La délégation de Kirigakure arriva le lendemain après-midi. Hitomi observa depuis sa fenêtre – elle avait vue sur l'entrée d'Uzushiogakure. Depuis une telle distance, elle ne parvenait pas à identifier la silhouette qui appartenait à Haku ni celle de Suigetsu, mais elle sentait leurs chakras à côté de celui de Kisame, d'une vigueur presque indécente. Itachi était allé chercher une petite collation tandis que ses Genin profitaient d'une poignée d'heures de liberté après un entraînement en douceur dans la matinée. Ils avaient juste exploré le terrain alloué par leur intendant, rien de bien palpitant pour les deux civils qui s'étaient aventurés à venir jeter un œil depuis la barrière qui délimitait la zone.

— Ils sont là, pas vrai ? s'enquit son époux quand il vit la vague nuance de rouge sur ses joues.

Les yeux brillants, elle acquiesça. Elle tremblait presque d'anticipation à l'idée de les revoir – et Itachi aussi serait ravi de retrouver celui qui avait été son seul ami, son seul soutien pendant près d'une décennie. Un mince sourire aux lèvres, il lui tendit une clémentine issue du plateau de fruits en équilibre sur l'une de ses mains. Elle la pela en quelques gestes, lui en plaça un quartier entre les lèvres et dévora le reste sans même s'en rendre compte. Son corps était encore parcouru d'énergie. Elle n'avait pas pu le dépenser en s'entraînant, après tout…

— Est-ce que tu veux descendre les accueillir ?

— Non, ça ne serait pas très correct pour leur intendant. Laissons-les d'abord s'installer avant d'aller les chercher.

Malgré ces sages paroles, elle ne put réprimer un couinement enthousiaste quand elle les vit se détacher de la masse de shinobi et de civils et se diriger vers leur hôtel. Itachi émit un petit rire, posa le plateau sur le bureau et l'enlaça par derrière, les bras chastement enroulés autour de sa taille mince. Elle se détendit au contact de son chakra sur sa peau. Il savait toujours que faire. Elle se demandait par quel sortilège, exactement, quelle technique inconnue peut-être, il parvenait à la calmer ou à l'embraser selon son bon vouloir dès qu'il la touchait. Seule la conscience d'avoir sur lui un pouvoir équivalent rendait la situation agréable.

— Regarde-toi, toute joyeuse et pleine d'énergie. Tu comptes les minutes, pas vrai ?

Elle tira la langue en réponse, la tête rejetée en arrière pour qu'il voie bien. Évidemment qu'elle comptait les minutes, mais elle n'allait quand même pas faire sauter la porte de leurs chambres sur leurs gonds avant même de leur laisser le temps de s'installer… Cela dit, elle traqua leurs mouvements avec minutie et, quand elle les sentit se réunir dans le couloir peu après le départ de leur intendant, elle ouvrit la porte de sa chambre avec assez de violence pour faire protester ses gonds et se précipita hors de la pièce.

— Hitomi ! s'exclama Suigetsu avec un grand sourire.

Il l'enveloppa dans une étreinte à couper le souffle sans lui laisser le temps de réagir, manifestement ravi de la voir. Elle l'accueillit de son rire chargé de sauvagerie et de liberté, l'étreignant tout aussi fort en retour. Haku les rejoignit, ses longs bras minces lui permettant de trouver sa place autour d'eux sans problème, tandis que Kisame et Itachi se saluaient avec réserve mais chaleur quelques pas plus loin.

— Je n'arrive pas à croire qu'on se revoie aussi vite, mais ça me fait plaisir, affirma Hitomi quand les effusions des retrouvailles furent retombées.

Ils se trouvaient tous dans la chambre qu'Hitomi partageait avec Itachi, assis là où ils le pouvaient. Les hommes avaient tenu à laisser le lit à leur paire kunoichi – leur perte, son gain. Suigetsu et Haku étaient assis presque l'un sur l'autre à même le sol, à côté de la porte, tandis qu'Itachi occupait la chaise de bureau et Kisame le bureau tout court. C'était un véritable désordre, mais elle ne l'aurait voulu autrement pour rien au monde.

— Et moi donc, soupira Haku. J'ai dû insister pour que Mei-sama nous laisse y aller. Elle voulait envoyer Chôjûrô et Ao.

Kisame ricana, peu charitable.

— Elle aurait envoyé un gamin qui rougit dès qu'on lui parle et un incident diplomatique sur pattes ? Réfléchis mieux que ça. Elle comptait t'envoyer depuis le début mais s'est assurée d'obtenir tout ce qu'elle pouvait en échange d'abord.

— Oh, Haku, tu t'es laissé embobiner pour moi ? taquina Hitomi en battant des cils. C'est adorable !

Le jeune homme rougit et bafouilla, mais ses grands yeux bruns restèrent emplis de douceur et ne se détachèrent pas du visage de la kunoichi qu'il n'avait jamais tout à fait cessé d'aimer. Ils avaient tant grandi, tant évolué depuis leur premier baiser dans l'océan qui bordait le Pays des Vagues. Il ne regrettait aucun de ces changements – sans cela, ils se seraient peut-être éloignés l'un de l'autre d'une façon irrémédiable, ou pire encore.

— Bon, fit Kisame en se levant, je vais aller voir si les civils ont besoin de quelque chose. Le fils du daimyô est un poil trop capricieux à mon goût, je n'ai pas envie qu'il rende quelqu'un complètement marteau. Mauvais pour l'image du pays, tout ça. Soyez sages, les jeunes, et ne faites rien que je ne ferais pas.

Suigetsu laissa échapper un petit rire et secoua la tête.

— Ne rien faire qu'il ne ferait pas ? Pfeuh, deux jours avant le départ je l'ai retrouvé à poil sur mon canapé, tellement bourré qu'il ne se souvenait même pas ce qu'il venait faire là !

— Kisame n'a jamais bien tenu l'alcool, commenta Itachi d'une voix chargée d'affection. Heureusement, il a la boisson bienheureuse.

— Imaginez s'il avait la boisson triste.

— Imaginez s'il avait la boisson colérique, oui ! s'exclama Hitomi en ricanant. Vous ne vous en rendez peut-être pas compte, mais il a autant de chakra qu'un jinchûriki. Enfin, juste un peu moins que Gaara, plutôt.

— Toi aussi, et pourtant ça se saurait si tu étais terrifiante.

Les traits impassibles, Hitomi tourna la tête vers Suigetsu.

— On peut savoir où tu as hiberné ces dernières années ? Je suis terrifiante.

La discussion se poursuivit sur ce ton léger pendant un petit temps puis Suigetsu se leva à son tour, accrochant à nouveau son sabre dans son dos.

— Je sais que vous avez des choses à discuter tous les trois, alors je vais vous laisser le faire tranquillement. Haku, mon cœur, je rentrerai sans doute tard, j'ai envie d'explorer un peu le village.

Hitomi les regarda s'embrasser et remarqua qu'ils échangeaient brièvement en morse. Elle ne comprit pas le message, toutefois : le code de Kirigakure différait grandement de celui qu'elle utilisait. Elle regarda son ami s'en aller et fermer la porte derrière lui. Elle comprenait, bien entendu : contrairement à Haku, Suigetsu n'était pas amoureux d'elle. Il l'appréciait énormément, ressentait pour elle un désir incontestable et incontesté, mais ces deux composants ne suffisaient pas à créer de l'amour. C'était à cause de ce sentiment qui courait toujours entre son compagnon et leur partenaire occasionnelle qu'il voulait les laisser seuls, leur accorder le temps de poser des bases saines avec Itachi, de déterminer un arrangement qui conviendrait à tout le monde.

— Je n'ai absolument rien contre ta relation avec Hitomi, Haku-san, commença Itachi après quelques secondes de silence. Je veux qu'elle soit heureuse, et le fait qu'elle le soit avec toi n'empêche pas qu'elle se sente bien avec moi aussi.

Le jeune Kirijin inclina légèrement la tête. Ses épaules se détendirent visiblement. Il n'avait pas besoin de lutter, de défendre ses sentiments et la liberté d'Hitomi. Tant mieux. Tout le monde savait ce que valait Itachi en tant que combattant, Uchiha ou pas.

— Je ne m'attendais pas à un mariage. Tu m'as dit plus tard que tu l'avais plus ou moins prévu, Hitomi, mais ça m'a un peu pris de court. Cela dit, je ne pourrais pas m'arrêter de t'aimer même si je le voulais. Si tu me veux encore, je demeurerai à tes côtés quand nos missions nous le permettront.

La jeune femme fit signe à son amant et son époux d'approcher. C'était perturbant de les désigner de cette façon, mais grisant aussi. Elle sourit quand Itachi posa une main sur sa cuisse, le bout de ses doigts effleurant l'endroit où son kimono s'arrêtait et exposait sa peau nue. Haku s'assit sur le lit à côté d'elle. Quand il enroula un bras autour de ses épaules, sa main effleura brièvement celle du jeune Uchiha, qui accepta le contact sans la moindre difficulté apparente. Intéressant… Une bouffée de chaleur la traversa mais elle se maîtrisa aussitôt. Ils n'avaient pas fini de discuter.

— Je n'aurais pu rêver de meilleurs compagnons, pas vrai ? Vous êtes formidables, tous les deux.

Itachi courba sa haute silhouette jusqu'à ce que son souffle lui caresse la nuque. Par l'Ermite… Et pour ne rien arranger, Haku se rapprocha lui aussi, son chakra touchant sa peau avec délicatesse. Elle ferma les yeux pendant un instant sans même le réaliser.

— Je pense qu'Itachi-san serait d'accord pour explorer cette nouvelle dynamique…

— Assurément.

— Et toi, Hitomi ?

Le Kirijin ponctua sa question d'une caresse sur son autre cuisse de la main qui n'était pas posée sur son épaule. Un juron étouffé se fraya un chemin à travers les dents serrées d'Hitomi. Elle se contorsionna et posa juste à temps sa paume ouverte sur le sceau d'isolement. Juste après l'avoir activé, elle ne parvint plus à maîtriser son aura sensuelle, qui explosa dans l'air, cocktail d'hormones et de désir presque tangible.

— Je prends ça pour un oui, murmura Haku avec un sourire en coin qui emballa son pauvre cœur.

— O-on ne devrait pas établir des règles d'abord ? tenta-t-elle d'une voix tremblante d'anticipation.

Elle devait se montrer raisonnable et garder la tête froide, autant que possible – autrement dit, presque impossible, avec les auras d'Haku et Itachi qui répondaient à la sienne à présent. Elle sentit une tension se former au creux de ses reins. Elle savait ce que ça faisait d'être avec deux hommes à la fois. Elle savait et… ça lui manquait. Elle devait l'admettre. Mais se donner de cette manière à l'homme qu'elle aimait depuis des années et à son époux pour qui elle se découvrait lentement plus qu'une simple amitié ? Elle avait l'impression de baigner dans l'ambroisie.

— J'ai une bonne règle. Si quelqu'un n'aime pas quelque chose, il le dit, et les deux autres s'adaptent.

Le regard brûlant d'Itachi courait à présent sur la ligne fragile de sa nuque. Il l'avait mordue à cet endroit la veille, assez fort pour laisser une marque qu'il avait effacée ensuite. Mais la mémoire de la peau meurtrie et rougie demeurait toujours vive en lui, grâce aux Sharingan qu'il employait sans réserve à présent durant leurs nuits les plus enfiévrées.

— J'aimerais vous regarder d'abord, susurra Haku tout en s'adossant à la tête de lit, si vous êtes d'accord.

Il aimait regarder, presqu'autant qu'Itachi. Quand elle avait séjourné à Kirigakure, il l'avait plus d'une fois observée sous les mains expertes de Suigetsu, l'expression durcie par une avidité qui l'avait rendue folle de désir – et de plaisir, leur partenaire y avait veillé. Elle marqua son approbation d'un hochement de tête, rapidement suivie par Itachi, qui alla s'asseoir sur la chaise désertée un peu plus tôt. Il la tourna de manière à faire à Haku avant de s'installer et de remonter les manches de sa chemise sur ses avant-bras puissants. La bouche d'Hitomi s'assécha immédiatement.

— Viens par ici, Hitomi. Tu as parlé d'un spectacle à donner avec tes Genin aux civils de ce pauvre village, mais si on en offrait un bien plus intéressant à Haku-san ?

Elle tremblait presque de désir mais obéit, les yeux brumeux et les pas un peu moins élégants et décidés que d'ordinaire. Elle laissa Itachi la guider en position assise sur ses genoux, le dos contre son torse solide, et croisa le regard tout aussi éloquent d'Haku. Le chakra qui émanait de lui touchait sa peau comme une caresse, même de là où il se tenait.

— Garde tes jambes à l'extérieur des miennes, d'accord ? Laisse-le observer tout son soûl.

Elle répondit d'un petit son torturé alors qu'il ne la touchait même pas encore vraiment. Il s'empressa cependant de pallier à ce manquement : l'Itachi peu sûr de lui dans les matières charnelles qu'elle avait connu lors de leur première nuit avait bien changé depuis. Il avait appris tout ce qu'elle aimait, et ce qui lui plaisait à lui aussi. Quelle chance elle avait que leurs inclinaisons soient compatibles ! Là où Hitomi tendait à abandonner tout contrôle, Itachi en était affamé.

Ses mains puissantes et douces, si douces, dénouèrent sa obi puis se posèrent sur le col de son kimono. Il déposa sur sa gorge offerte un baiser qui se mua en délicate morsure tandis qu'il repoussait le tissu le long de ses bras puis s'en débarrassait. Elle ne portait pas sa résille d'acier ce jour-là, seulement des dessous assez ajustés et confortables pour lui permettre de bouger et d'entraîner ses enfants sans peine. Haku l'observait comme si la simple brassière noire constituait la plus exquise lingerie qui soit, ses yeux d'habitude si doux promenant sur sa peau exposée un regard prédateur.

— Dis-moi ce que tu veux, gronda Itachi au creux de son oreille, la voix presque dure. Dis-le assez fort pour qu'il entende.

Elle ne put réprimer le frisson qui la parcourut. Ses yeux luttèrent pour se fermer mais elle résista. Elle voulait garder un peu plus longtemps son sens de la vue.

— T-touche-moi, s'il te plaît… J'ai besoin de toi, Itachi, j'ai besoin…

Il l'interrompit d'un baiser exigeant, sa main droite glissant le long de son ventre parcouru de cicatrices jusqu'à la limite de sa culotte, noire elle aussi. Sans aucun égard pour le tissu qui le dérangeait tant à cet instant, il concentra du chakra dans ses doigts et réduisit le dessous en lambeaux qu'il jeta quelque part sur le côté. Elle ne s'était jamais sentie aussi exposée, aussi vulnérable – et aussi brûlante de désir à cette idée. Enfin, enfin sa main fut sur elle. Il grogna quand il toucha l'humidité entre ses jambes, trouva aussitôt son clitoris et commença à le masser dans un rythme lent mais parfaitement régulier qui lui fit rouler des hanches par réflexe.

— Tellement belle, murmura-t-il encore quelque part entre sa nuque et son oreille. Tellement prête.

Elle aurait fait n'importe quoi pour lui plaire à cet instant, sans la moindre hésitation. Ses lèvres s'entrouvrirent, à la recherche d'un peu plus d'oxygène, les soupirs en cascade dans l'air immobile. Haku avait bougé, juste assez pour pouvoir s'administrer un peu de plaisir tout en l'observant. Il n'irait pas trop loin, elle le savait. Il aimait faire durer les choses, mais c'était à l'intérieur d'elle qu'il préférait déverser son plaisir et se perdre sans fin.

— Tu seras brave pour nous, hm ? Je sais que tu veux ceci autant que nous.

Elle laissa échapper une petite exclamation de plaisir quand la main gauche d'Itachi rejoignit la droite. Son index et son majeur se frayèrent un chemin à l'intérieur d'elle. C'était presque trop pour ses muscles encore au repos, mais le genre de « trop » qui lui faisait perdre la tête. Les doigts d'Haku se contractèrent autour de son érection mais il n'accéléra pas le rythme, les yeux rivés à l'endroit où les mains d'Itachi disparaissaient dans l'ombre.

Son époux accentua soudain le rythme, la pression exercée sur la concentration de nerfs qu'il n'avait pas un instant cessé de stimuler, les doigts à l'intérieur d'elle trouvant l'endroit qui lui faisait toujours voir des étoiles. Comme si cela ne suffisait pas, il lui mordit la nuque assez fort pour laisser une marque rouge quand ses dents auraient déserté sa peau puis lécha la peau meurtrie comme pour atténuer la douleur. Elle ne pouvait résister ; l'orgasme la frappa avec la violence d'un tsunami, lui arrachant un long gémissement tourmenté. Elle se tendit plusieurs fois dans les bras d'Itachi, qui la tenaient en place, en sécurité, jusqu'à ce que ses doigts ralentissent puis s'immobilisent entre ses jambes. Elle réalisa quand elle descendit de son nuage qu'il déposait une pluie de baisers le long de sa gorge et de son épaule, la preuve de son propre désir fermement pressée contre ses reins.

— Glorieuse…

Son murmure était chargé d'une telle tendresse, d'une telle dévotion, qu'elle sentit son cœur rater un battement dans sa poitrine. Elle aurait sans doute dû sentir une douce fatigue l'envahir, mais ce n'était pas le cas – pas quand elle savait ce qui l'attendait, pas quand Itachi la recueillait dans ses bras comme s'il n'avait jamais rien touché de si précieux et la portait vers le lit où Haku attendait, impatient et affamé sous le vernis à peine opaque qui contraignait ses traits à une parodie de neutralité. Il la voulait. Il la voulait tellement qu'il parvenait à peine à se souvenir comment respirer, et elle le savait.

— Maintenant que tu as diverti Haku-san, tu devrais le soulager un peu, tu ne crois pas ?

Toujours la voix d'Itachi, rauque et joueuse dans son oreille, pétrie d'une tendre autorité qui contribuait à lui faire perdre toute maîtrise de la situation. Parfait. Elle maîtriserait une autre fois. Ou jamais, si on lui demandait son avis. Elle se faufila entre les jambes d'Haku et l'embrassa, laissant sa langue l'envahir tout en douceur. Il posa les mains sur sa taille, enfonçant des doigts dans la chair délicate avec assez de fermeté pour la rapprocher de lui. Cela faisait si longtemps qu'elle ne s'était pas trouvée dans ses bras, sa peau nue contre le tissu rêche de ses vêtements…

— Déshabille-moi, murmura-t-il contre ses lèvres. Fais des dégâts si tu veux, je suis venu avec assez de change.

Elle obéit parce qu'elle ne voulait rien d'autre que sa propre docilité en cet instant. Ses doigts parcourus de chakra firent un sort peu charitable à sa tenue de combat, elle jeta son étui à kunai quelque part à côté du lit, le débarrassa de chaque couche de tissu jusqu'à ce qu'il ne reste plus que sa peau couturée de cicatrice, chacune une ode à sa force et la preuve qu'il avait survécu, qu'il avait dominé ici un champ de bataille, ici un combat, ici une mission. Derrière elle, elle perçut une étincelle de chakra qu'elle aurait reconnue entre mille désormais : Itachi avait activé son Sharingan et gravait chaque instant dans sa mémoire.

Ses lèvres trouvèrent une cicatrice nouvelle le long de l'épaule d'Haku et l'embrassèrent, comme si un peu de douceur pouvait effacer le souvenir de la douleur qu'il avait dû éprouver. Elle gronda doucement alors que les mains d'Itachi se posaient sur ses épaules, son dos, la courbe de ses fesses. Il réunit ses longues boucles noires dans son poing et les écarta de son chemin sans les lâcher afin d'exposer sa nuque, qu'il embrassa tendrement. Il soutenait son poids d'un bras posé juste à côté de la tête d'Haku, lequel avait fermé les yeux pour laisser la place à d'autres sens, plus essentiels, plus aiguisés.

— Regarde ce que tu lui fais, Hitomi. Regarde dans quel état tu mets ton pauvre ami. Soulage-le un peu.

Un petit sourire charmé tordit ses lèvres tandis qu'elle observait comme son époux le demandait. Après quelques instants, elle guida ses baisers jusqu'à un mamelon dur et érigé qu'elle flatta de sa langue et du bout des dents, ses doigts trouvant leur place autour de l'érection brûlante et sans doute un peu douloureuse du Kirijin. Elle l'avait rarement connu aussi dur. D'une main douce, elle s'appliqua à soulager un peu de la pression qui le parcourait sans doute, mais elle veilla à ne pas lui donner trop de plaisir trop tôt, trop vite. Elle le voulait à l'intérieur d'elle quand viendrait l'apogée de sa passion. L'idée seule suffisait à l'intoxiquer de désir.

— Tu as déjà fait ça, pas vrai, Hitomi ? Tu sais ce que tu veux, et tu sais que tu peux l'obtenir…

Les doigts d'Itachi s'attardèrent entre ses fesses, appuyèrent doucement puis s'éloignèrent, lui arrachant un petit gémissement déçu. Elle avait l'impression de se consumer lentement, ses muscles intimes crispés en vain dans l'espoir d'avoir quelque chose à accueillir dans leur étreinte. Elle entendit un froissement de tissu, une décharge de chakra contre un sceau et quelques bruits qu'elle n'identifia pas puis les doigts d'Itachi revinrent, humides cette fois.

— Si tu y vas assez lentement, elle n'aura pas mal, murmura Haku d'une voix rauque. Il suffit de… Prendre son temps…

— Et on a tout le temps du monde, pas vrai ?

La réponse du Kirijin ne se fit pas attendre : il empoigna les hanches de son amante et la guida jusqu'à ce que son bassin se trouve au-dessus du sien. Il la taquina quelques secondes avant de se frayer un chemin à l'intérieur d'elle, un centimètre après l'autre. Elle rejeta la tête en arrière avec un gémissement torturé, ses muscles réagissant aussitôt à la délicieuse invasion. Son sang chantait dans ses oreilles, la mélodie noyant presque le grondement sourd d'Itachi derrière elle. Oh, il aimait regarder, lui aussi.

Il se pencha jusqu'à ce que son torse soit pressé contre le dos fragile de son épouse et elle eut tout juste le temps de tourner la tête dans sa direction avant de le voir embrasser Haku avec autant de passion qu'il lui en avait montré à elle. Une vague de chaleur la traversa, ses muscles intimes se contractèrent si fort qu'Haku se tendit sous elle, les mains sur ses hanches si crispées qu'elles laisseraient sans doute des hématomes derrière elles.

Elle n'aurait pu moins s'en soucier.

Haku commença à bouger sous elle, contraignant malgré le manque d'espace ses hanches à rencontrer les siennes à un rythme lent, presque insupportable. La main droite d'Itachi se faufila entre eux et trouva une nouvelle fois son clitoris, le contact ferme et précis la faisant ruer de plaisir entre leurs corps puissants, puis la gauche retrouva sa place entre ses fesses et commença à la préparer avec mille précautions. Elle avait presque le vertige, les sens saturés d'un plaisir à lui en voler ses mots. Elle avait depuis longtemps dépassé le stade des mots, de toute façon. Elle tressaillit soudain : un sourire taquin se dessinait sur les lèvres d'Haku, et elle savait ce que ça signifiait.

— Joue à un jeu avec nous, Hitomi, susurra-t-il en lui touchant les lèvres du bout des doigts. Essaye aussi fort que tu peux de garder le silence. Tu sauras quand tu auras perdu.

Un doux rougissement s'étendit sur ses joues, ses yeux devinrent presque fiévreux mais elle acquiesça avec frénésie, désespérée de leur plaire. Elle referma sa bouche entrouverte et tenta de se concentrer sur sa respiration. Au même moment, Itachi approfondit ses attentions, ses mains la touchant exactement comme elle aimait, comme elle voulait. Sous elle, Haku accéléra le rythme, lui agrippant à nouveau les hanches pour la tenir en place. Elle cacha son visage dans son cou, tendue comme un arc. Elle avait envie de gémir, de soupirer, d'en demander plus, mais elle aurait perdu… Et elle ne perdait jamais, pas vrai ?

Après une ou deux minutes de ce rythme si lent et si intense à la fois, elle ne parvint plus à retenir le nœud de plaisir qui enflait et enflait dans son bas-ventre. Elle jouit en serrant les dents pour garder le silence, mais ni Haku ni Itachi ne retinrent les doux, tendres jurons et encouragements déversés dans ses oreilles. Ils lui laissèrent un moment pour redescendre de son nuage, pour revenir à elle, puis son époux écarta sa main droite, la remplaçant par son membre bien plus épais et désirable, déjà recouvert d'une confortable humidité. Elle savait qu'elle pouvait lui faire confiance.

Il entra en elle à son tour, lui arrachant tout contrôle avec la douceur et la prévenance qu'il ne cessait jamais de lui montrer. Il se trouvait à mi-chemin quand les mâchoires d'Hitomi s'ouvrirent presque de force et qu'un long gémissement tremblant lui échappa. Haku sourit contre son épaule, qu'il embrassait pile à ce moment-là. Il savait qu'aucune détresse ne se trouvait dans ce son délicatement torturé. Miséricordieux, il se figea et la tint en place tandis qu'Itachi achevait de se loger en elle.

Elle ne parvenait plus à respirer. Le souffle avait commencé à lui manquer quelque part dans les dernières secondes sans qu'elle le réalise, peut-être quand son époux avait grogné de plaisir contre sa nuque et que sa main gauche avait recommencé à tracer les contours de son clitoris. Ils restèrent tous trois presque immobiles pendant un peu plus d'une minute, le temps qu'elle se souvienne comment faire parvenir l'oxygène jusqu'à ses poumons, les longs doigts habiles du jeune Uchiha le seul mouvement qu'ils s'autorisaient.

— Tu as perdu, pauvre petit cœur, annonça finalement Haku d'une voix débordante de tendresse. Tu es prête ?

Elle acquiesça, le menton légèrement tremblant. Il l'embrassa sous l'oreille et recommença à bouger, chaque geste lui arrachant des soupirs de délice. Itachi se joignit à la danse au bout de quelques instants, son chakra les entourant tous les trois comme une cape, une paire d'ailes. Il n'avait pas désactivé son Sharingan et luttait pour ne pas fermer les yeux, pour de pas se perdre dans le plaisir presque trop intense qu'il ressentait. Jamais il n'oubliait d'offrir à Hitomi le plaisir dont elle avait besoin pour son orgasme, bien conscient que la friction ne suffirait pas, surtout pour le troisième en une vingtaine de minutes à peine.

Haku atteignit son apogée le premier avec un gémissement étranglé, et la frénésie nouvelle de ses mouvements provoqua en retour l'orgasme d'Itachi. Celui-ci accéléra la course de ses doigts sur les nerfs hypersensibles de son épouse tout en précipitant à son tour le rythme de son bassin contre ses reins et cela suffit à lui faire perdre pied une nouvelle fois, son plaisir d'une intensité telle qu'il lui arracha un sanglot étouffé.

— Je t'aime, soupirèrent les deux hommes à l'unisson.

Un doux sourire étira les lèvres d'Hitomi, qui reposait sans force entre eux, le corps encore parfois agité de petits spasmes épuisés.

Elle avait perdu, oui.

Et pourtant elle avait tout gagné.