Me voilà en vacances ! Entre le NaNo et le travail pour les cours, je n'aurai pas exactement beaucoup de temps pour moi, mais ce n'est pas grave. D'ailleurs, tiens, parlons du NaNo : il m'a déjà permis de boucler trois chapitres dont j'apprécie beaucoup le contenu. J'en suis donc actuellement au début du chapitre 28. Je réfléchis actuellement au retour des chapitres bonus, comme on avait dans la première version. Si je décide de les ajouter, je vous le ferai savoir !

Guest : Les ellipses c'est pas trop mon truc, ce qui explique que cette fanfic prenne autant son temps (actuellement, au chapitre 28, l'Académie n'est pas terminée, pour te donner une idée). Donc oui, on verra la relation entre Gaara et Hitomi se développer au fil des chapitres qui viennent - je ne m'exprimerai pas sur ceux d'après son départ de Suna pour ne pas spoiler. Merci pour tes compliments; et voici la suite que tu avais tant hâte de lire, j'espère que tu aimeras !

Lou Lovegood : Heureuse que ça te plaise !

— Tu as des explications à me donner, jeune fille.

Docile, Hitomi alla s'asseoir dans le fauteuil qui faisait face à celui occupé par Ensui, tout sauf trompée par son ton léger et joueur. C'était la première fois qu'ils avaient droit à une vraie suite, avec sa propre salle de bains, une chambre pour chacun et une pièce à vivre. Hitomi n'avait certainement pas l'habitude de tout ce luxe, mais savait que n'importe quel Jônin digne de ce nom pouvait se le permettre. Ensui avait choisi un tel endroit parce qu'ils allaient passer quatre longues semaines au Village Caché du Sable, eux qui ne s'étaient jamais arrêté plus de trois jours où que ce soit depuis la semaine passée à l'auberge du Pays du Feu, au tout début de leur voyage.

— Avant toute chose… Le fils du Kazekage ? De tous les amis que tu pouvais te faire, tu as choisi le plus jeune fils du dirigeant du village ?

Sagement elle hocha la tête. Comme Ensui ne semblait pas vouloir lui passer un véritable savon, elle commença à s'expliquer.

— J'ai entendu des enfants parler de lui, et je savais qui il était quand je l'ai rencontré, mais je ne le lui ai pas dit. Je n'ai pas envie qu'il croie que je suis gentille avec lui parce qu'il est important.

— Mais c'est un peu le cas, pas vrai ?

Elle haussa les épaules.

— Ce n'est pas la seule raison. On a beaucoup discuté, aujourd'hui. Il est vraiment très gentil, aussi gentil qu'un Akimichi, et pourtant tout le monde le déteste et a peur de lui, ici. Ce n'est pas sa faute si Shukaku fait des siennes…

— Shukaku ? Comme dans Shukaku le démon à une queue ?

— Oui ! Je sais, moi aussi j'ai eu cette réaction en l'apprenant. C'est Gaara qui me l'a expliqué quand je lui ai demandé d'où venaient ses pouvoirs. Le démon n'est vraiment pas gentil avec lui, parfois, tu sais… Il ne le laisse même pas dormir tranquille.

— De tous les enfants des Nations Élémentaires, il n'y a vraiment que toi pour… enfin, ce qui est fait est fait.

— Exactement ce que je me suis dit, shishou.

L'homme ne répondit pas tout de suite, prenant le temps de servir un verre d'eau bien fraîche à sa protégée. Il était si facile de se déshydrater dans le désert, et les sources d'eau publiques n'étaient pas forcément les plus saines. Même si ce n'était pas son affinité principale, il préférait lui faire boire de l'eau créée à partir de son chakra plutôt que quoi que ce soit venu de la vieille pompe rongée par la rouille qui se trouvait à disposition de tous au bas de la rue.

— J'imagine que ça ne peut pas faire de mal de te laisser fréquenter ce garçon… Mais par pitié, ne dit ni à ta mère, ni à ton oncle que j'ai laissé un jinchûriki d'un village étranger approcher à moins de dix mètres de toi, si tu tiens à la vie de ton vieux shishou.

— Ah, donc j'ai le droit d'être amie avec Naruto quand je serai à l'Académie ?

Vivre isolée au cœur du territoire des Nara ne l'avait pas empêchée d'entendre parler du démon-renard et de son hôte. Elle avait très vite développé un certain talent quand il s'agissait de se trouver au bon endroit et au bon moment pour entendre les ragots.

— Hitomi ! Tu n'es même pas censée savoir ça…

À cela, la petite fille répondit d'un regard désabusé.

— Franchement, shishou. C'est le secret le moins bien gardé du village.

Il eut au moins la grâce de paraître un peu gêné, se frottant la nuque avec une grimace de contrition. À sa place, elle aurait eu honte aussi, si ses collègues Jônin et les autres adultes du village avaient été incapables de garder un secret. Les ninjas étaient tout simplement les pires des commères.

L'adulte et l'enfant discutèrent encore un moment, jusqu'à ce qu'il soit temps pour elle d'aller dormir. Elle se réveilla en sursaut en plein milieu de la nuit, ses méridiens à nouveau saturés d'informations lui donnant l'impression que sa peau était entrée en contact avec de la lave, et dut passer plusieurs heures dans sa Bibliothèque, face à la cage de cristal. Son shishou avait raison : les périodes de silence de sa maladie étaient de plus en plus longues, et elle parvenait désormais à faire appel à elle plus ou moins à volonté sans devoir l'enfermer de nouveau. Ce n'était juste pas une paix de longue durée, mais cela viendrait, elle le savait. Il le fallait.

Les jours suivants, la petite fille tomba dans une confortable routine. Le matin, Gaara leur amenait, à Ensui et elle, un petit-déjeuner qu'il trouvait elle-ne-savait-comment, censé être une spécialité culinaire du village. Quelques bouchées suffisaient à donner de l'énergie pour la matinée entière. Ensuite, ils descendaient tous les trois à la salle d'entraînement qu'Ensui avait pris soin de réserver, et Hitomi accomplissait son salut au soleil. Elle avait appris les gestes à Gaara, qui la rejoignit bien vite dans ce paisible cérémonial.

Une fois réchauffée comme il se devait, elle travaillait sur le sujet choisi par Ensui, souvent le combat. Ensui avait décidé qu'elle n'était pas encore prête à affronter des adversaires adultes sérieusement, et métamorphosait donc l'un de ses clones d'ombre en une copie d'elle, différenciée uniquement par des cheveux blonds. C'était étrange pour Hitomi de devoir porter des coups à une copie d'elle-même, mais terriblement efficace : le clone, avec les connaissances en taijutsu d'Ensui, était virtuellement impossible à frapper à son niveau, et elle ne parvenait jamais à le faire disparaître.

Parfois, le maître demandait à Gaara, ravi de contribuer à l'entraînement de son amie, de suspendre des cibles de sable un peu partout dans la salle. C'était à elle de faire preuve de savoir-faire et d'ingéniosité pour parvenir à mettre dans le mille. Après les kunai et les shuriken, Ensui était déterminé à lui apprendre à manier les senbon, des aiguilles bien plus difficiles à utiliser mais redoutables une fois empoisonnées, et bien plus précises que les autres armes de jet. Avant ça, toutefois, elle devait apprendre à manier les simples kunai.

Après une brève pause aux alentours de midi, Hitomi avait droit à trois heures de liberté à passer avec Gaara dans la ville. Il lui montrait les endroits qu'il préférait, ceux qui étaient importants pour lui. Elle enregistrait chacun d'eux au chaud dans sa Bibliothèque, et prenait soin de son nouvel ami qui la regardait toujours avec des étoiles dans les yeux. Alors qu'elle était celle, d'eux deux, à se retrouver dans une ville inconnue, elle avait dix fois plus d'aisance que lui à communiquer avec les adultes et à obtenir ce qu'ils voulaient – qu'il s'agisse de glaces ou d'une paire de places de cinéma. Ni le maître ni l'élève n'en parlait, mais elle avait l'impression qu'Ensui gardait un œil sur eux en permanence.

Sur le coup de seize heures, elle revenait à l'hôtel, la plupart du temps seule. Gaara était toujours triste qu'elle s'en aille, mais Ensui lui avait expliqué qu'elle, elle n'avait pas de démon en elle comme puissance cachée, et qu'elle avait besoin d'apprendre des choses secrètes pour se protéger et devenir forte. Hitomi le trouvait vraiment incroyablement doué avec les enfants particuliers. D'abord elle, et puis Gaara… Elle ne comprenait pas qu'il ne soit jamais devenu sensei. Il aurait fait des merveilles.

Aux côtés de son maître, Hitomi commençait à apprendre l'art des sceaux. Comme il l'avait présumé, elle était naturellement douée pour comprendre les mécanismes inhérents à cet art, et la seule chose qui lui manquait était la répétition et la maîtrise des gestes complexes nécessaires pour certains tracés. Bien sûr, pour ceux-là, il ne la laissa pas gaspiller d'encre spéciale, la contraignant à s'entraîner avec des fournitures communes, sur des mètres et des mètres de papier. Au bout de quelques jours, son poignet était meurtri de crampes aux moments les plus étranges, et l'encre refusait de s'effacer totalement de ses doigts, mais elle acceptait très volontiers de payer ce prix pour s'immerger dans l'art ninja dont elle souhaitait tant devenir maîtresse.

Alors qu'elle était là depuis dix jours, Gaara lui posa une question à laquelle elle ne s'attendait pas, ses grands yeux candides levés vers elle, comme si elle possédait la réponse à tous les mystères de l'univers :

— Hitomi-nee, qu'est-ce que ça fait d'avoir mal ?

Ils venaient de sortir du cinéma, après avoir vu le dernier film d'aventure à la mode. La petite fille se demanda pourquoi son compagnon lui posait une telle question à ce moment précis, puis réalisa que cela devait peser sur son âme depuis un moment, et qu'il n'avait tout simplement pas osé. C'était tout à fait le genre de Gaara d'intérioriser quelque chose pendant des jours et des jours, parce qu'il ne savait pas comment s'exprimer. Elle avait dû le travailler en douceur pendant des jours pour qu'il s'ouvre un peu, et pose des mots sur la solitude qui le hantait en permanence.

— C'est… Un peu difficile à expliquer avec des mots. Tu vois, quand tu as mal, c'est ton corps qui dit à ton cerveau qu'il y a un danger et qu'il faut agir et s'éloigner de la source de cette sensation.

Elle inspira profondément, chercha ses mots quelques instants, avant de reprendre :

— Il y a deux grands types de douleurs : la douleur physique et la douleur émotionnelle. Les gens croient souvent qu'elles sont très similaires, mais ce n'est pas le cas. Moi, par exemple, je préférerais souffrir physiquement pendant des jours et des jours plutôt que de passer une heure à souffrir émotionnellement. Tu comprends la différence ?

Il hocha la tête, mais elle comprit tout de suite qu'il luttait encore pour véritablement saisir les concepts qu'elle lui présentait. Après tout, il n'avait jamais connu la souffrance physique, et du point de vue émotionnel, sans le savoir, il passait une grande part de son temps dans une détresse froide et morne. La main dans la sienne pour le rassurer, elle le fit entrer dans la suite, qui commençait à porter la marque de ses habitants. Ensui ne prenait plus la peine de ranger tout son équipement, par exemple : il savait parfaitement qu'Hitomi n'irait pas se blesser avec.

— Je connais un moyen de te faire connaître la douleur physique malgré ton armure, Gaara, mais je te préviens : tu n'aimeras pas cette sensation, si tu décides de suivre mon idée.

— Mais tu dis toujours que la connaissance est la véritable force d'un ninja…

— C'est vrai. Je pense que tu devrais le faire, parce que tu dois être prêt à faire face à cette sensation si, un jour, un ennemi parvient à te faire mal. Si tu la connais, tu ne seras pas pris au dépourvu si ce jour arrive, et tu seras capable de réagir.

Elle ne le dit pas, mais elle pensait également qu'il devait apprendre la souffrance pour ne jamais devenir le monstre qu'il était pendant la première partie du manga, à prendre plaisir à la souffrance et à la mort de ceux qui étaient assez stupides pour tenter de lui barrer la route. Elle le savait capable d'empathie, mais l'empathie venait de l'expérience. Il ne pouvait se mettre à la place des gens s'il n'avait jamais connu de tourments semblables aux leurs.

— Je… Je vais le faire, marmonna-t-il.

Il avait l'air absolument terrifié. Avec un sourire rassurant, Hitomi l'attira à elle et le serra dans ses bras, respirant l'odeur de soleil et de sable qui s'accrochait en tout temps à ses cheveux. Il était plus petit qu'elle, et elle entendait profiter de cette différence de taille tant qu'elle le pouvait pour mériter le suffixe qu'il accrochait à son prénom depuis quelques jours.

— Tu es vraiment courageux, Gaara. Je serai avec toi tout du long, je te le promets.

Sous le regard anxieux de son ami, Hitomi se pencha sur l'un des sacs qu'Ensui avait laissés à sa disposition pour certains tests qu'elle devait faire afin de progresser en chimie. Il lui demandait, entre autres, de créer des poisons plus élaborés que ceux qu'on mettait à la disposition des ninjas dans les armureries des Villages Cachés. Bien sûr, les spécialistes en poison étaient capables d'un travail bien plus poussé, mais Ensui voulait que son apprentie puisse au moins se débrouiller dans ce domaine particulièrement vicieux.

— J'imagine que tu as déjà entendu parler des poisons. C'est une spécialité à Suna, après tout… C'est ce que je vais utiliser pour te faire apprendre la douleur. Ne t'en fais pas, tu auras juste mal pendant quelques minutes, ensuite je te donnerai l'antidote.

La petite fille sélectionna une pilule dans le kit de poisons d'Ensui, et son antidote. Il avait commencé à la désensibiliser aux poisons, puisqu'elle se dirigeait vers l'emploi d'armes empoisonnées concernant son style de combat. Après avoir versé un peu d'eau dans un verre, elle y laissa tomber le cachet et le regarda se dissoudre en un million de particules blanchâtres.

— Tu es sûr de vouloir le faire ?

Elle regarda longtemps son ami dans les yeux quand il hocha la tête. Il avait toujours l'air effrayé, mais il y avait dans ses yeux une détermination qui, un jour, ferait de lui un grand ninja. Avec un petit sourire encourageant, Hitomi lui tendit le verre, et le regarda tout boire en quelques gorgées expéditives.

Quelques instants plus tard, elle devait l'aider à s'allonger sur le lit. Il avait considérablement pâli et son visage était couvert d'une fine pellicule de sueur. Il tremblait, ses mains crispées pressées contre son ventre douloureux. Des petits gémissements terrifiés franchissaient ses lèvres et, bien vite, des larmes se mirent à rouler sur ses joues.

— Tiens, mets ce cachet sous ta langue et laisse-le fondre. C'est l'antidote. Tout va bien se passer. Tu es très courageux, Gaara.

Il s'exécuta, docile, et tint la main d'Hitomi serrée dans la sienne, moite et tremblante. Elle le berça jusqu'à ce que ça soit fini et que son organisme se soit purgé du poison – elle put le sentir, alors qu'il se détendait progressivement dans son étreinte.

— Tu… Tu devrais me détester.

Il avait bredouillé ces mots d'une voix à peine audible, son visage humide de larmes caché au creux du cou de son amie. Elle l'écarta d'elle juste assez pour pouvoir encadrer son visage de ses deux mains, et sécher ses larmes.

— Qu'est-ce que tu racontes ? Je ne pourrais pas te détester même si ma vie en dépendait. Je suis immensément fière de toi, et d'être ton amie. Les amis se blessent parfois, Gaara, physiquement ou émotionnellement. Cela ne signifie pas qu'ils cessent de s'aimer, et je t'aime toujours autant. Toi, tu veux encore être mon ami ?

Avec un hochement de tête empressé, le petit garçon se réfugia à nouveau tout contre elle, éclatant cette fois en francs sanglots qui, elle le savait, étaient libérateurs. Dans le secret de ses bras, elle le laissa pleurer tout son soûl, ses mains traçant des cercles réconfortant dans son dos jusqu'à ce qu'il s'endorme. Une heure plus tard, Ensui les trouva dans cette position. Il vit le verre vide et les traces de poison, le dérangement dans ses affaires, mais ne dit rien. Parfois, il préférait tout simplement ne pas savoir.

Voilà pour le chapitre de cette semaine ! J'espère qu'il vous a plu. N'oubliez pas que vous pouvez soutenir cette histoire en m'écrivant une review (je les adore !) ou en l'ajoutant à vos favoris. Par ailleurs, avec un petit follow, vous serez avertis par mail à chaque nouveau chapitre. À dimanche prochain !