Coucou ! Je suis sûre que vous attendiez ce chapitre avec autant d'impatience que moi, mais veuillez noter avant votre lecture un TW VIOLENCE GRAPHIQUE qui s'étend tout au long du texte de ce dimanche. À jeudi !
Hitomi aurait pleuré de soulagement en voyant Sasuke, remis de la peur qui l'avait jusque-là pétrifié, se redresser et se ruer à ses côtés. Elle n'avait pas à affronter un Sannin toute seule, et même s'ils n'avaient virtuellement aucune chance, le fait de ne pas dépendre uniquement d'elle-même dans cet enfer était un immense soulagement pour elle. Les yeux de son frère s'attardèrent sur sa joue, puis les prunelles noires virèrent au rouge, percutées de deux tomoes noirs. Il dégaina Shinji to Giri d'un geste sûr et prit position près d'elle.
Ils s'élancèrent d'un même mouvement, la peur oubliée dans la fureur de voir leur compagnon tombé, leur danse mortelle et instinctive plus harmonieuse qu'elle ne l'avait jamais été. Hitomi savait ce que son frère avait en tête et se chargeait de créer des ouvertures pour qu'il puisse lancer ses projectiles, le regardant dérouler des mètres et des mètres de fil pour tendre son piège en plein milieu d'un combat actif, son fouet claquant à chaque fois qu'Orochimaru tentait de s'approcher de lui. L'insistance de la voix dans sa tête hantait ses mouvements et l'écorchait vive, mais elle était terrifiée à l'idée de l'écouter, de s'ouvrir à toutes ses promesses de dévastation.
— Katon : Le Feu du Dragon !
Les câbles ninjas s'enflammèrent aussitôt, courant jusqu'au déserteur pour l'enfermer dans leur étreinte infernale, qui ne fit absolument rien pour éteindre les flammes. Hitomi était à bout de souffle, tout comme Sasuke, les doigts devenus glacés à cause de tout le chakra qu'elle devait utiliser pour bouger avec une telle force, une telle vitesse, et qu'elle n'osait pas relâcher.
— Une telle maîtrise du Sharingan en dépit de ton jeune âge, susurra le déserteur au milieu des braises d'une voix douce. Tu es bien le digne héritier de la lignée des Uchiha… Cela ne fait que confirmer ce que je pensais : je te veux.
Hitomi avait envie de hurler qu'il ne l'aurait pas, jamais, de cracher à son visage qui fondait lentement pour en révéler un deuxième, mais elle savait… Elle savait qu'elle ne pouvait absolument rien faire pour l'arrêter. Elle était trop faible, trop impuissante, même pas digne d'être qualifiée de proie aux yeux de l'homme qui convoitait son frère. Des larmes se mirent à rouler sur ses joues, allumant un feu nouveau de sel et d'agonie sur celle qui était blessée, et elle se rua vers le déserteur en hurlant, son sabre brandi dans une attaque aussi stupide que suicidaire.
Elle ne fit même pas cinq pas, pétrifiée en plein élan par la technique qu'Orochimaru venait d'incanter sans aucune mudra ni énonciation. La différence de pouvoir était terrifiante, son emprise si lourde sur elle qu'elle respiration à peine, le seul mouvement dont elle était capable se concentrant sur les petits allers et retours de son souffle bref et brisé sur ses lèvres. Elle fit flamboyer son chakra à l'intérieur d'elle, tenta de pousser contre les limites qui lui meurtrissaient les membres et l'étouffaient lentement. En vain.
— Tu n'as rien à envier à ton frère, Sasuke-kun. Je vois dans tes yeux un pouvoir encore plus grand que celui d'Itachi.
Malgré la technique qui l'emprisonnait lui aussi, les traits de Sasuke se durcirent.
— Mais qui es-tu à la fin ? hurla-t-il d'une voix si pleine de fureur et de vulnérabilité qu'elle donnait envie à Hitomi de vomir de terreur.
— Je m'appelle Orochimaru. Si tu souhaites me revoir, donne-toi à fond pour passer cet examen. Et crois-moi, tu auras envie de me revoir…
Soudain, la tête du déserteur sembla se décrocher de ses épaules et voler, voler jusqu'au cou mal protégé de Sasuke, s'accrocher comme une sangsue à la peau délicate et fragile. Hitomi perçut un pic brutal de chakra, peut-être aussi malsain et toxique que celui de Kyûbi, puis la tête se retira, laissant Sasuke s'effondrer à genoux en gémissant. Le déserteur s'essuya les lèvres et sourit comme s'il venait de tenir la plus plaisante des conversations. Hitomi n'avait jamais haï quelqu'un aussi fort.
— Tu viendras me trouver, Sasuke, tu viendras à la recherche de pouvoir, je le sais…
Et soudain il disparut dans un tourbillon de feuilles, son emprise se dissipant autour d'Hitomi. Elle se rua vers Sasuke, écarta le col de son manteau de combat du bout des doigts et plissa les lèvres pour étouffer un sanglot quand elle vit la Marque Maudite dans son cou. À genoux, tout le corps tendu de douleur, son frère gémissait, le son grandissant en intensité jusqu'à devenir un hurlement, comme si du feu lui courait dans les veines et dévastait tout sur son passage.
Derrière les arbres, le soleil se coucha, volant à l'univers sa lumière. Hitomi se souvint soudain comme un coup de poing dans le ventre que non, les ennuis n'étaient pas terminés, au contraire. Du bout des doigts, elle trouva l'un des points vitaux le long du cou de Sasuke et appuya, le plongeant de force dans une inconscience où la douleur ne pouvait l'atteindre. Entre ses bras, il s'effondra comme une poupée de chiffon, le front déjà enflammé de fièvre.
Les jambes tremblantes, épuisée et meurtrie comme elle ne l'avait jamais été, Hitomi le laissa là un instant et alla décrocher Naruto de son arbre. Sa peau était si froide que pendant un instant la jeune fille craignit pour sa vie. Soutenant son poids d'un bras, elle glissa une main dans son cou et soupira de soulagement en trouvant un pouls lent mais sûr sous ses doigts. Un pas après l'autre, elle se rapprocha du corps inerte de Sasuke et allongea les deux frères côte à côte.
Alors seulement décida-t-elle de s'occuper d'elle-même. Elle déroula un sceau de stockage et libéra son contenu, trouvant une gourde remplie d'eau et, dans l'une de ses poches, un petit miroir. Elle déchira l'une des manches de son kimono pour nettoyer la plaie sur sa joue, essayant de ne pas vomir de douleur. Quand elle fut parvenue à se débarrasser d'une grosse partie du sang, elle leva le miroir et observa son reflet.
Une partie importante de sa joue droite n'était qu'un amas de chair à vif, de sang et de… D'autre chose. Si elle devait deviner, il s'agissait du venin du serpent qui l'avait blessée à l'origine. Au vu de la forme de ses crochets, la plaie aurait dû être mince et droite, mais si ce poison était un type d'acide, cela expliquait qu'elle se soit étendue. Hitomi devait trouver un moyen d'arrêter le processus avant que la peau de sa joue ne soit totalement percée.
Les mains tremblantes, elle traça un sceau à même le sol, une barrière semi-imperméable qui pouvait héberger un petit feu sans libérer la fumée pour une vingtaine de minutes environ. Cela suffirait. Ses gestes étaient saccadés et approximatifs, mais elle parvint assez vite à enflammer un petit tas de bois sec. Quand le feu eut bien pris, elle s'empara de l'un de ses kunai et le plongea dans les flammes. Le métal se mit bien vite à chauffer, si bien que le tenir devenait compliqué. Elle serra la main autour de la garde, se forçant à faire preuve de détermination. Elle ne pouvait pas faillir, et cette blessure devait être arrêtée avant de devenir vraiment sérieuse.
Elle dut prendre son poignet gauche avec sa main droite pour parvenir à amener la lame brûlante jusqu'à son visage. Quand l'acier toucha sa blessure et se mit à siffler, elle perdit connaissance pendant quelques secondes, la douleur pire que tout ce qu'elle avait jamais ressenti, sa volonté seule la maintenant debout. Elle dut répéter le processus par deux fois, grignotant sur la peau intacte qu'il lui restait pour être sûre de bien brûler tout le poison. Des petits bruits d'animal meurtri franchissaient de temps à autre la porte de ses lèvres – elle aurait été incapable de garder le silence si sa vie en avait dépendu.
Tout d'abord, elle devait abriter Sasuke et Naruto. Elle n'avait pas la moindre idée de l'heure qu'il était, la portion de ciel qu'elle pouvait voir à travers le trou qu'Orochimaru avait creusé dans la forêt était trop petit. Elle ne savait pas quand l'équipe d'Otogakure attaquerait, mais elle devrait être prête à ce moment-là, elle n'avait pas d'autre chose. Ses yeux s'étaient habitués à l'obscurité, lui permettant de repérer un Chêne d'Hashirama, colossal et fier, dont les racines parfois épaisses de plus de deux mètres fourniraient une protection relative, mais peut-être suffisante, avec un peu de chance.
Kakashi ne lui avait jamais tant manqué qu'à cet instant. Il aurait su quoi faire, lui. Peut-être même aurait-il pu protéger Naruto et Sasuke d'Orochimaru. Il en avait la puissance et le talent, et des centaines de techniques que le déserteur ne pouvait pas connaître grâce à son Sharingan. Et même si ça n'avait pas été le cas, il s'en serait mieux sorti qu'elle, avec sa joue gravement brûlée et ses mains qui tremblaient d'épuisement et de terreur. Elle se sentait impuissante, tellement impuissante et inutile aussi. Tout ce qu'elle avait fait, toutes ces planifications, rien n'avait suffi.
Quand ses frères furent protégés de la vue et de potentielles intempéries, elle s'assit un instant, but une longue goulée d'eau à sa gourde, et se releva. Elle n'avait pas le temps ni le droit de se reposer. Le repos était pour les ninjas méritants, ceux qui avaient terminé la mission avec succès. Ce n'était pas son cas, de toute évidence.
Toute la nuit, elle travailla à installer des pièges autour de son petit campement. Elle n'avait ni l'imagination de Naruto ni l'adresse naturelle de Sasuke avec les câbles, mais son cœur était broyé par la haine, un sentiment qui stimulait une part d'elle vicieuse et cruelle. Ces gens qui allaient venir tenter de faire du mal à ses frères ne méritaient pas la plus petite étincelle de pitié, seulement la douleur et la destruction qu'elle leur fournirait sans réserve. Au fond d'elle, la voix qui ne s'était pas tue un instant depuis son réveil murmura son approbation – et de tendres cajoleries.
Ils arrivèrent à l'aube, trois silhouettes découpées à contrejour par le soleil levant, menaçantes et fières comme si l'insigne sur leurs fronts n'avait pas été forgé dans le sang et les larmes. Elle sentit leur présence juste avant de les voir, repéra l'écureuil qui lui fonçait dessus à toute allure. Elle le chassa d'un kunai, priant, priant… Elle ne savait même plus pourquoi. Lentement, elle se leva et fit face à ses adversaires.
— Alors, on veille au lieu de dormir ? fit celui à droite – Zaku, il s'appelait Zaku. Ton tour de garde est terminé. Réveille Sasuke.
— Tiens tiens, les pantins d'Orochimaru. Saviez-vous qu'il était venu nous rendre une petite visite ? À cause de lui, mes deux petits frères sont blessés et inconscients. Dois-je vraiment vous exprimer l'étendue de ma colère ?
Elle vit la surprise sur leurs visages et en profita, plaquant sa main au sol dans une violente décharge de chakra. Aussitôt, un arbre entier explosa à leur gauche, des armes se mirent à voler dans toutes les directions – ils ne pouvaient les éviter toutes. La fille, Kin, se retrouva avec deux entailles croisées sur son épaule gauche. Elle n'avait pas esquivé assez vite, et ces ninjas ne se battaient pas ensemble. S'ils se gênaient dans leurs manœuvres, le plus faible encaissait.
— Salope ! persifla l'ennemie.
Hitomi répliqua avec un sourire cruel qui retroussa légèrement ses lèvres sur ses dents. Elle était dans un état pitoyable, au-delà de toutes les perceptions que son corps pouvait faire de la douleur, l'esprit et le corps en feu, mais elle se vengerait, elle se vengerait sur eux, c'était… Elle devait se le promettre. Sans incantation ni mudras, le Fouet Aqueux apparut dans sa main droite, le chakra modelé par sa volonté pure, tandis qu'elle dégainait son tantô de la gauche.
— Si vous le voulez, vous allez devoir venir le chercher.
— Ça ne me pose aucun problème, fit Dosu d'un air amusé.
Comme si elle n'était qu'un moucheron. Insignifiante. Elle affermit sa volonté, activa un autre piège du bout du pied. Le sol devant eux se fendit en deux et des flammes jaillirent d'un seul coup, d'une couleur bleue peu naturelle. Jamais Hitomi n'avait été aussi reconnaissante pour les connaissances qu'Ensui lui avait enfoncé dans le crâne. Si elle survivait, elle devrait trouver un moyen de le remercier.
Kin se jeta sur elle la première. Elle était plus forte, plus rapide, sans doute trop compétente pour un examen Chûnin, mais c'était ce qu'Orochimaru avait voulu, Hitomi en avait parfaitement conscience. Par petites touches, son ombre s'éveilla et commença à modifier la posture de son adversaire. Elle l'effleurait d'un murmure noir, lui levait très légèrement le bras puis relâchait son emprise, le tout en une demi-seconde à peine, avant de tenter de percer sa garde par la faille ainsi ouverte. Elle aurait peut-être réussi avec un adversaire plus proche de son niveau, mais Kin se contentait de se remettre en place encore et encore, parant son sabre et son fouet comme s'il s'agissait de simples jouets.
Elle dut rouler en arrière pour éviter l'impulsion sonique que Zaku projetait dans sa direction, l'esquive si limite que quelques-uns de ses cheveux furent tranchés au passage. Elle n'aurait pu s'en moquer davantage. Si se raser la tête lui avait permis de survivre… Elle repoussa Kin, qui l'avait suivie, d'un coup de pied et exulta quand cette fois elle toucha sa cible, le sourire féroce de retour sur ses lèvres. Une part sombre et secrète d'elle-même roucoula presque en voyant la grimace de douleur déformer les traits de la kunoichi ennemie. Qu'elle paye.
— Kin, Zaku, on arrête de jouer.
Comme s'ils répondaient à un signal, les trois ninjas se regroupèrent, puis repartirent à l'assaut. Un devant elle, un à droite, un à gauche. Elle ne pouvait en arrêter que deux à la fois, et laisser le troisième la toucher. Résolue, elle tourna le dos à Kin, leva son sabre et son fouet, et…
— La Tornade de Konoha !
Hitomi n'avait jamais cru être aussi stupidement heureuse d'entendre ces mots, ses yeux écarquillés dévorant du regard la silhouette de Lee tandis qu'il heurtait de plein fouet ses adversaires, les forçant à reculer. Il se dressa devant elle, solidement campé sur ses deux jambes, une aura de douce colère se formant autour de lui.
— De quoi tu te mêles ? demanda Dosu.
— Je suis le Resplendissant Fauve de Jade de Konoha, Rock Lee, et vous ne toucherez pas à ma camarade !
Hitomi laissa échapper un sanglot de gratitude pure et tomba à genoux, incapable de tenir debout une seconde de plus. Elle avait consommé tant de chakra durant son combat contre Orochimaru que des frissons, premier avertissement avant un véritable syndrome de manque, agitaient ses membres.
— Merci, Lee, murmura-t-elle d'une voix étranglée, merci…
— Je serai toujours prêt à voler à ton secours en cas de danger.
Elle porta une main à son visage pour essuyer ses larmes et dégager son champ de vision. Dire que dans un autre univers, entre les pages d'une multitude de livres, cette dévotion avait appartenu à quelqu'un d'autre… Elle ne savait quel dieu s'était penchée sur elle pour que Lee lui sourie comme ça, avec une douceur sur laquelle elle n'était pas capable de poser de mots, mais elle était reconnaissante, c'était certain.
Devant eux, les ninjas d'Otogakure se préparèrent à l'attaque, Dosu s'avançant vers eux après avoir lancé son rouleau à Zaku.
— Fais… Fais attention, dit-elle d'une voix tremblante. Les deux garçons utilisent des techniques liées au son, et la fille, des aiguilles. Ils sont beaucoup plus forts que le Genin moyen.
Dosu bondit dans leur direction et Hitomi, trouvant quelque part au fond d'elle une énergie qu'elle aurait juré ne plus posséder, se remit sur pieds. Elle lança kunai, shuriken et senbon en une pluie tenace, salve après salves, forçant leur assaillant à reculer pour tenter son assaut sous un autre angle, encore et encore. Une autre onde sonore de Zaku fendit l'air, la forçant à se plaquer au sol, et Dosu en profita pour attaquer, son bras armé prêt à servir. À mains nues, Lee arracha l'une des racines les plus épaisses de l'arbre Hashirama sous lequel Sasuke et Naruto étaient cachés, s'en servant comme d'un bouclier.
— Tes attaques cachent une technique particulière, pas vrai ? Pas question de les parer de plein fouet ! D'autant que j'ai déjà eu l'occasion de te voir à l'œuvre, avant le premier examen.
Une brutale flamme de chakra déchira l'air – le début de l'enchaînement d'ouverture de la Fleur de Lotus. Kin profita de la confusion pour se jeter à nouveau sur Hitomi, l'impact brutal envoyant un autre genre de feu dans sa joue blessée. Elle enroula son fouet autour du poignet de son adversaire et tira, emportant un peu de peau et de sang dans son sillage. Son autre bras leva le sabre et frappa en direction de la gorge de la kunoichi, espérant en finir rapidement. Malheureusement, l'aînée était trop rapide, tandis qu'Hitomi était trop occupée à parer et esquiver pour parvenir à placer un coup décisif.
Alors que Lee piégeait Dosu dans ses bandages et amorçait sa descente, elle perçut le mouvement de Zaku du coin de l'œil. Laissant Kin planter l'une de ses aiguilles dans son épaule, elle lui attrapa le bras de son autre main pour l'immobiliser, et laissa filer son ombre à toute vitesse vers l'arrière… Trop tard. Il venait de s'agenouiller ; sa technique s'était activée, transformant le sol en éponge et annulant l'impact redoutable qu'aurait dû causer l'assaut de Lee.
La voix se fit plus pressante à son oreille, un baiser de douceur et d'agonie qui l'hypnotisa pendant une seconde. Le temps qu'elle reprenne le contrôle, Lee était tombé à genoux et vomissait, du sang coulant de l'oreille qu'elle pouvait voir. Il ne pouvait pas se battre, pas sans sens de l'équilibre, et Hitomi… Hitomi avait déjà prouvé qu'elle n'était pas de taille contre ces trois-là. D'une bourrade, elle repoussa Kin en direction de Zaku et arracha l'aiguille de son épaule, la laissant tomber à ses pieds.
Dosu et Zaku semblaient se concentrer sur Lee pour l'instant. Ils se vantaient tous les deux de la qualité et de la puissance de leurs techniques, dévoilant bien plus d'informations qu'il n'était prudent au passage. Si Hitomi avait été leur sensei, elle leur aurait scellé la langue, que ça leur serve de leçon – ou peut-être simplement pour ne plus entendre leurs voix, jamais. Une autre attaque cueillit Lee de plein fouet, la voix hurla à l'intérieur d'Hitomi, la suppliant de se laisser faire, de s'ouvrir.
Et elle le fit. Du chakra explosa en vagues terribles tout autour d'elle tandis qu'elle se relevait comme si ses blessures n'existaient plus. Sous sa peau, on distinguait soudain le dessin délicat de ses méridiens, bleu et brillant comme un joyau, comme le Rasengan, comme l'infini, la couleur pure et véritable du chakra. Plus rapide qu'elle ne l'avait jamais été, elle percuta Dosu de plein fouet, disparue dans un tourbillon de couleurs floues et de cris exaltés. Quand elle s'immobilisa enfin, elle était à califourchon sur les épaules de son adversaire et ses doigts étaient plongés dans sa seule orbite visible, rouges de sang.
Sous l'injonction de la voix, elle commença à tirer, tirer, et une force merveilleuse et terrible l'envahit, forçant sur ses méridiens pour tout absorber. La douleur était innommable, pire encore que ce qu'elle avait ressenti quand sa joue était rongée par l'acide. Hitomi l'accueillit comme une vieille amie, l'acceptant sans commune mesure, et rejeta la tête en arrière en un rire qui n'avait plus rien d'humain. Elle renvoya la force dans le corps de l'homme, qui commença à se convulser en hurlant sous elle, ses cris mêlés à la farouche hilarité qui coulait hors de ses lèvres comme une cascade.
Quand elle se releva, les deux autres eurent un mouvement de recul. Ils ne saignaient pas, ni l'un ni l'autre, mais la voix lui promit que ce n'était pas grave, qu'elle pouvait quand même les faire souffrir et mourir, qu'elle avait le pouvoir, tout le pouvoir qu'elle voulait, que c'était à elle, rien qu'à elle. Elle s'élança sur Zaku d'abord, le garçon avec une étincelle perverse dans les yeux, ses ongles traçant un sillon de feu sur sa joue. C'était assez pour la voix, qui lui montra comment tirer pour lui voler toute sa force de vie et renvoyer le feu là où il n'avait rien à faire, jusqu'à l'intérieur de son sang qui commença à bouillir. Il mourut lui aussi en hurlant et se convulsant.
Après cela, la fille qui était la plus faible des trois ne fut pas plus difficile à abattre qu'une pauvre proie terrifiée, et Hitomi se tint debout devant ce carnage, le corps plus gorgé de chakra qu'il ne l'avait jamais été, les yeux voilés par le pouvoir que la voix avait sur elle. Elle étendit ses méridiens comme un appel, à la recherche d'une proie, n'importe laquelle. La chasse n'était pas terminée, tous les ennemis n'étaient pas tombés.
Il apparut devant elle comme un mirage. Shikamaru. Avec ses cheveux en désordre et ses yeux remplis de terreur et d'incompréhension. Hitomi s'agita sous l'emprise que la voix avait sur elle. Son cousin n'était pas une proie. Elle l'aimait. Elle griffa, feula à l'intérieur de son esprit, luttant pour reprendre le contrôle. À l'extérieur, son corps avait commencé à lever les bras et Shikamaru ne faisait rien pour se protéger, ne faisait rien pour se défendre ou pour esquiver. Les ongles maculés de rouge d'Hitomi lui effleurèrent la peau, prêts à faire couler son sang à lui parce que la voix l'avait ordonné.
Un mur de sable se dressa soudain entre Shikamaru et elle. Elle fit volte-face. Gaara. Un autre visage tant aimé. Elle ne voulait pas, elle ne voulait pas… Elle fit un pas vers lui, et encore un autre. Le sable devint un dôme qui se referma sur elle, la plongeant dans le noir. La voix hurla, furieuse, et soudain Hitomi reprit le contrôle comme un élastique qui claque et se brise à force de tension, s'effondrant sur le sol comme une poupée de chiffons.
Elle éclata en sanglots épuisés, le corps en feu du bout des pieds jusqu'à la racine de ses cheveux, ses Portes si gorgées de chakra que le moindre mouvement lui donnait l'impression qu'elle allait exploser. Des ondes de chakra pur émanaient d'elle, lui donnant l'impression que sa peau partait en fumée. Le sable s'effondra d'un coup sur le sol, et avant qu'elle ait pu réagir, Gaara était près d'elle, sa main douce et fraîche lui effleurait le cou. Elle sentit son propre pouls battre contre ses doigts, rapide et désordonné. Elle croisa son regard et ferma les yeux, le massacre auquel elle venait de prendre part dansant devant ses paupières closes. C'était… C'était elle. C'était elle qui avait fait ça.
— Shhh...Ca va aller, Hitomi. C'est terminé.
Elle rit presque, un son entre sanglot et hilarité, devant l'absurdité de ce qu'il lui promettait. Non, ça n'allait pas aller. Ça n'allait pas aller du tout. Elle abritait une monstruosité en elle et n'était manifestement pas capable de lui résister sous la pression, et Sasuke… Et Naruto… Elle se releva d'un bond, ignorant la douleur qui l'embrasa en réponse. Elle avança d'un pas vacillant vers ses frères, un deuxième qui manqua de la faire tomber à nouveau. Seul Gaara, qui glissa son bras autour de son épaule pour la soutenir, l'empêcha de chuter.
— Tu as l'air au bout du rouleau, observa-t-il avec sollicitude. Tu devrais te reposer, on veillera sur toi, mon équipe et celle de Shikamaru.
— Comment…
— Quand on a vu qu'ils étaient les plus proches de nous, on a décidé de les rejoindre pour les aider à collecter leurs rouleaux. C'était facile. Ensuite, on a commencé à vous chercher, mais aucun de nous n'avait de compétences de traqueur. Je suis désolé qu'on ait pris si longtemps, vraiment.
— Tu es là maintenant. C'est ça qui compte. Tu peux m'aider à aller près de Sasuke et Naruto ?
Le jeune homme s'exécuta, un pas après l'autre, jusqu'à ce qu'il puisse l'aider à s'asseoir près des formes étendues et immobiles de ses frères. Shikamaru était là aussi, silencieux, l'air sombre. Autour d'eux, Temari, Kankurô, Ino et Chôji montaient la garde, chacun à un point cardinal.
— Hitomi, demanda son cousin d'une voix blanche, qu'est-ce qu'il s'est passé ?
Tout en coupant une maille après l'autre la chemise de résille d'acier que portait Sasuke sous son manteau, dont elle l'avait déjà débarrassé, elle répondit :
— Orochimaru des Sannin, voilà ce qu'il s'est passé. Il nous a attaqués de nulle part, en se faisant passer pour l'un des ninjas de Kusa, on s'est fait écraser. Il… Il jouait avec nous, Shika. Je n'ai rien pu faire pour l'empêcher de faire ce qu'il voulait, marquer Sasuke. J-je dois voir ce que je peux faire contre le sceau qu'il lui a apposé.
Le jeune homme, médusé, baissa les yeux sur le corps inconscient du dernier des Uchiha. Survivre d'une rencontre avec le traître des Sannin, c'était… C'était soit un absurde coup de chance, soit le signe qu'on méritait absolument la promotion Chûnin. Oh, Shikamaru ne doutait pas que sa cousine mérite la promotion, mais elle était tellement au bout du rouleau, avec cette masse de chair cicatricielle là où sa joue avait été encore parfaitement lisse et douce la veille, et dans ses yeux un reflet hanté qui lui donnait des frissons d'angoisse… Il était certain qu'il s'agissait d'un coup de chance.
— Et les trois cadavres, là-bas ? demanda-t-il d'une voix douce.
— Des subordonnés d'Orochimaru. Otogakure… C'est lui, c'est son œuvre, son village. Ils avaient pour ordre de nous tuer, Sasuke, Naruto, moi. Pour Sasuke, je suis sûre que c'était censé être un test, mais pour nous… Lee est intervenu quand j'étais prête à abandonner, mais contre celui avec le bras bizarre, là-bas, il ne pouvait rien faire. Je regarderai ce que je peux faire pour lui quand je me serai occupée de Naruto et Sasuke.
Sa voix était dure, distante, froide, comme si ce qu'elle venait de vivre appartenait à quelqu'un d'autre, qu'elle n'était qu'une spectatrice, comme si elle n'avait pas envie de s'effondrer en pleurant de douleur et de disparaître quelque part où on ne pourrait plus jamais la trouver. Enfin, elle eut coupé assez de mailles pour dévoiler pleinement l'endroit où Orochimaru avait mordu Sasuke. La zone était rouge, enflée et brûlante au toucher, comme une infection. Le sceau apparaissait comme un choc de noir absolu sur sa peau pâle, bien plus avancé que tout ce dont Hitomi était capable.
Pourtant, il y avait bien un petit quelque chose qu'elle pouvait faire. Cela ne tiendrait pas longtemps, mais peut-être… Peut-être que ça empêcherait la Marque Maudite d'étendre son emprise à l'intérieur de l'esprit de Sasuke, peut-être que ce serait juste assez pour l'empêcher d'embrasser la voie qu'Orochimaru traçait pour lui. Elle prit un instant pour calmer les tremblements de ses mains, puis sortit de sa ceinture un pinceau et une petite bouteille d'encre.
Dessiner un sceau sur la peau n'était pas si différent que de le faire sur du papier. Ce qui séparait un simple dessin temporaire des véritables sceaux corporels était la manière dont on perturbait le flux de chakra à l'endroit du motif pour l'abreuver en pouvoir. Ici, ce serait différent : le chakra d'Hitomi servirait à maintenir le sceau en place, plutôt que celui de Sasuke comme c'était le cas pour la Marque Maudite. À demi plongée dans sa Bibliothèque pour maintenir son calme, la jeune fille traça un trait après l'autre sans jamais relever son pinceau pour autre chose que reprendre de l'encre. Quand elle eut fini, elle s'autorisa un instant de répit, fermant les yeux pour rassembler sa volonté.
Sa main frappa avec force l'endroit où brillait la marque maudite, une décharge de chakra activant le sceau qu'elle avait tracé. Sans reprendre connaissance, Sasuke se mit à hurler et à se débattre sous sa main, ses ruades si violentes que Gaara dut intervenir pour le maintenir en place. Cela dura de longues minutes, ses cris si pleins de douleur et d'angoisse que des larmes réapparurent au coin des yeux d'Hitomi, roulant sur ses joues et tombant sur les cheveux du malade pour s'y perdre, enfin.
Et puis il s'apaisa et elle retira sa main. C'était fait. Cela tiendrait au moins le coup jusqu'à la fin de l'examen, à condition qu'elle le remplisse en chakra régulièrement. Elle inspira profondément à plusieurs reprises puis se dirigea vers Naruto, qui n'avait pas remué d'un cil depuis qu'Orochimaru s'en était pris à son sceau. Avec l'aide de Shikamaru, elle lui retira son manteau marqué de l'emblème des Uzumaki, puis sa propre chemise de mailles. Le sceau de Kyûbi se dessinait nettement sur son ventre, une véritable œuvre d'art. Par-dessus le travail du Quatrième Hokage, on pouvait voir les altérations provoquées par la main viciée du déserteur. Hitomi contempla un instant ses options, puis se mit au travail.
Il lui fallut de longues et angoissantes minutes de silence pour réduire la portée des altérations de petits coups de pinceau légers à droite, à gauche, sur chacun des cinq impacts laissés par la main du Sannin. Gaara fixait le sceau du regard sans rien dire. Hitomi savait qu'il en possédait un semblable, qu'il le reconnaissait pour ce qu'il était. Peut-être… Peut-être qu'ils allaient pouvoir parler, avant le début des sélections pour la troisième épreuve. Peut-être que Gaara aurait pour son frère des réponses qu'elle ne pouvait lui apporter.
Sur Naruto, l'effet de l'activation du sceau fut tout aussi immédiat, mais bien moins extrême. Il battit des paupières, le regard vague et perdu, puis sembla reconnaître sa sœur penchée sur lui. Il leva une main, toujours un peu trop froide, effleura la blessure sur sa joue, la laissa retomber sur le sol. Elle sourit en réponse, une petite expression mensongère sans doute, mais qu'est-ce qu'un sourire pouvait bien faire de mal ? Lentement, elle l'aida à se redresser en position assise, adressant mille prières dans la direction d'Ensui, où qu'il soit.
— Hitomi… Le serpent, où il est ?
— Il est parti, Naruto. Tout va bien se passer maintenant. On va attendre que Sasuke se réveille, et filer tout droit jusqu'à la tour. Tu veux bien rester avec Shikamaru et Gaara pendant un petit moment ? Je dois encore aller m'occuper d'une personne de plus.
Elle s'étira pour lui déposer un baiser sur le front, puis se leva. Elle vacillait moins, cette fois, comme si malgré la folie de ce qu'elle venait de traverser son corps se remettait déjà, lentement. Lee était toujours étendu là où il était tombé, inconscient. Elle s'agenouilla près de lui, effleura sa carotide du bout des doigts pour prendre son pouls. Juste évanoui. Elle s'autorisa un sourire de soulagement et commença à nettoyer le sang qui avait séché près de son oreille, guettant le moindre signe de réveil de sa part.
— Laisse-moi t'aider, demanda Ino d'une voix douce.
Médusée, Hitomi la regarda s'agenouiller et approcher une main nimbée de chakra verdâtre de l'oreille de Lee, traitant la blessure interne avec une délicatesse et une douceur que la jeune Yûhi ne posséderait sans doute jamais. Soudain, elle se souvint qu'Ino passait beaucoup de temps avec Sakura, après que leurs journées de travail respectives soient terminées. Elle devait en profiter pour apprendre un peu de ninjutsu médical.
Puisque Lee était dans de meilleures mains que les siennes, Hitomi leva la tête et observa les alentours. Shikamaru montait la garde là où Ino s'était tenue quelques instants plus tôt, la ligne de ses épaules raide et tendue. Naruto et Gaara chuchotaient entre eux, l'expression du blond sombre et affligée. Il faudrait qu'elle aille lui parler, plus tard. Lui dire que ça ne changerait absolument rien, qu'il serait toujours son frère, qu'elle ne cesserait pas de l'aimer.
Elle fut la première à les voir arriver, Tenten et Neji, leurs silhouettes se découpant nettement contre l'arbre dont ils venaient de descendre. Chôji les laissa passer, parce que c'était leur coéquipier qui était allongé là, inconscient. Distraitement, Hitomi posa sa main sur l'épaule de Lee, lissa un pli sur sa combinaison vert sombre. Il lui avait sauvé la vie, sans rien attendre en retour. Juste parce qu'il l'avait trouvée un peu jolie. Et maintenant… Elle toucha sa joue meurtrie du bout des doigts. Cela faisait encore mal, malgré la cautérisation, mais au moins elle ne sentait plus l'acide lui ronger les chairs.
— Qu'est-ce qu'il lui est arrivé ? demanda Tenten.
— Il est venu à mon secours contre les ninjas d'Otogakure. Ils sont morts.
— Lee… Lee les a tués ?
— Non. Je l'ai fait.
Les deux Genin l'observèrent pendant quelques instants, jaugeant la menace qu'elle représentait. À cet instant, c'était simple : aucune. Elle était aussi fragile et épuisée qu'une feuille d'automne ballotée par le vent.
— Je vois, dit Neji. On va attendre qu'il se réveille et le prendre avec nous. On n'a pas encore récupéré de parchemin, mais j'ai repéré une équipe.
— Très bien, murmura-t-elle en réponse.
Une minute plus tard à peine, Lee commençait à s'agiter et finit par ouvrir les yeux. Il lui fallut un instant pour faire le point mais dès qu'il en fut capable, il bondit sur ses pieds à la recherche de la menace. Quand il n'en trouva aucune, il prit le visage d'Hitomi en coupe entre ses mains, le contact à peine plus prononcé qu'un soupir contre sa blessure.
— Ca va ? Ils ne t'ont pas fait de mal ?
— N-Non. Ça va.
Elle se sentait engourdie, comme si l'adrénaline qui l'avait forcée à continuer jusque-là avait fini par se retirer, se tarir. Ses membres étaient alourdis par l'épuisement – elle avait envie de se rouler en boule sous un arbre et dormir jusqu'au printemps prochain. Si seulement un tel luxe avait été envisageable.
— Hitomi ! Sasuke se réveille !
Aussitôt, la jeune fille oublia sa fatigue et bondit à ses côtés, remerciant Naruto d'un signe de tête pour l'avoir prévenue.
— Qu'est-ce qui s'est passé ? gémit le Uchiha en reprenant connaissance.
— Orochimaru… Il t'a laissé un sceau là où il t'a mordu. J'ai ajouté une barrière pour l'empêcher d'accéder à ton chakra, mais c'est temporaire. Tu devras voir Kakashi-sensei et Ensui-shishou à la première occasion. Ils pourront faire plus que moi.
Elle put voir son frère dépasser lentement son affolement, embrasser la scène du regard, de leurs compagnons qui les entouraient aux cadavres massacrés qu'il pouvait distinguer de là où il était allongé. Lentement, Hitomi l'aida à s'asseoir, ses mains lui soutenant le dos pour lui donner la force que ses muscles semblaient avoir oublier.
— Il faut… Il faut qu'on aille à la tour. Ce bâtard ne nous attaquera pas là-bas.
Elle aurait pu lui dire qu'il ne les attaquerait plus pour l'instant, mais comment était-elle censée le savoir ? En plus de ça, elle devait avouer qu'elle aussi voulait atteindre la fin de l'épreuve. Au moins, dans la tour, elle ne devrait pas se battre pour sa vie, et elle pourrait peut-être même se reposer un peu, voire consulter un médic si elle pouvait en trouver un. Elle en doutait, mais c'était toujours beau de rêver…
— On va y aller. Dès que Naruto et toi serez en état de vous déplacer.
— Et toi alors ?
— Moi… Moi, je peux encore tenir un petit peu plus longtemps.
— Et nous vous accompagnerons, ajouta Gaara, pour être sûrs qu'il ne vous arrive rien.
— Nous aussi, intervint Chôji. Après tout, nous sommes alliés. Nous devons nous entraider.
— Merci, murmura Hitomi d'une voix soulagée.
S'ils étaient aussi nombreux à fendre la forêt, personne n'oserait s'interposer et les attaquer. Et même si quelqu'un était assez désespéré pour une telle manœuvre… Gaara était sans conteste le Genin le plus puissant de leur alliance, mais sa fratrie et l'Équipe Dix n'étaient pas en reste pour autant, que du contraire. Avec eux, elle avait le droit de se sentir un peu plus en sécurité.
Ils repartirent en milieu d'après-midi. L'Équipe Gai avait quitté le campement peu après le réveil de Lee, menés par Neji vers la victime qui leur permettrait de valider l'épreuve. Sasuke et Naruto se sentaient assez bien pour reprendre la route, ralentis par les récentes épreuves. Leurs visages étaient figés en un même masque déterminé. Devant eux, et les deux équipes qui les escortaient à droite et à gauche, prédateurs, proies et équipes ennemies se dispersaient comme des oiseaux effarouchés. Pour la première fois, ils purent avancer en ligne droite, sans la moindre précaution, et bien vite ils furent sous l'ombre protectrice du préau qui surplombait l'une des quatre entrées de la tour.
Ils y étaient, ils avaient survécu. La main sur la porte de la tour, Hitomi baissa la tête et prit le temps de dédier une prière aux Kami. Elle avait mal et l'impression que certaines parties d'elle mouraient lentement, mais ses frères étaient en vie, et elle aussi. Tant qu'ils vivaient, il restait de l'espoir, l'espoir d'un mieux et d'une fin heureuse. Elle pouvait s'y raccrocher, s'en servir pour continuer à avancer. Elle pouvait travailler avec ça.
