Coucou ! Tout d'abord j'aimerais souhaiter bon courage à tous ceux qui sont en examens. Je le suis aussi, c'est compliqué, mais croyez-moi, ce sera vite derrière vous et vous pourrez vous reposer. J'espère que le chapitre de cette semaine vous plaira à toutes et tous !
Hitomi dut attendre la pause de midi pour agir. Avant cela, elle ne vit tout simplement pas d'occasion d'approcher Naruto qui soit naturelle, mais elle l'observa avec soin, notant son air sombre quand il entra en classe et sa position, seul au premier rang, juste un tout petit peu prostré par-dessus son banc. Elle vécut toute cette matinée sous le coup de la colère, le dos raide et son chakra agité rendant sans doute les autres enfants nerveux – Iruka-sensei, lui, était simplement trop fort pour percevoir cette faible vague d'aura meurtrière, pourtant le plus fort niveau qu'elle soit capable de projeter sans le vouloir.
À midi, elle entraîna Shino et Hinata dans une partie de jeux du ninja. Les professeurs attendaient des élèves qu'ils pratiquent ce genre de divertissements sur leur temps libre, pour entretenir ce qu'ils apprenaient en classe – même si pour l'instant ils n'avaient encore rien appris. Le plan d'Hitomi, pour faire d'une pierre deux coups et approcher Naruto tout en persuadant ses amis de faire de même, était simplissime.
— Il nous manque un joueur pour faire deux équipes de deux, pesta-t-elle, les sourcils froncés.
Elle fit mine de fouiller la cour des yeux et son regard s'éclaira quand elle repéra Naruto, assis seul à une balançoire.
— Ah, attendez-moi, je reviens !
Sans leur laisser le temps de répondre, elle se précipita vers le petit garçon, refusant de laisser son cœur se fendre de compassion devant son air triste et esseulé. Cela changerait bien vite, elle s'en faisait la promesse.
— Dis, tu veux venir jouer avec nous ? Il nous manque un ninja pour faire des équipes de deux !
Elle s'attendait à devoir forcer un peu, devoir le persuader, mais dès qu'il entendit sa voix, tout son visage s'illumina d'un mélange d'espoir et d'incrédulité.
— Je serai le meilleur ninja que tu aies jamais vu ! Tu peux le croire !
Et comme ça, ce fut décidé. Avec un petit sourire un peu fourbe, Hitomi proposa de jouer les filles contre les garçons. Elle savait que Shino n'aimerait pas trop être dans le camp du bruyant Naruto, mais elle voulait que ses amis se rapprochent de lui eux aussi, et savait qu'Hinata n'arriverait à rien si elle devait coopérer avec un inconnu. Cette partie se finit en victoire pour les fille : les garçons s'étaient bien débrouillés, mais Hinata était une excellente stratège quand elle parvenait à passer outre sa timidité, et son contrôle du chakra, comme on pouvait l'attendre de l'héritière des Hyûga, était excellent. Hitomi, aux anges, veilla à féliciter abondamment son amie, qui rougit de ses compliments mais sourit, l'air rayonnante.
Shino, quant à lui, faisait la leçon à Naruto, qui écoutait avec une attention surprenante. Les deux garçons s'étaient plutôt bien entendus pendant le jeu et avaient marqué des points à plusieurs reprises. Naruto contrebalaçait joliment Shino : il était certes plus impulsif, un peu trop, mais il avait aussi plus de cran, ce dont l'héritier des Aburame avait l'air de manquer. Ils auraient pu gagner, si Hinata n'avait pas à plusieurs reprises marqué des points cruciaux.
L'après-midi fut consacré à leur première leçon de taijutsu. C'était Mizuki-sensei – Hitomi détestait associer ce titre honorifique à son nom, même en pensée – qui se chargeait de ces cours. Pour le premier jour, il voulait évaluer les performances des élèves. Il leur expliqua d'abord les règles de sécurité et leur fit la liste de l'équipement dont ils auraient besoin pour son cours – incluant un juste nombre de shuriken et kunai en bois – puis entama réellement son test.
D'abord, les élèves durent courir. Le premier tour de cour fut concentré sur la vitesse. Hitomi était plus rapide que n'importe quelle autre fille, mais un peu plus lente que Sasuke, qui arriva premier, et Kiba, juste derrière. Shikamaru, lui, était resté du début à la fin dans le milieu de peloton. Ensuite, il leur fit faire des séries de pompes, abdominaux et plusieurs autres exercices de musculation, testant toujours leur vitesse. Plusieurs fois, Hitomi coiffa Kiba au poteau, mais jamais elle ne parvint à dépasser Sasuke.
Ensuite, Mizuki testa leur endurance, les faisant courir aussi longtemps qu'ils le pouvaient. Là, Hitomi, avec son expérience de voyage, fut meilleure que n'importe qui dans la classe. Même Sasuke dut abandonner alors qu'elle-même n'était même pas essoufflée, le visage rouge et le souffle court. Finalement, le professeur, n'observant chez elle aucun signe de fatigue, la fit arrêter. Docilement, elle revint vers ses camarades et attendit la suite.
Naruto s'en était vraiment bien sorti jusque-là. S'il n'était pas doué pour toute la dimension intellectuelle du programme de l'Académie, il était en excellente forme physique et s'était particulièrement bien classé dans toutes les épreuves d'endurance. Était-ce le Kyûbi qui lui prêtait sa force ? En tout cas, si c'était bien cela, il n'en montrait rien et la petite fille ne sentit pas un instant le chakra du démon se manifester.
Vint le tour des exercices de précision. Hitomi n'avait jamais eu un don inné pour ce domaine, mais Ensui, refusant de la laisser se décourager, l'avait contrainte à pratiquer encore et encore, jusqu'à ce qu'elle ait les poignets en feu et que ses bras ne soient plus capables de soulever les kunai. Désormais, elle était même capable de viser plutôt juste avec des senbon, ces aiguilles que peu de ninjas affectionnaient mais qu'elle appréciait. Elle n'atteindrait jamais un parfait niveau de précision, mais elle était douée, et n'hésita pas à le montrer.
Quand le cours fut terminé, plusieurs filles attendaient Hitomi dans les vestiaires. Elle reconnut Aimi, l'une des filles de sa classe qui faisait de la concurrence à Ino pour le titre de la reine de popularité. Elle n'avait ni l'éloquence, ni les jolis traits de la Yamanaka, mais elle était grande, et visiblement solide, deux qualités que les futurs ninjas respectaient énormément. Méfiante, Hitomi attendit que l'une des fillettes prenne la parole, glissant discrètement dans une position de garde.
— Alors comme ça, tu es plus forte que n'importe qui ici ?
La petite fille haussa les épaules, prenant soin de montrer une profonde indifférente à la pique qu'Aimi venait de lui lancer. Les combats n'étaient pas exactement interdits en-dehors des cours de taijutsu, tant qu'on ne blessait pas durablement son adversaire.
— Si tu veux que j'arrête de te battre, Aimi-chan , tu n'as qu'à t'entraîner un peu plus dur. Tu t'es bien débrouillée, tout à l'heure, après tout.
Mais pas aussi bien que moi était clairement sous-entendu. Hitomi ne prenait aucun plaisir à brusquer une gamine, mais elle n'hésiterait pas si elle devait en arriver là. Elle tenait à prendre la première place au classement, et à y rester. Il y avait très peu de choses qu'elle refuserait de sacrifier pour ce but, et l'ego d'une petite brute n'en faisait certainement pas partie. Un air de mépris peint sur son visage, elle rassembla ses affaires et força le passage entre les filles qui lui barraient la sortie d'un regard glacé.
Shikamaru l'attendait à l'extérieur, accompagné d'Ino et Chôji. Naruto, Hinata et Shino étaient là aussi. Tous avaient l'air moyennement inquiets, sauf peut-être son cousin, qui savait ce dont elle était capable mieux que n'importe qui. Après tout, les deux mois entre son retour de voyage et le début de l'Académie avaient été consacrés à une large part d'entraînement, sous la supervision de Yoshino Nara le plus souvent.
La mère d'Hitomi l'attendait au portail, discutant tranquillement avec Yoshino. Les deux femmes reviendraient sans doute chercher leurs enfants quelques jours encore, le temps d'être sûres qu'ils connaissent le trajet. Après tout, Konoha était une grande ville, et le territoire du clan était particulièrement retiré des artères principales. Le regard pensif de Kurenai tomba sur Naruto, qui expliquait à ses amis ce qu'il avait prévu de faire le lendemain à Kiba si celui-ci ne se décidait pas à cesser de l'ignorer. Oh, la petite fille savait que cela viendrait… Mais elle comprenait la peine de Naruto.
La discussion ne se produisit pas avant que la mère et la fille ne soit seules, occupées à préparer le repas du soir. Hitomi adorait les gyôza et chantonnait distraitement tout en assaisonnant le mélange de viande et de légumes coupés en dés pour la farce. C'était une recette qu'elle ne retrouvait nulle part ailleurs, un petit secret de sa mère.
— Tu ne m'avais pas dit que tu étais amie avec Naruto aussi, ma puce. C'est arrivé aujourd'hui ?
La petite fille se raidit légèrement, jetant à sa mère un regard songeur. Elle n'essayait pas d'être discrète – on ne pouvait surprendre Kurenai.
— Les autres enfants ont tous décidé en même temps de le laisser tout seul aujourd'hui… Et hier, j'ai entendu en passant des parents dire des choses méchantes et complètement fausses sur lui. Du coup, ce midi, j'ai décidé de lui proposer de jouer au ninja avec Shino, Hinata et moi.
— Et j'imagine que ça s'est bien passé ?
— Oui ! Il est vraiment gentil. Un peu bruyant parfois mais… Mais il n'a rien fait de mal. Il ne devrait pas être isolé comme ça pour quelque chose qu'il n'a pas décidé.
Elle entendit la respiration de sa mère se couper et leva vers elle un regard consterné.
— Maman, tout le monde dans ma classe le sait, même les civils. Ce n'est vraiment pas un secret, ou alors on ne devrait plus jamais faire confiance aux adultes pour qu'ils gardent un secret.
À cette remarque, Kurenai éclata de rire et passa une main joueuse dans les cheveux de sa fille.
— À ce point ? Ne t'en fais pas, je n'allais pas t'empêcher de voir ton ami. Tu pourrais l'inviter à dîner ici, demain soir. J'imagine que l'orphelinat n'est pas l'endroit le plus joyeux de la ville…
Hitomi hocha la tête, un sourire soulagé illuminant son visage. Elle n'était pas certaine qu'elle aurait eu le courage de défier sa mère en face : elle la respectait et l'aimait tellement, elle ne voulait pas la décevoir. Il aurait été horrible, déchirant, à ses yeux d'être obligée de choisir entre l'amour de sa mère et le chemin vers lequel elle était poussée par ses convictions profondes.
Le lendemain, à la fin des cours, Hitomi proposa à Naruto de venir manger chez elle, et eut la surprise de voir son ami rougir jusqu'aux oreilles. Quand il s'y mettait, il faisait même de la concurrence à Hinata. Une main levée pour dissimuler ses lèvres, elle rit doucement, attendrie par sa réaction.
— Ne te monte pas la tête, tu sais. Ma mère veut faire connaissance avec mes amis. Elle sera ravie de te rencontrer, tu vas voir. Et elle cuisine super-bien !
Le soir venu, après le repas – délicieux, exactement comme Hitomi l'avait prédit – la petite fille installa son invité au salon. Il n'arrêtait pas de regarder autour de lui d'un air éberlué, et elle avait l'impression qu'il ne savait pas trop où se mettre. Elle faisait tout pour qu'il se sente à l'aise, ignorant ses petits écarts, ses manques de politesse. Elle savait que personne ne lui avait appris les règles de savoir-vivre à observer quand on était invité quelque part.
— Je me demandais, Naruto… Tu sais pourquoi tu as du mal avec les cours d'Iruka-sensei ?
— Je… Oui, je crois. J'essaye de l'écouter, mais je m'ennuie très vite et j'ai du mal à me concentrer. Pourtant, j'ai envie de comprendre ce qu'il explique ! Alors j'ai essayé de lire les livres qu'il nous a conseillés, mais les kanjis n'arrêtent pas de se mélanger devant mes yeux, j'ai vraiment du mal.
La fillette hocha la tête, compréhensive. Cela ressemblait fort à ce qu'elle savait de l'hyperactivité et de la dyslexie. Ces deux maladies étaient inconnues des médecins de Konoha, et personne ne faisait rien pour les soigner. Ceux qui avaient des difficultés devaient juste produire plus d'efforts ou abandonner. Ce n'était pas très juste, à ses yeux. Naruto n'avait rien fait de mal, il fonctionnait juste un peu différemment. Elle-même ne connaissait pas plus que ça ces deux maladies, n'en ayant pas souffert dans sa première vie, mais elle avait quelques idées pour essayer de l'aider.
La conversation se poursuivit sur un ton léger, Kurenai finissant par les rejoindre. Naruto était amusant, dynamique, et incroyablement gentil. Il avait en lui une douceur et une candeur qui rappelaient nettement Gaara à Hitomi. Ils discutaient toujours régulièrement par carnets interposés, et la petite fille était très fière des progrès que son ami faisait avec sa sœur. Cela ne faisait que deux jours, mais… Il essayait sincèrement, et c'était tout ce qui comptait à ses yeux.
Le lendemain, les résultats des tests de la rentrée étaient affichés dans le hall de l'Académie, à la vue de tous. Hitomi fut peu surprise en le parcourant : elle était première du classement des filles, et à égalité avec Sasuke, premier du classement des garçons. Naruto était dernier au test écrit, tandis qu'il se classait très bien au test physique. Shikamaru était dans le milieu de peloton de sa classe. En-dehors de ça, exactement comme elle l'avait supposé, le classement pouvait être découpé en trois parties très nettes, qui représentaient les trois classes d'enfants. Ainsi donc, ils avaient été répartis selon leur niveau, et non par hasard.
Cette découverte ne la perturba pas. En classe, elle continua de faire de son mieux à chaque instant, poussant toujours plus loin que les professeurs ne l'exigeaient. Quand elle rentrait de l'école, elle faisait étudier Naruto par petites sessions d'un quart d'heure, lui réexpliquant à lui seul ce qu'Iruka leur avait enseigné pendant la matinée – il n'avait pas besoin d'aide avec les cours de Mizuki. Cette méthode fonctionnait bien avec le petit garçon, mais pas assez pour le propulser en tête de classement. Les tests écrits restaient difficiles pour lui, mais il comprenait, elle pouvait le voir à chaque fois qu'elle lui demandait de réexpliquer un point de matière. En lecture et en écriture, il s'améliorait, même s'il ne ferait jamais partie des meilleurs.
Quand Naruto rentrait chez lui – généralement avant le dîner en semaine, et après le week-end – la journée d'Hitomi était loin d'être terminée. Ensui arrivait et l'entraînait à son tour, s'assurant qu'elle ne perde rien de ce qu'il lui avait appris pendant leur voyage. Lorsqu'il n'était pas disponible, c'était Kurenai qui entraînait sa fille. Elle était passée par là, après tout. Même si le pays était en guerre quand elle était sortie de l'Académie, l'esprit de compétition l'avait motivée, elle aussi, à se dépasser. Elle ne comprenait tout simplement pas les objectifs les mieux dissimulés d'Hitomi – elle n'avait aucun moyen de les deviner.
Sa correspondance avec Gaara, et Shikamaru, lors de certains cours théoriques, était son baume au cœur. Si elle en croyait ses lettres, et il n'avait aucune raison de mentir, l'Enfant du Sable se rapprochait chaque jour de sa sœur, qui commençait à montrer moins de méfiance à son égard. Il avait également tenté d'aborder Kankurô ; à sa grande surprise, il lui avait suffi de complimenter son talent avec les marionnettes pour que son frère aîné se sente en sécurité avec lui. Le petit garçon semblait heureux, paisible, et Hitomi était immensément fière de lui.
Un soir, toutefois, ce sentiment vola en éclats, laissant la place à une panique glaciale. Alors qu'elle s'apprêtait à éteindre sa lampe de chevet pour dormir, la petite fille sentit son carnet refroidir contre sa cuisse, là où elle l'avait posé après l'avoir refermé une heure plus tôt. Prise d'un mauvais pressentiment, elle l'ouvrit, et eut l'impression que son cœur cessait de battre.
Hitomi, aide-moi, je t'en prie ! J'ai été attaqué par mon oncle ce soir, il a dit qu'il l'avait fait par ordre de mon père et je crois que je l'ai tué, je t'en prie, aide-moi, je ne sais pas quoi faire !
Voilà, c'est tout pour cette semaine. N'hésitez pas à follow cette histoire pour ne rater aucun chapitre, à l'ajouter à vos favoris pour montrer à tout le monde que vous l'aimez ou même me laisser une review, j'adore ça !
