Coucou, désolée pour le retard ! J'étais en examen ce matin et j'ai passé l'aprem à organiser des trucs sur mon twitter. Si vous voulez me suivre, vous me trouverez à nyxisnyx !
Sans se souvenir avec précision de comment elle était arrivée dans son lit, Hitomi ouvrit les yeux à l'aube. Déjà son corps bougeait, envoyant le kunai sous son oreiller se ficher à l'endroit où s'était trouvée la menace dans son esprit : dans le panneau de la porte. Elle prit quelques secondes pour se recentrer, calmant le rythme chaotique de son souffle, puis se leva et récupéra l'arme pour la replacer sous son coussin, là où elle pouvait l'attraper facilement.
Une fois habillée et prête à commencer sa journée, elle ferma les yeux et concentra du chakra dans ses oreilles. Elle pouvait entendre le souffle lourd et lent d'Ensui dans le salon, les respirations conjointes d'Asuma et Kurenai, et dans les deux chambres voisines de la sienne, celles de Naruto et Sasuke. Ils étaient tout comme elle coincés à l'intérieur du village tant que Kakashi ne revenait pas de la mission de rang A qui lui avait été donnée, une situation qui leur déplaisait profondément et les forçait à enchaîner les missions de rang D pour avoir au moins l'impression d'agir.
En silence, Hitomi sortit de sa chambre par la fenêtre, traversa le toit et se laissa tomber dans le jardin. Elle aurait pu passer par le salon, mais pourquoi prendre le risque de réveiller Ensui ? Il avait besoin de repos lui aussi. Il était déjà assez gentil de dormir sur le canapé alors qu'il avait son propre chez-lui, simplement pour pouvoir veiller sur son apprentie et être toujours à proximité si elle avait besoin de lui. Les premiers jours, quand ses cauchemars avaient été d'une incroyable violence, il avait même passé ses nuits dans le couloir, montant la garde devant sa porte.
Dans l'air frais du matin, Hitomi commença son salut au soleil avec grâce et détermination. Elle pouvait remercier Ensui pour la faiblesse des courbatures qu'elle ressentait. Cela aurait pu être bien pire, elle le savait, elle s'en souvenait. Pour ne pas s'épuiser avant que son maître ne vienne s'occuper d'elle, la jeune fille décida de se consacrer à un entraînement au Suiton. Elle commença par former les techniques de base – la dissimulation dans le brouillard et dans les flaques, les clones, la première technique offensive qui envoyait un petit jet d'eau dans l'œil d'un adversaire et qu'elle n'utilisait jamais d'habitude, puis se consacra au reste de son répertoire.
Autour d'elle, son chakra se convertissait en eau et se pliait à sa volonté, intense et libre comme l'élément qu'il émulait. Quant à elle, elle revivait de sentir son corps réagir avec une telle facilité, ses méridiens enfin animés du vrai pouvoir, celui qui lui avait tant manqué. Elle était un ninja. N'en déplaise à Lee qui s'en passait très bien, sans ninjutsu elle était comme privée d'un membre ou d'un sens.
Elle se retourna d'un coup sec en entendant un frottement de tissu derrière elle. Sans même réfléchir, tout en pivotant, elle laissa partir le coup de fouet que son bras avait été en train de préparer juste avant l'interruption. L'arme aqueuse s'enroula autour du bras qu'Ensui avait dressé pour se protéger, un petit rictus amusé sur le visage. Effarée, elle rompit la technique et s'excusa avec profusion, mais il se contenta d'éclater d'un rire doux, une étincelle de fierté dans le regard, lui faisant ainsi comprendre que son attaque ne l'avait pas offensé.
— Je vois que tu ne m'as pas attendu pour te remettre au travail. La plupart des ninjas ont du mal à se remettre aux jutsus après une longue convalescence, parce que la mémoire de leurs corps n'est plus très fraîche. Je pense que tu n'as pas ce problème, hm ?
Hitomi haussa les épaules, s'essuyant les mains sur le legging qu'elle avait choisi pour s'entraîner – il était nouveau, mais elle ne le porterait que dans ce genre de cadre, donc ça ne la dérangeait pas de le salir. La mémoire de son corps était une mémoire comme une autre, et ils savaient tous les deux à quoi s'en tenir à ce niveau. Il lui fit signe d'approcher, attrapa une mèche de cheveux qui s'était échappée de son élastique rouge pour la remettre en place quand elle s'exécuta, et la remit au travail. Tout en effectuant ses propres étirements, il veilla à ce qu'elle s'en sorte avec ses katas. Il était temps qu'elle s'entraîne à nouveau au combat.
Les katas à mains nues ne posèrent pas de problème particulier. Ce jour-là, Hitomi était particulièrement en forme, et l'exercice physique apaisait quelque chose en elle qui, elle l'admettait, en avait bien besoin. Bientôt, il la rejoignit, la guidant à travers les parades, les esquives, les coups, jusqu'à ce qu'ils aient accompli ensemble le set complet trois fois. Ensuite, il retourna à l'intérieur et revint quelques instants plus tard, un sabre et un tantô d'entraînement à la main. Docile, Hitomi décrocha Ishi to Senrigan de sa ceinture et attrapa l'arme qu'il lui tendait.
Les katas du sabre furent plus compliqués. Son corps se souvenait, mais ses muscles n'avaient plus toujours la puissance nécessaire, et elle commençait à arriver au bout de sa puissance. Elle avait le souffle court, de la sueur roulait sur son cou et son dos, mais elle refusa d'abandonner avant d'avoir terminé au moins une fois les katas de base. Ensui la convainquit ensuite de rentrer et de se changer, pour qu'il puisse la faire travailler sur ses sceaux et sa chimie. Cela faisait bien longtemps qu'ils ne s'étaient plus intéressés à cette discipline. Malgré la fatigue, l'impatience chaloupait la démarche d'Hitomi quand elle courut exécuter les ordres de son maître, qui l'observait avec un sourire attendri.
Pendant son absence, il avait cuisiné un solide petit-déjeuner, la poussant à manger un peu plus qu'elle n'aurait pu le faire habituellement. Elle devait reprendre des forces, après tout, et la maigreur que sa convalescence avait fait peser sur son corps ne s'était toujours pas effacée. Ce n'était pas son apparence physique qui tracassait le maître, seulement tout ce qui venait avec : la fatigue plus prompte à miner ses efforts, la fragilité accrue de ses os, la pente glissante qui menaçait de l'emporter sur un sombre chemin d'autodestruction s'il ne veillait pas. Sous sa garde, il ne pouvait laisser cela se produire.
— J'ai parlé à ton oncle, dit-il tandis qu'elle mangeait ses dernières bouchées. Il a accepté de nous donner accès à l'un des laboratoires du clan l'après-midi, à condition qu'on range derrière nous. Ainsi, nous aurons accès à des produits sur lesquels je ne t'aurais pas fait travailler autrement. Tu as fini tes fumigènes pour les Inuzuka ?
C'était un projet qu'Hitomi avait commencé des années plus tôt, et qu'elle poursuivait en pointillés quand elle en avait le temps, mais elle hocha la tête avec un sourire fier. Elle avait trouvé la solution en discutant avec Shizune pendant sa convalescence, et testé ses produits sur Kiba quand elle était rentrée au village. Un succès dont elle n'avait pas à rougir.
— Très bien. Tu devrais prendre rendez-vous avec l'un de leurs armuriers après avoir déposé le brevet de ta formule, pour te mettre à les leur vendre. Pas de petit profit, pas vrai ?
Ils échangèrent un sourire complice. Maintenant qu'il n'était plus en service actif, Ensui vivait principalement des brevets de ses propres inventions. Il avait touché à tout : armes, meubles, procédés chimiques, il avait même inventé certains designs d'accessoires shinobi, comme des pochettes supplémentaires à fixer sur les vestes des Chûnin et Jônin. Un jour, quand Hitomi serait lassée de ses propres combats, elle pourrait sans doute faire de même. C'était une bonne vie.
Ils discutèrent pendant plus d'une heure de chimie avant de glisser sur leur sujet favori, le fûinjutsu. Hitomi avait bien avancé avec ce que Jiraiya lui avait donné comme informations, mais elle calait toujours sur l'invention de ses propres sceaux. Elle voulait utiliser un mélange de toutes les écritures qu'elle connaissait – l'alphabet latin et deux types de runes différents en plus du système d'écriture japonais – pour cela, les rendant virtuellement incompréhensibles pour quiconque n'avait pas reçu les informations nécessaires, qu'elle ne distribuerait qu'avec parcimonie.
Elle avait commencé par rassembler dans un carnet tous les signes qu'elle connaissait, ceux appartenant au japonais exceptés. Elle avait associé leurs symboliques aux signes qui en possédaient une, mais pour les autres, c'était accessoire. Elle travaillait sur la reconstitution d'un simple sceau de stockage uniquement avec ce qu'elle avait rassemblé dans ce carnet, mais pour l'instant, ce n'était pas très concluant. Tandis que les autres habitants de la maison se levaient à leur tour et entamaient leurs journées respectives, elle expliqua à Ensui comment tracer chaque signe. Lui… Lui, il pouvait posséder tout son savoir, elle lui faisait confiance.
Le temps qu'ils finissent leur travail sur le carnet, il était déjà l'heure pour la famille de se préparer à l'intronisation de Tsunade. Hitomi ne pouvait s'empêcher de ressentir une pointe de nervosité qui la rendait fébrile, agitée. Elle laissa sa mère rassembler ses cheveux en un chignon élaboré, quelques mèches tombant sur sa nuque pour en accentuer la délicatesse, puis se maquilla sous son regard attentif. Elle n'était pas encore vraiment douée avec le maquillage, même si elle s'était promis de s'y mettre. Au moins, l'eye-liner, elle maîtrisait, grâce à Ensui.
Elle avait tout fait pour avoir l'air fragile, vulnérable. Avec sa robe, ses délicates sandalettes dorées et le vernis assorti sur ses ongles, elle avait l'air d'une jolie fille civile, rien de plus. Seuls les ninjas sauraient qu'elle était des leurs, mais s'ils ne la connaissaient pas personnellement, ils auraient vite fait d'éprouver pour elle un vague mépris. C'était exactement ce qu'elle voulait. Qu'ils la pensent incapable, maladroite, superficielle. Ils ne soupçonneraient pas ce dont elle était capable.
Lee arriva un peu en avance. Elle l'accueillit d'un baiser sur les lèvres et l'avertit qu'elle avait parlé de leur rupture prévue à sa famille, ce qu'il accepta d'un hochement de tête sérieux. Il comprenait qu'elle répugnait à leur cacher ce genre de choses. Il était élégant, comme toujours quand il sentait que l'effort était nécessaire, la cravate qu'il avait choisie assortie à la robe d'Hitomi par un habile tour de passe-passe – un message via son carnet à celui de Shikamaru, qui avait transmis l'information en temps et en heure.
À dix-sept heures, ils se trouvaient tous dans une tribune dédiée aux clans de Konoha tandis que Tsunade défilait dans la rue principale du village, le dos droit et le regard fier, entourée de ceux qui s'étaient élevés au rang de légende. Ensui et Shikaku se trouvaient dans cette petite sélection, affichant leur soutien à la nouvelle Hokage après avoir plus ou moins discrètement décrié l'ancien. Les Anciens, ces traîtres, posèrent le chapeau symbolique sur la tête de Tsunade et reculèrent d'un pas tandis que la foule de civils et de ninjas mêlés éclatait en hurlements d'approbation.
Tsunade était un ninja médecin. À ce titre, elle savait parfaitement comment son corps fonctionnait – utiliser une technique pour se faire entendre dans tout le village n'était pour elle qu'une formalité. Elle entama son discours d'intronisation du ton fier et sans concession qu'Hitomi lui connaissait bien désormais. La foule était subjuguée, emportée quand il le fallait, les cris de soutien s'élevaient comme de la voix d'un seul homme, et le tonnerre d'applaudissements qui retentit après son dernier mot fit trembler la terre. Une opération de communication réussie, en somme.
Le Hokage en titre vivait traditionnellement dans un manoir au cœur du village, pas trop loin de la Tour et mieux gardé que les banques et les armureries encore. Tsunade l'avait déjà fait sien depuis son retour, effaçant la présence de son prédécesseur qui s'était réveillé de son coma infirme, exactement comme les médics l'avaient anticipé. Hitomi n'arrivait pas à se sentir coupable de ne pas l'avoir totalement sauvé du sort qui avait été le sien.
Elle était sincèrement trop occupée à guetter le moment où elle entendrait parler de ce qu'Hiruzen, Danzô et les Conseillers avaient manigancé contre le clan Uchiha. Si Hitomi ne se trompait pas, la princesse Senju serait absolument furieuse et des têtes tomberaient. Itachi et Hitomi avaient échangé pendant de longues heures sur le sujet, considérant leurs options avec soin. Il n'était pas encore temps d'agir. Pour l'instant, ils se contentaient de communiquer les informations qui leurs semblaient intéressantes, et rongeraient leurs freins.
Au bras de Lee, Hitomi fit son entrée derrière sa mère et Asuma, son grand-père fermant la marche. Ensui n'avait pas pu venir avec eux, mais il faisait partie de la délégation invitée par les Nara. Les invités s'installèrent tous aux places qui leurs avaient été désignées. Les clans Yûhi et Nara se partageaient une table, juste à côté de celle des Akimichi et Yamanaka. Une sage décision, derrière laquelle on pouvait sentir l'influence de Shizune.
— Merci à tous d'être présents ce soir ! s'exclama Tsunade, debout devant sa place au centre de la table principale une fois que tous les invités eurent l'entrée devant eux. Sans plus attendre, commencez !
La première bouchée de la soupe épicée qu'Hitomi avait choisie rappelait Suna. Ensui et elle échangèrent un regard chargé de souvenirs et de nostalgie. Quand pourrait-elle retourner là-bas ? Gaara lui manquait… Et son village aussi. Elle prit soin de savourer son repas tout en écoutant les conversations qui se déroulaient à table. Shikaku et Shinku parlaient de politique, un sujet particulièrement sensible, mais le faisaient avec la courtoisie qui allait de pair avec leur rang. Ils s'étaient toujours bien entendus, même avant que Kurenai et Shikano emménagent ensemble pour élever leur enfant à naître.
Les plats se succédèrent assez lentement, pour laisser aux invités le temps de discuter entre eux, de déployer tout l'art des civilités qu'ils avaient parfois appris à peine sortis du berceau. Une fois, Hitomi se tendit en apercevant le Conseiller Danzô, qui regardait vers sa table d'un air songeur. Sous la table, Lee posa une main sur son genou nu et le caressa doucement jusqu'à ce qu'elle s'apaise. Il ne savait pas pourquoi ou à cause de qui elle avait réagi, mais c'était l'intention qui comptait, sans le moindre doute.
Un peu après la fin du repas, le groupe de musiciens spécialement mandés par Tsunade en personne s'avancèrent à la place qui leur avait été désignée et commencèrent à jouer. L'ouverture était dédiée aux couples régnants de chaque clan ainsi qu'à Tsunade et son compagnon du jour, un membre des forces spéciales qu'Hitomi ne reconnaissait pas – elle pouvait sentir le sceau vibrer sous son épaule, la discrète étincelle de chakra comme un charme qui attirait son regard.
Ensuite, tous les autres invités furent conviés à venir danser eux aussi. Les mains de Lee étaient merveilleusement fermes sur les hanches d'Hitomi. Il avait pris des cours de danse avec Gai-sensei, lui confia-t-il tandis qu'elle essayait très fort de ne pas imaginer la scène. La danse était l'une des compétences qu'apprenaient les jeunes kunoichi en devenir à l'Académie, mais elle s'était assurée de pratiquer avec Ensui, et même en une très rare occasion avec Sasuke, afin d'être prête pour ce soir.
Ils étaient là tous les deux, bien entendu. Le rencard de Naruto était sa cousine Karin, tandis que Sasuke avait choisi Hinata – il savait qu'elle n'était pas attirée du tout par les garçons, tout comme elle savait qu'il n'était attiré par absolument personne, et en plus de ça ils avaient rendu le clan Hyûga très heureux. Ils dansaient tous les quatre un peu plus loin, en périphérie de la piste de danse, là où personne ne viendrait les déranger ou tenter de les embarquer ou pire, d'échanger de partenaires.
Hitomi, pendant ce temps, savourait le temps qu'il lui restait avec Lee. La sensation de son torse contre elle lui donnait les plus délicieux et légers des vertiges. Il se conduisait parfaitement, bien entendu, mais elle ne s'enflammait pas moins. Elle savait que c'était les fichues hormones qui parlaient, en grande partie, parce qu'elle était une adolescente et qu'il s'agissait presque d'un passage obligé, mais quand même, elle aurait apprécié de pouvoir rester parfaitement lucide quand il l'embrassait ou quand son souffle caressait sa gorge, son oreille.
Après quelques danses, Ensui vint requérir sa main. D'une voix basse, tandis qu'ils tourbillonnaient avec élégance entre les autres danseurs, il s'assura qu'elle allait bien, qu'elle s'amusait, qu'elle n'était pas fatiguée. Il avait l'air tendu, et la jeune fille savait très bien pourquoi : derrière eux, ce cafard de Danzô dansait avec Shizune, qui gardait un visage impassible. Avec un sourire, elle tenta d'apaiser son maître en lui parlant d'un mécanisme à ressorts qu'elle voulait utiliser pour créer ses prochaines grenades, et il l'écouta, l'air d'oublier pour un temps ce qu'il avait sur le cœur.
Et puis ce fut le tour de Kakashi de venir lui demander une danse. Elle fut surprise de le voir – elle ne l'avait ni vu, ni senti – mais accepta gracieusement, le taquinant concernant son masque tandis qu'il la guidait à travers le rythme de la musique. Ainsi donc, il était rentré… Cela signifiait sans doute que l'Équipe Sept reprenait du service – ou le reprendrait dès qu'elle serait à nouveau au sommet de ses capacités. Il s'enquit de sa santé, l'air véritablement inquiet et concerné quand elle lui apprit qu'elle se remettait d'une blessure grave et d'un bref rendez-vous avec la mort. Elle savait qu'il la surveillerait de près, désormais, mais franchement ce n'était pas exactement pour lui déplaire.
Enfin, elle put s'asseoir et reposer un peu ses pieds fatigués. Elle regarda Lee danser avec Hinata, un binôme surprenant mais qui fonctionnait manifestement très bien. Ensui avait quant à lui dirigé ses attentions vers Shizune : ils passèrent tous deux près d'elle et elle put les entendre parler de médecine. Il avait confié à son apprentie ses regrets concernant ses pauvres compétences en ce domaine : à part les techniques de premier secours, il n'avait rien pour venir en aide à ses camarades blessés. Et ça, ça avait été suffisant à l'époque, mais maintenant que son apprentie enchaînait les ennuis... Il voulait faire plus, être capable de mieux.
— Tu passes une bonne soirée ? demanda Sasuke en s'asseyant près d'elle.
— Hm hm. Et toi ?
— Hinata est sympa. Les autres filles… Ugh.
Leurs regards songeurs se posèrent tous deux sur Ino Yamanaka, qui dansait avec un membre de l'ANBU. Non pas que Sasuke ait conscience de ce détail… Les ANBU devaient se mêler à la population sans problème. Mais depuis qu'elle avait appris à détecter les sceaux, alliant ses compétences étendues en fûinjutsu et ce qui jadis avait été pour elle une maladie, elle savait dès que quelqu'un portant un sceau actif l'approchait, et apparemment c'était exactement ce que contenait leurs tatouages.
— Je te comprends. J'ai de la chance, moi, entre Ensui-shishou, Kakashi-sensei et Lee, il n'y a pas de vieux pervers pour venir me demander une danse.
— Tu sais que selon ta définition du terme, Kakashi-sensei pourrait entrer dans cette catégorie ?
— Quoi, pour le Paradis du Batifolage ? Mais non… Tu sais, ces bouquins ne sont pas si terribles, et Kakashi-sensei ne me verrait jamais comme ça.
— Ah parce que tu les as lus ?
Hitomi rougit jusqu'à la racine des cheveux et se mordit la langue, pestant en elle-même contre son imprudence. Elle ne pensait pas que Sasuke la dénoncerait à Kurenai… Mais bon, elle n'avait quand même pas envie que ses frères sachent ce qu'elle lisait. Finalement elle haussa les épaules, une expression délibérément désinvolte sur les traits, et décida d'enfoncer le clou jusqu'au bout.
— Bah, ça m'aide à gérer les aléas de l'adolescence… Tu sais, les hormones, tout ça.
Ce fut au tour de Sasuke de rougir, une grimace au bord des lèvres, tandis qu'elle souriait d'un air victorieux. Ca lui apprendrait. Elle ne savait pas exactement ce qu'il avait fait, mais ça lui apprendrait, dans le doute.
— Ugh, ne me parle pas de ça, je t'en prie, je ne veux pas faire de cauchemars ! Quoique… Est-ce que je dois aller casser les genoux de Lee ?
— Quoi, tu veux dire casser les genoux du garçon le plus honorable qu'on connaisse ? Je t'en prie. Il ne profiterait jamais de ce genre de choses. Et puis de toute façon…
Elle soupira et raconta ses problèmes relationnels à son frère. Il avait l'air particulièrement attentif, mais peut-être était-ce pour qu'on ne vienne pas le déranger. Il détestait danser, détestait les relations sociales… Mais il était le seul héritier vivant et légal de la famille Uchiha. Il ne pouvait pas ne pas venir.
— Je vois… Tant mieux, si vous avez mis les choses au clair et décidez d'en profiter tant que vous pouvez. Franchement, je n'aurais pas envie d'aller me frotter à lui, même si pour ton honneur, je le ferais.
— Ooooh, je ne sais pas si je dois être attendrie ou inquiète. Ne t'inquiète pas, si un garçon me traite mal, je l'anéantirai. Tu pourras jouer avec les restes, si tu veux.
— Ca marche !
Ils éclatèrent de rire tous les deux, attirant l'attention de plusieurs adultes. Shikaku sembla soudain se souvenir qu'il avait une nièce présente à cette soirée et interrompit sa discussion avec Tsunade pour venir la cueillir sur sa chaise. Heureusement qu'elle n'avait plus trop mal aux pieds, sinon elle aurait trouvé le moyen de lui faire avaler une de ses chaussures, ou les deux.
— Ca va, Ojisan, avec Tsunade-sama ?
— Oui, plutôt bien. Elle fera une très bonne Hokage, je n'en doute pas.
— Tu as hâte de retrouver ton poste normal ?
— C'est déjà à peu près le cas, maintenant. La seule différence, et ça va rester comme ça, c'est que je suis en plus devenu l'un des conseillers de Tsunade.
— Vraiment ? C'est une excellente position. Ce travail t'intéresse ?
— Ca va. C'est beaucoup de paperasse, mais tu sais que les missions ne me manquent pas vraiment. J'aime m'occuper de nos troupes, et ma double casquette m'y pousse encore plus, alors…
— Je vois ! Dis, tu sais quand sera le prochain examen Chûnin, et où il se déroulera ?
— À priori, ce serait à Kusagakure, d'ici cinq mois environ. Tu y participeras, j'imagine ?
— Si Kakashi-sensei nous inscrit, Naruto, Sasuke et moi, oui. J'ai envie d'avancer en grade et de parcourir le monde.
— Et de retourner voir tes amis à Suna et au Pays des Vagues, pas vrai ?
— Oui, il y a de ça aussi. Les carnets communicants sont très utiles, mais ça ne remplace pas vraiment une discussion face à face.
— Ne t'en fais pas, va, la prochaine fois sera la bonne pour toi. J'ai lu avec attention les rapports qu'on a reçus concernant ton comportement durant l'invasion. Tu aurais été promue si tu avais combattu pendant le tournoi. D'ailleurs, je dois te remercier d'avoir laissé ta place à Shikamaru… Il a été nommé Chûnin par Tsunade ce matin. Elle doit encore le lui annoncer, je pense qu'elle le fera demain. C'est le seul à avancer en grade.
La gorge légèrement nouée, Hitomi hocha la tête, un sourire distant sur les lèvres. C'était toujours un point plutôt sensible pour elle. Faire ce sacrifice avait été une évidence sur le coup, mais ce n'était pas pour autant qu'elle le vivait parfaitement bien. Elle devait serrer les dents et attendre… Son tour viendrait, il l'avait dit. Elle dansa encore quelques minutes avec lui, menant la discussion sur des terrains moins glissant, puis retourna s'asseoir près de Sasuke, qui avait réussi à faire oublier sa présence aux filles le temps de son absence.
Le reste de la soirée fut définitivement léger. Elle récupéra son cavalier, dansa, rit, l'embrassa jusqu'à perdre la tête dans une petite alcôve hors de vue de la salle de bal et bouda un peu quand il la relâcha pour reprendre et son souffle et ses esprits. Il la dérida de quelques autres baisers, moins intenses ceux-là. Quand il fut l'heure de rentrer à la maison, Asuma et Kurenai était légèrement ivres – et apparemment l'alcool les rendait assez affectueux l'un envers l'autre, plus qu'ils ne le seraient normalement en public. Ensui, lui, avait décidé de rester sobre, pour pouvoir veiller sereinement sur les adolescents.
La nuit serait longue. Nombreux seraient les Konohajins, civils et ninjas confondus, à célébrer jusqu'au petit matin, et cette fois, le clan Nara ne serait pas en reste.
