Coucou ! Désolée pour jeudi, j'étais en déplacement et mon PC pour les cours refuse totalement de faire des copier/coller donc pour poster c'était impossible :c J'espère que ce chapitre vous plaira malgré son retard !
Le septième jour depuis leur arrivée au Pays des Vagues, le ciel était incroyablement clair et le soleil se reflétait sur les flaques avec une insolence rieuse. Hitomi était prête, tout comme ses camarades. Elle avait parlé à Kakashi-sensei de sa surveillance de Gatô et gardait Sunaarashi avec elle en tout temps, se tenant ainsi au courant des agissements du tyran. Quand il n'était pas occupé à menacer ou faire chanter des gens, il avait une vie plutôt ennuyeuse.
Cette fois, l'Équipe Sept toute entière se déplaça sur le pont pour veiller sur Tazuna, à l'exception de Naruto, chargé de veiller sur Inari et Tsunami. Après une petite hésitation, Hitomi décida de laisser un de ses clones aqueux avec lui, ainsi qu'Haîro. Elle n'aimait pas disperser ses forces, mais le chat et le garçon s'entendaient vraiment bien, et Naruto pouvait donner des ordres au clone en cas de pépin. Avec la famille de l'architecte aussi protégée que possible, elle se sentait plus sereine.
Même si elle savait ce qui les attendait, une boule d'angoisse et de choc mêlés se forma dans sa gorge quand elle vit le pont juché de corps inertes. Elle se dirigea vers l'homme le plus proche et prit son pouls : il avait seulement été assommé. Les aiguilles qui lui transperçaient le corps étaient sans le moindre doute l'œuvre d'Haku – Naruto lui avait dit avoir rencontré « un garçon encore plus beau qu'une fille » la veille, pendant son entraînement matinal, et ça ne pouvait être que lui.
— Hitomi, crée deux clones aqueux et envoie-les évacuer les civils. Ceci est une diversion, ce qui signifie…
— Que le comité d'accueil est déjà là, termina Sasuke.
Après avoir obéi à son maître, la jeune fille se coupa le bout du pouce et invoqua ses deux autres chats combattants, en essayant de ne pas s'inquiéter pour eux. Kurokumo et Hoshihi lui avaient promis qu'ils seraient prudents, qu'ils partiraient en direction du monde spirituel s'ils étaient blessés, et elle avait décidé de leur faire confiance. Le chat noir et son compagnon roux apparurent dans un nuage blanc, et Sunaarashi les rejoignit aux pieds de leur invocatrice, manifestement prête à en découdre.
Soudain, une nappe de brouillard tomba sur leur petit groupe. Sasuke, Hitomi et Kakashi encadrèrent Tazuna en formation triangulaire, sabres et kunai au clair, dès que le professeur le leur ordonna. Dans le dos d'Hitomi, le jeune Uchiha semblait comme agité de tremblement, mais elle pouvait presque sentir l'anxiété se transformer en jubilation à l'intérieur de lui – peut-être parce qu'il se produisait la même chose à l'intérieur de son propre corps.
— Salut, Kakashi, commença une voix grave et désormais bien connue. Toujours accompagné de ces gamins ? Regarde-les, ils tremblent, les pauvres petits.
Et soudain une dizaine de clones les entouraient, tous terriblement menaçants – pourtant Hitomi n'avait plus peur, elle se sentait même au contraire profondément paisible, comme si rien de grave ne pouvait lui arriver.
— Vas-y, Sasuke ! lança Kakashi-sensei.
Aussitôt le jeune Uchiha bougea, sa silhouette devenant floue dans le brouillard tandis qu'il se ruait sur les clones les uns après les autres pour les retourner à leur état liquide, son sabre ne s'arrêtant pas un instant dans sa danse mortelle. L'eau retomba autour d'eux dans un cercle parfait, surnaturel, et Sasuke reprit sa position de défense.
— Oh, tu es venu à bout de mes clones aqueux ? Tu as fait de sacrés progrès, gamin. Nous voilà face à des ennemis redoutables, pas vrai Haku ?
Même dans l'éloge, la voix du déserteur gardait son intonation moqueuse, mais Hitomi ne se laissa pas distraire par cela. Non, pas alors que pour la première fois, elle entendait pour de vrai le nom du jeune garçon masqué, son identité plantant un clou supplémentaire dans le cercueil de pression et de réalité dans lequel Hitomi s'était enfouie dès le début de cette mission.
— Ainsi donc, Hitomi avait raison, et ce garçon au masque est l'un de tes complices. Au moins, cette fois, ça a le mérite d'être clair.
— Je m'en charge, grommela Sasuke.
Hitomi n'eut pas besoin de lui demander pourquoi. Elle savait l'importance qu'il accordait à l'honnêteté. Elle se contenta de resserrer sa position et celle de ses chats autour de Tazuna pour combler le vide que laissa son frère adoptif en s'avançant vers l'adversaire qu'il s'était désigné. Quant à elle, son regard ne quittait pas Zabuza d'un millimètre. Elle n'avait peut-être pas à sa disposition le Sharingan qui teintait le regard du dernier Uchiha de rouge, mais elle voulait être prête, quand il attaquerait.
Les deux jeunes hommes se heurtèrent dans un bruit de métal. À première vue, Sasuke avait l'avantage avec Shingi to Giri, le sabre qui lui venait de son père, mais Hitomi savait à quel point Haku était rapide, elle savait que ça ne durerait pas. Elle ne pouvait empêcher une vague de crainte de l'envahir, même si elle savait que Haku répugnait à tuer et chercherait plutôt à assommer, à neutraliser.
— Hitomi ! Laisse Kurokumo et Sunaarashi pour protéger Tazuna. Toi et moi nous occupons de Zabuza. Tu te contenteras de te charger du soutien, sauf si tu ne peux pas faire autrement, c'est clair ?
— Oui, sensei !
Hoshihi la suivant comme une ombre de feu, la jeune fille s'avança vers le déserteur. La douce chaleur de l'adrénaline la débarrassait de ses peurs, les faisant glisser le long de ses épaules jusqu'à ses pieds comme s'il s'agissait d'un manteau dont elle souhaitait se défaire. Elle se sentait calme, concentrée, et dans son regard carmin se lisait une force, une intensité qui ne s'y était peut-être pas trouvée quelques jours plus tôt. Elle savait ce qui allait se produire, et tout irait bien. Elle se raccrochait à cette réalité comme on enlace un amant, la laissant calmer les battements de son cœur et chanter la mélodie des batailles sous sa peau.
— Tu ne peux pas te passer de tes gamins, hein, Kakashi ? Tu as peur d'être incapable de me vaincre sans eux ?
— Aaah, tu as tout faux, Zabuza. Vois-tu, Sasuke est le meilleur Genin de Konoha, suivi de près par Hitomi. Et puis bien sûr, il y a Naruto, qui est tellement imprévisible que ça en devient une force… Tout ça pour dire que non, je n'ai pas besoin de leur aide. Je pense juste que t'affronter sera un bon exercice pour eux.
Le déserteur semblait un peu offensé par les paroles de Kakashi, et Hitomi comprenait parfaitement. Elle aussi se serait sentie insultée si elle avait été Jônin et qu'un ennemi avait prétendu se servir d'elle comme sac de frappe pour ses Genin. Elle piaffa nerveusement, resserra sa prise sur la garde de son tantô et attendit que Kakashi-sensei prenne l'initiation. Cela se produisit en un éclair, dans le bruit de l'acier contre l'acier, le kunai de son professeur contre l'épée monstrueuse de Zabuza. Elle devait rester concentrée sur son objectif. Tout en parant comme si c'était incroyablement facile, Zabuza se mit à rire.
— Ah, tu entends ça, Haku ? Ces gamins sont très forts.
— Oui… Il faut qu'on se méfie d'eux.
Et soudain, il réalisa une mudra qui transforma l'eau en glace, et Hitomi ne put s'empêcher un élan distrait qui lui aurait coûté la vie si Hoshihi n'avait pas sauté sur le bras du déserteur pour dévier le coup d'épée qui l'aurait décapitée. La lame passa en sifflant au-dessus de sa tête, emportant quelques cheveux avec elle.
— Bon sang ! s'exclama Kakashi.
Il se rua en direction de l'autre combat, Hitomi contrainte de suivre, mais Zabuza les intercepta et leur bloqua le passage, son sourire sardonique parfaitement perceptible au travers des bandages qui lui cachaient le bas du village. Hitomi grogna de rage, l'aura meurtrière se formant par réflexe sur sa peau comme une nouvelle forme de brouillard, invisible mais toxique.
— Pas si vite, vous deux. C'est moi votre adversaire.
Sasuke hurla dans la cage de miroirs et l'anxiété d'Hitomi revint la frapper de plein fouet. En réponse, au-delà de l'aura meurtrière qui n'avait jamais été aussi intense autour d'elle, une voix douce, envoûtante et cruelle se mit à murmurer et tirailler sous son épiderme, toute de soif de sang et de promesses de massacres. Les pupilles contractées à l'extrême au centre de ses prunelles rouge sombre, Hitomi força la voix à battre en retraite pour mieux se concentrer sur le combat. Elle ne pouvait pas faillir.
— Allons, réfléchis bien, Kakashi. Si tu vas aider ton petit élève, je massacrerai l'autre et m'occuperai ensuite de Tazuna, mais tu ne peux pas la laisser partir toute seule si tu ne veux pas qu'elle soit prise au piège à son tour.
La jeune fille put presque voir son sensei renoncer à l'aide qu'il aurait voulu apporter à Sasuke. Comme elle, il priait pour que le jeune Uchiha s'en sorte seul, pour que cela suffise. La rixe reprit entre Zabuza et eux, et Hitomi profita d'une occasion pour jeter un kunai en direction d'Haku dans l'espoir de le distraire. Elle ne fut pas surprise qu'il esquive, mais le nuage de fumée qui apparut devant les miroirs, lui, parvint à l'étonner… Jusqu'à ce qu'elle comprenne qu'il s'agissait de Naruto, Haîro sur ses talons. Avec un sourire attendri, elle laissa le garçon vanter ses mérites comme il l'entendait tandis que son chat la rejoignait, jusqu'à ce qu'il entre dans le cercle de miroirs et que Sasuke et lui commencent à se disputer.
— Les garçons, ça suffit ! s'exclama-t-elle d'une voix claire et presque légère. Concentrez-vous sur le combat en cours, vous vous sauterez à la figure plus tard.
Ils obéirent instantanément à sa voix sévère et elle put sentir l'approbation de Kakashi, à ses côtés. Ils pouvaient désormais se concentrer sur Zabuza et lui rendre la monnaie de sa fichue pièce.
— Dis-moi, commença Kakashi, où est-ce que tu as ramassé ce garçon ? Les clans de Kirigakure n'ont-ils pas tous été massacrés ?
— Ah ! Ca n'a pas été facile, tu peux le croire. Il a survécu à l'un de ces massacres et mendiait dans la rue comme un chien. J'ai attendu de le voir tuer un autre mendiant pour un bout de pain avant de le prendre avec moi, je voulais être sûr de ce qu'il avait dans le ventre.
Pendant un instant, Hitomi se sentit immensément triste pour Haku, qui avait dû avoir le cœur brisé de voler la vie de quelqu'un. Puis Naruto cria de douleur et un peu de ce sentiment se dissolut au fond d'elle. Elle para un coup de Zabuza dans sa direction et s'effaça du passage de sa grande épée, répliquant par un coup de pied qui manqua totalement sa cible. Elle se demanda s'il avait eu un bleu, là où elle l'avait frappé lors de leur dernière rencontre. Une part d'elle, la plus féroce, l'espérait.
— Désolé, Zabuza, mais cette fois c'est moi qui n'ai pas de temps à perdre. Je vais en finir avec toi rapidement.
Kakashi entamait le geste de dévoiler son Sharingan quand le déserteur passa à l'attaque. Son épée dans une main et l'un des étranges kunai à un seul tranchant de Kirigakure en main, il se rua sur le professeur et lui transperça la main si profondément que la lame émit un petit tintement en se heurtant à la plaque de métal du gant du Ninja Copieur, de l'autre côté. Cela devait faire un mal de chien, pourtant Kakashi ne montra pas le moindre signe de douleur.
— Eh bien, pas très pressé de revoir le Sharingan ?
— Hmph. Tu devrais savoir qu'un ninja utilise son meilleur atout avec parcimonie.
— Tu devrais t'estimer heureux ! Tu es le premier de mes ennemis à le voir deux fois. Bien entendu, il n'y en aura pas de troisième.
— Ah, mon pauvre… Même si tu me bats, tu ne pourras pas vaincre Haku. Je lui ai tout appris, je l'ai modelé comme un forgeron modèle son épée, jusqu'à faire de lui l'arme parfaite. Ses techniques surpassent même les miennes, grâce à son Kekkei Genkai ! C'est autre chose que ces loques que tu trimballes avec toi.
Encore une fois, Hitomi laissa glisser l'insulte. Il n'avait pas tort, au fond, quand il disait qu'Haku était plus puissant qu'eux. Le fait d'avoir déjà tué avait dû l'endurcir, et ses techniques de glace étaient terribles. Mais la jeune Yûhi n'était pas à négliger pour autant, et elle était assez lucide pour connaître intimement ses forces et faiblesses. Elle frémit en sentant le Sharingan entrer en action.
— Tu fais une erreur, reprit Zabuza, en me montrant à nouveau ton précieux œil. Comme tu disais la dernière fois, « tu ne m'auras pas deux fois avec la même technique » !
Soudain le brouillard s'épaissit et Zabuza se fondit en lui. Hitomi ferma les yeux un instant, juste le temps de concentrer son chakra dans son nez et ses oreilles. Quand elle rentrerait, elle demanderait à Kakashi un entraînement pour développer ses sens, parce qu'elle se sentait terriblement vulnérable comme ça. Elle avait besoin de s'améliorer. Elle bougea, ses réflexes prenant le pas sur sa conscience, et cinq shuriken tombèrent à ses pieds, chacun paré par la lame de son tantô. Elle vit une ombre dans le brouillard, puis entendit de multiples chocs, métal contre métal, qui l'informèrent du fait que Kakashi venait de subir un assaut similaire.
Elle se souvenait de ce qui venait ensuite, et le cri d'alarme de Kurokumo lui donna l'impulsion dont elle avait besoin bien avant que Kakashi comprenne la prochaine action de Zabuza. Déjà elle se dressait entre Tazuna et la lame du déserteur, et une ligne de feu et de sang barra son buste de la hanche droite à l'épaule gauche. Si Hoshihi n'avait pas freiné le déserteur en le mordant aussi fort que possible à l'arrière du genou, elle serait morte éventrée, mais elle avait eu de la chance : la blessure était impressionnante, mais peu profonde. Cela ne l'empêchait pas de faire mal, vraiment, une brûlure qui s'éveilla dans le corps d'Hitomi et se répandit au moindre de ses nerfs. La pression et le murmure sous sa peau s'agitèrent en réponse, arrêtés à la dernière minute par un sursaut de sa volonté.
— Hitomi !
Kakashi venait d'arriver, trop tard. La respiration de la jeune fille était lourde, laborieuse, jusqu'à ce qu'elle contraigne la douleur à reculer dans un recoin sombre de sa Bibliothèque, ignorant la sensation du sang qui roulait sur sa peau jusqu'à atteindre la ceinture de son kimono. Elle serra les dents et attaqua à l'aide de son tantô, forçant le déserteur à parer et reculer. Hoshihi repartit à l'assaut, tandis que Tazuna et Kurokumo reculaient hors de portée.
— Je vais bien, Kakashi-sensei. J'ai un plan, suivez-moi ! Haîro, Hoshihi, vous savez quoi faire !
C'était une manœuvre qu'ils avaient répétée des centaines de fois, souvent sur le pauvre Ensui qui détestait servir de mannequin d'entraînement. Hitomi avait évoqué la possibilité de s'en servir contre l'épéiste, car elle fonctionnait particulièrement bien sur les adversaires plus grands et plus lourds, comme lui. Ignorant la douleur comme si elle n'était qu'une chimère, elle dansait autour de Zabuza, Hoshihi, Kakashi et elle le forçant à parer de tous côtés, tout en suivant de près l'endroit où se trouvait Haîro. Dès qu'elle le sentit en place, elle se glissa sous l'épée du déserteur, plus fluide que l'eau qui roulait loin, loin sous le pont, et lui heurta le torse de plein fouet d'une main ouverte renforcée de chakra, répandant son sang sur la peau nue. Pris de court, il ne parvint pas à arrêter l'élan qu'elle venait de lui causer et fit quelques pas en arrière, trébuchant sur Haîro qui attendait derrière ses jambes.
Ainsi le grand épéiste tomba, et avant même qu'il se soit remis de sa surprise, Hitomi était assise sur son torse, son épée sur sa gorge, tandis qu'Hoshihi mordait la main crispée sur la garde de sa lame jusqu'au sang pour l'empêcher de s'en servir, sa lourde patte rousse lui immobilisant l'épaule. La jeune fille tremblait, faible, le souffle court, et pourtant elle continuait de lutter pour garder le nukkenin dans cette position, ses genoux noueux enfoncés dans ses côtes. Bien vite, Kakashi vint l'aider en posant son pied sur le ventre de leur ennemi, sa force de Jônin achevant de le clouer au sol. Les deux hommes avaient l'air aussi abasourdis l'un que l'autre, et Hitomi devait admettre qu'elle-même était surprise que ça avait marché. Elle s'attendait à ce qu'il esquive, mais maintenant elle allait être obligée de…
— Enlève-toi de là, Hitomi. Il ne bougera pas. Je me charge de l'achever.
À contrecoeur, la jeune fille commença à obéir, mais s'interrompit en entendant la voix de Sunaarashi, claire et ferme dans le brouillard.
— Gatô approche, comme tu l'avais dit ! Il a prévu de tuer Zabuza pour ne pas le payer et a emmené une petite armée avec lui.
Cela figea totalement le tableau tout autour d'eux. Pendant une seconde, Hitomi eut envie de s'effondrer pour pleurer de soulagement, mais elle résista à cette impulsion, préférant se relever lentement, son sabre toujours pointé vers Zabuza au cas où il tenterait de l'attaquer.
— C'est… C'est un mensonge, grommela l'homme.
— Qu'est-ce que mon chat gagnerait à mentir ? répondit-elle d'un ton dur. Je m'attendais à ce genre de choses. J'ai entendu des murmures en ville, quand j'accompagnais la fille de Tazuna, et j'ai décidé d'envoyer l'un de mes chats en filature. Il n'aurait aucune raison de me mentir.
— Et tu as des preuves à me donner, gamine ?
À cela, Hitomi réfléchit un instant, puis un sourire lent, redoutable, sans doute vaguement cruel, se dessina sur ses traits.
— En fait, je crois que j'ai exactement ce que vous voulez, Zabuza-san. Kakashi-sensei, est-ce que votre genjutsu est bon ?
— Plutôt, pourqu… Oh, je vois. Je m'en occupe.
Cette fois, le sourire se fit rayonnant, presqu'à la hauteur de celui de Naruto, parce qu'elle avait réussi, que ni Zabuza ni Haku ne traverseraient le destin qui avaient été le leur dans le canon, à moins que quelque chose tourne horriblement mal. Tandis que le bourdonnement d'un sort de genjutsu les entourait, elle garda le déserteur sous sa garde et ses chats firent de même, même si Hoshihi avait cessé d'enfoncer ses crocs dans la main qui tenait l'épée.
Quelques minutes plus tard, plongé dans l'illusion qui montrait la défaite de Zabuza, ses deux bras pendant inutiles le long de ses flancs, Gatô déboula sur le pont, sa troupe de mercenaires sur les talons, et commença à se gausser de l'épéiste, se vantant du plan qu'il avait mis en place pour ne pas avoir à le payer. Toujours couvert par le sort, Zabuza échangea un regard avec Kakashi et prit la parole d'une voix remplie d'une colère sourde :
— Tu peux me laisser me relever et rappeler tes boules de poils, gamine. Nous ne sommes plus ennemis. Haku !
Comme s'il avait tout entendu – et c'était sans doute le cas, il n'était pas un génie pour rien – leur autre adversaire mit fin à sa technique des Miroirs de Glace, révélant Sasuke et Naruto, dos l'un à l'autre, leurs épées dressées devant eux comme des boucliers. Ils étaient blessés, tous les deux, mais rien de dramatique, et même d'ici, Hitomi pouvait voir que les Sharingans de son frère adoptif comportaient désormais deux tomoes chacun.
— Zabuza-sama, vos ordres ?
— On ne s'en sort pas impunément après m'avoir tendu un piège. Gatô est mort, et son menu fretin avec. Kakashi, gamine, je peux compter sur votre aide ?
Prise de court, la jeune fille regarda son sensei avant de répondre. Quand il hocha la tête, elle prit la parole :
— Bien sûr. Mais Naruto et Sasuke vont vouloir participer aussi, j'en suis certaine.
Les deux jeunes hommes venaient d'arriver près d'elle. Ils avaient l'air absolument furieux, comme s'ils avaient entendu toute la conversation – pouvait-on entendre à travers ces Miroirs ? – mais ils étaient en bonne santé, et c'était tout ce qui comptait. Hitomi, quant à elle, commençait à se sentir faiblir. Elle renforça ses membres de chakra, encore suffisant à ce stade pour faire fuir la fatigue de ses membres. Après leur avoir fait signe de se tenir prêts, Kakashi brisa l'illusion.
— Tu es mort, Gâto ! hurla Zabuza en fonçant épée la première vers un tyran éberlué.
Des mercenaires prirent aussitôt place entre sa proie et lui, et ce fut le moment que les ninjas de Konoha choisirent pour se glisser dans la bataille. Le sang d'Hitomi chantait dans ses oreilles, la voix murmurait plus tendrement que jamais ses promesses de mort et d'agonie, mais elle lui résistait dignement, son sabre frappant et parant encore et encore. Par deux fois, ses chats la sauvèrent en détournant une attaque qui l'aurait tuée – malgré tout, elle avait perdu du sang, et commençait à venir au bout de sa résistance. À un moment, ce fut même Haku qui la sauva en transperçant d'un éclat de glace le torse d'un homme qui se jetait sur elle. Après un instant de sidération, elle le remercia d'un signe de tête et repartit au combat.
Cela arriva en un éclair, celui de sa lame sur une gorge exposée, et l'éclat froid jeté par le soleil sur le sang qui soudain lui éclaboussa le visage. Les yeux écarquillés d'incompréhension, elle regarda l'homme s'effondrer à ses pieds, le goût de sa vie ruisselant sur ses lèvres, ses joues, entre ses cils et dans ses yeux. Elle venait de prendre une vie, elle-même, de sa propre main, sans l'intermédiaire de l'une de ses invocations. Une meurtrière.
Pendant une seule toute petite seconde, la voix qui lui murmurait de si terribles serments à l'oreille prit le dessus, refoula les remords qui l'étouffaient soudain, les brûlant jusqu'à ce qu'il ne reste que la soif de sang et de violence. Quand elle reprit le dessus, au moins Hitomi n'était-elle plus paralysée par les conséquences de ses actes. Son cœur battait vite dans sa poitrine, ses mouvements étaient brouillons, teintés d'imprécision par la fatigue, mais bien vite tous les hommes se furent écroulés autour d'elle.
Elle leva la tête juste à temps pour voir Zabuza briser la nuque de Gatô d'un tour de bras négligeant, sans effort. C'était fini. Ils avaient… Ils avaient gagné. Elle avait réussi.
Soudain épuisée, elle tomba à genoux au milieu des corps et enfouit son visage dans ses mains pour pleurer son innocence, tuée aussi sûrement qu'elle avait tué son premier homme.
