Chapitre 3 - Crapules du Crépuscule
Ce fut avec entrain que le Gummi se posa aux alentours de la Tour de Yen Sid, avec fierté que notre trio en descendit, avec joie qu'il gravit les marches de la demeure du sorcier, pressé d'effectuer son rapport. Puis, seulement, se rappelèrent-ils qu'en fait ils n'avaient pas tout à fait réussi leur mission. Alors, forcément, ce furent trois têtes de déterrés qui apparurent sur le pas de la porte magique.
Sora : Alors on a neuf bonnes nouvelles, et une mauvaise.
Yen Sid : Voilà qui ne me dit rien qui vaille. Commence donc par la mau…
Sora : Les bonnes nouvelles, c'est qu'on a réussi à éclater quatre gros Titans, qu'on a sauvé Olympe et Thèbes, qu'on a fait fuir Hadès, et que j'ai fini une grille entière de Sudoku de niveau 5 pendant le trajet de retour.
Dingo : Ça fait neuf, ça ?
Sora : J'en ai compté une par Titan et par ville sauvée.
Dingo : Mais ça fait huit, du coup.
Sora : Oh.
Donald : La deuxième mauvaise nouvelle, c'est donc que Sora ne sait pas compter.
Yen Sid : Et… la première mauvaise nouvelle ?
Donald : Sora a oublié qu'il devait retrouver son pouvoir de l'Éveil.
Sora : Pour rappel, on m'a jamais expliqué comment faire !
Donald : Et t'attends quoi ? Un stage de Héros de la Clépée ?
Yen Sid : Il est vrai que le pouvoir de l'Éveil n'est pas si aisé à obtenir. Et vous n'avez certes pas démérité lors de votre mission.
Sora : Carrément pas ! Vous voulez voir ma grille remplie ?
Dingo : Tu lui montreras après, chaton.
Sora : O.K ! Je la prépare !
Donald : Vous auriez des pistes pour l'aider à développer ce pouvoir ?
Yen Sid : Je ne sais pas trop… Vous pourriez poursuivre vos pérégrinations de monde en monde, il y a forcément un moment où tout cela va se réveiller.
Donald : On ne risque pas de juste perdre du temps pour finalement réveiller son pouvoir in extremis à la veille de la bataille finale ?
Yen Sid : Totalement, mais je ne vois pas quoi faire d'autre.
Dingo : Oh…
C'est sur ce constat amer que la porte s'ouvrit à nouveau. Et l'on vit deux nouvelles têtes de déterrés dans le bureau du mage.
Yen Sid : Vous êtes déjà de retour ? Et… seuls, je vois.
Mickey : C'est une longue histoire.
Riku : On a quatorze bonnes et une mauvaise nouvelle.
Yen Sid : Passons sur les bonnes, parlez de la mauvaise.
Riku : Ben… on s'est un peu fait rétamer, on a perdu la trace d'Aqua sur une plage et ma Keyblade est pétée…
Dingo : Ça fait une seule nouvelle, ça ?
Riku : Oh, Sora ! Vous êtes là !
Sora : Ouais ! On a échoué aussi !
Riku : Trop cool ! Camarade de lose !
Sora : Yay !
Donald : Oh, misère…
Mickey : Navré, maître Yen Sid, à cause de ce nabot bête comme ses pieds, je n'ai pas pu arriver au bout de ma mission.
Riku : Mickey Yen Sid, je suis désolé. J'ressens comme une envie de m'isoler…
Mickey : STOP ! PLUS DE CHANSONS ! TU FERMES TA GUEULE MAINTENANT !
Riku : D'accord…
Yen Sid : Bon écoutez, ce n'est pas bien grave. Riku, Mickey, j'ai un service à vous demander. Prenez ces deux valises.
Deux énormes malles apparurent comme par magie sur le bureau.
Riku : Ouah ! C'est nos nouveaux vêtements ?
Yen Sid : Mais non, enfin ! Ne soyez pas ridicules ! Ce sont des valises pleines de billets que je dois donner à un client.
Riku : Oh…
Yen Sid : J'ai bien de nouveaux accoutrements à vous donner, mais ils se trouvent sur des cintres.
Riku : C'est vrai que c'est plus logique…
Sora : Et nous, elles sont où nos nouvelles fringues ?
Donald : On ne t'a jamais appris à demander poliment ?
Sora : Et nous, elles sont où nos nouvelles fringues, s'vous plaît ?
Yen Sid : Les voici. Elles ont été faites sur mesure par les Bonnes Fées.
Sora : Ah… ces trois perverses…
Yen Sid : Ce n'est pas une tenue ordinaire ! Elle possède de nombreux pouvoirs…
Sora : Ah ? Elle me permet de fusionner avec les gens ?
Yen Sid : Non…
Sora : De faire des plongeons de trouzmille kilomètres sur des planètes dans le monde des rêves ?
Yen Sid : Bon, je dois admettre que ce n'est pas plus magique que tes précédents vêtements…
Sora : Ben ouais. Sauf votre respect, Maître Yen Sid, depuis que je vous connais même mes slips sont magiques.
Donald : Non, ça c'est la puberté.
Sora : Quoi ?
Yen Sid : En tout cas, ce n'est pas tout. Voici un appareil qui vous sera fort utile.
Sora : Qu'est-ce que c'est ?
Yen Sid : Les ingénieurs du Château Disney l'ont appelé "Gummiphone". Il s'agit d'une petite merveille qui vous permettra d'appeler vos amis d'un bout à l'autre de l'univers, de prendre des photos et de les partager, de consulter de la documentation et de jouer à des jeux quand l'ennui vous prend.
Donald : Oui, c'est un smartphone, quoi.
Yen Sid : Hum… oui…
Sora : Trop cool, j'espère qu'on capte dans l'espace !
Donald : La logique voudrait que non, mais…
Yen Sid : Riku et Mickey, vous en aurez également un. J'ai pris soin d'en fournir un autre à Kairi et Lea, qui poursuivent leur entraînement secret. Maintenant, rompez !
Sora, Donald et Dingo quittèrent la tour en laissant leurs deux compères peaufiner les détails de leurs prochaines aventures avec Yen Sid, puis prirent place à bord du vaisseau Gummi.
Dingo : Alors, Sora ? Quelle est la prochaine destination ?
Sora : Aucune idée, c'est quoi le plus proche ?
Donald : La Cité du crépuscule.
Sora : Ben va pour ça.
Donald : D'acc.
Soudain, son gadget fraîchement acquis se mit à sonner de façon stridente.
Donald : On dirait que t'as un appel, Sora.
Sora : Et… je dois faire quoi ?
Donald : Grands dieux… appuie sur le bouton vert, mets le téléphone à ton oreille et dis : Allô ?
Sora : Allô ?
Tic : *Sora !*
Sora : Ça a pas l'air de marcher. J'entends comme un bruit, une espèce d'ultrason trop aigüe pour que mon oreille humaine la perçoive.
Tic : *Ce n'est que moi, Sora !*
Sora : Oh ! Salut, Toc !
Tic : *Tic !*
Sora : Qui est là ?
Tic : *Quoi ?*
Sora : Non rien, blague de serrurier.
Donald : Ils ont un bouton d'autodestruction, sur ce Gummi ?
Dingo : Oui, mais j'ai ordre de te cacher son existence. Oups…
Tic : Ce Gummiphone va nous permettre de nous parler à une très grande distance, Sora !
Sora : Trop cool, j'ai méga-hâte.
Ce dernier se mit d'ailleurs à sonner à nouveau.
Sora : Euh… Allô ?
? : *Bonjour, Sora.*
Sur l'écran, tous les trois découvrirent un homme aux traits inconnus. La moitié de son visage était masquée par une épaisse mèche grise.
Sora : DOUX JÉSUS UN CHANTEUR DE K-POP ! Où est-ce que je raccroche ?
? : *Mais non ! C'est moi ! Ienzo !*
Sora : Ienqui ? T'es le fils de Yen Sid, ou quelque chose ?
Ienzo : *Autrefois, je m'appelais Zeyion.*
Donald : Zeyion ?
Dingo : Les seuls à avoir un Y dans leur nom… L'Organisation XIII !
Sora : Qu'est-ce que tu nous veux ?!
Ienzo : *Rien, je t'assure ! J'ai changé ! J'ai arrêté de boire du gin, je ne me scarifie plus et je n'écoute presque plus de hard métal dans ma chambre en écrivant des poèmes sombres sur des carnets à moitié déchirés.*
Sora : …
Ienzo : *Ça… ça m'arrive encore de temps en temps…*
Donald : On peut savoir ce que tu nous veux, du coup ?
Ienzo : *J'ai décidé de faire amende honorable et de vous aider dans votre quête. Je touche ma bille en informatique, voyez-vous.*
Dingo : Je vois que monsieur est tactile.
Donald : DINGO.
Ienzo : *Je vais donc tenter de décrypter les données que Riku a réussi à trouver au fond de Sora.*
Sora : Euh… quoi ?
Dingo : Quand Riku est allé te sauver, dans le monde des rêves, il est revenu avec une clé USB remise par un fragment de DiZ.
Sora : Ah ouais, normal.
Donald : C'est pas un peu le bordel, dans ton corps ?
Sora : Depuis le temps que mon cœur sert de Airbnb pour les âmes égarées, je devrais être habitué.
Donald : Si t'as vraiment Roxas là-dedans, avec l'alcool qu'il a dû ingérer, je dirais que ça ressemble plus à une auberge de jeunesse.
Ienzo : *Roxas ? Ah, oui, c'est comme ça que vous appelez Royas… Peut-être qu'on pourrait trouver un moyen de le ramener à nous…*
Sora : Ah ouais ? Comment ?
Ienzo : *Je ne sais pas trop, mais le meilleur endroit où chercher serait l'endroit où il a séjourné le plus longtemps.*
Sora : Mmh…
Ienzo : *Bref, je vous tiens au courant !*
Sora : Ouais, fais ça. Ciao, bise.
Dingo : …
Donald : …
Sora : Non mais en vrai, quelqu'un sait qui c'est ?
Donad : Aucune idée.
Dingo : Il était mignon. J'aimerais bien lire un de ses poèmes.
Donald : Tu lui demanderas plus tard, en route vers le bidonville du Crépuscule.
Le mage royal ne savait pas encore, à ce moment-là, que la Cité du Crépuscule avait incroyablement changé depuis leur dernière visite.
Sora : DES GENS ! Y A DES GENS !
Donald : Incroyable.
Dingo : Il a vraiment dû se passer quelque chose pour que cette ville se peuple d'un coup.
Et elle était sur le point de se peupler d'autres créatures étranges.
Sora : Maintenant, il est temps de trouver un moyen de réveiller Roxas, ou au moins de faire semblant de chercher !
*As-tu appelé notre seigneur ?*
Sora : Plaît-il ?
Dingo : À qui est-ce que tu parles, Sora ?
Sora : Si je le dis, Donald va se moquer.
Donald : T'as entendu une voix, c'est ça ?
Sora : Toi aussi ?!
Donald : Non, mais j'ai cherché le truc le plus débile qui pouvait t'arriver pour que tu dises ça. On dirait que j'ai mis le doigt dessus.
Sora : T'as des doigts, toi ?
Donald : GLACIER !
Sora évita in extremis le stalactite qui jaillit de son bâton… et qui heurta à la place la créature blanchâtre qui était apparue derrière lui.
Sora : Un Désyntoxeur ! Ce sont des Similis !
Nul ne sut jamais si les nouveaux-venus avaient des intentions pacifiques ou non, car le sort marqua le début des hostilités. Lesquelles se terminèrent par l'annihilation complète des ennemis.
Donald : Bien, où en étions-nous ?
Sora : Euuh…
? : Á l'aide !
Sora : Ah ! Voilà ! Y a une voix !
Dingo : Oh ! Je l'entends aussi !
Donald : Normal, elle venait du coin de la rue.
Et dudit coin de la rue surgirent bientôt…
Dingo : Pence ! Olette ! Hayner !
Sora : Non, l'ordre c'est Hayner, Pence, Olette.
Dingo : Il y a un ordre ?
Sora : Ça me perturbe, autrement.
Donald : Pourquoi est-ce que vous cour…
Hayner : Pasletempssauvequipeut !
Donald : Hein ?
Sora : Ils sont poursuivis par la police ou quoi?
Dingo : Si c'est à ça que ressemble la police, ne les laissez pas m'interpeller !
Car ce qui déboula du coin de la rue n'était autre qu'une PUTAIN DE TORNADE DE SANS-CŒURS.
Sora : JE ME RENDS !
Donald : T'as le droit de garder le silence, Sora.
Dingo : On va essayer de le repousser !
Donald : Le mot-clé, c'est "essayer". Enfin allons bon. Foudre ! Brasier !
Sora : Yaaah ! Hé ! On arrive à le toucher !
Donald : Bien sûr qu'on y arrive, c'est jamais qu'une poignée d'Ombres jetées dans une centrifugeuse invisible.
Sora : Vu comme ça..
Et comme nos amis le pressentaient, il suffisait de taper suffisamment fort et longtemps sur ladite centrifugeuse pour que cette dernière perde toute force motrice… même si le parallèle reste très étrange. La tornade sombre avait à peine disparu que leurs trois vagues connaissances surgirent, en même temps que les civils qui s'étaient cachés.
Hayner : Il se passe des trucs vraiment bizarres, dans cette ville.
Sora : Carrément ! Depuis quand y a plus d'une douzaine d'habitants ?
Pence : Ah, ça…
Olette : Depuis que l'immobilier a baissé, plein de types bizarres sont venus s'installer ici.
Hayner : Remarque, ça nous arrange. On a une maison pour dormir, une autre pour manger, une troisième juste parce que la salle de bain est grande…
Olette : Et finalement on vit 100% du temps dans celle où on fume des trucs.
Donald : Ah oui, c'est ça l'odeur.
Pence : Qu'est-ce que vous êtes venus faire ici ? En admettant que vous soyez pas des hallucinations, je veux dire.
Sora : On veut faire revenir Roxas !
Hayner : Roxas ? C'est qui, ça, ton ex ?
Olette : Je connais une Roxanne…
Sora : Mais non, c'était votre pote !
Pence : Ah ?
Sora : Dans un monde alternatif !
Hayner : Ah ?
Sora : Á l'intérieur d'un ordinateur !
Donald : Laisse tomber Sora, à leur regard, ils en sont encore à se demander pourquoi tes lèvres bougent quand tu parles
Hayner : Ha ha… un canard avec un béret..
Dingo : On pourrait essayer d'aller voir au manoir où l'on avait été la dernière fois.
Donald : Bonne idée, on aura qu'à…
Pence : Oh Un Gummiphone !
Sora : Quoi, ce truc ? Mais pourquoi personne l'appelle juste "téléphone" ?
Hayner : Vas-y ! Vas-y ! Prends une photo de nous tous !
Sora : Je risque pas de capturer votre âme, ou quelque chose ?
Olette : T'inquiète pas pour Hayner et moi. Pence il en a pas, de toute façon !
Pence : Hein ?
Sora : Allez ! Fromaaaaaage !
Donald : …
Dingo : …
Donald : Vous savez que quelqu'un doit la prendre, la photo ?
Hayner : Ouais, mais on attendait que Pence se dévoue.
Pence : Oh.
Le photographe de la bande prit donc la photo sans grand entrain, mais à l'inspection de cette dernière, quelque chose attira leur attention.
Olette : Tiens ? Regardez ! Y a un emblème fétiche sur le mur !
Sora : Un quoi ?
Hayner : Trois petits cercles qui font la forme d'une tête de souris.
Donald : Mais non, regardez, c'est juste trois tâches sur l'objectif.
Sora : Ah oui.
Pence : Mais vous pourriez quand même tomber sur de vrais emblèmes fétiches au cours de vos aventures, alors ouvrez l'œil !
Donald : Pourquoi ?
Pence : Ben… pour les prendre en photo.
Donald : Mais pourquoi ?
Dingo : Ça n'a pas l'air d'avoir un très grand intérêt.
Pence : Ben je sais pas, moi…
Sora : Bon allez ! Direction le manoir !
Olette : Bon courage pour passer par les égouts, hein.
Sora : Les égouts ? Y avait pas un passage dans un mur, à un endroit ?
Hayner : Ils l'ont condamné y a plusieurs mois pour éviter que les squatteurs s'installent là-bas.
Donald : C'est-à-dire vous ?
Hayner : Hé ! Je me sens insulté !
Donald : Mais j'ai raison.
Hayner : Ben ouais ! Mais je me sens insulté !
Dingo : On devrait se mettre en route sans tarder, si on a un si gros détour à faire.
Difficile de savoir à quoi s'attendaient les trois compères. Á un souterrain bordé de rivières vertes nauséabondes ? Á un dédale digne de tout RPG avec son lot d'écluses et de mécanismes ? Lorsqu'ils ressortirent d'un long et large tunnel tout au plus encombré de quelques déchets, ils comprirent qu'ils venaient de traverser les égouts. D'ailleurs, il n'y avait guère de doute à avoir puisqu'ils étaient désormais en pleine forêt.
Sora : Oh. Ça avait le mérite d'être rapide.
Dingo : Voilà au moins la seule partie de cette ville qui n'a pas trop changé…
Ils entendirent alors un son très aigu, comme le couinement d'un petit rat paniqué. En baissant les yeux, ils s'aperçurent que c'était EXACTEMENT le couinement d'un petit rat paniqué, lequel les regardait d'un air implorant et s'offrait même le luxe de tirer sur le pantalon de Sora.
Sora : Aaaah ! C'est dégueulasse ! Va-t-en !
Dingo : On dirait qu'il essaie de te dire quelque chose.
Donald : "Est-ce que tu serais pas mon lointain cousin ?"
Sora : C'est ce que tu te demandes en passant devant la rôtisserie. ?
Donald : Espèce de…
Dingo : Tu l'as un peu cherché…
Donald : Pff ! Va savoir, il veut peut-être que tu le sauves des Sans-cœurs qui sont là-bas.
Sora : Oh ! Des Sans-cœurs !
Donald : Oui.
Ces derniers avaient l'apparence de turbulents primates, de ceux que Sora et ses amis avaient déjà affronté par le passé dans la jungle où vivait Tarzan. Des singes qui avaient donc quitté le climat tropical pour une simple forêt suburbaine.
Sora : Saloperie de réchauffement climatique.
Dingo : Voilà ! Ils sont en déroute !
Donald : Ton rat a l'air plutôt content, Sora.
Sora : Ben j'ai pas vraiment fait ça pour l… AAAAaaah !
Sans prévenir, le petit rongeur s'était infiltré dans ses vêtements avant de réapparaître au niveau de son cou.
Dingo : Oh ! J'ai toujours rêvé de pouvoir faire ça !
Donald : Quoi ?!
Dingo : Non mais pas forcément sur Sora.
Sora : Que quelqu'un me dératise ce truc illico !
Mais nul ne bougea d'un pouce, hormis le rat qui s'installa sur le sommet de son crâne.
Sora : Je… sens… ses petites griffes… qui s'accrochent…
Donald : J'ai du mal à croire que ce soit confortable, là-haut, entre les poux et les pellicules.
Dingo : Je suppose qu'il a de quoi manger.
Sora : Aidez… moi…
Mais avant que quiconque pût esquisser le moindre geste, le passager clandestin saisit stratégiquement deux épis de cheveux et tira dessus. Sora bougea aussi vivement que si on avait manipulé l'un de ses nerfs.
Sora : AU SECOURS ON ME PILOTE !
Donald : On aurait dû l'appeler Sous-Rat.
Dingo : Il faudrait peut-être l'aider, non ?
Donald : Pour autant qu'on sache, ça pourrait être une amélioration.
Sora : JE MARCHE TOUT SEUL POURQUOI JE MARCHE TOUT SEUL AAAAAAH !
Dingo : Il s'éloigne, on le suit pour savoir qu'il ne fait rien de dangereux ?
Sora : POURQUOI JE RAMASSE DES CHAMPIGNONS ?!
Donald : Inutile, de toute façon il décrit tout ce qu'il fait.
Sora : POURQUOI JE ME TAPE LA TÊTE CONTRE UN ARBRE ?!
Dingo : Cette fois, j'interviens !
Mais c'était inutile car, son champignon collecté, le petit rat descendit tout seul de sa monture en faisant choir une cascade de peau morte. Il saisit le champignon, fit une révérence et partit à toute allure en direction de la ville.
Sora : Je crois que je saigne…
Dingo : Qu'est-ce qui vient de se passer, au juste ?
Donald : Rien, Sora a juste trouvé son maître.
Sora : Merde, il m'a ruiné mon gel en plus ! Toutes ces piques que je mets une heure à coiffer tous les matin…
Donald : On va au manoir, Sora. Tu viens ou tu vas attendre de te faire passer dessus par tous les rats du coin ?
Sora : J'arrive ! J'arrive !
Le manoir abandonné était peut-être la seule chose de ce monde à n'avoir pas changé. Á l'exception peut-être de la taille du lierre et de la poussière sur les fenêtres sales.
Sora : Vous vous souvenez quand on s'est réveillés là, y a… sans doute pas si longtemps que ça ?
Donald : La vie était simple, à cette époque.
Dingo : Notre seul ennemi, avant cela, c'étaient des Sans-cœurs.
Donald : Il y avait un ou deux porteur de la Keyblade, pas plus. Maintenant on dirait qu'ils en ont tous trouvé une dans une pochette surprise.
Sora : Même moi, je suis d'accord. Avant, j'étais un spécimen rare…
Dingo : Et puis Ansem, c'était Ansem, on n'avait pas encore ces histoires de Simili du Sans-cœur de l'imposteur des ténèbres.
Donald : Ouaip.
Sora : Pas faux.
Dingo : …
Donald : …
Sora : On était mignons, quand même.
Donald : L'innocence incarnée.
Dingo : C'est touchant, quand j'y pense.
Mais il ne servait à rien de se morfondre devant la porte d'entrée, aussi les visiteurs s'empressèrent d'entrer. Là encore, rien n'avait bougé et ils n'eurent aucun mal à trouver le chemin du sous-sol, dans lequel se trouvait l'ordinateur de feu Ansem le Sage.
Sora : Vous croyez qu'il marche encore ?
Donald : La logique voudrait que le courant ne passe plus ici, mais vous savez ce que j'en pense, moi, de la logique de cet univers…
Pence : Hé ! Les amis !
Donald : Tu cherches quelqu'un ?
Pence : Très drôle. Je voulais voir comment vous vous en sortiez mais je pense que vous allez avoir besoin de l'un de nous.
Dingo : Peut-être bien, oui ! Peux-tu aller chercher Hayner ? Parce qu'à choisir…
Pence : Hayner, c'est une quiche en informatique ! Laissez-moi faire !
Sora : Tu t'y connais tant que ça ?
Pence : J'ai lancé tout seul un programme sur Linux, une fois !
L'adolescent prit place sur le fauteuil et pianota quelques instants sur le clavier. Puis il appuya sur le bouton Power et patienta une minute.
Pence : O.K, je suis dans le système ! Il faut qu'on entre un code crypté !
Donald : Ouais, c'est le mot de passe de sa session Windows, quoi.
Dingo : Il y a même un indice, en dessous : "Nom de mon chat quand j'étais petit".
Le Gummiphone sonna soudain dans la poche de Sora.
Sora : Allô ?
Ienzo : *Bonjour Sora ! Je me permets de te proposer mon aide pour hacker cet ordinateur, car je vois que tu aurais bien besoin d'un expert en la matière !*
Donald : Est-ce… qu'il nous observe ?
Ienzo : *Pas du tout ! Pas du tout ! J'ai seulement constaté une connexion inhabituelle dans le réseau d'Ansem le Sage et…*
Pence : C'est marrant dites, c'est indiqué que l'ordinateur est pas connecté au net.
Ienzo : *Oh ! Ah ! Je vous entends mal ! Il y a de la friture sur la ligne !*
Sora : On peut pas lui filer le numéro de Pence pour qu'ils se démerdent entre eux ?
Donald : Bonne idée, j'ai presque oublié pourquoi on était venus, de toute façon.
Dingo : Pour sauver Roxas ! Avec un peu de chance, il y aura des données intéressantes dans cette machine, mais on ne sert à rien, de toute façon.
Une fois les deux cracks mis en relation, nos héros n'eurent rien de plus à faire au manoir et entreprirent de le quitter. Seulement, lorsqu'ils furent revenus à l'entrée, deux voix familières les hélèrent.
? : Tout se passe bien, Sora ?
? : Oui, tout se passe bien ?
Sora : Hein ?
Donald : ANSEM !
Dingo : ET Yemnas !
Ansem : Ravi de vous revoir…
Yemnas : Quelle joie de vous retrouver…
Donald : Deux gros morceaux comme ça, ça va être coton de s'en occuper ici.
Dingo : S'il ne s'agit que de leurs morceaux, Donald, laisse-moi gérer.
Ansem : Nous ne sommes pas venus pour nous battre.
Yemnas : Figurez-vous que nous venons en paix.
C'était la phrase de trop. Avant même que le trio pût répondre, les deux hommes se tournèrent l'un vers l'autre, courroucés.
Yemnas : O.K, c'est quoi ton problème ?
Ansem : Mon problème ? C'est plutôt TOI qui répètes tout ce que je dis !
Yemnas : Oh, EXCUSE-MOI si je pense à la même chose que toi !
Ansem : Je trouve tout de même ça suspect !
Yemnas : Ce n'est pas comme si nous étions la même personne !
Ansem : Parfois, je doute que ce soit le cas.
Yemnas : Qu'est-ce que c'est censé vouloir dire ?
Ansem : Rien du tout.
Yemnas : Si ! Tu es plein de sous-entendus !
Ansem : Moi ? Est-ce que tu t'es écouté ?
Yemnas : C'est toujours pareil, avec toi ! Tu te crois supérieur à moi !
Ansem : Le fait est que je suis venu au monde quelques instants avant toi…
Yemnas : Encore cette histoire ?! Les Sans-cœurs et les Similis naissent EXACTEMENT en même temps !
Ansem : Non, c'est faux.
Yemnas : C'est vrai !
Ansem : Je ne te crois pas.
Yemnas : Tu m'exaspères !
Ansem : Je pense que tu es jaloux.
Yemnas : Jaloux de toi ?
Ansem : Oui.
Yemnas : C'est la meilleure !
Ansem : Je n'ai plus rien à te dire.
Yemnas : Tu boudes ? Tu sais ce qu'a dit Maître Xehanort là-dessus…
Ansem : Je ne boude pas !
Yemnas : Si, tu boudes ! Ton menton tremble !
Ansem : De toute façon, nous avons des choses plus urgentes à régler !
Yemnas : C'est vrai, par ta faute nous nous sommes couverts de ridicule devant Sora et ses compagnons.
Ansem : TU t'es couvert de ridicule, et… Où est-ce qu'ils sont, d'ailleurs ?
Yemnas : Je crois qu'ils sont partis.
Ansem : MERDE !
De retour en ville, ni Sora, ni Donald, ni Dingo ne regrettaient d'avoir pris la fuite sans écouter ce que leurs anciens ennemis avaient à leur dire.
Sora : Je me demande vraiment ce qu'ils nous voulaient…
Donald : Probablement pas du bien.
Leurs trois cœurs s'arrêtèrent un moment de battre lorsqu'une voix les héla. Mais ce n'était certainement pas celle d'un serviteur des ténèbres. Tout au plus un serviteur de la finance, ce qui s'en approche.
? : Héééé !
Donald : Oncle Picsou ? Mais qu'est-ce que tu fais ici ?
Picsou : Moi ? Mais j'achète tous les bâtiments de la ville, évidemment ! Faut profiter, tant que c'est pas cher !
Dingo : Tu ne nous avais pas dit qu'il était mort, les vertèbres brisées, en plongeant dans sa piscine d'or ?
Picsou : Ho ho ho ! C'était seulement pour toucher mon assurance vie !
Donald : … J'aurais dû m'en douter.
Picsou : Je suis prêt à renaître de mes cendres ! Tout d'abord, j'ai trouvé la couverture parfaite poser un pied commercial ici : un restaurant !
Sora : Ouah, trop cool ! Mais vous avez déjà des employés ou quelque chose ?
Picsou : Bien sûr, j'ai ce petit bonhomme !
Le vieux canard sortit alors de son haut-de-forme… un petit rat que nos amis connaissaient bien.
Sora : LUI !
Picsou : Dites bonjour à Rémy !
Dingo : Euh…
Donald : Vu comment il pilote Sora, je l'aurais appelé Bouldozer.
Sora : Quoi ?
Donald : Laissez tomber.
Picsou : Ne vous fiez pas aux apparences ! C'est un excellent cuisinier ! Et en plus il ne me coûte aucun salaire, aucune charge sociale. Du pain béni !
Dingo : Mais comment il fait pour cuisiner, avec ses petites pattes ?
Picsou : Vous allez voir. Rémy, montre-leur !
Sora : NON PAS MA TÊTE !
Le rongeur se précipita sur le crâne de Sora et le guida vers le bistrot, où il prit place derrière le comptoir. Là, il se servit de Sora pour casser quelques œufs, couper des légumes, faire flamber des poêlées de champignon, saler et poivrer.
Donald : Ça a pas l'air glorieux.
Sora : C'est… c'est la première fois que je cuisine.
Le petit Rémy se pencha vers l'assiette, goûta, devint soudain colérique et plongea la tête de Sora dans le bol avant de lui crier dessus dans son propre langage incompréhensible par les humains.
Picsou : Ah… J'oubliais que Rémy pouvait être un peu tatillon sur les créations culinaires…
Dingo : Un peu tatillon ? Il était en train de le forcer à se mettre des claques !
Donald : Je crois que je m'en lasserai jamais.
Picsou : Oui, sur notre monde il se faisait surnommer Gordon Ratsay, c'est dire.
Sora : QUE QUELQU'UN ME RETIRE CE TRUC !
Donald : Tu sais ce qu'on dit… "Trop de cuisiniers gâchent la cuisine". On préfère vous laisser à votre fibre créatrice.
Dingo : Désolé M. Picsou, navré Rémy, mais nous avons besoin de Sora. Allez viens ! Nous devons nous mettre en route.
Sora : Bouhouhou..
Donald : Et sans pleurer !
Sora : C'est pas moi c'est les oignooons…
Et tandis que le trio quittait la cuisine, le restaurant et la planète même sur laquelle se trouvait la Cité du Crépuscule, plus loin, bien plus loin, en d'autres cieux, l'entraînement incognito de deux Élus de la Keyblade des plus novices se poursuivait.
Lea : Il nous a oubliés. Il nous a complètement oubliés.
Kairi : Mais non, Merlin a dit qu'il allait faire des courses en ville.
Lea : En ville ? Mais on est sur une planète entièrement couverte de forêt ! D'ailleurs, je sais même pas où on est.
Kairi : Moi non plus, c'est censé être un endroit ultra secret pour éviter que Xehanort nous repère.
Lea : Si seulement j'avais un peu de vodka…
Kairi : On a dit non, Lea ! Tu as quitté l'Organisation XIII ! La dernière fois que tu as bu, tu pleurais en parlant de ton ex que t'avais oublié !
Lea : C'est pas mon ex ! Je crois… Je sais plus… Est-ce qu'on a couché ? Merde, j'ai besoin d'alcool pour me souvenir…
Kairi : Non ! J'ai une idée ! Tu te souviens des Gummiphones qu'on nous a donnés ?
Lea : Ouais ?
Kairi : Je suis sûre qu'on peut trouver quelque chose à faire avec !
Autre époque, autre lieu. Dans un monde qui pourrait être parallèle au nôtre, un jeune garçon prenait place devant un bureau, toujours quelque peu intimidé.
Dr. Leuleu : Bien, commençons cette deuxième séance.
Billy : D'accord docteur.
Dr. Leuleu : Vos troubles pourraient peut-être venir de cette série de jeux dont vous me parliez. J'ai besoin que vous me racontiez en détail l'opus suivant.
Billy : Alors c'est Donald, Dingo et le type du premier jeu qui sont perdus sur une route…
Dr. Leuleu : Après avoir fermé une porte de lumière dans une espèce de cimetière de mondes, c'est bien cela ? Comment est-ce qu'ils se sont retrouvés là ?
Billy : Aucune idée mais tout au bout y a une espèce de château à l'architecture bizarroïde. Quand ils entrent un gars dans une robe achetée dix euros à la Foir'Fouille les accueille en disant que gagner c'est perdre et perdre c'est gagner. Aussi y a un truc avec les souvenirs ou quelque chose.
Dr. Leuleu : Intéressant, poursuivez.
Billy : Là, les amis du type se transforment en cartes à collectionner et il grimpe chaque étage en revivant des aventures passées, mais en tout pourri. Et il combat les monstres avec les cartes de ses amis et quand il fait des combinaisons d'amis ça fait des trucs.
Dr. Leuleu : Fascinant.
Billy : Mais y a plusieurs méchants en robes de la Foir'Fouille pour lui barrer la route. Un méchant de feu, un méchant de glace, une méchante d'électricité et un méchant efféminé.
Dr. Leuleu : Comment cela, "efféminé" ?
Billy : Son truc, c'est les pétales de rose.
Dr. Leuleu : Ah…
Billy : Et les méchants manipulent les souvenirs du type grâce à une blonde avec un crayon. Á cause de ça il oublie sa petite amie et veut sauver la petite blonde et devient un trou du cul avec ses amis, et aussi il doit affronter son meilleur ami en latex mais qui est pas vraiment lui parce que c'est un clone très ressemblant. Et à la fin il tue le méchant des roses et il entre dans un œuf où il doit dormir un an pour récupérer ses souvenirs.
Dr. Leuleu : D'accord… Eh bien je dois dire que c'est…
Billy : Et aussi son meilleur ami, le vrai, il est entré en même temps que lui dans le château et il grimpe les mêmes étages nuls mais sans scénario et sans amis. Et lui il se bat contre le méchant de la terre et le méchant du livre. Et contre son clone qui sait pas que c'est un clone. Aussi à la fin il se bat contre les ténèbres de son cœur et il gagne. Et aussi y a un type enroulé dans du PQ qui lui dit quoi faire.
Dr. Leuleu : De plus en plus étrange… Je suppose que vous aurez un autre opus à me raconter à notre prochaine rencontre.
Billy : Á la semaine prochaine, docteur.
Dr. Leuleu : Á bientôt, Billy. Et n'oublie pas de payer auprès de ma secrétaire.
Mais revenons au vaisseau Gummi, où Sora, Donald et Dingo étaient occupés à chercher leur nouvelle destination.
Sora : Non mais ça va me venir, hein !
Dingo : J'en suis sûr, choupinou. Concentre-toi et on saura où aller. Donald, tu ne peux pas l'aider ? Qu'est-ce que tu fais sur ton appareil, encore ?
Donald : Euh… vous devriez jeter un coup d'œil à ça. Ça pourrait vous intéresser.
Dingo : Qu'est-ce que c'est ? Une vidéo ?
Sora : Oh ! Kairi est enfermée dans l'écran ! ON VA TE SORTIR DE LÀ KAIRI !
Donald : Mais non, crétin ! C'est une vidéo qu'elle a publié sur le réseau galactique !
Kairi : *Salut les copains ! Ici Kairi et son fidèle assistant Lea ! Alors aujourd'hui on va tester un petit tuto maquillage avec différents pigments naturels qu'on a trouvé dans une forêt.*
Lea : *Je suis obligé de participer ?*
Kairi : *De quoi tu parles ? On va refaire tes triangles bizarres sous les yeux avec plein de coloris différents !*
Lea : *Ah…*
Donald : OH LA CONNE ELLE A GÉOLOCALISÉ SON POST !
Dingo : Tant pis pour la forêt ultra-secrète…
Sora : C'est écrit "Yigbar1664 a ajouté cette vidéo à ses favoris" en-dessous. C'est mauvais signe, non ?
Donald : Ça dépend. Est-ce que tu considères le fait que ta copine soit en danger de mort comme un mauvais signe ?
Sora : KAIRI !
Kairi : *C'est tout pour cette super session #survivalmakeup ! Abonnez-vous pour d'autres vidéos !*
Lea : *Et Merlin, si tu nous entends… Par pitié reviens…*
