Chapitre 6 : Petit Précis de Blagues Échevelées
? : Mère… ? Pourquoi ne puis-je pas aller dehors ?
C'était la question naïve et innocente de celle qui, depuis son tout premier souvenir post-nourrisson, se demandait pourquoi diable son environnement se limitait à un studio de 24 m² au sommet d'une haute tour.
? : BOUCLE-LA ET SERS-MOI UN VERRE DE GIN, PETITE CRUCHE !
Et ça, la réponse de celle qui a encore perdu la moitié de son allocation de mère célibataire et lunatique dans une course de chevaux sans espoir. La fillette, chaque fois, s'exécutait, et il en fut ainsi jusqu'à ce qu'elle atteigne l'âge de raison. Même si raison est un bien grand mot.
? : Encore ces lumières qui s'élèvent le jour de mon anniversaire…
Pour l'heure, la jeune fille aux longs, très longs, très très longs cheveux blonds était appuyée sur le rebord de sa fenêtre, d'où elle observait le reste de la clairière qui lui servait de paysage. Chaque année, cette nuit-là, un flot de points dorés montait dans l'air depuis l'horizon en laissant un sillage étoilé. C'était à la fois très beau et un peu hors sujet puisqu'on ne s'est pas encore intéressés du chapitre à notre trio habituel.
Le voilà justement, notre trio. À l'aube qui suivit cette scène, il venait de se poser sur ce monde et humait l'air frais de la forêt.
Donald : Aaah, la nature ! … Un jour, on t'aura.
Sora : C'est un super temps à pique-nique !
Dingo : Oui, dommage qu'on n'ait rien à manger.
Donald : N'est-ce-pas ?
Sora : Hé ! Est-ce que c'est ma faute si on s'est enfermés à l'extérieur du vaisseau ?
Donald : Oui.
Dingo : Oui.
Sora : D'accord, mais il est quand même franchement mal foutu, ce Gummi.
Un cri leur frappa soudain le tympan. Le cri d'un homme, plein de désespoir et d'un soupçon de virilité brisée.
Dingo : Un prince en détresse ! Allons-y !
Donald : Pas besoin d'aller nulle part, le voilà qui court vers nous.
Sora : Et il est suivi par des Sans-cœurs !
? : FAITES PLACE !
Seul Dingo resta sur place.
Dingo : Il est trop beau !
L'inconnu, lui, ne lui prêta pas la moindre attention et fila se cacher dans un buisson non loin, laissant ses trois sauveurs gérer la situation. Une situation qui consistait en trois petits archers en frusques médiévales et accompagnés de trois grosses graines menaçantes.
Sora : Dites, à quel moment on s'est mis à ne plus affronter des Sans-cœurs mais des Pokémons ?
Dingo : Ce n'était pas forcément mieux avant.
Et ils n'étaient pas davantage plus puissants qu'auparavant, puisqu'une demi-douzaine de coups et de sorts les débarrassa bien vite de la petite escadre. L'occasion, pour le beau gosse un brin lâche de sortir de son trou.
? : Parfait ! Je savais que vous seriez les hommes de la situation ! Mon nom est Flynn Rider et je… Mais attendez…
Son regard vagabonda du visage juvénile de Sora au bec de Donald jusqu'à la truffe de Dingo.
? : Hum…
Donald : Le mot que tu cherches, c'est "merci", je crois.
? : AAAAAaaaaaah !
Et là-dessus, il s'enfuit à nouveau.
? : AU SECOURS ! UN CHIEN ET UN CANARD GÉANTS ! C'EST DE LA SORCELLERIE !
Sora : Ha ha !
? : Y A AUSSI UNE FILLE QUI RESSEMBLE À UN GARÇON !
Sora : Hé ! Ça commence à bien faire !
Dingo : Reviens !
Mais le bellâtre avait déjà disparu, et nos trois olibrius suivirent sa trace jusqu'à un cul-de-sac, au pied d'une falaise.
Donald : Bizarre…
Dingo : Il n'a pas pu disparaître comme ça.
Sora : Ouais. Laissez-moi reposer mon dos deux minutes contre ces vignes qui pendent au milieu de nulle part et je trouverai une autre id… Aaaah ! Y avait un passage secret derrière !
Donald : Je pourrais te dire "Bien joué", mais ça voudrait dire que tu l'as fait exprès.
Dingo : Venez voir, c'est magnifique !
Derrière le rideau naturel se trouvait un paysage littéralement féerique : au creux d'une montagne, entourées de falaises d'où cascadaient les rivières environnantes, une tour de pierre couverte de végétation s'élevait.
Donald : La métaphore phallique n'est jamais bien loin.
Sora : Pourquoi est-ce qu'il faut toujours que tu gâches tout ?
Donald : De rien.
À l'intérieur de cette tour, justement, l'inconnu était tranquillement assis sur une chaise… ligoté par une longue masse de cheveux blonds.
Flynn: C'est au moins le troisième ou quatrième truc le plus bizarre qui me soit arrivé aujourd'hui.
Une jeune femme se tenait à une distance respectable de lui, un petit reptile sur l'épaule, en le menaçant d'une poêle à frire s'il lui prenait l'envie de se débattre dans sa prison capillaire.
? : Qui es-tu et comment as-tu découvert ma cachette ?
Flynn: Je m'appelle Flynn Rider, gente dame, et je n'ai absolument aucune idée d'où nous sommes.
? : Mensonges ! Mère m'a prévenue que des hommes mauvais viendraient ! "Les services secrets veulent tes cheveux, Raiponce", "Ils vont t'enfermer dans un laboratoire et faire des expériences sur ton cuir chevelu, Raiponce". Vous espionnez pour qui ? La CIA ? Elle m'a toujours dit de me méfier de la CIA…
Flynn : Soyons sérieux. Si j'étais de la CIA, je serais sûrement pas en train de me faire séquestrer par une gamine à peine sortie de la puberté. Et qui s'appelle Raiponce, en plus.
Raiponce : Ce pourrait être un plan machiavélique ! Et je ne vois pas pourquoi mon prénom te choque !
Flynn : Il ne me choque pas, il me fait mourir de rire. Mais qu'est-ce que c'est que ce délire de persécution ?
Raiponce : Tu viens de l'extérieur, et l'extérieur est rempli d'hommes qui veulent me mettre toute nue dans des tubes en verre remplis d'ammoniac ! C'est mère qui me l'a dit !
Flynn : Quoi ?! Figure-toi que jamais je ne te… euh… attends… t'as quel âge ?
Raiponce : J'aurai dix-huit ans demain.
Flynn : Oh ! Bon, alors il ne faut jamais dire jamais, mais sache que là, actuellement, ce n'est pas mon envie la plus pressante.
Raiponce : Et ton envie la plus pressante, c'est… ?
Flynn : Me tirer d'ici ?
Raiponce : Bon. Attends quelques secondes, je dois m'entretenir avec mon caméléon de compagnie.
Flynn : Ouais. Normal.
Là-dessus, Raiponce fit volte-face et se mit à murmurer à voix basse, certaine que personne d'autre que son fidèle compagnon ne pourrait l'entendre.
Raiponce : À ton avis, Pascal, qu'est-ce qu'il a derrière la tête ?
Le caméléon entreprit alors de mimer un déhanché sauvage en fouettant l'air avec l'une de ses pattes, puis la regarda longuement.
Raiponce : C'est ridicule, Pascal. Personne ne vient dans une tour pour se mettre à danser.
En guise de réponse, le petit animal plaqua une autre patte contre son visage.
Raiponce : Bon. J'ai pris ma décision. Monsieur Rider !
Flynn : C'est moi.
Raiponce : Est-ce que tu sais ce que c'est que ça ?
Tirant sur sa chevelure, elle fit pivoter la chaise pour placer son captif devant un mur où elle avait dessiné la scène qui la fascinait depuis sa plus tendre enfance : des lumières s'élevant de l'horizon pour s'éparpiller dans le ciel.
Flynn : Oh. C'est le festival annuel du royaume de Corona. Un truc par rapport à la princesse, ou je sais plus quoi.
Raiponce : Ah ? Ah ! Eh bien si tu sais ce que c'est, et vu que le prochain se tient ce soir, tu vas m'y accompagner !
Flynn : Ben non.
Raiponce : Comment ça, "ben non" ?
Flynn : C'est-à-dire que j'y suis pas spécialement le bienvenu.
Raiponce : C'est-à-dire que tu n'as pas vraiment le choix !
Flynn : L'alternative, c'est quoi ? Rester sur cette chaise jusqu'à ma mort ?
Raiponce : Tu pourrais aussi faire une chute mortelle depuis cette tour !
Flynn : Si on veut être rigoureux, ce n'est pas la chute elle-même qui est mortelle, mais l'atterrissage.
Le regard torve du petit Pascal, qui avait passé sa patte sous son cou pour lui signifier une menace de mort imminente, lui fit passer l'envie de blaguer.
Flynn : Très bien, très bien. De toute façon, j'ai justement un laquais et deux erreurs de la nature qui vont pouvoir t'escorter.
Raiponce : Ah bon ?
Flynn : Tout à fait ! Allons-les retrouver !
Le laquais et les deux erreurs n'avaient pas fait grand chose, depuis que nous les avons quittés. Tout au plus s'étaient-ils approchés de la tour en éliminant les quelques Sans-cœurs qui rôdaient dans les environs.
Sora : Qu'est-ce qu'on fait ? On entre ?
Donald : T'entres souvent chez les gens, comme ça ?
Sora : Ben seulement quand y a des coffres à piller à l'intérieur.
Dingo : Sora ! On ne t'a pas élevé comme ça !
Sora : Mais vous m'avez pas élevé du tout…
Donald : T'avais pas, genre, dix ans quand on s'est rencontrés ?
Sora : J'en avais quatorze !
Dingo : Regardez ! L'inconnu de toute à l'heure est en train de descendre de la tour !
Ce dernier s'efforçait en effet de descendre lentement de la fenêtre dans laquelle il s'était hissé, en coinçant entre les pierres des flèches que les Sans-cœurs lui avaient tiré dessus.
Sora : Oh le con, il a pas encore la technique pour marcher sur les murs.
Donald : Hé ! C'est quoi, ça ?
Le "ça" en question désignait une jeune fille en robe rose qui s'était servie de sa longue, très longue chevelure blonde autour d'une poulie pour descendre en douceur. Et qui s'arrêta à trente centimètres de l'herbe, prise d'un instant d'hésitation.
Sora : Euh… on peut t'aider ?
Plutôt que de lui répondre, Raiponce posa délicatement son pied nu sur l'herbe, fut saisie d'un frisson, et se mit à courir autour de la tour en hurlant de joie.
Flynn : Ne brusquez pas Raiponce, les petits gars. Quelque chose me dit que c'est sa première excursion hors de sa chambre.
Dingo : Encore une victime des MMORPG.
Donald : Et moi qui pensais avoir une vie de merde...
Raiponce : C'est le plus beau jour de ma vie !
Sora : Et cette espèce de corde gigantesque qui part de son crâne, je me trompe ou c'est… ?
Dingo : Ses cheveux, oui.
Donald : Elle doit avoir un peigne en adamantium, pour discipliner cette masse-là.
Flynn : Ha ha ! Tout à fait ! Oh, au fait, j'ai promis que vous l'escorteriez au royaume de Corona. On y va ?
Donald : PARDON ?
Flynn : J'ai dit…
Donald : Je sais très bien ce que t'as dit, misérable petit trou du cul. D'où est-ce que tu t'es permis de parler à notre place ?
Flynn : Disons que ça m'a paru être la chose la plus censée à faire pour pouvoir sauver ma propre peau.
Sora : Au moins, ça a le mérite d'être sincère.
Donald : À défaut d'être honnête, oui !
Raiponce : Bouhouhou… Je suis la pire fille du monde !
Dingo : Mais pourquoi est-ce qu'on doit l'escorter, au juste ? À part pour te sauver la vie, j'entends…
Flynn : Elle veut voir le festival annuel de Corona. Une sombre histoire de lumières qui s'élèvent dans le ciel, tous les ans à la même période. Je crois que c'est ce soir. Ou demain. Ou peut-être que c'était hier ? On est quel jour, braves gens ?
Sora : Si on veut nous-mêmes être tout à fait honnêtes...on avait pas grand chose de prévu ici, si ?
Donald : Ceeertes, mais…
Sora : Et toutes nos aventures sur la moindre planète se sont toujours résumées à marcher cinq minutes dans un trou paumé, à rencontrer quelqu'un qui nous demandait de sauver son monde et à défoncer un gros streum avant la fin de la journée.
Dingo : C'est vrai qu'on a une vie de merde, en fait…
Sora : Même dans mes rêves, j'ai dû répéter ce schéma-là. C'est dire.
Donald : Oui, mais j'aime pas quand on m'impose ces conneries sans mon accord !
Raiponce : ON S'AMUSE COMME DES FOUS !
Sora : Prenons les choses autrement. On est paumés dans une forêt, et on vient d'apprendre qu'il y avait une espèce de royaume. On y serait allés de toute façon, non ?
Donald : C'est une question de principe !
Dingo : Avec un peu de chance, tu en apprendras plus là-bas sur le Pouvoir de l'éveil, Sora.
Sora : Le quoi ? Ah oui ! Ce truc !
Donald : Oui, oui, ce "truc" pour lequel on a été envoyés en mission et dont t'as l'air de te palucher royalement.
Sora : Hé ! J'y peux rien si personne m'a expliqué comment faire !
Flynn : Je ne voudrais pas vous interrompre…
Raiponce : LAISSEZ-MOI MOURIR !
Flynn : Mais il semblerait que Miss Lunatique ait besoin de notre… enfin de votre escorte.
Sora : Euh… Ça va ?
Raiponce : AH ! Vous êtes qui ?
Sora : C'est maintenant que tu me remarques ?
Donald : Elle a pas seulement besoin d'un coiffeur. Il lui faut aussi un ophtalmo.
Raiponce : Oh ! Un chien et un canard qui parlent !
Donald : Non mais ça suffit, oui ?
Flynn : Bien, ravi de voir que je ne suis pas le seul que ça choque !
Raiponce : Dé… désolée… Toute ma vie s'est limitée aux murs de ma chambre et au ciel. Et à Pascal.
Dingo : Pascal ?
Un petit caméléon surgit de son décolleté pour se nicher sur son épaule, tendant ses petites pattes vers lui pour s'auto-désigner.
Raiponce : C'est un peu mon grand-frère.
Flynn: J'aurais plutôt dit que c'est son éminence grise. Ou verte. Ou rouge, pour ce que j'en sais. Je suis daltonien.
Dingo : Tu as été retenue toute ta vie dans cette tour ?
Raiponce : Oui, ma mère me disait que l'extérieur était dangereux pour moi.
Donald : Chez moi, ça porte un nom : séquestration.
Sora : Et… à propos de tes cheveux… ?
Raiponce : Oui ?
Sora : Y a une raison particulière à ce qu'ils fassent deux kilomètres de long ?
Raiponce : Ben je ne vais quand même pas les couper !
Sora : Non…?
Raiponce : Non ! Mère m'a dit qu'en se coupant les cheveux on risquait d'attraper le cancer !
Sora : Oh.
Dingo : Tu sais, ce n'est pas tout à fait vrai…
Donald : C'est plutôt une fois que t'as le cancer que tu perds tes cheveux.
Sora : …
Dingo : …
Flynn : …
Donald : Oh, euh… Regardez ! Un Emblème fétiche, par là.
Flynn : Et si on y allait ?
Sora : Super idée.
Dingo : En route !
Raiponce : Oui !
Et le groupe se mit en marche en commençant par sortir de la clairière secrète où s'élevait la tour. Pour la jeune femme, absolument tout était nouveau, des pâquerettes jusqu'aux bouses de vache.
Raiponce : Tiens ? C'est…
Flynn : Faut pas toucher !
Raiponce : Mais…
Flynn : Faut pas toucher !
Raiponce : Et ça ?
Flynn : Faut pas… mmh… on dirait une grosse boule de laine. Je suppose qu'il y a pas de mal à lui donner une pichenette ou deux.
Sitôt dit, sitôt fait, et la sphère blanche s'éleva pour révéler, en-dessous, un visage de Sans-cœur.
Flynn : Ah !
Raiponce : Aaaah !
Donald : Moralité…
Dingo : Faut pas toucher !
De toutes parts surgirent une ribambelle de Sans-cœurs similaires, en plus petits, et la clairière se retrouva bientôt envahie. Raiponce, elle, trouva refuge derrière Flynn Rider qui eut soudain une idée lumineuse.
Flynn : Dis-moi, jeune fille… Si t'as si peur, il est pas encore trop tard pour rebrousser chemin, tu sais.
Raiponce : Ce… c'est une plaisanterie ?! Je ne suis pas effrayée ! Et je suis prête à les affronter avec mes cheveux et ma poêle à frire !
Flynn : Allons, c'est ridicule. Tu m'imagines les affronter avec ma bite et mon couteau ? Laissons ça aux professionnels.
Raiponce : Ta… quoi ?
Flynn : C'est une expression. De toute façon, je manie très mal le couteau.
Dingo : Donald, est-ce que…
Donald : Non, toi tu t'en tiens à ton bouclier.
Dingo : Bon…
Sora : Yah ! Moi non plus, je connaissais pas cette expression. Ah ! Mais je serais pas contre un coup de main.
Sa demande fut ponctuée du "Boing" caractéristique d'une casserole, et Raiponce apparut à ses côtés.
Raiponce : Je suis prête à tout pour explorer le monde !
Sora : Ouah ! Merci beaucoup, Machine. Par contre, ça c'était le crâne de Donald.
Donald : NON MAIS ÇA VA PAS ?!
Raiponce : Par… pardon ! Je vous ai pris pour l'un de ces monstres !
Donald : ET C'EST CENSÉ ME DONNER ENVIE DE TE PARDONNER ?!
Sora : De toute façon, il reste quasiment plus que la grosse boule de coton !
Ladite boule de coton géante ramena alors à elle ses comparses, et ils lui sautèrent dessus pour former une espèce de tour à plusieurs étages.
Raiponce : Je vais le retenir !
Dit-elle en lui enroulant une liasse de cheveux autour du corps, le paralysant pour quelques secondes.
Donald : Bien ! Il est vulnérable !
Le sorcier à plume invoqua alors la foudre, et celle-ci s'abattit sur l'amoncellement de créatures qui s'apparentait à un vague paratonnerre.
Donald : Voilà qui est fait !
Sora : Euh... Donald ?
Donald : Quoi ?
Sora : Les cheveux, ça conduit l'électricité ?
Donald : Aucune idée, pourquoi ?
Sora : Parce que ça pourrait peut-être expliquer l'état de Raiponce.
Raiponce : Ga... ga... ga...
Dingo : C'est très bas, ça, comme vengeance Donald.
Donald : Je suppose que si je vous dis que je l'ai pas fait exprès, vous me croirez pas ?
Sora : J'ai réussi à la remettre sur pied avec une Potion, mais il s'en est fallu... d'un cheveu.
Un long silence s'ensuivit, au cours duquel Pascal, sorti tout hébété d'une poche de la robe de Raiponce, mima une corde et un tabouret. Puis Donald entraîna ses deux camarades à l'écart pendant que la jeune femme reprenait ses esprits.
Donald : Comme un cheveu sur la soupe.
Sora : Quoi ?
Donald : Tiré par les cheveux.
Dingo : Tu es sûr que tu n'as pas été aussi frappé par la foudre, poussin?
Donald : Si vous avez d'autres blagues capillaires qui vous viennent. Sortez les maintenant, ça nous évitera bien des tracas plus tard.
Sora : Au poil ?
Dingo : Un cheveu sur la langue.
Sora : Cheveu, mon neveu.
Dingo : Couper les cheveux en quatre.
Sora : Se faire des cheveux blancs !
Donald : Vous êtes terrifiants.
Flynn : Qu'est-ce que vous faites dans votre coin, vous trois ? Un brainstorm pour lancer un salon de coiffure ? J'en suis ! Changer d'Hair !
Raiponce : Je... je me sens bizarre... Que s'est-il passé ? Une attaque du KGB ?
Donald : Rien, rien. Allons-y.
Flynn: Atmosph'Hair ! Hair Fureur !
Donald : ALLONS-Y, VITE !
Et pendant que le groupe se remettait en route, un cri déchirant secouait la tour de Raiponce. Une tour vide et sombre, privée de son unique occupante. Et une dame aux cheveux bruns se lamentait de pièce en pièce, cherchant sa fille jusque dans les tiroirs de la commode. Puis un éclat attira son œil. Il provenait d'un sac, qui n'était pas là la veille et qui contenait une boîte d'étranges anneaux en plastique… ainsi qu'un message suggérant de rapporter ledit sac à un certain "Flynn Rider" s'il venait à être égaré.
? : Tu ch… tu cherches… quelque.. que… chose… ? quelque chose… ?
La voix était celle d'un homme, acérée, un brin menaçante, de celles qui vous glacent le dos lorsqu'elles vous surprennent alors que vous vous croyez seule dans la chambre dans la chambre de votre fille. Mais elle n'eut pas l'effet escompté.
Mère de Raiponce : Je vous demande pardon ?
Qu'à cela ne tienne. L'homme encapuchonné et vêtu d'une robe sombre fit quelques pas vers elle en sortant de l'obscurité, puis il dévoila son visage. Celui d'un jeune homme aux longs cheveux roses. Il fronça les sourcils et adopta une posture d'intimidation. Une fois encore, sans succès.
Mère de Raiponce : Oh ! Qu'il est beau ! Je le veux à moi !
Alors l'éphèbe adopta une autre stratégie. Il claqua des doigts, et les yeux de la femme entre deux âges – mais quand même plus proche de l'EHPAD que de la moyenne section – changèrent de couleur.
Pendant ce temps, au pays de l'innocence et des champs de fleur…
Raiponce : Oooh ! Regardez ! Des pissenlits !
Donald : Oui, oui. On a vu.
Raiponce : C'est si beau !
Dingo : Hum, sans doute.
Raiponce : Dommage que ce soit des micros cachés par la DGSI…
Sora : Quoi ?
Donald : SORA ! On avait dit qu'on arrêtait de questionner son lavage de cerveau !
Sora : Désolé, j'ai été pris par surprise…
Raiponce : Oh ! Si je souffle dessus, ça répand des petits machins blancs partout !
Dingo : On appelle ça des aigrettes.
Donald : Ça sert sans doute à répandre un virus bactériologique sur le monde, va savoir.
Raiponce : Oh !
Donald : Non mais c'était une blague…
Raiponce : Dans le doute, je n'y toucherai plus !
Sora : Du coup, est-ce que je me sers de ma magie pour générer une mini-tornade pour que tout le champ de pissenlits s'envole ? Parce que j'en ai très envie en fait.
Raiponce : Vous avez entendu votre ami. Moi, je ne veux pas avoir de génocide sur la conscience.
Donald : J'ai dit que c'était une BLAGUE.
Raiponce : Vous n'aurez qu'à dire ça devant la cour pénale internationale. Monstre !
Sora : Oh allez, j'y vais !
Et rafale de vent il y eut, même si Raiponce (et Sora, discrètement) s'écartèrent de la nuée d'aigrettes, juste au cas où. Mais à une fois de nouveau en marche, la jeune femme ne fut pas longue à se laisser à nouveau distraire.
Raiponce : Regardez ! C'est un étang ! Je n'ai jamais vu autant d'eau dans ma vie !
Sora : T'avais pas accès aux averses, depuis ta tour ?
Raiponce : Mère m'a toujours interdit de regarder la pluie ou d'y tendre ma main, elle disait c'était un déluge de lames coupantes lancées depuis le ciel. Et qu'elle était commanditée par le Mossad pour pouvoir me couper mes cheveux.
Flynn: Ta mère a vraiment l'air… très saine.
Raiponce : Vous croyez que le Mossad le saura si je me baigne un peu là-dedans ?
Donald : Ça dépend, on est censés savoir ce que c'est ?
Sora : Personnellement, j'ai pas envie de savoir.
Dingo : Continuons.
Mais à peine avaient-ils poursuivi leur chemin qu'un nouvel obstacle les arrêta.
Raiponce : DES LAPINS ! Ils sont trop mignons !
Donald : D'accord, mais…
Sora : Euh…
Dingo : Ahem…
Raiponce : Oui ?
Sora : Tu vas pas nous dire que ce sont des espions envoyés par un acronyme bizarroïde ?
Raiponce : Quoi ?! Mais ce sont des lapins ! C'est ridicule ! Vous êtes fous !
Donald : On demandait juste ça comme ça…
Dingo : Ils se sont enfuis, tiens.
Flynn : Par contre, on va vraiment s'arrêter à chaque spécimen de la faune ou de la flore ?
Raiponce : REGARDEZ ! UNE CHÂTAIGNE !
L'objet suivant sur leur route fut toutefois beaucoup plus difficile à identifier. Il ressemblait de loin à une espèce de cocon floral, une tige qui se terminait à hauteur humaine par une large sphère.
Flynn : Raiponce… ?
Raiponce : Oui, oui, faut pas toucher.
Sora : Restez là, je vais vérifier.
Dingo : Tu es sûr que c'est pas un piège ?
Donald : Chut, gâche pas tout.
Sora : Évidemment que c'est un piège. Mais regardez, il suffit que je me mette ici et que je tourne le dos au cocon en vous parlant d'un air désinvolte pour qu'il essaie de m'attaquer et… Olé !
Le jeune homme à l'instinct aiguisé ne s'était pas trompé : le cocon était en réalité une grande fleur qui avait éclos en laissant apparaître un buste humanoïde, armé d'une faux. Un buste blanc, qui n'était pas sans rappeler un ennemi précédemment affronté…
Dingo : Un Simili ! Ça, pour une surprise !
Donald : Ce qui me surprend, moi, c'est que Sora connaisse le sens du mot "désinvolte".
Sora : Ha ha ho ho hi hi. Hilarant. Y en a d'autres qui se ramènent ! Flynn ! Raiponce ! Mettez-vous en sécurité !
Flynn : O.K !
Raiponce : Non ! Je veux vous aider !
Flynn : Oui, tiens, c'est vrai ! On veut vous aider !
Sora : C'est déjà impossible de les battre avec des armes conventionnelles, alors avec une poêle et… quelle que soit l'arme que tu utilises, Flynn, ça sert à rien !
Flynn : D'accord ! Compris ! On s'en va ! Bises !
Raiponce : Mais… pour Donald et sa magie, je veux bien… mais Dingo se sert d'un simple bouclier, non ?
Dingo : Il est en scriptarium, un matériau rare et puissant.
Raiponce : C'est comme de l'orichalque ?
Donald : L'étau se resserre. Si vous partez pas maintenant, vous aurez plus d'autre occasion.
Flynn : Courage, fuyons !
Raiponce : Aaah ! Lâche-moi ! Je peux marcher toute seule !
Débarrassés des deux "civils", nos trois héros purent s'en donner à cœur joie. Ce fut un festival de magie et d'acrobaties, des pirouettes guerrières de Dingo jusqu'aux sauts périlleux de Sora. Et ce dernier profita même de l'espace que lui offrait la clairière pour tester une nouvelle technique.
Sora : Par la magie ancestrale de la vaisselle qui tourne !
L'instant d'après, l'Élu de la Keyblade recrachait son déjeuner, accroché aux bords des immenses tasses en porcelaine qui parcoururent l'endroit en tourbillonnant.
Donald : Bon. Heureusement qu'on avait fait la quasi-totalité du boulot.
Sora : Je… je me sens pas bien…
Dingo : Yaah ! Et voilà ! C'était le dernier !
Donald : Non, attendez… Je sens une présence.
Un jeune homme aux cheveux roses les observait près d'eux, un sourire aux lèvres.
Sora : T'es qui, toi ?
Donald : Ça ne me dit rien qui vaille…
? : Tu… tu ne te… ne te souviens… viens pas de moi, So…. So… So… Sora ?
Sora : Alors je veux pas être blessant, mais je crois que si je t'avais déjà vu, et entendu, je me serais souvenu de toi.
Donald : Il est inconnu au bataillon, en ce qui me concerne. Et toi, Dingo ?
Dingo : Beau…si beau…
Donald : On a perdu Dingo.
Sora : Salaud ! Quel sort est-ce que tu lui as lancé ?!
Donald : On a aussi perdu le cerveau de Sora.
Sora : Quoi ?
? : Je m'app.. m'appe… m'appelle Ma… Mar… Ma…
Sora : Martin ?
Donald : Mario ?
? : Marl… Mar… Marl…
Sora : Marly-Gomont ?
? : Marlu… yia… Marluyia.
Donald : Marluyia ?
Sora : Je préférais Martin.
Marluyia : Je suis ven… venu…. te… te… te… dire…
Sora : … Que je m'en vais ?
Donald : … Que je t'attends ?
Marluyia : FERMEZ-LA ! JE M'APPELLE MARLUYIA ET JE SUIS TRÈS MÉCHANT !
Sora : D'accord. Du coup, réponds-nous simplement par Oui ou par Non. T'es de l'Organisation XIII ? La nouvelle ?
Marluyia : Oui.
Donald : Tu veux capturer Raiponce ?
Marluyia : Non.
Sora : T'étais dans un boy's band avant de devenir un Simili ?
Marluyia : Jo… jo… joker.
Donald : Ne tergiversons pas. Il faut essayer de lui soutirer un max d'infos avant la tombée de la nuit.
Marluyia : Sa… sa… sachez… sachez que Raip… once… Raiponce est la… est la… est la lum… la lumière de ce monde et que… et que…
Sora : Tu veux pas nous l'écrire ?
Marluyia : … que vous dev… devez la… la pro… proté… protéger… protéger con… contre les…
Sora: Attends deux secondes, je dois avoir un bout de papier…
Marluyia : contre les… dan… dan… les dan…
Donald : Les Dents de la mer ?
Marluyia : les dan… les dangers qui… qui… qui rôdent.
Sora : J'ai dû mal comprendre, on aurait dit qu'il nous faisait un discours de gentil.
Donald : Donne-lui ton morceau de papier avec un stylo, juste pour être sûrs.
Marluyia : ÉCOUTEZ-MOI BIEN ! JE SUIS MARLUYIA DES ROSES MORTELLES ET SI VOUS CONTINUEZ À VOUS MOQUER DE MOI JE VAIS…
Sora : Ah !
Marluyia : Qu'est-ce que… que… c'est que… c'est que ça ?
Sora : Désolé, c'est les tasses. Ça m'a tout perturbé dans le dedans de mon corps.
Donald : C'est ça, de pas regarder où on marche.
Marluyia : Misé… mi… miséra…misérables ! Sa… sa… sa… sachez qu'on se… se re… reverra !
Mais ses trois interlocuteurs étaient déjà partis. Du moins, ses deux interlocuteurs étaient déjà partis, et le troisième sortait tout juste de sa transe.
Dingo : Hein ? Où est-ce qu'ils sont passés ?
Marluyia : Par… par… par… pa… par là.
Dingo : Merci ! Vous êtes absolument fabuleux !
Marluyia : C'est une… une.. ma… malé… malédi… diction. Si seu… seule… seulement j'étai… j'étais moche comme… Yig… Yigbar… On me… on me… prendrait… prendrait au sé… au sérieux.
Voyons que Dingo lui-même s'était échappé de son emprise, il décida de se téléporter ailleurs en pleurant discrètement. Sora et Donald, pendant ce temps, arrivaient à l'orée d'une forêt sinistre.
Sora : Bizarre. Aucune trace ni de Raiponce, ni de Flynn.
Donald : C'était pourtant pas compliqué de revenir nous voir après le combat.
Sora : Il leur est peut-être arrivé quelque chose.
Dingo : Les amis ! Attendez-moi !
Donald : Ah, voilà notre amoureux transi.
Dingo : J'ai eu une espèce d'absence.
Sora : Tiens ? On dirait qu'il y a quelqu'un, devant.
Une silhouette, effectivement, s'approchait d'eux. Il s'agissait de la fameuse quinqua déjà aperçue dans la tour de Raiponce. En pleine recherche d'enfant, elle avait été sur le point de passer son chemin lorsque les deux héros avaient prononcé le nom de Raiponce, attirant son attention.
? : Excusez-moi !
Sora : Oui ?
? : Je vous ai entendus prononcer le nom de ma fille.
Dingo : Oh ! C'est donc vous, la mère de Raiponce...
? : Je me prénomme Gothel.
Donald : Votre fille parle… euh… beaucoup de vous.
Gothel : Sans doute, mais je me dois de la retrouver avant la tombée de la nuit. C'est l'heure à laquelle ils révèlent leur vrai visage.
Sora : Qui ?
Donald : Sora…
Gothel : Les lapins, bien sûr. Des êtres abominables, vraiment. Fruits des expériences de quelque savant fou du MI5. Ils les ont lâchés dans cette forêt en espérant coincer ma Raiponce. Les LÂCHES !
Sora : C'est vrai qu'on a croisé quelques lapins toute à l'heure, mais…
Gothel : Et vous ? Pour qui travaillez-vous ?
Dingo : Il y a méprise, madame.
Gothel : VOUS VOULEZ SES CHEVEUX, C'EST ÇA ?!
Sora : Non merci, ça doit être une horreur à coiffer. Et puis ça m'irait très mal.
Donald : Je crois qu'elle parle plutôt d'un scalp.
Dingo : À ce stade, ce n'est plus un scalp. C'est un arme de guerre.
Gothel : ILS SONT À MOI, VOUS M'ENTENDEZ ?!
Sora : Techniquement, ils sont à elle.
Donald : Je crois qu'on a mis le doigt sur le principal problème.
Gothel : À MOIIIIIIII ! HA HA HA HA HA HA !
Dingo : D'accord.
Sora : Mais sinon, pour répondre à votre question, on n'a pas vu Raiponce et on sait pas où elle est.
Gothel : Cela ne fait rien. Merci pour votre aide. Belle journée à vous !
Dingo : Euh… au revoir…
Sora : Ça y est, elle est partie en sautillant.
Donald : N'empêche, j'avais raison.
Sora : Pourquoi ?
Donald : Il va vraiment falloir protéger Raiponce des dents longues de sa mère.
Dingo : N'empêche, j'ai l'impression que depuis qu'on n'est plus avec Raiponce, cette forêt veut notre mort.
Cette remarque partait d'un constat simple : la belle forêt ensoleillé, ses étangs d'eau pure et ses fleurs colorées avait laissé place à un bois sombre et puant, des mares boueuses et des souches mortes aux silhouettes terribles.
Donald : Qu'est-ce qu'il fait, Sora ? Sora ?
Le Sora en question avait les yeux rivés sur son Gummiphone, et ne les leva qu'au quatrième ou cinquième appel.
Sora : Hein ? Quoi ?
Dingo : Qu'est-ce que tu fais avec ce bidule ? Il faut qu'on se sorte de cet endroit labyrinthique !
Sora : Désolé, c'est Kairi, elle m'avait envoyé des photos.
Donald : Vous vous enverrez des nudes plus tard, on a autre chose à faire.
Dingo : Donald ! Tu penses à ce que je pense ?
Donald : Ben là, du coup, forcément, je pense à des nudes de Kairi, mais...
Sora : Hé !
Dingo : Dieu merci, non ! Je me disais qu'on pouvait peut-être se servir de la fonction GPS du Gummiphone pour sortir d'ici !
Donald : Bonne idée, ça. Sora ? File-nous l'appareil. Tu lui enverras tes dick pics plus tard.
Sora : Mais t'es chiant, à la fin ! On s'envoie juste des photos de nous en train de faire des grimaces !
Donald : Quoi ? Non mais vous avez quel âge, quinze ans ?
Sora : OUI !
Donald : Ah oui, merde. C'est vrai, ça..
Sora : Lea et elle ont sorti une nouvelle vidéo dans laquelle ils sont un peu trop complices à mon goût, si tu veux mon avis. C'est mon honneur de petit copain qui est en jeu, là.
Dingo : Pour être tout à fait franc, il vaut mieux pour ton honneur que tu évites de mettre ton nez dans une tapette à souris devant la galaxie toute entière.
Sora : Oh ! Toi aussi, tu regardes sa chaîne ?
Dingo : J'avais bien aimé leur vidéo de karaoké sur des chansons d'Hikaru Utada.
Donald : Je vois que ça se passe fantastiquement bien, leur formation de maîtres de la Keyblade.
Sora : Bref, le GPS hein ? Je viens de l'activer. On cherche à aller où ?
Dingo : Au château de Corona.
Sora : Ben apparemment c'est tout droit.
Donald : Mmh... C'est vrai que la route a l'air de s'éclairer par là-bas. Ça doit sans doute être la sortie de ce sous-bois.
Sora : Très utile, ton GPS. Si vous voulez bien, je m'en retourne à Gummistagram.
Dingo : Ah non ! Décolle un peu ton nez de cet écran et hume moi cet air frais !
Sora : Ben ça sent un peu le crottin de cheval.
Dingo : Oh ? Mais... mais c'est vrai !
Donald : Ça vient de ce côté.
Non contents de suivre – sans trop savoir pourquoi d'ailleurs – la piste chevaline, nos héros s'aperçurent bientôt que la voix de Raiponce émanait également de la sortie de la forêt. Ils finirent par les trouver tous les quatre : Flynn Rider adossé, terrifié, à un arbre, le cheval qui le toisait d'un air menaçant, Raiponce qui tentait de calmer le jeu et Pascal qui adressait à chacun un regard digne des plus grands parrains de la mafia.
Sora : Est-ce que quelqu'un va nous dire ce qui se passe ? On vous lâche dix minutes et c'est un bordel sans nom !
Flynn : C'est le canasson de la garde royale ! Il veut ma peau !
Le cheval hennit en retour d'un air intimidant. La bête était visiblement intelligente, et entraînée comme un fier destrier de la maréchaussée. On aurait dit que si elle avait pu avoir des tonfas à la place des sabots et souffler du gaz lacryomogène par les naseaux, elle ne s'en serait pas privé. Sur son insigne, en-dessous du cou, était indiqué son nom : Maximus.
Raiponce : Calmons-nous... Maximus, c'est ça ? Pourquoi ne pas faire la paix, entre toi et Flynn ? Je sais qu'il est recherché, je ne sais pas trop pour quelle raison, mais c'est mon seul allié dans ce monde de dangerss et d'espionnage.
Donald : Sympa pour les larbins...
Raiponce : En plus c'est mon anniversaire.
La créature n'eut pas l'air convaincue pour autant. C'est à ce moment que Pascal prit le relais, confortablement installé sur le crâne de sa blonde de compagnie. Il fit d'abord un geste de la patte avant, que l'on pourrait qualifier d'obscène et qui s'apparenterait à une invitation au coït non-protégé.
Ce à quoi le cheval répondit par une combinaison complexe de petits hénissements et de reniflements pour lui signifier ce qu'il pensait de son comportement en société et de ce qu'il pourrait éventuellement lui faire si le petit reptile se retrouvait malencontreusement entre son sabot et le sol.
Pascal rétorqua en développant son propos par des gesticulations minutieuses, que si l'équidé n'était pas satisfait de la proposition qui lui avait été faite, on pourrait trouver au petit matin des petits morceaux de lui éparpillés aux quatre vent et sa tête à lui dans le lit sanguinolent de son propre maître.
Le long hennissement qui s'ensuivit pouvait peu ou prou se traduire par le souhait, vif et insistant, de voir son interlocuteur ainsi que toute sa famille, cousins compris, se faire passer dessus par un troupeau de ses congénères s'il lui venait l'idée saugrenue de violer les règles de leur accord.
Là-dessus, ils hochèrent la tête à l'unisson et Maximus prit sur lui de laisser Flynn en paix.
Raiponce : La communication entre animaux, je trouve ça beau.
Donald : Je serais très curieux de savoir ce qui vient de se dire...
Dingo : Nous n'avons plus de raison de traîner ici, alors ! Venez ! Et Sora, lâche ce Gummiphone !
Sora : Mais cette fois-ci elle m'a vraiment envoyé des nudes !
