Chapitre 11 - Laisse la Sortir
Sora : Donald ?
Donald : Quoi, encore ?
Sora : Si je comprends bien… ta super magie est capable de nous transformer en peuple des mers, en déguisements de Halloween, en animaux de la savane ou en monstres moches… mais elle peut pas nous coller un MANTEAU sur le dos ?.
Dingo : Atchaa !
Sortir dans leurs vêtements civils dans une forêt enneigée n'était effectivement pas la meilleure idée que le groupe ait eu depuis le début de son aventure. Pas plus que celle de se poser sur ledit monde enneigé afin de tromper l'ennui.
Donald : Combien de fois je vais devoir te le dire ? Ça marche pas comme ça, la magie ! Et quoi, après ? Je fais apparaître une cafetière et du grain à moudre ? Et les torréfacteurs, ils font comment pour vivre ?
Dingo : Tu ne te posais pas ce genre de questions, avant que ce soit interdit au royaume Disney…
Donald : Dingo, la ferme !
Sora : Bon, dépêchons-nous de tuer un ours et de lui choper sa fourrure, alors…
Dingo : Tiens ? J'aperçois du mouvement, à la surface du lac.
Donald : Il pue la magie à plein nez, ton mouvement.
Le lac en question se transformait peu à peu en banquise au passage d'une silhouette emmitouflée sous plusieurs couches de vêtements.
Sora : Une fille ! Sautons-lui dessus pour la déshabiller !
Dingo : Sora, enfin ! Il faut au moins lui offrir des fleurs, avant !
Sora : Mais je veux juste ses fringues, moi !
Il leur sembla entendre la jeune femme crier des choses au loin, mais la distance les empêcha d'entendre quoi que ce fut.
Sora : Eeeet… elle est partie.
Donald : Poursuivons-la.
Dingo : Ne me dis pas que tu en as aussi après ses frusques, bichon !
Donald : J'en ai surtout après les renseignements qu'elle peut nous apporter sur cet endroit. Et puis est-ce que je dois encore vous faire mon laïus sur ce qui se passe à chaque fois qu'on croise notre premier autochtone sur un nouveau monde ?
Sora : Bla bla bla… On se retrouve embarqués dans une quête pour sauver la planète et taper sur des trucs. Allons-y, avant de geler sur place.
Impossible de passer par le lac, dont la surface était redevenue liquide après le passage de l'étrange magicienne. Sora, Donald et Dingo n'eurent donc d'autre choix que de le contourner en direction de l'immense montagne qui se dressait au loin. Une montagne qui, ils le sentirent inconsciemment, devait forcément être sa destination.
Sora : Vous trouvez pas qu'il manque quelque chose ?
Dingo : À quoi tu penses ?
Une demi-douzaine de Sans-cœurs à l'apparence de cervidés d'un bleu glacial apparurent autour d'eux pour les cerner.
Sora : À ça.
Donald : Je sens que ce bon vieux sort de Brasier va m'être utile, dans le coin.
Sora : Et ça te fait rien de mettre des chauffagistes au chômage ?
Donald : Ce sont nos ennemis que je vais mettre au chômage, une fois que je t'aurai réduit en cendres.
Dingo : Vous vous échangerez vos cordialités plus tard, les amis !
Le sort de Brasier ne fut effectivement pas de trop pour balayer la horde de monstres. Ceci fait, nos amis se remirent à courir après la jeune femme, pour finalement la rattraper au pied de la montagne.
Sora : Hé… ffuu… euh… fuu… toi…
? : Pardon ?
Donald : Ce qu'il… fuuu.. Essaie de… fuu… de dire en… en reprenant son souffle, c'est…
? : Je ne comprends pas…
Sora : "Hé, toi !"
? : Oui ?
Sora : C'est ce qu'on essayait de dire.
? : D'accord.
Sora : Voilà.
Donald : Mais sinon, vous êtes qui ?
? : Mon… mon nom est Elsa, mais si ça ne vous dérange pas, je vais poursuivre ma…
Dingo : Vous n'avez pas l'air bien… Je vous assure qu'on en a pas après vous. Enfin, pas moi.
Elsa : Je… me disais juste que c'était une… une… une façon étrange de… briser la glace.
Dingo : Quoi ?
Elsa : Oh, non ! Je suis navrée !
Sora : Bof, le calembours était mauvais mais c'est pas une raison pour se mettre dans des états pareils.
Donald : C'est vrai ça, Sora le fait tout le temps et regardez-le ! Il a même pas honte !
Sora : Hé !
Elsa : Vous ne comprenez pas ! Je ne peux pas m'empêcher de faire des jeux de mots sur la glace ! C'est ma… ma frimas-lédiction !
Dingo : Oh ! Celle là était si mauvaise que j'en ai mal physiquement !
Donald : Non, ça c'est parce que tu t'es fait frapper par un des Sans-cœurs qui sont apparus en scred derrnière nous.
Sora : Aïe ! Ils s'invitent toujours quand on est occupés, ceux-là !
Elsa : Oh !
Du bout des doigts, elle fit apparaître un stalactite qui se logea entre les deux yeux de la créature qui l'attaquait.
Sora : Joli !
Donald : C'était de la magie ? Bien joué.
Elsa : Oui, c'est allé de pair avec ma terrible affliction.
Donald : J'imagine qu'il y a un prix à payer pour tout…
Dingo : C'est à cause de ça que vous aviez l'air en train de fuir quelque chose ?
Elsa : Quoi ? Oh, non ! C'est juste qu'après m'être enfermée dans ma chambre pendant toute mon adolescence, j'ai accepté d'en sortir quand ma sœur cadette s'est mariée avec un inconnu…
Sora : Y a… beaucoup trop de choses qui vont pas dans cette phrase.
Elsa : … Et en ouvrant la bouche à la réception, j'ai malencontreusement jeté un froid. Oh non ! Je… je suis confuse ! Adieu !
Rougissant de honte, la princesse au verbe glacial s'enfuit à grandes enjambées. Mais avant même que Sora, Donald et Dingo pussent se lancer à sa poursuivre, elle généra sur ses pas un mur de glace.
Sora : Hé ! Reviens ! Ou donne-nous au moins ton écharpe, bordel !
Donald : Ça va être long de fondre tout ça.
Sora : Atchaa !
? : À tes souhaits !
Sora : Merci.
Dingo : Euh…
Donald : Sora ?
Sora : Oui ?
Dingo : Tu devrais te retourner, lapin.
Une femme se tenait derrière eux, vêtue d'un manteau de l'Organisation XIII. Elle avait les cheveux blonds plaqués en arrière sur sa tête, les yeux dorés et, accessoirement, un sourire à s'en décrocher la mâchoire.
? : Hééééé Soraaaa ! Comment ça vaaaaa ?
Sora : Euh… On se connaît ?
? : Mais oui ! C'est moi ! La Fée Clochette en grand !
Sora : Ouah ! C'est vrai ?
? : Nan.
Donald : Voyons voir… La robe noire, check. La téléportation dans notre dos, check. La conversation avec Sora seulement en faisant comme si on existait même pas, check.
Dingo : Bouhouhou…
Donald : Dis-moi, tu serais pas une autre de ces alcooliques anonymes, par hasard ?
? : Anonyme ? Je m'appelle Laryenne !
Sora : Ça fait pas un peu nazi ?
Laryenne : Et Sora, ça fait pas un peu gonzesse ?
Sora : Je…
Dingo : Snif… snif… je sens quelque chose…
Donald : Si ce sont des ingrédients de cuisine, t'es légèrement hors sujet.
Dingo : Non ! Ça sent comme… snif… DE LA TEQUILA !
Laryenne : Aye cabrón. Moi, mon truc, c'est l'électricité gratuite et la cruauté statique. Ou l'inverse.
Donald : Et maintenant, j'imagine que tu vas nous sortir un petit discours sur le fait qu'on doit se tenir éloignés d'Elsa pour le bien de vos petites manigances ?
Laryenne : Quoi ? Naaan, je vais juste vous enfermer dans un palais des glaces labyrinthique.
Sora : Mais pourquoi ?!
Laryenne : Eh… J'sais pas. Parce que je m'ennuie ?
Dingo : C'est honnête.
Donald : Et pourquoi un labyrinthe de glace ? T'es pas censée manipuler l'électricité, pour citer tes propres mots ?
Laryenne : Ben vous mourriez beaucoup trop vite, dans un labyrinthe de foudre.
Donald : Ah.
Dingo : C'est honnête aussi.
Laryenne : Bon allez, je m'y mets.
Sora : Quoi ? On a même pas notre mot à dire ?!
Laryenne : Si, mais un simple Pitié !" suffira. Ou bien "Au secours !" J'accepterais même un "Désolé les amis, mais je vais devoir manger l'un d'entre vous pour survivre".
Donald : Espèce d…
Laryenne : Bisous !
Il n'eut pas le temps de terminer sa phrase que les blocs de glace composant le mur se détachèrent pour former une enceinte tout autour d'eux. Et l'enceinte grandit, grandit, à mesure que d'autres blocs venus d'on-ne-sait-où apparaissaient à leur tour. Lorsque le dernier bloc eut recouvert le toit tel un igloo taille XXL, nos héros étaient loin de se douter que le palais des glaces s'étendaient sur plusieurs centaines de mètres et une multitude de salles.
Sora : Alors ça, c'est ballot.
Dingo : C'est moi ou il fait encore plus froid que dehors ?
Donald : J'en sais rien, je sens plus aucun de mes membres.
Sora : Le meilleur moyen de se réchauffer, c'est de se mettre à bouger !
C'est ainsi que l'on vit Sora sauter à pied joint le long des couloirs bleutés, bondissant sur les Sans-cœurs qui avaient l'audace de s'approcher d'eux.
Donald : Tu lui donnes combien de temps avant de glisser et de se casser un truc ?
Sora : Prenez ç… Aaaah !
Dingo : Un quart de seconde.
Le jeune homme n'eut toutefois rien qui ne pût être soigné par une thérapie à base de sorts de soin. La suite de leur errance dut se faire dans un calme relatif, entre les salles toutes similaires entre elles.
Dingo : Est-ce qu'on ne pourrait pas tout simplement faire fondre les parois pour progresser ?
Donald : Bien sûr que si. On risquerait seulement de voir le reste de la structure nous tomber sur le coin de la tronche quand les fondations seront plus assez solides.
Sora : Tu peux essayer tant que tu veux de t'accrocher à la logique, le fait est qu'une espèce de lanceuse d'éclairs vient de nous enfermer dans un donjon glaciaire plus grand que le Château Disney.
Dingo : C'est vexant, quand on y pense…
Donald : Je suis sûr qu'il y a une explication rationnelle.
? : *Du coup, quand est-ce que vous vous entre-dévorez ?*
Sora : Ah !
Dingo : Sora, ça venait de ta poche !
Sora : Comment elle y est entrée ?! C'est peut-être VRAIMENT la Fée Clochette…
Mais en plongeant la pogne dans sa poche, il en sortit son Gummiphone. Lequel affichait le visage rayonnant de leur geôlière.
Sora : Hé, comment ça se fait que t'apparais là-dedans sans que le bidule sonne ?
Laryenne : *Une pirate ne révèle jamais ses secrets.*
Dingo : Ça ne devrait pas être "une magicienne", plutôt ?
Donald : Elle dit ça parce qu'elle nous a piratés, Dingo.
Dingo : Oh.
Laryenne : *Dites donc, mes cochons, vous nettoyez jamais vos traces derrière vous ? Y a plus de virus là-dedans que dans le labo secret de Veyen !*
Sora : Dégage de là ! C'est pas tes affaires !
Laryenne : *Vous élevez un ranch à chevaux de Troie, c'est ç… ?
Les moqueries cessèrent dès que Sora éteignit l'appareil.
Sora : Aaah… Ça fait du bien quand ça s'arr…
Laryenne : *Nooon ! Le bouton Power ! Ma seule faiblesse ! Aaaaargh !*
Sora : Comment t'as fait pour revenir ?!
Laryenne : *Mmh… Argh ?*
Donald : Ne rentre pas dans son jeu, Sora. Si on continue à discuter avec elle, on va finir par mourir de froid.
Laryenne : *Non mais je rêve ! Quel historique ! Que le vicelard parmi vous qui connaît pas le principe de navigation privée se dénonce !*
Dingo : C'est simple, si ce ne sont pas des hommes nus, ça ne peut pas être moi !
Laryenne : *Ben j'sais pas, lequel d'entre vous est intéressé par les filles avec des zizis ?*
Sora : Hein ? Ça existe ?
Donald : Elle… elle essaie de nous embrouiller ! Ne vous laissez pas avoir ! Je sens que la sortie du labyrinthe est par là !
Laryenne : *Ha ha ha ! C'est même pas par là en plus.*
De fait, la sortie du labyrinthe n'était effectivement pas par là. Elle se trouvait au bout d'un long dédale de couloirs encombrés d'ennemis, de salles au sol glissant et de galeries piteusement éclairées.
Donald : Je… je suis sûr qu'on… qu'on en est bientôt au bout !
Laryenne : *Félicitations !*
Mais la pièce était sans issue, et ne se différenciait des autres que par la présence de trois grands piliers séparant le sol et le plafond. Et elle n'était, bien sûr, pas vide : s'y trouvaient des Sans-cœurs aux airs de bourgeoise, affrétés de riches vêtements et animés d'une furieuse envie d'écharper tout intrus. Le genre à se servir d'une fourchette et d'un couteau pour s'emparer du cœur d'autrui.
Laryenne : *Tu t'es planté pour la sixième fois d'affilée !*
Donald : Oh…
Dingo : Comme quoi, même chez eux il existe des classes sociales…
Sora : Alors on va leur apporter la révolution ! Aux armes, potos !
Les créatures étaient toutefois d'un tout autre niveau que leurs congénères habituelles. Et la voix narquoise qui s'échappait du Gummiphone ne faisait rien pour les aider.
Laryenne : *Hé ! Écoute ! Écoute ! Hé ! C'est moi ! Ta fée ! Écoute !*
Sora : La ferme !
Donald : Concentre-toi !
Laryenne : *Sora, Sora ! T'as reçu des nouveaux messages !*
Sora : Yaah !
Donald : Brasier !
Dingo : Dingo-tourbillon !
Laryenne : *Orange vous informe… nan attends, il doit y avoir mieux…*
Dingo : Attention, il y a une de ces choses qui s'est glissée dans ton dos !
Sora : Quoi ? Oh m… Aïe !
Laryenne : *Ta maman te demande quand est-ce que tu rentres à la maison.*
Dingo : Ah ! Tu lui as enfin envoyé un courrier avec ton numéro après notre conversation ?
Sora : Ben ouais, mais…
Laryenne : *Ça date d'il y a une semaine et elle a toujours pas de réponse. Je fais quoi ? Je l'envoie chier ?*
Sora : Quoi ?! Non ! Arrête !
Laryenne : *C'est toujours mieux que de l'ignorer. Les mamans, c'est important. Je vais lui proposer de crever la bouche ouverte.*
Sora : ARRÊTE DE RUINER MA VIE ! Outch !
Dingo : Les Sans-cœurs ciblent Sora en priorité !
Donald : C'est parce qu'elles ont vu qu'il avait la tête ailleurs. Protège-le pendant que je prépare un gros sort…
Dingo : Yaaah ! Ne l'approchez pas ! Dingo-appât !
Donald : J'y suis presque…
Laryenne : *Bonne nouvelle les gars, j'ai retrouvé l'obsédé ! Son mot de passe PornGum c'est "DuckyM4ge69!".*
Soudain, une explosion se fit entendre au milieu de la pièce, dont l'épicentre était un canard très perturbé.
Dingo : Donald !
Laryenne : *Ha ha ha ha !*
Donald : Gaaah…
Laryenne : *Y a pas de quoi avoir honte. C'est un mot de passe bien sécurisé, avec des chiffres, des majuscules et même un signe ! Tu as gagné un point Laryenne.*
Dingo : Je vais essayer de le réanimer ! Sora, occupe-toi des Sans-cœurs !
Sora : Hein ? Je… ouais !
Le héros de la Keyblade tâcha tant bien que mal de repousser les nobles de glace qui les harcelaient, pendant que Dingo faisait boire à son camarade à demi-inconscient une potion.
Dingo : Tiens bon, Donald !
Sora : Brasier ! Brasier ! Merde, je fais pas assez mal avec mes sorts, moi !
Dingo : Il reprend connaissance !
Donald : Aaah… où suis-je… ?
Laryenne : *Ça va, Ducky ?*
Donald : Où est-ce qu'on… Oh, merde. Le labyrinthe.
Sora : Aïe ! Si t'es de nouveau frais et dispo, y aurait moyen de me filer un coup de main ?
Donald : Pff… D'accord, mais c'est juste parce que j'ai envie de sortir d'ici. BRASIER ULTIME !
Et comme ça, sans nécessiter une minute entière de concentration et par la seule force de la frustration que suscitait en lui ce lieu illogique, Donald dirigea cette fois-ci l'explosion vers le groupe d'ennemis. Le fait qu'elles entouraient Sora et que ce dernier avait pris le sort de plein fouet n'était qu'un détail annexe.
Sora : Gaah…
Dingo : Vous voir tous les deux comme ça, à moitié carbonisés, ça me donne encore plus froid…
Donald : Il s'en remettra. Maintenant, voyons voir…
Après un bref examen des lieux, et pendant que Sora se remettait de ses blessures dans un environnement désormais libre de tout danger, Donald fit une grande découverte.
Donald : Bonne nouvelle, je crois qu'on est plus proches que jamais de la sortie.
Dingo : Comment ça ?
Donald : Vous voyez ces piliers ? Regardez leur disposition, et la façon dont ils sont striés. Si Sora leur tourne autour avec ses espèces de superpouvoirs d'Élu de mes couilles, ils devraient s'activer et transformer la salle toute entière en ascenseur.
Sora : Élu de tes quoi ?
Donald : C'est une façon de parler.
Laryenne : *Biologiquement, on est tous ici l'Élu des couilles de nos pères respectifs.*
Donald : …
Dingo : …
Sora : …
Laryenne : *Si jamais ça va mal dans vos vies, dites-vous que vous êtes issu d'un spermatozoïde qui a remporté une course avec 250 millions de concurrents.*
Sora : C'est vrai que je me sens mieux, d'un coup.
Donald : Merci pour… cette précision, Laryenne.
Laryenne : *À ton service. Hé, vous saviez que ce labyrinthe était conçu pour s'effondrer au bout de trente minutes ?*
Dingo : Pardon ?
Laryenne : *C'est assez drôle parce qu'il se trouve que j'ai activé le chronomètre à votre arrivée ici et figurez-vous qu…
Donald : SORA, GROUILLE-TOI !
Sora : Aaaah !
Le jeune homme eut tout juste le temps de s'activer autour des trois piliers pour déclencher, comme l'avait suggéré Donald, l'ascension de la salle. Un nouveau passage s'ouvrit alors, au bout duquel ils trouvèrent quelques coffres et surtout un immense orbe avec lequel il leur était possible d'interagir. Le labyrinthe commençait à frémir lorsqu'ils se décidèrent à l'activer… et tous les trois se retrouvèrent à l'air libre, entre une épaisse couche poudreuse et le ciel étoilé.
Donald : Enfin !
Sora : Ouaaah…
Dingo : C'est pas trop tôt…
Laryenne : *29 minutes et 41 secondes, joli ! Ça vous dit de recommencer pour battre votre score ? Il suffit juste de toucher l'orbe derrière vous…*
Sora : Dans tes rêves !
Donald : Attendez… je crois que j'ai compris !
Dingo : Comment ça ?
Donald : C'est une sorcière et une manipulatrice d'électricité, ce qui veut dire… qu'elle a envoyé une décharge électrique à l'intérieur de notre cerveau tout en l'ensorcelant pour nous faire croire que l'on se trouvait à l'intérieur d'un labyrinthe, alors qu'en réalité nos trois corps se trouvaient inconscients ici. Il suffisait de toucher l'orbe pour rompre le maléfice et trente minutes, c'est le temps qu'il fallait à nos corps, dans ces conditions, pour mourir d'hypothermie !
Sora : …
Dingo : …
Laryenne : *Quoi ?*
Donald : TOUT FAIT SENS !
Laryenne : *Ah. Ben. Euh. Peut-être ? Tiens, pour la peine, je vais te donner un autre point Laryenne.*
Donald : Ha !
Sora : Ils font quoi, au juste, ces points ?
Laryenne : *Au bout de dix, je vous lâche la grappe.*
Donald : Une bonne nouvelle, ça.
Laryenne : *Ça par contre, c'était de la méchanceté gratuite. Moins un point Laryenne.*
Donald : Argh.
Laryenne : *Bon ! J'ai des choses à faire donc je vous laisse tranquille. À plus dans le bus !*
Sora : Bon débarr…
Donald : La ferme, ou on va perdre d'autres points.
Dingo : Je suis le seul à mourir de fr… fr… froid ?
Le vent se levait, sur la montagne d'Arendelle. Et en parlant de montagne…
Sora : On devait pas escalader ce truc, à la base ?
Dingo : Si ! Elsa est partie par là !
Donald : Allons-y, dans ce cas.
Et il y allèrent, grimpant chaque paroi de glace l'une après l'autre, vainquant chaque groupe d'ennemis à la suite. Et parce que cette ascension est à peu près aussi fun à raconter qu'un mercredi matin passé dans la salle d'attente de chez le médecin, élevons nous de quelques centaines de mètres, sur la cime de la montagne où une jeune sorcière errait dans une tempête de neige, en proie au blues du siècle.
Par chance pour elle, une mélodie résonnait dans le vent pour rythmer sa dépression. Les mots lui vinrent soudain pour décrire ses sentiments.
Elsa : Le seum s'installe doucement dans ma vie
La déprime est de retour
Des années de servitude
Aux jeux de mot, nuit et jour…
Les calembours qui me viennent sont tous inhumains,
C'est tellement d'efforts,
Et tout ça en vain…
Reste muette, ne parle pas !
Sinon tes blagues, tout le monde les entendra !
Pas de vanne infâmes, de boniments…
Si déprimaaaants !
Libérée ! Délivrée !
Je ne me retiendrai plus jamais !
Libérée ! Délivrée !
Je vais vous en faire baver !
Tant d'années vous m'avez rejetée !
Mais je persévère…
Mon humour a toujours été ma fierté !
Et elle se dirigea vers le précipice, mi marchant, mi dansant, tandis qu'apparaissaient au loin trois lascars à peu près certains d'avoir déjà entendu le timbre de cette voix.
Vos rictus accusateurs
Et vos regards méfiants,
La honte, le trac, la pudeur
J'en ai soupé bien trop longtemps !
Les mots d'esprit, c'est ce que je préfère,
Vous vous en roulerez par terre !
Des barres de fun sans répit,
Oh oui !
Libérée ! Délivrée !
Les idées viennent à tour de bras !
Libérée ! Délivrée !
Vous n'y échapperez pas !
Qu'est-ce qu'un mort
Dans une patinoire ?
C'est un fait d'hiver !
D'un coup de pied, elle donna libre cours à sa magie qui donna forme autour d'elle à un véritable château de glace, qui se construisait à mesure qu'elle chantait.
Des blagues comme ça j'en ai encore plein ma besace !
Des mots et des phrases que je peux faire rimer avec "glace" !
Et vous passerez pour une bande de cons-gelés !
Vous n'en reviendrez pas,
Sales pisse-froids dépassés !
Libérée ! Délivrée !
J'ai des milliers d'idées en tête !
Libérée ! Délivrée !
Vous en avez pour perpète !
Sourieeeez tant que vous le pouvez !
Car je persévèèèère !
Mon humour a toujours été ma fierté !
Et elle ferma la porte de son palais, tandis que Sora et ses amis restaient bouche bée.
Sora : Ouaah…
Donald : Eh beh.
Dingo : Incroyable !
Laryenne : Une chance que je l'ai filmée. Je sens qu'elle va faire un carton sur GummiTube.
Sora : Je pensais pas qu'elle avait une voix pareille, cette Elise.
Donald : Elsa.
Dingo : En tout cas, je sens que la musique va me rester pendant des mois en tête.
Laryenne : Mmh… Y a peut-être moyen d'en tirer de l'argent…
Sora : T'étais pas censée nous lâcher la grappe, toi ?
Laryenne : Sur votre bidule, oui. Mais je suis derrière vous, là.
Sora : AAah !
Laryenne : AAah toi-même, petit con. Vous allez harceler cette pauvre fille jusqu'à son nouveau chez-soi ?
Donald : Harceler ? T'es plutôt mal placée pour parler.
Laryenne : Je harcèle pas, je surveille avec un œil bienveillant et un verbe acerbe.
Sora : Qu'est-ce que tu cherches à faire, exactement ?
Laryenne : Tu crois vraiment que je vais te dévoiler notre plan ? Fais un effort, mets-y les formes !
Dingo : Pourrais-tu avoir l'aimable obligeance de nous exposer le plan de l'Organisation XIII, s'il-te-plaît ?
Laryenne : Alors tu vois Jamie, c'est très simple : pour l'instant, Elsa ne sait pas encore si son pouvoir – celui de faire des vannes de merde basées sur la glace – est une bénédiction ou malédiction. Suivant ce que son cœur choisit, elle pourrait basculer dans la lumière ou les ténèbres, et pour ne rien te cacher, n'importe laquelle de ces deux solutions nous vont. Mais ça reste rigolo à regarder.
Donald : J'en reviens pas que tu nous aies tout déballé aussi facilement…
Laryenne : C'est fou ce qu'un mot magique peut faire dans une relation sociale saine, hein ?
Donald : T'appelles ça une relation sociale saine ? T'es une foutue sociopathe !
Laryenne : Et j'ai affaire à un môme serrurier, un homme-chien flamboyant et un canard atteint d'un cancer de la gorge. J'ai quand même du mérite à essayer de bâtir quelque chose de constructif, non ?
Donald : QU'EST-CE QU'ELLE A, MA GORGE ?!
Laryenne : Ben tu sais… ta voix…
Sora : Ah.
Dingo : Je crois qu'elle a marché sur une mine.
Laryenne : On pige que dalle, quoi…
Donald : JE SUIS PARFAITEMENT COMPRÉHENSIBLE !
Laryenne : Je connais un très bon orthophoniste.
Donald : RETENEZ-MOI OU JE VAIS LA…
Sora : Aaah ! Dingo ! Pourquoi est-ce qu'on le retient au juste ?
Dingo : Je sais pas ! Moi aussi j'aimerais qu'il la réduise en charpie !
Laryenne : Ça commence à devenir gênant. Allez, zou ! Et n'essayez pas de regrimper la montagne après ça, hein !
Sora : Pourquoi est-ce qu'on aurait besoin de regrim… AAaah !
D'une pichenette, elle leur envoya une décharge de foudre à chacun, les propulsant du haut du précipice. Par chance (et par absence totale de réalisme), la neige amortit leur chute deux kilomètres en contrebas.
Sora : Aïe…
Dingo : Ça pique un peu, je dois dire.
Donald : Mouais… On s'en remettra, j'imagine…
Dingo : Enfin ça fait surtout mal à l'ego.
Donald : À qui le dis-tu ?
Sora : Ouais, je l'ai pas trouvée super sympa.
Donald : Sans déconner.
Dingo : Je veux dire… Pourquoi tout le monde me dit tout le temps que je suis un chien et que Donald est un canard ! Nous sommes bien plus que ça !
Sora : Ben moi je pense que…
Dingo : Pourquoi ne pas dire que Sora descend du singe ?
Sora : Quoi ?
Donald : Je crois qu'il a quitté l'école trop tôt pour comprendre.
Sora : Comment ça, je descends du singe ?
Dingo : Et pourquoi retenir à tout prix ma sexualité ?
Donald : C'est une question légitime, mais…
Dingo : Pourquoi ne pas parler du fait que je sois fan d'opéra lyrique, que je fasse de l'aqua-gym ou que je me trouve être un cuisinier hors pair ?
Donald : Peut-être parce que la troisième partie est un peu exag…
Dingo : Nous sommes la somme de toutes ces petites choses qui chacune à leur manière nous définissent !
Sora : Ouais, je suis tout à fait d'accord, mais…
Donald : Dingo ?
Dingo : Nous sommes des êtres complexes et sensibles, merde!
Sora : Diiiingo…
Dingo : Quoi ?
Donald : Ça te dérangerait qu'on reprenne cette conversation après avoir échappé à l'avalanche qui arrive ?
En effet, une puissante masse de neige dévalait au même moment la montagne dans leur direction.
Dingo : POURQUOI VOUS M'AVEZ PAS PRÉVENU PLUS TÔT ?!
Sora : Ben c'était un chouette discours.
Donald : En plus d'être ton dernier, au rythme où progresse la neige.
Dingo : Je… j'ai une idée ! Cramponnez-vous à moi !
Il posa son bouclier sur le sol poudreux, s'y assit avec ses compagnons et se laissa dévaler la pente qui descendait vers le bas de la montagne.
Dingo : Ça marche ! Ça marche !
Donald : On dirait qu'on remet un peu de distance avec l'avalanche.
Dingo : Super ! Où on en était ?
Donald : Ce qui définit un être.
Dingo : Oui ! Moi je pense que plus qu'une masse de molécules et d'ADN, nous sommes proprement constitués par toutes les petites choses, nos goûts, nos habitudes, nos talents, qui font notre vie.
Donald : C'est très intéressant, et figure-toi que Hegel a dit quelque chose à propos de ça.
Dingo : Un commentaire avant ça, Sora ?
Sora : AAAAAAaaaaaaaaah !
Donald : Hegel a dit…
Sora : ÇA ARRIVE !
Au même moment, ils furent submergés par une intense vague de froid. Mais le danger n'étant constitué que de particules d'eau très froide – et parce que l'eau, c'est la vie, et le froid, ça conserve la chair – ils s'en sortirent avec peu ou pas de casse. En revanche, on ne sut jamais ce qu'avait dit Hegel.
Sora : Oooh…
Le jeune homme, ravi de ne plus se trouver sur un bouclier en mouvement à 120 km/h, s'aperçut qu'il faisait désormais jour, et qu'il se trouvait au milieu d'une forêt. Il entendit des éclats de voix au loin.
? : Où vas-tu, Olaf ?
? : Osti d'bonhomme ! Faque tu vas donc pas revenir ici ?!
? : HUEHUEHUEHUE !
Il sut alors que la journée allait être longue.
