Chapitre 9 - Conflit Social
L'alarme de la centrale énergétique monstrueuse retentissait toujours, stridente au possible, à tel point que l'ouïe de nos amis s'y était accoutumée et ne s'apercevait de sa présence que lorsqu'il fallait crier pour se faire entendre.
Sora : Encore des Sans-cœur dans ce couloir… Ils ont l'air de pas nous avoir repérés ! Profitons de l'effet de surprise !
Donald : QUOI ?
Sora : J'AI DIT : PROFITONS DE L'EFFET DE SURPRISE !
Dingo : Ils viennent vers nous !
Sora : Merde ! Ils ont un sixième sens ou quoi ?!
Bob : Patron, vous êtes vraiment sûr qu'on peut compter sur eux ?
Sully : Non, mais ça doit probablement être les prestataires les moins chers du marchés.
Heureusement, nul parmi les trois zigotos n'entendit ces messes basses. Ces derniers étaient bien trop occupés à gérer les nuées de vrilles volantes et autres bestioles inspirées d'engins de chantier. Sora eut même la lumineuse idée de plonger d'un tas de caisses à un autre en tirant sur ses ennemis à l'aide de sa Keyblade.
Sora : Yaaah ! Piou piou piou piou !
Dingo : Quand est-ce que sa Keyblade s'est transformée en pistolet laser, exactement ?
Donald : QUOI ?
Sully : La voie est libre ! Normalement, la porte qui suit devrait mener…
Le groupe se retrouva dehors.
Sully : Ah. Oui. À l'extérieur. Oui, c'est exactement là où je m'attendais à être. Oui.
Et pas n'importe quel dehors : un dehors en majorité constitué de plateformes métalliques, de grands caissons remplis de liquide inflammable, de flammes et d'ouvriers couverts de flammes.
Sully : Ah, vous voulez dire que c'était l'alarme anti-incendie qui sonnait depuis toute à l'heure ?
Bob : C'était peut-être pas une si bonne idée que ça d'arrêter les exercices d'évacuations, patron.
Sully : Foutaises ! Moi vivant, jamais on ne laissera les employés se promener dehors pendant leur temps de travail sans raison valable !
Sora : Euh… du coup on fait quoi à propos des types qui courent en hurlant ? Parce qu'au pire, j'ai un sort qui balance de la flotte, moi…
Bob : Ne t'inquiète pas, Sora. Ce ne sont pas les premiers fainéants qui s'immolent par le feu devant l'usine pour protester contre leurs conditions de travail, et ce ne seront certainement pas les derniers.
Sora : Oh... Me voilà… euh… rassuré ?
Donald : QUOI ?
Dingo : Tu es toujours sourd, poussin ?
Donald : Non, mais j'aime bien le comique de répétition.
Sully : En revanche, il faut faire quelque chose au sujet de ces incendies qui ravagent le matériel !
Le quelque chose en question consistant à foncer tête baissée au milieu de la fournaise pour éteindre le tout avec de la magie – moins chère qu'une facture d'eau – nos amis s'y précipitèrent. Mais au cœur du brasier se trouvaient déjà plusieurs Nescients de grande taille, aux airs d'escargot.
Sora : Oh, ils tapent fort !
Bouh : Hi hi !
Dingo : Une minute ! Qu'est-ce que c'est que ça ?
Un projecteur les éclaira soudain. Il provenait d'un hélicoptère surplombant la zone, et dont les haut-parleurs fonctionnaient à volume maximal.
Haut-parleurs : *Alerte ! Alerte ! On a un code 74-1B !*
Donald Qu'est-ce que c'est ?
Bob : "Défaillance de machine à café", si mes souvenirs sont exacts.
Sora : C'est une blague ? Et l'incendie ? Et les monstres ?
Sully : Pas de panique. Maintenant que la cavalerie est là, tout est réglé.
Une corde se déroula en-dessous de l'appareil et plusieurs monstres en descendirent, engoncés dans de grandes combinaisons jaune criard. Ils se déployèrent sur toute la zone de façon stratégique, calepin ignifuge et crayon en main.
Agent B : Nous avons affaire à un sinistre de niveau 5 !
Agent A : Surface ?
Agent C : 72 m² !
Agent D : Il se propage à la toiture !
Agent A : La toiture est-elle couverte par l'assurance ?
Agent E : Uniquement pour un sinistre de niveau 8 !
Agent A : Malédiction !
Une explosion retentit derrière eux, tandis que nos héros étaient aux prises avec plusieurs Nescients.
Agent C : Les sources de l'incendie sont désormais multiples !
Agent F : Les crayons ne fonctionnent plus sous cette chaleur !
Agent B : Demande permission d'utiliser les stylos bics !
Agent A : Permission accordée ! Le sinistre passe au niveau 6 !
Une nouvelle détonation, suivie d'un cri. L'agent au grade supérieur dégaina une calculatrice.
Agent A : Étendue des dégâts ?
Agent B : Huit caissons d'énergie pleins !
Agent A : 72 000 munnies…
Agent B : Six caissons vides !
Agent A : 14 500 munnies…
Agent B : La quasi-totalité des ventilateurs !
Agent A : 45 200 munnies…
Agent C : 54% de la toiture !
Agent A : 84 000 munnies…
Agent D : Et Maurice !
Agent A : Maurice ?
Agent F : Aaaaaaargh !
Bouh : Hi hi hi !
Agent A : Mmh… 150 munnies…
Agent C : Quel est le bilan, chef ?
Agent A : Nous sommes juste en-dessous du seuil maximal garanti par l'assurance. Et grâce au sacrifice de Maurice, le sinistre mortel passe en catégorie 8.
Agent D : Ne tardons pas, chef ! Les stylos bic ne vont plus tenir très longtemps !
Agent A : Beau travail les gars, mais ce n'est pas terminé ! Allons nous occuper de la paperasse !
Dans une chorégraphie savamment orchestrée, les agents remontèrent l'un après l'autre sur la corde légèrement incandescente qui descendait de l'hélicoptère et s'élevèrent, laissant leur collègue carbonisé sur place.
Donald : Je suis pas sûr d'avoir bien compris ce que je viens de voir.
Sully : Le département administratif de Monstres & Cie est notre fierté.
Bob : Et figurez-vous qu'ils ont gagné quatre fois d'affilée l'Olympiade des Corps de Métiers organisée entre nos différentes branches ! Ce sont de vrais pros !
Sora : Et du coup, l'incendie… ?
Sully : Tous les dégâts vont être pris en charge. Occupons-nous de ces derniers intrus et on pourra poursuivre notre route !
S'il y avait bien une chose que Sora, Donald et Dingo avaient apprise au cours de leurs pérégrinations, c'était de ne pas trop poser de questions. Ainsi que de fouiller chaque alcôve un tantinet cachée à la recherche de trésors, de poster tous les courriers qu'ils trouvaient, de monter sur le dos des hydres et d'éviter à tout prix Atlantica. Aussi s'occupèrent-ils des derniers intrus et poursuivirent-ils leur route, sans plus de cérémonie.
Sora : Et de nouveau des Sans-cœurs !
Donald : Et y en a un paquet, avec ça. Ça compte comme des heures supp', ça, non ?
Bob : Il était question de les payer, patron ?
Sully : Je ne sais pas… Peut-être l'équivalent d'un SMIC à chacun s'ils nous sauvent la vie et celle de Bouh…
Bob : À CHACUN ?!
Donald : Quoi ? T'as peur qu'on fasse couler la boîte ?
Sora : C'est… AÏE ! Pourquoi tu m'as frappé ?!
Donald : T'allais faire une blague sur le fait que la boîte était plutôt en train de brûler.
Sora : Ça aurait été SUPER drôle !
Dingo : Vous êtes mignons… un vrai petit couple.
Bob : Ah non ! Pas de relations sur le lieu de travail !
Dingo : En soi, on n'a signé aucun contrat…
Bob : Tout à fait, vous êtes à l'essai et je dois vous dire qu'il va falloir revoir vos perspectives de rémunération à la baisse si vous voulez continuer dans cette voie !
Dingo : J'ai l'impression de parler à un mur…
Sora : C'est donc ça, un entretien d'embauche ?
En parlant de mur, nos amis en escaladèrent quelques-uns sur leur route, jusqu'à arriver devant un long et large tuyau qui montait vers les étages supérieurs.
Donald : Hum.
Sora : Je peux demander, cette fois-ci ?
Donald : Vas-y.
Sora : Pourquoi est-ce qu'il y a un tuyau assez large pour qu'un humanoïde puisse se mettre dessus et glisser jusqu'au niveau supérieur en défiant les lois de la gravité ?
Sully : Eh bien… Je… Comment dire…
Sora : Il y a une explication parfaitement logique ?
Sully : Pas vraiment.
Donald : On se passera de réponse alors. Allez zou.
Et, comme convenu, les cinq personnages – le cinquième portant Bouh, qui s'était endormie comme un loir au milieu de la scène de destruction et de chaos, un sourire sur les lèvres– glissèrent sur le tuyau-rail en défiant les règles de la gravité jusqu'à l'étage supérieur.
Sora : C'est tout de suite plus rigolo quand on se pose pas de questions !
Dingo : Je crois qu'on va continuer à faire ça, lapin.
Cette riche idée, ils eurent l'occasion de la mettre en application pas plus tard que cent mètres plus loin, au sommet d'une tour métallique.
Donald : Récapitulons : pour continuer notre route vers la réserve de portes, il va falloir se jeter de cette plate-forme façon saut de l'ange sans élastique, éviter de s'empaler sur les bouts de fer qui dépassent, réussir à viser l'espèce de tunnel large de deux mètres et demi et se réceptionner au mépris des lois de la gravité. C'est bien ça ?
Sully : …
Sora : …
Bob : …
Dingo : …
Donald : Plus de questions, hein ?
Sully : Non mais pour le coup on a une explication qui tient VRAIMENT la route !
Sora : Moi j'ai même pas envie de l'entendre ! Comme disaient les jeunes d'y a cinq ans, YOLO !
Dingo : YOLO ?
Donald : You Only Live Once, une espèce de Carpe Diem du pauvre.
Dingo : C'est curieux, je n'ai jamais entendu parler de ça.
Donald : Normal, tous ceux qui le disaient sont morts. La sélection naturelle, tout ça.
Bob : En attendant, je crois que votre ami a survécu.
Donald : Oh, bien. Je suppose que pour vous, ça fait des frais de nettoyage d'économisés, hein ?
Sully : Ne sois pas ridicule. Tout aurait été à vos frais.
Dingo : D'ici, je crois deviner qu'il s'est réceptionné sur plusieurs Sans-cœurs.
Donald : Bon alors dépêchons avant qu'il extermine nos seules chances de survie.
Alors ils sautèrent, l'un après l'autre, rejoignant leur ami à la grande clé dans ce qui ressemblait à une espèce de hangar. Mais passée la nouvelle porte, ils se retrouvèrent à nouveau à l'extérieur, au milieu d'un incendie d'une rare violence.
Sora : Bon, c'est pas que ça me turlupine sur les bords, mais y a un moment où vous allez essayer d'éteindre ces putain de flammes ou pas ?
Bob : Demain, je pense.
Sora : Demain ?
Bob : Notre département de sécurité incendie ne travaille pas de nuit.
Donald : Laissez-moi deviner… Encore une sombre histoire d'argent ?
Sully : Absolument pas ! C'est une concession qu'on a dû faire après leur dernière grève. C'était ça ou leur accorder des jours de congé.
Bob : Je n'aime pas trop le ton que vous employez, les petits jeunes. On dirait que vous sous-entendez que le patron s'en fiche de la sécurité de ses employés !
Sully : Je considère chaque salarié comme des membres de ma propre famille.
Une séries d'explosions ponctua sa réponse tout autour de lui. Ainsi qu'un hurlement lointain.
Bouh : Hi hi !
L'une des déflagrations fit cependant s'écrouler une partie du bâtiment, obstruant le passage vers leur objectif. Mais comme le hasard faisait décidément bien les choses, cette même explosion avait également fait tomber un tuyau d'aération, qui dans la position où il était offrait une voie royale vers la cuve de refroidissement. Du moins, pour un roi qui s'abaisserait à passer par là.
Sora : Gérotayauuuut !
Ladite cuve était toutefois occupée par une créature de grande taille, qui ressemblait comme tous les autres Nescients à un gastéropode dans un mauvais jour.
Dingo : Encore un, décidément !
Donald : Bon, faisons-lui sa fête.
Sora : Bonne fête mon salaud ! Yaaah !
Dingo : Prends ça ! Dingo-bouclier ! Dingo-tornade ! Dingo-dans ta gueule !
Donald : Il a son compte, je crois. Attendez… Hop ! Maintenant, il a son compte.
Sully : Mazette, les gars. Vous venez de rosser notre technicien de surface !
Bouh : Hi hi !
Bob : Ça va, Bertrand ?
Gastéropode : Nieeergh…
Sora : Vous voulez dire que c'était un gars à vous ?
Sully : Je m'étais toujours demandé où est-ce qu'il se cachait pour roupiller pendant ses pauses…
Bob : C'est moche, patron. Je crois qu'il aura bien trois jours d'ITT…
Sully : Trois jours ?! Mais ça correspond à une blessure quasi-mortelle !
Gastéropode : Nieeeaaargh…
Sora : Comment on aurait pu savoir que c'était un type innocent ? Il ressemblait à un monstre !
Bob : Justement !
Sora : Non mais vous voyez ce que je veux dire…
Dingo : En tout cas, tout ça ne nous dit pas trop où aller, maintenant.
Le groupe était en effet bloqué dans une large cuve, sans issue apparente. Pourtant, le maître des lieux se permit un petit sourire et, s'approchant d'un mur, souleva une plaque de tôle qui révélait un accès à une cour extérieure. Ravagée par les flammes, évidemment.
Sora : Je…
Sully : Vous vous demandez sûrement pourquoi une plaque de métal recouvrait une issue cachée à la cuve de refroidissement…
Donald : Du tout.
Dingo : C'est-à-dire…
Donald : On se demande rien du tout. Tout ceci est parfaitement normal.
Sora : Mais…
Donald : OUI MONSIEUR ! NORMAL MONSIEUR ! Venez les zozos on y va !
Dingo : Psst Sora… Je crois que Donald est cassé…
Sora : Pas étonnant. Trop de trucs pas logiques en trop peu de temps, ça le détraque. Franchement, je le plaindrais si c'était pas un connard fini.
Sully : Vous êtes sûrs que vous voulez pas que je vous expl…
Donald : PAS DE QUESTIONS, ON A DIT ! TOUT EST NORMAL !
Normal, aussi, le massacre en règle des Sans-cœur et des Nescients qui jalonnaient leur route vers la réserve de portes, si on le compare à leurs aventures habituelles.
Moins normale, en revanche, était la grande traînée d'un noir visqueux qui sillonnait la route vers leur destination.
Bob : Qu'est-ce que c'est que ça ?
Sora : On dirait qu'on a trempé une baleine dans le mazout et qu'on l'a badigeonnée sur le sol.
Dingo : Ou bien un mélange d'huile, d'encre et de gelée. Brrr…
Donald : Sûrement de la confiture de trou noir. Allez vite, avant qu'on se mette à poser des QUESTIONS.
Sora : Je suis pas sûr de vouloir continuer, finalement…
Bob : Si seulement vous aviez pas mis K.O notre agent d'entretien, on aurait pu faire nettoyer ça !
La tâche se serait révélée titanesque car la traînée s'étalait, telle la piste d'un Petit Poucet un peu crade, jusqu'à la réserve de porte quelques centaines de mètres plus loin. C'est là, dans un vaste hangar, que cette dernière s'arrêtait. Et curieusement, ce n'était pas pour rassurer nos amis.
Sora : Grand espace ?
Dingo : Check.
Sora : Ambiance oppressante ?
Dingo : Check.
Sora : Pas de doute, on va avoir de la compagnie. Et pas du menu fretin.
Donald : À ce stade, ça pourrait être n'importe quoi. Un fer à repasser maléfique ! Un dragon en pyjama ! Un flan de matière obscure ! Prenez les paris !
? : Salut les nantis.
De l'ombre surgit un reptile au sourire vicieux. Au grand désarroi de Donald, il ne portait pas de pyjama. Il ne portait d'ailleurs rien, comme la totalité des habitants de ce monde nudiste.
Sully : Encore toi, Léon ?
L'intrus eut pour seule réponse de s'approcher à grands pas de la machine qu'il avait tenté d'activer plus tôt. Celle-ci gisait toujours, immobile.
Sora : J'ai toujours aucune idée de ce que c'est censé être.
Donald : C'est probablement pour le mieux.
Bob : Tu sais, ça marchera sans doute pas plus que la dernière fois !
Léon : Oooh mais cette fois-ci elle fonctionnera, croyez-moi !
Dingo : C'est pas cette machine qui ne peut être alimentée qu'en cris de jouissance ? Je… euh… ne me demandez pas pourquoi j'ai retenu ça.
Sully : Attendez…
Bob : …
Sora : …
Donald : …
Léon : Mufufufu…
Sully : Léon ? Est-ce que tu t'es masturbé sur la machine ?
Léon : QUOI ?! Mais non ! Je l'ai reconfigurée ! Regardez… et subissez la colère du peuple ouvrier !
Bob : Léon, on en a déjà parlé. T'étais cadre sur un poste fantôme et tu touchais seize fois le revenu minimum pour glandouiller parce que tu ne savais rien faire de tes vingt-quatre doigts.
Donald : Comme quoi l'image du monstre dans un placard, ça sort pas de nulle part.
Léon : NOUS SOMMES LE PROLÉTARIAT !
Ce disant, il leva le poing et ce fut semble-t-il le signal pour que… la chose qui se tapissait en dessous de la machine s'éveille. Soudain, celle-ci se gonfla et ce qui n'était qu'un bout de ferraille traînant au sol devint le casque métallique d'un amas informe et noirâtre, celui-là même qui avait laissé un sillage jusqu'à ce hangar.
Sora : Euh… Donald ? Je crois que t'avais trouvé la réponse à ta propre question…
Dingo : Ça, c'est un flan de matière obscure ou je ne m'y connais pas.
Mais Donald n'écoutait pas. Donald en avait ras les plumes de ce monde, de sa logique, de sa morale, de ses alliés et de ses ennemis, tous confondus. Et Donald avait entendu une fois de trop aujourd'hui le mot "Question" dans la bouche de Sora.
Donald : DONALD ! PAS ! CONTENT !
Aussi l'espèce de créature en forme de gelée – ou de gelée en forme de créature, c'est selon – vit littéralement pleuvoir les coups, les sorts et les insultes de la part d'un petit canard absolument déchaîné.
Sora : Euh… Bob ? Sully ? Juste pour être sûr, est-ce que cet espèce de blob dégueulasse est un de vos sous-fifres ?
Sully : Non, mais il ressemble un peu au nouveau mari de mon ex-femme. Laissons-le faire.
Bouh : Hi hi hi !
Les cinq minutes suivantes, rythmées par les coups de Donald sur de la matière visqueuse, furent probablement parmi les plus longues, les plus gênantes et les plus douloureuses de leur existence. Et pourtant, Dingo avait un oncle raciste qui se lâchait à chaque repas de famille.
Lorsqu'il eut fini, la fameuse arme secrète n'était plus qu'un tas de bouillie informe. C'est-à-dire comme avant sa raclée, mais en plus mort.
Sully : Bob, rappelle-moi de filer une augmentation à cet excité.
Bob : Vous voulez dire qu'on l'embauche ?
Sully : Oublie ce que je viens de dire.
Léon : Nooooooooon !
Le reptile se précipita au chevet de sa créature, effaré par le sort qui lui avait été réservé. Et tandis qu'il se désespérait de le remettre d'aplomb, une ombre le surplomba soudain. Celle de Sully qui, s'il n'était peut-être pas le meilleur PDG du monde, était tout de même une boule de poils de deux mètres et demi et de 300 kilos.
Léon : Oh, misère.
Lorsqu'il se reprit ses esprits, le rebelle se trouvait sur le pas d'une porte, entouré par ses bourreaux.
Léon : C'est bon, j'ai compris. Vous me condamnez à l'exil, une fois de plus. Mais soyez sûrs que lorsque j'aurai dévoré cette famille de consanguins texans vers laquelle vous m'envoyez, je reviendrai imposer la révolution marxiste !
Sully : Mais oui, c'est bien. Allez entre là-dedans.
Il s'y engouffra, non sans traîner les pieds. Puis tomba en poussant un hurlement.
Bob : Bonne idée ça, patron, de le faire passer à travers la porte d'un avion en plein vol.
Sora : C'est donc ça qu'on appelle… un parachute doré ?
Sully : …
Sora : Un parachute doré…
Dingo : …
Sora : Bon, j'avoue, je sais moi-même pas trop ce que c'est.
Bouh : …
Sora : C'est en rapport avec le travail, nan ?
Bob : …
Sora : Putain les gars c'est bien la dernière fois que j'essaie de faire une blague.
Donald : À la bonne heure.
Bob : Bien, il est temps de nous séparer de Bouh.
Sully : Aaah… Oui, c'est vrai, malheureusement…
Bob : De vous à moi, patron, je pense qu'on y gagnerait tous si les humains restaient dans leur pays.
L'arrêt suivant, dans l'usine désormais sous contrôle – enfin, exceptés les incendies qui la ravageaient – était donc l'entrepôt de portes dans lequel ils étaient entrés, peu après l'arrivée de nos héros sur ce monde. Mais une surprise les attendait, sous la forme d'une silhouette encapuchonnée.
Sully : Encore un intrus ?
Bob : Pour la dernière fois, nous ne servons pas de Big Mac !
Sora : T'es qui, toi, encore ?
? : Hin hin hin… j'étais pas loin de pas t'reconnaître sous c'drôle d'accoutrement, "frérot"…
Sora : Quoi ?!
Donald : Bordel Sora, ne nous dis pas que t'as aussi laissé un frère chez toi, en même temps que ta mère !
Sora : Mais non ! Attends… Maman était peut-être enceinte quand je suis parti…
? : Quelle indignité… enfin j'veux dire… euh… hin hin ! On peut dire que j'suis plutôt comme qui dirait ton jumeau maléfique…
Il souleva sa capuche pour révéler… une espèce de casque de moto à l'apparence très lisse.
Dingo : Ça… ne nous avance pas beaucoup.
Sora : Je vous jure, les gars ! J'ai aucun biker dans la famille !
? : J'suis l'boss des Nescients, hin hin, et mon blaze c'est Vanitas…
Dingo : Il y a encore des gens qui disent "blaze" aujourd'hui ?
Donald : Pas de doute, il doit venir de l'Île du Destin.
Vanitas : Je… euh… j'suis très sombre et…
Dingo : Vous êtes sûrs que ce n'est pas un Daft Punk ?
Sully : Je peux avoir un autographe ?
Vanitas : … la noirceur des ténèbres…
Donald : Ce qui est sûr, c'est qu'il a dû casquer pour avoir son cosplay.
Dingo : Ou alors ce qu'on voit, c'est vraiment sa tête. Brrr…
Vanitas : … obscurité d'une nuit sans lune et…
Bob : De mon temps, quand on faisait un monologue de cinq minutes, on avait la décence de l'accompagner d'une présentation PowerPoint.
Vanitas : TAISEZ-VOUS ! VOUS ÊTES ODIEUX ET JE VOUS CONSPUE !
Donald : …
Sully : …
Sora : …
Bob : …
Dingo : …
Vanitas : Oh, et à quoi bon m'évertuer à m'exprimer telle une fripouille des temps modernes ? Craignez-moi, misérables, car je suis le maître du mal !
Donald : Nope, toujours pas.
Vanitas : Oh, voyons ! C'était pourtant de toute beauté !
Se retournant d'un geste théâtral, il ramassa une bonbonne de cris d'enfants – je ne pensais pas écrire ça un jour – et s'amusa à la lancer en l'air en exposant son plan diabolique.
Vanitas : Sachez que j'ai dans l'idée de m'approprier, par la force si c'est nécessaire, cette charmante exploitation pour en faire ma propre réserve d'émotions négatives !
Sully : Pour la dernière fois, on a arrêté d'utiliser la peur des enfants !
Vanitas : Qui a parlé d'enfants ? Ne sens-tu pas la détresse de tes employés ? Leur malheur à la tâche, leur souffrance de chaque instant, l'angoisse de leur devenir ? N'as-tu donc pas conscience du cercle sans fin de peine, de haine et de rancune qui se joue chaque jour entre ces murs ? N'as-tu donc aucun écho, au sommet de ta tour d'ivoire, de la spirale de tourments qu'engendre ce système ? Ô glorieux capitalisme, ta bureaucratie sans âme et ton exploitation du monstre par le monstre qui sommeille en nous flattent le vide qui me sert de cœur !
Sully : Oh…
Bob : Il est bon, patron.
Donald : Merde, je l'ai trouvé convaincant, moi.
Sully : Écoutez, pour l'usine ça va pas trop être possible.
Bob : Par contre, on cherche un chargé de comm' et vous avez le profil !
Vanitas : Vous m'en voyez flatté. Et tandis que je vous laisse y réfléchir, laissez-moi saluer un vieil ami…
Il disparut soudain, et Sora n'eut qu'à se retourner pour s'apercevoir qu'il se trouvait derrière lui.
Sora : Euh… ?
Vanitas : Je m'adresse désormais à la moitié de moi assoupie au plus profond de ton cœur…
Dingo : Il y a quand même quelque chose avec sa voix qui me turlupine…
Donald : Oui, c'est vrai. J'y ai un réfléchi et on dirait exactement la voix de Sora juste après avoir maté son premier film de boule. Comme un mélange de perversité malsaine et de malaise ambiant.
Sora : Quoi ?! C'est n'importe quoi !
Vanitas : Viens à moi… Ventus…
Sora : Oh merde, t'as raison ! Eh attends, comment ça Ventus ?!
Vanitas : Ma foi, faut-il vraiment tout t'expliquer ? Quand tu n'étais qu'un bambin, tu as forgé un lien très spécial avec un jeune porteur de Keyblade qui se prénommait Ventus… et il se trouve que ce margoulin a trouvé refuge dans ton cœur.
Donald : Attends une minute… Ven ?!
Dingo : L'un des porteurs disparus de la Keyblade serait depuis tout ce temps dans le cœur de Sora ?!
Donald : Ne pas chercher de logique… ne pas chercher de logique…
Dingo : Le Roi nous en avait parlé… Il disait que "le petit souillon" et "Jean-Pipelette" s'étaient neutralisés l'un l'autre, et que le cœur de Ventus n'était jamais revenu jusqu'à son corps !
Vanitas : Oui-da. Et je me vois dans l'obligation de reprendre mon dû. L'opération risque de piquer un peu.
Il leva sa propre Keyblade, repoussa par la force des ténèbres les deux acolytes de Sora, désarma le jeune homme d'un coup puissant et se prépara à extraire ce qui se tapissait au fond de lui.
Vanitas : Joins ton cœur au mien !
Quelque chose apparut dans son dos.
Sully : Hé.
Il se retourna.
La dernière chose qu'il vit, avant de lâcher sa Keyblade sous l'effet de l'effroi, fut un monstre de deux mètres et demi de haut lui rugissant dessus à bout portant. Ce dernier le saisit et l'immobilisa entre ses immenses pognes.
Vanitas : JE… JE VOUS DEMANDE DE VOUS ARRÊTER !
Loin de s'arrêter, Sully l'emmena près d'une porte, que Bob ouvrit prestamment. Il le jeta à l'intérieur.
Sully : Tu…
Il saisit la porte et l'expédia à l'intérieur d'une autre porte.
Sully : es…
Et l'autre porte finit sa course dans une autre autre porte.
Sully : renvoyé…
Et l'autre autre porte fut jetée au fond d'une autre autre autre porte.
Sully : Bien cordialement.
Laquelle fut aussitôt broyée.
Sora : Ho.
Donald : Ça, c'est fait.
Dingo : C'est bien, c'est poli au moins.
Bob : Il me semble que vous nous devez des remerciements !
Donald : Peut-être, enfin nous on attend les vôtres pour avoir vaguement réglé vos problèmes internes.
Bob : Oh ! Le toupet !
Sully : Il a pas tout à fait tort. Écoutez, voyez demain avec notre secrétaire, elle va vous payer au black. Pas cher, hein. Ce serait bête de nous sauver pour qu'on mette la clé sous la porte.
Sora : C'est rigolo parce que j'ai une clé. Et qu'y a plein de portes.
Donald : Qu'est-ce qu'on a dit sur les blagues, Sora ?
Sora : Oh…
Sully : Allez, Bouh. Il est temps de rentrer chez toi.
Bouh : Bouh !
Et sur ces mots pleins de sagesse, le trio quitta ce monde et son apparence monstrueuse – en tournant le dos à une alléchante rémunération de 523 munnies pour leur prestation – en retournant au Gummi. Et pendant l'infime fraction de temps qui sépara leur départ de Monstropolis et leur retour au bercail, une nouvelle rencontre démarrait, à quelques années-lumière de là.
Dr. Leuleu : Allez-y, je vous écoute.
Billy : Euh alors le jeu de cette fois il s'appelle Beurf baille slip. On va l'appeler BBS hein ?
Dr. Leuleu : Oui.
Billy : Du coup ça se passe avant les autres jeux, mais on sait pas trop quand. Y a trois jeunes : un mec un peu con, une waifu et le clone du sosie du type. Vous savez, celui qui faisait des trucs.
Dr. Leuleu : Une quoi ?
Billy : Une waifu. C'est comme une jolie fille, mais avec des cheveux colorés bizarres et un doublage japonais. Là elle a les cheveux bleus et c'est un peu la plus sage du trio, voyez ? Ils sont tous potes, avec le mec un peu con qu'est la force brute et le clone du sosie du type qui aime bien l'amitié.
Dr. Leuleu : Poursuivez.
Billy : Ils passent une genre d'épreuve de la lumière devant leur maître chinois, qui a invité son meilleur pote pour qu'il les observe. Mais le mec il a une tête de psychopathe m'sieur Leuleu. Il est tout voûté comme mon ancien prof d'histoire et il dit des trucs avec sa voix sur les ténèbres qui sont pas si mal en fait. Comme mon ancien prof d'histoire quand sa femme l'a quitté.
Dr. Leuleu : Billy…
Billy : D'accord j'abrège et en fait là les trois se séparent et on peut suivre celui qu'on veut parce qu'ils vivent des trucs différents mais ils vont quand même dans les mêmes mondes parce qu'il faut pas déconner. Là du coup y a le mec un peu con qui se fait manipuler comme un plot par mon prof d'histoire qui en fait est méchant mais on s'en doutait un peu. Pendant ce temps la waifu bleue elle essaie un peu de rattraper ses conneries et le clone du sosie du type il se fait des potes. Mais à la fin ils se rassemblent tous dans un cimetière de clés pour affronter le prof d'histoire et son allié, qui est l'alter ego maléfique du clone du sosie du type. Tout ça parce que le méchant, il veut forger une clé bizarre à prononcer.
Dr. Leuleu : Une "clé bizarre à prononcer" ?
Billy : Un truc avec une lettre grecque.
Dr. Leuleu : le Y ?
Billy : Nan c'est un genre de "ki". Mais avec un truc dans la voix. "Ki". "Ki". C'est dur hein.
Dr. Leuleu : Le kiki ?
Billy : Vous avez bu m'sieur Leuleu ?
Dr. Leuleu : C'est… la seule façon de tenir pendant ces séances.
Et puisque l'on en parle, d'Aqua, intéressons-nous à ce qui s'est passé il y a des jours, des mois, peut-être des années sur cette plage du monde des ténèbres où le roi et Riku ont perdu sa trace. Sur cette plage plongée dans une nuit éternelle et bordée de ce qui semblait être un mélange d'arbres morts et de corail, la Maîtresse de la Keyblade déchue venait d'apercevoir une silhouette assise sur le sable.
Aqua : Excusez-moi… ?
? : Oui ?
Aqua : Je n'ai pas pu m'empêcher de constater que vous… euh… existiez ?
? : C'est tout à fait vrai. D'aucuns pourraient dire que je suis perdu.
Aqua : D'accord. Oui. C'est bien. Je suis désolée, je n'ai plus trop l'habitude d'être avec des vrais gens.
? : Vous êtes Aqua, c'est ça ? Voilà longtemps que vous devez errer dans cette contrée sombre…
Aqua : Des années, je suppose ? Vous avez un nom ? La plupart des personnes réelles en ont un, généralement.
? : Je me nommais autrefois Ansem le Sage. Il fut aussi un temps où je m'étais enroulé du papier toilette autour du corps et me faisais appeler DiZ. Ce n'était sans doute pas la partie la plus glorieuse de ma vie.
Aqua : Quoi ? Attendez…
Ansem le Sage : Je vous demande pardon ?
Aqua fouilla sa poche droite. Lorsque sa main en ressortit, elle était enveloppée d'une couche de tissu noir qu'on aurait pu naguère identifier comme l'un des collants de la jeune femme. Une bouche et des yeux étaient dessinés dessus.
Aqua : Comment, Edgar ? Tu veux savoir ce qui est arrivé à ce monsieur ?
Ansem le Sage : Je… hum…
Aqua : Pardonnez sa curiosité, mon ami imaginaire ne sait pas se tenir.
Ansem le Sage : Ah. Euh… Enchanté, Edgar.
Aqua : Il voudrait vous serrer la main.
Dérouté, Ansem n'en obtempéra pas moins.
Ansem le Sage : Pour répondre à la question de… d'Edgar, j'ai fauté. Comme dit le dicton, "qui fait le malin, tombe dans le ravin". J'ai essayé d'aspirer une lune en forme de cœur avec un appareil magique et toute cette affaire m'a explosé en plein visage. Une sombre affaire, vraiment.
Aqua : Elle est triste, votre vie.
Ansem le Sage : Ma mort l'est bien plus, mon enfant.
Aqua : Ha ha ! Attendez, il fallait bien que je rie ? Je ne sais plus trop comment faire, avec les relations sociales.
Ansem le Sage : Vous avez dû vivre de longues années de solitude, Aqua.
Aqua : Vous existez vraiment, hein ? Sûr de sûr ?
Ansem le Sage : Eh bien, ma foi, oui…
Aqua : L'autre jour, j'ai passé trois jours à parler avec quelqu'un avant de me rendre compte que c'était un caillou. Vous n'êtes pas un caillou, Ansem ?
Ansem le Sage : Je pense que c'est une question plus philosophique qu'elle en a l'air.
Aqua : Je n'aime pas trop les cailloux. Je ne pense pas qu'ils devraient avoir le droit de vote.
Ansem le Sage : Je… quoi ?
Aqua : Hein ?
Ansem le Sage : Écoutez… Je vous propose un marché. Vous êtes une femme, je suis un homme, nous n'avons vu personne depuis bien longtemps et nous sommes tous les deux seuls sur cette plage pour le restant de l'éternité. Pourquoi ne pas trouver un arrangement, mmh ?
Aqua : Une seconde…
L'Élue de la Keyblade mis sa main dans sa poche et la sortit quelques secondes plus tard, enroulée dans son collant gauche.
Aqua : Jessica, non !
Elle gifla Ansem de toutes ses forces.
Aqua : Elle vous a traité de mufle, je ne comprends vraiment pas pourquoi…
Ansem le Sage : Ce… ce n'est rien… J'ai peut être été un peu trop…
Aqua : Elle est un peu spéciale, vous savez. Mais je crois qu'elle tient à moi.
Ils s'aperçurent alors qu'un troisième individu les observait, derrière eux. Il avait l'apparence qu'avait autrefois le faux Ansem, celui qui avait pris possession de Riku. La version Sans-cœur de Xehanort.
Ansem le Sage : TOI !
Ansem : Non, non, allez-y, continuez comme si je n'étais pas là.
Aqua : Arrière, caillou !
La jeune femme un peu perdue l'attaqua sans sommation mais le faux Ansem, à défaut d'avoir de bons réflexes, avait un ange gardien. Son fidèle garde du corps obscur, l'ombre qui ne quittait jamais son… ben son ombre, justement.
Garde du corps : Bwouaourk bwourk !
Aqua : Oh ! T'entends ça, Edgar ? Il te connaît !
Ansem : Mais… c'est pas du tout ce qu'il a dit.
Ansem le Sage : Va-t-en, traître de disciple ! Je ne suis pas loin de conclure !
Aqua : Comment ? Vous êtes allés dans la même école ensemble ?
Garde du corps : Bweeerk !
Ansem : Ne rentre pas dans son jeu, toi !
Ansem le Sage : Cette conversation tourne en eau de boudin.
Ansem : Tout à fait, alors tu vas me suivre gentiment et répondre à certaines de mes questions concernant tes anciennes expériences.
Aqua : Pas touche, le caillou !
Elle l'attaqua à nouveau, et cette fois-ci Ansem n'eut aucun scrupule à envoyer l'artillerie lourde. Se servant de toute la puissance de son gardien, lequel ne connaissait le collant droit d'Aqua ni d'Ève, ni d'Adam, il la propulsa d'un coup vers la mer, où elle coula rapidement.
Ansem : Hum… J'y suis peut-être allé un peu fort…
Ansem le Sage : Noooon !
Aqua, pendant ce temps là, se voyait tomber, tomber, tomber… et une étrange noirceur était en train de ronger petit à petit son corps.
Aqua : Mais oui ! La magie ! Je savais bien que j'oubliais quelque chose dans ce combat ! Merci de me l'avoir rappelé, Jessica.
Et son corps dériva un peu plus encore dans les ténèbres…
Sora : Ouah ! J'suis pas fâché de retrouver mon apparence normale !
Dingo : Et moi donc ! Donald a l'air de s'être calmé, je crois qu'il essaie d'occulter les dernières choses incompréhensibles auxquelles on a assisté.
Sora : L'important, c'est de ne pas lui dire le mot en Q.
Dingo : Quequette ?
Sora : HEIN ?! MAIS NON ! Le mot "Question" !
Dingo : Ah ben oui, je suis con.
