Six mois après son réveil, Hitomi put reprendre un entraînement au combat si léger qu'elle bouillonnait souvent de frustration à la fin des séances. Elle était en colère contre son propre corps, contre ses accès de faiblesse hélas toujours fréquent, contre… Absolument tout. Shikaku lui avait demandé de revenir travailler sous ses ordres, un emploi de bureau sans danger mais qui au moins lui occupait l'esprit, contrairement à l'entraînement. Elle avait fait une belle frayeur à son oncle en prenant autant de temps pour se réveiller, frayeur qu'il entendait bien lui faire payer à coups de paperasse et de dilemmes humains bien compliqués.

— Hitomi, est-ce que je pourrais te parler une seconde ?

Interloquée, la jeune femme leva les yeux et croisa le regard de Neji. Il avait l'air nerveux, embarrassé, … Paniqué ? Était-ce seulement possible pour le bras droit d'Hiashi Hyûga, désormais officiellement nommé à ce poste ? Les sourcils froncés, elle l'examina d'un œil acéré avant de répondre.

— Ça a l'air plutôt urgent… Et pas le genre de problème dont on discute en public, hm ? Shikaku-ojisan est en réunion avec Tsunade-sama. Viens, assieds-toi.

Elle regarda Neji s'installer sur le bord de la chaise destinée aux visiteurs, comme s'il s'attendait à devoir bondir et battre en retraite à tout instant. Étrange. La seule arme visible à portée de main d'Hitomi était un presse-papier sans doute trop lourd pour qu'elle en fasse quoi que ce soit dans sa forme physique actuelle.

— Je… hum. C'est à propos de Naruto.

— Qu'est-ce que tu as à me dire à son propos ? demanda-t-elle en haussant les sourcils. D'habitude, les gens vont le voir directement quand ça le concerne. Oh, pitié, dis-moi qu'il n'a pas offensé Hyûga-sama…

Le visage tout entier de Neji vira à un rouge soutenu, un léger voile de sueur se forma sur son front et Hitomi grogna, se cachant le visage dans les mains.

— Écoute, dis-moi ce que veut ton oncle en réparation et…

— N-non, il ne s'agit pas de ça !

L'exclamation de Neji, un jeune homme d'habitude si tempéré et maître de ses émotions, l'interpella. Elle se redressa et le sonda à nouveau du regard, posant son menton sur ses mains jointes.

— De quoi s'agit-il dans ce cas ?

Le jeune homme déglutit nerveusement, le regard fuyant. Il n'agissait pas de cette façon habituellement : même pour un Hyûga, il faisait preuve d'une impressionnante fierté. Il sembla prendre son courage à deux mains avant de répondre à sa question :

— Hier, Tsunade-sama m'a autorisé à prendre une équipe Genin parmi celles qui sortiront diplômées de l'Académie. L'an dernier, j'avais dû me contenter de faire échouer une équipe qui n'était pas prête… C'était dur.

Hitomi opina du chef en signe de compréhension. Elle n'était pas passée par cette étape, contrairement à certains membres de sa promotion qui avaient eu besoin d'un peu plus de temps que leurs pairs pour se préparer à ce rôle si particulier de professeur. Certains, comme Hinata, ne seraient jamais prêts : il leur manquait l'autorité, la prudence, la patience ou l'une des mille qualités indispensables à un enseignant, ou aucune équipe n'était parfaite pour eux. Hitomi avait eu de la chance avec ses élèves, trois enfants auxquels elle s'était liée bien avant leur sortie de l'Académie, mais elle pourrait reprendre une équipe à sa charge un jour si nécessaire. Peut-être même en avait-elle envie.

— Et donc, cette fois, c'est la bonne ? Tu sais qui tu vas avoir ?

Le visage de Neji s'éclaira : il semblait soudain plus jeune, plus enthousiaste et plus détendu qu'un fier Hyûga ne se le permettrait jamais.

— Oui ! J'ai un membre de la Bunke à qui Hiashi-sama a retiré le Sceau de l'Oiseau en Cage, le tout premier d'une longue série, une gamine qui a l'air très douée en kenjutsu et une Uzumaki qu'Uzushiogakure nous a envoyée pour le programme d'échange.

— Eh bien ! Ils vont former une équipe terrifiante, félicitations. Je suis sûre que tu te débrouilleras à merveille, mais n'hésite pas à nous demander de l'aide pour les entraîner, que ce soit notre génération ou nos anciens sensei. On sera tous ravis de t'aider, tu le sais… Mais ce n'est pas ce dont tu voulais me parler, pas vrai ?

— N-non… Hum, donc, j'ai croisé Naruto en sortant de la Tour, il venait de déposer le rapport de sa dernière mission. Il m'a demandé pourquoi je souriais autant – arrête de rire, je ne pouvais pas m'en empêcher, d'accord ? – et je lui ai expliqué.

Hitomi se contraignit au calme, mais c'était dur, vraiment dur, tant et si bien que ses lèvres tressautaient malgré toute sa volonté de garder un visage impassible.

— Du coup, reprit Neji, il m'a invité à aller boire un verre dans un bar de ton clan… Je pensais juste qu'on allait se contenter d'un verre, mais ça a un peu dégénéré… Bref, je te passe les détails, mais on a couché ensemble et maintenant je me demande ce que je dois faire ?

Un lourd silence s'installa dans le bureau de Shikaku. Hitomi avait l'impression qu'on venait de la gifler, ce qui n'avait rien d'agréable.

— Quoi ? gronda-t-elle.

Sans sembler remarquer son humeur soudain orageuse – il avait osé toucher à son petit frère ! – Neji se leva d'un bond et commença à faire les cent pas.

— Le demander en mariage, c'est la bonne chose à faire, pas vrai ? Il le mérite, c'est vraiment quelqu'un de bien, e-et je n'ai vraiment pas eu un comportement correct hier soir, j'aurais dû…

— Ugh, pitié, ne me dis pas ce que tu aurais dû faire à mon frère, d'accord ?

— Mais j'aurais dû le courtiser d'abord ! s'exclama le jeune homme. Je sais que tu viens d'un clan bien plus détendu que le mien, Hitomi, mais je n'ai pas été élevé comme ça ! Et s'il se sent mal ? Insulté ? Malheureux ?

En son for intérieur, Hitomi songea que si son frère ressentait l'une de ces trois émotions à cause de Neji, elle prendrait tout son temps avec lui avant de l'exécuter, mais elle ne pouvait pas lui dire ça. Ce n'était pas quelque chose qu'on disait à ses amis – parce qu'apparemment, le Jônin avait gagné ce précieux statut à ses yeux quelque part durant les dernières années, sans même qu'elle le réalise. Soudain, une brillante idée lui vint. Un sourire aux lèvres, elle répondit aux interrogations du jeune homme.

— Est-ce que tu es amoureux de lui, Neji ?

Il se figea, comme une biche ayant surpris le chasseur, et rougit jusqu'aux oreilles. Oh, c'était parfait…

— Hum, oui, je pense que oui. Ça doit faire un peu plus d'un an maintenant… Je ne savais pas trop comment lui faire comprendre.

— Et si tu veux mon avis, votre… interlude n'a pas suffi à le lui faire comprendre. Mon adorable petit frère n'est pas la personne la plus à même de lire les émotions des autres. Je pense que tu as raison, Neji. Tu devrais lui demander de t'épouser. Et fais ça correctement, cette fois !

Elle dut crier la fin de sa phrase, parce que le jeune homme lui avait jeté un remerciement hâtif par-dessus son épaule tout en s'élançant hors de la pièce, sans doute déjà débordé par ses préparatifs. Un rictus amusé aux lèvres, Hitomi se rejeta dans le siège qu'elle occupait. C'était vraiment trop facile. Moins d'une minute plus tard, Shikaku entra dans le bureau, un sac dont émanait une délicieuse odeur dans une main.

— Tu peux m'expliquer pourquoi le bras droit d'Hiashi Hyûga s'est enfui de mon bureau en courant et en marmonnant un truc à propos d'oiseaux et de ballons ?

— Oh, ne t'en pas fais, ojisan, je conseillais juste un ami, répondit-elle d'une voix parfaitement innocente.

Hitomi ne s'attendait pas à ce que cette blague, tout sauf innocente, revienne la mordre en pleine figure dès qu'elle cesserait d'y penser. Pourtant, ce fut exactement ce qui se produisit. Après quelques heures de travail aux côtés de Shikaku, qui avait reçu les dossiers des futurs Jônin-sensei, elle reçut la permission de s'en aller. Elle rentrait vers les terres du clan Nara, musant que Neji s'amuserait avec Anko Mitarashi parmi ses collègues, quand elle sentit justement le chakra du jeune homme quelques dizaines de mètres en aval sur le sentier… Aux côtés de celui de Naruto.

— Oh, non, marmonna-t-elle entre ses dents serrées.

Elle usa d'absolument toutes les techniques de furtivité apprises aux côtés de ses différents professeurs pour approcher sans se faire percevoir par quelque sens que ce soit. Tapie dans un fourré, elle observa Neji à genoux devant Naruto. Manifestement, elle avait raté le moment de la demande en elle-même, mais il lui suffisait de voir le regard surpris de Naruto et les traits transfigurés de tendresse de son prétendant pour déduire qu'elle venait d'avoir lieu. Le jinchûriki hésita ; sa paume trouva une place qui semblait naturelle sur la joue du Hyûga puis, apparemment incapables de résister, ses doigts s'aventurèrent dans les longues mèches brunes du jeune homme. C'était un geste si empli d'intimité qu'Hitomi détourna les yeux.

— J'accepte, fit Naruto d'une voix douce. Soyons fiancés.

Elle ne dut qu'à son entraînement de rester impassible. Elle ne s'était pas attendue à ce que Naruto accepte, bordel ! Elle dut attendre, parfaitement immobile, que Naruto ait relevé Neji et l'embrasse pour s'enfuir, profitant que les deux jeunes hommes étaient trop occupés pour la remarquer. Neji et Naruto ? Naruto et Neji ? Est-ce que cela pouvait seulement fonctionner ? Ils s'étaient lentement rapprochés au fil des années, mais elle avait toujours cru qu'ils se considéraient comme rivaux et amis.

— Hitomi, tout va bien ? demanda Itachi en la voyant arriver à la maison, les cheveux ébouriffés et les vêtements froissés. On dirait que tu as vu un fantôme.

Elle battit une ou deux fois des paupières, comme pour essayer d'éclaircir sa vision, puis s'affala sur la petite marche qui séparait le hall d'entrée du reste de la maison et commença à retirer ses chaussures.

— Tu vois, Itachi, tout a commencé quand Neji Hyûga a débarqué dans mon bureau…

— Le bureau de Shikaku-sama.

— J'étais toute seule dedans, du coup c'est mon bureau. Tout a commencé quand il a débarqué dans mon bureau et a commencé à me raconter qu'il avait couché avec Naruto…

— Quoi ?

— … et voulait faire la chose noble ou je ne sais quelle connerie. Je voulais qu'il me laisse tranquille, du coup je lui ai dit d'aller le demander en mariage… Bha non seulement il l'a fait, mais en plus Naruto a accepté.

Un silence pesant plana quelques secondes entre les deux époux puis Itachi éclata de rire, renversant la tête en arrière dans son hilarité. Il était si beau quand il riait… Le regard d'Hitomi s'attarda sur sa gorge pâle, le relief discret d'une clavicule, puis elle se secoua.

— Eh, c'est pas drôle ! Je ne voulais pas que ça arrive… Imagine un peu, Neji va devenir mon beau-frère !

— Mon amour, tu ne peux pas reprocher aux gens de faire exactement ce que tu leur dis et de te prendre trop au sérieux. C'est ce qui arrive quand on est de bon conseil et en excellente voie pour devenir la plus terrible kunoichi des Nations Élémentaires.

Elle leva les yeux au ciel, mais les flatteries de son époux atteignirent leur cible sans la moindre difficulté. Ses chaussons aux pieds, elle se redressa avec un regard enjôleur.

— Et le plus grand guerrier des Nations Élémentaires sait de quoi il parle, pas vrai ?

Il ouvrit la bouche pour nier mais elle ne lui en laissa pas le temps, lui coupant la parole d'un baiser. Il grogna, ses mains trouvant immédiatement leur place favorite sur ses hanches. Il crispa les doigts, un petit geste possessif auquel elle répondit en approfondissant le baiser. Depuis son réveil du coma, Itachi la traitait comme si elle était en cristal. Elle avait longtemps compris, parce qu'il y avait un peu plus qu'un fond de vérité là-dedans, mais ça avait assez duré.

— Fais-moi voir des étoiles, Itachi Yûhi, ordonna-t-elle de son ton le plus langoureux.

Il répondit d'un petit rictus amusé qui fit courir un frisson d'anticipation le long de l'échine de son épouse.

— Te faire voir des étoiles, hum ? Voyons voir si j'ai encore ce talent…

Il enroula un bras autour de sa taille, la maintenant fermement plaquée contre lui, puis se courba avec grâce pour dispenser sur sa gorge vulnérable et sensible une pluie de baisers plus délicats les uns que les autres. Les paupières d'Hitomi battirent quelques fois contre sa volonté avant que ses yeux ne se ferment. Un petit ronronnement bas vibra dans ses cordes vocales. Elle rouvrit cependant brusquement les yeux avec un glapissement scandalisé en se sentant quitter le sol : Itachi l'avait soulevée de terre et l'emportait comme une princesse en direction de la chambre. Elle envisagea de protester mais décida plutôt de nouer ses bras autour de sa nuque et de lui embrasser le cou à son tour.

— Tu es une vraie petite démone, taquina-t-il en la déposant sur le lit.

Il baissa sur elle un regard embrasé de désir et quelque peu possessif avant de se mettre au travail. Une caresse après l'autre, il la débarrassa du kimono de combat qu'elle portait à la place de son uniforme, puis la fit rouler sur le ventre pour accéder à la série de petits boutons qui maintenait fermée sa chemise en résille d'acier. Il les défit un par un, embrassant à chaque fois le petit triangle de peau ainsi exposé, jusqu'à pouvoir la débarrasser du vêtement. Son legging vint en dernier ; juste comme ça, en trois minutes à peine, elle se trouvait allongée devant lui à peine vêtue de ses sous-vêtements, et ça avait semblé si facile…

Il la garda sur le ventre un moment, dispersant sur son dos baisers et caresses selon son bon vouloir. Peu de shinobi auraient accepté de rester longtemps dans cette position impuissante et vulnérable, mais il aurait même pu y aller plus fort qu'elle n'aurait pas résisté. Elle lui faisait confiance. En fait, se trouver comme ça entre ses mains ne faisait que fournir du carburant au feu qui brûlait au creux de ses reins. Les ongles d'Itachi s'enfoncèrent légèrement dans l'arrondi d'une de ses fesses, il lui mordit le lobe de l'oreille – elle le voulait tellement, tellement.

— Tu es impatiente, aujourd'hui, hum ?

Elle répondit d'un petit grognement qu'il prit sans doute pour un oui, puisqu'il la guida jusqu'à ce qu'elle se trouve à nouveau sur le dos, le regard assombri de désir. Elle ne perdit pas de temps à le regarder avant de fondre sur lui. Ses lèvres trouvèrent celles du jeune homme et ses doigts habiles le bord de son pull. Frustrée, elle décida qu'elle n'allait pas le lui retirer mais plutôt user de chakra pour le lui arracher. Le son du tissu qui se déchirait s'avéra plus satisfaisant qu'elle ne l'aurait cru. Itachi fronça les sourcils, l'air tout à la fois joueur et faussement sévère.

— J'aimais bien ce pull, mon amour. Ce n'était pas très gentil de le détruire comme ça.

— Il était sur mon chemin. Tu ne veux pas que ton pantalon subisse le même sort, pas vrai ?

Il étouffa un rire, secoua la tête puis se redressa juste le temps de se débarrasser de l'offensant vêtement, sous le regard attentif de son épouse. Elle avait roulé sur le flanc pour mieux le regarder par-dessous ses cils, ses grandes prunelles écarlates ne manquant absolument rien du spectacle des cicatrices sur sa peau pâle et des muscles si bien définis sous l'épiderme. Elle en avait la bouche sèche.

— Est-ce que mon boxer doit se sentir menacé lui aussi ?

Elle fit mine de réfléchir mais, avant de lui fournir une réponse, se jeta sur lui pour le lui arracher aussi. Il laissa échapper une exclamation faussement scandalisée, l'attrapa à bras le corps et se servit d'un peu plus de force que nécessaire pour la plaquer sur le matelas, riant de concert avec elle. Ils s'embrassèrent, leurs bassins se trouvant immédiatement dans une danse qui la fit soupirer d'anticipation.

— Et maintenant c'est toi qui es trop vêtue…

— Tu n'as qu'à te venger.

Il secoua la tête avec dérision mais s'exécuta dans un bruit de soie qu'on réduisait en lambeaux. Ce n'était pas pour rien que les ninjas privilégiaient les tissus plus solides pour leur attirail de mission. Itachi passa une main songeuse sur sa cuisse, la faisant gronder de frustration, puis accrocha ses doigts au bord de sa culotte rouge et la réduisit en miettes en quelques secondes à peine.

— Tu peux garder ce soutien-gorge, je l'aime bien.

Un petit rire complice et elle l'accueillait à nouveau dans ses bras, écartant les cuisses pour qu'il prenne place entre elles. Avant toute chose plus sérieuse, il glissa une main entre leurs corps impatients, trouva son clitoris et le fit rouler contre son pouce à un rythme doux d'abord puis de plus en plus soutenu. Ses yeux noirs se muèrent en Kaléidoscopes du Sharingan, comme à chaque fois qu'il la regardait avoir du plaisir charnel. Il semblait vouloir graver chacun de ces souvenirs dans son esprit – peut-être réchauffaient-ils les draps quand elle se trouvait en mission au loin et qu'il restait à la maison.

— Qu'est-ce que je devrais faire là, tout de suite, Hitomi ? demanda-t-il d'un ton joueur. Je ne suis pas très content que tu aies déchiré mes vêtements… Je devrais peut-être passer à la suite avant que tu atteignes l'orgasme, hm ?

Elle ferma les yeux avec un petit soupir tourmenté en guise de réponse : peu importait qu'il le fasse, elle savait qu'elle obtiendrait son climax de toute façon. C'était juste le nombre qui dépendait de leur humeur respective, en général. Itachi voyait le fait de lui donner du plaisir comme l'un des loisirs qu'il préférait dans la chambre… Et sans doute tout court, même, à en juger par la sombre avidité qui se peignait sur ses traits quand il la touchait. Elle trouvait tout cela terriblement séduisant, surtout parce qu'elle savait que ce n'était qu'un jeu auquel ils avaient consenti tous les deux, qu'elle n'était pas en danger.

— Tu y gagnes quoi que je fasse, pas vrai ? Je ne suis pas assez rancunier pour m'en aller maintenant, donc quel que soit mon choix, tu y gagnes. Dans ce cas, autant en tirer le plus possible…

La pression de son pouce contre l'épicentre de son plaisir s'accentua soudain tandis qu'il accélérait le rythme. Un long gémissement tremblant se fraya un chemin entre ses dents serrées. Quelques secondes de ce traitement et elle se tendit, roulant des hanches à travers toute l'explosion de plaisir qui s'installa en elle avant de se calmer, la laissant frémissante… Et encore affamée de lui. Elle tendit les bras pour l'enlacer, l'attirer contre elle, mais il ne lui en laissa pas le temps : ses mains s'enroulèrent autour de ses poignets et les levèrent au-dessus de sa tête. Il ne les relâcha que quand ils furent croisés sur l'oreiller.

— Laisse-les là jusqu'à ton prochain orgasme, mon ange. Je ne veux pas que tu me persuades de changer de plan.

Il adoucit son ton ferme en déposant un baiser sur sa clavicule. Elle décida d'obéir parce qu'elle aimait toujours qu'il prenne la main de cette façon. À une époque, il n'aurait su que faire si elle lui avait laissé les rênes, mais maintenant… Elle ne put retenir le gémissement qui fleurit entre ses lèvres quand elle sentit son souffle chaud sur le haut de ses cuisses.

— Écarte-les autant que tu peux, ordonna-t-il avec toute la tendresse du monde.

Quand elle se fut exécutée, il se pencha et se mit à l'œuvre. Ses longs cheveux noirs chatouillaient légèrement sa peau sensible, mais elle n'aurait pu s'en soucier pour rien au monde, pas avec le jeu habile de sa langue sur son clitoris et ses longs doigts qui se frayaient un chemin à l'intérieur, enfin, s'assurant avec mille précautions qu'elle ne ressentirait pas d'inconfort quand ils passeraient réellement aux choses sérieuses. Ils pouvaient être brusques dans leurs gestes, autant l'un que l'autre, quand la passion les emportait. Il ne voulait pas lui faire mal, même si elle pouvait sans problème supporter ce genre de pointe de douleur.

Il lui fallut quelques minutes de travail et de patience pour l'amener à nouveau à l'orgasme. Elle était toujours sensible du précédent, mais il trouvait le plaisir oral bien plus délicat à prodiguer que toutes les autres formes de gratifications charnelles. Il préférait prendre son temps et s'assurer de ne rien faire de travers plutôt que de se lancer dans quelque chose qui ne plairait pas à Hitomi ; son plaisir était tout aux yeux de l'ancien déserteur. Quand elle vint, cependant, il l'accompagna dans son paroxysme de doux va-et-vient de ses doigts à l'intérieur d'elle et s'immobilisa juste au bon moment, avant que ça ne devienne trop, une source de douleur.

— C'est toi, le démon, grommela-t-elle entre ses dents serrées. Viens, tu me manques…

Cette fois, il la laissa l'enlacer et frémit en sentant sa peau, si chaude et douce, contre la sienne. Elle émit un petit gloussement en sentant son érection presser fermement contre elle et, juste comme ça, ils ne firent plus qu'un à nouveau. Il la regarda fermer les yeux, ravi de voir une expression de délice se former sur ses traits. Une autre fois, il aurait peut-être attendu un feu vert explicite avant de se mettre à bouger, mais il n'en avait pas besoin quand elle frissonnait de cette façon contre lui, quand elle essayait déjà de rouler des hanches sous son poids. Concentré à la fois sur ses propres sensations et celles de son épouse, il se mit au travail.

Peut-être parce que ça faisait si longtemps, ils s'accordèrent tous les deux sur la volonté que cela dure, même s'ils auraient pu en finir en quelques minutes à peine. Hitomi concentra son chakra autour de son clitoris pour s'empêcher d'avoir un nouvel orgasme de sitôt et il fit de même à l'intérieur de son érection, sans pour autant interrompre ses gestes rythmés et précis. Les gémissements de la jeune femme sous lui étaient une symphonie pour ses oreilles. Il aimait chaque aspect d'elle. Les bonnes, les mauvaises, les mortelles. Il vénérerait le sol qu'elle foulait si elle le lui demandait.

Soudain, un craquement sec se fit entendre derrière eux. Le matelas – non, le lit tout entier – s'affaissa vers l'arrière et la gauche, si bien qu'Hitomi commença à glisser dans cette direction, elle qui n'était pas bien ancrée sur le lit. Itachi l'immobilisa en enroulant fermement ses mains autour de sa taille menue puis se tordit le cou pour voir ce qu'il s'était produit exactement. Quand il comprit, il lui fallut quelques secondes à pincer les lèvres avant de réussir à l'expliquer à son épouse.

— Je, hum, je crois qu'on a cassé le lit…

Elle écarquilla les yeux, l'air absolument éberluée, puis leurs regards se rencontrèrent et ils éclatèrent de rire. Leurs regards se croisèrent à nouveau comme leur hilarité s'éteignait, leurs yeux si pleins d'amour et de dévotion qu'un témoin extérieur ne les aurait sans doute pas crus capables de la cruauté et de la violence propres aux ninjas une fois sortis de la chambre. Itachi caressa la joue d'Hitomi, pressa son front contre le sien, puis reprit ses mouvements de va-et-vient en veillant à ne pas lui faire perdre l'équilibre précaire qu'il lui accordait. Puisqu'ils ne semblaient pas pouvoir maintenir leur étreinte pendant des heures sans faire souffrir le mobilier, ils levèrent de concert leurs blocages de chakra. Hitomi jouit la première, très vite suivie dans son envol et sa chute par son époux.

— On a cassé le lit, répéta-t-elle quelques minutes plus tard, la voix rendue légèrement rauque par ses gémissements et éclats de rire.

Il répondit d'un petit grognement, ouvrit un œil et l'attira contre lui. Comme il le pouvait dans cette situation, il attrapa la couverture et la recouvrit d'abord avant de se charger de lui-même. Ils restèrent blottis l'un contre l'autre en silence pendant un long moment… Jusqu'à ce qu'une voix tonitruante venue du dehors ne crève leur bulle post-orgasmique.

— Eh, Nee-chan, je vais me marier ! hurlait Naruto depuis l'extérieur. J'ai besoin que tu sois ma demoiselle d'honneur ! Eh, tu es à la maison ? Nee-chan !

Les deux tourtereaux se regardèrent, puis éclatèrent de rire à nouveau.

Ce serait sans doute une aventure hors du commun.