Coucou ! Nous sommes bientôt de retour à l'école, profitez bien des derniers jours ou semaines (si vous êtes à l'université) avant que les cours ne recommencent ! Moi j'ai dû me réorienter à cause de problèmes de transports, je quitte donc la traduction pour faire du droit. J'ai eu un peu de mal à l'accepter sur le coup mais je pense quand même me plaire dans cette filière.

Il se passe quelque chose qui vous surprendra sans doute dans ce chapitre. Ne me tapez pas, c'est là pour une raison, je vous le promets ! J'espère que vous apprécierez et que ce chapitre vous donnera envie de lire la suite dimanche !

Les jours suivants, l'Équipe Sept s'installa dans routine à la fois confortable et intéressante, du moins du point de vue d'Hitomi. Le matin, en attendant leur sensei, les trois enfants petit-déjeunaient sur l'herbe encore humide du terrain d'entraînement numéro trois, puis s'affrontaient dans différentes configurations, celui qui n'était pas impliqué dans le combat observant un peu à l'écart pour pointer les erreurs des deux autres. Les analyses de Naruto étaient toujours un peu compliquées à comprendre, parce qu'il manquait des mots nécessaires parfois pour décrire ce qu'il voulait, mais décrypter ses approximations faisait aussi partie de l'exercice.

Quand leur sensei arrivait, l'équipe se dirigeait vers la Tour du Hokage pour y recevoir leur première mission du jour. Pour l'instant, ils avaient uniquement accompli des missions de rang D, que Naruto avait un certain talent pour compliquer. Malgré cela et cette malchance ridicule qui parfois semblait leur coller à la peau, ils n'avaient encore échoué aucune mission qui leur avait été assignée. Après avoir validé l'objectif et récupéré leur payement, Kakashi les emmenait manger quelque part, puis ils se retrouvaient sur le terrain d'entraînement qui leur avait été assigné. Souvent, Ensui les y attendait.

Kakashi et lui semblaient avoir trouvé un intérêt commun dans la formation des trois élèves. Il n'était pas rare, une fois l'entraînement terminé, qu'ils se retrouvent dans un bar pour discuter de leur programme du lendemain. Malgré la rigueur de certaines séances, jamais les Genin ne s'étaient plaints, et ils auraient été bien stupides de le faire : deux Jônin savaient plus de choses qu'un seul, et à ce titre, avaient plus de choses à leur transmettre.

Le soir, après le dîner, Ensui retrouvait Hitomi dans sa chambre et travaillait avec elle sur son fûinjutsu et ses créations chimiques. Grâce à lui, elle avait réussi à mettre au point son parchemin explosif uniquement lumineux et s'était dépêchée de déposer un brevet à l'armurerie du clan Nara. Ainsi, ses cousins aussi distants soient-ils pouvaient acheter ce produit, fabriqué par un autre fournisseur de l'armurier selon les instructions qu'elle avait laissées, et elle récupérait une partie des bénéfices de la vente. Pour des gens qui utilisaient les ombres comme une arme, une source de lumière fiable était un outil précieux.

Parfois, Hitomi parvenait à voler quelques heures à son programme qui ne connaissait que de rares pauses et les passait avec Hinata, qu'il s'agisse de la regarder s'entraîner avec son équipe ou d'une petite excursion en tête-à-tête. Il n'était pas rare que Sasuke et Naruto s'allient pour provoquer ces sorties, en lui retirant son travail en cours des mains et en insistant pour qu'elle aille la voir, sous le regard amusé de Kakashi et parfois d'Ensui. Hitomi ne protestait jamais que pour la forme : il était doux et vivifiant à la fois d'être amoureuse, et elle entendait bien savourer ce qu'elle pouvait de sa relation avec Hinata.

Au bout d'une semaine de ce rythme, leur première mission de rang C arriva. Hitomi dut avouer qu'elle était surprise : Naruto n'avait pas élevé la moindre protestation pour pousser le Hokage à leur céder celle-là. En fait, Hiruzen n'était même pas là. Tentant de dissimuler son étonnement, la jeune femme regarda tour à tour deux ninjas qui ne pouvaient être que Genma Shiranui et Aoba Yamashiro, seuls officiers de rang supérieur présents dans le bureau.

— Àh, l'Équipe Sept. Nous vous attendions. Entrez, entrez !

Une fois que toute l'équipe et les deux Tokubetsu Jônin entassés dans le bureau, ce fut Aoba qui prit la parole, un rouleau vert – la couleur du rang C – entre les mains.

— Yûko-sensei, de l'Académie, est malade aujourd'hui et a besoin d'être remplacée. Votre mission n'est pas de donner cours, mais d'occuper et surveiller les élèves de sa classe de deuxième année. Voici l'ordre de mission.

À la grande surprise d'Hitomi, ce ne fut pas à Kakashi qu'Aoba tendit le rouleau, mais à elle. Elle haussa les sourcils, sa main à moitié tendue hésitant à parcourir les quelques derniers centimètres la séparant de l'ordre de mission.

— La demande émane d'Iruka-sensei, qui a spécialement demandé que vous dirigiez cette mission, Yûhi-san. D'après lui, vous êtes celle qui as le plus d'expérience pour encadrer des enfants de manière constructive.

La jeune fille ne put s'empêcher de rougir jusqu'aux oreilles, ses longs doigts fins s'enroulant autour de l'ordre de mission pour le récupérer. Une fois le parchemin entre ses mains, elle ne put s'empêcher de le scruter avec de grands yeux incrédules pendant quelques secondes avant de se reprendre, toute sa posture se raidissant lentement dans une image de dignité et d'assurance – une bien jolie façade. Le sentiment d'honneur et de frayeur mêlées qui gonflait en elle lui donnait l'impression qu'elle allait étouffer et s'écrouler en sanglotant qu'elle n'était pas la bonne personne pour cette mission. Comme si elle allait laisser une telle chose se produire.

— J'accepte la mission. L'Équipe Sept se rend immédiatement sur les lieux.

Sur ce elle salua et tourna les talons, ses coéquipiers s'écartant docilement de son passage pour la laisser faire une sortie digne de ce nom avant de se lancer à sa suite, Kakashi fermant la marche. Cela ne l'empêcha pas d'entendre les deux Tokubetsu Jônin rire gentiment, et avant qu'ils ferment la porte, elle put comprendre ce que Genma marmonnait :

— J'ai tellement hâte de raconter ça à Kurenai.

L'ombre rose sur ses joues vira à un rouge soutenu, mais elle ne montra pas le moindre signe de faiblesse. Elle se sentait vraiment, véritablement honorée par l'attribution de cette mission, par le fait que c'était à elle de diriger les opérations, et en même temps, l'importance de cet évènement l'intimidait, l'effrayait. C'était sa première mission en tant que dirigeante d'unité, et du succès de celle-ci dépendait très probablement sa carrière. Si elle réussissait, tout irait bien, mais si son équipe échouait ? Même pour une simple mission de rang C, un échec en tant que dirigeante conduirait les ninjas supérieurs à ne plus lui confier un poste de décision avant un long moment.

L'équipe arriva quelques minutes plus tard à peine devant la classe dont ils étaient censés s'occuper – l'avantage, le seul, à avoir toutes les institutions importantes regroupées dans un seul gigantesque bâtiment. Hitomi prit le temps de corriger sa posture, d'émaner une assurance tranquille qu'elle était à cet instant loin de ressentir, et entra la première. Elle entendit les enfants se calmer immédiatement, comme sa classe l'avait fait ce qui semblait être une éternité plus tôt.

— Bonjour ! Yûko-sensei est malade aujourd'hui et ne saura assurer ses cours. Nous sommes ici pour la remplacer. On ne va pas vous donner cours, mais nous sommes des ninjas diplômés depuis peu, donc si vous avez des questions, nous vous répondrons. Les autres, faites ce que vous voulez, tant que vous restez calmes.

Elle laissa quelques secondes passer, le temps que l'information soit bien comprise des élèves, comme elle avait vu Iruka le faire, puis continua :

— Je m'appelle Hitomi Yûhi. Le blond à ma droite est Naruto Uzumaki-Yûhi, et à ma gauche, Sasuke Uchiha. L'adulte caché derrière son livre est Kakashi Hatake. Nous sommes des Genin, et lui, un Jônin-sensei, comme ceux qui prendront la direction de vos équipes quand vous serez diplômés.

Les élèves prononcèrent tous à peu près en même temps leurs salutations, puis la première question fusa, posée par une jeune Akimichi :

— Qu'est-ce que ça fait, de faire partie d'une équipe ?

— C'est génial, tu peux le croire ! s'exclama Naruto.

— C'est parfois surprenant, tempéra Sasuke.

— C'est comme une extension de votre famille, compléta Hitomi. Enfin, Sasuke et Naruto sont mes frères adoptifs, mais le fait d'être une équipe nous a beaucoup rapprochés. Pendant les entraînements, il est plus facile de progresser quand on est motivés par l'idée de pouvoir protéger nos coéquipers. Et quand l'entraînement devient difficile, parce qu'on a faim, parce qu'on est fatigués, parce qu'on a l'impression de ne plus progresser… Les autres sont là pour nous remonter le moral, nous soutenir, s'assurer que nous ne restons pas derrière. Pour moi, c'est cela, faire partie d'une équipe.

Le silence qui se posa sur la classe quand elle eut terminé son explication ne faisait que mettre en valeur la douceur et l'affection qui avaient joué dans sa voix. Elle échangea avec ses frères des regards lourds de sens tandis qu'ils ajustaient subtilement leurs positions pour que leurs chaleurs corporelles effleurent la sienne. Elle sourit, une expression tendre, discrète, refusant de ressentir de la honte à l'idée de montrer cet exemple aux aspirants. On leur expliquait toujours que les ninjas devaient pouvoir faire taire leurs émotions, se montrer impassibles, refroidir leur cœur. Elle n'était pas d'accord.

À ses yeux, on ne se battait jamais mieux qu'animé par un sentiment, peu importait lequel. Qu'il s'agisse de colère, d'un désir de vengeance, d'un instinct protecteur, de loyauté, de courage ou d'amour, les émotions étaient un moteur, une énergie secrète et infinie qui la relevait encore et encore quand même Kakashi-sensei pensait la pousser trop loin à l'entraînement. Plus d'une fois Ensui avait posé sa main sur le bras du professeur pour l'arrêter quand il tentait de mettre fin à l'exercice en cours. Le plus craint des Nara connaissait mieux Hitomi qu'aucun de ses mentors à ce jour, et savait que le concept de limite ne faisait que lui procurer un défi à surmonter.

— Est-ce que vous vous êtes déjà battus contre des ninjas étrangers ?

La question émanait d'un garçon qui n'avait pas l'air affilié à un clan en particulier, assis au dernier rang. Toute la classe montra un intérêt très vif à sa question et les regards de Sasuke et Naruto enjoignirent Hitomi à se charger de la réponse.

— Non, nous n'avons pas encore eu de mission qui nous fasse sortir du village. Moi, j'ai déjà affronté des ninjas de Sunagakure, mais c'était seulement pour s'entraîner.

— Comment sont les ninjas à Sunagakure ?

— Je pense… Je pense qu'ils sont un peu comme nous. Ils veulent protéger leur village, leurs familles, leurs secrets, et sont prêts comme nous à offrir leur vie pour ce but. Ce ne sont pas des véritables différences qui nous ont opposées par le passé, mais des conflits, et vous devrez comprendre la nuance entre ces deux notions avant d'obtenir votre bandeau frontal.

L'interrogatoire continua pendant une bonne heure. Quand elle n'était pas occupée à répondre, Hitomi observait ses compagnons avec attention : Naruto rayonnait à chaque fois qu'il prenait la parole et, si Sasuke ne montrait pas une telle joie quand c'était son tour de parler, il appréciait clairement ce dialogue avec les élèves. La jeune fille était toujours surprise et attendrie quand elle pouvait voir le dernier des Uchiha interagir avec des enfants : c'était parfois arrivé depuis qu'ils vivaient juste à côté de chez Shikaku, au cœur des terres du clan, et à chaque fois, il était parfaitement à l'aise, attentionné, délicat, un discret sourire gagnant sa place sur ses lèvres.

— Vous pouvez nous montrer une technique ninja ?

En une seconde, Hitomi entrevit ce qu'il se passerait si Sasuke utilisait son ninjutsu Katon ou si Naruto noyait la classe de clones, et décida d'intervenir :

— Je vais le faire. Observez bien…

Elle s'entailla le bout du pouce sur le tranchant de son sabre en le dégainant à peine puis fit courir ses mains à travers les mudras nécessaires, avant de plaquer sa main au sol. Quand le nuage de fumée se dissipa, Kurokumo seul se trouvait là, l'air un peu surpris d'avoir été invoqué sans ses compagnons.

— Oh, salut Invocatrice ! Tu avais besoin de moi ?

— Je voulais juste te présenter à ces futurs ninjas. Les enfants, voici Kurokumo, l'un des chats géants avec lesquels j'ai signé un contrat d'invocation. Ils m'aident au combat et avec certaines missions pour lesquelles leurs compétences peuvent être utiles, mais avant d'être des soldats sous mes ordres, ils sont mes amis, mes camarades, tout autant que des ninjas de Konoha. Il existe énormément de contrats d'invocation dans le monde, et il est probable que plusieurs d'entre vous en signent un, un jour. Si c'est le cas, rappelez-vous que les créatures que vous invoquez ont elles aussi une identité, une personnalité, et que vous ne pouvez pas les traiter comme de simples armes.

Sans attendre qu'elle ait fini de parler, Kurokumo avait sauté sur la première rangée de bancs et, malgré sa grande taille, s'amusait à déambuler entre les affaires des élèves sans déranger le moindre objet. Il aimait manifestement être, pour une fois, le centre de l'attention. Dans le groupe, il était toujours un peu occulté par la personnalité dirigeante d'Hoshihi et la sociabilité d'Haîro. Hitomi avait bien choisi en l'invoquant lui.

Le reste de la mission se déroula sans le moindre à-coup. Hitomi admit secrètement son soulagement quand elle guida son équipe vers le troisième étage de la Tour pour y recevoir la récompense de la mission. Il s'agissait d'un paiement dans la tranche basse de ce qu'une mission de rang C pouvait rapporter, puisque ni combat ni sortie du village n'était impliqués, mais même comme ça, la rentrée d'argent était confortable.

La journée était encore loin d'être finie, si bien que les trois enfants et leur sensei se dirigèrent tout naturellement vers leur terrain d'entraînement. Ensui les y attendait, assis dans l'ombre d'un arbre. Ses mains, parfaitement immobiles, formaient la mudra du Rat, et ses yeux étaient fermés, tout son visage figé dans une expression de paisible concentration. Autour de lui, l'ombre ondulait paisiblement, se décollant lentement du sol pour prendre la forme d'un cerf. Toujours sous le contrôle rigoureux du Jônin, l'animal fit quelques pas autour de l'arbre avant de retomber en deux dimensions sur le sol, et Ensui rouvrit les yeux.

— Nouvelle technique, Shishou ?

— Hm… J'essaye d'inventer une technique qui pourrait être utilisée avec des réserves de chakra plutôt petites mais un très bon contrôle.

— Pour Shikamaru ?

— C'est son anniversaire dans deux mois et je crois que Shikaku aura ma tête au bout d'une pique si j'offre encore un plateau de shôgi à son gamin.

Après quelques échanges légers, l'entraînement commença pour les Genin. Ensui et Kakashi avaient décidé qu'il était temps pour l'équipe de concevoir des stratégies de combat adaptées à leurs forces et faiblesses. Puisque les invocations d'Hitomi étaient un atout au même titre que leurs techniques ou leurs compétences en kenjutsu, les chats ninjas participaient toujours à ces sessions. L'invocatrice avait également décidé, en parallèle, de travailler avec eux les différents moyens de communication non-verbale à leur disposition.

Hoshihi avait eu une brutale poussée de croissance et, si elle ne s'arrêtait pas, Hitomi pourrait bientôt le chevaucher comme elle avait vu certains Inuzuka le faire avec leurs chiens. Ce serait une évolution intéressante pour leur travail d'équipe, un changement à anticiper comme chaque possibilité nouvelle qui se présenterait à eux au fur et à mesure de leur évolution, à chaque nouveau progrès et étincelle de maturité qu'ils gagneraient.

Quand le soleil commença à disparaître derrière la ligne d'horizon, Kakashi accorda un repos bien mérité à son équipe. Chacun des Genin était sale et épuisé, mais les mêmes sourires rayonnants se trouvaient sur leurs visages. Celui d'Hitomi s'adoucit d'une touche de tendresse quand elle remarqua Hinata qui l'attendait près de la porte du terrain d'entraînement. Sans la moindre hésitation, la jeune fille prit sa petite amie dans ses bras et l'embrassa, ses doigts glissant déjà entre les longues mèches violet sombre de ses cheveux.

— Ca te dit d'aller manger quelque part ce soir ? murmura-t-elle dans le creux de son oreille. Je t'invite.

Après tout, qui avait décidé qu'elle devait utiliser tout l'argent qu'elle recevait de ses missions pour ses créations ? Cela faisait deux bonnes semaines qu'elle mourait d'envie d'inviter Hinata au restaurant, d'avoir un vrai rencard avec elle. Sa petite-amie le méritait, sans le moindre doute. Elle méritait tout ce que la jeune Yûhi avec de meilleur et de plus doux à lui offrir.

Et le meilleur et le plus doux, Hinata l'obtint. Plus tard ce soir-là, vêtue d'une robe d'été noire ornée d'orchidées rose pâle, Hitomi vint la chercher à l'entrée des Terres Hyûga – en prétendant que c'était pour aller voir un film pour ne pas choquer les pauvres membres de son clan – puis l'emmena dans un restaurant sur les terres des Akimichi. Via Shikaku, elle avait pu obtenir une réservation quand bien même il fallait généralement s'y prendre des semaines à l'avance.

La soirée se finit dans un parc entre les terres des Akimichi et des Nara. Le ciel était merveilleusement clair, et Hinata semblait fascinée par les étoiles. Assises sur un banc, les deux jeunes filles étaient blotties l'une contre l'autre, la tête d'Hitomi sur l'épaule de sa petite-amie. Elle pouvait sentir son discret parfum, et frissonnait tandis que le bout des doigts de la jeune Hyûga dansaient sur la peau sensible de son cou. Elle aurait souhaité que cet instant dure pour toujours.

Au bout d'une petite heure, passée à échanger des baisers et tendresses murmurées au creux de l'oreille, les deux jeunes filles délaissèrent leur petit coin de secret et de paradis pour rentrer. Alors qu'elle se levait du banc, Hitomi eut l'impression de sentir un léger tiraillement sur ses méridiens, mais quand elle regarda dans la direction dont était venue la sensation, même en s'ouvrant à la cage qui trônait au centre de sa Bibliothèque, elle ne remarqua rien de particulier. Elle resta un instant tendue et immobile mais, quand rien ne se passa, elle entrelaça ses doigts à ceux d'Hinata et la guida jusqu'à la sortie du parc.

Le couple prit son temps sur le chemin du retour, mais bien vite elles furent trop près des terres Hyûga pour pouvoir se permettre une quelconque proximité. Hitomi raccompagna Hinata jusqu'à la porte gardée par un Chûnin du clan et lui fit un simple signe de la main pour lui dire au revoir, bien consciente du regard méprisant que l'homme posait sur elle. Malgré cette fin en demi-teinte, elle avait passé une soirée merveilleuse, dont le simple souvenir la plongeait dans un état de contentement profond. Une fois rentrée chez elle, elle s'endormit le sourire aux lèvres, le fantôme du parfum d'Hinata la guidant vers le monde des rêves.

— Hitomi, descends !

L'appel de sa mère tira la jeune fille de son sommeil d'un seul coup. Agissant plus par réflexe qu'autre chose, elle sortit du lit d'un bond, croisa Naruto et Sasuke devant leurs chambres respectives et dévala les escaliers à toutes jambes, ses pieds nus claquant contre le bois soigneusement verni. Ses yeux s'écarquillèrent de surprise quand elle aperçut Hinata dans les bras de sa mère, mais l'inquiétude prit très vite le pas ; sa petite-amie pleurait, ses frêles épaules secouées de sanglots dont le bruit étranglé lui parvenait aux oreilles.

— Qu'est-ce… Qu'est-ce qui se passe ? Hinata ?

— C'est mon père…

Sans prendre la peine de demander la permission, la jeune fille prit Hinata des bras de sa mère pour la serrer dans les siens, son étreinte devenant aussitôt berceuse.

— Explique-moi.

— Il… Un des membres de la Bunke nous a vues hier soir… Il l'a dit à Père, et il m'a… Il m'a promis que si je n'arrêtais pas immédiatement ces déviances, il scellerait mon Byakugan.

Une colère glacée envahit le corps d'Hitomi. L'aura meurtrière se forma lentement sur sa peau, épaississant l'air, mais sous son épiderme, elle sentait comme un tiraillement de mauvais augure, qu'il lui fallut repousser pour avoir à nouveau les idées claires. Des larmes amères lui montèrent aux yeux, sa décision prise en un instant. Elle s'offrit le luxe d'une étreinte, inspirant à pleins poumons l'odeur d'Hinata, ses mains sur sa nuque, ses épaules, ses hanches. Son regard croisa celui de Kurenai. La mère et la fille étaient toutes les deux, sans le moindre doute, parvenues à une conclusion similaire.

— Tu n'es pas prête à le défier, pas vrai, Hinata ?

— Mais je… Je…

— Je sais, Hinata. Moi aussi. Mais je ne peux pas… Je ne peux pas me mettre entre ta famille et toi. Je ne peux pas te forcer à faire ce choix.

Elles pleuraient toutes les deux à présent, le regard lilas perdu dans une mer rouge sombre. Hitomi souffrait et damnait mille fois ce coincé d'Hiashi pour ce qu'il la forçait à faire. Il avait gagné, bien entendu. Il avait émis une menace à laquelle elle ne pouvait répondre que d'une seule manière.

— Je ne veux pas…

— Mon non plus, Hinata. Mais on n'a pas le choix, pas vrai ? Peut-être… Peut-être plus tard, dans quelques années, quand nous serons plus fortes, on pourrait… Mais ça ne sert à rien de tirer des plans sur la comète. C'est fini, il a gagné.

— Je suis tellement, tellement désolée, Hitomi…

— Ce n'est pas ta faute. Tu es une victime de ses machinations, pas une coupable. Et puis, ça ne va pas nous empêcher d'être amies, pas vrai ? Je serai toujours là pour toi, tu le sais.

Sur ces mots, le cœur d'Hitomi se ferma aux sentiments qui avaient commencé à grandir en elle jusque là. Seule la colère demeura, froide, patiente, implacable. Un jour, Hiashi verrait les conséquences de son choix d'aujourd'hui. Pour l'instant, elle n'était qu'une Genin, insignifiante, dispensable, mais un jour… Oui, un jour, elle lui ferait payer la douleur qu'il infligeait à sa propre fille.