Le matin du départ pour Kirigakure, les Genin d'Hitomi tenaient à peine en place. Ils avaient faim de gloire, tous les trois, et étaient bien heureux de voir leurs anciens camarades de classe tenter l'aventure à leurs côtés. Bien sûr, Hanabi ne supportait toujours pas la vue de Konohamaru et essaya de lui arracher les yeux dès les dix premières minutes, mais sa sensei ne lui en tint pas rigueur. Il l'avait cherché. Quelle idée d'insinuer qu'elle avait envie de l'embrasser…
— J'espère que vous vous tiendrez mieux pendant l'examen. C'est votre avenir professionnel que vous jouez, votre réputation.
— En d'autres mots, on peut terrifier les ninjas étrangers mais pas ceux de Konoha ?
Hitomi attira Anosuke jusqu'à elle et lui ébouriffa les cheveux avec affection.
— Exactement ! C'est bien, chaton, tu as tout compris !
Kiba ricana à côté d'elle. Ses Genin étaient étonnamment calmes, mais elle devait admettre que son ami avait bien changé en un an. Elle savait que ses élèves avaient failli mourir lors d'une mission qui avait très mal tourné – Crépuscule, encore. Depuis, son tempérament explosif s'était transformé en fermeté et en concentration. Sa mère et sa sœur le reconnaissaient à peine. Sans le regarder, elle lui effleura l'avant-bras en guise de soutien. Ils mourraient peut-être durant cet examen. Ceux de Kiba comme les siens. Une perspective terrifiante.
Le voyage se fit le plus rapidement possible sans épuiser les plus jeunes. Seules les cinq équipes nommées un an plus tôt participaient au nom de Konoha : cela faisait déjà quinze Genin, un nombre solide pour le village qui n'hébergeait pas l'évènement. En réalité, Tsunade avait réussi à faire promouvoir tant de ses ninjas durant les examens qui avaient précédé celui que cette génération avait passé qu'elle n'avait pas besoin de plus. Pas la peine de précipiter les choses : le village avait besoin de Genin aussi.
Ils prirent un bateau une fois arrivés à la côte : le voyage ne dura que quarante-huit heures, mais ce fut une véritable plaie pour l'un des élèves de Tenten, qui souffrait d'un terrible mal de mer. Les autres ne souffrirent pas au-delà peut-être d'une légère nausée au démarrage. Hitomi, quant à elle, s'était toujours sentie à l'aise sur l'eau : quand le pont devenait trop peuplé pour elle, elle posait une balise sur le mât et allait marcher directement sur les flots comme si cela ne représentait pas le moindre effort.
Elle entraînait toujours ses élèves, bien entendu, mais avec modération. Elle s'assurait surtout qu'ils soient prêts pour les trois épreuves ; Tsunade avait ordonné qu'ils ne rentrent pas à Konoha pendant le mois de préparation s'ils se qualifiaient pour le tournoi. Après tout, Kirigakure était leur alliée, désormais. Elle avait donc fait ses adieux à Itachi, qui la rejoindrait dans un mois si la cheffe de guerre l'autorisait. Elle n'avait aucun doute quant au succès de ses élèves, elle péchait juste par excès de zèle.
Elle ne put retenir le sourire qui lui adoucit les lèvres quand le bateau arriva à bon port. Le Pays de l'Eau et son village ne lui étaient pas aussi familiers que Suna, mais elle aimait quand même cet endroit malgré la brume, les pluies fréquentes et l'humidité qui emmêlait ses boucles noires. Plus que tout, elle aimait les ninjas qui peuplaient la région : Haku, Suigetsu et tous les autres savaient qu'elle arrivait. Bien sûr, eux seuls, ainsi que Zabuza, l'avaient connue en tant qu'Hitomi et en tant qu'Eien, mais elle savait qu'il ne serait pas bien difficile de se lier à nouveau d'amitié avec les autres. Elle aurait de l'aide.
Un Chûnin à l'air absolument débordé les accueillit à l'entrée de Kirigakure et les guida jusqu'à leur hôtel. Chaque Village Caché logeait ses shinobi à une enseigne différente et, cette fois, chaque Genin disposait de sa propre chambre. Hitomi n'avait pas eu droit à ce luxe à Kusagakure, mais elle espérait que ses élèves en profiteraient comme il se devait : l'examen commençait le lendemain et un nœud d'angoisse lui serrait le ventre avec une force étouffante.
— Hitomi-chan ? appela Tenten à presque minuit. Les autres sensei sont en bas. La tradition, tu te souviens ?
— J'arrive, grogna-t-elle en quittant son lit.
Elle enfila une tunique et une paire de legging à la hâte. De l'alcool et du poker, peut-être que ça règlerait tous ses problèmes. Elle descendit au rez-de-chaussée pieds nus et s'affala sur une chaise, envahissant sans la moindre honte l'espace vital de Kiba. S'il en avait eu besoin, il aurait protesté, pas vrai ? Il se contenta d'un petit rire, d'enrouler un bras autour de ses épaules et de lui tendre le verre qu'Ebisu venait de lui servir. Elle dissimula sa surprise de voir leur aîné présent : elle l'avait cru trop digne, trop fier, pour de telles effusions.
Mais Konohamaru et ses camarades mourraient peut-être demain.
Elle but et joua jusqu'à trois heures du matin, incapable d'atteindre une véritable ivresse sinon dans le fait d'envoyer chacun de ses confrères sous la table, les uns après les autres. Ils comprenaient sa férocité, en ressentaient tous des variations malgré l'alcool qui lentement engourdissaient leurs sens et leurs pensées. Rien n'engourdissait Hitomi. Finalement, elle s'assura que chacun retrouvait sa chambre et alla se réfugier dans la sienne, tendue, terrifiée, en colère.
Haku l'attendait, assis sur le lit. Elle ne lui laissa pas le temps de parler et s'abattit sur lui comme un raz-de-marée, sa bouche trouvant la sienne dure, exigeante. Il savait ce qu'elle voulait, ce dont elle avait besoin pour immobiliser son esprit ne fut-ce que quelques glorieuses heures et affronter sans devenir folle l'idée qu'un de ses précieux élèves périrait peut-être le matin venu. Il lui offrit sans réserve la nuit abrasive qui lui apporterait l'exaltation et la paix qu'elle appelait de ses voeux, puis il la tint dans ses bras tandis qu'elle s'enfonçait dans sa Bibliothèque pour un repos bien mérité.
Le lendemain matin, il était à nouveau l'adorable, tendre compagnon qu'elle connaissait presque par cœur. Il avait soigné les bleus et les morsures qu'elle avait tant désirés, traité avec soin ses muscles abusés pour réduire les courbatures dont elle ressentait malgré tout le fantôme le long de ses membres. Elle n'était pas tout à fait en paix… Mais sans lui, elle se serait sans doute fait du mal. Pas volontairement, bien entendu. Elle ne commettrait pas une telle erreur, pas alors qu'Ensui se trouvait trop loin pour l'aider. Peut-être… Peut-être était-ce vraiment une mauvaise période pour elle, pire qu'elle ne l'avait cru.
La dépression était une vraie salope.
— Tu peux me laisser maintenant, ça ira. Merci, tu es un ange.
Il l'embrassa tendrement, l'enlaça pendant une minute ou deux puis sortit de la chambre. Il était attendu ailleurs, après tout. Il dirigeait l'une des épreuves de l'examen, celle de survie. Hitomi aurait essayé de le soudoyer si elle ne l'avait pas tenu en très haute estime. Les ninjas trichaient, mentaient, volaient, oui, mais pas contre leurs amis. Pas contre les gens qu'ils aimaient. Pas contre les shinobi qui venaient dans leur chambre en pleine nuit apporter le meilleur remède possible à la terreur et à la colère qui leur dévoraient le ventre.
Tout s'enchaîna si vite à partir de là. Hitomi eut l'impression de cligner des yeux entre le moment où elle retrouva ses collègues sous le coup d'une dure gueule de bois et celui où un officiel du village les guidait dans une salle de surveillance pour qu'ils puissent observer leurs élèves. Elle s'assit au premier rang, tenant la main de Tenten qui semblait aussi fébrile qu'elle, et regarda ses petits Genin, ses chatons, venir au bout d'une épreuve de réflexion sans ouvrir la bouche, comme on le leur avait ordonné. Elle était tellement, tellement fière…
Mais c'était l'épreuve de survie dont la simple perspective la rendait malade. Tout le monde à Konoha savait comment s'étaient déroulées les siennes : Orochimaru dans la Forêt de la Mort et le rebondissement malheureux qui l'avait presque conduite à tuer des shinobi de Kusagakure. Il s'agissait aussi de l'épreuve au plus haut taux de mortalité… Mais Haku faisait toujours un excellent travail, elle le savait. Si quelqu'un pouvait faire baisser ce taux, déjouer les statistiques, c'était bien lui – par la Flamme, elle priait pour que ce soit lui.
Elle fut la seule à ne jamais dormir depuis le moment où ses Genin furent relâchés sur la petite île infernale qui servait de terrain à l'épreuve jusqu'à ce qu'ils atteignent la tour au milieu, vingt-huit heures plus tard. Seuls deux équipes de Kirigakure les coiffèrent au poteau, et alors seulement se permit-elle de respirer, de s'effondrer contre Akamaru que Kiba lui avait prêté comme doudou. Bien entendu, il n'avait pas formulé cette proposition à voix haute. Il lui avait seulement dit qu'Hoshihi manquait à son fidèle compagnon et qu'il sentait son odeur sur elle. Elle était certaine qu'il ne mentait pas… pas tout à fait, en tout cas, musa-t-elle en fermant les yeux.
— Sensei ! s'exclama Sugi quand elle apparut devant eux le lendemain.
Elle tomba à genoux et les enveloppa tous les trois dans une étreinte peut-être un peu tremblante, les yeux mi-clos. Ils étaient si braves, chacun d'eux. Elle les tint contre elle pendant quelques minutes, ses méridiens affamés s'imprégnant de leur chakra – et le Murmure ronronnait, satisfait de la sentir en paix.
— Vous allez bien ? demanda-t-elle quand son cœur se fut calmé. Je vous ai vus pendant la première épreuve et la fin de la deuxième.
— Juste des égratignures, assura Hanabi. J'aurais aimé que vous me voyiez tuer le requin qui gardait la cache où on a récupéré la première perle !
Il s'agissait de l'épreuve construite par Haku : chaque équipe avait dû protéger sa propre perle colorée et récupérer au moins quatre perles noires cachées un peu partout sur et autour de l'île, ce qui nécessitait souvent d'abattre ou mettre hors d'état de nuire ce qui les gardait. Peu de Genin avaient péri, mais l'épreuve n'était pas terminée, loin s'en fallait : ils avaient eu cinq jours pour accomplir cette tâche.
— Je vais vous soigner ça, alors. Qui passe d'abord ?
— Sugi, ordonna Hanabi d'un ton ferme. Il a pris un coup à la tête.
Puisqu'Anosuke opinait du chef, Hitomi inspecta la fameuse blessure. Une simple bosse, mais elle ne pouvait qu'approuver les décisions de la jeune Hyûga : les blessures à la tête étaient toujours les plus préoccupantes. Il lui fallut un petit quart d'heure pour les rafistoler jusqu'au dernier bleu, au dernier coup de griffe. Quand ce fut fait, elle se leva à regret et épousseta ses genoux.
— Je dois vous laisser, malheureusement. Je n'ai pas le droit de rester jusqu'à la fin de l'épreuve, je vous retrouverai quand elle sera terminée. Je sens l'approche des équipes de Kiba-sensei et Ebisu-sensei. Vous pouvez vous mêler à elles jusqu'à ce qu'on vous autorise à quitter la tour, mais je vous interdis de vous disputer avec eux. Vous devez montrer un front uni et cacher vos capacités autant que possible à partir de maintenant.
— Sensei ?
Hitomi répondit d'un sourire tendre et d'une main sur l'épaule au ton préoccupé d'Hanabi.
— Il y aura peut-être des phases éliminatoires. Vous êtes arrivés parmi les premiers, ce qui vous donne un avantage. Ne le gaspillez pas en jetant vos cartes sur la table, hm ? Je suis très fière de vous, les enfants.
Sur ce, elle se téléporta, laissant derrière elle un nuage de paillettes. Le Shunshin l'emmena de retour dans la salle des caméras de surveillance, où ses camarades Konohajin l'attendaient.
— Ils vont bien. Kiba, Ebisu-san, j'ai senti l'approche de vos élèves.
Les jours suivants semblèrent s'étirer sans fin. Hitomi finit par invoquer Hoshihi : elle se sentait mieux en sa compagnie qu'avec quiconque d'autre ici, malgré toute la tendresse qu'elle portait à ses amis présents. Le lien intime et profond avec son familier ne saurait se voir égalé par une simple amitié, aussi longue soit-elle… Et Haku était occupé avec l'examen. Il avait promis de revenir quand tout serait terminé, il ne lui restait qu'à attendre.
Comme elle l'avait prévu, il y eut des éliminatoires. Hitomi resta aux côtés de ses élèves tout du long : Hanabi passa la première et affronta un spécialiste du Suiton qui ne parvint pas à la garder à distance. Elle l'assomma d'une technique du Poing Souple, mais libéra les méridiens qu'elle lui avait bouchés durant le combat avant de remonter rejoindre ses camarades. Ce fut le tour de Sugi une heure plus tard : lui aussi affronta son adversaire avec les techniques de son clan, détruisant presque tout son chakra en quelques minutes à peine. Anosuke combattit en tout dernier : il décida quant à lui d'utiliser les techniques Fûton qu'Hitomi lui avait enseignées et feignit de moins bien se repérer qu'il ne le pouvait réellement. Elle n'aurait pu ressentir plus de fierté sans éclater.
— Et maintenant, sensei ? demanda le jeune Nara quand le discours de Mei, qui annonçait le Tournoi dans un mois, fut terminé.
— Maintenant, on s'entraîne. Je travaille avec Tobirama-san depuis des semaines sur des nouvelles techniques que je vais vous apprendre spécialement pour le spectacle.
— Des nouvelles techniques ?
— Hm hm. Je voulais apprendre la théorie de la création… Terriblement ennuyeux, bien entendu. Vous apprendrez ça si vous le voulez quand vous serez Jônin, pas avant – c'est trop dangereux, sinon. Mais je suis satisfaite de nos résultats pour chacun de vous, vous verrez.
À une époque, l'idée que leur sensei travaille avec Hokage le Deuxième, une véritable légende, aurait stupéfié les trois Genin. Maintenant, cela faisait partie de leur quotidien. Ils espéraient tous les trois que cela se poursuivrait après leur promotion. Après tout, devenir Chûnin n'était qu'une étape. Leur ambition faisait partie des traits de caractère qui l'avaient attirée vers ces gamins plutôt que d'autres. Elle se retrouvait chez eux, au moins en cela.
— Aucun de vous n'est blessé. On commence immédiatement, si vous voulez.
Sa proposition fut accueillie par des réponses plus qu'enthousiastes, si bien qu'elle les guida tous les trois vers le terrain d'entraînement qu'Haku avait réservé en son nom. Ils eurent l'air presque dépassés quand elle leur expliqua la théorie derrière les techniques : dans le cas de Sugi, elle ne pouvait malheureusement pas lui montrer, puisque Tobirama l'avait aidée à créer quelque chose d'adapté à son Kekkei Genkai. Après tout, les pouvoirs héréditaires n'étaient que des affinités comme les autres quand on les réduisait à la théorie du ninjutsu.
Le mois passa en un éclair. Hitomi passait toute la journée à travailler sur les aptitudes au combat de ses trois protégés et ses nuits dans les bras d'Haku et Suigetsu. Avant qu'elle le réalise, l'ombre du Tournoi se dessinait sur le lendemain et la délégation de Tsunade arrivait en ville. Parmi eux figuraient Itachi et Ensui, comme une faveur que la cheffe de guerre lui accordait. Elle attendait anxieusement depuis une demi-heure à l'entrée de Kirigakure et se jeta dans les bras de son époux pour l'embrasser quand il apparut. Il l'accueillit avec un petit rire tendre, ses mains trouvant naturellement leur place sur ses hanches.
— Tu as l'air épuisée, constata-t-il en portant une main à son visage, les doigts effleurant l'ombre sous son œil gauche.
— Je n'ai pas réellement dormi depuis le départ de Konoha… Je ne voulais pas faire de cauchemar.
Sa voix tremblait légèrement malgré tous ses efforts pour l'en empêcher. Elle pouvait se montrer vulnérable devant Itachi, pas vrai ? Ensui s'approcha d'elle par derrière et posa une main tendre sur son dos. Elle savait qu'il avait tout entendu.
— Emmène ton mari jusqu'à ton hôtel et allez vous coucher, tous les deux. Je m'occupe de tes Genin pour aujourd'hui.
Elle tourna la tête et répondit d'un sourire reconnaissant à la proposition de son père. Ses enfants avaient l'habitude de s'entraîner avec lui. De toute façon, elle avait prévu de les laisser plus ou moins se reposer aujourd'hui…
— Demande-leur de te montrer leurs nouvelles techniques, fit-elle avec un petit sourire en coin. Tu ne vas pas en revenir.
Elle trouva la main d'Itachi, entrelaça ses doigts aux siens et, d'une décharge de chakra, l'emmena jusqu'à l'hôtel. Bien sûr qu'elle avait déposé une balise dans sa chambre : c'était plus pratique et un shinobi mal intentionné aurait beaucoup plus de mal à la traquer comme ça. Elle vacilla en direction du lit mais il la retint. Ses mains habiles la déchargèrent de son kimono et de sa chemise en résille d'acier, ne lui laissant que ses sous-vêtements. Elle sentait bien qu'il ne la déshabillait pas avec une autre idée derrière la tête que de s'assurer qu'elle dorme confortablement, mais un sourire suggestif dansa sur ses lèvres malgré tout.
— Pas aujourd'hui, annonça-t-il quand il vit son regard tendre et sombre se poser sur ses mains. Tu es épuisée. Tu t'endormirais sans doute en plein milieu.
Elle ricana mais ne nia pas. C'était fort probable, en effet. En sa présence, elle pouvait se détendre, plus qu'elle ne l'avait fait depuis un gros mois… Et dormir, enfin. Elle se souvint à peine du chemin jusqu'au lit, de la manière dont elle s'installa entre les draps avant de basculer dans le monde des songes, confiante et apaisée. Un cauchemar commença aussitôt, lui montrant l'attaque de Kyûbi sur le village alors qu'elle n'était âgée que d'un an, et la puissance toxique de son chakra contre sa peau – et puis le rêve se mua en quelque chose de bien plus doux, d'infiniment plus tendre, comme cela se produisait toujours sous la garde d'Itachi.
Elle se réveilla en pleine forme le lendemain matin. Elle avait dormi bien plus longtemps qu'une nuit complète, mais les missions en solitaire à l'extérieur du village l'avaient habituée à ce rythme : de longues périodes sans véritable sommeil entrecoupées de nuits qui s'étendaient au-delà du raisonnable. Ce n'était sans doute pas la chose la plus saine à faire, mais au moins ça fonctionnait, et elle ne voulait absolument pas des alternatives.
Elle se vêtit comme pour aller au combat, tandis qu'Itachi enfilait son kimono marqué du symbole Uchiha dans le dos. Il siégerait aux côtés de Tsunade, tandis qu'elle aurait sa place dans la tribune des participants au Tournoi. Ils seraient séparés, mais elle sentirait son chakra de là où elle se tiendrait, elle le savait. Elle l'embrassa une dernière fois avant de s'en aller, ses mains rajustant comme par réflexe le col du lourd vêtement. Il avait un sourire rêveur aux lèvres quand elle quitta la chambre. Amoureux. Clair comme le jour.
— Sensei ! s'exclama Hanabi en la voyant apparaître directement dans la tribune.
Elle n'était pas surprise que ses élèves se trouvent déjà sur place, seuls : elle leur avait inculqué l'importance d'arriver à leurs rendez-vous à l'avance, et ils prenaient chacune de ses leçons à cœur.
— Ça a été hier avec Ensui-shishou ? demanda-t-elle d'une voix douce.
— Oui, bien sûr, répondit Sugi depuis la balustrade sur laquelle il s'était assis. Vous l'avez dit vous-même avant-hier, sensei, nous sommes prêts. Il a adoré nos techniques.
— Parfait. Anosuke, tu passes en premier. Tu te sens bien ?
L'enfant un jour brisé, qu'elle avait aidé à guérir et retrouver espoir, sourit avec impertinence à sa question.
— Bien sûr. J'ai assez espionné mon premier adversaire pour savoir que je vais en faire de la chair à pâté.
— Bien. N'oubliez pas ce que je vous ai dit : n'utilisez pas vos nouvelles techniques pendant le premier combat. Presque aucun dignitaire ne les observe avec attention. Vous faites tous les trois partie d'un noble clan de Konoha, cela signifie que les regards sur vous s'intensifieront avec chaque combat que vous gagnerez. Je suis déjà fière de vous pour être arrivés aussi loin, mais ça ne veut pas dire qu'il faut faire preuve de maladresse ou d'imprudence maintenant.
Elle avait à peine terminé sa phrase que d'autres Genin arrivaient. Elle en reconnaissait certains, venus de Kirigakure : elle avait aidé ses élèves à les espionner durant leur entraînement, après tout. La tribune des participants fut remplie dix minutes avant le début annoncé du Tournoi : Hitomi salua ses camarades Konohajin d'un signe de tête et d'un sourire pour chacun, mais resta auprès de ses élèves. Elle les sentait frémir d'impatience, leurs chakras formant une tension électrique tout autour d'eux. Elle-même devait l'avouer, elle avait du mal à tenir en place.
— Chers concitoyens et chers invités, commença Mei quand fut venu le moment de son discours d'introduction, je vous souhaite la bienvenue au Tournoi de Promotion des Chûnin ! Les jeunes gens qui se battront aujourd'hui pour vous ont travaillé très dur afin d'en arriver là et de vous divertir.
Elle poursuivit pendant quelques minutes, abordant les sujets de la paix internationale, de la collaboration entre villages et de la gloire qui attendait les combattants avec sa grâce habituelle. Hitomi avait toujours apprécié Mei, depuis l'instant où elle avait commencé à travailler sous ses ordres pendant la rébellion et sans interruption. Elle n'aurait pu imaginer meilleure cheffe de guerre pour rétablir l'honneur de Kirigakure en tant que village et effacer les conséquences du règne sanglant de Yagura.
— Je ne vais pas vous faire attendre plus longtemps. Que descendent dans l'arène nos premiers combattants !
Anosuke effleura Hitomi en se dirigeant vers les escaliers. Durant son combat des phases éliminatoires, il avait feint d'être plus affecté par sa cécité que nécessaire. Ceux qui avaient observé cette rixe avec attention ne se doutaient probablement pas qu'il y voyait aussi bien avec ses méridiens et ses ombres que s'il avait encore ses yeux. La jeune sensei le regarda se mettre en place de son côté du terrain, saluer le Kirijin qu'il affronterait d'un mince sourire et attendre le signal.
— Commencez !
Il ne lui fallut que quelques minutes pour se débarrasser de son adversaire. Plus de maladresse, cette fois, seulement la paisible cruauté de ses techniques Fûton et des esquives à rendre même Gai fier du jeune Genin. Hanabi descendit quelques combats plus tard, étala son adversaire en trois passes d'armes à peine, puis ce fut le tour de Sugi, qui dévora le chakra d'un pauvre Genin de Suna comme s'il n'avait jamais connu pareil festin. Et juste comme ça, le premier round de combats fut terminé.
Un profond silence se fit dans les gradins quand Anosuke descendit à nouveau dans l'arène. Il affrontait une kunoichi Sunajin qui avait l'air deux fois plus forte que lui, une spécialiste du taijutsu à en faire rougir Gai de plaisir. Hitomi s'appuya négligemment contre la balustrade, ses sens étendus dans toutes les directions. Elle effleura les signatures énergétiques d'Ensui et Itachi, assis côte à côte non loin de Tsunade et Shizune, ainsi que Kakashi qui, derrière son masque de l'ANBU, montait la garde.
— Commencez !
— La Ménagerie des Ombres ! entonna immédiatement Anosuke.
La Mudra du Rat qu'il formait était bien visible même de là où Hitomi se tenait. Un sourire fier et vaguement cruel aux lèvres, elle regarda l'ombre de son élève s'étirer et se détacher du sol à toute vitesse, les rubans d'obscurité prenant la forme de fauves et prédateurs de toutes sortes autour de lui. Il était sans doute le seul Nara capable d'une telle maîtrise à son âge : cette technique était deux voire trois fois plus complexe que la Main Étrangleuse de l'Ombre. Elle avait eu des doutes en la concevant avec Tobirama, jusqu'au moment où elle avait essayé de l'apprendre au jeune Genin. Il avait compris la théorie immédiatement et, en un jour à peine, il l'avait maîtrisée.
Le combat se termina très vite à partir de là : la pauvre Sunajin n'avait aucune chance face aux douze images d'animaux sauvages, parfaitement solides et réelles, que son adversaire avait tirées du néant pour l'affronter. Elle s'écroula sur le sable, inconsciente, après qu'un serpent l'eut lentement étouffée. L'arbitre interrompit le combat, mais Anosuke avait déjà commencé à relâcher sa prise : il ne voulait pas tuer, pas pour un simple spectacle.
— Hanabi, c'est ton tour. Rends-moi fière !
La jeune fille répondit d'un sourire impertinent et étreignit Anosuke quand elle le croisa dans les escaliers. Il arriva aux côtés d'Hitomi rouge comme une pivoine, un immense sourire aux lèvres. Elle lui tapota tendrement l'épaule et lui fit un peu de place entre Sugi et elle pour qu'il puisse voir sa coéquipière en pleine action. Pour Hanabi, Hitomi avait créé une variante Raiton de l'Épée Aqueuse et du Fouet Aqueux. Elle utilisait très peu la première, mais la deuxième faisait partie de ses techniques favorites, une sorte de signature, presque.
Hanabi terrassa son adversaire en quelques minutes à peine à l'aide de ces deux armes, sans même utiliser le Poing Souple. Elle montrait à la foule toute l'étendue de ses compétences – et encore, ils n'avaient rien vu, les pauvres innocents. Un petit sourire qui ressemblait terriblement à celui d'Hitomi aux lèvres, la jeune kunoichi laissa derrière elle un adversaire sonné, brûlé, mais vivant et en un seul morceau. Elle non plus ne tuerait pas pour un simple spectacle.
Quand ce fut le tour de Sugi, Hitomi se courba par-dessus la balustrade comme pour observer de plus près, ses pensées avides et paisibles tout à la fois dirigées vers le jeune Genin. Elle avait eu tant de mal à créer une technique qui exploitait son Kekkei Genkai ! Heureusement, elle avait réussi, et il pourrait l'enseigner à son tour au reste de son clan s'il le souhaitait ; après un mois d'entraînement acharné, le jeune Genin avait réussi à insuffler son affinité élémentaire dans ses insectes, qui en plus d'absorber le chakra du Kirijin en face de lui pouvaient désormais s'allier et utiliser le Katon à loisir, sans risquer d'endommager la ruche qu'ils formaient.
— Félicitations, tous les trois, les accueillit Hitomi avec tendresse. Votre promotion est quasiment assurée à présent, mais ne relâchez pas vos efforts. Il y a des chances que vous finissiez les uns contre les autres en finale si vous continuez comme ça… Est-ce que vous êtes prêts à cette éventualité ?
Les trois jeunes gens échangèrent des regards chargés de malaise : ils n'avaient pour l'instant affronté aucun ninja de Konoha, mais cela viendrait durant les demi-finales. L'un des Genin de Lee se trouvait en lice contre Anosuke et Hanabi affrontait Konohamaru. Seul Sugi se trouvait encore face à un adversaire étranger. Elle les serra une nouvelle fois dans ses bras puis se redressa et regarda son élève Nara redescendre dans l'arène. Il fit preuve de plus de courtoisie et de délicatesse, cette fois, accordant à son adversaire le temps et l'espace nécessaire pour déployer ses talents, mais il finit par remporter le combat.
— J'ai enfin la chance de botter le cul de cet insupportable…
— Reste civile durant le combat, avertit Hitomi d'une voix ferme. Tsunade-sama désapprouve la violence disproportionnée entre camarades d'un même village.
La jeune fille roula des yeux mais opina du chef avant de descendre dans l'arène. Elle forma la Mudra de la Discorde, que Konohamaru reproduisit, et ils s'élancèrent en entendant le signal de départ. La jeune Hyûga attaquait avec toute la férocité qu'Hitomi lui avait inculquée durant l'année écoulée mais accordait à son adversaire juste assez de temps pour esquiver ou parer, une courtoisie qu'il lui rendit à chaque fois que ce fut son tour de passer à l'offensive. Enfin, ils décidèrent de conclure le combat, et Hitomi écarquilla les yeux quand elle reconnut la décharge de chakra typique du Rasengan. Hanabi, cependant, semblait s'y attendre : elle passa sous le bras de Konohamaru, ferma ses méridiens d'une bourrade de chakra et, à bout portant, le frappa d'une technique Raiton qui le fit se raidir et s'écrouler, inconscient.
— Vainqueur : Hanabi Hyûga !
Hitomi se joignit aux applaudissements, un sourire fier aux lèvres. Hanabi venait de se qualifier pour la finale, comme elle l'avait espéré, tandis qu'Anosuke affronterait le gagnant du dernier combat des demi-finales. Elle n'eut pas le temps de se réjouir, cependant : Sugi descendait justement affronter son adversaire, un Kirijin du même clan qu'Haku qui s'était distingué tout au long du tournoi par l'éventail de ses techniques.
Le dernier élève de la jeune femme fit de son mieux, lutta et lutta en déployant tout son fûinjutsu, son ninjutsu et son taijutsu, mais il finit par s'écrouler, pris au piège de la technique des Miroirs de Glace et épuisé par son opposant. Celui-ci l'aida à se relever quand il fut annoncé vainqueur et soutint une bonne partie de son poids le temps de l'aider à remonter dans la tribune où l'attendaient sa sensei et ses camarades.
— Tu t'es très bien battu, murmura Hitomi en le prenant dans ses bras. Repose-toi, maintenant. Tout va bien, je suis là.
Elle sourit quand il entoura sa nuque de ses bras minces et cacha son visage dans ses cheveux. Il était épuisé. Elle sentait le vide douloureux dans ses réserves de chakra – même pour un Aburame, c'était au-delà de la limite du tolérable – et déploya ses mains dans son dos, lui offrant son énergie dans l'espoir d'atténuer sa douleur. Elle ne perdit pas pour autant le tournoi de vue, saluant Anosuke d'un signe de tête quand celui-ci descendit dans l'arène aux côtés du Kirijin.
La tension dans les gradins devenait irrespirable : même de là où elle se trouvait, Hitomi sentait les auras qui émanaient de la tribune dédiée aux plus hauts dignitaires : Ensui dégageait une volonté à couper le souffle. Il savait ce que signifiaient ces derniers combats pour sa fille, pour son clan. En bas, sur le sable, Anosuke salua son adversaire et se mit en place, concentrant déjà du chakra dans ses membres. Il avait appris du combat perdu par son coéquipier qu'il devrait bouger extrêmement vite pour échapper à un tel combattant.
— Commencez !
Le combat éclata aussitôt, furieux et déterminé des deux côtés de la balance. Tous deux rêvaient de la gloire qui venait avec la finale du Tournoi, la possible victoire. Ils étaient des garçons féroces, incroyablement talentueux, élevés par des sensei dont le nom s'inscrivait jour après jour dans la légende, et ils ne connaîtraient l'échec qu'au prix d'un lourd combat. Hitomi devait le reconnaître : son élève n'avait jamais manié ses différentes connaissances avec tant de brio, d'habilité et d'élégance. Quand son adversaire Kirijin s'écroula dans la poussière, une Main Étrangleuse de l'Ombre plaquée contre son nez et sa bouche pour l'empêcher de respirer, elle sentit son cœur à deux doigts d'éclater de fierté.
— Vainqueur : Anosuke Nara !
Il libéra aussitôt l'autre Genin, l'aida à se relever et à rejoindre la tribune. Aucun mauvais sentiment ne courait entre les deux jeunes garçons : dans d'autres circonstances, ils seraient sans doute devenus amis. Cette éventualité n'avait d'ailleurs pas tout à fait disparu. Hitomi entendait de plus en plus de rumeurs concernant l'approfondissement des relations entre les Villages Cachés de l'alliance – incluant pour l'instant Konoha, Suna, Kirigakure, Uzushiogakure et tous leurs vassaux – au-delà de l'organisation de simples examens.
— Hanabi Hyûga et Anosuke Nara, descendez dans l'arène ! appela l'arbitre.
Pas de dernier conseil pour ses deux élèves qui s'affronteraient en finale. Pas de recommandation, d'interdiction, de supplication. Elle les avait élevés comme il se devait, bien avant d'obtenir officiellement le devoir de les instruire. Elle savait qu'ils se comporteraient exactement comme elle l'attendait, aussi se contenta-t-elle d'envoyer un peu de son chakra les toucher en signe de soutien. Elle était là. Elle observait. Ils pouvaient compter sur elle. Ils formèrent la Mudra de la Discorde et attendirent patiemment sous les murmures tendus de la foule. Des coéquipiers ne s'étaient plus affrontés en finale depuis la toute première édition des examens intervillage.
— Commencez !
Hanabi prit l'initiative, comme toujours quand elle affrontait l'un de ses camarades. Elle avait un sourire enthousiaste sur les lèvres, auquel Anosuke répondit sans le voir. Il était aveugle et elle voyait avec plus d'acuité que quiconque, pourtant cette différence ne lui accorderait aucun avantage contre le garçon qu'elle combattait tous les jours ou presque depuis des années désormais. Il la connaissait, connaissait son rythme, ses techniques – et elle le lui rendait bien.
Ils luttèrent sans relâche pendant dix minutes – les combats entre Genin duraient rarement aussi longtemps. Aucun signe de faiblesse à l'horizon. Les Jônin dans la tribune des participants jetaient parfois des coups d'œil impressionnés à Hitomi avant de se replonger dans le combat, avides d'en voir plus, d'en tirer des enseignements utiles. Enfin, Anosuke sembla faire une erreur, trébucher de maladresse ou d'épuisement peut-être. Hanabi se rua sur lui… Et fut interceptée par l'éveil brutal des ombres de son adversaire. La Main Étrangleuse remonta le long de ses jambes, immobilisa ses bras contre ses flancs, mais ne remonta pas jusqu'à sa gorge ou son visage. Anosuke se redressa, tellement essoufflé qu'il semblait prêt à s'écrouler, et posa le tranchant d'un kunai sur la nuque de sa plus vieille amie.
La foule éclata en rugissements et acclamations.
— Anosuke Nara remporte le dernier combat et le Tournoi de Promotion des Chûnin ! annonça l'arbitre.
Aussitôt, le jeune garçon libéra son amie et la rattrapa quand elle vacilla, un sourire extatique aux lèvres. Elle souriait aussi, l'étreignit à lui couper le souffle… Et l'embrassa passionnément devant tous les spectateurs, leur arrachant des acclamations redoublées. Hitomi ne pouvait pas se dire surprise : elle avait eu les trois enfants sous le nez depuis si longtemps qu'elle avait su, bien avant eux, ce qui se jouait. Elle se contenta d'un regard inquiet dans la direction de Sugi, qui secoua la tête et lui tapota l'épaule comme si elle était l'enfant qui avait besoin d'être rassurée.
— Ne vous en faites pas, sensei. Anosuke n'est pas la seule personne qu'Hanabi aime. Et elle n'est pas la seule personne que j'aime, non plus.
Ainsi donc, Hanabi ressemblait encore plus à sa sensei que celle-ci ne l'aurait cru. Bha, tant que les enfants se respectaient les uns et les autres, ils faisaient bien ce qu'ils voulaient. Et ils étaient encore jeunes… Peut-être que cet arrangement tripartite durerait, peut-être pas. Seul le temps le savait. Elle accueillit ses deux derniers élèves de retour dans la tribune pile comme Mei entamait son discours de clôture.
— Je ne sais pas ce qui me surprend le plus : que vous vous soyez tous les trois placés aussi haut dans le classement ou qu'aucun de vous ne soit blessé. Félicitations à tous. Vous ne saurez pas si vous êtes promus avant deux jours, mais ça ne va pas nous empêcher d'aller fêter les résultats du Tournoi, hm ?
Ils acquiescèrent tous les trois en riant, si bien qu'elle ne perdit pas de temps avant de les entraîner hors du stade en direction d'un restaurant qu'elle avait repéré spécialement pour cette occasion. Ils firent la fête sans retenue, rejoints plus tard par tous ceux qu'ils voulaient avoir à leurs côtés dans un tel moment. Hitomi elle-même se laissa emporter par l'euphorie, même si rien n'aurait pu la rendre soûle – et pourtant, elle avait essayé.
— Hitomi Yûhi, appela Tsunade le surlendemain, allez offrir leurs insignes à Anosuke Nara, Hanabi Hyûga et Sugi Aburame.
Les larmes aux yeux, un sourire rayonnant sur les lèvres, elle descendit de l'estrade, la démarche souple, prédatrice et détendue. Les trois vestes renforcées pesaient lourd dans ses bras, et pourtant elle n'en semblait absolument pas gênée. Elle aida Anosuke d'abord – il baissa la tête et cacha l'émerveillement sur ses traits comme il le pouvait. Quand il eut passé la veste, elle s'agenouilla devant lui et la referma, ses mains tremblantes d'émotion ajustant le vêtement pour qu'il ne le gêne pas. Elle prit les mêmes précautions révérencieuses pour Hanabi d'abord, qui souriait fièrement, puis Sugi, sûr de lui, extatique, mais plus paisible que ses camarades.
Elle se releva, rejoignit sa place sur l'estrade aux côtés de Lee, Tenten, Kiba et Ebisu. Tous avaient au moins un Genin à promouvoir. Elle porta un regard adorateur sur ses trois élèves – anciens élèves. Elle avait transmis sa Flamme de la Volonté avec succès, et elle s'était répandue comme un feu de forêt – elle n'avait jamais, à ses yeux, brillé aussi haut ou aussi clair.
