Bonjour ! J'espère que vos vacances se passent bien. De mon côté ça va, mais j'ai eu un problème au bras hier et ça fait mal du coup je n'ai pas écrit hier, je verrai si aujourd'hui ça s'arrange. Je cherche toujours quelqu'un pour faire la bêtalecture de cette fanfic, venez me voir en mp si ça vous intéresse ! Il faut être prêt à lire beaucoup, capable d'écrire des avis détaillés et utiliser le logiciel Discord.

La première technique apprise par n'importe quel ninja Suiton était celle de la Dissimulation dans l'Eau, une technique de rang D qui permettait à son utilisateur de se fondre dans n'importe quel liquide. Toutefois, cette technique avait l'immense faiblesse de ne pas masquer le chakra de la personne qui se cachait ainsi, ce qui signifiait qu'une immense majorité de shinobi Chûnin ou supérieurs pouvaient toujours sentir la présence de l'ennemi ainsi camouflé. Par ailleurs, plus le volume de l'eau qui servait de cachette était important, plus la difficulté de la technique augmentait, car on courait le risque de ne pas retrouver le chemin vers la surface… Et de rester coincé à jamais.

Cette technique était donc très peu utilisée, mais son apprentissage était absolument nécessaire. Comme le répétait souvent Kurenai à Naruto, on construisait une maison en commençant par ses fondations, et cette logique s'appliquait également à n'importe quel apprentissage. Quand elle aurait acquis la maîtrise de quelques techniques de rang D, Hitomi pourrait commencer à s'intéresser aux autres, pas avant.

— Le rouleau dit que tu dois recouvrir tout ton corps de la couche la plus fine possible de chakra aqueux tout en touchant la surface du liquide dans lequel tu veux te dissimuler tandis que tes mains forment la mudra du Chien. Tu te sens prête à essayer ?

La petite fille hocha la tête, déterminée. Elle n'était pas encore fatiguée, après tout, et même si elle devait conserver un minimum de chakra pour maintenir ses cinq chats dans le monde physique, elle pouvait encore s'entraîner plusieurs heures avant d'avoir dépensé ne serait-ce que la moitié de ses réserves. Ses doigts composèrent la mudra, le mouvement depuis longtemps devenu un réflexe aussi instinctif que celui de respirer, et elle commença à projeter le fameux chakra aqueux pour former une enveloppe autour de son corps.

Il lui fallut plusieurs essais avant de sentir sa silhouette s'altérer lentement, attirée vers la petite flaque d'eau sur laquelle elle avait posé le pied, et enfin elle se sentit minuscule, compressée dans le liquide, son champ de vision étendu mais incapable de se concentrer en un point précis. Pour revenir à l'état solide, elle coupa l'approvisionnement de son enveloppe de chakra, reprenant aussitôt la forme menue d'une fille de douze ans.

— Alors ? demanda-t-elle à sa mère, qui observait soigneusement ses essais depuis son retour. C'était comme ça ?

— Oui ! Je pense que tu es prête à passer à la technique suivante… Mais pas ce soir. Tu as école, demain.

Le monde ne s'arrêtait pas de tourner à chaque fois qu'elle souhaitait s'entraîner, cela Hitomi le comprenait, mais c'était toujours quelque peu frustrant d'être coupée dans son élan par une obligation qu'elle aurait parfois préféré oublier. Pourtant, elle appréciait l'Académie, cette école dans laquelle on apprenait à courir sur les murs et à se dédoubler – d'ailleurs, Naruto n'était plus le dernier en cours de ninjutsu maintenant qu'il avait son multiclonage à montrer à Iruka quand celui-ci décidait de tester la classe. Hitomi, quant à elle, avait jugé plus sage de taire sa connaissance de cette technique.

Le lendemain matin, Hitomi eut du mal à cacher à ses amis l'impatience qui grandissait en elle. Elle parvenait sans véritable problème à faire ce qu'on attendait d'elle en classe, mais une part de son esprit sautillait dans sa Bibliothèque, tentant de décider que faire ensuite. À partir de cette technique, elle pouvait apprendre celle des clones aqueux et celle de la dissimulation dans le brouillard, chacune de ces deux techniques ouvrant la voie à d'autres possibilités.

Comme si elle percevait la tension sous-jacente dans l'humeur de son amie, Hinata veilla à rester près d'elle toute la journée, poussant parfois la bravoure jusqu'à effleurer sa main, son épaule. Ses joues rougissaient terriblement à chacun de ces gestes, mais ils semblaient apaiser Hitomi pour un moment. Dans l'esprit de la jeune Hyûga, quelques accès de timidité valaient bien le retour de l'équilibre pour sa meilleure amie.

La présence constante de la jeune héritière à ses côtés ce jour-là poussa Hitomi à l'inviter chez elle, après les cours. Le vendredi, il n'était pas rare qu'elle en décide ainsi : Hinata était une invitée toujours bienvenue aux yeux de Kurenai, et son père ne l'empêchait pas de passer le week-end chez les Yûhi, refusant de prendre le risque d'offenser Shinku. Un peu par impulsion, la jeune fille prit le bras de son amie plutôt que de simplement marcher à côté d'elle sur le chemin du retour. Oh, les joues d'Hinata prirent de magnifiques nuances de rose, elle trébucha même pendant un instant, mais une fois qu'elle fut remise de sa surprise, un petit sourire tendre se mit à danser sur ses lèvres, poussant Hitomi à croire que ses impulsions n'étaient pas toujours mauvaises.

— Mets-toi à l'aise, je vais dire à Maman que tu es là et que je cuisine ce soir. Tu veux quelque chose à boire ?

— D… Du thé, s'il te plaît. Merci de ton hospitalité.

— Allons, c'est moi qui dois te remercier. J'adore quand tu es ici. Je vais devoir m'entraîner pendant le week-end, je travaille sur mon ninjutsu, mais je sais que ça ne te dérange pas, alors…

— J'en profiterai pour travailler aussi. Merci encore…

— Arrête, je t'ai dit que ce n'était pas la peine de me remercier. Je suis toujours ravie de t'avoir à mes côtés, tu le sais. Allez, je reviens !

Sur ces mots, la jeune fille – elle n'était plus vraiment une enfant à présent, avec son anniversaire qui était passé depuis quelques semaines et le diplôme qui approchait à grands pas – se dirigea vers le petit bureau où sa mère aimait travailler sa comptabilité et les formalités liées à la vie du clan. Elle frappa à la porte puis l'ouvrit, trouvant Kurenai… Et Asuma… À moitié… Non, elle ne voulait pas voir ça !

— MamanHinatarestlàceweek-end,jet'aime,ohAsuma-sanjolicollierexcusez-moijedoisyallerHinatam'attend !

Le cœur battant la chamade et les joues cramoisies, elle claqua la porte derrière elle, l'image des deux adultes médusés et à moitié nus gravée sur ses rétines. Elle gémit d'angoisse, parfaitement consciente du fait qu'elle ne pourrait jamais effacer cette scène de sa mémoire, se recroquevilla un instant contre le mur en se frottant les yeux, sans succès. Enfin, elle se reprit et fit un détour vers les toilettes du rez-de-chaussée pour se reconstruire une façade crédible avant d'aller retrouver son amie… Qui était assise toute raide au milieu du canapé, les orteils d'un de ses pieds triturant le talon de l'autre nerveusement.

— Hum… Hinata, ça va ?

— Hein ? Non, je veux dire oui ! Oui, ça va. Je voudrais juste… Est-ce que je pourrais te parler de quelque chose ? En privé ?

Il n'y avait personne d'autre qu'elles dans la pièce, mais Hitomi comprenait parfaitement ce que la jeune fille voulait dire par là : un endroit sécurisé, où elle se sentait à l'aise et où un adulte ne risquait pas de débarquer sans frapper – elle avait été très impressionnée par la discrétion et le respect de la vie privée de sa fille dont Kurenai faisait preuve, apparemment habituée à tout autre chose de la part des gens de service que la famille Hyûga employait, et qui rendaient des rapports détaillés au chef du clan. Sans prendre la peine de répondre, la plus jeune des Yûhi prit la main de son amie et l'entraîna dans sa chambre. Là elle ferma la porte sans la verrouiller, puis prit place sur son lit et l'invita à faire de même.

— Alors ? Qu'est-ce que tu voulais me dire ?

— Je… Je… C'est difficile.

— Je peux voir ça. Prends ton temps, ne t'en fais pas. Quoi que ce soit, je suis là.

— C'est… Depuis de nombreux mois maintenant je…

Hitomi resta immobile et silencieuse, mais pas inactive pour autant, enregistrant le souffle crispé qu'Hinata laissait échapper par à-coups, son regard capturant la manière dont ses doigts trituraient l'ourlet de sa tunique. Si elle tendait l'oreille, elle pouvait entendre quelque chose qui ressemblait à des battements de cœur paniqué. Elle se disait que, dans cette situation, il valait mieux qu'elle se taise et attende que son interlocutrice dépasse l'angoisse qui lui serrait la gorge. Cela viendrait.

— Je… J'ai commencé à… J'ai commencé à te remarquer, d'une manière qui… Enfin, j'ai envie de faire des choses qui ne sont pas… Approriées… Entre amies… Je crois ?

— Hinata… Est-ce que tu aurais envie que je t'embrasse ?

Le regard rouge sombre, tranquille et tendre, d'Hitomi rencontra les grandes prunelles couleur de nacre, expressives et vaguement nerveuses, de son amie. Sa proposition, offerte d'une voix douce et apaisante, reçut pour toute réponse un petit hochement de tête intimidé. Un sourire attendri se peignit sur les lèvres de la jeune Yûhi. Elle n'avait jamais embrassé qui que ce soit, dans cette vie ou la précédente, mais elle était prête à essayer avec Hinata, si, après tout, les élans de son cœur n'étaient pas sans réponse.

Doucement, pour ne pas l'effrayer, la jeune fille changea de position pour se trouver non pas assise mais en seiza sur le matelas à côté d'elle. Elle prit délicatement son menton entre ses doigts et lui tourna la tête, si bien que leurs lèvres se trouvèrent soudain à un souffle de distance à peine. Cette distance, Hitomi la franchit sans hésiter, mais sans brusquerie non plus. Sa bouche effleura celle d'Hinata, un sentiment de confort et de tendresse trouvant sa place instantanément dans un vide dont elle avait ignoré l'existence jusque là, dans l'un des recoins les mieux dissimulés de son esprit. Son premier baiser, volontairement offert à une personne pour qui elle ressentait quelque chose, peut-être pas de l'amour encore, mais une tendresse qu'on n'éprouvait pas pour une simple amie.

Le baiser fut doux, long, paisible mais non sans passion, la main d'Hinata venant se poser avec une adorable hésitation dans la nuque d'Hitomi pour l'attirer plus près, plus près… Ni l'une ni l'autre n'avait d'expérience dans ce domaine, et il y avait des maladresses, des nez gênants, des souffles déconcertants, chacune d'elle provoquant des petits rires étouffés par un nouveau baiser. Quand elles se séparèrent enfin suffisamment pour se regarder à nouveau dans les yeux, la jeune fille posa ses mains sur les joues d'Hinata et son front contre le sien, puis reprit la parole, les lèvres un peu rouges et enflées de cette nouvelle, et sans conteste intéressante, occupation.

— C'était ça, Hinata, tes envies inappropriées ? Si oui, on pourrait recommencer… Quand tu veux.

— Je… Je crois que j'aimerais bien ça.

— Vraiment ? Dans ce cas, je me permets de te le demander… Hinata, veux-tu être ma petite amie ?

— Je… Oui !

Les sourires sur les lèvres des deux jeunes filles rayonnaient à présent d'un éclat et d'une félicité semblables. Hitomi qui n'avait jusque là que la hâte de se remettre à l'entraînement laissa échapper un petit rire comblé et se redressa un peu pour aller cueillir un autre baiser sur les lèvres d'Hinata… Sa petite amie. Comme cela sonnait bien ! Elle prit plaisir à glisser ses doigts dans la chevelure aile-de-corbeau que la jeune Hyûga laissait pousser depuis une paire d'années désormais, leur texture comme de la soie sous ses doigts.

Quand, deux heures plus tard, il fut tant pour la jeune fille d'aller préparer le dîner, elle eut bien du mal à quitter le lit. Chacun des baisers d'Hinata avait éveillé en elle un élan de tendresse qui lui donnait envie de ne pas sortir de sa chambre. Ce ne fut qu'en faisant un pas dans le couloir qu'elle se rappela des cinq autres invités, félins ceux-ci, qui avaient d'après leurs regards absolument tout entendu tandis qu'ils patientaient dans le salon.

— Oh, s'exclama Hoshihi, félicitations toutes les deux ! Vous êtes absolument adorables.

— Oui, ajouta Haîro, on n'en pouvait plus de vous voir vous tourner autour comme ça à la moindre occasion, profitez bien maintenant que vous vous êtes décidées !

Hitomi rit de bon cœur tandis qu'Hinata rougissait et cachait son visage dans son épaule. Avec un petit soupir amusé, la jeune fille se dirigea vers la cuisine, sa petite amie dans son sillage, et se mit aux fourneaux. Elle était d'humeur pour des tempura, et elle avait vu sa mère ranger des crevettes dans le congélateur… En chantonnant, elle commença à préparer la chapelure, tandis qu'Hinata s'attelait à la coupe de légumes pour un accompagnement.

Quand Kurenai revint, vêtue d'un yukata rose pâle cette fois-ci soigneusement fermé, Asuma sur les talons, les deux jeunes filles étaient totalement concentrées sur les fourneaux. Même ainsi, leurs bras s'effleuraient souvent et les sourcils de la jeune mère se haussèrent tout seuls quand elle vit sa fille enrouler distraitement l'un de ses bras autour des épaules d'Hinata pour lui effleurer la joue d'un baiser. Manifestement, elle avait manqué un épisode. Plus d'un. Mais pouvait-elle vraiment dire quelque chose, elle qui avait caché à Hitomi à quel point sa relation avec Asuma devenait sérieuse ? Son petit ami lui avait raconté leur rencontre autour d'un lever de soleil et le mélange de menaces et d'apaisement que la plus jeune des Yûhi lui avait servi avec art. Kurenai était fière, très fière.

— J'imagine que des félicitations sont de mise ?

Hitomi et Hinata sursautèrent d'un même geste, mais ne s'éloignèrent pas l'une de l'autre. Quand on vivait avec des ninjas, on s'habituait vite à se faire surprendre, surtout quand une telle différence de niveau séparait des aspirants, aussi doués soient-ils, de l'élite des Jônin du village. Alors que l'héritière des Hyûga rougissait et bafouillait, la fille de Kurenai redressa le menton d'un air défiant, un petit sourire assuré sur les lèvres.

— C'est bien ça, Maman. Je te présenterais bien ma petite amie, mais tu la connais déjà.

Et comme cela, ce fut réglé. L'inquiétude n'avait même pas effleuré l'esprit d'Hitomi à l'idée de se confier à sa mère. Elle l'avait imaginé quelques fois, quand elle caressait du bout de son esprit l'envie d'aller se confesser à Hinata, mais pas un seul instant elle n'avait pensé être confrontée à un rejet de la part de sa mère. Konoha – elle ne pouvait parler pour les autres villages – était bien différente de ce qu'Hitomi avait connu dans le Monde d'Avant sur ce point : pour les ninjas, qui vivaient comme une flamme consume la matière et affrontaient la mort à chacune de leurs missions hors du village, les relations étaient légères et éphémères en-dehors des liens du mariage. C'était différent pour les enfants issus de clans traditionalistes, mais aucune des deux jeunes filles n'avait pour l'instant envisagé d'aller se confier à Hiashi Hyûga.

— Eh bien, félicitations. Hitomi, Naruto et Sasuke ne seront pas là ce soir, ils ont été invités par Tsume Inuzuka pour la soirée. On aura des restes demain midi.

La jeune fille hocha la tête et, d'une main adroite, retira les tempuras de l'huile bouillante. Elle s'était brûlée, certes de manière superficielle, bien assez de fois pour apprendre comment s'y prendre avec ce genre de recettes un peu risquées. Bien vite, le repas fut prêt, et les deux adultes et les deux enfants purent s'attabler et commencer à manger.

Une demi-heure après le repas, quand la table fut débarrassée et la vaisselle mise à sécher en attendant d'être rangée dans les placards, Hitomi attira Hinata dehors sous la surveillance discrète de deux adultes un peu trop occupés à s'attendrir de leur relation naissante pour véritablement les superviser. Au milieu du jardin avait été dressé par Kurenai un petit bassin rempli d'eau, pour qu'elle puisse s'y entraîner. Le bassin n'était large que de deux mètres, et long de trois, mais à son niveau débutant, cela suffisait amplement. À proximité se trouvaient des petits parchemins de stockage remplis d'eau, au cas où le niveau descendrait trop à force de pratique.

— Suiton : Clone Aqueux !

En lisant l'œuvre canon, Hitomi n'avait pas compris pourquoi les ninjas avaient besoin de réciter le nom de leurs techniques quand ils les effectuaient, mais elle saisissait désormais les deux principales raisons qui les y poussaient. La première était tout simplement qu'ils apprenaient de cette manière, et qu'un réflexe si bien ancré au fond d'eux avait du mal à disparaître. La deuxième, plus complexe, était un mélange d'honneur du ninja – qu'une telle chose existe était déjà surprenant en soi – et de fierté, de désir de montrer ce qu'on savait faire à son adversaire. Bien des ninjas étrangers étaient pétrifiés d'angoisse pendant une seconde quand ils entendaient le nom – ou les cris – des Mille Oiseaux.

À mi-chemin de sa formation, le clone qu'Hitomi avait tenté de créer retomba, et le chakra qu'elle avait mobilisé se dissipa dans l'air. Elle ne s'était pas attendue à un autre résultat : il était bien plus difficile de donner forme à l'eau que de se perdre en elle. Inspirant profondément, elle laissa ses mains effectuer la suite de mudras et concentra son chakra à nouveau. Cette fois, le clone se forma presque jusqu'aux épaules avant de s'effondrer.

— Tu vas y arriver, Hitomi.

La voix d'Hinata dessina par réflexe un sourire sur les lèvres de la jeune fille. Elle croisa le regard de la Hyûga et la remercia d'un signe de tête avant de s'y remettre, à nouveau pleinement concentrée.

Hinata avait raison. Elle y arriverait.