Chapitre 2 – Le Travail Bâclé d'Hercule

Sitôt quittée la ville se dévoilait un paysage absolument enchanteur. Des flancs de la montagne coulaient des cascades qui scintillaient avant de toucher le sol fertile et fleuri, puis l'eau serpentait en un fleuve impétueux le long de la vallée.

Sora : Aaah ! Qu'est-ce qui se passe ?! Il fait tout noir !

Du moins nos héros le découvrirent-ils après un (long) temps de chargement.

Sora : Ouah ! C'est trop beau !

Dingo : On se sent petit, dans un décor comme ça !

Donald : Mouais, ça manque d'usines pétrochimiques, quand même.

Sora : T'es sérieux, là ?

Donald : Mais non ! Évidemment que c'est joli. Moi aussi j'ai toujours rêvé de vivre à l'intérieur d'un spot de pub de l'office du tourisme grec.

Hercule : Si ça vous dérange pas, j'aimerais qu'on essaie de se dépêcher. À l'heure qu'il est, Hadès doit être en train de s'en prendre à mon père.

Sora : Ah oui ! Ça me fait penser ! C'est pas que j'essaie de conclure des conclusions ou quoi, mais vu que ton père se trouve au domaine des dieux, je me demandais…

Hercule : Oui ?

Sora : Ils embauchent vraiment des mortels ? Genre, pour le ménage ? Tu crois qu'ils prennent des intérims ?

Dingo : Sora !

Sora : Quoi ? Ça doit être super bien payé ! Euh… c'est payé ?

Hercule : Ah, c'est vrai que je n'ai jamais eu l'occasion de vous le dire, mais en fait… Oh ! Des monstres !

Une demi-douzaine de Sans-cœurs volants s'approchaient d'eux, semblables à de grosses sphères aquatiques.

Donald : Brasier !

Lesdites sphères s'évaporèrent en un instant et le cours d'eau retrouva son calme.

Donald : Voilà. De rien.

Hercule : Bien ! Puisqu'on est sur une bonne lancée, allons-y !

Sora : Mais t'étais sur le point de… Hé ! Attends !

Les minutes qui suivirent, le trio les passa à suivre au plus près leur ami aux beaux biscottos plutôt qu'à profiter de la vue. Même si Dingo parvint à concilier les deux.

Dingo : Hyuck !

De pas en pas, de bond en saut, à travers des masses compactes d'ennemis, nos héros poursuivirent leur route ascendante. Bientôt leur vue se troubla, leurs poumons se vidèrent, leurs pieds – palmés ou non – envoyèrent tous les signaux nerveux possibles et imaginables pour forcer leur cerveau respectif à arrêter là le massacre.

Donald : Aaaah… aaah… J'en peux plus…

Sora : Que quelqu'un m'achève… Non, ne réponds pas, Donald…

Donald : Tu… tu me demandes l'impossible…

Dingo : Oh vous exagérez, vous deux ! On marche depuis même pas trois minutes !

Sora : C'est pas un point de côté que j'ai… c'est un boulet de canon…

Hercule : Ça va derrière ?

Donald : Au poil !

Sora : Á la plume, tu veux d…

Donald : BRASIER !

Sora : Aaaaaah !

L'instant d'après, un Sora enflammé remontait le chemin à toute berzingue et dépassait ses deux compagnons en hurlant.

Hercule : Que… qu'est-ce que c'était ?!

Dingo : Ben vous voyez que vous êtes encore en forme ! Surtout Sora ! Un vrai boulet de canon, c'est vrai !

Donald : Hé ! Y aurait moyen que tu percutes les ennemis sur la route ?

Sora : Aaaaaaah !

Il décida à la place de se précipiter en-dessous d'une cascade d'eau glacée.

Sora : Aaah… une chance que mes fringues soient ingi… gni.. feufugées, là.

Donald : Profitons-en pour se reposer, deux minutes.

Hercule : Mais le temps presse !

Donald : Allez, y a pas le feu au lac. Hein Sora ?

Sora : Va te faire cuire un œuf. De préférence un de tes cousins.

Hercule : Dingo ! Dis quelque chose !

Dingo : Je parie qu'on peut trouver toutes sortes d'ingrédients, par ici !

Hercule : Dingo… Fais-le pour moi…

Dingo : Oooh… Tu as l'air vraiment inquiet.

Le bruit sourd qui leur parvint depuis le sommet de la montagne ne fit rien pour arranger ces craintes.

Hercule : Mon père est peut-être en danger !

Sora : Les dieux vont pas le protéger ?

Hercule : Sora, mon père EST le roi des dieux.

Dingo : Oh !

Donald : Ah.

Sora : Hein ?!

Dingo : Mais ça veut dire que t'es un dieu !

Donald : Ça ou l'adopté le plus chanceux de l'univers.

Hercule : Demi-dieu en fait. Mon père a fricoté avec une humaine, fut un temps. Enfin il fricote toujours avec des humaines. Beaucoup, même. Je crois que ma belle-mère m'aime pas trop.

Sora : Et le roi des dieux a VRAIMENT besoin d'être sauvé ?

Hercule : Ben il se bat contre son propre frère, quand même…

Sora : Son propre… ? Attends… T'es le NEVEU d'Hadès ?!

Hercule : Pas très ressemblant, hein ?

Donald : Il te manque pas mal de flammes sur les cheveux. De ce point de vue là, Sora est plus ressemblant.

Sora : AAAH MAIS T'AS RAISON IL M'EN RESTE !

Et tandis que Sora s'en retournait sous sa cascade, un nouveau bruit sourd secoua le sommet.

Hercule : Écoutez, je suis désolé mais je vais devoir y aller sans tarder. Je vous retrouve en haut !

Le divin enfant siffla, et l'instant d'après son cheval blanc ailé apparut pour le laisser monter. Tous les trois – Sora était de retour, les cheveux fumants – les suivirent des yeux jusqu'à les voir disparaître derrière le relief.

Sora : Ben ça alors... Si j'avais su qu'Hercule nous cachait un truc pareil…

Dingo : J'aurais dû m'en douter, vu qu'il est beau comme un dieu.

Donald : Il est aussi con comme un balai, ça fait pas de lui un ustensile de nettoyage.

Dingo : Oui, bon…

Sora : Bref, on devrait sûrement le suivre.

Donald : Et comment tu comptes t'y prendre ?

Sora : Ben on a qu'à… Oh.

Le jeune homme s'aperçut seulement à cet instant qu'il se trouvait face à une falaise totalement verticale, un véritable mur à 90°.

Sora : Finalement, je me serais bien fait prendre en stop par un dada des airs, moi aussi.

Dingo : Quelqu'un a du matériel d'escalade ?

Donald : J'ai de la glu.

Sora : …

Dingo : …

Donald : …

Sora : O.K.

Dingo : Montre-moi tes semelles.

Donald : Je vais chercher le tube.

Trois minutes plus tard, on vit Sora, Donald et Dingo remonter la pente, perpendiculaires au sol, avec l'aisance la plus totale.

Sora : La gravité, c'est surfait.

Donald : C'est à se demander pour qui elles sont faites, les lois de la physique.

Dingo : Par contre, je sens que le sang me monte à la tête, pas vous ?

Sora : Moi, je sens surtout qu'il va pleuvoir. Vous avez vu comme le ciel devient noir ?

Donald : J'irais même jusqu'à dire que c'est pas normal.

C'était même d'autant moins normal que l'instant d'après, la pluie tombait à torrents.

Donald : Ma-gni-fique

Dingo : Faites attention ! Il y a des rochers qui tombent vers nous !

Sora : Aaaah ! Mais ils sortent d'où ?!

Donald : D'en haut. Ou d'en bas. Ou d'une manche de ma veste, pour ce que j'en sais. Moi, j'ai arrêté de me poser des questions.

Dingo : Donald est tout contrarié quand le monde arrête de suivre les règles de la logique.

Sora : Tiens, la falaise est vachement plus instable ici.

Dingo : Euh… Sora ? Lapin ? Je crois que tu…

Donald : Non, non, laisse-le faire. Qu'on se marre.

Sora : Ouah ! J'ai l'impression que ça bouge et que ça tremble et… qu'est-ce que c'est que ce truc ?

Titan de Pierre : Agroumpf.

Sora agit comme n'importe qui le ferait après avoir escaladé sans s'en rendre compte un gigantesque colosse de pierre et découvert deux têtes jumelles à son sommet. Il tapa dessus avec sa clé géante jusqu'à ce que mort s'ensuive.

Sora : J'ai eu la peur de ma vie !

Donald : Oui, c'est ce qu'on a déduit de ton cri viril.

Dingo : Le chemin se poursuit là-bas vers le sommet.

Sora : Hé ! On va vraiment faire comme si j'avais pas démonté un énorme truc en béton armé ?

Donald : Il était probablement en polystyrène. Fais pas ton coq et viens.

Sora : T'inquiète, je le ferai jamais aussi bien que toi !

Donald : BRASI… merde !

Sora : Eh ouais ! Il pleut ! Tes sorts sont impuiss…

Donald : FOUDRE !

Sora : Aaagaabeubeu…

Dingo : Oh non ! Tu nous l'as cassé !

Curieusement et dans l'état d'hébétude électrisée où se trouvait Sora, la suite de l'ascension se déroula sans la moindre anicroche. Pas même les quelques Sans-cœurs qui s'évertuaient à apparaître sur leur route ne constituaient la moindre menace.

Dingo : Attention, Sora ! Il est derrière toi !

Sora : Heubeugeu !

Dingo : Bien joué !

Donald : Tu le trouves pas plus efficace que l'ancien, toi ? On devrait trouver un moyen de rendre ça permanent.

Dingo : Regarde ! Là-bas !

Le "là-bas" en question désignait l'autre extrémité de la grotte, qui baignait dans une lumière pure. Ils la rejoignirent en quelques foulées et se retrouvèrent aux portes du domaine des dieux eux-mêmes, un agglomérat de temples d'or et de nuages duveteux.

Donald : Si j'avais su qu'être un dieu signifiait se farcir une déco pareille, j'aurais eu des rêves de gosses moins ambitieux.

Sora : Wow ! Il m'est arrivé un truc trop bizarre ! J'ai eu comme une absence !

Donald : Trop bizarre, ouais.

Il n'y eut pour littéralement obscurcir ce tableau idyllique que l'apparition inopinée d'une vingtaine de Sans-cœurs, en armure lourde et au visage surmonté qu'un casque à cornes.

Sora : Oulà ! On va réussir à gérer tout ça ?!

Dingo : Ne t'inquiète pas ! On a simplement besoin d'un discours épique pour se motiver. Donald, vas-y !

Donald : Euh, ouais ? Allez. SOLDATS ! QUEL EST VOTRE MÉTIER ?!

Sora : AHOU !

Dingo : AHOU !

Donald : Non mais soyez sérieux deux minutes, c'est un cri de guerre, ça, pas un vrai métier.

Dingo : Je suis capitaine de la garde royale à mi-temps thérapeutique parce que mon genou me fait mal !

Sora : J'ai toujours voulu être distributeur de lait mais à la place je suis Élu de la Keyblade bénévole !

Donald : Bon ben trop tard, ils foncent.

Dingo : Chargeeeez !

Sora : C'est l'heure de la livraison ! Yaaah !

Le plus dur fut de désorganiser la cohorte ennemie : sitôt disloquée, les guerriers sombres qui la composaient ne furent pas de taille pour nos héros.

Sora : Je me suis quand même un peu fait arnaquer par mon conseiller Pole emploi.

Dingo : Et moi par mon médecin traitant.

Donald : Dites voir, c'est moi ou on a encore un sacré paquet de chemin à faire pour monter tout là-haut ?

Sora : Regardez ! Y a un raccourci là-bas !

Donald : On dirait une espèce de canal de tout à l'égoût. Et tu ferais vraiment confiance à une eau turquoise ?

Sora : Allez viens, y a pas de dangAAAAAAAaaaaaaaah !

Dingo : Zut, il est tombé dans un trou.

Donald : Bon ben rentrons voir Yen Sid. Il nous filera peut-être un autre "porte-clé".

Sora : Euh… les copains ?

Dingo : J'entends sa voix en bas !

Sora : Il fait vachement chaud ici.

Dingo : Chaud ? Comment ça, chaud ?

Donald : C'est pas juste ton âme qui approche de l'Enfer ?

Sora : Ben je sais pas, y a un panneau avec écrit "Forge d'Hephaïstos".

Dingo : Oh ! J'arrive !

Donald : Quoi ?! Hé att… Raaah ! Ils vont finir par me tuer !

Le mage royal sauta donc à leur suite dans le gouffre sur lequel donnait le petit canal, et atterrit sans la moindre égratignure en contrebas. Il n'y trouva qu'un Sora circonspect et un Dingo fort déçu.

Dingo : Zut, personne.

Sora : Ben, y a moi quand même.

Dingo : Non mais je m'attendais à voir un bel Adonis au torse nu et aux muscles huilés, marteau en main, ruisselant de sueur dans cette chaleur d'étuve.

Donald : Et à la place, t'as Sora et ses auréoles sous les bras. La vie est une pute.

Sora : Hé !

Dingo : Bof, il est mignon aussi, à sa manière, mais il n'envoie pas tout à fait du rêve, quoi.

Sora : HÉ !

Dingo : Bref ! Regardez, il y a un espèce de rail pour quitter cet endroit.

Donald : Comment ça, "pour quitter cet endroit" ? Tu vois un tramway quelque part, toi ?

Sora : Ha ha, ce serait marrant si on pouvait glisser dessus et tirer sur les Sans-cœurs avec ma Keyblade !

Donald : …

Dingo : …

Sora : Oh…

Et c'est exactement ce qui se passa.

Sora : Plus jamais ça… J'ai cru que j'allais mourir une douzaine de fois en tombant de ce truc !

Dingo : Voyons voir… Maintenant, on est au pied d'une espèce de falaise. Vous croyez qu'ils sont là-haut ?

Donald : Je crois surtout qu'il va falloir trouver un moyen de monter.

Sora : Ouais, enfin c'est pas comme si je pouvais viser un bloc de marbre volant et m'y projeter avec la Keyblade.

Dingo : …

Donald : …

Sora : Oh vous faites chier.

Dingo : Après tout, tu peux tout faire avec ta clé.

Donald : Et vois ça du bon côté : tu risques de mourir qu'une seule fois.

Et c'est aussi ce qui se passa. Non pas qu'il mourût, mais qu'il se projetât sur une série de blocs flottants dans l'air jusqu'à atteindre le sommet de l'Olympe où la bataille faisait rage. Bien sûr, ce ne fut pas sans dégobiller sur ses chaussures neuves sitôt monté.

Hadès : Belle entrée en scène, vous trois. Vous avez répété avant de venir ?

Sora : Hadès !

Donald : Tronche de torche !

Dingo : Bleu-bite !

Hadès : Si j'étais vous, j'irais mollo avec les noms d'oiseaux. Mes petits gars couvrent mes arrières.

Au centre de l'anneau où trônaient les dieux, le grand Zeus était pris dans un amas de magma et de glace tandis que les trois Titans restants – de la glace, du feu et du vent – se dressaient derrière lui, menaçants.

Hadès : Maintenant, vous allez gentiment lâcher vos armes, quitter ce caillou, réfléchir à votre vie et tout plaquer pour élever des chèvres.

Sora : Hors de question ! On s'est pas donné tout ce mal pour monter juste pour redescendre derrière ! Mon estomac ne me le pardonnerait jamais !

Donald : Nous non plus, accessoirement.

Dingo : Tes Titans on en fait du méchouis !

Hadès : Pas de problème ! Laissez-moi matérialiser un trône, histoire que j'assiste à ce fabuleux spectacle.

Donald : Bon, il va donc falloir qu'on définisse une straté…

Sora : Yaaaaaah !

Donald : J'avais oublié ce détail.

Dingo : Pour Disneeeeeey !

Donald : Pour éviter de mouriiiir !

Éviter de mourir… Tout un programme lorsqu'on a contre soi un cracheur de feu, un cracheur de glace et une tornade à visage humain qui enchaîne les bourrasques. Heureusement, nos amis avaient un renfort de choix.

Hercule : Sora ! Donald ! Dingo !

Le héros grec était arrivé à la rescousse du trio en chevauchant son cheval ailé, l'épée au clair.

Sora : T'étais pas censé arriver avant nous, Hercule ?

Hercule : J'ai eu… un empêchement.

Pégase hennit d'un air gêné, l'air de dire : "Désolé de m'être cabré en plein vol et t'avoir fait tomber de plusieurs centaines de mètres de hauteur." Hercule secoua la tête comme pour répondre : "T'inquiète croquette". Entre eux, la communication se passait de mots.

Donald : SORA ! METS-TOI LÀ !

Sora : Là ?

Donald : MAIS NON CRÉTIN ! PLUS À GAUCHE !

Ce qui n'était pas le cas de nos autres amis.

Sora : Ici ?

Donald : Voilà. Maintenant… essaie d'esquiver ce qui va venir.

Sora : Qu'est-ce qui va ven… PUTAIN D'SA MAMAN !

Donald n'eut en effet pas besoin de répondre car le jet de flammes et le jet de glace qui le visèrent à cet instant étaient suffisamment explicites. Le plan de Donald révéla tout son sens lorsqu'en esquivant, Sora vit les deux Titans se toucher l'un l'autre par mégarde. L'un était désormais en train de fondre, et l'autre en train de se craqueler.

Sora : Oh ! Sympa.

Donald : On dit merci qui ?

Dingo : Euh… j'ai bien une réponse mais elle est interdite aux moins de 18 ans…

Donald : Sora ! Bouche-toi les oreilles !

Sora : Quoi ?

C'était toutefois sans compter sur le quatrième et dernier Titan qui souleva l'intégralité du champ de bataille dans une violente tempête.

Sora : Ouaaaaaaah ! Faites-moi redesceeeendre !

Soit le Titan des vents ne comprenait pas le langage humain, soit il faisait très bien semblant car loin de reposer le héros de la Keyblade, la tornade le laissa dériver, porté par un vent venant du sol.

Sora : O.K, O.K… Je vois ni Donald, ni Dingo, ni Hercule, je suis seul, dans les airs, avec mon arme mortelle et l'incarnation de l'ouragan Katrina. C'est juste moi et le destin. Tout ce que j'ai à faire, c'est me retenir de recracher mon goûter. Yaaaah !

Et voguant sur les vents qui le portaient, Sora s'approcha de la tornade pour lui donner des coups de clé.

Sora : Mmmh…

Ce n'était pas très efficace.

Sora : Je peux peut-être essayer de lui lancer un sort, mais je les ai presque tous oubliés et Donald va encore se moquer de moi. Bon, tant pis ! Plan B ! Je fonce dedans ! Il doit y avoir un cœur ou un noyau ou n'importe quoi d'autre qui clignote à l'intérieur pour montrer qu'il faut taper dessus !

Le Titan ignorait le prochain mouvement de son adversaire, mais il ne s'attendait certainement pas à ça. Il ne put d'ailleurs pas réprimer un frisson en sentant le jeune homme se frayer un chemin entre les fils de vents purs qui le composait. Frissons qui ne les rendirent que plus turbulents.

Sora : Oh bordel de beeuuUUUAAAARGH !

On vit dès lors flotter dans la tornade une mixture qui fut jadis du lait, des biscuits et une orange parfaitement séparés. Pour le Titan, c'en fut trop et dans un sursaut de dégoût, il se recroquevilla sur lui-même. Sora, quant à lui, se retrouva en chute libre.

Sora : PLUSJAMAISCAPLUSJAMAISCAPLUSJAMAISCA !

Hercule : Sora ! Prends ma main !

Il fut sauvé in extremis par le Grec qui chevauchait toujours Pégase.

Sora : Merci ! Je me demandais justement à quel moment t'allais devenir utile.

Hercule : Hein ?

Sora : Rien, rien, c'est le tournis qui me rend passif agressif. Allez ! Direction le sol !

Pégase hennit à nouveau, une façon pour lui de dire : "Non mais tu te prends pour qui, coco ? Je suis déjà bien gentil de te laisser monter sur moi alors tes remarques tu te les gardes ou je te fais descendre dans la premier abîme que je vois, capiche ?"

Sora : Il a l'air gentil, ton poney.

Nouveau hennissement.

Hercule : PEGASE ! Ton langage !

L'équidé ailé n'eut pas l'occasion de mettre ses menaces à exécution car ses sabots touchaient déjà le plancher des vaches, sitôt descendus, les deux hommes furent rejoints par leurs compères.

Sora : Enfin vous voilà, vous ! Ça va ? Pas trop dur de m'aider d'ici ?

Dingo : Navré poussin, on s'était mis à l'abri en pensant que tu ferais pareil.

Donald : T'avais l'air de te débrouiller comme un chef, on s'en serait voulus de te priver de gloire.

Hadès : Bande de petits merdeux ! Je vous exècre ! Je vous maudis ! Je vous VOMIS, tous autant que vous soyez !

Donald : Défends-toi, Sora. Je crois qu'il veut te piquer ton attaque spéciale.

Sora : Pas de souci, je lui laisse.

Hadès : Vous pensez en avoir fini avec moi ? PAUVRES CONS ! Le combat ne fait que comm…

Hercule avait eu tout le temps dont il avait besoin pour délivrer, à la seule force de ses muscles, son père engoncé dans sa prison de glace et de magma. Zeus, le roi des Dieux, était désormais libre.

Zeus : Bonzour, Hadès.

Hadès : Salut, bises, ciao, bye.

Hercule : Hé, Hadès !

Hadès : Moui ?

Hercule : Petit cadeau de départ !

Il lui décocha alors un coup de poing à faire trembler tous les os de son corps.

Hadès : Moouaaargh !

Donald : J'aimerais pas être son dentiste après ça.

Dingo : Ni son osthéo.

Sora : Ni son coiffeur, en fait.

Hadès : ON AVAIT DIT PLUS DE BLAGUES SUR MES FLAMMES CAPILLAIRES !

Zeus : Dis donc, franzin… Tu as un problème avec mes protézés ?

Hadès : Qui ? Moi ? Pas du tout ! On est potos ! On se charrie, on se chamaille ! Pas vrai les gars ?

Donald : Désolé Hadès, mais en bon Grec… te voilà RUINÉ.

Dingo : Oh ! Elle était violente, celle-là !

Donald : Déso pas déso

Sora : J'ai pas compris.

Donald : Crise économique, tout ça.

Hadès : Espèce de… bande de… Vous n'êtes que des… Raaaah !

Sora : Pas cool de nous traiter de rats.

Là-dessus, Hadès prit congé en passant par une petite porte qu'il avait fait surgir de nulle part. Et on ne le revit, a priori, jamais.

Donald : Bon, ben Thèbes et Olympe étant sauvés, je suppose que plus rien ne nous retient ici.

Sora : Á part Dingo, tu veux dire.

Donald : Dingo ? Qu'est-ce qu'il a Ding… Oh misère.

Le capitaine de la garde avait l'air en grande conversation avec le père d'Hercule.

Dingo : Vous avez l'air extrêmement fort, Monsieur Zeus.

Zeus : C'est très zuste. Mais tu sais, z'aurais pu me libérer tout seul si ze m'étais transformé.

Dingo : Transformé ?

Zeus : Une fois, ze me suis transformé en cygne pour pouvoir niquer.

Dingo : Oh !

Zeus : Une autre fois, ze me suis métamorphosé en taureau. C'était pour niquer aussi.

Dingo : Eh ben !

Zeus : Y a eu aussi cette fois où ze me suis sanzé en aigle. Qu'est-ce que z'ai niqué, cette fois-là !

Dingo : Ouah ! Vous pouvez vraiment vous changer en n'importe quoi, alors !

Zeus : Ben oui ! Ze suis même capable de devenir une pluie d'or ou une nuée épaisse !

Dingo : Ah ? Mais… euh… pourquoi, en fait ?

Zeus : Ben pour niquer, pardi !

Dingo : Oh…

Zeus : Tu m'as l'air d'être un brave zeune homme. Ça te dit qu'on se trouve un coin tranquille et que ze teste ma transformation en mammouth ?

Dingo : Je… oh ! Regardez l'heure ! Sora ! Donald ! Les amis ! On doit y aller !

Sora : Plutôt deux fois qu'une.

Donald : Le premier dans le Gummi a ma gratitude éternelle.

Hercule : En tout cas merci pour votre aide, les gars ! Vous avez été… Ben vous allez où ?

Sora : PAS LE TEMPS !

Bien sûr, le fait que Sora gagnât la course ne lui apporta pas la récompense qui lui était due ("C'est parce que je m'imaginais pas un seul instant que tu puisses gagner" lui répondit Donald), mais l'important était qu'ils purent rapidement mettre un maximum de distance entre leur vaisseau et le monde sur lequel ils avaient déjà passé beaucoup trop de temps au cours de leurs aventures.

C'était également le cas de deux autres individus. Une sorcière à l'air hautain et un gros balourd à la mine pataude, qui s'étaient quant à eux attardés sur la planète antique dans un but bien précis.

? : Maléfique ?

Maléfique : Qu'y a-t-il, Pat ?

Pat : La boîte qu'on cherche… On sait à quoi elle ressemble ?

Maléfique : Non.

Pat : On sait ce qu'il y a dedans ?

Maléfique : Non.

Pat : On sait où elle est ?

Maléfique : Non plus.

Pat : Tu crois que c'est vraiment une bonne idée de creuser au petit bonheur la chance en espérant tomber dessus sur un des trouzmille mondes de l'univers ?

Maléfique : Oui.

Pat : Tu…. crois que tu pourrais me filer un coup de main ?

Maléfique : Ne sois pas ridicule, Pat.

Ni l'un, ni l'autre ne savait qu'il était observé, depuis les hauteurs, par un homme en robe noire, au visage couvert de cicatrices et à l'œil droit masqué par un cache.

Yigbar : J'ai… Hips ! AUCUNE idée de ce que ce que je fous ici.

Pendant ce temps, dans une pièce lumineuse, deux personnes se faisaient face. L'une d'elle se trouvait derrière un bureau, et l'autre sur un fauteuil de l'autre côté. Par la fenêtre, on pouvait distinguer le bal des voitures et des piétons, sous un soleil couchant.

? : Bien. Commençons la séance.

? : O.K. Bon, j'ai un peu le trac…

? : Comment vous appelez-vous ?

? : Moi, c'est Billy.

? : Très bien, Billy. Vous pouvez m'appeler Dr. Leuleu.

L'homme en veste de tweed ne mentait pas : sur le mur se trouvait un cadre dans lequel un diplôme affichait distinctement "Docteur Jean-Jacques Leuleu, docteur en psychiatrie". Billy s'en trouva rasséréné.

Billy : D'accord docteur… Euh… Je sais pas trop par où commencer…

Dr. Leuleu : Démarrons par le commencement. Comment vos troubles ont-ils commencé ?

Billy : Ben ça a démarré quand j'ai joué à un jeu vidéo… "Kidoum Artz", ça s'appelait.

Dr. Leuleu : "Kidoum Artz" ?

Billy : Oui, bon, je suis pas très fort en anglais…

Dr. Leuleu : Intéressant. De quoi est-ce que ça parle ?

Billy : Ben c'est l'histoire d'un type qui fait des rêves étranges. Il rêve d'un vitrail avec Blanche-Neige et Cendrillon et une voix qui lui dit comment ouvrir des portes. Ensuite, il se réveille et va aider ses copains à préparer un radeau pour quitter son île, du coup il fait la course avec son meilleur ami pour décider si le radeau il s'appellera "Hautvent" ou pas.

Dr. Leuleu : Je vois… Et ensuite ?

Billy : Ensuite sa maman l'appelle pour qu'il passe à table mais à la place il pense au radeau parce qu'il y a une tempête dehors et quand il y va son copain veut qu'il le rejoigne dans les ténèbres et disparaît dans le sol et sa copine est là mais elle lui passe à travers et ensuite des cafards noirs apparaissent et il a une clé dans sa main et un géant avec un cœur dans l'estomac apparaît et ils se battent et même si le type gagne il est quand même aspiré dans le portail et son monde il est détruit.

Dr. Leuleu : Hum… d'accord…

Billy : Ensuite il se réveille dans une ville et tombe sur des caméos d'autres jeux qui lui expliquent qu'il est l'Élu de la Keyblade, puis il rencontre Donald et Dingo qui le cherchent parce que le roi leur a dit de le trouver.

Dr. Leuleu : Les personnages de Disney ?

Billy : Oui, et après ils vont dans tous les mondes de Disney pour lesquels c'était pas trop dur d'avoir les droits. Á chaque fois le type il combat les cafards noirs et d'autres méchants qui veulent voler son cœur et il scelle le cœur des mondes et il va d'un monde à l'autre dans un vaisseau en Lego qui tire sur d'autres vaisseaux dans des décors un peu moches.

Dr. Leuleu : D'accord, je crois que je vous suis.

Billy : Au bout d'un moment le type il retrouve quand même sa copine dans le bateau du Capitaine Crochet mais elle a plus de cœur et son meilleur copain il est là aussi mais il s'est converti au pouvoir du latex alors il invoque l'ombre du type. Pis ils se retrouvent dans une forteresse et il vole la clé du type et Donald et Dingo l'abandonnent comme des sales. Du coup, le type il se retrouve seul avec un bout de bois et La Bête, de La Belle et la Bête, mais ça dure juste cinq minutes et le type retrouve ses amis. Ensemble ils vont voir Maléfique qui se transforme en dragon et ils ont plusieurs Game over mais ils gagnent quand même et le meilleur copain il tue Maléfique puis il devient le vrai méchant qui est un type du début dont j'ai pas parlé mais qui était en bure et qui en fait a pris possession de son corps et il fait des trucs de méchant mais le type il le bat et il se sacrifie pour sauver sa copine mais son cœur s'en va et il devient un cafard mais finalement ça va parce que sa copine lui fait un câlin. Ensuite ils vont voir le méchant et ils combattent mais il prend plein de formes différentes et notamment il se transforme en une espèce de bateau géant mais ils le battent quand même et à la fin la porte s'ouvre mais faut la fermer et le copain du type qui est devenu gentil reste de l'autre côté avec Mickey.

Dr. Leuleu : D'accord. Euh… et ensuite ?

Billy : Ben le premier jeu est fini.

Dr. Leuleu : Ah ! Vous voulez dire qu'un truc pareil a eu suffisamment de succès pour avoir une suite ?!

Billy : Plusieurs, m'sieur. Et des spin-off. Et un de ces jeux sur mobile où il faut payer pour être fort.

Dr. Leuleu : Je… je vois… Je vais pas vous mentir, Billy. Il va y avoir du travail à faire. Que diriez-vous de me raconter l'opus suivant à notre prochaine séance ?

Billy : Ben pourquoi pas.

Dr. Leuleu : Merci. Pour mes honoraires, voyez avec ma secrétaire.

En d'autres lieux, plus sombres et plus dangereux encore, une autre intrigue se nouait. Un jeune homme aux cheveux mauves et une petite souris royale se frayaient un chemin dans un décor de ténèbres pures.

Mickey : Riku ?

Riku : Mmh ?

Mickey : Á quoi est-ce que tu penses ?

Riku : J'essaie de retrouver les paroles d'une chanson. Et vous, Mickey ?

Mickey : Je pense à tous ces petits enfants de salauds qui sont là-haut à se dorer la pilule pendant qu'on trime à aller chercher Mistinguette.

Riku : Aqua, vous voulez dire.

Mickey : TU SAIS TRÈS BIEN QUI JE VEUX DIRE ! P'tit con.

Riku : Dans la nuit noire… dans la nuit noire et obscure… obscure et sombre…

Mickey : Chut !

Riku : Hé ! On avait dit que j'avais le droit à trente secondes de chant par…

Mickey : On y est !

Riku : Pas du tout, ça fait même pas six sec…

Mickey : CHUT ! Regarde !

Les deux acolytes étaient arrivés sur une plage entourée de roche noire. L'eau s'étendait à perte de vue.

Riku : Je cherche une plage… Et des jambes si belles… Si près je le vois … Et toi.

Mickey : Et moi ?

Riku : Non, le mec.

Mickey : Qui ça ?

Riku : De Vanessa Paradis.

Mickey : MAIS DE QUOI EST-CE QUE TU PARLES ?!

Riku : J'AI PAS ENCORE DÉPASSÉ MON QUOTA DE TRENTE SECONDES O.K ?!

Étaient-ce leurs cris ? Était-ce leur seule présence ? Á l'instant même (bon d'accord, quatre ou cinq secondes après, mais pas plus) où les deux compères avaient élevé la voix, une nuée de Sans-cœurs était apparue pour les encercler.

Mickey : Tu les as attirés, misérable souillon !

Riku : On alors c'était un piège.

Mickey : Bien sûr que non ! Je ne me serais JAMAIS fait avoir par un piège !

Riku : Ah bon. En tout cas, on a de quoi s'occuper.

Mickey : En silence, de préférence !

Le combat ne fut donc ponctué par le choc des Keyblades contre la peau visqueuse des Ombres, les bruits de pas sur le sable fin et les râles de deux individus en plein effort physique. Les Sans-cœurs, de leur côté, étaient aussi mutiques qu'à l'accoutumée.

Riku : On se fait un peu chier, quand même.

Mickey : Quoi ?! Je te permets de combattre à mes côtés, tu devrais m'en être plus reconnaissant, quand même !

Riku : Ah mais j'dis pas le contraire, juste que…

Une nouvelle masse de Sans-cœurs surgit soudain du sol, semblable à un agglomérat d'Ombres formant une grande tour qui se mouvait en tous sens.

Riku : C'est nouveau, ça.

Mickey : Ne le laisse pas s'approcher !

Riku : Pas de souci ! Je me protège !

Mickey : Non mais DE MOI, je voulais dire !

Riku : Oh !

Ce fut pourtant après le garçon que la créature en avait, semble-t-il, car elle se jeta sur lui et le submergea tout entier.

Riku : Ils m'entraînent… au bout de la nuit… les démons… de… minuit… arrrgh…

Au bord de l'inconscience, à deux doigts de sombrer, il ouvrit soudain les yeux sur le visage rondouillard de Mickey.

Riku : Hein ? Majesté ?

Mickey : Non, t'es censé dire : "Merci de m'avoir sauvé, je place ma vie entre vos mains, Votre Grâce, et me repens d'être aussi rustre".

Riku : J'suis pas rustre, j'ai été élevé à la campagne.

Mickey : Irrécupérable ! Je ne ferais pas de toi mon valet même si ma vie en dépendait.

Riku : On dirait que les affreux sont partis.

Mickey : Oui, et ta Keyblade est cassée.

Riku : QUOI ?! Oh meeeerde ! Je savais même qu'elle pouvait se péter !

Mickey : Bien sûr que si ! Tu pensais que tu pouvais taper avec sans en prendre soin pendant des années ?!

Riku : Il faut carrément que je prévienne Sora ! Lui il s'entraîne carrément contre des murs !

Mickey : Mais qu'est-ce qu'on va faire de vous…

Riku : Bon, qu'est-ce qu'on fait alors ? On rentre ?

Mickey : Il va bien falloir. Ça fait aucun doute qu'Aqua est passée par ici, mais elle a dû sombrer plus profondément encore. La garce. Mais je reviendrai plus puissant, et de préférence sans toi pour me ralentir, et ça devrait aller mieux.

Riku : Comme vous voulez. Je vois que vous boitez, besoin d'un coup de main pour marcher ?

Mickey : NE ME PRENDS PAS POUR UN HANDICAPÉ ! Mais oui, je veux bien.

Riku : Hop.

Mickey : ET PAS DE CHANSONS !

Riku : Pff…

Ce n'était que partie remise. Mickey et Riku savaient qu'ils seraient bientôt de retour sur cette même plage, avec un meilleur équipement, de meilleures capacités et surtout un meilleur plan, car il n'y avait pas de raison pour que seuls les personnages principaux aient droit à des séances de level-up.