Ce chapitre contient une scène de sexe explicite.

Un petit sourire aux lèvres, Hitomi troqua ses bottes contre ses chaussons usés et franchit le hall d'entrée de sa maison, guidée par son ventre et son nez plus qu'autre chose. Itachi se trouvait aux fourneaux, l'air particulièrement concentré. Il ne se retourna pas, ni quand elle entra dans la cuisine ni quand elle l'enlaça par derrière, penchant la tête sur le côté pour voir ce qu'il cuisinait. Des omelettes. Des années plus tôt, quand tout était encore doux et paisible à ses yeux, Sasuke avait affirmé avec des étoiles plein les yeux que son frère était très doué pour faire des omelettes. Apparemment, chez les Uchiha, ça avait été un art plus qu'une simple recette.

— Le retour s'est bien passé ? Tu n'as plus trop mal aux méridiens ?

— Ça brûle encore un peu, surtout quand j'active un sceau, mais j'ai deux jours de congé alors je vais prolonger les consignes de Tsunade-sama pendant cette période.

— Ne t'inquiète pas, Ensui-san ne viendra pas te tirer du lit avant l'aube demain matin. Il a décidé de passer le week-end chez Shizune-sensei.

Les yeux d'Hitomi s'écarquillèrent légèrement, puis elle sourit. Il était plus que temps que son père se consacre à l'amour qu'il entretenait pour la disciple de leur cheffe de guerre. Cela lui ferait sans doute du bien de se faire chouchouter – et de chouchouter en retour – pendant quelques jours.

— Est-ce que ça veut dire qu'on est tranquilles jusqu'à lundi ? susurra-t-elle d'un ton légèrement suggestif.

Elle fut enchantée de voir les mains d'Itachi se crisper légèrement sur le manche de la poêle. Il ne restait jamais tout à fait de marbre quand elle lui parlait, le touchait… suggérait des choses qui allaient au-delà de mots et de simples contacts. Une vague de chaleur la traversa, confortable et tendre. Peut-être…

— Exactement, sauf s'il vient une lubie à l'un de tes amis de venir te demander quelque chose.

Elle le contraignit à se retourner et il se laissa faire, même si elle remarqua qu'il restait partiellement concentré sur les fourneaux désormais dans son dos. Elle s'accrocha à ses épaules pour qu'il se courbe, se dressa sur la pointe des pieds et l'embrassa comme il se devait, jusqu'à avoir le souffle un peu court et les joues rehaussées d'un peu de rose.

— Je ne les laisserai pas venir nous embêter. Ils peuvent survivre sans moi pendant quelques jours.

Il laissa échapper un ricanement affectueux, frottant le bout de son nez contre son oreille, puis l'embrassa à son tour. Son contact, pourtant encore chaste, lui donnait de légers frissons. S'ils ne s'étaient pas trouvés dans une cuisine, peut-être aurait-elle pressé son avantage. Même comme ça, il était compliqué pour elle de se contenter de simples baisers. Elle voulait trouver le chemin sous sa tunique, effleurer chacune de ses cicatrices, mordre délicatement sa gorge là où son pouls accélérait la cadence…

— Ah, mince, Hitomi, les omelettes brûlent !

Avec un petit rire satisfait, elle fit un pas en arrière et le laissa essayer de rattraper la catastrophe. Finalement, les omelettes qu'il servit avec du riz sauté avaient un petit goût de brûlé, mais tout ce qu'elles lui évoquaient valait bien ce menu inconvénient. Elle ne le lâcha pas du regard de tout le repas. Il semblait timide, soudain, aussi maladroit qu'un shinobi de sa trempe le pouvait. Elle savait qu'il n'avait jamais couché avec une femme. Elle savait aussi qu'il la désirait avec une intensité sans doute douloureuse. Quand ils eurent terminé leur repas et que la vaisselle fut faite, elle s'éloigna et le regarda par-dessus son épaule, tendre et enjôleuse.

— Je vais aller me doucher. Tu es invité à me rejoindre, si tu veux.

Il écarquilla les yeux, puis un sourire surpris et ravi s'inscrivit lentement sur ses traits quand il comprit ce qu'elle proposait. Il ne la suivit pas immédiatement mais elle savait qu'il viendrait. Le pas guilleret, elle se dirigea vers la salle de bain. Si Itachi n'avait pas tant apprécié l'ordre, elle aurait semé ses vêtements sur le chemin, mais elle ne voulait pas qu'il s'arrête pour les ramasser. Elle se dévêtit donc une fois la porte close – mais pas verrouillée – et entra dans la douche après avoir laissé le temps à l'eau de chauffer.

Il la rejoignit un peu plus d'une minute plus tard – elle l'entendit se déshabiller malgré le bruissement de l'eau dans ses oreilles et frémit d'anticipation. Il ouvrit la porte coulissante de la douche, lui effleura le creux des reins pour lui faire comprendre d'avancer un peu vers le mur, de lui laisser un peu de place. Elle s'exécuta, décalant légèrement la tête sur le côté pour ne pas avoir de l'eau dans les yeux. Son souffle était sans doute un peu trop précipité, ce qu'elle ne pouvait attribuer à l'air humide, plus difficile à respirer. Elle laissa échapper un petit son indéfinissable quand il posa les mains sur sa taille. Son contact était délicat, presque révérant, et lui donnait envie d'entrer en combustion spontanée. Elle avait tellement imaginé ce que ça lui ferait, quand le moment serait venu…

— Tu es tellement belle, soupira Itachi derrière elle.

Elle rit doucement mais ne put s'empêcher de rougir. C'était une vérité et un mensonge tout à la fois. Aux yeux d'un civil, Hitomi était trop maigre, trop couturée de cicatrices, mais pour lui, un shinobi éprouvé mille fois aux épreuves qui venaient avec leur mode de vie, chacune de ces marques racontait une histoire de bravoure, de victoire et de puissance. Il approcha encore, si près qu'elle sentit son torse presser contre son dos. Elle ne le voyait pas mais elle le sentait aussi fébrile qu'elle.

L'une des mains d'Itachi quitta sa taille. Il suivit le tracé de sa colonne vertébrale du bout des doigts puis glissa sur l'arrondi de son épaule, descendit le long de son bras et enveloppa sa main dans la sienne. Il la touchait avec délicatesse, comme une œuvre d'art, une statue de cristal. Elle courba légèrement la tête sur le côté et il comprit l'invitation qui se dissimulait à l'intérieur de ce geste. Quand elle sentit ses lèvres sur son pouls, tendres d'abord puis plus fermes, elle oublia comment respirer pour un instant grisant, suspendu dans le temps.

Sans un mot, il attrapa le pain de savon qui se trouvait hors de portée du jet d'eau et commença à laver son épiderme souillé par la poussière du voyage. Il semblait y prendre plaisir, ses longs doigts habiles creusant parfois dans un muscle noué avec juste assez de force pour lui arracher un grognement d'aise. Le malaise à l'idée de se laisser chouchouter sans réciprocité la quitta bien vite : elle ne parvenait plus à penser à quoi que ce soit d'autre que ses mains sur elle et les baisers qu'il déposait parfois le long de sa gorge.

— Je ne veux pas que ma première fois avec toi se passe dans la douche… Tu veux venir au lit avec moi ?

Il souligna sa demande d'un effleurement du bout des lèvres sur son oreille qui l'électrisa. Son acquiescement fut peut-être un peu trop enthousiaste, un peu trop pressant, mais elle n'en avait cure. Tant pis si elle était supposée tenir le rôle de la personne assurée, calme et maîtresse de la situation. La perfection n'existait pas, de toute façon, quand on en venait aux arts de la chair. Tout en la tenant fermement contre lui, Itachi coupa l'arrivée d'eau, reposa le savon et l'aida à sortir du bac de douche. Elle n'avait pas besoin d'aide – elle était une fière kunoichi, l'une des guerrières les plus accomplies de sa génération et peut-être de Konoha tout entière – mais son aide à lui, elle l'acceptait volontiers.

Il ne la souleva pas de terre à ce moment-là, préférant la laisser guider le chemin jusqu'à la chambre la tête haute et la démarche fière. Il appréciait le spectacle et n'essayait pas de s'en cacher cette fois, ses yeux sombres suivant le délicat déhanché de ses pas avec une intensité que les mots ne sauraient tout à fait retranscrire. Il ne s'agissait plus de l'un de ces rêves qui s'arrêtaient toujours un peu trop vite, cette fois. Aucun rêve ne reproduisait avec tant de détail la manière dont le désir nouait chaque muscle de son corps, la manière dont son pouls accélérait brutalement à chaque fois qu'il imaginait la toucher à nouveau et ne jamais, jamais s'arrêter.

Elle l'attendait assise sur le lit quand il entra dans la chambre, nue et glorieuse avec la cascade sombre et bouclée de ses cheveux librement relâchée sur ses épaules et son dos. Elle sourit en croisant son regard, courba légèrement la tête sur le côté comme s'il était l'un des mystères dont elle se montrait si friande et lui fit signe d'approcher. Il s'exécuta parce qu'il s'en consumait d'envie et n'aurait pu trouver en lui la force de lui déplaire. Elle l'accueillit d'un baiser qui établit dès le premier instant qui, exactement, menait la danse. Encore une fois, il acceptait bien volontiers de lui laisser ce rôle au moins pour le moment. Les autres feux une nuance plus sombre et secrète qui se consumaient en lui pouvaient attendre encore un peu – ou attendre à jamais si elle en décidait ainsi.

— Laisse-moi m'occuper de toi, ronronna-t-elle en le poussant doucement à s'allonger sur le lit.

Il ne pouvait empêcher ses mains de trembler légèrement, son érection de pulser sur son ventre. Il ne s'était pas attendu à éprouver une vulnérabilité aussi exacerbée sous son regard carmin, à frémir d'anticipation et de la plus légère nuance d'anxiété, et pourtant…

— Dis-moi si ce que je fais ne te plais pas, ou si tu veux qu'on arrête. C'est toi qui décides, Itachi. Ce n'est jamais parfait, ce genre de choses, mais on va faire de notre mieux pour s'en approcher, pas vrai ?

Il n'essaya même pas de réprimer le petit rire qui se fraya un chemin dans sa gorge. Elle sourit, fière de son effet, avec cette franchise qui seule creusait la fossette dans sa joue vierge de toute cicatrice. Il ne savait quelle marque il préférait : celle qui soulignait son bonheur ou celle qui clamait sa victoire contre un ennemi plus terrible, plus vicieux, plus cruel. Il n'avait pas à choisir, au moins : il pouvait l'avoir heureuse et victorieuse tout à la fois.

Un sourire mutin illuminant tout son visage, elle s'installa à califourchon sur ses hanches, pas tout à fait là où il la voulait avec tant d'intensité que cela faisait presque mal, et se courba sur lui jusqu'à trouver sa gorge du bout des lèvres. Il se cambra et laissa échapper une sorte de couinement étranglé quand, entre deux baisers aussi légers qu'un murmure, elle mordit gentiment la peau tiède et douce. Les mains de l'ancien déserteur se crispèrent sur ses hanches. Il ne se souvenait pas les avoir posées là, pourtant.

— Je ne vais pas te faire mal, ne t'en fais pas. Laisse-moi faire, laisse-moi prendre soin de toi…

Il ferma les yeux et obtempéra. Jamais il ne s'était senti aussi faible et choyé tout à la fois. Dans l'obscurité derrière ses paupières closes, il se laissa porter par la douceur de ses caresses, de ses baisers, parti si loin dans la douceur qu'elle lui offrait qu'il ne réalisa pas tout de suite où sa bouche se dirigeait. Il rouvrit les yeux, fit mine de protester, de dire qu'elle n'était pas obligée – elle s'affairait déjà et il se retrouvait une fois de plus sans pouvoir, sans force. Il devina à son hésitation qu'elle n'accordait pas souvent ce genre de plaisir à ses partenaires, aussi s'abreuva-t-il sans réserve dans la vue qu'elle lui offrait, dans le doux rougissement sur ses pommettes et le voile brumeux devant ses yeux mi-clos.

Bien vite, ce fut trop pour lui. Expérimentée ou non, elle restait un ninja, maîtresse de l'art de trouver les points faibles d'un corps et les exploiter. Il serra les dents quand il se sentit emporté aussi loin que possible dans la chaleur de sa bouche, résistant de toutes ses forces à la vague de plaisir qui voulait le traverser. Il refusait que ça s'arrête aussi vite et s'il jouissait maintenant, il n'était pas sûr de pouvoir la satisfaire en retour. Ce ne serait pas juste – Itachi avait toujours attaché tant d'importance à la justice.

— Arrête, s'il te plaît, murmura-t-il d'une voix étranglée.

Elle s'exécuta aussitôt, comme elle le lui avait assuré. Une larme avait roulé sur sa joue. Itachi savait que cela arrivait parfois, dans ce genre de situation, quand l'un ou l'autre se montrait un peu trop zélé. Elle s'était montrée zélée, sans le moindre doute. Son érection pulsa à nouveau et il sentit ses poings se crisper pendant une seconde en réponse.

— Je ne veux pas jouir trop vite.

Un petit rire tendre chuta en cascade des lèvres d'Hitomi. Elle lui caressa la joue, retrouvant sa place à califourchon sur son torse en quelques mouvements souples. Il ne savait où poser les mains – cette fois, c'était parce qu'il voulait tout toucher, découvrir le moindre recoin secret de son corps nu.

— Ça se termine toujours trop vite, la première fois. Si tu veux retarder l'inévitable, tu peux toujours essayer de concentrer du chakra à l'intérieur de ton membre, mais ça ne fonctionne pas toujours.

Elle savait de source sûre que ça ne suffisait pas toujours. L'air catastrophé de Suigetsu, durant la première nuit qu'elle avait partagée avec Haku et lui, lui revint brièvement en mémoire. Elle se secoua mentalement : elle ne voulait penser qu'à Itachi, là, maintenant.

— Si ça ne fonctionne pas à coup sûr, est-ce que je pourrais essayer de, hum, de te rendre la faveur ? Je veux que tu apprécies autant ce moment que moi.

Une vague de surprise, tiède et plaisante, traversa Hitomi. Elle acquiesça, roula à côté de lui et lui fit signe de venir la surplomber tout en écartant les jambes. Le regard d'Itachi glissa le long de son corps menu, inexorablement attiré par l'ombre entre ses cuisses.

— Les doigts ou la bouche, Itachi ? Je peux te dire que faire pour l'un comme pour l'autre, si tu veux.

Il était désespéré de bien faire, de lui plaire. Ses rêves avaient mille fois accordé à son imagination une expression de plaisir superposée sur ses traits, un désir au-delà des mots pour assombrir ses grands yeux écarlates, mais il n'était plus temps de rêver à présent. Il voulait voir tout cela en vrai, voir comment la réalité jetait sur les ombres une nouvelle lumière.

— Les deux ? D'abord les doigts, je pense. Ça a l'air plus facile.

Elle acquiesça à nouveau, la plus légère nuance de nervosité traversant un instant ses prunelles. Il déposa une pluie de baisers le long de sa pommette puis de sa mâchoire avant de glisser ses lèvres sur le tracé délicat de sa gorge, grisé par les pulsations erratiques de sa carotide. Elle ne pouvait dissimuler son désir, il se trahissait par mille petits détails qu'il apprendrait bien vite à déchiffrer. Inspiré par ce qu'elle lui avait fait quelques minutes plus tôt, il mordit doucement sur son pouls et fut surpris et récompensé tout à la fois par sa réaction, un petit gémissement étouffé et un roulement de ses hanches sous lui.

Il hissa tout son poids sur son bras gauche pour libérer le droit puis, du bout des doigts, traça un chemin curieux et patient le long de son buste. Il voulait tout découvrir, tout apprendre, de l'arrondi de ses seins au relief de la cicatrice sur son sternum. Ses yeux ne rataient rien de ses réactions, à la recherche de ce qu'elle aimait le plus, de ce qui coinçait un instant son souffle dans sa gorge ou lui arrachait un de ces petits soupirs chargés de désir. Il avait toujours été bon élève, et il entendait le lui montrer.

Finalement, il atteignit son ventre, ses hanches, ses cuisses. Elle semblait prête à entrer en combustion spontanée, les sourcils légèrement froncés d'impatience, mais ne tenta pas de lui faire accélérer la cadence. Il l'embrassa au moment de guider sa main entre ses jambes, sourit contre ses lèvres en la trouvant humide, la chair si chaude qu'elle en devenait presque irrésistible. Elle émit une petite plainte quand il toucha un nœud de nerfs dur au milieu de toute cette douceur. Son pouce le recouvrit – il se trouva récompensé par un nouveau roulement de hanches encourageant.

— Ici ? demanda-t-il malgré tout.

Il voulait l'entendre. Il voulait savoir ce qu'il lui faisait, comment elle se sentait, et si elle n'allait sans doute pas le dire en mots, il y avait bien d'autres moyens de le découvrir.

— Oui, ici, s'il te plaît…

Il ne put réprimer son sourire victorieux. Et voilà qu'il l'entendait, au besoin frénétique qui durcissait son accent, au ton pressant et fébrile de sa voix. Son pouce entama un lent massage circulaire exactement à cet endroit, aussi habile qu'il l'avait été quand il s'agissait de dénouer les tensions dans son dos, sous la douche. Il inspira profondément quand son chakra chargé de désir envahit la pièce, incontrôlable, brûlant, vit les pupilles d'Hitomi se dilater et son énergie répondre de la même manière. Une tension naissait lentement à l'arrière de ses globes oculaires mais il tenta de l'ignorer, jusqu'à ce qu'elle reprenne la parole.

— Tu peux activer ton Sharingan si tu veux. C'est ça que je sens, pas vrai ?

Il répondit d'un petit grognement, trop concentré pour articuler en mots le besoin presque trop féroce de la graver à jamais dans sa mémoire. Il obéit, puisqu'elle donnait son accord, laissant ses si précieuses pupilles s'éveiller sans la moindre retenue. La mémoire du Kaléidoscope ne se voyait jamais effacée, peu importait ce qu'on tentait dans cette optique.

— Tu as l'air fascinée, murmura-t-il tendrement.

Elle l'était. Le lent pivot des tomoe autour de ses pupilles l'hypnotisait presque, mais ne faisait rien pour contrebalancer la pression qui s'était construite au creux de ses reins – Itachi n'avait pas un seul instant cessé ses attentions entre ses jambes et semblait même d'autant plus précis maintenant qu'il voyait jusque dans les moindres détail la réaction à chacun de ses gestes.

— Plus vite, demanda-t-elle en retour.

Il laissa échapper un petit rire sombrement satisfait comme une caresse contre ses oreilles et s'exécuta. Elle leva les mains, s'accrocha à ses épaules solides et ferma à moitié les yeux, sans même chercher à retenir ses soupirs et gémissements. À quoi bon tenter de garder le silence quand rien ne l'y forçait ? Itachi semblait aimer l'entendre, de toute façon. Finalement, elle laissa sa tête rouler sur le côté, exposant sa nuque quelque peu rougie par les baisers et morsures qu'il y avait déjà déposées. Il comprit le message informulé et retourna flatter cette peau si sensible, profondément satisfait de la sentir se tendre contre lui à chaque fois qu'il mordait, que sa langue passait sur les marques de dents pour en adoucir la douleur.

Puisqu'elle ne pouvait plus voir son visage, Hitomi ferma les yeux et tressaillit quand ses sens réagirent en s'aiguisant immédiatement. Elle guidait parfois Itachi d'un murmure, lui demandant d'aller plus vite, d'appuyer un peu plus fort, mais elle se laissait surtout porter par le plaisir qu'il lui offrait avec diligence et application. Quand le feu commença à monter sérieusement au creux de ses reins, elle essaya de bloquer l'afflux de plaisir mais ne résista que quelques secondes avant de céder, gémissante et frémissante. Tout son corps se tendit à plusieurs reprises, ses muscles intimes avides de pouvoir compresser quelque chose dans leur étreinte. Les mouvements de son époux l'accompagnèrent pendant quelques secondes, jusqu'à ce que la stimulation devienne trop intense et qu'elle demande d'un ton peut-être un peu trop urgent qu'il arrête. Il obéit immédiatement. Il voulait tant lui plaire…

— Peu de gens peuvent se vanter d'avoir donné un orgasme à leur partenaire la première fois, finit-elle par soupirer paresseusement quand elle eut retrouvé ses sens.

Itachi laissa échapper un petit rire et l'embrassa avant de répondre, sa langue demandant le passage sur ses lèvres. Elle le lui offrit tout en essayant de ne pas penser aux merveilles qu'elle accomplirait entre ses jambes, s'il voulait toujours lui accorder cette forme de plaisir. S'il ne le voulait pas, elle ne lui en tiendrait pas rigueur. Elle sentait le poids de son érection contre sa jambe : elle n'avait pas un instant désenflé pendant qu'il la caressait. Cela devait faire mal, à ce stade… Et elle voulait le sentir à l'intérieur d'elle, si bien que quand il commença à se baisser, elle le retint là où il se trouvait.

— Une autre fois. Tu n'as fait qu'attiser mon appétit, j'en veux plus.

Il comprit immédiatement ce qu'elle voulait dire. Le rythme de rotation de son Sharingan autour de son axe sembla accélérer légèrement tandis que son chakra jaillissait de plus belle, épaississant l'air de luxure et de désir. Le simple contact de cette énergie sur sa peau donnait envie à Hitomi de se jeter sur lui et de lui faire voir des étoiles.

— Est-ce que tu veux venir sur moi ? demanda-t-il d'une voix qui tremblait d'anticipation. J-j'ai envie de te voir…

Elle lui caressa la joue, toujours légèrement essoufflée par le plaisir qu'il lui avait offert.

— Bien sûr. Allonge-toi et laisse-moi faire.

Elle s'installa à nouveau à califourchon sur lui, veillant cette fois à s'asseoir à bonne hauteur. Son membre viril brûlait presque au toucher. Elle le caressa du bout des doigts, se vit récompensé par un grondement monté tout droit des cordes vocales d'Itachi et lui sourit. Il semblait prêt à craquer, lui aussi. Sous son regard assombri de désir et de vénération mêlés, elle s'empara de son érection, la redressa et la guida à l'intérieur de son intimité, lentement. Elle le regarda fermer les yeux, inspirer aussi profondément et lentement qu'il le pouvait, chacun de ses muscles rigides, puis rouvrir les paupières et la dévorer du regard. Il était magnifique comme ça, nu et soumis aux pulsions de son corps, expressif de mille façons.

Il ne parvint à pas retenir un gémissement quand elle fut complètement assise sur lui, et elle non plus. Cela faisait si longtemps qu'elle n'avait plus éprouvé cette sensation d'étirement, de pression, de plénitude. Les mains d'Itachi caressèrent son ventre, ses côtes, ses seins. Elle commença à rouler des hanches sur lui, aussitôt récompensée par l'expression de plaisir presque intolérable qui s'installa sur son visage. Il ne répondait pas à ses mouvements avec son bassin pour l'instant, sans doute effrayé à l'idée que ça se termine trop vite. L'une de ses mains retrouva sa place entre les jambes d'Hitomi, la caressant à nouveau. Elle gémit doux et bas et il jura sur le même ton quand il sentit ses muscles intimes se contracter autour de lui en réponse. Elle lui semblait si sensible, si fragile et si forte à la fois.

— Plus vite, Itachi. Ne te retiens pas, s'il te plaît, j'ai besoin de toi…

C'était tout ce dont il avait besoin pour commencer à bouger sous elle à son tour, ses Sharingan ne quittant jamais sa silhouette découpée en clair-obscur par la lumière derrière les rideaux mal fermés. Peu importait qu'il veuille faire durer ce moment. Ce qu'elle voulait, ce dont elle avait besoin, il le lui offrirait quoi qu'il en coûte. Il accéléra le rythme, accentua la pression de ses doigts contre le clitoris de son épouse et s'abreuva de la vision qu'elle lui offrait, fière et douce, guerrière et amante tout à la fois.

Elle se contracta soudain autour de lui. Ce n'était pas un orgasme, juste une pulsation, mais cela suffit à pulvériser le contrôle dont Itachi disposait encore sur son corps. Il jura entre ses dents serrées, incapable de garder les yeux ouverts, le souffle coupé et le moindre de ses muscles tendu comme un arc. Il la sentit frémir au-dessus de lui avant de perdre l'esprit pendant une longue, parfaite seconde. Une flamme envoûtante se délia du creux de ses reins, lui traversa tout le corps et le laissa sans force. Quand il revint à lui, il se sentait légèrement étourdi, essoufflé et frémissant, hypersensible. Son Kaléidoscope s'était résorbé tout seul, sans son autorisation.

— Je suis désolé, je voulais...

Il s'interrompit quand elle pressa un index fin contre ses lèvres. Son érection, qui n'avait pas encore commencé à dégonfler, se trouvait toujours profondément nichée en elle. Un sourire tendre adoucissait ses traits.

— Tu voulais me donner un autre orgasme. Je m'en doute. Je t'avais dit que ça ne serait pas parfait, Itachi. Tu m'as déjà donné beaucoup de plaisir. J'espère que c'était aussi bien pour toi que pour moi.

Il ne put retenir un rire incrédule, secouant légèrement la tête. Bien ? Il ne s'était sans doute jamais senti aussi bien de sa vie, les sens encore emplis d'elle, de tout ce qu'elle lui avait offert et de tout ce qu'elle représentait à ses yeux. Il ne lui murmura aucun mot d'amour tandis qu'elle séparait leurs corps encore conjoints et roulait sur le flanc, les cuisses serrées pour ne pas souiller les draps. Ils étaient des shinobi. L'amour pour eux était souvent dur, amer… Et elle n'était pas amoureuse de lui, de toute façon. Il n'était même pas certain d'être amoureux d'elle lui-même.

— Est-ce que tu veux de quoi te rincer ? Tu n'es pas obligée de sortir du lit.

Elle redressa la tête et le regarda, un sourire chargé d'affection aux lèvres.

— Je veux bien, oui. Mais tu peux revenir après, si tu veux. J'aime les câlins après toutes ces sensations explosives.

Itachi la dévisagea quelques instants puis ses traits s'adoucirent, ses doigts aux cals usés effleurant le relief de sa pommette droite.

— J'imagine, oui. Je vois bien comment un câlin peut devenir la cerise sur le gâteau dans cette situation.

Elle émit un petit rire paresseux et roula sur le ventre, enfouissant son visage dans les oreillers. Elle se sentait détendue d'une façon que seul le sexe lui assurait. Elle retourna sur le dos et s'assit prudemment quand Itachi revint, juste le temps d'utiliser l'éponge et la petite bassine d'eau qu'il lui avait ramenée à se débarrasser des restes de leur étreinte. Quand elle fut satisfaite, elle se rallongea, se décalant assez vers le bord opposé du lit pour qu'il puisse prendre place à ses côtés. Il s'allongea, l'enlaça par derrière et effleura du bout des doigts l'arrondi d'un sein, la faisant frémir d'un plaisir résiduel.

Dans ses bras, elle pouvait oublier quelques temps ce qui les attendait tous les deux. Dans ses bras, elle pouvait se détendre, se sentir en sécurité.

Et s'appliqua à faire exactement cela.