Il avait énormément de travail.
— Si tu veux, viens à la maison un après-midi. Ma mère est en train de m'apprendre en ce moment. Ça ne la dérangerait pas de t'expliquer comment faire, à toi aussi.
Le temps de décider du jour où Shikamaru viendrait effectivement leur rendre visite, Ensui Nara n'était plus qu'une silhouette, loin sur la route. Rangeant précieusement les quelques informations qu'elle venait de recevoir dans sa Bibliothèque, Hitomi posa une main sur l'épaule de son cousin et, à force de cajoleries, le convainquit de l'emmener dans la Forêt aux Cerfs. Ils ne virent pas l'ombre d'un animal ce jour-là, mais s'amusèrent tout de même, exactement comme ils l'avaient voulu.
Le lendemain matin, quelqu'un frappa à la porte de la maison d'Hitomi alors que Kurenai était partie faire des courses. Dans n'importe quelle autre partie du village, on apprenait aux enfants à ne pas ouvrir la porte aux inconnus, mais dans le cœur du territoire des Nara ? Personne ne craignait rien. Pour cette raison, la petite fille décida d'ouvrir à la personne qui frappait, et resta bouche bée en découvrant Ensui Nara sur le perron.
D'accord. Ce n'était pas prévu.
— Je peux vous aider, Ensui-san ?
Elle avait appris les règles de politesse, après tout, et sa mère ne serait pas contente si elle apprenait qu'elle avait manqué de respect à un inconnu. Qu'il fasse partie du clan n'était certainement pas une excuse.
— Je cherche ta mère. Elle n'est pas là ?
— Elle est partie sur le marché, elle devrait revenir d'ici une vingtaine de minutes. Si vous voulez, vous pouvez l'attendre ici.
Cette machination-là n'était sans doute pas la plus habile. Hitomi, en proposant à cet homme mystérieux d'attendre avec elle, n'avait qu'un espoir en tête : qu'il se mette, de lui-même, à parler et lui donner des informations. Sur lui, sur le monde en-dehors du village… tout était bon à prendre.
Quand il accepta, elle lui offrit un sourire rayonnant en échange et lui proposa une paire de pantoufles réservées aux invités. Elle était heureuse de pouvoir pratiquer ce que sa mère lui avait appris concernant l'étiquette, même si beaucoup de règles étaient stupides à ses yeux. Tandis qu'il s'installait au salon, elle sortit du frigo le pichet de limonade que Kurenai avait préparé le matin-même. Elle savait que, d'habitude, on proposait du thé aux invités, mais elle était tout simplement trop petite pour atteindre le plan de travail. Elle avait déjà de la chance que les verres ne soient pas rangés en hauteur. Elle posa donc deux verres et le pichet sur un plateau et amena le tout au salon, remerciant l'entraînement sans pitié auquel sa mère la soumettait pour la force qu'il lui apportait.
— Merci, petite, dit Ensui alors qu'elle lui servait un verre de limonade.
Il avait un petit sourire amusé sur les lèvres, comme s'il voyait clair dans son jeu – honnêtement, c'était sans doute le cas, puisque pratiquement tous les Nara étaient des génies. Hochant la tête avec un sourire poli, elle s'assit à même le sol, de l'autre côté de la table basse, analysant la manière dont il s'était installé sur le canapé, ses longs membres à mi-chemin entre un étalement inélégant et une tentative de conserver quelques manières. Tous les Nara adultes avaient ce genre de comportement. C'était étrangement mignon – pour peu que ce qualificatif puisse être appliqué à Ensui.
— Tu lui ressembles beaucoup, tu sais ?
Elle leva la tête et le regarda dans les yeux pendant un instant, sans comprendre. Comme s'il avait saisi sa confusion, il poursuivit :
— Shikano. Tu lui ressembles. Je ne fais pas partie de la famille principale du clan, mais nous avons eu le même sensei. J'étais son tout premier élève. Je suis souvent parti en mission avec leur équipe, quand ils avaient besoin d'un Jônin supplémentaire. C'était un type bien.
Une grande partie de la tristesse qu'Hitomi avait ressentie à la mort de son père avait depuis longtemps été enfermée dans un livre de sa Bibliothèque. L'amertume, quant à elle, était restée plus ancrée, mais elle l'avait assez atténuée pour pouvoir faire bonne figure dans l'éventualité où elle rencontrerait Danzô avant que son plan soit sur les bons rails. Pourtant, entendre évoquer Shikano éveillait ces sentiments dans toute la fraîcheur du premier jour. Elle était incapable d'oublier.
— Je suis heureuse de ressembler à mon père, Ensui-san. On ne me parle pas souvent de lui, mais j'ai l'impression qu'il était un homme bon. Je ferai de mon mieux pour rendre hommage à son souvenir.
Le sourire de l'homme s'élargit, et Hitomi eut l'impression qu'elle avait dit exactement ce qu'il voulait entendre. Il courba sa haute silhouette par-dessus la table, étendit un bras et lui tapota gentiment la tête. Elle fit mine de froncer les sourcils quand les longs doigts mirent du désordre dans sa coiffure, puis se dégagea en riant.
— Alors, petite, Shikaku me dit que tu sais jouer au shôgi. Tu as un plateau ?
Elle hocha la tête et alla le chercher dans sa chambre. C'était un bel objet, orné de kanjis et verni avec soin, offert par son oncle pour son anniversaire, la veille. Elle n'avait eu le temps que de faire quelques parties avec Shikamaru, qui n'avait jamais perdu exprès – il la connaissait et la respectait assez pour lui offrir des défaites pleines de nouvelles connaissances et des victoires véritables. Le plateau dans les bras, elle revint au salon.
Ses gestes étaient presque cérémonieux alors qu'elle posait le plateau sur la table basse et ouvrait les deux tiroirs incrustés, qui contenaient les pièces. En silence, l'homme et l'enfant placèrent leurs pions, et commencèrent à jouer, ne déviant leur regard du jeu que pour une occasionnelle gorgée de limonade.
Il apparut presqu'immédiatement à Hitomi que son adversaire était le plus terrible qu'elle ait jamais affronté, plus fort encore que Shikaku, à des années-lumière du niveau de Shikamaru – de son niveau à elle. Elle buvait à la source de son savoir, à chacune des décisions qu'il prenait, ses grands yeux rouges rivés sur le plateau de jeu comme s'il s'agissait du plus passionnant des livres. Et, en quelque sorte, les pions lui racontaient une histoire – qui vit, qui meurt, qui gagne, qui perd. Elle en avait à certains instants la gorge serrée. Elle perdit, mais au fond, elle avait tout gagné.
— Je vois que tu joues souvent contre Shikaku et Shikamaru.
— Vous pouvez le voir, Ensui-san ?
— Bien sûr. Chaque joueur, pour peu qu'il pratique assez longtemps, développe son propre style, influencé par ceux qui lui ont appris à jouer, puis ont entretenu ce savoir avec lui. Peut-être que ton jeu prendra ma marque, également.
Hitomi approuva d'un signe de tête. Cela faisait sens. Elle avait entendu parler de choses semblables, aux échecs. Elle avait été surprise en apprenant qu'un tel jeu n'avait pas encore été inventé ici, tout comme les dames, si bien qu'elle avait noté, quelque part dans son esprit, qu'à l'occasion il lui faudrait trouver un moyen d'apporter ces jeux entre les mains de son cousin. Il adorerait.
Kurenai revint à la maison au milieu de leur troisième partie. Si elle fut surprise de trouver l'Ombre Étrangleuse dans son salon, des pantoufles aux pieds et un verre de limonade entre les mains, elle n'en montra rien. Sans quitter le plateau des yeux – c'était son tour – Hitomi salua sa mère, son esprit totalement focalisé sur le jeu et sa prochaine décision. Elle n'avait aucun espoir de vaincre Ensui, mais elle lui devait d'être la meilleure version possible d'elle-même. Elle le lui devait, comme elle le devait à chacun de ses adversaires, pour que leur victoire soit pleine de mérite, et sa défaite imprégnée de dignité.
— Bon, fit Kurenai quand la partie se termina. Je sais pourquoi tu es là, Ensui. Shikaku m'en a parlé ce matin.
— Je te ramènerai la petite en un seul morceau, Kurenai. Tu sais que je ramène toujours mon équipe à la maison.
— Elle n'est pas ton équipe ! Elle n'est qu'une enfant, qui n'a même pas encore mis les pieds à l'Académie, et Shikaku a pris cette décision sans me consulter, sous prétexte qu'il est chef de clan !
En entendant ce rare éclat de la part de sa mère, Hitomi se tendit, pour deux raisons. D'abord parce qu'elle pouvait sentir sur sa peau l'aura meurtrière que Kurenai, dans sa colère, projetait sans réellement s'en rendre compte, mais aussi parce qu'elle ne s'énervait pas souvent, et que de tels emportements méritaient d'être considérés avec une attention particulière quand ils venaient d'elle.
— Je sais que ce n'est pas ce que tu veux, dit Ensui d'une voix apaisante, mais il n'y a pas d'autre solution. Si tu veux que la gamine puisse entrer à l'Académie et devenir un ninja, elle doit apprendre à mettre en sourdine sa perception, et tu sais que je suis un expert du sujet.
Écoutant toujours attentivement, Hitomi jeta à l'homme un regard à la fois intéressé et méfiant. Elle s'était, bien entendu, inquiétée au sujet de l'Académie, et de la suite de sa carrière de ninja. Elle n'arrivait pas à supporter l'intensité du chakra de ceux qui l'entouraient – c'était pour cela que Kurenai, à la mort de Shikano, avait eu l'autorisation de rester vivre dans le territoire des Nara, le seul assez vaste pour que les ninjas vivent éloignés les uns des autres et que ses sens ne soient pas saturés. Mais partir avec cet homme elle-ne-savait-où… Cela ne ressemblait même pas au début d'un bon plan.
— Je sais ! Je sais tout ça, d'accord ? Tu m'excuseras de ne pas être ravie d'envoyer mon enfant sur les routes avec quelqu'un qui la connaît depuis, quoi ? Une heure à peine ?
La dispute continua sur ce ton pendant plusieurs minutes tandis qu'Hitomi se réfugiait dans sa Bibliothèque. Elle examina ce qu'elle savait sur Ensui – très peu – et les avantages et inconvénients qu'elle aurait à accepter cette opportunité. Non qu'elle ait vraiment le choix, mais il fallait bien qu'elle fasse quelque chose, pas vrai ? Quand elle rouvrit les yeux, elle avait atteint une conclusion. Elle se leva, attirant les regards des deux adultes sur elle, et se réfugia dans les bras de sa mère.
— Tu vas me manquer, marmonna-t-elle, la voix étouffée par la robe contre laquelle elle avait enfoui son visage. Mais c'est vraiment très important pour moi d'aller à l'Académie, et de le faire dans les meilleures conditions possibles. Si m'en aller avec Ensui peut m'aider à le faire, alors je veux aller avec lui, s'il te plaît.
La mère et l'enfant échangèrent un long regard, plein de non-dits et de promesses. Hitomi serait morte à nouveau, sans la moindre hésitation, pour Kurenai. Elle l'aimait de cet amour inconditionnel et pur dont elle avait cruellement manqué pendant sa première vie. S'accrochant au tissu qu'elle pouvait attraper, elle inspira pour s'imprégner de son odeur et mémorisa la manière dont son chakra touchait sa peau. Maintenant qu'elle ne projetait plus d'aura meurtrière, Hitomi ne pouvait plus sentir que la pression et la douceur de sa force et de sa tendresse.
— D'accord, ma puce. Tu vas me manquer… Avant toute chose, prépare un sac. Tu seras sans doute partie pendant plus d'un an, mais j'imagine qu'Ensui s'assurera que tu ne manques de rien. Prends juste quelques vêtements, du matériel pour écrire, tes kunai et shuriken, et un ou deux livres.
— Plus d'un an ? Mais je suis censée entrer à l'Académie l'année prochaine…
— Et ce que je vais t'apprendre, intervint Ensui, demande beaucoup de temps. J'en profiterai pour continuer ce que ta mère a commencé. Quand tu entreras à l'Académie, tu auras un an de plus que tes camarades, mais tu seras aussi bien plus forte qu'eux. Tu n'auras aucune difficulté à prendre la première place au classement.
Aucune difficulté, aucune difficulté… Si son calcul était correct, elle entrerait donc à l'Académie en même temps que la génération Naruto, et pas dans celle de Neji, comme elle l'avait cru. Cela changeait certains de ses plans, les facilitait en fait. Elle aurait moins de mal à se trouver au cœur de l'action comme ça. Feignant un soupir ennuyé, elle hocha la tête et alla dans sa chambre faire ce que sa mère lui avait ordonné, laissant les adultes décider des implications plus complexes de la situation qui se présentait à eux.
Voilà, c'est tout pour ce chapitre. S'il vous a plu, n'hésitez pas à laisser une review, elles font toujours plaisir à l'autrice (c'est moi ça). Pour ne pas manquer la prochaine update (elles se font tous les dimanches) n'hésitez pas à follow l'histoire et, pour montrer au monde entier comme vous l'aimez, vous pouvez l'ajouter à vos favoris ! À dimanche prochain !
