Coucou ! Aujourd'hui vous avez droit à un chapitre particulièrement long, le plus long jusqu'ici. J'espère que ça vous plaira ! Pour celles et ceux que ça intéresserait, je recherche toujours un ou une bêta : contactez-moi en mp !
Au bout de six jours de travail prudent mais constant, Hitomi parvint à maîtriser la technique du Clone Aqueux. Après cela, créer un nuage de brume suffisamment dense pour la technique de Dissimulation dans le Brouillard ressembla un peu à une formalité. Elle y arrivait très bien, tant qu'elle avait de l'eau en suffisance à proximité. Le plus complexe serait pour elle d'apprendre à se repérer et se déplacer à l'intérieur dans un silence parfait. Elle éprouvait désormais un respect grandissant pour Zabuza, lui qui était réputé pour ses techniques d'assassinat dans le brouillard.
À présent se trouvaient dans son arsenal deux techniques élémentaires de rang D et une de rang C. C'était bien plus que ce que n'importe quel élève en-dehors de la Communauté avait à proposer, à l'exception de Sasuke et ses techniques Katon. Depuis quelques jours, il s'efforçait de maîtriser le Raid des Vouivres, une technique à la limite du rang B qu'il avait trouvée dans l'un des rouleaux ramenés du territoire des Uchiha pratiquement six mois plus tôt. Il avait été essentiel à l'entraînement d'Hitomi : il était déjà passé par cette étape au début de la maîtrise d'un élément, quand tout semblait flou et compliqué. Même si le Katon et le Suiton n'auraient su être plus opposé, il avait quelques conseils à lui donner, et chacun d'eux lui fut utile.
Quand Shinku arriva à la maison un soir, juste avant le dîner, il trouva les deux enfants occupés à s'entraîner. Hitomi s'efforçait de créer et diriger deux clone à la fois, tandis que Sasuke crachait régulièrement de longues et minces flammes censées prendre la forme d'une vouivre – un accomplissement compliqué quand on n'avait jamais aperçu ne serait-ce que le fossile de l'une de ces créatures depuis longtemps éteintes.
Autour du bassin d'Hitomi se déroulait une scène qui surprit et impressionna le grand-père : une nappe de brouillard s'étendait sur l'herbe, aussi dense et épaisse que la jeune fille était parvenue à la former, et il pouvait voir cinq ombres félines se déplacer à l'intérieur. De temps à autres, un mouvement plus vif voyait deux des ombres se rencontrer, et il entendait des feulements et grondements qui lui rappelaient des souvenirs de ses propres entraînements. Manifestement, sa petite-fille avait pris très au sérieux les consignes qui lui avaient été données.
— Grand-père ?
Le vieil homme concentra à nouveau son attention sur sa descendante. Il appréciait l'éclat de vive intelligence, de ruse même, qu'il apercevait en tous temps dans son regard carmin. Ces qualités lui seraient d'une utilité indéniable quand elle devrait prendre part à ses propres missions. Il sourit et approcha du bassin dans lequel elle se tenait debout, ses jambes immergées jusqu'à la moitié des mollets. Elle ne semblait pas craindre le froid, un signe s'il en fallait qu'elle avait appris à faire circuler son chakra à l'intérieur de son corps pour le garder au chaud. Un jour, cela deviendrait pour elle comme un instinct, et elle serait surprise, si ses pas l'attiraient dans des contrées aussi lointaines que le Pays de la Neige, de ressentir à nouveau la morsure du gel. Le chakra, après tout, avait ses limites.
— Je viens vous prévenir, tes compagnons et toi, que le temps est venu pour eux de retourner dans le monde spirituel. Tu ne pourras pas les appeler pendant deux semaines, leurs mentors vont utiliser ce laps de temps pour tester en long et en large chacune de leurs compétences, les nouvelles comme ceux qu'ils étaient seulement censés améliorer. Ensuite, tu pourras les invoquer à volonté, bien entendu.
Hitomi dut s'avouer prise de court par cette nouvelle. Bien entendu, elle avait eu bien conscience de l'approche de cette date, mais… Elle n'avait pas envie de voir ses compagnons s'en aller. Ils étaient devenus une nouvelle constante dans sa vie, du poids qu'ils portaient sur ses couvertures quand ils dormaient à ses côtés aux entraînements lors desquels ils la poussaient à se dépasser – et elle les poussait en retour. Son regard un peu perdu croisa les leurs tandis qu'ils sortaient de la nappe de brume pour se frotter à ses jambes. Ils avaient tous les cinq bien grandi pendant ces six mois, et Hoshihi, le plus grand, lui atteignait les genoux avec sa tête.
— Ne t'en fais pas, Invocatrice ! lança Sunaarashi, sa voix comme toujours mêlée à celle de son frère. On n'aura même pas le temps de te manquer avant que tu puisses nous rappeler. Travaille bien et garde-moi des poissons bien au frais !
Pour toute réponse, la jeune fille se contenta de hocher la tête. Elle sortit du bassin et s'agenouilla dans l'herbe pour se trouver plus près des cinq chats et les effleurer les uns après les autres d'une caresse teintée de mélancolie. Son grand-père, qui avait reculé d'un pas pour leur laisser de l'espace, se coupa le bout du pouce sur le tranchant d'un kunai et exécuta les mudras pour l'invocation de Tsurî.
— Ah, Shinku-kun. Tu m'as appelée pour les apprentis, c'est ça ?
— Oui, Tsurî-sama. Ils ont passé chaque jour avec Hitomi-chan, exactement comme nous le leur avions ordonné.
— Bien. Les enfants, dites au revoir, on s'en va. Aotsuki m'a ramené un pigeon et je n'ai pas envie qu'on me le vole.
Kurokumo, docile, avança d'un pas et se frotta une dernière fois contre la jambe d'Hitomi.
— Au revoir, Invocatrice. Tu verras, on sera très vite de retour.
Après que chacun des cinq chats lui ait dit un dernier mot gentil, ils disparurent, escortés vers le monde spirituel par la présence bienveillante mais stricte de leur aînée. Hitomi resta immobile quelques instants, fixant d'un regard sans doute un peu humide l'endroit où ils s'étaient tenus quelques instants auparavant. Enfin, elle se secoua et retourna vers le bassin, enjambant le rebord pour retourner à son entraînement. Alors qu'elle levait les mains pour composer les mudras pour le Clonage Aqueux – elle coinçait un peu sur le contrôle d'un troisième clone en simultané et se testait en les faisant tirer des kunai sur différentes cibles dans le jardin – Shinku reprit la parole, nullement abusé par la brave façade qu'elle arborait.
— Je comprends ta peine, Hitomi-chan, je suis passé par là moi aussi. La séparation est tout aussi importante que les six mois que vous avez passés ensemble, elle vous rappelle que vous devez pouvoir fonctionner ensemble et séparément. Ils vont pouvoir profiter du temps qu'ils passeront dans le Monde Spirituel pour perfectionner les compétences qui sont propres à leur espèce, tandis que tu pourras t'entraîner librement, sans te préoccuper du fait qu'ils risqueraient d'être blessés. Ces chats doivent devenir tes alliés, pourquoi pas tes amis, mais ce n'est pas à toi de les protéger.
Évitant soigneusement de le regarder, la jeune fille hocha la tête à contrecoeur. Oh, elle savait qu'il avait raison. Beaucoup de ninjas voyaient leurs invocations comme de simples outils. Mais elle ? Elle, elle avait passé six mois d'entraînements, de jeux, d'échecs et de réussite à leurs côtés. Elle ne pouvait les voir comme une pièce de plus dans son arsenal. Sans rien répondre, elle entama sa suite de mudras et sculpta dans l'eau qui s'élevait lentement trois copies parfaites d'elle-même, les envoyant lancer des kunai sur leur cible respective. Elle estimerait avoir réussi quand chaque clone serait capable d'en lancer vingt à la suite dans le cœur de sa cible tandis qu'elle-même travaillait sur la Manipulation des Ombres.
Quand Hinata la vit arriver en classe seule le lendemain matin, elle la serra contre elle sans dire un mot, ses mains traçant des cercles réconfortants dans son dos. Elle-même avait passé pas mal de temps autour des cinq chats qui avaient suivi son amie comme autant d'ombres miniatures, et vu l'attachement entre eux s'éveiller et grandir au fil des jours. Hitomi avait passé une bonne partie de la soirée roulée en boule sur le canapé à écrire à Gaara et Ensui. Elle avait un peu parlé à Temari aussi, elle qui avait signé deux ans plus tôt le Contrat des Belettes. Apparemment, la belette qu'elle avait choisie comme familier avait noué un lien assez profond avec son invocatrice, et demandait à la visiter au moins une fois par semaine dans le monde physique pour être tenue au courant des derniers développements de sa vie en tant que ninja.
Les jours qui suivirent, Hitomi vit sa concentration augmenter lors de ses différents entraînements. Elle accomplissait chacun des exercices en classe comme la performance qu'ils étaient, et elle pouvait sentir les attitudes de ses proches s'adapter en retour. Ils étaient plus déterminés, plus impliqués, et toute l'atmosphère de la classe s'en ressentait, même pour leurs deux professeurs.
Peut-être l'approche de l'examen final avait-elle aussi une influence sur leurs exigences nouvelles. Après tout, cette promotion particulière rassemblait des enfants de chacun des clans majeurs de Konoha, un jinchûriki, et Hitomi elle-même, qu'on ne pouvait négliger entre son ascendance paternelle Nara et le fait qu'elle incarnait l'éventuelle renaissance d'un clan jadis craint à l'internationale. Cette génération portait sur ses épaules tous les espoirs de grandeur de Konohagakure, et entendait bien les honorer.
Désormais, Sasuke, Naruto, Shikamaru et Hitomi ne prenaient plus la peine de se cacher au fond du territoire des Nara pour s'entraîner. Si le cousin de la jeune fille était souvent occupé à travailler avec les futurs membres de son équipe, il se livrait souvent à des combats contre elle, lors desquels seuls le taijutsu et la manipulation des ombres étaient autorisés. Grâce à cela, ils bâtissaient chacun leur propre style avec cet arbre de technique : tandis que son truc à lui était d'exploiter les capacités de son ombre à leur maximum, qu'il s'agisse de distance, d'angle ou de vitesse, elle ne parvenait pas à étirer la sienne aussi loin et avait donc pris le parti de l'utiliser en combat au corps à corps.
Il lui avait fallu des années d'entraînements décousus entre ses autres obligations pour parvenir à augmenter la vitesse de prise des ombres à un point suffisant pour ce qu'elle souhaitait faire. Lorsqu'elle était engagée dans une bataille de taijutsu avec son adversaire, elle pouvait désormais toucher son ombre de la sienne, très rapidement, pour modifier légèrement sa posture, puis retirer son influence et profiter de la subtile intervention pour forcer le point faible qu'elle venait de créer dans sa garde. Cet enchaînement fonctionnait particulièrement bien contre les adversaires plus lents qu'elles. Pour ceux qui la surpassaient en termes de vitesse, une utilisation plus classique de la Manipulation des Ombres était toujours envisageable.
Il était de plus en plus courant pour les élèves de dernière année de s'entraîner au vu et au su de tous dans la cour extérieure ou des salles de classe vides à défaut d'avoir accès aux terrains d'entraînement – certains, juste pour cet avantage, n'en pouvaient plus d'attendre leur bandeau frontal. Hitomi et ses amis avaient observé ce spectacle les années précédentes – elle avait même vu Neji et Lee se battre, une fois – mais cette année était particulière, puisque c'était à eux désormais de jouer les attractions.
La veille de l'examen, Hitomi invita Shikamaru à venir passer la nuit à la maison. Bien que les deux enfants n'aient jamais cessé leurs affrontements hebdomadaires au shôgi, ils passaient rarement du temps seuls, et c'était un tort qu'Hitomi entendait bien corriger. Après avoir informé sa mère qu'ils avaient un invité, elle emmena son cousin dans sa chambre et commença immédiatement à installer le plateau de shôgi. Ils avaient tous les deux énormément progressé au fil des années, mais aucun d'eux n'était capable de battre Shikaku.
— Alors… Toi et Hinata, hm ?
La jeune fille hocha la tête tout en réfléchissant à ses différentes options pour couvrir son cavalier, menacé par son adversaire. Ni elle ni Hinata n'avaient souhaité garder leur relation secrète au sein de leur petit groupe, même si elles préféraient que cela n'arrive jamais aux oreilles d'Hiashi Hyûga. Le patriarche était si conservateur qu'il aurait eu sa place dans un musée… Et Hitomi n'osait imaginer les répercussions s'il apprenait que sa fille n'était pas hétérosexuelle.
— Yep. Surpris ?
— Pas vraiment. Je me demandais quand tu allais te rendre compte qu'il y avait quelque chose entre vous. Pour un génie, tu es plutôt lente, hein ?
— Je suis peut-être lente, mais en attendant, Shika-kun, c'est moi qui ai une petite amie…
Sur ce, elle prit sa décision et déplaça son roi dragon sur la droite, en plein sur la diagonale que son général d'or devrait utiliser s'il voulait prendre son cavalier. Elle répondit à son regard vaguement ennuyé d'un sourire retors, et la partie put continuer, ponctuée ça et là de blagues et de commentaires joueurs. C'était l'une des raisons pour lesquelles elle aimait tellement Shikamaru : avec lui, pas besoin de remplir le silence ou d'être actif en permanence, au contraire.
Le lendemain, quand les deux enfants arrivèrent à l'Académie, Hitomi était incroyablement paisible et concentrée. Elle pouvait sentir la nervosité monter autour d'elle mais n'y réagissait pas, parvenant même, pour certains de ses amis particulièrement sensibles à son influence, à la dissiper quelque peu. En six ans, Hitomi s'était lentement mais sûrement positionnée en leader au sein de ses pairs, et mêmes les élèves qui ne faisaient pas partie de la Communauté des Neuf en étaient venus à lui montrer une forme de respect rétissant.
La journée commença avec deux heures de test écrit, lequel fut, pour elle, clôturé en vingt minutes à peine. Avec sa mémoire, il lui suffisait d'un battement de paupières pour trouver l'information dont elle avait besoin, quelque part dans sa Bibliothèque. Elle passa donc le reste de ce temps à observer ses pairs, notant entre autres le sursaut de stress de Chôji quand il arriva à la deuxième page – et son soupir de soulagement quand il constata qu'en réalité, il connaissait la réponse.
Ensuite vint l'épreuve de genjutsu. Les élèves étaient soumis à une illusion bénine et devaient tout simplement s'en libérer. On n'apprenait pas de genjutsu à l'Académie, car il fallait souvent une âme bien plus mature que celle d'un enfant de douze ans pour bâtir des illusions à un niveau satisfaisant pour montrer une quelconque utilité en mission. Les élèves étaient simplement notés sur la rapidité avec laquelle ils se défaisaient de l'illusion. Avec une mère comme Kurenai, il était absolument impossible pour Hitomi d'échouer à cette épreuve.
Après une courte pause, les élèves se rendirent en rang dans le gymnase pour l'examen de maîtrise des armes de jet. Trois enfants à la fois, ils s'alignaient devant les cibles et démontraient leurs compétences dans ce domaine. Sasuke, Naruto et Hitomi brillèrent particulièrement à cette épreuve : tous les trois avaient énormément travaillé, le Uchiha et sa sœur adoptive pour soutenir leur ami blond dans son propre entraînement, et cela payait aujourd'hui. Ils étaient les seuls élèves capables de maîtriser trois armes de jet différentes, et chacun d'eux avait sa préférence – ainsi, Sasuke travaillait mieux avec des shuriken, tandis que Naruto était plus à l'aise avec les kunai, et les mains menues d'Hitomi étaient parfaites pour les senbon.
Enfin, les enfants eurent droit à leur pause de midi. La plupart étaient affamés et soulagés d'une partie du stress qui leur avait pesé sur l'estomac. Chôji avait apporté assez de nourriture pour chacun de ses amis, si bien qu'ils décidèrent d'ajouter leurs différents bentôs au sien pour former un véritable festin. Quand vint le moment de se rendre sur le terrain d'entraînement de l'Académie, ils étaient tous plus sereins.
L'épreuve de taijutsu consistait à se battre contre Mizuki-sensei pendant trois minutes dans un cercle de six mètres de diamètre. Les armes n'étaient pas autorisées, bien entendu. Dans ce cercle, Mizuki avait un avantage avec son allonge supérieure, mais il se retiendrait pour s'adapter au niveau d'un bon genin, afin de laisser une chance aux élèves de rester dans la zone autorisée pendant tout ce temps. Trois minutes donnaient le maximum de points, mais on avait la moyenne à partir d'une minute et demi. Hitomi regarda, placide, plusieurs élèves échouer. Elle constata tout de même avec fierté que ses amis tenaient le coup – Sasuke parvint même à tenir les trois minutes entières.
Et puis ce fut son tour. Elle entra dans le cercle parfaitement calme, chacun de ses gestes maîtrisé et réfléchi. Elle se baissa légèrement, les pieds écartés à deux fois la largeur du bassin, les bras légèrement levés, dans la posture de garde qu'Ensui lui avait enseignée, et attendit. Dès qu'Iruka donna le signal, elle se décala sur la droite pour esquiver la main tendue du professeur, sa main frappant à plat entre ses pectoraux en guise de riposte avant qu'elle se baisse sous son bras et se trouve dans son dos, hors de portée. Le combat continua de cette façon, elle rétorquant à chaque attaque du sensei d'une esquive minimale, d'un coup à l'un de ses points faibles, puis s'échappant loin de lui. Elle n'aurait pas pu le vaincre si le combat avait continué, pas alors qu'elle était essoufflée et que ses muscles commençaient à trembler quand Iruka siffla la fin des trois minutes. Au moins, s'il tournait au traître et qu'elle venait à l'affronter, elle aurait d'autres armes que son simple taijutsu à disposition.
Enfin venait l'épreuve de ninjutsu. Les élèves étaient appelés un par un dans la classe voisine et testés sur l'une des techniques qu'ils avaient apprises sur les bancs de l'Académie. Cette année, Hitomi le savait, ce serait le clonage qui tomberait. Elle ne s'inquiétait absolument pas. Non seulement elle maîtrisait la technique de base de l'Académie, mais elle avait en plus à disposition dans son arsenal deux autres techniques à montrer à ses examinateurs pour des points bonus. Quand Iruka annonça le sujet, elle croisa le regard que Naruto et échangea avec lui un sourire rayonnant. Lui non plus n'était pas inquiet. Il avait eu des mois auparavant la confirmation que le professeur noterait le multiclonage, bien plus complexe, comme une réussite.
Lorsqu'elle fut appelée, en dernier, la jeune fille entra dans la salle sans la moindre appréhension, que ce soit pour elle ou pour ses amis. Elle se positionna au centre de la pièce, le dos bien droit et les bras le long du corps, attendant les instructions de ses professeurs. Ce fut Iruka qui prit la parole, un sourire comblé sur les lèvres :
— Hitomi-san, je sais que tu es en partie à remercier pour les résultats très satisfaisants de ta classe à ces examens, mais aussi tout au long de ces six dernières années. Je t'en prie, fais honneur à tes camarades et montre-nous ce que tu sais faire.
Ces compliments firent sourire la jeune fille. Elle ne rougit pas, ne détourna pas les yeux d'un air gêné, acceptant simplement les éloges de son aîné pour ce qu'ils étaient : six ans de travail et de lutte qui, aujourd'hui, avaient porté leurs fruits. Elle effectua la mudra de la Croix, et deux clones apparurent dans un petit nuage de fumée, l'un à sa droite, l'autre à sa gauche. Parfaitement synchrones, les deux clones et l'originale exécutèrent ensuite les trois mudras nécessaires à la création d'un Clone Aqueux, les trois Hitomi devenant soudainement six. Cette idée avait été assez risquée, mais Hitomi disposait d'assez de réserves pour créer cette quantité d'eau à partir de son chakra. Enfin, les six filles identiques exécutèrent les deux mudras pour le simple clone de rang E, et ce furent soudain douze Hitomi qui se tinrent devant les deux sensei légèrement abasourdis.
— Eh bien… On peut dire que je ne m'attendais pas à ça. Félicitations, Hitomi. À partir d'aujourd'hui, tu es un ninja de Konoha.
Sur ces mots, Iruka avança, un bandeau frontal tout neuf entre les mains, et le lui tendit respectueusement. Elle le prit des deux mains, comme on le devait dans ces circonstances, et l'observa un instant, incroyablement fière de ce qu'elle avait accompli. Après un peu d'hésitation, elle le noua sur son front. Elle pourrait songer plus tard à un emplacement qui lui conviendrait mieux.
— Merci pour l'instruction que vous m'avez offerte, Iruka-sensei, Mizuki-sensei.
La jeune fille sortit de la salle de classe la tête haute et le dos droit, laissant ses clones se dissiper dans son sillage. Ce fut seulement une fois seule dans le couloir, la porte soigneusement fermée derrière elle, qu'elle se laissa aller à vaciller légèrement, un soupir de soulagement sur les lèvres. L'enchaînement avait puisé dans ses réserves avec une exigence à laquelle elle s'était parfaitement attendue. Elle avait voulu les impressionner, et c'était chose faite.
Quand les traces de son coup de fatigue se furent effacées, elle décida qu'il était temps de se rendre dans la cour extérieure de l'Académie, pour la dernière fois en tant que Genin. Elle se demanda si elle ferait partie des ninjas qui reviendraient de temps à autres entre ces murs, cette fois pour transmettre leur savoir. En un sens elle l'espérait, mais qu'aurait-elle pu confier de précieux à la nouvelle génération ? Elle avait besoin de mûrir avant d'envisager un quelconque avenir. Pour l'instant, elle ne pouvait que se concentrer sur le prochain obstacle qui se dresserait sur sa route, et les différentes manières dont elle pourrait le contourner ou l'abattre.
— Hitomi !
La jeune fille se tourna vers l'endroit d'où venait l'appel. Kurenai, Sasuke, et un Naruto en larmes lui faisaient signe. Avec un sourire fier, elle courut vers eux. Les deux garçons avaient leur nouveau bandeau frontal, et elle se sentait tellement, tellement soulagée d'avoir pu éviter une épreuve à Naruto.
— Hitomi, dit le blond d'une voix tremblante, ta maman a dit que je venais vivre chez vous maintenant, qu'elle avait rempli les papiers à l'orphelinat et que j'y retournais juste pour aller chercher mes affaires, et ensuite plus jamais.
Après un instant de stupéfaction, Hitomi sourit de plus belle et prit Naruto dans ses bras, se laissant broyer par la force des siens.
— Bienvenue dans la famille, Naruto. Maman, est-ce que ça veut dire qu'on déménage ?
— Oui, j'ai fait une offre pour la maison à côté de celle de Shikaku et elle a été acceptée hier. On commence le déménagement demain, on va profiter du week-end pour avancer un maximum avant que vous deviez commencer vos devoirs de Genin.
Ces mots ne firent que resserrer l'étreinte de Naruto autour d'Hitomi, qui commençait à sérieusement manquer d'air. Elle comprenait tout ce qu'il devait ressentir à cet instant, la lutte dans son esprit pour comprendre que c'était terminé, qu'il n'était plus seul, que pour la première fois dans sa mémoire, il avait une famille. Lorsqu'il la relâcha enfin, elle lui tapota gentiment l'épaule pour le réconforter et glissa un regard dans la direction de Sasuke. Il semblait plutôt satisfait de la situation, un petit sourire en coin sur les lèvres. Cette situation était tellement éloignée du canon que le simple fait de tenter d'estimer ses conséquences donnait le tournis à Hitomi.
— Je suis très fière de vous trois. Vous avez travaillé dur pendant six ans, et maintenant vos efforts sont récompensés. Chôza Akimichi organise un repas de fête pour son fils et ses amis. Vous êtes invités, bien entendu, donc on va rentrer à la maison, se changer, et ce soir, je compte sur vous pour vous amuser.
Dociles et rayonnants, les trois jeunes gens hochèrent la tête à l'unisson et emboîtèrent le pas à Kurenai, bien décidés à suivre ce programme si prometteur.
