Chapitre 10 - Honey Shot
Nos héros avaient enfin repris leur forme normale. Ou du moins, aussi normale que peuvent l'être un canard avec un béret bleu et un chien avec une espèce de chapeau en forme de crotte sur la tête. Et ils se tenaient chacun sur leur siège, dans l'exiguïté du cockpit de leur vaisseau Gummi.
Sora : Bon. Euh… Récapitulons.
Dingo : Oui.
Sora : On a remonté tout le fil GummiBook de nos amis jusqu'à il y a un mois.
Donald : C'est vrai.
Sora : On est à jour dans nos abonnements GummiTube.
Dingo : Tout à fait.
Sora : On a regardé les 31 saisons des Simpsons.
Donald : Deux fois.
Sora : On a lu dans toutes les langues le manuel du vaisseau.
Dingo : In effeti.
Sora : Je sais qu'on avait dit qu'on attendrait des nouvelles des autres avant de reprendre notre glorieuse quête consistant à activer mon Pouvoir de l'Éveil, mais ça vous dirait pas plutôt qu'on retourne taper du Sans-cœur à un moment ?
Donald : Pourquoi pas, vu que l'alternative c'est de rester ici et de regarder Kairi et Lea faire des "Tutos Make-Up Éco-Responsable" depuis leur forêt enchantée.
Dingo : Il y a un moment où ces deux là s'entraînent à la Keyblade ?
Sora : Kairi a essayé de se filmer en train de frapper un tas de pierre avec sa clé, mais la vidéo a été démonétisée à cause de la "glorification de la violence".
Dingo : Oh, je ne savais pas que vous étiez toujours en contact. C'est mignon.
Sora : En fait, elle l'a dit à ses 90 000 abonnés dans sa vidéo FAQ.
Donald : Dur.
Sora : En plus elle a même pas répondu à la question que je lui ai posée sur sa nouvelle coiffure…
Dingo : Bon eh bien je crois qu'on va essayer de se trouver quelque chose à faire !
Donald : Ouais, bonne idée. J'ai fait tellement peu d'exercice ces derniers jours que je me sens gonfler. Et Sora, à la première blague sur le foie gras, je te…
Sora : Snif…
Donald : Oh.
Le Gummiphone, connecté à l'écran ornant la vitre du cockpit, se mit alors à sonner. Dingo décrocha aussitôt.
Dingo : Oui ?
Deux petits écureuils apparurent à l'écran.
Donald : Tic ? Tac ? Qu'est-ce que vous nous voulez ?
Tic : Merlin !
Dingo : Non, moi c'est Dingo.
Tic : Non, je veux dire ! C'est Merlin ! Il a besoin de vous ! Il vous attend à la terrasse du Rat-le-Bol, dans la Cité du Crépuscule !
Tac : Faites vite !
La visio-conférence s'arrêta sans plus de cérémonie tandis que Sora, lui, se ressaisissait après son vilain coup de chagrin.
Sora : J'ai raté quelque chose ? Il m'a semblé entendre comme un bruit de magnétoscope rembobiné…
Donald : C'était juste Tic et Tac, qui sont restés au Château Disney. Ils voulaient juste nous dire qu'on devait aller faire un tour au restau de ce rongeur, là, à la Cité du Crépuscule.
Sora : Je… je crois que je vais à nouveau sombrer…
Dingo : Oh, je crois qu'il vient de se souvenir de Rémy.
Ce n'est donc pas tant par gaieté de cœur que par un vague sentiment de nécessité que nos héros firent cap vers le monde vespéral qu'ils avaient quitté quelques semaines plus tôt. Et c'est avec une certaine appréhension que Sora approcha des tables disposées devant le petit bistrot.
Sora : Vous croyez qu'il se souvient de moi ?
Donald : Qui, Merlin ? Compte pas trop là-dessus, t'as sans doute pas oublié qu'on l'appelait Merlin l'Alzheimer.
Dingo : À vrai dire, je me demande surtout ce qu'il nous veut.
Sora : Je parlais du rat. J'ai pas envie d'un nouveau cauchemar en cuisine, moi.
Comme prévenu, le vieil enchanteur était attablé, une petite tasse de thé devant lui.
Dingo : Merlin !
Merlin : Plaît-il ?
Donald : C'est nous.
Merlin : Oui ?
Donald : Tu sais…
Sora : Sora, Donald et Dingo.
Merlin : Ah ! Oui ! Moi, je suis Merlin. Enchanté.
Dingo : L'entraînement de Kairi et Lea se passe bien ?
Merlin : Qui ?
Donald : Oh misère…
Sora : Dites, Merlin, vous avez demandé à trique et truc de nous appeler pour un problème, mais vous avez pas l'air spécialement dans la mouise, alors on peut savoir ce qui se passe ?
Merlin : …
Sora : Vous savez, les espèces de rongeurs qui ont l'air d'avoir les poumons remplis d'hélium.
Merlin : Ah, oui ! Les ragondins !
Donald : Sans doute.
Merlin : J'ai fait appel à eux pour savoir s'ils avaient de la petite monnaie, car je n'ai pas envie de payer mon thé avec un billet de 500 munnies. J'étais loin de penser qu'ils feraient appel à de parfaits inconnus !
Sora : C'est une blague ?
Merlin : J'ai l'air de plaisanter, jeune homme ? Je ne suis même pas sûr qu'ils rendent la monnaie, ici.
Donald : Venez, on se casse.
Merlin : Si vous m'aidez, je vous récompenserai avec ce livre que voici.
Le magicien sortit de son cabat ensorcelé un livre à la couverture élimé, dont le titre était "Winnie l'Ourson".
Sora : Ah non !
Donald : C'est hors de question.
Dingo : Nous n'y retournerons plus jamais !
Merlin : Vous connaissez ? Pourtant, je ne l'ai montré qu'à une poignée d'élus…
Sora : Les piqûres d'abeilles, la balançoire infernale et le cache-cache de mes couilles, on a déjà donné !
Merlin : C'est très curieux. Rappelez-moi vos prénoms ?
Donald : Tiens, le serveur s'en vient vers nous.
Dingo : Zut, il a l'air décidé à faire payer Merlin.
Sora : OH MERDE ! Le rat est avec lui !
Donald : Et il a vu Sora.
Dingo : Le voilà qui tape dans ses poings d'un air sadique…
Sora : AAAaaah !
Paniqué, Sora n'eut pas de meilleure cachette, à l'instant T, que le livre que l'éminent sage avait ouvert devant lui.
Donald : Oh.
Dingo : Mais quel sale petit con !
Donald : Bon, ben j'imagine qu'on va devoir le suivre.
Dingo : Oui…
Et ils y entrèrent à sa suite. Ne me demandez pas comment.
Merlin : Ces garçons avaient l'air fort gentils, mais c'est la dernière fois que je laisse des inconnus entrer dans ce livre. Il est devenu bien trop dangereux, ces derniers temps.
Le vieil homme ne croyait pas si bien dire. Sora, le premier du trio à se réceptionner au fond du livre, découvrit que le paysage de val boisé et de verdure luxuriante avait laissé place… à un paysage de lande mal arrosée jonchée de détritus. La demeure de Winnie, qui paraissait jadis si accueillante, lui apparut comme un cloaque à éviter. Même le ciel, au-dessus de lui, avait viré de l'azur au grisâtre.
Sora : Ça a méchamment changé, ici.
? : Qui… qui… qui est là ?
Sora : Cette voix… Porcinet ?
En théorie, il s'agissait bien de Porcinet. Un Porcinet porteur d'une chaîne en or… ainsi que d'un pistolet 9mm plus grand que lui. Mais Porcinet tout de même.
Sora : …. Quoi ?
Porcinet : Bou… bou… bouge pas ou j'tire… f… f… fils de pute !
Sora : Ouaaah ! La violence ! C'était pas comme ça la dernière fois qu…
Porcinet : C'est m… moi qui pose les questions ! T'es avec les keufs ? C'est ça ? T'es avec les keufs ?! Boss ! On a un visiteur !
À la porte de sa maison, il découvrit le petit ourson, son ami de toujours, dans un smoking blanc impeccable, lunettes de soleil sur le nez et un cigare entre les doigts.
Winnie : Oh. Bonjour, Sora.
Sora : Euh… Salut, Winnie ! Tu peux dire à notre copain Porcinet que je viens en paix ?
Winnie : Pense, pense, pense… Mmmh… Non.
Sora : S'il-te-plaît ?
C'est à peu près à ce moment que Donald et Dingo descendirent à leur tour des cieux.
Donald : …
Dingo : …
Les deux premières choses qu'ils virent, ce fut un Porcinet tenant son pistolet de côté et un Winnie l'Ourson sur son trente-et-un.
Donald : O.K, par où est-ce qu'on sort ?
La troisième chose, ce fut l'arrivée soudaine d'un Coco Lapin tout de latex vêtu, jusqu'à son masque de cuir moulant qui ne laissait dépasser que ses oreilles. Avec un trou pour la bouche, et rien pour les yeux.
Dingo : Même pour moi, c'est un petit peu trop.
Donald : Il s'est passé quoi, ici, pendant notre absence ?
Sora : J'aimerais bien le savoir !
Porcinet : Ta g… ta gueule ! Coco Lapin, où en est l'interrogatoire ?!
Coco Lapin : Rien. Bourriquet ne veut toujours pas me dire où il a caché sa queue.
Dingo : Pfffrt…
Porcinet : ÇA T'FAIT RIRE ?! Fais gaffe ! J'ai la… la g… la gâchette facile !
Dingo : PPPpfffrtrrtt…
Porcinet : Le coup va partir tout seul !
Dingo : PPPFPPFFFERRTT…
Porcinet : Tu rigoleras moins avec un trou de balle dans la bouche !
Dingo : Hyuck !
Donald : Vas-y mollo, avec les double sens pervers. C'est un peu son point faible.
Porcinet : Les q… les quoi ?!
Winnie : Ça suffit, Porcinet.
Le maître des lieux – ou en tout cas celui qui en avait furieusement l'air – s'approcha du trio en l'inspectant longuement.
Winnie : Oui.. Vous ferez l'affaire…
Sora : L'affaire pour quoi, exactement ?
Winnie : Vous allez faire quelques… mini-jeux, pour nous…
Donald : NON ! NON NON NON ET NON !
Winnie : Porcinet.
Le petit cochon de quelques centimètres de haut n'était peut-être pas très doué avec les mots, mais aucun de nos héros ne voulait savoir s'il en était de même pour sa précision au tir.
Donald : D'accord, d'accord ! Qui est-ce qu'il faut pousser à la balançoire, cette fois ?
Winnie : On ne poussera personne… Suivez-moi à la "plantation".
Sobra : La plantation ?
Coco Lapin : On a un problème avec elle.
Sora : Vous avez un problème dans votre plantation ?
Donald : Sora, c'est pas le moment.
Sora : Désolé, Riku et sa passion du vieux répertoire français ont déteint sur moi.
Coco Lapin : Figurez-vous qu'on a compris pourquoi ça pousse pas.
Dingo : Dites voir, une question me taraude un peu…
Il détailla chacun de ses trois interlocuteurs : un parrain de la mafia, un petit délinquant lourdement armé et une espèce de pervers sado-maso en cuir moulant.
Dingo : Hum… Votre plantation, par hasard, est-ce que ça ne serait pas du… ?
Winnie : Des pommes...
Dingo : Pardon ?
Winnie : On a aussi des poires…
Porcinet : Et quelques p… p… pêches
Coco Lapin : Ainsi que d'excellents abricots.
Sora : Foutreciel, on est tombés sur des trafiquants de salades de fruits.
Coco Lapin : Mais on a un problème avec notre récolte.
Donald : Qui est… ?
Coco Lapin : Elle ne peut pas pousser sans l'aide d'un mini-jeu.
Sora : Quoi ?
Winnie : C'est triste… mais notre monde est ainsi fait…
Donald : Et vous faites comment, d'habitude ?
Winnie : Notre ami Bourriquet s'en charge…
Dingo : Mais comment ça se fait qu…
Winnie : Malheureusement… notre ami Bourriquet est actuellement dans la cave de Coco Lapin… avec un sac sur la tête… et quelques hématomes…
Sora : Une sombre affaire de queue, si j'ai bien compris ?
Dingo : Ppfrrrrt…
Sora : La ferme, Dingo !
Dingo : Oui, oui, bon…
Winnie : Une fâcheuse histoire… vraiment…
Coco Lapin : Quelqu'un a prévenu les flics de ce qu'il se passait ici, alors on est un peu sur les crocs, vous comprenez.
Porcinet : C'est Bou… Bourriquet qui a fait le coup ce co… co… connard de merde !
Donald : Prévenu les flics de quoi ? Je veux dire, à part le port d'arme prohibé et le flagrant délit de mauvais goût vestimentaire, je vois pas trop ce qui peut vous inquiéter.
Sora : Ils ont peut-être illégalement téléchargé des films.
Dingo : Monstres !
Winnie : En attendant que nous trouvions qui est la taupe… il faut bien que quelqu'un mette les mains… dans le cambouis…
Porcelet : Toi ! Le grand !
Sora : Qui ça ? On est tous grands, par rapport à t…
Un déclic mécanique le poussa au silence.
Porcinet : L'autre grand ! Le grand grand !
Dingo : Moi ?
Porcinet : Ta tronche me rev… revient pas ! Vas-y !
Le capitaine de la garde royale de Disney s'avança d'un pas hésitant au milieu du verger où poussaient des arbres de toutes sortes.
Dingo : Hum. Je fais quoi, du coup, maintenant ?
Winnie : Tu dois propulser… des fruits vers d'autres fruits de même couleur en les alignant… pour les récolter…
Dingo : Pardon ?
Porcinet : On répètera pas ! Vas-y, tête de… de… con !
Donald : C'est pas un peu un vieux mélange de Puzzle Bobble et Candy Crush, votre truc ?
Coco Lapin : NON ! C'EST FAUX ! ON A LES DROITS POUR CE MINI-JEU ET TOUS LES PAPIERS POUR LE PROUVER !
Donald : D'accord, d'accord…
Winnie : Coco Lapin… prend tout ça très à cœur…
Dingo : Bon eh bien je… je vais m'y mettre, hein.
Winnie : Coco… ? Porcinet… ? À vous de jouer…
Le petit porcelet appuya sur le bouton d'une chaîne hi-fi, lançant une petite musique guillerette tandis que le lapin s'avançait dans une symphonie de bruits de cuir trop serré jusqu'à un emplacement précis, à quelque distance de Dingo.
Dingo : Quelqu'un va m'expliquer ? Je veux dire… m'expliquer un peu mieux que Porcinet.
Winnie : Coco Lapin va maintenant… t'indiquer quel fruit il souhaite voir en grande quantité… et tu vas lui donner…
Le Coco en question brandit alors une pancarte sur laquelle on pouvait voir le dessin d'une cerise.
Dingo : Je suis vraiment obligé ? Il y a des pommes juste à portée de m…
Coco Lapin : NON ! TU PEUX PAS ! IL Y A DES RÈGLES !
Dingo : Bon, bon.
Winnie : Tout ceci est très… codifié…
Dingo saisit alors une cerise et la lança sur un cerisier pour en faire pousser des fruits. Ces derniers mûrirent instantanément, se décrochant de leurs branches respectives et roulant jusqu'aux pieds du maraîcher en herbe.
Dingo : Oh.
Porcinet : Allez ! C… c… continue, salope !
Dingo : Du calme ! On ne se connaît pas encore assez pour ça !
Sora : Pourquoi tu te caches les yeux, Donald ?
Donald : C'est le seul moyen que j'ai pour empêcher mon cerveau de se poser des questions.
Sora : Ah…
Le reste de la récolte se fit dans une atmosphère lourde, en dépit de l'apparente bonne humeur de la musique qui accompagnait ces longues minutes. Lorsque enfin, le panier fut rempli, Dingo parut soulagé de retourner à sa place, auprès de ses compagnons.
Dingo : Je n'ai jamais été aussi gêné de ma vie ! Et pourtant, j'en ai fait des cochonn…
Donald : Je crois que ça suffira, Dingo…
Sora : On peut y aller, maintenant ? On a quand même un univers à sauver, tout ça…
Porcinet : Personne ne s'casse d'ici sans que le boss l'autorise ! COMPRIS ?!
Winnie : Tout à fait… Et puis nous devons toujours trouver… qui est la taupe des policiers…
Chacun adressa à l'autre un regard suspicieux, et dans cette ambiance pesante on entendit au loin des rebonds accompagnés de gloussements.
? : Ho ho ho ho !
Sora : Cette voix…
Et soudain, il fut là. Vêtu d'un simple caleçon et couvert de sang séché, Tigrou avait rejoint la bande.
Donald : Misère, c'est de pire en pire…
Tigrou : Ho ho ho ! Démembrer ses proies avec ses crocs et les cacher sous le lit avant l'arrivée de la police, c'est ce que les tigres font de mieux !
Dingo : Là-dessus, on ne peut pas lui donner tort.
Winnie : Ah, Tigrou… Alors, qu'ont donné tes recherches… ?
Tigrou : Petit Gourou est hors de cause, chef. Maman Gourou lui a retourné le cerveau et il a rejoint son culte à la gloire de Nyarlathotep. Ho ho ho !
Winnie : La famille… c'est compliqué…
Coco Lapin : Ce n'est donc pas lui, la taupe…
Tigrou : Non, mais je peux quand même y retourner pour les planter et balancer leur corps lesté de béton au fond d'un canal, ho ho ho !
Winnie : Ce ne sera pas… nécessaire… mon ami Tigrou…
Tigrou : Oh.
Le regard du félin fou se tourna vers les trois intrus et il sembla enfin remarquer leur présence. Il se lécha les babines en observant Donald.
Donald : Hé j'ai une idée et si on faisait un nouveau mini-jeu qu'est-ce que vous en pensez c'est une bonne idée non allez on y va !
Winnie : Ma foi… c'est une excellente initiative… Coco Lapin… amène-les au… potager…
Coco Lapin : Bien, boss.
Le potager en question n'était qu'à une poignée de pas.
Donald : D'accord, donc… euh… je dois récolter quoi, cette fois ?
Coco Lapin : Des carottes, des aubergines, des courgettes, des concombres, des poireaux…
Dingo : Demande-lui pourquoi ils ont besoin d'autant de métaphores phalliques.
Donald : Dingo, s'il-te-plaît.
Coco Lapin : Les légumes, c'est important pour la santé.
Tigrou : Ça accompagne une bonne viande, ho ho ho !
Porcinet : Un esprit dans un corps sain, fils de… de p… de pute !
Donald : O.K, et pour les récolter, je dois… ?
Coco Lapin : Lancer les légumes sur les plants en train de pousser pour faire venir la récolte à toi.
Winnie : C'est pourtant clair…
Donald : Clair. Oui. Parfaitement clair. Je… Ça va aller. Sois fort, Donald. Tout ceci est logique. Lo-gique. Une logique propre à ce monde, certes, mais tout va bien se passer.
La musique se lança, le mage royal saisit un cucurbitacée et… fit l'erreur de regarder la pancarte de Coco Lapin soulevait joyeusement avec un dessin d'aubergine.
Donald : Nom de…
Et là, le black-out. Lorsque Donald rouvrit les yeux, il se trouvait au sol, maîtrisé par Tigrou, Coco Lapin et même Porcinet qui s'était efforcé de participer à son échelle en lui maintenant fermement un bout du talon.
Donald : Qu'est-ce que… j'ai fait… ?
Sora : Euh… ben c'est un peu confus, mais…
Dingo : D'un coup, t'as perdu le contrôle.
Sora : Tu t'es mis à baver.
Dingo : Et à hurler des trucs.
Sora : Je crois que c'était des insultes en allemand.
Dingo : Ou en néerlandais.
Sora : Je suis presque sûr que c'était de l'allemand.
Dingo : Ensuite t'as lancé tes légumes sur le potager et ça a fait pousser plein d'autres légumes qui sont venus à toi.
Sora : Et tu les as lancés à leur tour.
Dingo : Il y avait une montagne de légumes à tes pieds.
Sora : Sauf que tu t'es pas arrêté là.
Dingo : Tu les as lancés sur nous.
Sora : Et Dingo s'est penché.
Dingo : Désolé, j'ai paniqué.
Sora : Et puis les amis de Winnie ont été ciblés.
Dingo : Du coup ils t'ont sauté dessus.
Sora : T'en as traité un de "geitenneuker".
Dingo : Je suis à peu près sûr que c'est du néerlandais.
Winnie : Tu as de la chance… d'avoir été efficace dans ta récolte… sinon tu dormirais avec les poissons…
Tigrou : En petits morceaux, ho ho ho !
Donald : D'a… d'accord… Promis, je me calme. Vous allez me laisser me relever, maintenant ?
Le tigre et le lapin se tournèrent vers Winnie, qui opina du chef. Seul Tigrou le vit, toutefois, puisque comme il a été mentionné précédemment, le masque en latex de Coco Lapin couvrait même ses yeux.
Winnie : Bien... Nous avons des fruits et des légumes… mais toujours aucune idée de qui est le traître…
Le duel de regards recommença, avant d'être interrompu cette fois-ci par du grabuge sous leurs pieds.
Sora : Qu'est-ce qui… ?
La tête d'une taupe surgit sous ses jambes.
Grignotin : Hey.
Sora : AAaah !
Winnie : Bonjour, Grignotin… Comment va notre "laboratoire"… ?
Grignotin : Au poil, boss.
Sora s'écarta d'un bond et le petit mammifère surgit un peu plus de son trou. À bien y regarder, il était vêtu d'une combinaison blanche et portait, au-dessus de la tête, un masque de protection respiratoire prêt à être rabattu à tout instant.
Sora : T'es qui, toi ?
Grignotin : Je suis le danger !
Dingo : Écoutez, ce n'est pas qu'on vous aime pas… mais nous, on aimerait vraiment rentrer chez nous.
Porcinet : Les soupçons sont pas levés, sa… sa… sale enfoiré !
Winnie : Je peux peut-être consentir à… vous laisser partir sans histoire…
Coco Lapin : Boss !
Sora : Ah ?!
Winnie : Uniquement si vous nous rendez un dernier petit service…
Sora Ah…
Donald : Laissez-moi deviner… Il faut récolter un truc avec un mini-jeu ?
Winnie : Grignotin… montre leur le chemin…
La taupe chimiste les conduisit alors vers une prairie, située un peu en marge de la maison de Winnie. Les fleurs y étaient regroupées par couleur.
Grignotin : C'est pas pour me vanter, mais c'est moi qui ai fait pousser tout ça !
Sora : C'est bien, René.
Winnie : Tu sais ce qu'il te reste à faire… mon ami Sora…
Sora : Ah merde, c'est vraiment moi qui dois m'y coller ?
Dingo : Eh oui ! Donald et moi l'avons déjà fait !
Donald : Quelque chose me dit que personne ne veut me revoir lancer des trucs.
Coco Lapin : C'est simple. Il suffit de lancer des fleurs sur celles de la même couleur pour que des abeilles viennent en masse la butiner, la ramener à la ruche, la transformer en miel, mettre le miel en pot et déposer le pot à mes pieds.
Sora : Ouah ! Tout ça en une seconde ?
Donald : Gnnn…
Dingo : Tu peux te cacher les yeux comme tout à l'heure, si tu veux, Donald.
Coco Lapin : Je t'indiquerai sur ma pancarte quelle couleur de fleur je veux.
Sora : Euh… d'accord.
À nouveau résonna la petite musique guillerette du mini-jeu. Mais Sora ne bougea pas d'un iota.
Sora : Euh…
Coco Lapin : Eh bien alors ?
Grignotin : Il y a un problème ?
Sora : Tout le monde me regarde. Ça me bloque.
Winnie : Tout ceci est ridicule…
Sora : Non mais sérieusement, vous pouvez regarder ailleurs ? J'aurai déjà l'air suffisamment ridicule à taper dans des fleurs avec ma Keyblade, alors si en plus on me voit…
Donald : Fais pas ta chochotte.
Dingo : Tu es bien placé pour parler…
Sora : Bon, bon…
Au moment où il allait se mettre au travail, un détail attira son attention.
Sora : Dites… l'éléphant rose moche qui se cache derrière la maison de Winnie en croyant qu'on l'a pas vu, il était là, toute à l'heure ?
Winnie : Comment… ?
Coco Lapin : De quoi est-ce qu'il parle ?!
Tigrou : Ho ho ho ! Il voit des choses !
Donald : Un peu de sérieux, Sora.
Dingo : Dis-toi seulement que c'est un mauvais moment à passer.
Sora : Bon…
Winnie : Maintenant… tu vas faire ce qu'on te dit de faire… Sinon on te tue…
Sora : Oh ! Ben allons-y, hein !
Contre toute attente, Sora s'amusa comme un petit fou.
Sora : Yah ! La bleue sur les bleues ! Et la rouge sur les rouges ! Prenez ça ! Encore ! Et encore !
Un tel étalage de sa joie en devint même malaisant pour son public.
Sora : C'est addictif, cette connerie !
Donald : Rappelez-moi de ne jamais mettre Candy Crush entre ses mains.
Coco Lapin : POUR LA DERNIÈRE FOIS, ÇA N'A RIEN À VOIR AVEC CANDY CRUSH !
Sora : Pfiou ! Regardez tout ce miel que j'ai récolté.
Winnie : Bien… ce miel… est à moi…
Dingo : Super ! Ça veut dire qu'on peut partir ?
Winnie : Pense… pense… pense…
Sora : S'il vous plaît ?
Winnie : Tigrou… ? Tue-les…
Tigrou : Ho ho ho !
Donald : C'EST PORCINET LE TRAÎTRE !
Porcinet : Qu.. qu… quoi ?!
Coco Lapin : JE LE SAVAIS PUTAIN !
Porcinet : N… non ! Attends je…
Coco Lapin sortit un fouet d'une poche indéterminée et s'en servit pour étrangler le petit porcelet.
Tigrou : Ah non ! C'est moi qui tue les gens ici ! Ho ho ho !
Là-dessus, le tigre en roue libre bondit de toutes ses forces aux côtés de Coco – écrasant Grignotin sous l'impact – et lui trancha la jugulaire. Cela n'empêcha pas Porcinet de rendre son dernier souffle en pressant la gâchette. La balle vint se loger à l'arrière du crâne de Tigrou, qui s'effondra.
Sora : Hum…
Winnie, lui, s'était coincé dans son pot de miel.
Winnie : Est-ce que quelqu'un… pourrait m'aider… ?
Les trois héros se regardèrent.
Sora : …
Donald : …
Dingo : …
Sora : Moi, je pense que c'était René, la taupe.
Donald : Allez viens, Sora. On se casse.
La dernière chose que vit Sora en quittant les lieux par l'espèce de petit halo lumineux dans un coin de la clairière, ce fut un éléphant rose s'approchant silencieusement de l'ourson emprisonné.
Puis tout redevint bruyant, chaleureux et éclairé d'une lumière crépusculaire.
Sora : Ouah ! Il fait meilleur ici !
Donald : Qu'est-ce que c'est que c'étaient que ces conneries, Merlin ?
Merlin : Que… qui êtes-vous et comment êtes-vous sorti de mon livre ?!
Dingo : Désolé, on avait dû y entrer précipitamment… Mais comment ça se fait que le monde de Winnie ait autant changé ?!
Merlin : Changé ? Oh… Alors c'est vrai… Je me disais que c'était probablement une mauvaise idée de glisser cette œuvre dans mon cabas magique à côté du DVD de Scarface que mon cousin m'a prêté. Les accidents sont vite arrivés.
Sora : Ouaaais d'ailleurs en parlant d'accident…
Donald : On préfère vous prévenir qu'il vaut mieux pas retourner dans la Forêt des Rêves Bleus pour quelques temps…
Merlin : Vraiment ?! Mais pourquoi ? Comment ? Et puis qui êtes-vous et qu'est-ce que vous faites à ma table ?!
Dingo : Je crois que ça ne sert à rien de continuer à lui expliquer. Retournons au Gummi.
Ne restait plus, à bord du vaisseau éponyme, qu'à trouver quelque chose à faire pour oublier très vite leur mésaventure.
Donald : Je propose de rendre ce qui vient de nous arriver non-canon.
Sora : Non-canon ? Ça veut dire quoi ?
Donald : Que tout ça s'est produit dans un univers alternatif et qu'on n'est pas tenus d'y faire référence.
Sora : Mais c'est super pratique, comme concept !
Dingo : Si seulement la vie était aussi simple…
Donald : En même temps vous proposez quoi, vous, pour vous débarrasser de l'image mentale d'un lapin recouvert de cuir noir étranglant un porcelet avec un fouet ?
Sora : Ben… en ce qui me concerne j'avais réussi à plus y penser jusqu'à ce que t'en parles…
Dingo : Et qui te dit que tout le monde ici veut l'oublier ?
Donald : Eurk….
Sora : Sinon, moi je propose d'aller dans le Royaume des Ténèbres !
Donald : Quoi ? Ça sort d'où, cette idée moisie ?
Sora : Je sais pas. J'ai envie de me défouler et puis on va quand même pas laisser l'Organisation XIII gagner, non ?
Donald : Mais t'as même pas appris le pouvoir de l'Éveil !
Dingo : Et on ne sait pas comment y aller !
Donald : Et qui te dit que c'est pas ce qu'ils veulent ?
Dingo : Et je suis à court d'arguments !
Sora : Bon, bon… Cela dit, peut-être que Riku et le roi peuvent nous aider, non ?
Donald : Primo, ils te diront rien. Deuzio, on en revient à notre problème initial, qui était d'attendre d'eux un message qui ne vient pas.
Aussitôt, justement, leur vint un message : le Gummiphone se mit à sonner, et Sora se précipita sur le bouton lui permettant de décrocher.
Sora : Riku !
Presque : ce fut le visage d'Ienzo qui apparut à l'écran.
Sora : Oh…
Ienzo : *Je… je suis navré de ne pas être celui que tu attendais…*
Sora : Ouais, moi aussi. C'est pour quoi ?
Ienzo : *Hum… Je voulais juste te dire que… euh.. Nos recherches avancent.. Enfin un peu.. sur cette histoires de Répliques. Even a disparu, mais ses recherches subsistent.*
Sora : Ouais. O.K. Cool. Tu sais comment on entre dans le Royaume des Ténèbres ?
Ienzo : *J'ai aussi décrypté un message sur l'ordinateur d'Ansem qui parle de toi.
Donald : Vraiment ? Qu'est-ce que ça dit ?
Ienzo : Voyons voir… "J'ai découvert trois cœurs uniques à l'intérieur de celui de Sora. L'un d'eux est Roxas. Le deuxième est avec lui depuis tout aussi longtemps. Et le troisième réside dans le cœur de Sora depuis tant d'années qu'il s'est même construit une espèce de cabane avec des bouts de tissus organiques. C'est une découverte stupéfiante, et quand même vachement terrifiante aussi. Sora détient les souvenirs de ces trois gusses, et en réunissant chaque cœur avec ses souvenirs et en trouvant un corps adapté pour chacun, ces trois personnes pourraient redevenir réelles. Enfin je crois."*
Sora : Mmh…
Ienzo : *Étonnant, non ?*
Sora: D'accord, mais du coup, tu sais comment on entre dans le Royaume des Ténèbres ?
Donald : Sois poli, bordel. Le mec vient de te faire une grosse révélation sur ton subconscient.
Sora : Bof, on était déjà au courant, non ? Le premier doit être Roxas, le troisième Ventus, et… euh…
Donald : Ben ouais, on a aucune idée de qui peut bien être le deuxième. Une idée, Dingo ?
Dingo : Ne me demande pas ça à moi. J'ai complètement arrêté de suivre les histoires de cœur de Sora.
Donald : Au moins, c'est honnête…
Sora : Bon, merci quand même hein Hanzo.
Ienzo : *Je m'appelle Ienz…*
*Le Gummiphone raccrocha.*
Pendant ce temps, à une infinité de minutes-lumières de là (ce sont comme les années-lumières, mais en plus court).
Dr. Leuleu : Bon. Finissons ça vite, Billy. Le jeu d'aujourd'hui ne doit tout de même pas être si compliqué, si ?
Billy : Ah ben vous verrez bien, m'sieur Leuleu. C'est un jeu qui est d'abord sorti sur téléphone portable pis sur console portable pis ils en ont fait un film de 3 heures parce que le jeu était chiant finalement.
Dr. Leuleu : Ça… commence bien.
Billy : En fait c'est Mickey qui découvre que le journal du type a une nouvelle phrase qui dit qu'il faut remercier une fille. Eux ils la connaissent pas mais nous on sait que c'est la blonde avec le crayon. Vous vous souvenez de la blonde avec le crayon, m'sieur Leuleu ?
Dr. Leuleu : Non.
Billy : D'accord donc comme ils comprennent pas Mickey, Donald et Dingo décident de pirater le livre pour le transformer en PC d'ordinateur.
Dr. Leuleu : Que…
Billy : Du coup ils créent une nouvelle version du type mais en mode cyber et tout
Dr. Leuleu : Mais…
Billy : Du coup le cyber type il doit refaire tout ce qu'y a dans le journal parce que je suppose que c'est comme ça que ça marche. J'ai jamais essayé de pirater des trucs, moi, à part la boite mail de ma sœur mais j'ai réussi que parce qu'elle avait mis "azertyiop" en mot de passe.
Dr. Leuleu : …
Billy : Ça va pas, m'sieur Leuleu ?
Dr. Leuleu : Ra… rappelez-moi de changer mon mot de passe.
Billy : Ah bon d'accord. Du coup il va dans tous les mondes du premier jeu parce que c'est plus facile que de créer des nouveaux mondes et il doit affronter des bugs qui sont des vieux carrés noir et rouge tout moches, même que des cafards noirs attaquent le Château Disney où y a les gens vrais, mais en vrai, ces gens vrais sont eux-mêmes dans un PC d'ordinateur depuis le début.
Dr. Leuleu : Hum…
Billy : C'est comme Inception mais avec Internet Explorer, m'sieur Leuleu.
Dr. Leuleu : Ça ne m'aide pas beaucoup.
Billy : Du coup ils sont sauvés par l'ami du type, qui en vrai est le cyber ami du type qui est le journal qui s'est créé une personnalité parce que pourquoi pas. Et Maléfique et le gros qui est toujours avec elle ils décident de venir foutre la merde parce que c'est mercredi et qu'il y a rien à la télé. Même qu'ils volent la clé géante du cyber type qui a toujours pas compris que c'était juste une espèce d'antivirus gratuit. Mais comme c'est un jeu vidéo japonais il arrive quand même à la récupérer par la force de l'amitié et il botte le cul de Maléfique et le gros mais il veut les sauver même si ça efface ses souvenirs parce qu'il est gentil mais ça sert à rien vu qu'ils disparaissent avant d'être sauvés.
Dr. Leuleu : …
Billy : Du coup Mickey retourne dans le vrai monde en laissant le cyber type derrière et efface le journal mais le journal lui dit après qu'y a une nouvelle porte ouverte qui correspond aux données ajoutées par le journal qui est le cyber ami du type, et du coup Mickey crée une nouvelle version cyber du type parce que l'autre est devenue toute nulle et amnésique et il l'envoie dans le nouveau monde ouvert qui en fait est le monde du jeu qui était entre le premier et le deuxième dans l'espèce de château de la Foir'fouille où il traverse les précédents mondes et se rappelle qu'il a oublié des trucs et il est déprimé et honnêtement j'ai arrêté de suivre parce que j'ai rien compris et avant de venir j'ai juste lu un résumé sur le net et il finit par croiser un mec en robe de l'organisation des méchants qui en fait est son sosie. Du coup le cyber sosie du cyber type ouvre une porte vers la cyber blonde avec son crayon qui le traite de clé et lui dit que c'est lui qui connecte ensemble tous les personnages qu'on contrôle dans la série.
Dr. Leuleu : …
Billy : Ça va, m'sieur Leuleu ? Oubliez pas de changer votre mot de passe, hein.
Mais Jean-Jacques Leleu ne répondit pas. Il pleurait.
