Coucou ! On va passer à partir de la semaine prochaine à trois chapitres par semaine, les mardis, jeudis et dimanches ! J'espère que ça vous fait plaisir, moi oui en tout cas. La raison derrière ce choix : j'ai presque 80 chapitres écrits d'avance et j'arrive bientôt à la fin de l'écriture de l'histoire, donc je me sens à l'aise d'accélérer le rythme de publication !
Hitomi ne se souvenait pas avoir perdu connaissance – pourtant, quand elle ouvrit les yeux, elle se trouvait sur l'un des futons de l'infirmerie. Elle fronça les sourcils, essaya de se redresser et décida de se recaler sagement contre le coussin qui surplombait son fin matelas quand une lance de douleur lui perça le crâne des yeux vers l'arrière. Elle laissa échapper un son entre grognement et gémissement quand une lumière fut allumée quelque part à sa droite. Haku apparut dans son champ de vision au bout de quelques instants, l'air clairement soulagé.
— Ah, tu es réveillée. Tu as mal quelque part ?
— Ma tête…
Il passa une main délicieusement fraîche sur son front et y concentra son chakra médical, la faisant soupirer de soulagement. La pression inconfortable à l'intérieur de son crâne disparut presque totalement en quelques minutes à peine. Elle battit paresseusement des paupières, profitant quelques instants de la sensation d'aise et de tranquillité qui descendait sur elle. Haku était là, il prenait soin d'elle… L'illusion de sécurité était suffisamment prégnante pour qu'elle accepte de se laisser tromper.
— C'est mieux maintenant ?
— Hm hm… Qu'est-ce qu'il s'est passé après que Zabuza-sensei soit venu vous rejoindre en bas ?
Haku s'assit à côté d'elle avant de répondre, l'air plus détendu maintenant qu'elle ne souffrait plus.
— Il a vérifié qu'on n'était pas blessés et que nos adversaires étaient morts puis on est remontés te chercher. Tu avais déjà perdu connaissance alors je suis resté m'occuper de toi pendant que les autres ratissaient le reste du bâtiment. Tu étais toute pâle, et froide… J'étais vraiment inquiet que tu ne te réveilles pas, mais j'ai fini par trouver ce qui n'allait pas. Tu auras juste des maux de têtes si tu fais des efforts violents durant les prochains jours.
Elle émit un petit bruit pour lui faire savoir qu'elle avait compris, craignant quelque peu de hocher la tête. Avec mille prudences, elle roula sur le flanc pour se trouver tournée dans sa direction. Il réagit en glissant ses doigts dans ses cheveux roux, qu'il avait sans doute détachés lui-même, évitant soigneusement l'arrière de son crâne encore sensible. Elle pouvait lire toute la crainte qu'il avait éprouvée dans ses grands yeux bruns, dans l'ombre de tristesse qui entachait son sourire. Elle était pourtant si chanceuse… Elle n'était ni gravement blessée ni mutilée, elle vivait encore – les cadavres qu'ils avaient laissés derrière eux ne pouvaient en dire autant. Comment Haku le supporterait-il quand la guérilla se muerait en guerre ?
— Tu prendras soin de toi, d'accord ? dit-il d'une voix légèrement soucieuse.
— Je prends soin de moi. Mon adversaire a juste… Ramené des mauvais souvenirs et un traumatisme dont j'ignorais l'existence à la surface. Ne t'inquiète pas, Haku, quand Père en entendra parler il m'entraînera jusqu'à ce que ça ait disparu. Je ne peux pas me figer comme ça en plein combat.
— Non, c'est vrai, tu ne peux pas. Tu sais ce qui a déclenché ce problème, au moins ?
— Oui… C'est ce qu'il s'est passé au Pays de la Montagne.
Ils se turent tous deux pendant quelques dizaines de secondes. Haku connaissait le détail de cet évènement : elle le lui avait raconté, comme tout le reste. Elle n'aimait pas lui cacher des choses, d'autant qu'il trouvait souvent les mots parfaits pour la réconforter au moins un temps. En cela, Itachi et lui se ressemblaient beaucoup.
— Eien-chan ?
— Hm ?
Elle tourna légèrement la tête vers le haut pour pouvoir croiser son regard à nouveau. Il semblait apaisé, comme si le fait de savoir ce qui s'était produit, de pouvoir poser les mots sur la cause de sa blessure, déliait un nœud à l'intérieur de lui. Elle comprenait. Elle lui ressemblait en ce sens. Elle avait besoin de savoir, de comprendre.
— Je suis vraiment très, très heureux que tu sois là. Je n'osais presque plus y croire après avoir attendu aussi longtemps, mais je n'aurais pas dû perdre la foi.
Elle laissa échapper un petit rire attendri dont la chaleur atteignit ses yeux légèrement écarquillés de surprise.
— Haku, je ne suis pas une déité. Tu n'as pas à avoir foi en moi.
— Tu es sûre de ça ? Bientôt, les gens commenceront à t'appeler l'Éclair Rouge de Konoha.
Elle rit encore, les joues rosissant légèrement de plaisir – quand bien même ils savaient tout deux qu'elle serait en réalité appelée l'Éclair Noir quand le monde réaliserait qu'Hitomi Yûhi avait plié à sa volonté le Dieu de la Foudre. Son cœur rata un battement quand il se pencha légèrement vers elle, une longue, longue mèche de cheveux noirs coulant par-dessus son épaule pour chatouiller sa gorge exposée.
— Dans mes rêves, tu es invincible, confessa-t-il à voix basse.
Hitomi frémit légèrement quand il se pencha sur elle, un bras derrière sa tête pour lui servir d'appui tandis qu'il se baissait. Elle savait ce qui allait se produire – tout comme elle savait qu'il lui suffisait d'un mot pour qu'il s'immobilise. Elle ne le souhaitait pas. Pour rien au monde.
— Est-ce que je peux t'embrasser ? demanda-t-il malgré tout.
Elle acquiesça, un petit geste empressé et hâtif – tout ce dont il avait besoin. Ses lèvres cueillirent les siennes avec douceur et tendresse, comme s'il ne l'avait encore jamais embrassée auparavant, comme si cela faisait trop longtemps et qu'il avait oublié. Ils se redécouvrirent patiemment, un baiser après l'autre. La main libre d'Haku se posa sur la joue d'Hitomi, une caresse délicate et tiède qui fit courir un léger frisson le long de sa colonne vertébrale.
— Suigetsu ? s'enquit-elle quand ils se séparèrent de quelques centimètres à peine.
Haku sourit, ses longs doigts fins jouant désormais avec l'une des boucles rousses d'Hitomi.
— Il sait. Il a toujours su. C'est même lui qui m'a encouragé à me rapprocher de toi maintenant qu'on pouvait à nouveau se voir.
Elle laissa échapper un petit soupir soulagé et reprit les lèvres d'Haku, si tentantes, si douces. Au bout de quelques minutes, il s'éloigna juste un instant pour rapprocher le futon voisin et activer le sceau d'isolement qui créa aussitôt une petite bulle de solitude autour des deux minces matelas. Là seulement il s'allongea à côté d'elle, recouvrant leurs corps de la même couverture avant de revenir l'embrasser, enfin. Il émit un son entre gémissement et grognement quand elle entrouvrit les lèvres pour céder le passage à sa langue, dont le goût contre la sienne donna envie à la jeune fille de perdre la tête.
Sans qu'elle le réalise vraiment, il se retrouva bientôt au-dessus d'elle, entre ses jambes ouvertes, sans avoir cessé de l'embrasser. Comme tout ninja digne de ce nom, il bougeait avec aisance et discrétion – et la manière dont il l'embrassait, prudente et douce, comme s'il craignait de la blesser, ne faisait que distraire Hitomi encore plus. Il finit par délaisser ses lèvres, accordant plutôt ses attentions à la peau douce et chaude de sa gorge. Hitomi ne put réprimer le petit gémissement qui lui échappa quand elle sentit ses lèvres se refermer sur l'endroit précis où battait sa carotide. Il sourit contre sa peau, profondément satisfait et émerveillé qu'elle réagisse de la sorte.
— Si tu veux arrêter, quelle que soit la raison, dis-le-moi.
Elle acquiesça, rencontrant son regard sérieux mais tendre pendant une seconde. Une fois certain qu'elle avait compris et ne se forcerait pas la main, il sourit à nouveau, transférant ses appuis sur un seul bras afin que l'autre puisse parcourir son corps. Il effleura la ligne de ses épaules du bout des doigts, suivit le tracé délicat d'une clavicule, descendit entre ses seins. Il la touchait comme si elle était digne de vénération, ses yeux dévorant la moindre de ses réactions, le plus petit frisson, la manière dont les coins de ses paupières se crispaient quand il faisait quelque chose qui lui plaisait.
— Tu es sublime, murmura-t-il contre sa clavicule.
Elle répondit d'un petit soupir conquis, les mains enfouies dans ses longs cheveux noirs. Elle n'avait jamais tout à fait oublié leur douceur, la manière dont les mèches souples coulaient entre ses doigts. Il pressa légèrement son torse contre le sien, joua avec le col du haut à longues manches qu'elle avait enfilé avant de partir en mission pour se protéger du froid et de la pluie.
— J'ai bien envie de t'enlever ça, Hitomi-chan.
Dans le secret du sceau d'isolement, il avait le droit de prononcer son nom, son vrai nom. Le simple fait de l'entendre fit courir des décharges de plaisir le long des membres d'Hitomi, qui se suréleva juste assez pour l'aider à la débarrasser de l'offensant vêtement. Elle lui rendit la pareille, ravie de voir son torse mince, légèrement musclé, apparaître enfin. Haku exposait moins de puissance physique que le ninja moyen, même s'il ne manquait pas de force. Il n'en était pas moins beau, avec sa peau pâle marquée de quelques cicatrices et cette chevelure dont le moindre mouvement captivait la kunoichi. Une fois leurs hauts disparus là où ils ne pouvaient les voir, le jeune homme se pencha à nouveau sur sa compagne, un sourire charmeur sur les lèvres.
— J'ai souvent imaginé ce qui se trouvait sous ces vêtements, mais la réalité est encore meilleure.
Elle rit de concert avec lui malgré le rouge qui lui montait aux joues, presque soulagée de le sentir de retour sur elle. La sensation de sa peau contre la sienne, même si sa brassière se dressait encore entre eux, lui donnait presque le tournis.
— Si tu savais le nombre de fois où tu t'es trouvé dans mes rêves, répondit-elle d'une voix joueuse. Pour moi aussi, la réalité est encore meilleure.
— Vraiment ?
Il posa une main sur l'arrondi d'un sein, délicatement, comme s'il craignait de lui faire mal, puis avec plus de fermeté quand elle se cambra légèrement contre lui en signe d'encouragement.
— Est-ce que la version de moi qui te rejoint en rêve faisait aussi ce genre de choses ?
— Et plus encore…
— On va s'assurer de le surpasser, alors.
Ils badinèrent encore et encore tout le temps qu'il leur fallut pour se dévêtir totalement, leurs voix se mêlant dans des petites phrases taquines et réponses enjôleuses. Hitomi n'avait pas honte, fût-ce de sa nudité, de ses joues rougissantes ou de son cœur qui battait la chamade, parce qu'Haku ne faisait lui-même aucun effort pour cacher l'état dans lequel il se trouvait. Lui aussi avait le teint plus rose qu'à l'accoutumée, et pressait contre elle une érection qui finirait sans doute par être douloureuse s'ils ne passaient pas aux choses sérieuses.
— Dis-moi ce que tu veux que je fasse, murmura le jeune homme quand ils furent complètement nus tous les deux, sa main lui caressant la joue, la gorge, le sein.
Un sourire presque timide aux lèvres, elle s'exécuta en le regardant dans les yeux. Il glissa sa main entre ses jambes sous ses instructions, lui arrachant un soupir entre soulagement et plaisir quand il toucha le petit nœud de nerfs qui se cachait là. Elle perdit le fil de ses paroles pendant un instant, à peine capable d'écarter un peu plus les jambes pour lui accorder un meilleur accès. Il était doux, patient, mais il y avait une fièvre dans son regard qui donnait envie à Hitomi d'entrer en combustion spontanée.
Toujours guidé par sa voix, par ce qu'il lui demandait, il stimula la perle sensible qu'il avait trouvée, jouant avec la pression et le rythme à la recherche de ce qui la ferait trembler de plaisir, sans jamais détourner le regard de son visage si expressif. Elle ne laissait jamais ses émotions donner un tel spectacle d'habitude, ses pensées n'étaient jamais aussi limpides. Il voulait la voir encore, pétri de l'impression qu'il n'aurait jamais assez de cette sensation de désir et de satisfaction mêlées qu'elle provoquait en lui au moindre de ses petits gémissements étouffés, à chaque soupir et frisson qu'elle ne savait comment canaliser.
Finalement, elle lui demanda d'entrer en elle avec un doigt, puis deux quand elle réalisa qu'elle était suffisamment humide et brûlante pour se préparer à recevoir quelque chose de plus volumineux et plus lourd. Elle répondait à chaque poussée d'un roulement de hanches, frémissante, empressée mais encore assez lucide pour savoir qu'il valait mieux, pour leur bien à tous les deux, prendre le temps de faire les choses correctement.
— Si tu continues comme ça, je vais jouir, admit-elle d'une voix alanguie. Je ne veux pas que ça se produise sans que tu sois à l'intérieur.
Il sourit et l'embrassa tandis qu'il retirait ses doigts. Elle voyait sa nervosité au léger tremblement de sa main, à l'obsession qu'il semblait entretenir pour le fait de centrer l'acte sur elle, son désir, son plaisir. Elle savait qu'il n'avait encore jamais couché avec une femme, seulement avec Suigetsu – et peu importait l'expérience qu'ils avaient tous les deux, ce n'était pas la même chose. Mais elle n'était pas plus expérimentée avec un homme que lui avec une femme ; elle n'avait comme maigre avantage que ses lectures, qui embellissaient toujours la réalité.
— Dis-moi si ça te fait mal.
Elle rit doucement, la vibration de tout son corps amenant le membre du jeune homme à presser gentiment contre son intimité offerte.
— Haku, tu ne me fais pas mal du tout. Tu me fais l'inverse de mal.
Elle laissa échapper un long soupir soulagé quand il avança légèrement les hanches et que la pression s'accentua. Son corps résistait, mais cela n'avait rien de surprenant. Il se contenta d'exercer de brèves petites poussées jusqu'à ce que ses muscles lui cèdent le passage, enfin. Ils gémirent tous les deux quand il parvint à glisser la tête de son membre à l'intérieur d'elle, la sensation inconnue les débordant sans leur laisser la moindre chance.
Dès que son corps se fut un peu habitué à la sensation, Hitomi remua légèrement sous Haku, élevant ses jambes jusqu'à ce qu'elles fassent le tour de sa taille et que ses chevilles se nouent dans son dos. Il gémit, pris de court par le brusque mouvement en avant sur son petit geste avait provoqué. Ils échangèrent un sourire tendre, complice ; il avait compris le message et continua d'avancer à l'intérieur d'elle, centimètre après centimètre, jusqu'à ce qu'il ne puisse pas aller plus loin. Il ferma un instant les yeux, une expression exaltée prenant place sur son visage, puis lui caressa à nouveau la joue.
— Tu es merveilleuse.
— Je suis surtout impatiente. Tu me donne envie de plus.
Puisqu'elle avait les mains libres, elle lui caressa les bras, les épaules, le dos, ses ongles effleurant légèrement la peau sensible à la recherche de ce qui le ferait réagir. Elle réalisa vite qu'il était plus réceptif aux caresses sur le haut du dos, entre ses omoplates, et s'appliqua donc à flatter cet endroit en particulier tandis qu'il commençait à bouger contre elle, chaque élan prudent créant en elle une vague de chaleur plus forte que la précédente. Il n'y avait pas grand-chose qu'elle puisse faire coincée sous lui de cette façon, si ce n'était ajuster l'angle de ses hanches pour lui faciliter l'accès le plus possible et répondre à ses mouvements.
Quelques minutes de ce manège suffirent à la laisser pantelante et fébrile. Ses joues rouges et son regard embrumé l'auraient trahie même si elle avait voulu cacher le plaisir qu'il lui donnait. C'était intense, doux, à la fois impétueux et tranquille, le mélange parfait pour oublier qu'en-dehors du sceau qui les séparait du reste du monde attendaient la guerre, la mort et un millier de souffrances qu'ils cherchaient tous deux à fuir dans les bras de l'autre. Il l'honora encore et encore, désespéré de recevoir et lui accorder un oubli bienvenu, jusqu'à ce qu'elle se crispe autour de lui avec un petit son entre sanglot et exclamation exaltée. Ivre de plaisir, il n'eut besoin que de deux élans supplémentaires pour atteindre son paroxysme, qui le laissa recouvert d'une fine pellicule de sueur et épuisé.
Elle frémit quand il se retira, un petit gémissement de protestation sur ses lèvres. Elle ne voulait pas qu'il s'en aille. Elle se rassénéra quand il prit place immédiatement à ses côtés, poussant l'intimité jusqu'à emmêler ses longues jambes aux siennes, bien plus menues. Son corps était rassasié, pourtant il ne put s'empêcher de la toucher encore, une main sur sa hanche, la tête contre la courbe délicate qui liait sa gorge à son épaule. Elle répondit de l'un de ces petits frémissements qui lui donnaient envie de grogner de fierté virile et se blottit contre lui.
Pendant de longues minutes, elle n'osa pas remuer d'un cil, écoutant prudemment les sensations de plaisir, d'épuisement et de soulagement que son corps lui transmettait. Oh, elle sentait déjà des courbatures se former le long de ses cuisses et de ses muscles intimes, mais cela valait le coup. Cela valait mille fois le coup. Elle troquerait cette douce bénédiction contre bien des douleurs plus fortes que cet inconfort presque futile.
— Il vaut mieux qu'on se rhabille, finit par grommeler Haku d'un ton presque ensommeillé. Je n'ai pas envie que tu attrapes froid.
— Tu me réchauffes, non ?
Elle accentua son contre-argument d'une petite moue et du pouvoir de ses grands yeux bleus, qu'elle n'avait pas utilisé depuis une éternité. Il sursauta légèrement en voyant son expression puis fondit sur elle, déposant des baisers sur sa gorge et des chatouilles le long de ses flancs nus. Elle gloussa, un son exubérant, libre, extatique, suppliant entre deux éclats de rire qu'il la laisse s'éloigner et s'habiller. Quand il fut satisfait et certain qu'elle n'essayerait plus de le manipuler, il la laissa faire.
— Je pourrais jouer de mes yeux aussi, tu sais, fit-il en la regardant enfiler ses sous-vêtements comme elle le pouvait sans se lever. Tu n'arrivais jamais à me résister au Pays des Vagues.
— Et imagine ce que ça va être maintenant que tu connais mes autres faiblesses.
Un rictus amusé et suggestif dansa sur les lèvres d'Haku. Il se redressa, lui tendit le reste de ses vêtements et l'aida à les renfiler sans se redresser au-delà d'une position assise. Il avait été aussi doux que possible durant leur étreinte pour ne pas lui provoquer de nouveau mal de tête, mais elle devait garder le lit encore quelques heures. Ordre du médecin. Et c'était lui, le médecin, après tout. Il savait ce qu'il racontait.
— Je vais désactiver le sceau et aller te chercher de quoi manger et boire. Je ne sais pas pour toi, mais je suis affamé.
Elle ne fut pas surprise de découvrir que c'était son cas aussi. Chaque fois qu'elle avait couché avec Temari, elle avait eu besoin de se restaurer une fois leur étreinte terminée. Ces moments partagés dans le lit après que celle qui avait perdu au pierre-papier-ciseaux soit allée chercher un plateau de boissons et snacks à grignoter faisaient partie de ceux qu'elle chérissait le plus.
— J'ai faim et soif aussi, accorda-t-elle sans honte. Prends ta collation avec la mienne et viens me rejoindre, si tu veux ? J'aime partager un repas après… Ce genre d'activités.
— Le sexe, Eien-chan. Tu peux utiliser les mots qu'il faut pour me parler. Je suis doux, pas timide. On a couché ensemble, il n'y a rien de honteux à ça. Ni toi ni moi n'aimons les euphémismes.
Elle lui accorda ce point avec un sourire joueur, le regardant s'éloigner de l'autre côté de la tente. Avec un dernier regard pour elle, il sortit. Elle put suivre son chakra pendant un moment, jusqu'à ce qu'il soit si loin que l'ouverture nécessaire sur son sens supplémentaire s'avère douloureuse avec toutes les autres présences dans le camp. Avec un soupir comblé, elle se blottit sous la couverture qu'il avait rajustée sur elle, se noyant dans la chaleur qui s'attardait après leurs ébats, merveilleusement détendue.
Il revint quelques minutes plus tard, un plateau plutôt chargé sur les bras. Il avait cessé de pleuvoir dehors ; ni lui ni son chargement n'avaient été mouillés. Elle l'accueillit avec un sourire, pressée de retrouver la sensation de son corps contre le sien. Il installa la nourriture et les boissons de son côté à elle. Il pourrait plus facilement tendre le bras par-dessus elle pour attraper ce qu'il voulait que l'inverse, après tout. Ils grignotèrent pensivement, profitant d'un silence complice, flottant encore tous deux sur un nuage d'euphorie post-coïtale.
— Tu es sûre que Suigetsu n'aura aucun problème ? demanda-t-elle d'une petite voix après qu'ils aient fini de se restaurer.
— Aucun, je t'assure. En fait, je l'ai croisé en venant ici, et il est déjà au courant. Il dit que ce n'est pas trop tôt.
Elle laissa échapper un petit rire soulagé. Cela ressemblait à quelque chose que leur ami dirait, oui.
— Ils vont bien, Chôjûrô et lui ?
— Hm hm. Ce sont eux qui se sont occupés du rapport à Mei-sama concernant notre partie du combat, après que Zabuza-shishou ait raconté la vôtre. Ça t'a fait du bien de te servir du Murmure, pas vrai ?
— Honnêtement, je n'aurais pas pu l'empêcher de s'imposer même si je l'avais voulu. Mais… Oui, ça m'a fait du bien. Mes Portes sont tellement remplies que ça fait presque mal, mais si je n'avais pas été blessée je serais sans doute pleine d'énergie.
— Oh, mais tu es pleine d'énergie. Tu crois que tous les blessés couchent avec quelqu'un dès leur réveil par ici ? Si ce chakra ne travaillait pas aussi activement à réparer le peu de dégâts laissé après que je t'aie soignée, tu aurais passé la dernière heure à somnoler.
— Hum, sans façon. Je préfère m'amuser avec toi que dormir.
— J'avais cru comprendre, taquina-t-il en effleurant sa nuque du bout des lèvres.
Elle frémit, mais il était encore trop tôt pour que le feu en elle se rallume. Elle se doutait que c'était le cas pour Haku aussi. Elle savait que les hommes avaient souvent besoin de plus de temps que les femmes pour être à nouveau prêts pour la chose. Elle tendit le bras derrière elle pour lui caresser les cheveux, jusqu'à ce qu'il entrelace ses doigts aux siens dans une protestation silencieuse contre la position inconfortable qu'elle imposait à son propre bras.
— Je suis heureuse que tu sois le premier homme avec qui j'ai couché, Haku.
— Et je suis heureux que tu sois la première femme avec qui j'ai couché.
Ils gardèrent le silence quelques minutes, Hitomi se sentant glisser vers une douce somnolence. Cependant, elle retrouva tous ses sens quand le battant qui maintenait fermée l'entrée de l'infirmerie vola, laissant le passage à Ensui. Il ne parvenait pas à cacher son inquiétude, la tension de ses épaules et l'étincelle vaguement paniquée dans ses yeux le trahissaient au-delà de ce qu'il aurait pu dissimuler. Il se rua en avant quand il vit son apprentie puis s'arrêta net en réalisant qu'elle n'était pas seule, les joues virant à une intense nuance de rouge.
Elle rougit aussi, réalisant qu'Haku n'avait pas réactivé le sceau en revenant près d'elle, mais ne se démonta pas. Son maître savait presque aussi bien qu'elle ce qui la liait à ce jeune homme en particulier. Au bout de quelques secondes de silence inconfortable, le Jônin laissa son inquiétude mener la danse et approcha, s'agenouillant en seiza près du lit. Il examina son apprentie du regard, ses yeux bleu pâle s'arrêtant sur les siens. Il voulait s'assurer qu'elle allait bien, au-delà de sa blessure, que le partenaire qu'elle s'était choisi l'avait bien traitée. Elle confirma d'un petit hochement de tête.
— Zabuza m'a raconté ce qu'il s'est passé, l'informa-t-il d'une voix un peu serrée. J'aurais dû prévoir que ça se produirait, mais il n'est pas encore trop tard pour rectifier cette erreur. Demain, tu t'entraîneras avec moi, à l'intérieur d'un genjutsu.
Elle grogna mais accepta cet état de faits – rien de ce qu'elle aurait pu dire n'aurait contraint son maître à changer d'avis, de toute façon. Pas pour quelque chose d'aussi préoccupant et dangereux. Et pour qu'il se résolve à user de genjutsu… Il détestait cela, même s'il n'en parlait jamais. Il était doué, plus que la plupart des Nara, si doué que certaines de ses techniques personnelles, celles qui lui avaient valu son nom-de-guerre, étaient imprégnées d'illusions. Elle ne l'avait vu s'en remettre à ces techniques qu'à une seule reprise, lors de l'invasion de Konoha – quand il avait dû abattre ce qui ressemblait à un régiment pour couvrir la fuite de sa protégée en direction de l'hôpital.
— Haku-kun, merci de l'avoir soignée. Tu as fait un bon travail.
Il ne prit même pas la peine de menacer le garçon. S'il maltraitait son apprentie de quelque manière que ce soit, elle le transformerait en cuir pour chaussures avant qu'il ait la chance de lever le petit doigt. Il l'avait bien élevée, après tout. Toutes ces années, il s'était assuré qu'elle entretienne une image positive d'elle-même, qu'elle soit consciente de sa valeur, de la manière dont elle méritait d'être traitée quel que soit le type de relations qu'elle consommait. Il lui avait aussi appris à se venger, sans jamais lésiner sur les moyens ou la cruauté nécessaires pour rendre les coups – et s'assurer qu'ils ne tombent qu'une fois. Oui, il avait fait de son mieux. La dépression dont elle n'était pas encore tout à fait sortie – ne sortirait peut-être jamais – avait infligé un coup dur à ses objectifs, mais elle n'avait pas baissé les bras.
— Oh, Eien ? Mei-sama m'a demandé de te dire qu'elle veut te voir seule, après-demain à dix-heures du matin. Apparemment, cela concerne certains plans particuliers, qui ne concernent que toi. Je serai déjà reparti en mission à ce moment-là mais tu m'écriras si tu as besoin d'aide avec ce qu'elle te demande.
— Bien sûr, Père.
Il sourit, toujours aussi ému d'entendre ce mot dans sa bouche, lui déposa un baiser sur le front et quitta l'infirmerie, laissant les deux amants à eux-mêmes. Il préférait ne pas penser à ce qu'ils avaient fait sous cette tente ; cela ne le regardait pas.
