Une fois le lieu dûment préparé, Hitomi fit à nouveau appel à Tobirama. Après sa très longue et très intense séance d'entraînement au kenjutsu avec Ensui, elle était physiquement épuisée, une fatigue saine et juste qui provoquait chez elle une satisfaction profonde. Son esprit, quant à lui, réagissait toujours avec largement assez de clarté pour lui permettre de travailler. Elle avait juste eu besoin de l'aide de son maître pour installer au centre de son petit coin d'entraînement un lourd rocher qui pourrait subir quelques solides explosions avant de voler en poussière.
— Bon, les sceaux de contact. Je ne vais pas te mentir, petite, c'est une matière incroyablement compliquée, qui demande un niveau de contrôle de chakra presque ridicule. Cela dit, puisque tu as réussi à créer l'encre pour modifier mon miroir, j'imagine que tu en es capable, si tu travailles dur et que tu te montres assidue.
Elle inclina la tête mais ne répondit pas, impatiente de le voir passer au vif du sujet. La curiosité qui la dévorait n'aurait su se réfréner encore bien longtemps.
— Pour créer un sceau de contact, tu dois forcer ton chakra à reproduire exactement la forme du sceau que tu veux poser, son apparence si tu l'avais tracé sur du papier. Pour un sceau explosif simple, c'est assez facile, tu ne devras pas apprendre de compression ou quoi que ce soit du genre, mais crois-moi, ce sera déjà bien assez compliqué comme point de départ.
Il se lança dans des explications plus détaillées, exposant sa façon dont le sceau devait littéralement naître et s'étendre en une fraction de seconde sous ses doigts avant qu'elle puisse ne serait-ce que songer à en apprendre un autre. Il s'animait quand il parlait des théories nébuleuses de son domaine, ses mains et ses bras parcourus d'une énergie qu'elle parvenait presque à ressentir physiquement. Il n'avait pas les talents de professeur dont Ensui faisait preuve depuis son enfance – il avait tendance à tenter d'illustrer ses propos avec des parallèles abstraits et complexes – mais Hitomi parvenait à suivre. Au moins, comme Kakashi, comme son maître, il donnait sincèrement de sa personne pour qu'elle apprenne.
Il lui fallut plus de deux semaines de tentatives répétées, d'échecs successifs et de bras enflammés avant de réussir à faire apparaître des lignes de chakra rouge sombre sur la pierre. Épuisée, elle tomba à genoux sur le sol durci par le gel, la main droite crispée si fort sur le manche du miroir que ses jointures protestaient. Son cœur battait à tout rompre sous l'effort, une sueur glacée lui roulait dans le dos. Elle était incapable de détacher son regard du sceau, de sa réussite, que Tobirama contemplait lui aussi avec un air de fierté et d'intense satisfaction.
— Ca suffit pour aujourd'hui, petite. Va faire soigner tes méridiens par ton maître et prends la journée de demain pour te reposer. On testera ton sceau une autre fois.
Elle se releva lentement, avec l'impression que son corps avait pris dix ans d'âge en quelques heures à peine. Ses Portes se crispaient à l'intérieur d'elle, pratiquement vides. Elle refusait de puiser dans la réserve désormais conséquente enroulée en trois points – neutre, eau et foudre – au-dessus de son nombril, pas alors qu'elle risquait d'en avoir un besoin vital dans le futur. En conséquence, elle souffrait des symptômes de la carence en chakra comme n'importe quel shinobi soumis à un régime d'entraînement aussi rude que celui qu'elle s'imposait. Avec un soupir, elle rompit la connexion au miroir et se traîna à travers le sanctuaire.
Elle sentit la présence de son maître à l'intérieur du temple, aux côtés de Koichi et de deux initiés qui la servaient souvent durant ses entraînements, lui apportant tantôt une écharpe, tantôt de la nourriture. D'après les moines qui avaient la très intéressante habitude d'échanger des ragots à portée des oreilles d'Hitomi, ils avaient grandi comme frère et sœur et étaient devenus des bourreaux des cœurs dans le monde miniature qui n'incluait que le sanctuaire et ses habitants. Ils n'avaient rien tenté avec elle, même si elle sentait parfois un regard s'attarder sur elle plus que de nécessaire.
— Hitomi ? appela son maître d'un ton inquiet en la voyant tituber à l'intérieur du temple.
— Hmph… J'ai franchi la première étape.
Il sourit et, sans quitter sa position en seiza, ouvrit les bras dans sa direction. Elle s'y blottit comme elle pouvait, se roulant en une petite boule frissonnante et meurtrie à l'intérieur de son étreinte. Les mains sûres et fortes de son maître trouvèrent ses avant-bras en feu et les soignèrent avec douceur tandis qu'elle flottait entre conscience et sommeil, parcourant sa Bibliothèque plutôt par habitude que nécessité. Elle parvenait à sentir la présence de ses chats ninjas, loin, loin dans les forêts qui enveloppaient le temple comme un écrin de bois et de chlorophylle. Des prédateurs comme eux triomphaient au cœur de l'hiver tandis que les proies les plus faibles mouraient les unes après les autres.
Au moins le sanctuaire était-il très bien nourri grâce à leurs efforts. Une fois par semaine, sous ordre de son maître, les deux shinobi se joignaient aux félins et dépensaient l'énergie qui s'accumulait en eux à force de rester enfermés dans une partie du monde assez limitée. Ensui s'assurait de trouver le parfait équilibre entre un temps maximal de travail sur ses sceaux et l'entretien de ses compétences. Désormais, elle était capable de se reposer sur deux techniques Raiton de rang D et une de rang C. Ce n'était pas encore suffisant pour prétendre au titre de Jônin. Elle ne voulait pas le devenir avant de rentrer, de toute façon.
Ce titre signifierait la fin de son apprentissage sous la tutelle d'Ensui.
Elle voulait attendre de rentrer à Konoha parce que leur première démarche serait de se lier définitivement l'un à l'autre à travers une adoption. Il pourrait toujours légitimement lui apprendre des choses, même s'il ne serait plus son maître. N'était-il pas coutumier pour les pères d'enseigner de nouvelles connaissances à leurs enfants ? Elle avait besoin de ça, de cette certitude. Elle ne pouvait laisser Ensui derrière elle d'aucune façon, elle n'en était pas capable même s'il s'agissait d'une question de vie ou de mort – heureusement, ils n'en étaient pas là.
Le lendemain, comme Tobirama l'avait ordonné, elle se reposa. Pour la première fois depuis longtemps, Ensui la laissa retourner se coucher après le salut au soleil – il poussa même le zèle jusqu'à venir la border dans sa chambre et refermer les rideaux, circulant comme il le pouvait entre les six chats endormis qui avaient fait de cet endroit leur domaine. Même les initiés avaient accepté cette décision officieuse. Ils n'exprimaient plus depuis longtemps ni crainte ni malaise quand ils étaient confrontés à un félin géant. Ils progressaient et apprenaient, tout comme elle.
Bientôt, son entraînement reprit. Sa première explosion fut trop faible au goût de Tobirama – il avait raison, elle le lui accordait sans peine. Elle créa sceau sur sceau jusqu'à ce que ses bras baignent dans une douleur sourde en permanence. Même Ensui ne parvenait plus à soigner parfaitement ses méridiens abusés. Ce n'était pas un sacrifice jeté au vent : elle progressait chaque jour, gravissant les échelons de son art avec une avidité qui faisait presque peur à voir.
Finalement, elle maîtrisa le sceau explosif de contact à un niveau qui satisfit son professeur pourtant exigeant. Il l'autorisa à passer à autre chose, à apprendre comment reproduire un motif plus complexe, puis un autre et un autre encore. Puisqu'elle avait maîtrisé le principe avec son premier projet, elle perdait désormais moins de temps dans de frustrants échecs. Le travail résidait surtout dans la complexité toujours plus grande des nouveaux sceaux qu'elle abordait. Au bout d'un mois, elle avait maîtrisé tout son répertoire primaire sous cette forme.
— Tu maîtrises bien la théorie de la réduction, pas vrai ? J'imagine que tu dois te reposer sur ce mécanisme très souvent vu la taille de certains de tes sceaux.
Elle confirma d'un petit son bas dans la gorge, avachie contre le tronc d'un arbre depuis longtemps tombé. Ses bras refusaient de répondre aux ordres, agités de faibles tressaillements à chaque fois qu'elle essayait de les remuer. C'était devenu une occurrence vers la fin de ses séances d'entraînement avec Tobirama. Il veillait à lui ordonner de s'arrêter avant qu'elle ne cause des dommages irréversibles mais même lui avait dû passer par là. Le savoir et la souffrance se liaient étroitement à ce stade de leur art.
— Bien. Les sceaux de contact sont aussi réductibles que leurs pendants tracés à l'encre. Tu vas apprendre comment reproduire ce phénomène. Les sceaux-balises sont incroyablement complexes, précis et personnels, comme tu le sais. Sans réduction, ils s'étendent probablement sur un hectare.
Hitomi écarquilla légèrement les yeux, prise au dépourvu. Elle n'avait pas imaginé une telle étendue. Après s'être mentalement secouée, elle écouta les explications du Deuxième Hokage : pour compresser un sceau de contact, il fallait reproduire la manière dont sa version encrée se contractait sur le papier ou la chair. Elle apprendrait d'abord à le faire lentement mais, pour qu'il la considère versée dans le domaine, elle devrait atteindre une vitesse de moins d'une seconde par apposition, compression incluse. Cela semblait inatteignable – elle n'avait jamais reculé face à un défi.
Les périodes de repos et de travail s'alternèrent durant les semaines qui suivirent, optimisées afin de maintenir sa santé dans tous ses aspects. Elle entretenait toujours sa correspondance, bien entendu, mais les troubles semblaient s'être apaisés à Kirigakure comme du côté de l'Akatsuki ou même des Villages Cachés dans lesquels elle avait des contacts. Le seul évènement à réellement la surprendre fut une lettre de Shikamaru :
Hitomi,
J'espère que tu vas bien, où que tu te caches et quoi que tu fasses. Père m'a parlé de son intrusion au Pays du Vent pour te porter secours. Tu aurais dû me dire que tu avais été blessée, tête d'oiseau ! Même si je ne peux rien faire, je veux savoir comment tu vas. Quand ça ne va pas, tu peux me parler, tu sais. Tu as le droit de m'inquiéter.
De mon côté, tout va bien. Maman est fière de moi parce que Tsunade-sama m'a choisi pour organiser un examen Chûnin commun à Sunagakure et Konoha. C'est la galère, tu t'en doutes, mais je travaille avec Temari. Elle, au moins, elle a la tête sur les épaules, pas comme Kankurô. Je crois qu'il y a un truc entre nous mais je n'en suis pas sûr et je ne veux pas me comporter comme un idiot. Tu imagines les répercussions sur notre travail si je me trompais là-dessus ? Hors de question de prendre le risque.
Tiens, tu vas adorer ce petit ragot, j'en suis sûr. Hier soir, Chôji a vu Kakashi-sensei et Gai-sensei sortir de l'un des restaurants de son père. Et ils se tenaient la main ! Il ne s'est pas assez attardé pour voir s'ils allaient s'embrasser ou pas, mais on dirait que ton sensei s'est trouvé quelqu'un finalement. Et avec Gai-sensei pour rival amoureux potentiel, plus personne n'essayera de le draguer.
Ino tourne autour de Sai ces derniers temps. Il va en mission avec Chôji et elle quand je ne suis pas disponible à cause de la préparation de l'examen. Il est bizarre mais il les protège et c'est ça qui compte, j'imagine. Je garde un œil sur lui, comme tu me l'as dit.
Comment se passe ton entraînement ? Est-ce qu'Ensui a décidé de se bouger et de demander à Shizune-san de sortir avec lui quand il rentrera ?
Fais attention à toi,
Shikamaru.
Hitomi sourit avec affection en parcourant la lettre des yeux. Oui, Shikamaru avait raison, la nouvelle de la relation entre Kakashi et Gai la surprenait un peu, mais elle les avait vus avant l'examen Chûnin de Kusagakure, la manière dont ils s'appuyaient l'un sur l'autre, leurs mains jointes et leurs regards juste assez fuyants. Elle était juste satisfaite de pouvoir en être certaine… Et du fait qu'en effet, son sensei serait protégé des assauts de shinobi aux hormones en feu.
Elle continua de se tenir au courant de la vie au village ainsi que dans le reste du monde. Ses contacts n'attendaient même pas qu'elle le leur demande pour la baigner dans les menus détails de leurs vies respectives. Elle séparait systématiquement les détails des informations importantes et les classait avec soin dans son esprit. Ainsi, elle apprit qu'Anosuke et ses amis avaient enfumé toute l'Académie pendant l'une de leurs expériences, qu'Hana Inuzuka avait plusieurs fois été vue au bras d'Iruka Umino, qu'un incendie avait inquiété tout le monde au département Torture et Interrogatoire et qu'Anko avait reçu un blâme pour l'avoir allumé.
Elle s'immergeait sans réserve dans l'entraînement et l'apprentissage que Tobirama mettait à sa disposition. Elle se sentait progresser chaque jour, même si c'était parfois trop subtil à son goût. C'était le Troisième Hokage que l'on nommait « Le Professeur », pourtant son prédécesseur n'aurait pas démérité ce titre lui-même aux yeux de la jeune femme. Il savait comment la concentrer sur un objectif, quand elle avait besoin d'une pause, quand elle risquait de se blesser. C'était à se demander si Ensui ne lui avait pas imposé un cours de rattrapage sur comment gérer sa pupille, mais quand aurait-il pu le faire ? À la réflexion… Ce n'était pas si improbable que ça. Son Jônin favori était plein de ressources.
Quand elle ne travaillait pas, ne s'entraînait pas, ne chassait pas, elle passait du temps avec les initiés du sanctuaire. Pour eux, si habitués à une vie recluse, Ensui et elle constituaient une nouveauté attirante, même après plusieurs mois. Après tout, ils se mélangeaient encore peu à la population qui les avait accueillis si chaleureusement, même s'ils aidaient sans hésiter dans la mesure de leurs moyens. Le frère et la sœur parmi les adeptes qui l'avaient plus d'une fois approchée avec des arrière-pensées courtisaient désormais Hitomi sans s'en cacher, comme pour jouer à qui le premier gagnerait les faveurs de la dangereuse et trop sérieuse kunoichi.
Elle acceptait leurs avances parce qu'ils savaient toujours s'arrêter avant d'aller trop loin, de la déranger, mais n'y répondait jamais. Ce n'était pas qu'ils ne l'attiraient pas, non, ils savaient comment jouer de leurs peaux pâles et de leurs charmes respectifs, mais elle craignait de perdre son objectif de vue si elle écoutait les élans de son corps. Après tout, ça avait été le cas avec Fû, pendant un délicieux et délicat moment – cela pouvait toujours se reproduire. Elle rebutait à accepter son propre caractère faillible, aussi valait-il mieux se détourner de toute tentation.
Trois mois après avoir commencé à travailler sur les sceaux de contact, elle avait transposé tout son répertoire dans ce nouveau style mieux adapté au combat. Bien sûr, certains comme le Sceau qui Endigue le Mal ne valaient même pas la peine d'être adaptés, d'autres comme son Sceau de Métamorphose avaient besoin d'une stabilité qui pouvait seule être apportée par un tatouage et des pinceaux, mais elle se trouvait tout de même brutalement bien mieux armée qu'elle ne l'avait été six mois plus tôt. Le printemps régnait désormais en maître sur le sanctuaire, parant les bois alentours d'odeurs et de couleurs qui invitaient à la contemplation et à la langueur.
Hitomi recevait très régulièrement de la part d'Haku des messages qui l'informaient de l'évolution de la situation au Pays de l'Eau. Ao et Chôjurô étaient parvenus à tuer l'un des Jônin fidèles à Yagura, le Mizukage en place, mais le plus jeune avait été assez gravement blessé dans la manœuvre. Ils ne ressortiraient pas de leur cachette avant un moment. Leur geste n'en perdait pas son caractère victorieux – c'était juste un bref désagrément. Ensui, avec toute son expérience et son précieux, précieux savoir, affirmait que la guerre et les guérillas en étaient remplies.
— Tu es prête à te lancer dans l'apprentissage du Hiraishin, déclara Tobirama un matin. Au vu de tes progrès récents, j'estime que ça devrait te prendre trois mois environ. Ensuite, tu devras utiliser les notes de mon successeur pour réussir à réduire le coût physique de la technique jusqu'à ce qu'elle puisse te servir au combat.
Elle acquiesça et redressa le dos sans quitter sa position en seiza sur le sol froid et irrégulier du petit coin isolé dont elle se servait depuis des mois comme d'un terrain d'entraînement. Elle était encore courbaturée du dernier combat qui l'avait opposée à Ensui. Il ménageait à peine ses efforts quand il l'affrontait à présent, ce qui signifiait qu'elle passait son temps à voler à l'autre bout de la cour intérieure sans avoir la moindre chance de le toucher en retour. Frustrant mais efficace, elle l'admettait sans problème.
— Concentre-toi, Hitomi-chan, l'admonesta l'homme dans le miroir. Ce domaine est bien trop complexe pour te permettre la moindre distraction.
Elle rougit légèrement en constatant à quel point il avait raison. Ses yeux retrouvèrent leur clarté et se concentrèrent sur le miroir.
— Je vous écoute, Tobirama-san.
— Bien. La première étape pour dompter le Dieu de la Foudre est de créer la balise unique qui te permettra de te repérer à travers le flux de chakra naturel autour de toi. Le seul moyen que je connaisse est de méditer jusqu'au plus profond de ton propre chakra, mais peut-être mon successeur a-t-il trouvé quelque chose d'autre ?
Elle secoua la tête pour lui signifier que ce n'était pas le cas, aussi déçue que lui. La méditation n'avait jamais été son fort, paradoxalement. Elle ne pouvait se réfugier dans sa Bibliothèque durant ce laps de temps. Néanmoins, elle devait affronter ses faiblesses si elle voulait s'épanouir avec toute la brutalité et l'intensité qui étaient attendues d'elle. Par elle-même, sa famille, son clan, son village, le reste du monde même si on incluait tous les jinchûriki à travers les Nations Élémentaires qu'elle avait juré de protéger des sales pattes de l'Akatsuki.
— Bon, dans ce cas, désolé mais tu suivras cette méthode. Tu ne pourras pas tenir le miroir pendant ce temps, donc tu méditeras seule. Crois-moi, tu le sauras quand tu y parviendras. Dès que tu sentiras ton chakra s'étirer brutalement dans toutes les directions, entame une contraction si tu ne veux pas qu'une bonne partie du sanctuaire te serve de balise. Bonne chance, Hitomi-chan.
Elle comprit qu'il la congédiait, coupa le flux de chakra en direction du miroir et le posa devant elle avant de s'agiter jusqu'à être assise en tailleur, une position bien plus confortable que le seiza sur le sol dur et irrégulier. Il lui fallut un moment à lutter contre l'instinct qui la poussait en direction de sa Bibliothèque avant de sentir ses muscles se détendre. Sa respiration s'approfondit progressivement ; quelque part au-dessus de sa tête, un rossignol chanta quelques trilles enthousiastes qui dessinèrent sur ses lèvres l'ombre d'un sourire. Elle ferma les yeux et se concentra sur le flux paresseux du chakra qui gorgeait ses portes et ses méridiens.
Il lui fallut des jours et des jours de méditation, sous la pluie et le soleil qui alternaient avec soin leurs passages sur le sanctuaire, baignée dans le rythme tantôt paisible tantôt impétueux de son chakra, avant de trouver, enfin, le point profondément enfoui en elle-même décrit dans les carnets de notes de Minato. La sensation de sa propre énergie envahit son sixième sens au point de devenir presque insupportable. Elle serra les dents, plongea encore plus profond, si loin et si submergée qu'elle perdit connaissance pendant un instant, son corps s'affaissant dans l'herbe tendre qui commençait à repousser sous elle.
Et soudain, enfin, enfin, elle sentit son chakra s'étendre brusquement tout autour d'elle, loin, loin, plus loin que son regard ne pouvait porter. Elle émit un petit bruit indéfinissable, contraignit son corps à se contracter et son chakra à en faire de même, la main gauche posée à plat contre le sol. La tête lui tourna d'un coup, la désorientant pendant une effroyable seconde, puis le flux de chakra s'arrêta, une étincelle concentrée dans un point de la taille de sa paume, sous sa main. Elle se redressa lentement en position assise, son cœur battant la chamade, prit le temps de repousser ses cheveux derrière ses oreilles. Alors seulement elle baissa les yeux et rompit le contact avec le sol.
Sur la terre battue se trouvait son sceau, enchevêtrement complexe de traits droits ou courbes, présence fantôme sur les sensations que lui apportaient ses méridiens. Elle s'empara du miroir de Tobirama mais s'arrêta dans le geste qui l'aurait appelé à elle quand elle vit son reflet : son nez saignait abondamment, un signe qu'elle reconnaissait sans peine comme inquiétant. Avec un petit soupir, elle se releva et tituba dans la direction où elle percevait Ensui et son chakra, incapable de marcher droit, trébuchant même à plusieurs reprises. Rien que pour ça, elle comprenait le petit nombre de privilégiés capables d'apprendre cette technique.
Elle sentait toujours sa marque derrière elle, comme un rappel incessant de son passage à cet endroit.
Elle rejoignit son maître dans la cuisine du sanctuaire, où il était occupé à préparer un lapin qu'il avait tué à la consommation. Quand il vit sa pâleur, le filet de sang frais qui roulait de son nez jusqu'à ses lèvres et son menton, il posa immédiatement son couteau et se leva d'un bond. Il prit son visage en coupe, la forçant à regarder en direction de l'ampoule froide et nue qui éclairait la pièce, avant d'activer son chakra médical. Elle laissa échapper un soupir de soulagement quand la violente migraine qui lui serrait les tempes et qu'elle n'avait même pas remarquée jusque-là commença à s'estomper. Ses genoux cédèrent sous elle – si son maître ne l'avait pas tenue fermement, elle se serait effondrée.
— Ma puce, tu m'expliques comment méditer t'a donné une petite commotion cérébrale ?
Elle grogna mais ne répondit pas tout de suite, laissant plutôt le chakra de son mentor chasser la douleur et la confusion pendant quelques minutes.
— J'ai réussi, shishou, finit-elle par articuler dans un filet de voix. J'ai juste… Je ne m'attendais pas à ce que mon chakra soit aussi intense et m'agresse comme ça. C'était comme de me retrouver à nouveau avec vous dans une cellule à Suna.
Ils frissonnèrent tous deux d'horreur à l'évocation de ce souvenir ; les bras d'Ensui se refermèrent autour de son apprentie dans un réflexe protecteur. Il posa son menton sur le sommet de son crâne, sa main droite effleurant le pouls encore irrégulier qui battait le long de sa gorge. Un peu faible, mais vivante. Quelque chose en lui se détendit légèrement, si bien qu'il ferma les yeux, presque apaisé malgré la situation.
— Tu vas te reposer aujourd'hui pour laisser le temps à tes méridiens de se remettre du choc. Et demain, quand tu réessayeras, je veux être à tes côtés histoire d'intervenir au plus vite si ça reproduit, d'accord ?
— Normalement ça ne devrait pas, je n'ai plus besoin de m'enfoncer aussi loin dans mes réserves maintenant que mon chakra est capable de créer la balise, mais… Oui, shishou, j'aimerais que vous soyez là juste au cas où.
Il lui sourit, l'expression douce et attentive illuminant ses yeux gris sombre. Elle employa le reste de la journée à lui obéir, utilisant aussi peu de chakra que possible durant les heures qui suivirent, et ce uniquement pour échanger de longues lettres avec tous ses correspondants. Haku se montra extatique et encourageant quand elle lui expliqua ses progrès ; elle se languissait de le revoir. Elle ressentait cet élan d'impatience quand elle pensait à la plupart des gens avec qui elle échangeait à distance, régulièrement ou non, mais Haku… Lui était en danger, elle le savait même s'il évitait d'en parler.
Le lendemain, elle reporta sa réussite et les conséquences qu'elle y avait assimilées à Tobirama. L'ancien Hokage l'écouta avec attention mais sans la moindre surprise, jusqu'à ce qu'elle détaille la maladie dont elle souffrait depuis la naissance. Là seulement il fronça les sourcils et se mordilla la lèvre inférieure, un signe subtil mais clair comme le jour, pour Hitomi qui avait si bien appris à le connaître, de son agitation.
— Tu aurais dû me parler de ta santé il y a des semaines, Hitomi-chan. On aurait pu te poser un sceau temporaire qui t'aurait épargné la commotion.
Elle détourna le regard, embarrassée et mal à l'aise. Elle ne savait même pas pourquoi elle se montrait si réticente à partager ses faiblesses avec son mentor dans l'Art des Sceaux – ou plutôt elle avait des pistes concernant ses raisons qui lui déplaisaient profondément. Il était partial, bourré de préjugés qui risqueraient de créer des conflits quand elle s'appliquerait à sauver Itachi et ramener Sasuke à Konoha en sécurité. Elle ne pouvait se permettre de lui donner trop de prises sur elle.
— Est-ce que ça risque de se reproduire ? demanda-t-elle en ignorant soigneusement le reproche.
Tobirama réfléchit quelques secondes avant de secouer la tête :
— Je ne vois pas de raison pour laquelle tu aurais besoin de recomposer ta balise, donc non.
Elle soupira de soulagement et se détendit, étendant ses jambes devant elle. Elle était assise juste à côté de sa toute première balise. Elle aurait pu la dissiper d'une simple rupture mais s'y sentait étrangement attachée, et pas seulement parce que son chakra était littéralement lié à la petite marque sur le sol.
— Bon, quelle est la prochaine étape dans ce cas ?
— Tu vas commencer par poser quelques balises un peu partout dans le sanctuaire, répondit l'ancien Hokage. Pour l'instant, tu ne sais pas encore comment t'y téléporter mais je veux que tu t'habitues à la sensation d'avoir des balises dans différentes directions. Tu en planteras une dizaine en changeant autant de variables que possible puis tu passeras un mois à t'entraîner comme d'habitude avec ton maître.
— D'accord. À quoi dois-je m'attendre ?
— Tu te sentiras souvent désorientée voire paranoïaque, surtout les premiers jours. Cela se produira de moins en moins fréquemment ensuite. Dans un mois, ces sensations auront disparu, ton cerveau aura développé une sorte de nouveau sens pour gérer toutes les nouvelles informations qu'il reçoit.
— Ca semble très rapide comme adaptation, non ?
Tobirama haussa négligemment les épaules.
— Pour des civils, peut-être, mais les ninjas ont toujours été plus résistants, n'est-ce pas ?
Elle entendit le léger mépris dans sa voix ; elle devait se souvenir que Tobirama était un militariste, l'un de ceux qui, à son époque, auraient bien voulu se débarrasser de l'influence des daimyôs qui avaient contraint les Villages Cachés à déposer les armes. Elle laissa passer, toutefois : elle ne pouvait se mettre son professeur à dos.
— Dans ce cas, il vaut mieux que je vous contacte à nouveau quand ce sera maîtrisé, non ?
— Oui, en attendant ça ne sert à rien. Il n'y a pas de raccourci pour maîtriser cette technique, pas de conseil supplémentaire qui t'aiderait à la plier plus rapidement à ta volonté. Au-delà des instructions basiques, je ne peux pas t'assister.
— Très bien. Je vous reverrai donc dans un mois, Tobirama-san.
— Fais attention à toi durant ce temps, Hitomi-chan, mais ne te ménage pas.
Elle acquiesça et rompit le contact, un sentiment de mal-être s'attardant pendant quelques instants dans ses muscles. Deux minutes plus tard, elle s'était remise et s'attelait déjà à sa tâche, s'élançant vers le temple pour y déposer une balise. Ce fut après avoir posé la troisième qu'elle commença à ressentir ce que Tobirama avait évoqué. Elle ne trébucha pas avant d'avoir posé la septième mais fut totalement incapable d'arrêter sa chute, submergée qu'elle était d'informations en tous sens. Elle aurait pu s'arrêter là, mais son instructeur avait été clair : il en fallait trois de plus. Elle poussa sur ses jambes, se releva et tituba à travers le sanctuaire sous le regard éberlué des initiés et des moines qui s'animaient autour d'elle.
Dix minutes plus tard, elle s'effondra en essayant de s'asseoir sur un banc de pierre, parvenant de justesse à protéger sa tête de ses mains. Elle ferma les yeux dans l'espoir de réduire ses accès de nausée, sans succès. Son esprit luttait pour tenter de s'adapter aux signaux qu'il recevait en tous sens mais son oreille interne protestait vigoureusement, si bien qu'elle ne parvenait plus à distinguer le haut du bas, le gauche de la droite, l'avant de l'arrière. Ensui la trouva roulée en boule à même le sol, agitée de tremblements et de petits gémissements pitoyables d'animal blessé.
— Hitomi ? demanda-t-il d'un ton inquiet.
Elle ouvrit la bouche pour le rassurer mais son estomac profita de l'occasion pour se contracter brutalement, la forçant à vomir tout son contenu en quelques remontées brûlantes et douloureuses. Une plainte épuisée lui échappa quand ce fut fini ; son maître se trouvait déjà à genoux à côté d'elle, une main nimbée de chakra médical tentant de découvrir ce qui n'allait pas. Il fronça les sourcils quand il passa sa paume sur son crâne, comme si les informations qu'il obtenait le prenaient par surprise.
— Qu'est-ce que tu as fait ?
Elle répondit d'un petit gémissement informe et la vision de son apprentie dans cet état de vulnérabilité fendit le cœur d'Ensui. Il soupira, la prit dans ses bras sans se soucier de ses vêtements souillés par la nausée qui avait gagné la bataille ou de la sueur froide qui courait partout sur elle.
— D'accord, d'accord. Tu m'expliqueras plus tard. Je te ramène dans ta chambre, tout va bien se passer, ma puce. Tout va bien.
Elle perdit connaissance quand il la souleva de terre, mais il ne ralentit pas le rythme. Il entendait toujours sa respiration encombrée, laborieuse mais régulière, il savait qu'elle n'était pas en danger. Il avait à moitié envie de s'emparer de son maudit miroir pour hurler sur Tobirama. Si cela avait pu arranger les choses, peut-être qu'il aurait cédé à cette impulsion… Peut-être, oui. Après tout, une solide tendance à la rébellion s'était inscrite en lui depuis la mort de son fils. Mais cela ne ferait qu'endommager les rapports d'Hitomi avec son instructeur. Il ne pouvait pas lui faire ça.
Elle se réveilla quelques heures plus tard dans sa chambre, plongée dans le noir total. Quand elle ne pouvait discerner quoi que ce soit indiquant sa position dans l'espace, la nausée n'était qu'une vague pression dans sa gorge, désagréable mais supportable. Elle sentait le chakra d'Ensui à côté d'elle. Il lui prit la main et y plaça un cylindre frais et humide – un verre d'eau. Elle en avala le contenu à petites gorgées prudentes, malgré la soif qui lui épaississait la langue. Une fois le verre terminé et récupéré par son maître, elle commença à lui expliquer ce qu'elle avait dû faire et les conséquences sur son cerveau, son équilibre, ses sens. Il écouta avec attention puis se redressa sur sa chaise, qui craqua légèrement.
— C'est cohérent avec ce que la technique de diagnostic essayait de me faire comprendre. Je n'aime pas ça, mais si c'est inévitable… Tu n'es pas en état de t'entraîner aujourd'hui. Peut-être demain, si pas… On attendra tout le temps qu'il faudra pour que tu puisses au moins te déplacer correctement. Koichi-san m'a raconté comment tu titubais à travers le sanctuaire. C'est lui qui m'a dit où tu étais.
Les joues d'Hitomi rougirent de honte. Heureusement, son embarras était parfaitement invisible dans la pénombre totale, mais son maître le soupçonnait sans doute.
— Tobirama-san a dit que je devais m'entraîner normalement.
— Et normalement, je ne te laisserais pas sortir de ce lit si tu n'étais pas capable de mettre un pied devant l'autre. Même sous ma supervision, il serait dangereux pour toi de t'entraîner si ta proprioception est réduite à néant. Je pourrais intervenir trop tard, tu pourrais te blesser en essayant de lancer un shuriken. Le cerveau est une machine incroyable, Hitomi. Tu attendras qu'il se soit un minimum habitué à la sensation, c'est non-négociable.
Elle acquiesça en entendant l'accent dur dans les mots de son maître, réticente mais contrainte à la docilité. Elle n'était pas assez stupide pour aller essayer de s'entraîner dans son dos. Satisfait de sa réaction, l'homme se leva et lui tapota gentiment l'épaule.
— Je vais retourner rassurer Koichi-san, d'accord ? Reste dans le noir, n'essaye pas de lire ou même de te redresser avant d'être sûre de ne pas vomir sous l'effort. Je viendrai t'apporter à manger dans une heure.
— Oui, shishou, murmura-t-elle du bout des lèvres.
Tandis qu'il s'en allait, elle ferma les yeux et s'immergea dans sa Bibliothèque. Puisqu'elle ne pouvait rien faire de physique, elle allait s'occuper de ranger les choses non-classées et douloureuses qu'elle avait laissées s'accumuler ces derniers mois dans sa Bibliothèque. Il lui fallut lutter contre ses propres réticences pour remettre de l'ordre dans ses souvenirs de Suna, puis du Pays de la Montagne. Tous ceux qui la faisaient frissonner d'horreur et revenaient régulièrement la hanter, elle les rangea derrière la porte de ronce et d'acier qui la protégeait de ses propres démons. Elle savait que ces souvenirs se trouvaient là, elle connaissait leur contenu, mais l'emprise psychologique qu'ils avaient sur elle était bien plus supportable comme ça.
Il lui fallut deux jours pour être à nouveau capable de se lever. Elle vacilla et se trompa encore et encore dans le salut au soleil ce matin-là, si bien qu'Ensui dut interrompre le sien pour accompagner ses gestes de ses mains, aussi patient et délicat que si elle était encore une enfant. Une paire de jours plus tard, elle était assez adaptée pour se battre contre lui, même s'ils devaient régulièrement s'interrompre quand une vague de nausée la frappait. Elle progressa ainsi, jour après jour, semaine après semaine, et le trentième, exactement comme Tobirama l'avait prédit, ce sens nouveau se trouvait sous parfait contrôle.
— Je suis très satisfait de tes progrès, dit-il quand elle lui raconta le mois qui venait de s'écouler. Je n'étais pas certain que tu serais en état aussi vite, je dois l'avouer. Moi, ça m'a pris le double de ce délai. Cette Bibliothèque, ou peu importe comment tu l'appelles, ça t'a aidée, pas vrai ?
— Oui. J'ai réussi à enfermer les sensations, un peu comme celles de mes méridiens. Elles ne sont pas plus qu'un léger bourdonnement permanent à présent, bien plus facile à gérer.
— Tu es prête à passer à l'étape suivante, c'est parfait. Choisis ta balise à l'entrée du temple, concentre ton chakra sur la distance mentale entre la balise et toi. Tu y arrives ?
Elle ferma les yeux et s'exécuta, visualisant mentalement le petit point brillant à quelques centaines de mètres au sud-est, jusqu'à ce que le lien soit stable et luxuriant d'énergie.
— Oui, Tobirama-san.
— Bien, très bien. Maintenant, focalise ton chakra comme une corde et tire dessus avec autant de volonté que possible.
Elle essaya une fois, deux fois, trois fois sans succès. La quatrième fut la bonne : autour d'elle, le paysage changea. Elle tomba à genoux dans l'allée de gravillons devant le temple, essoufflée, le front couvert de sueur. Une violente nausée la plia en deux mais elle parvint à la retenir de justesse, les poings serrés à lui faire mal.
— Je sais que c'est déplaisant mais maîtrise-toi, ordonna l'ancien Hokage. Prends la balise dans la cour intérieure.
Elle grogna mais s'exécuta. Il lui fallut de longues, terribles minutes avant d'y parvenir – si elle essayait de se servir du Dieu de la Foudre en combat, elle mourrait, offerte et vulnérable face aux lames de ses ennemis. Dès qu'elle fut apparue à côté de sa seconde balise, Tobirama pointa cet état de faits du doigt :
— Je t'interdis d'essayer de te servir du Hiraishin au combat tant que tu seras aussi lente. C'était toujours mon cas quand je suis mort, c'est pour ça que j'ai abandonné cette technique avant de réussir à l'adapter… Mais d'après ce que tu me dis sur mon successeur, c'est possible. À toi de t'entraîner encore et encore, de trouver comment il a fait.
Elle opina du chef, le regard grave, les traits pâlis par le violent effort qu'elle avait effectué sous sa tutelle. Un sourire presque triste dansa sur les lèvres minces de l'ancien Hokage.
— Tu n'as plus besoin de moi, désormais. Je n'ai plus rien à t'apporter. N'hésite pas à refaire appel à mes services à l'avenir ou même à venir me raconter ce qu'il se passe dans le monde. Le temps ne passe pas de mon côté mais tu me manqueras, Hitomi-chan.
Son souffle se coinça dans sa gorge, une boule d'appréhension et de regrets dont l'intensité la surprit. Sa main qui tenait le manche du miroir se crispa si fort que le métal protesta presque contre sa prise. Son regard écarlate chercha celui, quelques nuances plus sombres, de son mentor d'un temps. Elle avait su que cela arriverait, et pourtant… Pourtant elle ne pouvait s'empêcher de ressentir une peine sourde, froide, pesante.
— Je reviendrai vers vous avec plaisir, Tobirama-san. À bientôt.
Elle coupa le flux de chakra à contrecoeur et se releva, le regard fixé sur la balise qu'elle avait laissée à l'arrière d'une statue en forme de dragon serpentin. Sa mission au sanctuaire n'était pas encore accomplie… Pourtant elle ressentait déjà une forme de deuil à l'idée que dans quelques semaines, quelques mois peut-être, elle serait prête à repartir.
