Chapitre 7 - Questions sans Raiponce
Le groupe était à nouveau réuni et la randonnée put reprendre… sans que l'on sut vraiment, au rythme où allaient les choses, s'ils s'approchaient du château ou s'en éloignaient. Le paysage autour d'eux changea peu à peu et de grandes falaises entre ocre et brun les encerclèrent bientôt, sans toutefois faire disparaître les arbres et la forêt.
Dingo : Tiens au fait, Raiponce ! On a croisé ta maman.
Raiponce : Quoi ?! Elle est à ma recherche, c'est ça ?
Donald : Elle avait l'air inquiète. Et inquiétante.
Raiponce : Je savais que c'était une mauvaise idée de quitter ma tour...
Flynn : Ah oui ? Parce que c'était pourtant pas faute d'avoir insisté là-dessus...
Sora : D'ailleurs, c'était assez drôle de voir à quel point vous êtes différentes, pour une mère et sa fille.
Raiponce : Comment ça ?
Sora : Ben elle est brune, et toi t'es blonde, et même vos yeux sont…
Raiponce : Pourquoi tu dis ça ? On est censées se ressembler ?
Donald : Ôte-moi d'un doute, Raiponce... Tu sais comment on fait les bébés ?
Raiponce : Mère m'a parlé d'une histoire d'insémination artificielle avec des manipulations génétiques de choux et de roses dans des serres du gouvernement.
Dingo : Oh...
Sora : Ouais... donc...
Donald : Disons que pour filer la métaphore florale, y a bien une histoire de petite graine.
Sora : Ouais, et quand un papa et une maman s'aiment très fort...
Dingo : Parce qu'il faut savoir que cette garce de nature est très hétérocentrée.
Flynn : Le papa pousse la petite graine bien au fond avec sa...
Donald : Puis la petite graine éclot et ça fait un bébé.
Sora : Qui grandit pendant plusieurs mois, je sais plus combien.
Flynn : Et donne à son cocon une sacrée envie de fraises.
Donald : Neuf mois plus tard, un bel enfant naît et le cocon touche ses allocs.
Raiponce : Je crois que j'ai plus ou moins compris, mais à quel moment ça tourne mal pour que Dingo et toi, vous soyez... comme ça ?
Dingo : ...
Donald : ...
Sora : Tiens mais c'est une vraie question que je me pose, en fait !
Donald : MAIS ALLEZ VOUS FAIRE FOUTRE !
Dingo : Vexant... si vexant...
Flynn : Si vous cherchez un moyen de changer de sujet, il y a un petit précipice entre notre falaise et le chemin du château, qui va être coton à traverser.
Sora : Ha ha ce serait marrant si on se servait des cheveux de Raiponce comme d'une corde pour passer de l'autre côté en l'accrochant à l'arbre au-dessus !
Donald : ...
Dingo : ...
Raiponce : ...
Flynn : ...
Sora : Je sais pas qui je déteste le plus, vous ou bien moi.
Raiponce : Essayons !
Et la longue chevelure d'or de Raiponce était, en effet, suffisamment longue pour servir de lasso, de corde ou même de câble de traction. Et pour honorer son excellente idée, Sora fut le premier à passer.
Sora : Aaaaah !
Dingo : Ça a l'air de s'être bien passé.
Donald : Une partie de moi espérait l'inverse.
Cela se passa tout aussi bien pour les autres, et Maximus le cheval n'eut qu'à bondir pour franchir le précipice. Mais à peine eurent-ils poursuivi leur route qu'un nouvel obstacle les attendait.
Sora : Cette tour a l'air très bizarre.
Donald : Disons que si un Sans-cœur voulait se déguiser en tour, il ne s'y prendrait pas autrement.
Raiponce : Qu'est-ce que c'est, exactement, ces «Sans-œurs» qu'on affronte ?
Dingo : Pour faire simple, les services secrets des ténèbres.
Et là-dessus s'engagea le combat avec l'espèce de tour médiévale de cinq mètres de haut qui les toisait. À son sommet se trouvaient quelques petits archers sombres, qui furent rapidement balayés de là.
Dingo : À l'ass... Aïe ! Raiponce ! Ne laisse pas traîner tes cheveux ! Je me suis pris les pieds dedans !
Raiponce : Désolée !
Flynn : Dur dur de taper de la brique, dites.
Donald : Tiens ? Tu combats à nos côtés, toi ?
Flynn : Je fais très bien semblant.
Sora : Heureusement que ma nouvelle Keyblade se transforme en marteau quand j'ai tapé suffisamment de fois ! Yaaaah !
Dingo : Un jour Sora, il faudra que tu nous expliques comment ça marche.
Mais sitôt l'ennemi de briques effondré, celui-ci dévoila son véritable visage : chaque partie de la tour était un grand bloc formant un long chariot tiré par un Sans-cœur chevalin. Non mais dit comme ça, ça ne fait pas beaucoup de sens, mais c'est parce que vous ne l'avez pas devant vous.
Donald : Ce truc ne fait aucun sens.
Ce fut alors au tour de Maximus de faire son entrée, toisant d'un air supérieur la pâle copie de son espèce. Le pur sang hennit et de quelques coups de sabot bien placés, DÉFONÇA LA MARGOULETTE du Sans-cœur, n'en laissant plus que du pulpe noirâtre et quelques bouts de brique sur l'herbe de la clairière.
Raiponce : Imp... impressionnant...
Donald : Bon courage avec ça, hein, Flynn.
Flynn: Gloups.
Dingo : Quel animal majestueux ! Et diablement mortel.
Sora : C'est lui en fait, le boss secret de la fin de notre aventure, non ?
Même Pascal le caméléon y alla de son petit commentaire, mimant par sa gestuelle reptilienne sa stupeur face à la volonté de l'équidé de chercher à compenser la taille de son pénis par un massacre en bonne et due forme.
Ce à quoi Maximus répliqua en montrant du sabot la taille dudit p...
Donald : Oui mais non, ça suffit. Je sais pas ce que vous dites en langage des signes zoologique, mais ça a l'air de devenir franchement dégueulasse. On continue.
Par chance, le château n'était plus très loin. Il n'y avait plus entre eux et leur destination qu'une longue pente bordée de falaises et couverte de fleurs. En somme, une espèce de tobogan qui sent bon.
Sora : Trop cool ! Le dernier en bas est un plot ! Yaah !
Flynn : Un quoi ?
Donald : Cherche pas.
Raiponce : Je sais pas ce que c'est mais je ne veux pas en être un ! En avant !
Dingo : Allons-y ! Ooh ! Ça glisse !
Et ce qui devait arriver arriva.
Sora : Ooh ! Raiponce m'a dépassé ! Aaaah ! Aaah ! Noon ! Je me suis pris le pied dans ses cheveux !
Donald : T'approches pas espèce de... Noon !
Dingo : Libérez-moi !
Flynn : ON VA TOUS MOURIR !
Autant Raiponce parvint à peu près entière en bas de la rampe florale et aux portes du royaume de Corona – tout en étant quasi certaine de ne pas être un plot de chantier – autant ses compagnons dévalèrent les derniers mètres emmêlés et prisonniers tous ensemble d'une grande pelote de cheveux blonds. Dans l'ensemble, si l'on exceptait leur dignité brisée, ils étaient plus ou moins indemnes.
Sora : Euh... Flynn ?
Flynn : Mmh ?
Sora : C'est ta bite ou ton couteau que je sens contre mon oreille ?
Flynn : Tu m'as déjà vu me battre ?
Sora : Oh...
Sur ces mots, le royaume de Corona leur ouvrit les portes. Ou plutôt, le royaume de Corona dépêcha une colonne de gardes pour occire la créature qui les attaquait en traînant derrière elle un agglomérat d'êtres humains fondus dans une masse chevelue. Puis le royaume de Corona fit la connaissance de Raiponce, l'aida à démêler les fils capillaire et acheva de dissiper le malentendu en envoyant tout le monde au trou pour quelques heures, histoire de leur passer l'envie de mobiliser à nouveau tout un corps de garde pour leurs problèmes personnels.
Le lendemain, donc, le royaume de Corona leur ouvrit les portes de leur geôle et nos amis purent humer l'air de la capitale.
Flynn : Prévenez-moi si vous voyez des gens louches dans le coin.
Raiponce : Il y a tellement de monde ! Restez là, je reviens !
Sora : Je l'aurais crue plus farouche, après avoir passé 18 ans dans une tour…
Donald : Faut croire que niveau interactions sociales, elle a des trucs à rattraper.
Dingo : Au niveau de l'étiquette aussi, je crois. Regardez ce qu'elle fait.
À peine l'avaient-ils lâchée des yeux que Raiponce s'était précipitée au centre de la place et s'était mise à danser la gigue, entraînant avec elle d'autres citadins qui étaient fort gênés mais ne voulaient pas trop vexer cette jeune fille un peu bizarre.
Raiponce : Allez ! Venez, les amis !
Alors tous durent plus ou moins s'y mettre en la rejoignant. Donald tapa vaguement du pied pour s'économiser la honte de sa vie, Dingo se lâcha sur le dancefloor en y apportant un petit air d'années 80, Sora s'essaya au break-dance – le mot-clé est "s'essaya" – et même Flynn Rider se joignit timidement au mouvement en bougeant les bras tout en rasant les murs. Des mouvements qui étonnèrent la populace locale et lancèrent une nouvelle mode.
Le groupe, à vrai dire, se couvrit d'un ridicule tel que bientôt des dizaines de danseurs amateurs les imitèrent en se disant que de toute façon, ils ne pourraient probablement pas faire pire qu'eux. Mais Raiponce s'arrêta soudain, le regard attiré par une fresque qui décorait le mur.
Raiponce : Tiens ? Mais cette petite fille…
L'œuvre en question représentait un homme et une femme d'âge mur, qui tenaient dans leurs bras un petit bout de chou aux yeux verts et aux cheveux blonds, portrait craché d'une Raiponce de deux ans. En-dessous se trouvait l'inscription "POVR LA PRAINÇAISSE DISPARV". La stèle qui la jouxtait était couverte de fleurs.
Raiponce : Oh ! Ça alors ! J'ai plutôt un look de princesse, finalement !
Ce fut à cet instant que la garde débarqua, passablement énervée de s'être à nouveau déplacée dans la chaleur de l'après-midi. Après avoir dispersé tout ce beau monde et interpellé les quatre olibrius pour "incitation à la débauche la plus totale" et "démonstration de mauvais goût envers un agent dépositaire de l'autorité publique", nos amis terminèrent à nouveau au trou pour quelques heures. De quoi leur permettre de patienter jusqu'au coucher de soleil, synonyme du clou des festivités.
Sora : À vous aussi, ils ont donné une carte de fidélité ?
Dingo : Apparemment, à la troisième arrestation, on gagne le droit de participer directement à cette espèce de fête des lumières.
Donald : Pays de barbares.
Sora : Ils sont où, Raiponce et Flynn ?
Donald : Ils ont pris une barque pour admirer le spectacle depuis la mer.
Sora : Les lâcheurs !
Dingo : Allez, on a trouvé une bonne place, sur ce port, pour voir s'envoler les lumières !
Ce n'était pourtant rien, comparé à la place de choix qu'occupaient Flynn et Raiponce, assis sur une barque à quelques brasses de la ville, entre une mer calme et un ciel étoilé.
Raiponce : Excellente initiative de nous avoir fait venir ici, Flynn. Nous sommes à l'abri des oreilles indiscrètes du gouvernement.
Flynn : Je savais que ça te plairait. Accessoirement, c'est la meilleure vue qu'on puisse avoir sur le Royaume… et la seule où on ne risque pas de me reconnaître. Ni de me voir, d'ailleurs.
Raiponce : Ça me turlupine, depuis toute à l'heure… Tu es vraiment recherché, dans cette ville ? Parce que les gardes nous ont arrêté par deux fois sans que tu t'inquiètes plus que ça, mais on dirait que tu crains d'être vu à Corona.
Flynn : Pour faire simple, j'ai… fréquenté plusieurs dames de la haute, dans ce royaume. Et leurs compagnons n'ont guère apprécié.
Raiponce : Fréquenté ?
Flynn : Demande à Pascal.
Raiponce : Pascal ?
Juché sur son épaule, le petit animal se mit sur deux pattes mima un déhanché sensuel en fouettant l'air devant lui à mi-hauteur, avec une de ses pattes avant.
Raiponce : C'est encore à propos de danse ?
Flynn : Tout à fait. Ah ! Le spectacle commence !
Une flamme s'éleva soudain au cœur du royaume de Corona, puis une traînée d'or se répandit dans le ciel : par centaines, des petites lueurs tremblotantes qui s'élevaient vers les étoiles, comme jalouses de leur altitude. Et la mémoire de Flynn Rider lui revint soudain.
Flynn : Mais oui ! Je me souviens de ce que sont ces lumières !
Raiponce : Des petites lanternes qu'on allume et qu'on fait s'envoler en hommage à quelqu'un qui a disparu ?
Flynn : Du tout ! Ce sont des criminels qu'on enferme dans des geôles gonflées d'un gaz rare qui prend de l'altitude en brûlant.
Au loin leur parvinrent quelques échos.
Lanterne A : PUISQUE J'VOUS DIS QUE C'ÉTAIT PAS MOI L'ASSASSSIIIIIIIIN !
Lanterne B : TOUT CE QUE JE VOULAIS C'ÉTAIT NOURRIR MA FAMIIIIIIIILLE !
Lanterne C : JE VOIS MA MAISON D'ICI !
Raiponce : Oh. Je me disais aussi qu'elles étaient grandes, ces lanternes…
Flynn : Ils ont instauré ça comme peine capitale après l'enlèvement de la princesse quand elle avait un ou deux ans. C'était censé dissuader les criminels.
Lanterne A : AAAARGH !
Lanterne B : DITES À MES ENFANTS QUE JE LES AIMAAAARGH !
Lanterne C : JE SUIS UNE ÉTOILE FILAAAANTE !
Flynn : Oh, la belle rouge !
Raiponce : J'ai plus envie de regarder. Tu peux ramer vers le rivage, là-bas, et nous faire accoster ?
Flynn : Sitôt dit, sitôt fait.
Sitôt effectivement fait, et à peine eurent-ils posé pied à terre que Flynn se souvint d'un détail.
Flynn : Raah ! J'en ai plus sur moi ! Euh… Raiponce ? Je peux te demander d'attendre quelques petites minutes ? J'ai caché quelques protections dans un coin de cette plage – comme à peu près partout à Corona – et je dois aller le récupérer vite fait.
Raiponce : Des protections ? Pour quoi ? Y a des fantômes ?
Flynn : Eh bien… euh… Attends… Juste pour rappel, t'as bien dix-huit ans, maintenant ?
Raiponce : Je… crois ? Ce n'est pas comme si je me souvenais précisément de l'heure de ma naissance…
Flynn : Oh ! D'accooord… Bon, bouge pas hein, je reviens tout de suite.
Alors la jeune femme attendit, attendit, et s'inquiéta bientôt de ne pas voir revenir son compagnon pour la nuit. Soudain, elle vit la silhouette d'un petit navire à voile quitter l'île en direction de la capitale. À son bord, elle reconnut le dos de Flynn Rider. Ce qu'elle ignorait, tandis qu'elle s'attristait d'être ainsi abandonnée, c'était que l'éphèbe était inconscient et avait les poignets liés à la barre du bateau.
Pendant ce temps, sur les quais de Corona…
Sora : Finalement, je crois qu'on va jeter notre carte de fidélité.
Dingo : Quelle barbarie !
Donald : Je savais bien que ça sentait mauvais, cette affaire. Et je parle même pas de la chair brûlée.
Une flopée de Similis floraux apparut soudain derrière eux.
Dingo : Il ne manquait plus qu'eux, décidément !
Donald : Ça tombe bien, j'avais envie de me dégourdir les jambes.
Sora : Yaah ! On va vous faner la gueule !
Mais revenons à Raiponce, qui fut bientôt accostée par un étrange individu en robe noir… et au bagout tout aussi étrange.
Marluyia : Fly… Fly… Flynn Ryder t'a… t'a ab… ab… abando.. do… abandon… donné.
Raiponce : Pardon ? Je n'écoutais pas.
Marluyia : Tu vas… tu vas… ve… ven… venir avec… avec moi… jeu… jeune… fille.
Raiponce : Oh non ! Vous devez faire partie d'une organisation ultra secrète !
Marluyia : Bi… bien de… bien de… devi… deviné…
D'un claquement de doigt, il fit apparaître d'autres de ses sous-fifres à faux, qui encerclèrent Raiponce tout en lui laissant un petit peu de marge pour s'enfuir dans une direction précise. Mais cette dernière se recroquevilla.
Marluxia : Hum…
Raiponce : Pitié…
Marluyia : Mmh…
Raiponce : Prenez mes cheveux et laissez-moi tranquille !
Marluyia : Tu… tu… tu…
Raiponce : Non ! Ne me tuez pas !
Marluyia : Tu ne… tu ne veux… ne veux pas fuir ?
Raiponce: Hein ? Fuir ?
Elle s'aperçut enfin qu'elle avait un boulevard à sa gauche et prit ses jambes à son cou. Sa liasse de cheveux s'emmêla toutefois autour d'un Simili, et pour lui donner un petit coup de pouce discret, Marluxia exécuta son propre sujet.
Raiponce : Ah… ah… J'ai couru trente mètres, ça devrait suffire pour les semer…
Et tout en ignorant que ces trente mètres étaient balisés par sa chevelure pour permettre de la retrouver, elle s'offrit un moment pour reprendre son souffle. Au loin, elle entendit les hommes de main de cet étrange personnage disparaître, les uns après les autres. Puis sa mère apparut, une lanterne à la main.
Raiponce : Oh !
Gothel : Ah !
Raiponce : Mère !
Gothel : Cheveux !
Elles fondirent dans les bras l'une de l'autre, avec un petit peu plus d'émotion du côté de la jeune fille. Gothel, elle, se contenta de lui caresser le cuir chevelu d'un air distrait.
Gothel : Allons, mon enfant. Tu as vu comme le monde extérieur est dangereux ? La tour ne suffira pas à résister à l'apocalypse bactériologique qui s'en vient. Donne-moi quelques mois et je nous construirai un bunker digne de ce nom.
Raiponce : Je… je ne sais pas trop, Mère… Le monde extérieur était plutôt chouette si on oublie les gens avec des cheveux roses et des manteaux de détraqués sexuels…
Gothel : Il est parti, ma douce pelote de cheveux. Moi vivante, il ne te mettra dans aucune cuve d'ammoniac.
Là-dessus, elles disparurent dans la brume nocturne pour regagner leurs hautes pénates. C'est à peu près à cet instant que Sora, Donald et Dingo arrivèrent sur cette même plage. À la place, ils trouvèrent Marluxia.
Dingo : Oh !
Donald : Reste avec nous, Dingo. Et toi, sois clair et concis ! Où est Raiponce ?!
Marluxia : À l'ab… à l'ab… abri… dans sa… dans sa tour.
Sora : Quel tour tu lui as joué ?! Sans mauvais jeu de mot, hein.
Marluyia : Mais au… auc… aucun ! Sach… sachez que Rai… Rai… Raiponce est la lum… lum… ière… de… de ce… de ce monde et qu'elle… qu'elle doit res… rester pur… pure pour le… res…. rester. Alors je… je les ai… les ai sépa… séparés avec son… son gross… grossier compagnon et… elle… elle a ret… trouvé sa mè… sa mèr… sa mère aimante qui… qui… qui nous la gar… gardera… bien… bien au… bien au chaud en pro… en profit… profitant du pouv… pouvoir de g… gué… guéri… guérison de ses che… cheveux pour… pour le jour où… nous voudrons récu… récupérer… les sept… les sept nouv… nouve… nouvelles Prin… Princesses de… de… de cœur si.. jamais… jamais vous échouez… à rass… rass… rassemb… rassembler… à rassembler vos sept… sept lum… sept lumières.
Sora : …
Donald : …
Dingo : …
Sora : Quoi ?
Donald : J'ai rien compris.
Dingo : Il est trop beau !
Marluyia : VOUS ME CASSEZ LES PUTAIN DE PIEDS, À LA FIN !
Et là-dessus, sans autre forme de cérémonie, il envoya une bouffée d'une espèce de poussière vers Sora, qui s'évanouit.
Pendant ce temps, et pendant que l'Élu de la Keyblade faisait un petit somme, une révélation frappait soudain Raiponce fraîchement revenue dans sa tour. Elle ouvrit la porte de sa chambre et héla sa mère qui montait les escaliers.
Raiponce : Mère… Il y avait une petite fille qui me ressemblait comme deux gouttes d'eau entre les bras du roi et de la reine de Corona sur une de leurs fresques, et j'ai le symbole solaire du royaume partout dans ma chambre. Est-ce que… par hasard… tu fais partie de ces gens fanatiques de la royauté ?
Gothel : Alors il a fallu que tu fouines de ce côté-là, hein…
Raiponce : Comment ? Mais je…
Gothel : Oui, bien sûr ! Tu es la princesse de Corona et je t'ai enlevée pour pouvoir profiter à tout jamais de ton cuir chevelu béni, si béni !
Raiponce : Ah… Je croyais seulement que tu avais demandé au couple royal de poser avec moi dans leurs bras parce que tu étais archi-fan et que tu avais décoré ma chambre en leur hommage. Mais maintenant que tu le dis, c'est vrai que ça a plus de sens comme ça.
Gothel : ET MAINTENANT TU ES À MOI ! HA HA HA !
Raiponce : Mais alors… tout ça, c'était des craques, comme on dit par chez Flynn ?! Le Mossad n'a jamais existé ?!
Gothel : SI ! ET J'AI LUTTÉ SANS MERCI CONTRE LES VOIX DANS MA TÊTE POUR QU'ILS NE TE REPRENNENT PAS !
Raiponce : Ça explique pas mal de choses…
Ça n'expliquait toutefois pas pourquoi la quinquagénaire, soudain très méchante, s'entourait d'une aura sombre…
Mais revenons à Donald et Dingo, qui tâchaient en vain de réveiller Sora alors que le soleil se levait au-dessus d'eux.
Dingo : Debout ! Debout, Sora !
Donald : C'est le pouvoir de s'éveiller lui-même, qu'il lui faudrait à ce pignouf.
Ils furent interrompus par l'arrivée tonitruante d'un cheval et de son cavalier : Flynn Rider venait de quitter Corona à toute berzingue sur le dos de Maximus.
Flynn : Oh, vous ici ? Pourquoi il dort, lui ?
Donald : Aucune idée. Il doit être retourné faire des attouchements sur des dinosaures oniriques.
Flynn : Quoi ?
Dingo : Tu as une idée pour le réveiller ?
Flynn : Pas trop. Et toi, Maximus ?
En guise de réponse, le cheval attrapa les vêtements de Sora d'un coup de dents, souleva le jeune homme en un clin d'œil et le balança dans l'eau. Quelques secondes plus tard, le garçon surgit en hurlant, sous les hennissements rieurs du cheval.
Sora : ON NOUS ATTAQUE !
Donald : Je l'aime bien, moi, ce canasson.
Dingo : Qu'est-ce qu'il s'est passé, Flynn ? On croyait que tu étais avec Raiponce, hier soir ?
Flynn : Ben j'étais parti chercher de quoi prévenir cette maladie sexuellement transmissible qu'on appelle "la vie" quand on m'a assommé par derrière. À mon réveil, j'étais sur un quai de Corona, entouré d'une demi-douzaine d'aristos cornus qu'on avait semble-t-il prévenu de mon arrivée.
Sora : Cornus ?
Dingo : Donald t'expliquera.
Sora : Donald ?
Donald : Tu vois Kairi ? Tu vois Lea qui traîne avec elle dans sa forêt enchantée ?
Flynn : Eh ben mon pauvre vieux…
Sora : J'ai pas trop compris mais je crois que je suis censé mal le prendre.
Dingo : Et depuis quand vous vous êtes réconciliés, avec le cheval ? Et d'ailleurs, pourquoi est-ce qu'il en avait après toi ?
Flynn : Disons que son maître, capitaine de la garde de son état, faisait partie des cornus. Et quand le brave Maximus est passé dans le coin pour lui faire son rapport, il lui a menacé de le castrer.
Dingo : Ouch.
Flynn : Le fieffé gredin a sa petite susceptibilité, du coup il s'est fait la malle, m'a retrouvé et c'est maintenant moi qu'il menace de castrer si je ne pars pas à la rescousse de ma blonde.
Sora : Je comprends un peu mieux. Qu'est-ce qu'on attend, alors ?
Flynn : Montez à bord, mes braves. Je suis sûr que Maxou a de quoi nous porter tous les quatre, s'il s'active un peu.
Donald : Sans façon. Pars devant, on a plus rapide.
Sora : Ah ?
Et ils n'eurent en effet qu'à faire quelques pas pour tomber sur un point de sauvegarde et se téléporter au fin fond de la forêt, au pied de la tour de Raiponce. La seule raison pour laquelle ils arrivèrent quelques instants après Flynn Rider, ce fut parce qu'ils décidèrent de faire un détour par le Gummi pour s'y faire une tasse de café, que Sora fit tomber la sienne et que Donald le força à tout nettoyer.
Dingo : Nous revoilà !
Flynn : Plus rapide, hein ?
Donald : Au moins, on a pas mangé trouzmille moustiques et bestioles volantes pendant notre trajet ici.
Flynn : Touché.
Dingo : Voilà la prison de Raiponce ! On grimpe ? Sora, qu'est-ce que tu fais ?
Sora : Les Mogs veulent que je prenne la tour en photo.
Donald : On a plus urgent sur les bras, non ?
Sora : Moi j'refuse pas de service à un Mog. Ils me font flipper, qui sait ce qui se cache dans leur pompon ?
Flynn : Pour l'instant, je vais grimper. Attendez-moi en bas, au cas où une de ces cochonneries florales se pointerait.
Et Flynn, sur ces mots, escalada la tour mais à peine eut-il franchi la fenêtre que la vue d'une Raiponce ligotée et bâillonnée le figea aussi sec. Et Gothel surgit derrière lui pour le poignarder dans les côtes.
Raiponce : Mmmmh !
Flynn : Aaargh…
La princesse captive parvint on-ne-sait comment à ôter son bâillon et s'adressa, paniquée, à celle qui s'était fait passer des années durant pour sa mère.
Raiponce : Je t'en prie ! Laisse-moi l'aider en utilisant une mèche de mes cheveux sur sa plaie ! Si tu me permets de faire ça, je te suivrai sans faire d'histoire et je t'aiderai à construire ton bunker ! Sinon… je m'opposerai à toi jusqu'à la fin de mes jours !
Flynn : T… tais-toi et aide-moi… Raiponce !
Gothel : Hmph ! Si tu veux. J'aurai bien assez d'opposition à gérer avec les services secrets saturniens à nos trousses, alors autant que tu sois de mon côté.
À peine libérée, Raiponce se précipita au chevet du mourant.
Raiponce : Ne bouge pas, je vais…
Nul besoin d'être médecin pour s'apercevoir que la blessure était loin d'être mortelle. Il semblait que la lame n'avait atteint aucun organe vital. Rien, en tout cas, qu'une association de pansement, de mercurochrome et de bicarbonate de soude n'eût pu guérir. Raiponce eut la désagréable impression de s'être fait enfler.
Flynn : Je me meuuurs…
Prise au piège, alors qu'elle sentait se refermer sur elle l'étau de la captivité, assujettie à la quinqua malfaisante, Raiponce fit ce qu'elle pensait jusque-là impensable. Pour se débarrasser de l'objet de toutes les convoîtises, et parce qu'il n'aiderait en rien le malheureux hypocondriaque, elle se saisit du bout d'un miroir brisé et se coupa elle-même les cheveux.
Gothel : NOOOON !
La mère Gothel prit soudain deux décennies dans les dents – et avant de vous moquer, rappelez-vous que le premier jeu Pokémon est sorti il y a 23 ans, ça calme hein ? – et se vit affublée de cheveux blancs et de rides dégueulasses. Elle poussa un hurlement inhumain tandis qu'entre ses doigts fripés, les cheveux coupés de Raiponce noircissaient à vue d'œil. Rabattant la capuche de son manteau sur le visage pour ne pas se voir ainsi vieillir, elle recula de quelques pas et se prit les pieds dans une longue mèche de cheveux que le petit Pascal tendait d'un air délicieusement crapuleux. Et elle tomba par la fenêtre.
Sora : Hé, regardez ! Y a un truc qui tombe en criant des insanités !
Donald : J'ai l'impression qu'on rate un paquet de trucs.
Mais le clou du spectacle était pour eux, et pour eux seuls : à quelques arpents de là, Marluxia claqua des doigts et le corps en chute libre se changea aussitôt en un gigantesque Sans-cœur : il s'agissait d'un grand tronc au feuillage sombre, muni de quatre bras simiesques, dont il se servit pour se réceptionner à sa chute.
Sora : Je vous l'avais dit, que ça finissait toujours par un streum.
Dingo : On pourrait peut-être demander à Maximus.
Le cheval, en réponse, hennit de dédain.
Sora : Trop tard. Je crois que maintenant que tu lui as demandé, il ne voudra plus.
Dingo : Je crois que ce cheval a plus d'ego que toute l'Organisation XIII réunie.
Donald : Et plus de personnalité que Sora.
Sora : T'as pas une idée pour détruire ce truc, plutôt ?
Le truc en question les toisait depuis le sommet de la tour en leur lançant de temps à autre des pierres, un peu par principe.
Donald : C'est un arbre. Quelques flammes et ça devrait bien flamber.
Dingo : Ça ne risque pas d'être dangereux pour le reste de la forêt ?
Donald : J'ai l'air de me soucier de la forêt et de ses petits oiseaux ?
Sora : Tu devrais parler plus respectueusement de tes cousins.
Donald : Changement de plan. C'est toi que je vais cramer.
Sora : Aaah !
La Mère Gotronc choisit mal son moment pour atterrir lourdement sur le sol : Sora esquiva de justesse un projectile enflammé qui… termina sa course dans ses feuillages. Le "streum" prit feu instantanément et mourut dans d'atroces souffrances.
Donald : Parfois, je me dis qu'on a peut-être trop forcé sur le level-up.
Dingo : Le quoi ?
Sora : Mmh…
Dingo : Tu as l'air mélancolique, d'un coup, Sora.
Sora : Immoler la fausse maman de Raiponce, ça m'a fait repenser à ma propre mère.
Donald : Tiens donc, c'est la première fois que tu nous en parles.
Dingo : Le pauvre, ça doit être difficile…
Sora : Pourquoi ça ?
Dingo : Eh bien… Je veux dire… Tu n'es pas orphelin ?
Sora : Ben non. La dernière fois que j'ai entendu le son de sa voix, elle me disait que le repas était prêt pendant que j'étais dans ma chambre. Mais je me suis enfui de ma maison quand une tempête a éclaté sur l'Île du Destin et c'est ce qui a démarré mon aventure. Mon monde natal est réapparu quand on a battu Ansem, mais bizarrement j'ai jamais pensé à retourner la voir.
Donald : …
Dingo : …
Sora : Je l'avais com-plè-te-ment oubliée. Drôle, hein ?
Donald : …
Dingo : …
Donald : Espèce de sale petit con de fils indigne.
Dingo : N'AS-TU DONC PAS HONTE ?! TA PAUVRE MAMAN ?!
Donald : Dès qu'on a quitté ce monde, tu vas nous faire le plaisir d'aller lui rendre visite. Ou bien on va t'y emmener par la peau du derche.
Sora : Oh, ça va. De toute façon, elle est plus à un an près. Allons plutôt voir ce qui se passe en haut de la tour.
En haut de la tour, justement, Flynn agonisait toujours en tenant sa côte meurtrie, tandis que Raiponce se regardait dans le miroir, choquée par son propre geste.
Sora : O.K il s'est passé beaucoup trop de choses ici.
Flynn : Je me meurs… je me meurs…
Donald : Tu te meurs que dalle. Tiens, un sort de soin.
Flynn : Oh ! Ça va mieux !
Dingo : Raiponce, ma chérie, qu'as-tu fait à tes cheveux ?!
Raiponce : Hein ? J'en ai eu marre d'être la cible de tous les services secrets et organisations terroristes du monde pour ce qui pousse sur mon crâne. Dites bonjour à la nouvelle Raiponce !
Sora : Bonjour !
Donald : Au moins, on se prendra plus les pieds là-dedans. Je suppose que notre rôle s'arrête ici, dans ce cas. On vous raccompagne à Corona, ou vous connaissez le chemin, maintenant ?
Raiponce : Ça va aller ! Vous avez tant fait pour moi ! J'ai hâte de retrouver mes vrais parents et de vivre la vie de princesse que j'aurais dû avoir depuis mon enfance !
Dingo : Et Flynn, est-ce que tu en auras besoin ?
Raiponce : Lui ? Oh, oui. Ce sera mon prince.
Dingo : Oh…
Flynn : Hum… Je n'ai pas mon mot à dire, mistinguette ?
Raiponce : En tout cas, quand je serai au pouvoir, je réformerai la fête annuelle des lumières.
Sora : Tu vas en faire une cérémonie normale avec des lanternes de papier ?
Raiponce : Bien sûr que non, Sora ! Je ferai mettre dans les geôles tous les époux volage !
Flynn : Gloups.
Ainsi s'achevait le périple de nos trois amis sur le beau royaume de Corona. Mais ils ignoraient que deux personnes de leur connaissance avaient également posé le pied sur cette planète. Une sorcière et son larbin aussi enrobé que contrarié.
Pat : Maléfique ?
Maléfique : Oui ?
Pat : On a toujours pas trouvé ta fichue boîte.
Maléfique : Non.
Pat : T'es vraiment sûre qu'elle existe, hein ?
Maléfique : Oui.
Pat : Tu l'as pas rêvée ?
Maléfique : Non.
Pat : T'es consciente qu'on a l'air de deux clowns, à chercher de monde en monde en regardant des beaux paysages d'un air hautain en espérant tomber au pif sur ton coffre à la noix ?
Maléfique : …
Pat : …
Maléfique : Oui, Pat.
Continuons notre tournée des personnages secondaires, car nous avons un programme chargé en cette fin d'aventure : dans le laboratoire de feu Ansem le Sage, au Jardin Radieux, Riku et Mickey avaient retrouvé Ienzo et Aeleus, un autre ex-sbire de Yemnas qui avait retrouvé son humanité. L'heure était grave.
Mickey : Comment ça, Even a disparu ?!
Ienzo : Nous… nous l'avons cherché partout, y compris dans la cave à vins, de peur qu'il n'ait succombé à ses anciens vices… mais aucune trace de lui.
Mickey : C'EST TOUT BONNEMENT SCANDALEUX. Je vais vous prendre un de vos meilleurs cépages, pour la peine.
Riku : Mmmh mhh.
Aeleus : SPARADRAP ?
Ienzo : Aeleus voudrait savoir pourquoi la bouche de Riku est obstruée par un rouleau de scotch.
Mickey : Il a chanté du Jul.
Ienzo : Oh…
Riku : Mmhmh mmh mhhmmmh !
Mickey : Tu n'arranges pas ton cas.
Ienzo : Toujours est-il qu'avec Even disparu, impossible de mettre la main sur ses travaux à propos des Répliques. Dommage, car on en aurait bien eu besoin pour donner un corps aux cœurs de Royas et des autres.
Mickey : On en était arrivés à la même conclusion. Enfin, surtout moi. Mais cette fiotte n'a pas pu disparaître comme ça, si ?
Aeleus : KIDNAPPING ?
Ienzo : Aeleus a raison. Il a retrouvé son humanité et ne peut plus de servir de portails sombres, mais un membre de la nouvelle Organisation XIII a bien pu l'enlever.
Riku : Mmh.
Ienzo : Qu'est-ce qu'il a dit, cette fois ?
Aeleus : "WESH ALORS".
Mickey : Espèce de…
Avant-dernier arrêt : un monde lointain et apocalyptique, dans lequel la nouvelle Organisation XIII semblait avoir élu domicile. Perchés sur de grandes colonnes de pierre, deux individus papotaient tranquillement. L'un d'eux avait le visage encore encapuchonné. L'autre avait des yeux bleu foncé et une grande croix sur le front.
Saiy : Ainsi, tu es revenu nous rejoindre.
? : C'est un beau sens de l'observation que tu as là, mon ami au nom ridicule.
Saiy : Pourquoi est-ce que tu ne te remettrais pas à tes recherches, puisque tu as rejeté ton humanité nouvelle acquise pour cela, "Veyen" ?
Veyen : Épargne-moi tes saillies, Saiy ! Ho ho ho ! Je suis drôle !
Saiy : Non.
Veyen : Pauvre JALOUX, va ! Mon génie comico-scientifique te fait pâlir d'envie ! Mais je n'ai pas de temps à te consacrer ! Je dois me remettre à plancher sur mes fameuses répliques, poil au lombric.
Saiy : Oui, rends-toi donc utile. Quelques répliques ne seront pas de trop pour compléter nos rangs.
Enfin, terminus : le bureau du Dr. Leuleu, où une nouvelle séance était sur le point de commencer. Le temps de passer par toutes ces étapes narratives, le jeune Billy avait déjà pris le temps de s'installer et son psychiatre était toute ouïe, quoique pas plus concentré qu'à l'accoutumée.
Billy : Bien. Donc. Euh… Alors en fait le jeu dont je vais vous parler s'appelle Trois cent cinquante-huit jours et demi, mais ça se finit pas vraiment à midi. Ou alors c'est Trois cent cinquante huit jours divisés par deux, mais du coup ça fait… euh…
Dr. Leuleu : Cent-soixante-dix-neuf jours.
Billy : Voilà, mais ça fait pas de sens, hein ? Peut-être que c'est Trois cent cinquante huit jours pour deux. Vous en pensez quoi ?
Dr. Leuleu : Que j'ai déjà la migraine et que vous ne m'avez même pas encore parlé du contenu de ce jeu-vidéo.
Billy : Ah ouais, c'est vrai. Ben on contrôle le sosie du type au moment où il rejoint la secte Foir'Fouille et qui se bat aussi avec une clé. Alors que les méchants des autres jeux lui apprennent comment se servir des touches, y a une fille qui arrive et elle est toute encapuchonnée et elle se bat avec une clé aussi. Même que c'est une fille aux cheveux noirs mais on sait pas si on est censés la connaître ou si c'est juste qu'ils savent pas faire des têtes de filles différentes, et avec le méchant du feu ils deviennent potes et vont manger des glaces salées sur le toit d'un clocher au coucher de soleil, mais genre vraiment tout le temps. Ça fait même un peu peur parce que je pense que c'est pas bon pour la santé. C'est comme lécher une cacahuète glacée, m'sieur Leuleu.
Dr. Leuleu : Le jeu, Billy. Le jeu.
Billy : Euh… donc la moitié des méchants partent dans le manoir du deuxième jeu et y en a plein qui meurent mais comme c'est des cons on s'en fiche un peu et quand il revient, le méchant du feu il a changé mais le sosie du type continue quand même à faire des missions sans intérêt pendant 95% du jeu mais heureusement y a des cinématiques toutes pixellisées qui font avancer l'histoire, la moitié du temps pendant qu'ils lèchent leur putain de glace. Même qu'on apprend qu'en fait la fille brune, ben c'est un espèce de trou noir qui absorbe les souvenirs du type qui était sauvegardés par son sosie mais j'crois qu'en fait j'ai rien compris et à la fin tout le monde veut tuer la fille mais le sosie il veut pas trop alors il va la chercher mais elle pleure et elle le défie et il la tue et elle meurt et tout le monde pleure mais après ça va parce qu'ils l'oublient.
Dr. Leuleu : Et… ?
Billy : Et après, y a le deuxième jeu qui commence, m'sieur Leuleu.
Dr. Leuleu : D'accord. Vous m'avez dit qu'il en restait combien ? Trois ? Quatre ?
Billy : Cinq, m'sieur Leuleu.
Dr. Leuleu : Oh, misère…
