Bonjour et bienvenue pour ce chapitre ! Ce week-end, je suis malade bien comme il faut (ouin), il m'a donc fallu plus de temps que d'habitude pour corriger ce chapitre. C'est aussi la raison pour laquelle je n'ai pas beaucoup avancé en terme d'écriture cette semaine : j'ai terminé un chapitre et en ai entamé un, mais ce n'est pas énorme par rapport à d'habitude. Je vous remercie pour votre soutien et votre enthousiasme pour cette fanfiction : ça me fait très plaisir de vous voir déposer des reviews, follow ou ajouter l'histoire dans vos favoris. Merci beaucoup !
Petite annonce avant de passer à la suite : je suis à la recherche d'un•e ou plusieurs bêtas. Les prérequis sont : avoir Discord, pouvoir rattraper rapidement les 17 chapitres d'avance, être disponible pour faire des retour sur chaque chapitre si possible, bien maîtriser la langue française. Contactez-moi en message privé si ça vous intéresse !
Lou Lovegood : Tes reviews me font toujours plaisir, tout comme le fait que tu reviennes toutes les semaines. J'ai hésité pour le jour de publication, mais je suis plus tranquille le dimanche (je travaille souvent le samedi) donc j'ai choisi ce jour-là, comme ça j'ai le temps de relire une dernière fois le chapitre avant de l'envoyer. Pour l'instant on va rester un peu concentrés sur Hitomi et Ensui, mais un autre personnage fera bientôt son apparition !
Le lendemain, comme il l'avait promis, Ensui commença à instruire Hitomi. Quand elle grogna, en se réveillant, quelque chose à propos de ses courbatures, il lui lança un regard compatissant, mais l'informa que, malheureusement, elle allait devoir en passer par là. Toutefois, puisqu'il ne comptait pas passer à la partie physique de son entraînement avant l'après-midi – il reconnaissait que Kurenai avait eu une très bonne idée en instaurant cette séparation de la journée – il lui prépara une bouillotte de fortune avec le reste de l'eau du thé et une outre vide, lui montrant comment la caler contre les parties de son corps qui lui faisaient le plus mal.
Installant sur la petite table de la chambre un plateau de shôgi de voyage, il commença à lui donner un cours de stratégie en illustrant ses propos avec les différentes pièces. C'était très intéressant, et une manière de faire à laquelle Hitomi n'avait jamais eu droit avec sa mère, qui n'aimait pas plus ce jeu que cela. Au passage, la petite fille parvint même à glaner quelques mouvements que Shikamaru ne connaissait pas, et elle avait être extrêmement hâte de les lui montrer.
Ensuite, il entreprit de l'initier aux bases de la chimie. Hitomi avait quelques connaissances sur le sujet qui lui venaient de sa première vie, mais elle ne pouvait bien entendu pas le montrer, aussi se contenta-t-elle de simuler une compréhension très rapide du sujet, en posant les bonnes questions, en faisant des suppositions.
— Si tout se passe bien, promit Ensui, avant la fin de la semaine je te laisserai essayer de provoquer une petite explosion par toi-même. C'est la base de la chimie de combat, et très utile pour contrôler le terrain, que tu sois seule face à ton adversaire, en équipe, ou dans un affrontement de plus grande ampleur. Ce savoir gagne des guerres. Traditionnellement, il est transmis uniquement au sein des clans Nara, Yamanaka et Akimichi, puisque nos trois clans sont étroitement liés à ce genre de matières. Et même dans ces clans, peu de ninjas maîtrisent la chimie de combat, parce qu'ils ont tendance à préférer les arts ninjas plus communs. Puisque tu es une merveilleuse petite kohai, je veillerai personnellement à ce que ça ne soit pas ton cas, compris ?
— Compris !
L'instruction de la petite fille se poursuivit sur ce ton toute la matinée. Ensui était aux anges, et avait bien du mal à le cacher. Il avait envie d'aller serrer son chef de clan dans ses bras en le remerciant de lui avoir mis une telle pépite entre les mains. La gamine semblait faite pour recevoir tout le savoir qu'il avait à lui transmettre, et le plaisir d'apprendre se lisait dans ses grands yeux rouges, aux côtés d'une curiosité de passer à la pratique qui lui rappelait ses propres jeunes années.
Il allait, c'était certain et non-négociable, continuer de lui enseigner des choses pendant qu'elle serait à l'Académie, affûter ses talents physiques et psychologiques pour en faire la kunoichi belle et terrible qu'elle serait un jour – elle promettait de ressembler à sa mère, avec peut-être des traits plus altiers, comme tous les Nara. Le jour où elle le surpasserait, il serait immensément fier – non qu'il ne le soit pas déjà, à la voir engloutir toutes ces notions de chimie qui donnaient tant de mal aux apprentis, habituellement. Il n'en avait jamais eu, mais certains de ses amis avaient pris un ou plusieurs élèves, et les Jônin ivres parlaient beaucoup.
Après un repas léger, l'homme et l'enfant payèrent et se dirigèrent vers la sortie, la chambre fermée à double tour. Hitomi était encore raide et boitait légèrement, mais elle savait qu'elle aurait pu souffrir bien plus sans la bouillotte que lui avait fabriquée Ensui. Elle n'avait jamais pensé à ça quand elle s'entraînait avec sa mère, mais elle sentait que ceci allait devenir l'une de ses habitudes.
— Nous allons rester quelques jours à cette auberge, le temps que ton corps s'habitue à l'entraînement et que tu puisses marcher sans trop de difficultés le matin venu. Ensuite, nous reprendrons la route. Nous marcherons le matin pendant que je te donnerai tes leçons théoriques, et nous arrêterons l'après-midi pour l'entraînement physique. Tu pratiqueras ta lecture et ton écriture avant d'aller te coucher.
— Vers où est-ce qu'on se dirigera ?
— Sans doute vers Suna. Je veux te montrer des produits pour lesquels j'ai besoin de certaines roches qu'on trouve en abondance là-bas.
Un peu de l'énergie qui avait animé Hitomi la veille revint, atténuant ses courbatures. Elle se sentait presque fébrile, les mains frémissantes et le cœur battant, à l'idée d'apprendre tout ce qu'il avait promis de lui enseigner. Elle avait beau ne pas connaître cet homme depuis longtemps, elle s'était sentie honorée, la veille, par la fierté dans son regard. Elle n'avait jamais, auparavant, pensé à ce qu'il se passerait si elle pouvait attirer l'attention d'un ninja accompli. Elle pensait faire partie d'une équipe de trois, comme tout le monde, et devoir se débrouiller plus ou moins seule jusque-là. Avoir attiré l'attention d'un shinobi tel qu'Ensui était la preuve d'une chance insolente.
Dès qu'ils arrivèrent à la clairière de la veille, les choses sérieuses commencèrent. Avant toute chose, Ensui fit courir Hitomi pendant une vingtaine de minutes, pour que ses muscles se réchauffent et soient prêts à encaisser la suite. Il avait décidé que la petite, en priorité, avait besoin d'apprendre à se battre. Il avait beau être redoutable, un shinobi qu'on n'affrontait pas sans excellente raison, il savait que tout pouvait arriver, et Hitomi devait avoir un minimum d'armes à sa disposition en cas de pépin.
Les katas, ces figures de base des arts martiaux, étaient enseignés à l'Académie à partir de la troisième année, Hitomi le savait. Elle avait parfois observé sa mère les exécuter, et à la regarder, c'était incroyablement facile. Comme elle se trompait ! Alors qu'elle exécutait la première figure sous les instructions d'Ensui, elle trébucha et tomba face à la première dans l'herbe tendre. Elle se releva avec un grognement frustré et recommença depuis le début, exactement comme son shishou lui avait ordonné de le faire en cas d'erreur.
Il lui fallut une bonne heure pour maîtriser la figure d'ouverture, et ses gestes n'avaient pas la fluidité de ceux d'Ensui, loin de là. Ses mains et ses pieds, surtout, étaient encore parfois maladroits, et elle sentait son équilibre mis à rude épreuve quand elle devait changer d'appui. C'était frustrant, mais elle se consolait grâce à la sensation de son corps qui répondait à ses instructions les plus complexes sans montrer de fatigue. Elle n'avait jamais eu un corps vibrant de santé comme celui-ci. C'était merveilleux.
Les katas ne pouvaient pas être utilisés en situation de combat – ils étaient trop prévisibles, trop communs. Mais ils constituaient la base du style de chaque shinobi, qui se battait en usant de ses katas préférés, modifiés et adaptés pour convenir au dynamisme d'un véritable affrontement. Ensui lui expliqua tout cela d'une voix douce en corrigeant sa position de garde, ses mains se gardant d'appuyer trop fort sur les siennes, comme s'il savait qu'un contact prolongé était douloureux pour ses méridiens.
— Il est temps à présent que je t'explique comment faire taire ton hypersensibilité. Il n'y a pas de secret, malheureusement : tu vas devoir méditer jusqu'à créer en tout une cache dans laquelle envoyer toutes ces informations que tes méridiens te donnent, et puis jusqu'à trouver le dosage parfait que tu laisseras filtrer pour obtenir des informations sur tes ennemis. Par exemple, il est impossible pour un ninja de mon niveau ou inférieur de me prendre par surprise, parce que je décèle toujours leur chakra dans l'air, mais pour autant, me trouver dans une foule de shinobi ne me donne pas l'impression que je vais entrer en combustion spontanée. Tu saisis la nuance ?
Hitomi acquiesça sagement. Elle comprenait le concept, mieux qu'il ne l'imaginait. L'exercice lui semblait très similaire à ce qu'elle avait dû faire pour créer sa Bibliothèque, et ce qu'elle devait faire tous les soirs pour organiser proprement ses nouveaux souvenirs et les nouvelles informations et connaissances qu'elle détenait.
— D'après ta mère, tu médites déjà au moins une fois par jour. Montre-moi quelle position tu utilises.
Aussitôt, la petite fille tomba en position de seiza, l'assise traditionnelle des anciennes familles de Konoha. Elle savait que dans son monde originel, cette pose était également très connue, au Japon, mais elle ne l'avait jamais employée avant d'arriver dans ce monde… Et de la maîtriser suffisamment, avec l'aide de Shikaku. Les mains posées sur les genoux, le dos bien droit, elle ferma les yeux et se tint à la limite de plonger dans sa Bibliothèque. C'était difficile : elle pouvait sentir l'appel du savoir comme un chant doux et lent dans son esprit. Seule sa volonté la maintenait en-dehors, là où elle pouvait encore pleinement entendre Ensui.
— Bien, maintenant tu vas imaginer une sorte de cage ou de boîte, et la raccrocher quelque part dans ton esprit. Prends du temps pour qu'elle te plaise, qu'elle soit à ton goût, parce que tu la verras souvent, et que cette maladie est un atout : tu la traiteras avec respect, même si tu dois la mettre en cage.
Hitomi obéit, prenant le temps de considérer ses options. Elle avait envie de faire de cet organe une partie de sa Bibliothèque. Dès qu'elle se glissa dans la rotonde autour de laquelle les rayonnages étaient organisés, une sorte de puits de lumière qui s'élevait haut, haut dans le ciel de son esprit, sa respiration changea, se faisant plus détendue, profonde.
Il lui fallut quelques recherches avant de savoir ce qu'elle voulait faire, mais une fois l'idée trouvée, elle lui sembla parfaite. D'une caresse mentale, elle éleva au centre parfait de sa rotonde un petit pilier de pierre blanche, jusqu'à ce qu'il arrive à la taille de sa forme spirituelle. Dessus, elle érigea une cage de cristal, qui capturait la lumière et la diffractait en arc-en-ciel dans toutes les directions. Elle avait pris soin de graver dans le cristal des fleurs et des animaux qu'elle aimait. Il lui fallut une heure pour parvenir à toucher du doigt l'idée qui l'avait tant charmée.
Dans la sphère de cristal, elle commença à essayer d'envoyer la part d'informations reliée à son pouvoir. C'était difficile, parce qu'elle ne savait pas quand elle transférait les impressions, et quand elle transférait les souvenirs de ces impressions. La frontière entre les deux concepts était extrêmement ténue et difficile à saisir, même après plusieurs tentatives.
En plus de la difficulté du procédé, Hitomi commençait à ressentir une forme de fatigue qu'elle n'avait pas connue jusqu'alors. Ses pensées manquaient par instant de netteté, elle avait l'impression que son souffle se coinçait dans sa poitrine, la sensation distante que ses membres se mettaient à trembler. Elle poursuivit pourtant ses tentatives, maîtrisant son envie de hurler de frustration à chaque fois qu'un livre, et donc un souvenir, se matérialisait dans la cage de cristal, ignorant les alarmes que son corps commençait à faire retentir.
— Hitomi ? Hitomi !
Elle revint à elle dans un sursaut, les pupilles contractées à l'extrême au centre de ses prunelles. Les mains d'Ensui lui avaient empoigné les épaules, fort – elle se rendit compte qu'il utilisait cette force pour la tenir, que ses jambes sous elle étaient sans force. Elle tremblait dans l'air tiède du soir, le froid rampant lentement à l'intérieur d'elle. Où qu'elle tente de poser le regard, cela lui donnait des vertiges.
— Qu… qu'est-ce qui m'arrive ? gémit-elle d'une voix terrifiée.
— Tu as épuisé trop de chakra… Je suis désolé. Je ne pensais pas que tu l'utiliserais. Tu n'es même pas censée savoir comment.
Elle répondit d'une plainte inarticulée, ses tremblements s'accentuant de seconde en seconde. Sans rien ajouter, Ensui l'enveloppa dans une couverture trouvée au fond de son sac, ramassa leurs affaires et hissa leurs deux paquetages sur son dos, puis la souleva comme si elle ne pesait rien.
— Tu en es quitte pour une mauvaise nuit, j'en ai peur. Aux moments difficiles, garde en tête que ça ira mieux demain. Je te le promets…
Elle pouvait sentir dans sa voix une culpabilité qui l'effrayait. Pour tenter de calmer les claquements de dents qui se produisaient sans qu'elle parvienne à se contrôler, elle se mordit les lèvres, fort. Elle ne voulait pas inquiéter son shishou, mais elle pouvait voir à la dureté de ses traits qu'il était déjà trop tard pour cela.
Une fois arrivé dans la chambre de l'hôtel, il la déposa entre les couvertures et, d'une bouffée de chakra, réchauffa de l'eau pour une nouvelle bouillotte de fortune. Ses yeux gris sombre ne quittaient pas un instant le lit : il voulait être capable de discerner à l'instant tout signe que la situation empirait. Il se souvenait vivement de la première fois qu'il s'était trouvé dans cette situation. Il avait cru qu'il allait mourir, mais il avait survécu, avec comme leçon de ne plus jamais atteindre cette limite, sauf s'il avait une bonne raison de le faire. Malheureusement, pour un ninja, les bonnes raisons étaient nombreuses.
La nuit fut dure, comme il l'avait prévu. Au bout d'une heure, Hitomi commença à sentir les extrémités de ses méridiens s'enflammer, une pression terrible qui mettait son corps à l'agonie. Elle étouffa ses cris de douleur en mordant dans l'oreiller de toutes ses forces, Ensui lui caressant les cheveux en marmonnant des promesses réconfortantes et vides de sens.
Ensuite, ce furent les nausées et les vomissements, qui la laissèrent hagarde et épuisée. Quelque part au milieu de la nuit, elle contracta une fièvre qui lui donnait des vertiges et lui faisait perdre tout repère. Pour elle, qui se rassurait tant à l'aide de son savoir, cette perspective était terrifiante et elle passa une bonne part de ces heures à sangloter, éperdue et sourde aux tentatives d'Ensui de la rassurer.
La nuit fut longue et rude, pour le maître comme pour l'élève. L'aube les trouva endormis, elle entre les draps à moitié défaits, lui dans une étrange position, le dos tordu pour que sa tête repose sur le matelas, le reste du corps au sol. Il ronflait faiblement, ses cheveux pour une fois détachés dissimulant à moitié son visage, une main à moitié tendue comme pour réconforter une fois de plus son apprentie.
Et comme il l'avait promis, tout alla mieux le lendemain matin.
Merci encore de votre soutien, vos reviews sont toujours vraiment adorables !
