Nouveau chapitre. J'attends vos commentaires et vos suggestions, ils sont toujours utiles pour s'améliorer.

Comme d'habitude rien n'est de moi à part les OC et l'histoire.

Bonne lecture !


Nouvelles amitiés

Après cette première rencontre Nausicaa et Talisa forgèrent au fil des jours suivants une solide amitié. Elles étaient certes différentes l'une de l'autre en bien des points, mais elles se ressemblaient aussi en beaucoup. Et leurs différences les avaient autant rapprochées que leurs ressemblances.

Nausicaa avait, ainsi que Talisa avait déjà pu l'apercevoir la première fois, une férocité de dragonne quand il s'agissait de défendre les autres. Elle pouvait devenir alors aussi dangereuse qu'une tigresse protégeant sa progéniture. Un simple de ses regards suffisait à vous glacer le sang, mais en elle couvait un feu plus ardent que celui du temple de R'hllor à Selhorys. Talisa n'aurait jamais pu rêvé meilleure amie et elle en remerciait secrètement ses cousins. Sans compter que, après ce jour, Vahaquo et Marquelo cessèrent de l'embêter ou, du moins, se montraient moins méchants. Ils avaient peur que Nausicaa surgisse, prête à les attaquer. Talisa ne leur en voulait plus à présent. Ils n'étaient que des idiots. Et, d'une certaine façon, ils avaient permis leur rencontre. Elle repenserait toujours à celle-ci avec tendresse.

Une fois qu'elle avait été à nouveau présentable, sa nouvelle amie l'avait immédiatement conduite à ses parents. « Viens, je veux te présenter à eux. » avait-elle déclaré. Talisa, alors très timide, avait balbutié que ce n'était pas la peine, elle ne voulait pas déranger, mais Nausicaa avait insisté tant et tant, et paru si enthousiaste à l'idée qu'elle rencontre ses parents qu'elle avait cédé. Ça avait été ainsi qu'elle avait fait la connaissance de Pameryon et Jalena Domophyr.

Pameryon Domophyr était un homme de grande taille et devait dépasser son père d'une tête et demie. Son sourire chaleureux illuminait ses yeux indigo. Il avait des pommettes saillantes et un nez aquilin. Dans son regard, on ne lisait aucun dédain ; dans sa voix, on n'entendait aucun mépris. Seule une grande bonté se percevait chez lui. Il était le frère de sa tante, Nesella, l'épouse de son oncle Malaquo mais si la ressemblance physique était évidente, on ne pouvait dire autant de leurs caractères. La franche amabilité de Pameryon offrait un fort contraste avec la sécheresse de cœur de sa sœur. Il était d'une nature agréable ; elle était naturellement revêche. Il était les premiers jours d'été et la gaieté de l'arbre vert ; elle était le cœur de l'hiver et la tristesse du bois mort. Il était drôle de se dire que le même sang avait donné deux êtres aux personnalités aussi dissemblables que le jour et la nuit.

Jalena Domophyr était une très belle femme de pure ascendance valyrienne : une peau laiteuse, des cheveux d'or si pâle qu'ils en étaient presque blancs, des yeux mauves… et aveugles. Sa cécité avait été la première chose que Talisa avait remarquée. Nausicaa lui avait plus tard appris qu'une infection à l'œil mal soignée durant son enfance en avait été la cause. La petite métisse avait ressenti énormément de compassion pour cette femme privée de vue. Certains voyaient la cécité comme une punition divine ou la preuve que les dieux vous ont maudit. Jalena, cependant, ne semblait pas se morfondre sur son sort, au contraire. Elle ne croyait pas en toutes ses superstitions, et perdre ses yeux ne lui avait pas fait perdre sa détermination, cela l'avait sûrement même fait croître. Nausicaa avait hérité d'elle cette force de caractère qui les poussait à toujours se relever et à tenir tête aux mauvaises langues. Une force de caractère que Talisa aurait bien aimé posséder.

Ils avaient tous les deux demandé à rencontrer ses parents. Cette requête avait mis, dans un premier temps, Talisa mal à l'aise. Sa mère était déjà une curiosité ici, elle ne voulait pas que d'autres personnes se mettent à la regarder comme une sorte d'animal exotique ou de monstre de foire. Au bout du compte, la gentillesse du père de Nausicaa, mais surtout, il faut l'avouer, la cécité de sa mère l'avaient convaincue. Elle s'était mise alors à la recherche de ses parents. Elles les avaient trouvés en pleine discussion avec son oncle Horasto, l'autre grand frère de son père. « Bonjour ma nièce préférée ! » l'avait-il salué. Elle était sa seule nièce, aucun doute qu'elle fût sa préférée. Elle avait poliment retourné son salut. Sa mère avait fait remarquer son changement de tenue. Réticente à lui en révéler la raison, Talisa lui avait à la place raconté sa rencontre avec Nausicaa et ses parents. « Ils aimeraient faire votre connaissance. » avait-elle conclu avant de prendre la main de son père et de les mener, lui et sa mère, jusqu'aux Domophyr.

Le reste de la journée, Nausicaa et elle l'avaient passé à bavarder et plaisanter. Elles avaient fait une partie de cyvasse que Nausicaa avait remportée, puis elles étaient allées dans le parc voir les serres et la volière. Là, son amie lui avait proposé de se venger de leurs cousins. Elle avait refusé, on saurait que c'était elle et elle ne voulait pas avoir d'ennuis. « Tu vois cette arbuste, là ? lui avait-elle alors demandé en lui désignant un arbrisseau épineux en face d'elles.

- Celui aux petits fruits rouges ?

- Oui. Eh bien, les graines contenues dans ces fruits sont très urticantes. En les écrasant, on peut obtenir une poudre qui provoque des démangeaisons immédiates. Imagine si on en saupudrait les vêtements de Vahaquo et Marquelo, ne serait-ce pas une bonne idée ? avait-elle suggéré

- Nausicaa ! Non ! Ce n'est pas une bonne idée.

- Ne veux-tu pas te venger d'eux ? Tu manques d'audace, Talisa, avait lâché son amie.

- Non ! C'est pas vrai ! avait protesté la fillette, blessée. Mais Vahaquo et Marquelo sauront que c'est moi. Ça va être horrible après ! Et je ne veux pas qu'oncle Malaquo fasse des ennuis à mes parents à cause de ça.

- Très bien, avait consenti Nausicaa. Mais si un jour tu changes d'avis, sache que je serai partante. » et elle lui avait adressé un clin d'œil complice.

Un peu plus tard, elle lui avait demandé : «En fait, comment sais-tu ça ? À propos des fruits de cet arbre ?

- C'est Horos, notre jardinier, qui me l'a appris. Lorsque j'ai du temps libre, j'aime bien aller le voir. J'aime les fleurs et il m'apprend plein de choses sur elles.

- Il ne t'en apprend pas que sur les fleurs, visiblement, avait constaté Talisa, amusée

- Pas que, non.

- Moi aussi, j'aime beaucoup notre jardinier. Il s'appelle Beneros, et il a une véritable passion pour les roses. Il leur donne même des noms, figure-toi.

- C'est cocasse, avait fait remarqué Nausicaa, Horos aussi fait la même chose, mais avec nos arbres fruitiers. » Elles avaient pouffé.

Pendant ce temps, leurs pères avaient parlé politique. Horasto s'était joint à leur conversation. Tous trois pensaient la réélection de leur frère - ou beau-frère, selon le cas - plausible et même presque certaine. Il ferait forcément partie de l'un des trois gagnants des élections par faction. Les Tigres, comme les Éléphants, désignaient alors trois représentants au poste de triarque. Venaient ensuite les élections générales une semaine après. Et depuis trois cent ans, depuis la fin du Siècle de Sang, les Éléphants, désireux de préserver la paix, avaient tout mis en œuvre pour conserver le pouvoir. Généralement, ils accordaient à un Tigre le privilège d'être élu triarque pour éviter d'être accusés de tricherie par ses pairs. La première fois que les Éléphants avaient obtenu l'ensemble des sièges, cela avait fini en bain de sang. Plusieurs d'entre eux avaient fini massacrés par des Tigres furieux qui les accusaient d'avoir faussé les scrutins. Depuis, ils évitaient de répéter la même erreur. Mais une chose était sûre, les Éléphants avaient toujours craint les Tigres, leur nature belliqueuse et leur volonté expansionniste.

Leurs mères, elles, avaient discuté pendant des heures. Lyria Maegyr n'avait jamais autant souri en compagnie d'une autre femme. D'habitude, en leur présence, elle était tendue et leurs regards hautains ou scrutateurs en étaient pour beaucoup la cause. Mais le regard de Jalena Domophyr était mort. Pour cette femme, elle n'était pas une métèque au teint basané et à la chevelure brune, mais simplement une voix aux accents chantants et aux intonations particulières. Si son ouïe lui avait fait deviner ses origines Rhoynar, Jalena ne lui en avait jamais fait la remarque et Lyria en était très heureuse. En cet instant, les deux femmes ne se doutaient pas qu'un lien spécial commençait à se tisser entre elles et que, si le terme d'amitié serait trop fort pour le décrire, celui de cordialité ne lui rendrait pas justice non plus.

Le lendemain matin, alors que leurs familles respectives s'apprêtaient à quitter la villa Maegyr, les deux fillettes s'étaient juré de se revoir. Sur le chemin du retour, Talisa avait oublié la méchanceté de ses cousins, son oncle et tout le reste. Elle n'avait pensé qu'à Nausicaa et à la chance qu'elle avait eue de faire sa connaissance.

Ils étaient arrivés à Selhorys peu avant le coucher du soleil. Alors qu'ils approchaient de leur maison, Talisa avait laissé échapper un bâillement pas très discret. Elle était épuisée, aussi bien par le trajet que par ces deux dernières journées. Une fois chez eux, tandis que les domestiques s'étaient occupés de décharger les bagages, ses parents, Léandro et elles s'étaient installés à la table du jardin pour dîner. L'air n'était pas trop humide ce soir-là. À la fin du repas, qui avait été rapide, Talisa avait souhaité une bonne nuit à ses parents et à son frère, et était partie se coucher suivie de sa nourrice. Cette dernière l'avait aidée à ôter sa robe et à dénatter ses cheveux. Puis, elle l'avait bordée et l'avait embrassée affectueusement sur le front avant de quitter la pièce. Pelotonnée dans ses draps, Talisa, avant de s'endormir, s'était jurée, de devenir aussi forte que Nausicaa et de ne plus se laisser maltraiter.


Au fil des jours, puis des mois, tandis que son amitié avec Nausicaa se renforçait, Talisa se transformait en une nouvelle personne. Elle avait trouvé un modèle à suivre en la personne de son amie. Nausicaa représentait la personne qu'elle aspirait à devenir : quelqu'un de brave, avec un grand sens de la justice et toujours prêt à défendre ceux dans le besoin.

Évidemment, cette transformation ne se fit pas en un claquement de doigt, ce qui la frustra les premiers jours. Évidemment, sa timidité ne disparut pas en une journée et il fallut même un certain temps avant que ce fût vraiment le cas, mais, chaque jour, elle gagnait en confiance en soi. N'étant pas encore une tigresse dans l'âme, elle trouvait d'autres moyens que celui de montrer les crocs pour déstabiliser ses tourmenteurs, comme celui de leur répondre par un grand sourire. Cela les décontenançait presque à chaque fois ; ils s'attendaient à ce qu'elle pleure et elle, elle souriait. Parfois, elle se mettait à rire, ils la prenaient alors pour une folle et, en général, la laissaient tranquilles , les fous, ça peut être dangereux.

Grâce à Nausicaa aussi, Talisa arrivait désormais à nouer plus facilement des liens avec les autres enfants. Pas avec tous, bien sûr. Certains resteraient toujours réticents à l'idée de l'inclure dans leurs jeux ou de lui parler. Ils avaient tellement ancré dans leurs esprits que les Valyriens ne se mêlaient pas aux autres peuples, qu'ils rejetaient tout ceux qui ne leur ressemblaient pas. Pour eux, on ne mélangeait pas le beau linge et les torchons, et les autres, c'étaient les torchons. Mais d'autres se montraient plus ouverts, plus accessibles. Leur rejet était d'abord une défense contre ce qui leur paraissait suspect. Et depuis tout-petits, on leur avait appris à se méfier des Rhoynar. Mais, comme elle l'apprit de sa première interaction avec certains d'entre eux, ils n'étaient en réalité pas méchants du tout.

Si son amie habitait Volon Therys, elle venait souvent lui rendre visite avec ses parents. La première fois qu'ils avaient invité les Domophyr, leurs deux familles étaient allées se promener dans le centre de Selhorys. Seul Léandro était resté à la maison, à la garde de sa nourrice. Sur une place, une bande d'enfants se poursuivaient en riant. Nausicaa l'avait poussée à aller leur parler. Elle avait obtempéré de mauvais gré. Lorsqu'elles étaient allées à leur rencontre, le chef de la bande, sans surprise, avait lancé : « Nous ne voulons pas de toi, sale Rhoynar ! » Nausicaa, alors, lui avait jeté son regard glacial. « Qu'est-ce que tu as dit ? lui avait-elle demandé d'une voix froide.

- Je.. Je... avait-il bafouillé, ne sachant plus où se mettre

- Je ferai semblant de ne rien avoir entendu, cette fois-ci. Mais insulte encore mon amie et tu le regretteras. Elle est la nièce du triarque Malaquo Maegyr. Ton oncle à toi est-il triarque ?

- Non.

- Ton père, alors ?

- Non.

- Alors, tais-toi ! Et sache aussi que son aïeule était la sœur du triarque Horonno Qarlarys, le héros du Siècle de Sang.

- C'est pas vrai ! avait lancé un autre gamin.

- Bien sûr que si ! Je ne suis pas une menteuse ! Ne connais-tu pas ton histoire ? Haraphos Maegyr arrière-arrière-grand-père de l'arrière-grand-père du triarque Malaquo, avait épousé Nyessora Qarlarys qui était la fille de Larazenno Qarlarys, le père de Horonno. » Le lien entre les Qarlarys et les Maegyr allait en réalité bien au-delà de ce mariage. Ils avaient un ancêtre commun, un général valyrien, dont les fils Qarlar et Maego avaient fondé respectivement les familles Qarlarys et Maegyr.

- Mon père dit que Horonno était un traître, intervint une fillette. Qu'il voulait devenir un dictateur et que c'est pour ça que sa statue a plus de tête. » Ça, Talisa l'avait appris de ses lectures solitaires dans la bibliothèque familiale : Horonno Qarlarys, après avoir été élu quarante fois d'affilée, s'était déclaré triarque à vie, ce qui avait causé le soulèvement de la population. Son oncle Horasto prétendait que ce soulèvement avait été crée par les Éléphants, inquiets de la montée en puissance de Horonno et du retour potentiel des Tigres à la tête du pays. Ce dernier avait été privé de ses titres et de ses biens, condamné à mort, écartelé et, ses descendants n'eurent plus jamais le droit de se présenter comme candidat aux élections.

« C'est vrai, avait reconnu Nausicaa. Horonno était..

- Né ici, à Selhorys...» l'avait coupée Talisa Tous les regards s'étaient alors tournés vers elle. Elle avait dégluti. Qu'est-ce qu'il lui avait pris de prendre la parole comme ça ? Ils l'avaient tous regardé bizarrement. Un bref instant, elle avait voulu disparaître. Un coup d'œil en direction de son amie lui avait redonné du courage. D'une voix qu'elle voulut assurée, elle reprit : « Ses parents possédaient la maison juste en face -elle avait pointé du doigt une grande demeure en pierre dont le bois de la porte était incrusté de fauves en métal.

- C'est la maison de la famille Ormoris, avait commenté la même fillette que tout à l'heure.

- Oui, ils l'ont rerpis à Horonno après sa mort. C'est le vieux Varesso Ormoris qui y habite maintenant, je crois.

- Ouais, je le connais. C'est le vieux grincheux qui n'aime pas qu'on joue aux billes devant sa porte ? la questionna le chef de la bande. À chaque fois, son serviteur qui est aussi vieux que lui sort et nous menace de sa canne.

- C'était pareil quand mon père était enfant, avait ri Talisa, sauf qu'il était moins vieux à l'époque. Le jeu préféré de mon père et ses amis, c'était de le mettre hors de lui. Quand il était énervé, il les coursait jusqu'à ce qu'il n'ait plus de souffle.

- On a de la chance maintenant, avait assuré le chef de la bande, il tient à peine sur ses jambes.

- Varesso n'aime pas la musique non plus, avait ajouté une autre petite fille. Quand il y a des musiciens sur la place, il se penche à la fenêtre pour les insulter et leur demander de dégager. » Elle s'était tournée vers leur meneur. « Arello, tu te souviens lorsqu'il a jeté son pot de chambre sur ce flûtiste qui jouait en bas de chez lui ?

- Ah ! Ah ! Ah ! s'était esclaffé le dénommé Arello. Le pauvre homme était trempé de pisse. Il avait dû écourter sa représentation. Tout le monde rigolait.

- Oh, je m'en souviens aussi, s'était rappelé Talisa. Son morceau avait été gâché... enfin, pas tant que ça. Il ne jouait déjà pas vraiment bien. Quelqu'un sait ce qu'il est devenu ?

- Qui ? avait demandé la fille.

- Le musicien.

- On ne sait pas. On ne l'a plus jamais revu depuis cet incident.

- Tout ça m'a donné une idée de jeu, s'était exclamée Nausicaa.

- Laquelle ? lui avait demandé Talisa, suspicieuse.

- Jouons aux défis. Vous nous lancez des défis à Talisa et à moi, et si nous les réalisons, vous acceptez qu'on joue avec vous.

- C'est du chantage ! s'était offusqué Arello.

- Dis que tu as trop peur qu'on réussisse, s'était moqué la jeune Domophyr.

- Pas du tout ! Pour qui me prends-tu ?

- Pour un froussard ! avait-elle renchéri.

- De quoi aurais-je peur ?

- Je ne sais pas... Que l'on dise que tu joues avec une métisse ?

- Pff.. N'im... N'importe quoi ! Tiens, puisque tu tiens tant à ton idée de jeu, je lance le premier défi. Toi, - il désigna Talisa - va tambouriner à la porte du vieux Varesso, et chante-lui une chanson. » Elle l'avait fait. Elle était allée frapper à la porte du vieil Ormoris. Lorsque le vieux serviteur était apparu dans l'embrasure, elle s'était mise à chanter une ritournelle stupide. Il était un vieil homme, elle s'appelait. Beneros la fredonnait souvent lorsqu'il travaillait. Talisa ne la connaissait pas par cœur et certains de ses couplets étaient de mauvais goût, impropres aux oreilles d'une demoiselle de bonne famille. « Fiche le camp ! » s'était fâché le domestique au visage ridé avant de claquer la porte.

Elle ne s'était jamais connue autant d'audace. Elle n'avait aucune idée de où elle avait pu la trouver. Mais en tout cas, la réussite de ce défi avait forcé l'admiration d'une grande partie des enfants ce jour-là. Ils avaient eu ensuite beaucoup moins de réticences à l'inclure dans leurs jeux. Le lendemain et le surlendemain, Nausicaa et elle étaient retournées sur la même place. Elles avaient de nouveau abordé les mêmes enfants - ou plutôt Nausicaa les avait abordés, Talisa n'osait pas encore le faire -. Elles s'étaient ensuite amusées avec eux tout l'après-midi.

Puis, Nausicaa et ses parents étaient rentrés. Et Talisa s'était senti brusquement terriblement angoissée. Sans Nausicaa, les enfants ne la rejetteraient-ils pas à nouveau ? Elle en était persuadée. Sans son amie, elle se sentait démunie.

Mais, cinq jours plus tard, alors qu'elle accompagnait sa mère au marché, elle avait rencontre la fille qui avait évoqué le musicien. Elle s'appelait Ilera, elle était la fille d'un fameux joailler de la ville. Elle était celle avec qui Talisa avait le plus sympathisé. « Bonjour, Talisa ! Tu veux venir avec nous, Arello et les garçons ont organisé une chasse au trésor et je n'ai pas de coéquipier. » Elle lui avait proposé de faire équipe avec elle ! Talisa n'en revenait pas. C'était la première fois ! Elle avait acquiescé et demandé à sa mère la permission de s'éloigner. Ilera l'avait prise par la main et conduite en dehors du marché jusqu'à une rue où se trouvait le départ du jeu.

Cette chasse au trésor avait été une expérience formidable. Talisa n'avait jamais passé meilleur moment sans Nausicaa. Ilera et elle s'étaient franchement amusées. Elles ne seraient jamais de vraies amies comme avec Nausicaa, mais elle avait à présent une nouvelle camarade de jeux.


J'espère que ce troisième chapitre vous a plu. Je suis en attente de vos commentaires dessus.

Pour les prénoms des personnages, je me suis servie pour certains d'un générateur de prénoms, , d'autres, je les ai inventés ou je me suis servie du wiki ou de la mythologie grecque.

Le nom de famille du triarque Horonno n'est pas connu, celui que je lui ai donné est un nom déniché sur le générateur. Ses liens avec la famille Maegyr sont complétement inventés aussi, de même que le massacre des Éléphants par des Tigres mécontents.