Bonjour bonjour ! Quelques petites notes avant d'entamer le chapitre à proprement parler : • La relation shishou/kohai est une relation maître/apprenti. Le meilleur exemple de cette relation dans le manga est celle entre Tsunade et Sakura. Selon mon headcanon, cette relation est différente de celle entre le sensei et ses élèves. La première dure jusqu'à ce que l'élève devienne un Jônin, tandis que la seconde s'arrête quand les élèves deviennent Chûnin. À ce stade, les élèves sont souvent répartis en d'autres équipes, sans autorité d'un Jônin. Le meilleur exemple que j'ai en tête est le duo Izumo/Kotetsu. Pour la relation shishou/kohai, il n'y a pas d'interruption tant que l'élève n'est pas un Jônin, parce que le shishou a des choses à lui apprendre jusqu'à ce qu'ils soient tous deux égaux en rang. • Les points vitaux mentionnés ici ne sont pas les endroits du corps qui, touchés, vous condamnent à mort, mais la multitude de petits points plus petits que la piqûre d'une aiguille que les Hyûga ferment avec leur technique du Poing Souple. Ces points vitaux sont inspirés de la médecine traditionnelle chinoise (si le wiki anglais de Naruto est exact) et, s'ils ne sont pas ouverts, le chakra ne peut circuler, ou circule mal. Sur les dizaines de points vitaux que compte chaque bras, il suffit d'en avoir une dizaine bloqués pour avoir du mal à former une technique. • Le sujet sera abordé dans un prochain chapitre (je ne sais plus exactement lequel) mais, selon moi, les ninjas issus des clans apprennent à lire et à écrire bien plus tôt que les civils. Il s'agit d'une stratégie de la part de leurs parents pour qu'une fois à l'Académie, ils puissent apprendre plus facilement dans les autres matières théoriques, et aient de l'avance sur leurs pairs issus de familles « normales ».

Réponse à Review :

LouLovegood : Je n'avais jamais pensé à Ensui comme un personnage similaire à Shisui tiens. Mais oui, il a la classe, avec une réputation à l'internationale qui se résume à "courage, fuyez !" dans certains pays. Et c'est un Nara, et tous les Nara ont la classe, donc de fait... Pas de souci pour le "retard", c'est toujours hyper-sympa de laisser des reviews ! Courage pour tes problèmes de wifi et bonne lecture !

Le lendemain matin, Ensui et Hitomi quittèrent le village aux aurores. Il avait décidé que ce long voyage serait un apprentissage supplémentaire pour elle, qu'il lui apporterait de bonnes choses, et elle était d'accord. Elle se languissait de découvrir le monde dans lequel une entité supérieure avait décidé de lui offrir une vie nouvelle, de mieux comprendre les tenants et aboutissants des situations de chacun ici-bas, du plus puissant des ninjas au plus paisible des civils. Le savoir, c'était le pouvoir.

C'était étrange tout de même pour elle d'être autorisée à franchir les immenses portes de Konoha. Elle les voyait de ses propres yeux pour la première fois – elle n'avait jamais pu s'en approcher à cause de la trop grande concentration de shinobi à proximité, entre ceux qui vivaient tout simplement là et ceux qui travaillaient aux alentours. C'était Shikamaru qui les lui avait décrites, et Chôji qui les avait dessinées pour elle. Hitomi n'aurait jamais soupçonné qu'un garçon aussi maladroit et malhabile de ses mains – il n'avait pas encore, après tout, été forgé par l'Académie puis par un maître doué et attentif – ait un tel talent.

C'était une journée clémente de milieu d'automne. Les feuilles des arbres n'étaient encore que rarement touchées par le jaune, l'orange et le rouge qui annonceraient leur déclin. Dans l'air, on pouvait encore sentir les fleurs qui s'épanouissaient dans les clairières des bois alentours. À cette faible distance du village, personne n'aurait osé perturber la sérénité des lieux – cela ressemblerait trop à une déclaration de guerre, et il faudrait sérieusement manquer de sagesse et de sens commun pour menacer Konoha.

— Pourquoi est-ce vous qui vous occupez de moi, Ensui-san ? Hier, vous avez sous-entendu que vous connaissiez bien mon… Problème.

Même si sa mère n'était plus là pour entendre parler de son comportement, Hitomi tenait à rester polie avec l'homme qui l'avait prise en charge sans espérer être récompensé pour ce service. Cela demandait une immense loyauté au clan, de mettre sa carrière de ninja en pause pendant deux années entières. Hitomi n'était pas sûre qu'elle en aurait été capable, si les situations avaient été inversées, et pourtant, elle aimait son clan.

— Tu souffres d'hypersensibilité des méridiens. C'est ce qu'indique ton dossier médical – oui, en tant que shishou, j'ai eu le droit de le consulter.

— Vous êtes mon shishou ?

— Erh… C'est ce qu'on a dû dire au Troisième pour qu'il te laisse partir sans que tu sois diplômée. Tu n'es pas obligée de me considérer comme tel, mais je suis sûr que tu ferais une très bonne kohai.

Hitomi y réfléchit un instant. Elle s'efforçait de penser au futur, quand les évènements du canon auraient commencé pour de bon et que, par la force des choses, elle devrait avoir une réputation à l'internationale. Kohai de l'Ombre Étrangleuse de Konoha sonnait comme un excellent début de réputation, pas vrai ? Le genre à vous faire réfléchir à deux fois avant d'attaquer.

— Ensui-shishou ce sera, alors. Mais est-ce que ça va m'empêcher d'avoir un sensei, après l'Académie ?

— Seulement si le nombre d'élèves qui réussissent n'est pas divisible par trois. Dans ce cas, je te prendrais comme apprentie jusqu'à ce que tu sois Jônin. Mais si tu as un sensei… Rien ne t'empêchera de prendre un autre shishou, ou de revenir vers moi, quand tu seras Chûnin.

— On dirait que vous n'avez aucun doute. Comment pouvez-vous être certain que je vais réussir l'Académie, et après ça, être promue ?

Il répondit d'abord en haussant les épaules et en détournant le regard, mais comme elle le fixait d'un air insistant, il élabora un peu plus pour son bénéfice :

— Tu es une Nara, la fille de deux excellents ninjas, et d'après ton oncle, tu es un génie, l'égale de son fils. Crois-moi, ce n'est pas rien. J'ai aussi pu consulter son dossier médical. Si ce gamin n'était pas le digne fils de son père, il serait déjà sur les bancs de l'Académie, et premier au classement.

À cela, Hitomi éclata d'un rire léger. Elle savait que même à l'Académie, Shikamaru ferait tout pour être un élève moyen. L'effort ne valait pas les résultats qu'il engendrerait, à ses yeux. Il préférait ne pas attirer l'attention des professeurs sur lui, et progresser dans l'ombre. Hitomi, elle, était différente. Après tout, elle était une fille, et les choses étaient toujours un peu plus difficiles pour les kunoichi dans ce monde. Elles devaient faire leurs preuves en permanence, et la petite fille entendait bien se plier à cette règle. Elle voulait être prise au sérieux, instiller la peur dans le cœur de ses ennemis, et pour cela, il lui faudrait travailler d'arrache-pied.

— Pour en revenir à ton hypersensibilité… J'ai exactement le même problème. La maladie court dans la famille, vois-tu. Quand je suis né, les médecins l'ont diagnostiqué tout de suite – la princesse Tsunade était apprentie à l'hôpital à l'époque, en plus d'être entraînée par le Troisième. Tout le monde pensait que je ne serais jamais ninja, ou que je devrais prendre une voie complètement à part pour y arriver. Et puis un membre du clan est venu voir mes parents et m'a emmené, exactement comme je le fais maintenant avec toi. Quand je suis revenu au village, j'étais capable de réduire mon hypersensibilité à un simple bourdonnement, à changer la maladie en arme. Et tu feras de même.

Hitomi inclina la tête, le regard rempli de respect. S'il était capable de faire cela… S'il était capable de lui permettre d'aller à l'Académie, de devenir un ninja normal… Elle lui devrait tout. Même ainsi, alors qu'ils étaient seuls et qu'Ensui ne malaxait pas son chakra, elle pouvait le percevoir contre sa peau, les ondes indolentes se frottant aux points vitaux qui parsemaient ses méridiens. Passer dans les rues du village, en-dehors du territoire des Nara dont elle n'était jusque là jamais sortie, avait été une torture.

— Et à part cette capacité à faire taire les chakra de ceux qui m'entourent, est-ce qu'il y a autre chose que vous voulez m'apprendre, shishou ?

— Pour décider de ça, il va d'abord falloir que je t'observe. Quand j'aurai déterminé en quoi tu es vraiment douée… Eh bien, disons que mes spécialités t'intéresseraient beaucoup.

Elle hocha la tête, l'encourageant à continuer, ses grands yeux rouges remplis d'une avidité qu'il reconnaissait entre mille : la petite avait soif de connaissance, soif comme si elle errait en plein désert et qu'il avait à sa disposition des réserves d'eau illimitées.

— Tout d'abord, il y a les techniques du clan. Comme tu es à moitié une Yûhi, tu as sans doute de bonnes réserves de chakra, mais tu es encore un peu jeune pour apprendre plus que notre technique de base. Ensuite, je me spécialise en maîtrise du terrain : je vais donc t'apprendre, si tu t'avères douée dans ce domaine, à monter des pièges. Je suis aussi particulièrement bon avec tout ce qui explose, fume, brûle et ronge. C'est de la chimie basique, mais je peux t'assurer que les marionnettistes de Suna rougissent de jalousie devant certains de mes bébés. Enfin, et ça c'est si tu es vraiment une gamine très spéciale, tu apprendras avec moi la base du fûinjutsu. Tu connais cette discipline ? C'est…

— L'art des sceaux. Oh, Kami ! J'ai tellement, tellement envie de tout apprendre ! On commence quand ?

Pour la première fois depuis la veille, il éclata d'un rire franc, rejetant la tête vers l'arrière pour libérer son hilarité homérique. Le son était si profond qu'il semblait venir des entrailles de la Terre, rauque et doux comme une mélodie ancienne.

— Oh, petite, tu es adorable. On verra si tu seras toujours aussi heureuse cet après-midi, quand on commencera à s'entraîner. Tu risques de me détester, mais ça vaudra le coup quand même.

La discussion se poursuivit sur des banalités. Hitomi frétillait d'impatience, ce qui donnait à sa démarche un aspect particulièrement chaloupé. Ensui, bien sûr, avait noté son changement d'attitude et, intérieurement, il était ravi que son chef de clan n'ait pas menti en décrivant la petite. Il avait déjà soupçonné certains talents en jouant au shôgi contre elle, mais plus ils échangeaient, plus il était certain qu'elle était exactement le genre de kohai qu'il voulait. Bien sûr, le Troisième avait tiré la tronche en apprenant qu'il comptait prendre une apprentie, mais l'opinion du vieil homme ne comptait plus à ses yeux : il avait perdu son respect en ne parvenant pas à maîtriser Danzô, en refusant de le faire exécuter en apprenant sa trahison.

Un peu après midi, ils arrivèrent devant une auberge qui proposait le couvert aux voyageurs ne souhaitant pas s'arrêter pour la nuit. Après avoir vérifié, d'une simple traction mentale sur ses méridiens, qu'il était le seul ninja dans les environs, Ensui poussa légèrement le dos de sa nouvelle apprentie du plat de la main, l'encourageant à entrer. L'établissement était spacieux, comme c'était souvent le cas aussi près du village. Dans quelques jours, il leur serait difficile, voire impossible, de trouver la moindre auberge. C'était à ce moment-là qu'il comptait apprendre à Hitomi comment trouver un abri, de la nourriture et de l'eau, où qu'elle soit. On ne dirait pas qu'Ensui Nara n'avait pas fait son travail. Cette gamine allait botter des culs à l'Académie, ou il était prêt à avaler son eye-liner.

Le repas fut plutôt bon et léger, comme Hitomi les aimait. Puisque sa mère concentrait les cours les plus physiques l'après-midi, elle avait pris l'habitude de manger léger avant, et d'avoir un repas bien solide au soir. Cela lui permettait de ne pas être trop malade si elle dépassait ses limites et devait vomir, mais d'avoir quand même de quoi reprendre des forces pour le lendemain.

Après qu'Ensui ait payé, ils sortirent de l'auberge et s'éloignèrent d'environ un kilomètre avant que le vétéran fasse signe à l'enfant qu'ils s'arrêtaient de nouveau. Ils se trouvaient en bordure d'une clairière de taille respectable, avec un tronc d'arbre pourrissant pour en marquer le centre. Des fleurs parsemaient l'herbe, petites taches blanches, roses et jaunes dans un océan vert tendre. C'était le genre d'endroits qu'Hitomi aimait, et qu'elle ne trouvait habituellement que dans la Forêt aux Cerfs.

— Bien, il est temps de commencer. Tu vas d'abord me montrer ton niveau en écriture et en lecture. Je travaillerai également sur ces sujets avec toi, je ne veux pas que ta mère m'étripe. Prends un des livres que tu as emmenés avec toi et commence à lire.

Docile, Hitomi s'exécuta, sortant de son sac à dos un épais volume traitant de stratégie. Le niveau était basique, d'après Shikaku, mais elle devait passer par là. D'une voix qui hésitait un peu parfois sur les kanjis les plus complexes, elle entama sa lecture d'un paragraphe sur les spécificités d'un terrain après une pluie de plusieurs jours, stockant comme d'habitude l'information dans sa Bibliothèque. Une ou deux fois, Ensui la corrigea sur sa prononciation ou la signification d'un terme particulièrement technique.

— Tu t'en tires bien. Et ce livre… Un très bon choix pour les débutants. Shikaku ?

Elle hocha la tête en confirmation.

— Bon, l'écriture, maintenant. Prends ton cahier et ton matériel et installe-toi comme tu peux, je vais dicter…

Il prit le livre et l'ouvrit à une page au hasard, commençant à décrire les différents usages de la poudre hallucinogène. Oh, Hitomi s'imaginait faire des choses absolument diaboliques avec ça. Un rictus sur les lèvres, elle traçait les traits en respectant l'ordre qu'on lui avait toujours enseigné, mais dut laisser plusieurs espaces libres, n'ayant jamais vu ces termes avant.

Ensuite, Ensui l'interrogea sur l'histoire du pays. Plutôt que de simplement poser ses questions, il participait également, ajoutant des précisions et informations qu'elle ne connaissait pas encore. Au bout d'une heure, ayant traité avec lui les premiers soins, encore un peu de stratégie et quelques notions de littérature, elle le regardait avec des étoiles dans les yeux. Il s'en aperçut, bien entendu, mais ne commenta pas. Cela lui faisait du bien, d'être regardé comme ça par une enfant. Il comprenait pourquoi Shikaku vénérait le sol sur lequel son fils marchait, s'il était l'égal d'Hitomi.

La partie physique de sa démonstration était ce qu'Hitomi attendait avec le plus d'impatience et d'anxiété mêlées. Sans avoir besoin d'être guidée par Ensui, elle se glissa dans la routine du salut au soleil, comme elle l'avait appris deux ans presque jour pour jour auparavant. Parfois, Ensui lui demanda s'il pouvait poser les mains sur elle, pour tenter de pousser un peu plus, testant les limites de sa souplesse, et elle accepta à chaque fois, ravie qu'il demande son autorisation. Elle se souvenait que, dans sa première vie, la plupart des gens ne prenaient pas cette peine.

Une fois la routine de salut au soleil accomplie, il grava une cible sur un arbre et lui ordonna de lancer quelques shuriken et kunai aussi près du centre qu'elle le pouvait. Hitomi n'était pas un prodige comme Itachi à ce niveau, mais elle se débrouillait bien, à force d'entraînement. Cependant, elle ne mit pas un seul projectile dans le mille de la cible. Il fallut un peu d'encouragements de la part d'Ensui pour qu'elle ne broie pas du noir sur cet échec.

— J'imagine que ta mère n'a pas encore commencé à t'enseigner les katas, la base du taijutsu. Je m'occuperai de ça également. D'abord, j'aimerais tester ta force, ta vitesse et ton endurance. Commence à faire des pompes, et fais-en autant que tu peux.

Obéissante, Hitomi tomba en position et s'exécuta. Elle n'aimait pas ce genre d'exercices, qu'elle jugeait ennuyeux, mais avait trouvé une parade et récitait dans sa tête un texte choisi au hasard dans la Bibliothèque. Cette habitude avait pour double utilité de la déconcentrer de son corps : elle oubliait la fatigue, les petites douleurs de ses muscles mis à rude effort, ses articulations qui commençaient à fatiguer, et se dépassait systématiquement.

Elle se dépassa, oui, tant et si bien que quand le soleil disparut totalement derrière l'horizon, elle ne pouvait plus faire un pas de plus. Ensui dut la porter vers l'auberge où ils passeraient la nuit, mais on pouvait lire une intense satisfaction sur ses traits. Le temps qu'il obtienne la clé d'une chambre et monte l'escalier, la petite s'était endormie dans ses bras. Un pincement d'affection dans la poitrine, l'homme décida de céder le lit à l'enfant, la bordant comme si elle était sa fille avant de s'installer lui-même au sol.
Elle l'avait mérité.

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