Bonjour et bienvenue pour ce dernier chapitre avant Noël ! Comme vous le verrez, il s'agit du plus long jamais publié, tout juste devant le chapitre 52 qui était lui aussi un très beau bébé. J'espère que vous apprécierez !
Les jours suivants, Hitomi vit assez peu les adultes de son entourage. Elle savait que sa mère ne passait à la maison que pour se changer et se doucher – elle dormait comme elle le pouvait entre deux missions et mangeait sur le pouce quand elle en avait le temps. Asuma et Kakashi étaient soumis au même régime. Même Ensui, maintenant qu'Hiruzen n'était plus Hokage, faisait à nouveau partie des ninjas en service actif. Pas pour longtemps cependant : dès que Jiraiya retrouverait Tsunade et la ramènerait, le Jônin reprendrait ses fonctions au sein du clan au service de son chef et ne sortirait plus du village qu'en cas de nécessité ou pendant ses vacances. Ensui ne voulait plus avoir grand-chose à faire avec ses pairs, à quelques notables exceptions près.
Pendant les trois jours qui lui restaient avant de partir du village avec Jiraiya, Hitomi passa un peu de temps avec Hanabi et Sugi en-dehors des heures de l'Académie. Les deux enfants l'avaient suppliée de leur apprendre ses katas, ceux que son shishou lui avait enseigné. L'héritière des Hyûga n'en avait pas besoin mais, apparemment, elle refusait de compter uniquement sur ce que son clan et sa génétique avaient mis à sa disposition. Et puisque les deux enfants avaient l'air décidé à essayer d'apprendre ce genre de choses seuls si elle refusait, elle avait cédé. Elle avait commencé à leur apprendre la manière dont le clan Nara saluait le soleil – les suites d'étirements rituels étaient différents d'un clan à l'autre mais mettaient parfaitement en condition pour le style de taijutsu spécifique à chacun d'eux.
Le soir, elle discutait avec Haku de ce qu'ils feraient quand ils se reverraient et pendant le voyage. Il n'avait pas fallu beaucoup d'efforts au jeune homme pour convaincre Zabuza de repartir sur les routes : les deux nukenin n'envisageaient qu'un seul endroit comme leur véritable foyer et en avaient été chassés en disgrâce des années plus tôt. Hitomi s'était promis d'arranger cette situation quand elle en aurait l'occasion, si elle ne se débloquait pas toute seule une fois Mei Terumi lancée dans sa conquête de Kirigakure. Pour l'instant, ce n'était pas la priorité, mais il y aurait bien un moment où elle pourrait s'y consacrer… Elle l'espérait.
Elle avait également entamé une correspondance avec Itachi Uchiha. Elle devait dissimuler ce fait à Sasuke, mais pour l'instant c'était plutôt facile, puisqu'il était lui aussi souvent en mission, à porter des messages dans tout le Pays du Feu. Après tout, des trois membres de son équipe, il était ce qui se rapprochait le plus d'un Chûnin, même si aucune décision ne serait prise tant que Tsunade n'aurait pas été installée à son poste. C'était presque drôle, la manière dont personne ne songeait à un échec possible pour la mission de Jiraiya, Hitomi et Naruto.
Hitomi racontait à Itachi des petits détails qu'il n'avait pas pu voir dans ses souvenirs, comme les notes de son petit frère à l'Académie ou comment il était doué avec les enfants. Elle avait toujours des choses à lui apprendre. Parfois, plus rarement, ils échangeaient dans d'autres domaines. Apparemment, Itachi était lui aussi plutôt doué en fûinjutsu, mais pas au point de créer ses propres sceaux. Il lui donna quelques astuces pour améliorer son jeu de lame, lui parla de Shisui, le dernier à avoir possédé le tantô dont elle ne se séparait jamais désormais.
Il y avait aussi les lettres de Gaara, qui avait dû partir de Konoha précipitamment, sans même avoir eu le temps de dire au revoir. Il lui écrivit d'abord pour l'informer qu'elle avait eu raison, que le Kazekage avait été retrouvé non loin de Suna dans une fosse, ses gardes à ses côtés, mort depuis des semaines. La jeune fille n'avait écrit aucun mot de réconfort à son ami en retour. Elle savait qu'il méprisait son père. À la place, elle lui avait conseillé de s'assurer que Temari et Kankurô allaient bien, eux, même s'ils étaient à peine plus proche de leur géniteur.
Elle pouvait presque voir jour par jour la manière dont la géopolitique des Nations Élémentaires évoluait. Un tel pouvoir, dans les mains d'une simple Genin, avait de quoi effrayer. Elle prenait des notes, bien cachées au fond de la Bibliothèque, se plongeait dans les missions même les plus simples sans retenue pour occuper son esprit aussi bien que ses mains, s'entraînait jusqu'à avoir assez mal pour être forcée de s'arrêter. Quelque part au milieu du quatrième jour, elle était parvenue à maîtriser parfaitement le Shunshin de base. Elle n'avait plus besoin de temps pour l'effectuer, ni ne se sentait désorientée en arrivant à sa destination. Il ne lui restait plus qu'à intégrer l'élément esthétique et trouver comment l'utiliser en combat.
Le cinquième jour, celui du départ, elle s'éveilla avant l'aube. Tout d'abord, il lui fallut tirer Naruto du sommeil ; elle l'avait à peine vu ces derniers jours mais il était revenu à la maison la veille, avec Karin. La jeune fille dormait à présent dans la dernière chambre d'amis du manoir, qui serait sans doute transformée dans les mois qui viennent pour devenir la sienne. Hitomi connaissait sa mère et ses frères : ils ne laisseraient pas d'autre choix à un membre de leur famille, aussi étranges et éthérés soient leurs liens.
Après avoir envoyé Naruto se doucher et se préparer, Hitomi descendit préparer le petit-déjeuner. À sa grande surprise, elle trouva Sasuke et Karin déjà penchés sur cette tâche, se chamaillant à voix basse à propos de la cuisson à laquelle Naruto préférait son omelette. Un sourire attendri aux lèvres, la jeune fille étouffa son chakra pour ne pas se faire remarquer et les observa un moment. Il ne manquait plus qu'Ensui et Kurenai assis à table, échangeant des regards amusés que les enfants feraient mine de ne pas intercepter. Oui, elle pouvait presque les imaginer là, comme ça.
— Naruto préfère ses œufs juste un peu baveux, finit-elle par intervenir, mais il est tellement impatient qu'il mangerait n'importe quoi ce matin.
Sasuke se redressa avec un regard triomphant tandis que Karin sursautait, prise de court par l'arrivée d'Hitomi. La jeune fille ne savait pas quel entraînement les ninjas de Kusagakure recevaient, mais cela lui semblait bien insuffisant, quand elle observait son amie rousse, la manière dont elle se mouvait, réagissait. La plupart des Genin auraient pu la battre dans difficulté, même ceux de la promotion d'Hitomi, sortis de l'Académie quelques mois plus tôt à peine. Heureusement, Karin serait une médic désormais, tenue à distance des premières lignes en cas de bataille rangée, protégée par ses camarades plus aptes au combat en mission.
Elle prit place à table, la démarche souple et tranquille. Elle repartait en mission, et elle n'était jamais autant à l'aise que sur les routes. La seule personne qui lui manquerait lors de cette aventure était Ensui. Il ne pouvait pas partir, bien entendu. Il était trop crucial pour le village en ce moment, et avec Haku et Zabuza qui les attendaient quelques kilomètres en périphérie des murs pour les escorter, Jiraiya estimait disposer de toute la sécurité nécessaire. Comme si cela ne suffisait pas, les deux hommes ne s'entendaient pas vraiment : l'un était l'ancien élève du Troisième, l'autre parmi ses tenaces détracteurs.
— T-tu prendras soin de Naruto, hein ? demanda Karin en posant une assiette devant elle.
— Bien sûr. Je ferai de mon mieux pour le protéger, mais tu sais, il n'en a pas vraiment besoin, il est devenu vraiment fort.
— Hm, sans blague, intervint Sasuke. La pâtée qu'il a collée au génie Hyûga… Les gens sont obligés d'admettre sa force maintenant.
— Ah, il me semblait bien que j'avais senti votre présence, à Kakashi-sensei et toi. Vous avez tout vu ?
— Hm hm. Il m'a dit que dans un spectacle, l'entrée était l'une des choses les plus importantes. En plus, arriver en retard m'a permis de faire monter la pression dans le public, alors…
— Oh, ne parle pas de ça devant Shikamaru. Il était absolument furieux d'avoir soigneusement calculé la longueur d'ombre dont il disposerait durant son combat pour rien. Il est passé plus tôt, comme tu es arrivé en retard.
— Tu veux dire que c'est pour ça qu'il me fusille du regard à chaque fois qu'on se croise depuis que la situation s'est calmée ? Wow.
Karin les regarda tous les deux d'un air éberlué, puis éclata de rire. C'était étrange de la voir dépasser sa timidité de la sorte, mais pas déplaisant, que du contraire. Naruto arriva à ce moment précis, embrassa sa cousine sur la joue et s'attabla à son tour, commençant immédiatement à dévorer le contenu de l'assiette que Sasuke plaçait devant lui. Le cadet des Uchiha échangea avec sa sœur adoptive un regard amusé.
Après le petit-déjeuner, Hitomi et Naruto finirent de se préparer pour le départ. Jiraiya leur avait donné rendez-vous aux portes de Konoha à dix heures, une information que la jeune fille avait transmise à ses déserteurs préférés. Avant de partir, Hitomi vérifia à plusieurs reprises qu'elle avait bien emballé toutes ses affaires. Elle avait vraiment peur d'oublier quelque chose, parce que si c'était le cas, elle risquerait d'avoir besoin précisément de ce qu'elle n'aurait pas emporté. Sa nervosité revint l'étouffer comme une main sur la gorge quand elle sortit des terres Nara aux côtés de Naruto. Sasuke et Karin avaient dû partir de leur côté pour de nouvelles missions, même s'ils avaient voulu les accompagner.
— Tout va bien se passer, Hitomi-chan, tu peux le croire !
Hitomi sortit de sa transe angoissée en entendant la voix du jeune blond. Elle posa les yeux sur lui et son regard s'adoucit, le reste de son corps se détendant progressivement. Il était difficile de rester inquiète quand il se trouvait juste à côté d'elle avec son sourire rayonnant et la fierté dans son regard.
— Tu as sans doute raison, répondit-elle d'une voix songeuse. Je m'inquiète seulement parce que Tsunade et Orochimaru ont fait partie de la même équipe autrefois…
— Quoi ?
— Tu ne savais pas ? Hm, c'est vrai que tu n'aimes pas trop fouiller dans les archives, toi. Orochimaru, Tsunade et Jiraiya faisaient jadis partie de la même équipe, sous la direction du Troisième. Ils ont combattu pendant la Deuxième Grande Guerre, au Pays de la Pluie, et ils étaient si doués que son dirigeant, Hanzô, après les avoir battus, leur a laissé la vie sauve et leur a octroyé le titre de Sannin, les trois ninjas de la légende.
— Aaah, je savais que Jiraiya faisait partie de cette équipe, mais on ne m'avait pas dit que Tsunade et Orochimaru aussi ! Est-ce que c'est pour ça que l'ermite est revenu au village ?
— Le fait que son ancien camarade soit à nouveau actif a dû jouer, oui, mais je pense que ça a plutôt à voir avec les blessures d'Hiruzen-sama. Ils ont toujours été très proches, après tout…
Elle ne dit pas qu'il y avait encore une autre raison au retour de Jiraiya, parce qu'elle savait qu'il s'agissait d'un secret classé S, et qu'elle irait en prison pour l'avoir dévoilé. Elle aimait bien Ibiki Morino et Inoichi Yamanaka, mais peut-être pas au point d'aller se perdre dans les oubliettes qui se trouvaient sous leur juridiction. Ses secrets étaient trop précieux pour être distribués comme des bonbons. Elle était sûre que Danzô Shimura avait planté des hommes de la Racine au Département Torture et Interrogatoire… C'était ce qu'elle aurait fait, en tout cas, si elle avait été à sa place, pour ne rater aucune information. D'un autre côté, Ibiki n'avait pas l'air du genre à tolérer des agents secrets dont la loyauté ne lui appartenait pas sous ses ordres. Elle se demandait qui, des deux, avait obtenu gain de cause.
Ils arrivèrent tous deux un peu en avance devant les portes principales du village, mais Jiraiya était déjà là, immergé dans une discussion avec Izumo et Kotetsu concernant la meilleure huile pour l'entretien des lames. Autour d'eux, les rues étaient enfin complètement déblayées et les missions concernaient désormais la reconstruction. Pratiquement tous les Genin de cette génération allaient devoir apprendre les bases de la maçonnerie et des autres métiers du bâtiment, ne serait-ce que pour aider les ouvriers engagés par Konoha.
— Aah, fit Hitomi d'une voix amusée et légère, vous avez faux, tous les trois. La meilleure huile pour ça ne s'achète que sur les terres des Nara. Il suffit d'en mettre très peu et elle dure très longtemps, elle est parfaite !
— Pfeuh ! répondit Kotetsu. Tout le monde ne peut pas se permettre d'aller acheter des choses sur les terres des clans. Tu as de la chance de vivre là-bas, tu n'as pas à payer la taxe que les autres ninjas doivent payer pour acheter leurs produits.
Il avait raison, mais c'était une pratique courante des clans du village. Seuls les Yamanaka, Akimichi et Nara avaient un accord tripartite qui accordaient aux membres de ces trois clans le droit d'acheter les produits vendus sur les terres des deux autres sans taxe supplémentaire. Quand Hitomi achetait des friandises chez les Inuzuka, elle les payait presque deux fois plus cher que dans la partie civile du village. Elle ne le faisait que parce qu'elle pouvait se le permettre et parce que ses chats raffolaient de ce genre de douceurs.
— Allons, Kotetsu-san, ne me chantez pas ce genre de chanson. Ma mère m'a donné des cours d'économie, je sais parfaitement ce que gagne un Chûnin, même s'il passe son temps à garder les portes du village plutôt que de partir en mission à l'extérieur. Vous avez peur des grands méchants Nara ?
Les deux autres hommes et Naruto éclatèrent de rire en voyant la tête que tirait leur camarade, qui avait rougi jusqu'à la racine des cheveux et détourné le regard. Il marmonna quelque chose à propos des femmes terrifiantes du clan et Hitomi se joignit à l'hilarité des autres, le cœur soudain léger. Là encore, il avait raison : les hommes Nara étaient réputés pour épouser des femmes intimidantes – Yoshino et Kurenai en étaient le parfait exemple – et leurs filles pour développer elles aussi un tel tempérament.
— Allez, les enfants, finit par dire Jiraiya, il est l'heure. Izumo, Kotetsu, je vous paye un pot à mon retour si vous vous occupez de la paperasse de départ. Deal ?
Les deux gardiens se regardèrent, puis acceptèrent d'un hochement de tête. Ce n'était pas tous les jours que le grand Ermite proposait d'inviter de simples Chûnin à boire un verre avec lui. Si cela pouvait permettre à Hitomi et Naruto d'échapper à de la paperasse, ils n'allaient certainement pas s'en plaindre ! D'un pas décidé, les trois ninjas franchirent les portes du village et suivirent la route pendant plusieurs kilomètres sans se retourner, discutant de choses et d'autres.
Hors de vue de Konoha se trouvaient Haku et Zabuza. Ils les attendaient, comme ils l'avaient promis. Hitomi les accueillit en se jetant dans les bras du plus jeune, qui la serra contre lui avec affection. Il restait quelque chose, une faible braise entre eux qui n'était pas tout à fait de l'amitié. Ils le sentaient tous les deux à chaque lettre qu'ils échangeaient, et maintenant qu'ils se voyaient à nouveau face à face, c'était d'autant plus dur de l'ignorer… Mais Hitomi était amoureuse de Lee. Ce qu'elle éprouvait pour Haku était de la mélancolie, de l'affection, et peut-être quelque chose d'un peu moins facile à nommer, mais rien de cela ne valait assez pour mériter qu'elle se parjure.
— Alors, comment ça se passe au Pays de l'Eau en ce moment ? demanda-t-elle une fois qu'ils se furent remis en route, les deux déserteurs à leurs côtés.
— Pas trop mal, grogna Zabuza en réponse. L'argent que ton chef de clan a envoyé aide beaucoup. On a pu armer les troupes décemment, grâce à ça, et tout le monde a droit à un repas chaud une fois par jour. Les combats ouverts n'ont pas repris pour autant. On est toujours en train de décider qui prendra la tête du village quand on l'aura récupéré… Ils hésitent entre une femme, la seule survivante d'un clan qui a été purgé, et moi.
— Vous n'avez pas l'air ravi à la perspective de devenir Mizukage, Zabuza-san, dit Jiraiya après un moment de silence.
— Je n'en ai pas envie. La vie de Kage, c'est bon pour les gens qui acceptent de rester derrière un bureau… En tout cas, c'est comme ça à Kiri. Le Mizukage ne quitte pratiquement jamais le village. Moi, j'aime voyager, et je me sens à l'étroit quand je reste au même endroit trop longtemps.
Haku laissa échapper un petit bruit approbateur, le regard perdu devant lui. Il était vrai que ces deux-là restaient rarement en place. Naruto, lui, semblait particulièrement songeur.
— Dites, Jiraiya, est-ce que c'est aussi comme ça pour le Hokage ?
— Hm… Je dirais que c'est un peu différent. C'est vrai qu'Hiruzen ne sortait pas souvent du village mais il était très actif à l'intérieur. Tu te souviens l'avoir vu à l'Académie quelques fois, pas vrai ? Il s'intéressait aussi à l'hôpital et aux différents départements des services ninjas, et même aux Forces Générales. Il était très accessible. J'ai entendu dire que Rasa-sama, le Kazekage qui est mort juste avant l'invasion, était beaucoup plus distant.
— C'est vrai ça ! Même avec ses propres enfants. Gaara m'a dit qu'il ne le voyait pratiquement jamais, et plus une seule fois depuis qu'il avait cinq ans. Il m'a même expliqué que son père essayait de le faire tuer, et que c'était pour ça que le shishou d'Hitomi avait dû partir à Suna pendant des années.
— C'est ça, soupira la jeune fille. Rasa avait décidé que son fils n'était pas une arme assez sûre pour le village et voulait le supprimer à tout prix. Si je lui ai envoyé Ensui, c'était avant tout pour qu'il y ait quelqu'un pour le protéger, même s'il n'en avait pas vraiment besoin. C'est l'idée et l'intention le plus important, pour qu'il ne se sente pas seul. Et ça a bien fonctionné, pas vrai ? Gaara a été bien élevé par Ensui-shishou, et il est proche de son frère et de sa sœur alors que ce n'était pas le cas avant tout ça.
— Alors c'est toi qui es derrière tout ça ? demanda Jiraiya. Mais comment tu as pu sav… Ah, tes fameux carnets communicants. Ce Gaara en possède un aussi ?
— Hm hm, et Haku ici présent également, ainsi que la plupart de mes amis au village. J'aime rester en contact avec eux. Faire un carnet ne me demande vraiment pas beaucoup d'énergie ou de temps. Le plus dur a vraiment été de réussir à en fabriquer une première paire, ensuite c'est venu tout seul.
— Il faudra vraiment que je me penche sur tes compétences en fûinjutsu pendant ce voyage.
— Eh, et moi alors ? Vous m'avez promis une technique, l'Ermite, vous n'allez pas vous défiler hein ?
— Bien sûr que non, gamin ! Pour toi, j'ai une technique spéciale, tu verras…
Le ton de l'homme était léger, mais Hitomi vit la tristesse qui passa fugacement sur ses traits. C'était le Rasengan, la technique créée par son élève de génie, le Quatrième Hokage, après tout. On pouvait comprendre ce que ça faisait à Jiraiya de transmettre la technique au fils de son créateur, son propre filleul. La jeune Yûhi n'aurait pas aimé être à sa place. Pendant un long moment, la conversation se poursuivit. Jiraiya prenait bien soin de choisir des sujets légers pour ne pas risquer de perturber les deux déserteurs qui les escortaient. Il ne savait pas encore s'il pouvait leur faire confiance, après tout.
Le soir venu, ils s'arrêtèrent dans une grotte à peine assez grande pour les contenir tous les cinq. Les nuits commençaient lentement à refroidir dans la région, d'autant plus qu'ils se dirigeaient vers Tanzaku, qui se trouvait au sud du Pays du Feu, là où la météo était souvent moins clémente. Sous les ordres de Jiraiya, Hitomi se lança dans la tâche de chasser leur repas, traquant plusieurs lapins et oiseaux. Il en fallait un beau nombre pour nourrir cinq ninjas, d'autant plus s'ils voulaient éviter d'utiliser les réserves qu'ils avaient emportées tant qu'ils pouvaient s'en passer. Mieux valait un excès de prudence qu'un estomac vide.
Plus tard, quand leurs ventres furent bien pleins et que Zabuza eut pris le premier tour de garde à l'entrée de la grotte, sa monstrueuse épée posée à portée de main, Jiraiya fit signe à Naruto de se rapprocher. Il l'observa un moment d'un œil songeur, sans rien dire. Voyait-il le père du jeune blond comme un fantôme sur ses traits ? Était-ce par crainte d'une telle mélancolie qu'il avait refusé de prendre son filleul en charge, des années plus tôt ? Hitomi ne le saurait sans doute jamais.
Pendant de longues minutes, l'ermite expliqua le principe de la technique qu'il voulait enseigner à son élève. Hitomi écoutait d'une oreille distraite, enregistrant les informations dans un coin de son esprit au cas où elle aurait envie de l'apprendre à son tour. Elle n'en était pas certaine : le répertoire Suiton lui convenait bien mieux pour l'instant. Et puis il y avait tant de choses qu'elle voulait maîtriser d'abord… Les sceaux de contact, encore plus compliqués que les sceaux corporels dont elle avait à peine effleuré la surface, la faisaient presque frissonner d'impatience. Tant de possibilités…
— À nous, maintenant, jeune fille !
Elle sursauta, tirée de ses pensées par la voix bourrue de Jiraiya. Elle leva les yeux vers lui et s'exécuta quand il lui fit signe de le suivre dans un autre coin de la grotte. Elle pouvait presque sentir son ombre vivre et se plier aux caprices de la lumière comme une entité indépendante : Ensui lui avait dit que c'était le signe qu'elle était bientôt prête pour une nouvelle technique du clan. Elle s'agenouilla dans le coin isolé que l'ermite lui désignait, bien consciente qu'il ne souhaitait pas parler de quelque chose d'aussi dangereux que le fûinjutsu à voix haute.
— J'ai parlé avec Kakashi avant de partir. Il m'a dit que tu étais très avancée pour ton âge. Tu commences les sceaux corporels, c'est ça ? Tu as déjà essayé de créer ton propre sceau ?
La jeune fille secoua la tête sans hésiter. Ses carnets communicants n'étaient pas un nouveau sceau mais un assemblage d'éléments déjà existants. Cela ne comptait pas vraiment.
— Je m'en doutais. Il doit y avoir moins de cinq personnes en vie dans les Nations Élémentaires qui en sont capables, depuis la mort du Yondaime.
Elle n'entendit pas sa voix trembler, et son visage resta de marbre, mais il y avait quelque chose dans la manière dont il prononçait le titre qui exprimait le sentiment de perte qu'il ressentait à l'idée de parler de son élève. Hitomi aurait voulu le serrer dans ses bras… S'il n'avait pas été l'un des Sannin, et un pervers. D'accord, elle n'était qu'une adolescente, mais rien que pour faire le clown et pour énerver Naruto il était capable de l'embêter.
— Pour créer ses propres sceaux, il faut une connaissance poussée à la fois concernant la langue et la calligraphie. Créer des sceaux, c'est créer un nouvel élément de langage ou trouver le moyen d'exploiter des mots, des traits, qui ne l'ont pas encore été.
Hitomi fronça les sourcils en écoutant les explications de l'ermite. Est-ce qu'elle pourrait utiliser ses connaissances en français et anglais pour créer de nouveaux sceaux ? Ce serait particulièrement intéressant de voir comment elle pourrait utiliser les différentes langues qu'elle connaissait dans ce domaine. Ses doigts fourmillaient de l'envie de s'y mettre, même si elle savait qu'elle n'avait pas le niveau, que sa compréhension du fûinjutsu, bien qu'instinctive, n'était pas encore assez profonde, ce que Jiraiya ne manqua pas de lui répéter.
Le voyage continua sur ce mode : la journée, ils parcouraient autant de route que possible et le soir, Jiraiya s'occupait des deux Genin. Parfois c'était Zabuza ou Haku qui prenait Hitomi à part pour lui apprendre quelque chose ou la faire travailler sur les compétences qu'ils avaient en commun avec elle. Grâce à l'épéiste, elle avait appris deux nouvelles techniques, toutes les deux de rang B : l'une, l'Oeil du Tourbillon, était plutôt du répertoire défensif et élevait une vague d'eau très dense qui voyageait violemment en cercles autour du lanceur, tandis que l'autre, l'Appel à la Meute, lançait cinq loups d'eau presque solide dans la direction où on pointait la main. Deux nouvelles pièces de qualité pour son arsenal.
— Dites, Jiraiya-sama, qu'est-ce que vous pouvez nous dire sur cette Tsunade ? On ne sait presque rien d'elle, juste qu'elle était votre coéquipière il y a longtemps.
Hitomi n'était pas surprise que Naruto finisse par poser cette question : d'eux tous, il était celui qui s'intéressait le plus aux gens derrière les légendes. Peut-être était-ce parce qu'il voulait en devenir une lui-même ? La jeune fille n'aurait su le dire. Comme Zabuza et Haku, elle se contenta de dresser l'oreille pour écouter la réponse de l'ermite.
— Eh bien… Elle a vraiment mauvais caractère. Quand on était en mission, elle s'arrangeait toujours pour avoir le meilleur couchage, et si on essayait de protester, elle avait vraiment la main lourde. Elle est superficielle aussi, elle utilise l'une de ses techniques médicales pour garder en permanence une apparence jeune, mais en vérité, elle a mon âge !
Hitomi n'était pas si certaine que de la vanité se cache derrière l'obsession de Tsunade pour son apparence. En tant que kunoichi, elle comprenait sans doute mieux que les garçons à quel point le paraître était important dans leur monde. Chez elle, cela se manifestait dans une allure aussi inoffensive que possible, des sourires délicats et une voix toujours douce. Pour Tsunade, le choix s'était plutôt porté sur la jeunesse, le moment où elle s'était trouvée au sommet de sa beauté. Les hommes avaient tendance à sous-estimer les jolies choses, et les belles femmes.
— Elle arrivait toujours à trouver les histoires les plus larmoyantes à servir à notre sensei pour justifier ses bourdes, et elle s'en tirait sans jamais plus qu'une remarque de sa part. Elle passe sa vie à parier, alors qu'elle est absolument catastrophique avec les jeux d'argent. Elle était la plus forte d'entre nous… Et celle pour qui la chute a été la plus dure.
Jiraiya avait beau mesurer presque deux mètres de haut et peser au moins deux fois son poids, Hitomi avait envie de le prendre dans ses bras quand sa voix prenait de tels accents vulnérables. Elle évitait le plus souvent de penser à tout ce que lui avait perdu, aux non-dits qui le liaient encore à ses deux coéquipiers, même celui qui s'était enfoncé bien au-delà du récupérable. C'était injuste. Il faisait de son mieux pour son village. Rares étaient les ninjas à être encore en service – encore en vie – à cet âge. Il ne s'arrêtait jamais, parce que s'arrêter signifiait avoir le temps de réfléchir et qu'il ne souhaitait cela pour rien au monde.
Elle comprenait. Elle comprenait au creux de ses nuits au sommeil pauvrement grapillé entre deux escapades au plus profond de sa Bibliothèque, dans laquelle elle trouvait le repos physique mais certainement pas mental. Elle comprenait quand Haku s'allongeait à ses côtés sans rien dire, son souffle balayant l'une ses mèches bouclées dans laquelle il entrelaçait parfois ses doigts comme un talisman. Elle comprenait quand elle pesait soigneusement les mots qu'elle écrivait pour ses amis – et Itachi aussi – à la faveur d'une escale.
Elle comprenait mais n'avait pas le pouvoir de panser ses plaies, tout comme il était impuissant face aux siennes. Alors ils se contentaient tous deux de faire la chose polie : ignorer les douleurs de l'autre et lui donner quelque chose pour s'occuper l'esprit. Cela fonctionnait la plupart du temps ; quand ça ne suffisait plus, ils pouvaient encore détourner leur attention en direction de Naruto qui avait toujours une histoire à raconter ou demander, toujours un tour à jouer, toujours une bêtise de laquelle se sentir fier.
J'ai lu que le Sharingan, après un certain stade, offre une mémoire photographique à son possesseur, écrivit-elle à Itachi un soir où son moral était particulièrement bas. Est-ce vrai ? Êtes-vous, vous aussi, contraint de vous souvenir de chacune de vos erreurs et de toutes vos faiblesses ?
Il répondit au bout de quelques instants à peine, ce qu'il n'avait jamais fait avant, comme si dans son écriture hâtive il avait vu des angles chargés de détresse et des traits troublés.
C'est vrai. Je ne peux rien oublier, seulement apprendre à enfermer les souvenirs là où même moi je ne peux aller les chercher. Vous êtes jeune, Yûhi-san. Si la chance vous sourit, vous avez encore amplement le temps de remplir la surface de votre esprit de souvenirs heureux pour vous divertir des autres.
Elle eut envie de lui répondre que lui aussi était encore jeune – il n'avait que cinq ans de plus qu'elle, après tout – mais elle se retint. Dans ce monde, avait-il déjà eu le temps de tomber malade ? Même sans cela, la cécité était souvent mortelle pour les ninjas qui n'étaient pas nés avec. Il faisait partie de l'une des organisations les plus dangereuses au monde… Si ses prétendus camarades découvraient qu'il s'affaiblissait, ils le déchireraient en morceaux et le feraient disparaître. Elle refusait que cela se produise.
Vous semblez déprimée ces derniers temps, Yûhi-san. Est-ce que tout va bien de votre côté ?
Ce message arriva quelques heures après qu'elle ait raconté l'un de ses cauchemars à Itachi, une nuit. Cela faisait deux semaines que ses camarades et elle étaient partis de Konoha. Comme Jiraiya ne pouvait être certain de la présence de Tsunade à Tanzaku, il avait choisi d'explorer toutes les autres villes touristiques de la côte, et en plus de cela toutes celles qui contenaient au moins un casino ou une maison de jeu. Parfois, ils entendaient parler de la Légendaire Pigeonne qui perdait des sommes astronomiques à chaque table devant laquelle elle s'installait, parfois non. C'était toutefois suffisant pour retrouver sa trace – ce qui signifiait que c'était possible aussi pour ceux qui avaient envers elle d'autres desseins.
J'ai peur, admit-elle quand elle put répondre sans que Naruto essaye de lire par-dessus son épaule. Il est très possible que nous croisions Orochimaru pendant cette mission. Jiraiya-sama est persuadé que non, qu'il a été trop gravement blessé lors de son combat contre le Troisième pour se déplacer, mais l'un de ses agents, Kabuto, est un médic. Il aura pu le rafistoler juste assez pour lui permettre de voyager, de retrouver la trace d'un autre médecin, bien meilleur… Je suis terrifiée.
La réponse suivante mit du temps à venir. Hitomi fixa son carnet pendant quelques minutes puis, supposant qu'Itachi n'était pas plus seul qu'elle, se pencha sur l'un des sceaux que Jiraiya avait décidé de lui apprendre. Il contenait des éléments qu'elle n'avait jamais utilisés auprès d'Ensui et Kakashi, les ornements les plus complexes qu'elle ait jamais vus et certains traits particulièrement vicieux qui, au bout de deux ou trois recopiages, lui donnaient mal au poignet. Sa fonction était s'emprisonner la personne qui s'aventurerait à l'intérieur en l'empêchant d'en sortir mais aussi en retournant toute technique physique qu'elle utiliserait contre elle-même. Particulièrement vicieux.
Au bout de quelques jours supplémentaires, les premiers ennuis se dressèrent sur leur route. Jiraiya les avait emmenés, Naruto, les déserteurs et elle, à l'intérieur d'un casino pour récolter de nouvelles informations. Ils avaient décidé de se séparer pour plus d'efficacité, mais bien vite une commotion attira l'attention d'Hitomi en direction d'une table de jeu en particulier. Haku s'y trouvait, ainsi que plusieurs joueurs sérieusement soûls. C'était difficile à dire, sous l'air toujours lisse et poli du jeune homme, mais Hitomi ne s'y trompait pas : il était absolument furieux. En se décalant légèrement sur la droite, elle vit qu'il avait attrapé la main de l'un des joueurs et que celle-ci se trouvait très près de la chute de ses reins.
Aïe. Sincèrement, elle aurait adoré laisser Haku régler ça, mais elle ne voulait pas attirer l'attention sur leur petit groupe. Elle avança d'un pas, alla chercher en elle le noyau dur et froid de rancœur, de colère et de dégoût qui ne disparaissait jamais vraiment. Autour d'elle, l'air s'épaissit, devint pratiquement irrespirable pour ces simples civils. Et au milieu de leurs sursauts paniqués, elle sourit de son air le plus doux, le plus inoffensif.
— Laissez mon ami tranquille, on s'en va. Manifestement, c'était une erreur de venir ici. Haku, suis-moi s'il te plaît.
Ils profitèrent que les joueurs étaient légèrement sonnés pour s'écarter et se noyer dans la foule, l'aura meurtrière d'Hitomi se diluant peu à peu jusqu'à ce que tout retrouve son état originel, comme si rien ne s'était passé. Elle avait attrapé la main d'Haku pour qu'il ne puisse pas la perdre – elle était menue et se noyait facilement dans un attroupement d'une telle densité – retrouvant son chemin de mémoire jusqu'à l'entrée. Tout en enquêtant, elle avait eu l'occasion de se faire un peu d'argent, de plumer une ou l'autre table de poker. Après tous, les ninjas étaient très doués pour ce jeu, et elle, elle pouvait compter les cartes.
— Je ne savais pas que tu étais capable de la manifester à volonté maintenant, souffla Haku d'une voix encore tendue.
Elle marmonna quelque chose d'inaudible, acheta deux limonades à un stand qui se trouvait de l'autre côté de la rue puis revint lui tendre sa boisson, le regard toujours animé d'une étincelle dure, glaciale.
— C'est de plus en plus facile. Je n'arrive pas à savoir si je dois m'inquiéter ou non que ça le soit… D'un côté ça fait sans doute de moi une meilleure kunoichi, mais de l'autre, j'ai peur de perdre de vue certaines parts de moi qui me sont chères.
— Je comprends. C'était pareil pour moi, au début, avec Zabuza-san. Il a dû me faire tuer plus de gens que je ne peux compter avant que ça devienne facile, mais bien avant ça il exigeait que je puisse le faire par réflexe, et… J'avais peur parfois de perdre toute sensibilité. Pourtant, mon travail aurait été plus facile comme ça, pas vrai ?
— Hm hm… C'est ce que ça nous coûte d'être des ninjas. Dans un autre monde, on serait trop jeunes ne serait-ce que pour penser à la mort, mais ici, elle fait partie de notre quotidien.
Le silence s'étendit entre eux comme une toile qui s'épaississait au fil des secondes. Il n'y avait ni confort ni paix dans un tel silence, seulement l'infime murmure de leurs pensées les plus tortueuses.
— Pendant l'invasion, j'ai tué quarante-trois personnes. Je pensais un peu moins mais certains sont morts des blessures que j'ai infligées, j'ai vérifié dans les registres. Je n'arrive pas à me sentir coupable mais… Certaines morts me pèsent plus que d'autres. Des ennemis qui n'étaient pas prêts à mourir. D'autres que je voulais juste blesser. Je me sens un peu injuste. Je devrais être horrifiée par toutes ces morts ou aucune, sans entre-deux.
— Hum… C'est de l'empathie, c'est tout. Je comprends ça et je pense que Zabuza-sama aussi. Surtout depuis notre rencontre, en fait. Il s'est adouci, en quelque sorte. Quand je ne veux pas faire quelque chose et qu'il peut s'en charger, j'ai le droit de m'en laver les mains. Il dit que puisqu'on est partis pour survivre un peu plus longtemps ensemble, il n'a pas envie que je le déteste.
Hitomi émit un petit reniflement dédaigneux à cette idée. Comme si Haku pouvait éprouver autre chose que de l'adoration et du respect pour Zabuza.
— Je sais, c'est ridicule. Qui aurait cru que le grand Démon du Brouillard souffrait d'insécurités, hm ?
Les deux adolescents unirent leurs voix dans un faible rire et, pour la première fois depuis le début du voyage, les épaules d'Hitomi se dénouèrent. C'était exactement pour cela qu'Haku lui manquait quand seuls les carnets leurs permettaient de communiquer. Sa logique douce fonctionnait mieux en personne que sur le papier.
— Ah, vous étiez là ! s'exclama Naruto. On a des informations ! Enfin, l'Ermite Pervers a des informations… Mais, hrm, je crois qu'il est occupé.
Il suffit d'un coup d'œil au rose soutenu sur les joues de Naruto pour qu'Hitomi décide ne pas vouloir retourner à l'intérieur, non, même pas pouvoir ce qui retenait Jiraiya. Elle en avait une très lucide idée, merci bien. Elle sortit son porte-monnaie alourdi de ses gains du jour.
— Je crois qu'il y a un stand de nourriture à emporter un peu plus bas dans la rue. Je vous invite ? Jiraiya-sama et Zabuza-san pourront nous retrouver facilement.
Les deux autres n'hésitèrent pas un instant à se laisser tenter et les trois adolescents se dirigèrent vers leur objectif, une lueur affamée dans le regard. Ils avaient petit-déjeuné bien entendu, les adultes n'auraient pas accepté qu'ils fassent l'impasse sur un repas sans bonne raison alors que bien manger était primordial pour un ninja, mais c'était des heures plus tôt. Ils avaient le droit de se faire un petit plaisir, pas vrai ?
