Bonne année à tous ! Je suis complètement désolé pour le retard dans la publication de ce chapitre, le mois de décembre a pas été tout à fait tendre avec moi. Je vous souhaite plein de bonnes choses pour 2020, notamment de pouvoir rire malgré les tracas de la vie quotidienne ! Grosses bises
Chapitre 12 - La Magie de l'Inceste
Dingo : Tu as dit que c'était de ce côté que tu avais entendu quelqu'un parler, Sora ?
Sora : Euh… Ben il me semble, ouais…
Donald : C'est peut-être le froid qui le faisait délirer.
Dingo : Tu crois ?
Donald : Pas vraiment, j'ai juste senti que je devais douter de lui, par principe.
Sora : Ah ! Regardez ! Il y a des gens, là-bas !
Entre les arbres couverts de neige, au bout d'un sentier d'un blanc poudreux, se trouvait un groupe. Il y avait un gaillard blond solidement bâti, une jeune femme rousse, aux yeux bleus et richement vêtue, ainsi qu'un renne.
Sora : Parfait ! Dingo, tu prends les fringues du gars, Donald de la fille, et moi je dépèce le renne. En plus, avec sa viande, on devrait tenir la journée.
Donald : D'accord. Et tu fais quoi du bonhomme de neige ?
Sora : Quel bonhomme de n… Oh !
Il n'avait en effet pas vu le bonhomme de neige vivant et vivace qui cumulait différentes tares, dont celle d'avoir en français la voix de Dany Boon. Ce dernier (le bonhomme de neige, pas Dany Boon) pivota vers eux dans un crissement neigeux et pointa un doigt branchu dans leur direction, un sourire malsain aux lèvres.
Dingo : Cette chose me met mal à l'aise.
Sora : Et si on s'éloignait discrètement ?
Donald : Doucement, son acuité visuelle est basée sur le mouvement.
? : HUÉHUÉ !
Dingo : Trop tard, on est repérés !
? : Tabarnak ! Des étrangers !
? : Qui êtes-vous ? Montrez-vous !
Nos héros n'eurent d'autre choix que de sortir de leur cachette.
Sora : Oh, euh, salut ! Je m'appelle Sora, lui c'est Donald et lui c'est Dingo. Et vous ?
? : Mon nom est Anna, princesse d'Arendelle.
? : Ch'suis Kristoff et le caribou c'est Sven. Ma job, c'est de récolter d'la glace.
? : JE S'APPELLE OLAF.
Kristoff : Vous faites quoi présentement icitte , vous autres ?
Sora : On est… euh… perdus.
Donald : C'est… notre ami Dingo, qui a voulu faire du hors piste.
Dingo : Ah, euh… oui, pénétrer dans les sentiers interdits, c'est tout moi !
Sora : Et vous, c'est quoi votre histoire ? Je veux dire, on pourrait vous croire en randonnée ou quelque chose, s'il y avait pas cette espèce d'abomination neigeuse de la nature avec vous.
Olaf : HUÉ.
Kristoff : Faque Olaf est pas vraiment notre chum, pis on a bien tenté de se débarrasser de cette patente toute weird, mais tous nos essais y z'ont fucké, t'sais.
Sora : Ah oui, je… euh… quoi ?
Anna : À l'origine, je me suis mise en route pour tenter de mettre un terme à l'hiver éternel.
Donald : Chouette quête, dites-donc. Vous allez vous y prendre comment ? Taper sur un présentateur météo ?
Kristoff : Quessé tu nous dis donc, maudit canard ?
Donald : Rien, juste mon ironie grinçante qui fait son come-back. Sinon, vous pouvez aussi vous industrialiser à vitesse grand V et compter sur un petit réchauffement climatique des familles.
Anna : Comment ? Euh… Oui, en parlant de famille qui se réchauffe… Nous cherchons à trousser ma sœur. TROUVER ! J'ai dit "trouver" !
Sora : Non, t'as dit…
Donald : Chut, Sora. Tu vois bien qu'elle est gênée.
Anna : Elle… elle s'appelle Elsa…
Dingo : Elsa ? Mais on la connaît !
Anna : Vraiment ?
Dingo : On l'avait croisée en pleine nuit alors qu'elle fuyait quelque chose. Mais en la suivant jusqu'en haut d'une montagne où elle s'était bâti un château de glace tout en chantant, on s'est fait… comment dire… violemment refouler.
Anna : Étrange histoire… Je suppose qu'il faut que je vous raconte la mienne…
Donald : Est-ce que ça peut attendre qu'on soit au chaud av…
Anna : Tout a commencé lorsque nous étions petites…
Donald : Oh misère.
Dingo : On peut se tenir chaud, si tu veux.
Donald : Un grog ça suffira, merci.
Dingo : Je ne suis pas loin d'être vexé !
Anna : … ne voulait pas construire de bonhomme de neige avec moi, alors que je venais chanter tous les matins devant sa porte…
Donald : Tiens ? J'avais pas vu que le tailleur d'iceberg était parti. Ou tailleur de glace, quel que soit ce métier à la con.
Dingo : Moi, je laisserais bien ce froid me changer en glaçon, si ça veut dire que ce grand gaillard se met à me tailler…
Sora : Hé ! Chut vous deux ! La dame raconte une histoire !
Donald : T'es au courant que t'en as déjà raté la moitié ?
Anna : … c'est à ce moment-là que j'ai recruté Kristoff pour me servir de guide, dans ces contrées sauvages.
Sora : Oh, j'ai perdu le fil…
C'est à ce moment-là que le trappeur improvisé à l'accent exotique fit son retour, sur la pointe des pieds.
Kristoff : Si vous avez fini de jaser, vaudrait mieux décamper au plus crisse. Faque y a des morceaux d'Olaf qui traînent partout pis j'aimerais bien partir avant qu'y r'vienne nous tanner.
Donald : Pardon ?
Anna : Il dit qu'Olaf est séparé en plusieurs morceaux et qu'il faudrait en profiter pour partir d'ici en espérant le semer.
Donald : Ah, donc c'est bien ce que j'avais compris. Des morceaux d'Olaf ? Hardcore.
Kristoff : As-tu fini de rester assis sur ton steak ? Il est temps de bouger, là !
Olaf : YOUHOU JE SUIS ICI.
Anna : Hâtons-nous, avant qu'il comprenne qu'on n'a aucune envie de le reconstituer !
Autant dire que nos héros ne se firent pas prier. Tout, même une seconde ascension de cette fichue montagne, était préférable au fait de rester à portée de voix de l'horreur eldritchienne à base de flocons.
Sora : O.K, maintenant qu'on est suffisamment éloignés, est-ce que quelqu'un va enfin nous dire ce que c'est que ce truc ?
Dingo : C'est vrai que dans cet univers chargé de magie, je peux tout à fait concevoir qu'un bonhomme de neige parle et bouge, mais celui-là a autour de lui une espèce d'aura perverse et malfaisante.
Anna : Vous ne vous souvenez plus ? J'en ai parlé toute à l'heure. Olaf était le nom que j'avais donné à un bonhomme de neige qu'Elsa avait fait pour moi, quand nous étions petites.
Donald : Laisse-moi deviner… Vous avez tracé un pentagramme avec des guirlandes de Noël et sacrifié un chapon farci aux truffes pour lui donner vie ?
Anna : Comment ? Mais non ! En revanche, Elsa fourrée… POURRAIT, pardon, être à l'origine de cet étrange sortilège. Olaf est arrivé vers nous en nous assurant qu'Elsa l'avait créé avec sa magie, et semblait garder par-devers lui des souvenirs de son existence inanimée, lorsque nous étions petites.
Kristoff : Sauf que ce couillon-là est pas seulement laite comme un pou. De même y niaise sans arrêt et nous casse les pieds à longueur d'journée pis la cerise sur le sundae c'est qu'il est complètement increvable.
Sora : Comment ça, increvable ?
Anna : C'est-à-dire que nous avons à peu près tout essayé… Le faire tomber, l'étrangler, le découper, le faire piétiner par Sven…
Kristoff : Ce sale mangeux de marde l'a pas vu venir.
Anna : … le faire fondre, le pousser d'une falaise…
Kristoff : C'est de valeur.
Anna : Rien n'y fait, il revient toujours vers nous avec son sourire malsain et sa carotte phallique sur le nez.
Kristoff : L'affaire elle est pas ketchup.
Donald : Hum… Vous savez ce qui est pas super ketchup non plus ? Ces Sans-cœurs qui viennent d'apparaître devant nous.
Sora : Ah oui, merde !
Dingo : J'étais si occupé à tenter de comprendre Kristoff que je ne les avais pas vus tout de suite !
Kristoff : Oh my god, ils sont weird les animaux par icite !
Sora : Pas vraiment des animaux, en fait. Nous on les appelle les Sans-cœur.
Kristoff : Tu peux-tu me dire quessé donc ?
Sora : Ben on nous a dit y a longtemps qu'ils cherchaient à s'emparer du cœur des gens mais à force, on les soupçonne surtout de vouloir se jeter sur nos armes pour y mourir.
Donald : Quelque part, ça ferait plus de sens.
Kristoff : Faque on fait quoi, nous autres ? Moi ma job c'est de taper sur des blocs de glace, pas sur ces crisse de monstres !
Dingo : On va s'en charger ! Partez devant et on vous rejoindra sur la montagne.
Donald : Ouais, vous feriez que nous gêner.
Anna : Très bien ! Pendant ce temps, je vais retourner Elsa… enfin, auprès d'Elsa.
Kristoff : Lâchez pas la patate ! J'vous attendrai tout là-haut avec la pitoune !
Là-dessus, ils s'efforcèrent de contourner le groupe de Sans-cœurs décidément bien patients pour gravir la montagne de leur côté, laissant le trio gérer les échauffourées.
Donald : Eh ben, entre les vannes de glace de l'une et les lapsus incestueux de l'autre, on est pas aidés.
Dingo : Je sais reconnaître une famille dysfonctionnelle quand j'en vois une.
Donald : Tu parles d'expérience ?
Dingo : Ça, c'est méchant ! Je sais que Max n'est pas ma plus grande réussite, mais c'est mon petit garçon et je…
Donald : C'était juste une pique sur la forme, n'y vois aucune attaque personnelle !
Dingo : Oh.
Sora : Plus tard, la jactance ! Ils arrivent !
Et ils se battèrent.
Sora : Prends ça !
Donald : Brasier ! Brasier, enfoiré !
Dingo : Yahaa ! Yohooo !
Et ils gagnirent.
Sora : Pfiou… Enfin fini !
Donald : Ils étaient plus nombreux que prévu. Si j'avais su qu'ils auraient autant de renforts à nous envoyer…
Dingo : Oui, on a perdu du temps et les deux autres ont sûrement pris de l'avance.
Sora : Il va falloir qu'on se magne pour… attendez… DINGO A UN FILS ?!
Dingo : Ma foi, on ne peut rien te cacher.
Sora : Mais… comment… enfin… ?
Dingo : Clarabelle a accepté de servir de mère porteuse.
Sora : Mais pourquoi t'en as jamais parlé ?
Dingo : On s'est brouillés après une course de rollers. Il n'approuvait pas mes… choix de vie.
Donald : C'était bien avant que Dingo n'entre dans la garde royale.
Sora : C'est dingue, j'imaginais pas que t'aies eu une vie comme ça, avant.
Dingo : Est-ce que je t'ai déjà raconté la fois où on a parcouru 250 km sur le capot de notre voiture à la dérive sur un fleuve pour pouvoir arriver à un concert de rock ?
Sora : … Quoi ?
Dingo : Tout a commencé quand le casque du baladeur à cassette de mon fils s'était retrouvé sur les oreilles du Yéti et qu'il a commencé à danser sur "Staying alive".
Sora : …
Donald : …
Sora : … QUOI ?
La suite à cette conversation étant un odieux spoiler (Kristoff dirait "divulgâchage") du meilleur dessin animé du monde, détournons-nous de cette nouvelle ascension de la montagne et retrouvons plutôt Anna, qui était enfin parvenue à rejoindre sa sœur dans son palais gelé.
Anna : Mais Elsa, tu ne me prends pas ! … comprends pas, je veux dire !
Elsa : Si, mais ça me fait juste ni chaud, ni froid.
Anna : Tu dois revenir en Arendelle !
Elsa : Et tes plaintes me laissent de glace.
Anna : Pourquoi t'être exilée ? Pourquoi vivre en vagi… en marginale ?
Elsa : C'était le seul moyen de garder la tête froide.
Anna : Jouis-toi… je veux dire… Joins-toi à nous et retournons au royaume ! Tu es notre reine !
Elsa : Je neige-amais voulu de la couronne, alors je névé pas bouger d'ici !
Anna : Mais c'est toi qui est à l'orgi… l'origine de cet hiver éternel !
Elsa : Quoi ? Je…
La reine des neiges sembla perdre sa contenance. Son assurance faiblit soudain.
Elsa : Ce n'est pas… enfin… gelée pas fait exprès…
Anna : Je sais… Allez, reviens… Tu as toujours pris sein… pris soin de moi, Elsa…
Ce fut le moment que choisit Kristoff pour laisser exploser son impatience.
Kristoff : Tabarouette ! C'est quand même pas correc', tout ça ! On s'est fendu le cul pour venir jusqu'icite et tu nous vires comme des grosses plotes sales !
Elsa se ressaisit, la voix plus glaciale que jamais.
Elsa : Ah ! Je vois que ton con-gère la situation !
Anna : Laisse, Kristoff. C'est entre moi et ma sœur et nous devons régler ça fesse à fesse.
Kristoff : Faque tu veux dire face à face ?
Anna : É… ÉVIDEMMENT !
Elsa : C'est inutile, nous sommes désormais en froid.
Elle repoussa violemment sa sœur, sans s'apercevoir que son pouvoir avait généré des éclats de glace et que l'un d'entre eux s'était logé dans le cœur d'Anna. Mais il disparut aussitôt, et passé un moment de stupeur, la jeune femme tâta l'endroit de sa blessure. N'y voyant aucune trace du stalactite, elle se convainquit d'avoir rêvé.
Au même instant, nos héros parvenaient au sommet de la montagne, de retour devant le palais cristallin.
Dingo : … À ce moment-là, je me suis endormi pendant mes révisions de partiels et j'ai été hanté dans mon rêve sous LSD par une version arc-en-ciel de moi. C'est à ce moment-là que j'ai eu ma révélation.
Sora : Ben ça… J'aurais jamais pensé que ta vie serait aussi trépidante !
Donald : En attendant, heureusement qu'il a pu nous raconter sa vie parce que sinon, ces 30 minutes d'ascension auraient été parmi les plus chiantes de… ben de ma semaine, en fait.
Sora : Hé, regardez ! Voilà Rudolphe !
Dingo : Je crois qu'il s'appelle Sven.
Sora : Pareil, c'est un truc avec des cornes et des poils.
Les portes de la demeure hivernale s'ouvrirent soudain à la volée et un immense bonhomme de neige à l'air monstrueux en sort, portant Kristoff dans une main, Anna dans l'autre, et les lançant de toutes ses forces dans la neige au pied de l'escalier.
Sora : Rassurez-moi, c'est pas Olaf qui a été à la salle de sport, ça ?
Donald : Non, et je doute que ça te rassure, mais le vrai Olaf est derrière toi depuis plusieurs minutes.
Olaf : HUÉHUÉ.
Sora : AH !
Dingo : Vous allez bien, tous les deux ?
Kristoff : Ben c'est pas le fun !
Anna : Plus de honte que de mal…
Le bonmonstre de neige alla lui aussi de son petit commentaire en poussant un hurlement menaçant.
Sora : Laisse-moi deviner, toi ! Tu vas devenir tout colère et nous virer à ton tour de la montagne pour protéger ta maîtresse ?
Quelques instants plus tard, au pied de la montagne, sous dix centimètres de neige.
Sora : Moi et mon intuition de merde.
Dingo : Pour ta défense, c'était assez facile à deviner.
Donald : J'étais pourtant persuadé qu'un sort de Brasier le ferait fondre…
Dingo : C'était quand même une chouette idée d'avoir essayé d'envoyer sur sa tête la cime de ces arbres à demi-enterrés dans la neige.
Sora : Ouais, j'aurais réussi à le faire jusqu'au bout si j'avais pas senti à un moment le souffle froid d'Olaf sur ma cuisse.
Dingo : Ne t'inquiète pas, chaton, n'importe qui aurait perdu ses moyens et jeté ses armes dans ce genre de situations.
Donald : Bien. Puisqu'on a fini de tous s'autocongratuler sur ce combat qu'on a failli ne pas lamentablement perdre, ça vous dirait de vous lever ?
Dingo : Oups ! Je n'avais pas vu que je t'écrasais !
Sora : Moi si, mais je faisais exprès de rester.
Une fois debout et débarrassés de la poudreuse qui les barbouillait, nos héros s'aperçurent d'une absence. De quatre absences, plutôt.
Sora : Ils sont plus là, les autres ?
Dingo : Je crois qu'ils sont tombés un peu avant nous. Soit leur chute les a menés ailleurs, soit ils se sont déjà remis en route.
Donald : En route vers où, exactement ? J'espère que vous avez pas l'intention de retourner là-bas UNE TROISIÈME FOIS.
Sora : Parce que t'as une autre idée d'endroit où aller ?
Donald : Là, comme ça, je pense au Gummi, à proximité immédiate d'un radiateur.
Dingo : Tu abandonnerais ces pauvres gens ?!
Donald : Plutôt deux fois qu'une.
Dingo : C'est vrai que c'est une option…
Sora : Dingo !
Dingo : Oui, oui, je sais. Mais je ne suis pas sûr d'avoir d'autres anecdotes à raconter sur mon passé pendant une nouvelle ascension.
Sora : Alors laissez-moi faire ! Je vous ai déjà parlé de la fois où je me suis fait piquer par une méduse, sur l'Île du Destin ?
Dingo : Oui.
Donald : Deux fois.
Dingo : Et tu as demandé à Riku de faire pipi sur ta plaie.
Donald : Puis Kairi vous a surpris.
Sora : Je… euh… attendez… Je dois avoir autre chose à raconter…
Donald : Oh misère. Je préfère encore aller parler à cette silhouette qu'on aperçoit au loin là-bas plutôt que de t'écouter.
Sora : Une silhouette ?
Dingo : Mais oui ! Il y a quelqu'un, de ce côté !
Le quelqu'un en question était un homme en costume princier et dont les joues étaient cernées de rouflaquettes rousses. Il tenait un corps dans les bras, mais il n'y eut qu'en se rapprochant qu'ils en distinguèrent les traits.
Sora : Oh ! C'est Elsa !
Donald : Bon, au moins la question de l'ascension ne se pose plus trop…
Dingo : Vous croyez qu'il lui veut du mal ?
Donald : Moi, quand je vois un type tenir une femme inconsciente comme ça, j'ai surtout peur qu'il se veuille du bien à lui-même.
Sora : Quoi ? Mais il faut l'aider, alors !
Dingo : Donald, voyons, les gens beaux ne peuvent pas être aussi méchants.
Donald : C'est vrai, ça fait partie des douze lois énoncés par le roi Mickey en fondant le royaume Disney.
C'est alors qu'ils virent l'aura noire qui se dégageait du mystérieux prince.
Sora : Ça, c'est du pouvoir des ténèbres ou je m'y connais pas !
Dingo : Bon, c'est vrai qu'on est peut-être en dehors de la juridiction du royaume…
Donald : Si on est tous d'accord pour foncer, je propose qu'on s'y mette fissa parce que notre lascar est déjà en train de disparaître.
Dingo : Dépêchons-nous ! De toute façon, il ne pourra pas aller bien vite en portant Elsa !
Il ne croyait pas si bien dire. À peine crurent-ils le rattraper que l'inconnu disparut derrière une tempête de neige.
Sora : On… on va avoir du mal à passer derrière lui…
? : ELSAAAA !
Le cri monstrueux les prit de court. Ils en furent d'autant plus surpris qu'il ne paraissait pas avoir été poussé par des cordes vocales humaines : derrière eux, le trio vit débouler l'immense bonhomme de neige qui les avait attaqués un peu plus tôt.
Dingo : Oh ! Encore lui ?!
Sora : Ha ! Qu'est-ce que tu vas faire, gros tas ?! Cette fois-ci, t'as même pas de falaises d'où nous jeter !
? : ELSAAAAAA !
Donald : Attention, il arr… hein ?
C'est à peine si la créature surnaturelle avait remarqué leur présence, car elle les dépassa sans leur accorder la moindre attention.
Donald : C'est quand même un peu vex…
Sora : Hé, j'ai une idée ! On va passer la tempête en se réfugiant derrière lui !
Et tels de fieffés pilotes de Mario Kart, les trois héros profitèrent de l'absence de résistance de l'air derrière la silhouette massive de l'être surnommé "Marshmallow". Ce n'est qu'une fois hors du secteur venteux qu'ils aperçurent, non loin de là, un Kristoff affairé à tailler la glace aux côtés de son renne.
Donald : Sérieusement elle fait quelle taille, cette montagne, pour qu'on croise des gens à tout bout de champ ?
Kristoff : Oh ! C'est vous autres !
Sora : Nous-mêmes.
Dingo : Qu'est-ce que tu fais ici ? Anna n'est pas avec toi ?
Kristoff : Ben présentement elle doit être avec son chum à se payer la traite, et moi je pouvais pas rester là me pogner le beigne, alors me v'là à tailler de la glace.
Donald : Si j'ai bien compris, tu veux dire que depuis le début, elle est fiancée ?
Kristoff : Ben oui. Faque la petite, elle a rencontré ce prince venu d'ailleurs qui lui a chanté la pomme, et en moins d'une soirée les deux étaient tricotés serrés !
Dingo : Ce prince, par hasard… Est-ce qu'il avait des cheveux roux avec des rouflaquettes ?
Kristoff : Ben j'crois pas, sinon elle serait jamais tombée en amour avec lui.
Marshmallow : ELSAAA !
Sora : Hé ! Le voilà reparti, lui !
Dingo : On dirait qu'il a repéré Elsa de ce côté.
Kristoff : Tabarnouche ! C'est l'osti d'ville d'Arendelle, de ce côté !
Donald : Vaudrait mieux le suivre avant que le retour de la tempête de neige ne nous en empêche.
Ils se pressèrent donc à la suite du serviteur massif d'Elsa, qui les emmena aux abords d'une cité entièrement gelée, sur un lac dont la surface était suffisamment solide pour y faire passer un cortège de tractopelles.
Sora : Ah oui, quand ils parlent d'hiver éternel ici, ils déconnent pas.
Kristoff : Y tombe des peaux de lièvre, icitte !
Dingo : Regardez ! C'est Anna !
Donald : Et elle a l'air dans un sale état.
La jeune femme était en effet si frigorifiée que le seul fait qu'elle tînt debout relevait du miracle. Elle avait la peau bleue et les cheveux blancs. Surtout, son attention était toute entière consacrée à la scène d'horreur qui se jouait non loin d'elle : Hans, l'homme qui l'avait séduite, s'apprêtait à abattre son épée sur une Elsa inconsciente.
Kristoff : Arrête ça tout de suite ostie d'chien sale !
Mais ils étaient trop loin pour agir : la seule personne qui put s'interpose entre la lame et la reine des neiges fut Anna, qui eut même le temps de se transformer en statue indestructible de glace. Soit Hans avait eu une crampe en brandissant son arme, soit Anna était donc un supersayan. Dans tous les cas, le métal se brisa au contact de sa main changée en glace et une vague de magie repoussa le prince.
Donald : Je déteste ce sentiment où je suis le seul à ne rien comprendre à ce qu'il se passe.
Dingo : Si ça peut te rassurer, on est trois.
Sora : C'est fini pour toi, rouflaquax !
Kristoff : Ouais ! Va te crosser, espèce de trace de brake !
Marshmallow : ELSAAA !
L'homme n'eut pour seule réponse que de vomir un flot de ténèbres, avant de se faire absorber lui-même par ces dernières. Quant à nos héros, ils furent bientôt aspirés par l'obscurité surgie du sol. Lorsqu'ils ouvrirent les yeux, un immense Sans-cœur aux allures de loup de glace volait devant eux, dans un étrange champ de bataille glacial plongé dans une nuit brumeuse.
Donald : Ah ! Là, on est en terrain connu !
Sora : On dirait que c'est entre ce truc et nous trois…
Kristoff : J'en ai plein de mon casque de c't'affaire !
Sora : Bon, quatre.
Marshmallow : ELSAAAAAA !
Sora : Cinq…
Donald : Six avec le renne…
Sora : Et je vais supposer que la pointe de douleur que je ressens dans le mollet c'est Olaf qui essaie de me poignarder avec son nez.
Olaf : HUÉHUÉ.
Dingo : C'est donc entre ce loup et nous sept.
Gummiphone : *Bonjour !*
Sora : LARYENNE ! T'es revenue nous emmerder ?!
Laryenne : *Non, je voulais foutre en l'air votre compte. Au revoir !*
Dingo : Est-ce qu'elle… nous espionne 24 heures sur 24 ?
Sora : On s'inquiètera de ça plus tard ! Toujours est-il que tous les sept… tous les sept…
Dingo : Oui ?
Sora : J'attends de voir si quelqu'un d'autre s'ajoute. On est jamais trop nombreux contre un machin pareil.
Donald : T'étais pas censé avoir Jiminy dans ta poche, aussi ?
Sora : Oh ! Je sais pas… Je l'ai pas vu depuis…
Donald : Depuis… ?
Sora : Euh… depuis… que j'ai mis ma veste dans la machine à laver…
Dingo : …
Sora : OH MERDE !
Donald : Félicitations, t'as littéralement tué ta conscience.
Percevant leur surprise, le loup géant les choisit ce moment pour attaquer.
Sora : Aïe ! Il mord fort, l'enfoiré !
Dingo : Tout le monde, à l'attaque !
Sora : D'accord, mais qu'est-ce qu'on fait ?
Dingo prit une respiration, puis revêtit son costume métaphorique de chef de guerre.
Dingo : Golem de glace, laisse-le t'attaquer et saisis sa mâchoire sans la lâcher ! Donald, concentre tes flammes sur sa patte avant gauche pour la faire fondre ! Kristoff et Sven, taillez sa patte avant droite comme vous n'avez jamais taillé un bloc de glace ! Sora, quand je te dirai "top", bondis sur mon bouclier et attaque-le par en-haut ! Olaf, sois un peu moins flippant !
Donald : D'acc.
Marshmallow : ELSAAAA !
Kristoff : Y va rien voir venir !
Olaf : HUÉ.
Sora : Quoi ?
Dingo : Top !
Sora : Je… euh…
Dingo : Monte sur moi !
Sora n'aurait pas hésité à bondir sur l'écu de son ami si la requête avait été formulée un poil différemment. Mais la seconde de stupeur laissa place à une détermination toute professionnelle : après tout, c'était on travail de débarrasser l'univers des Sans-cœurs, et les gros loups n'y faisaient pas exception.
Sora : Yaaah ! Prends… ÇA
Tandis que la golem invoqué par Elsa immobilisait Skoll – c'est le nom de la bête – et que ses deux pattes avant étaient taillée pour l'une, fondue pour l'autre, Sora profita de ce moment de faiblesse pour s'élever dans les cieux et lui atterrir sur le coin du crâne la Keyblade en avant.
Dingo : Il a réussi !
Donald : On a quand même fait une partie du boulot.
Marshmallow : ELSAA !
Olaf : HUÉ ?
Il n'en fallait pas plus pour renvoyer la bête dans les méandres de noirceur d'où elle était venue, et pour que nos héros fassent un retour triomphant sur le lac gelé d'Arendelle. Pas si triomphant que ça, toutefois, car Elsa était en train de sangloter dans les bras de sa sœur transformée en statue de glace.
Donald : Ah merde, c'est vrai qu'il y a ça.
Sora : J'imagine que ça serait un peu le malaise de faire maintenant ma pose de victoire ?
Dingo : Tu peux, mon chou, mais un petit peu plus loin pour ne pas les déranger.
Sora : Super !
Mais alors que Sora, trois mètres plus loin, faisait tournoyer sa Keyblade en sifflotant une fanfare, quelque chose d'étrange se passa devant les autres. Elsa, par quelque geste désespéré, colla ses lèvres contre celles de glace de la statue.
Kristoff : Oh my god !
Dingo : Doux Jésus !
Donald : Mauvaise idée, ça. La langue va rester collée, avec ce gel.
Ce fut un autre phénomène qui se produisit : la statue d'Anna émit une lumière chaleureuse et l'instant d'après, la princesse avait repris forme humaine. Et échangeait un long baiser avec sa sœur.
Sora : Alors, qu'est-ce que j'ai raté ?
Dingo : Une abomination !
Donald : Un fantasme d'ados boutonneux.
Sora : Pourquoi Elsa et Anna se roulent une galoche ?
Donald : Oh, tu t'es gâché la surprise…
Mais alors qu'ils s'approchaient un peu impudiquement, le temps autour d'eux s'arrêta et Laryenne fit une fois de plus son apparition sous leurs yeux.
Laryenne : Wow ! C'est moi ou elles cherchent à se manger l'une l'autre ?
Sora : Laryenne !
Laryenne : Sora ! Tu ne vois donc pas que j'essaie de trouver un bon angle pour les filmer ?
Dingo : C'était donc ton plan depuis le départ de les faire renoncer à toute forme de morale et de décence ?
Laryenne : Non, ça c'est ce que je vous réserve à vous.
Sora : Quoi ?
Donald : Est-ce que tu vas enfin nous expliquer ce qu'il se passe… s'il-te-plaît ?
Laryenne : ENFIN le mot magique. Vois-tu, mon poulet, Anna a été frappée par une malédiction en rendant visite à sa sœur. Elle était vouée à se transformer en glaçon, sauf si on lui témoignait le gage d'un amour sincère. Qu'il puisse venir de sa frangine, la malédiction ne l'avait pas trop vu venir.
Donald : Ceci explique cela…
Laryenne : Enfin du coup, voilà deux lumières pour le prix d'une !
Dingo : Zut, et si j'ai bien compris, si on ne trouve pas nos sept gardiens de lumière avant que vous ne soyez treize du côté des ténèbres, vous irez piocher parmi ces âmes innoc… enfin, ces civils ?
Laryenne : Mais t'es INTELLIGENT en fait ! C'est incroyable.
Dingo : M… merci…
Laryenne : Et moi qui ne te croyais bon qu'à dire "Hyuck" et être la caution LGBT du groupe, tu me surprends. Tu veux nous rejoindre ?
Dingo : Je…
Donald : Bon, quand est-ce que tu te casses en éclatant d'un rire sardonique ?
Laryenne : Maintenant. Ha ! Ha ! Ha !
Et une fois l'antagoniste disparue dans un portail sombre, le temps reprit son cours. Et avec lui, l'étrange étreinte qui se produisait devant eux. Et qui était en train de réchauffer le paysage tout entier, puisque Arendelle reprenait peu à peu ses couleurs habituelles.
Donald : M'est avis qu'on devrait pas les déranger plus longtemps.
Kristoff : Vous nous quittez, vous autres ?
Sora : Plutôt deux fois qu'une. Et toi, tu vas faire quoi ?
Kristoff : J'en ai plein mon casque de c't'histoire. J'm'en vais rentrer dans ma montagne et tailler d'la glace comme ch'sais faire.
Marshmallow : ELSAAA !
Dingo : Ah, c'est vrai qu'il est toujours là aussi, lui.
Sora : Il sait dire autre chose, au juste ?
Kristoff : Faque au moment d'nous attraper, tantôt, il a fait une phrase plus longue.
Donald : Vraiment ? Vas-y, parle pour voir ? Ça fait quoi d'être un énorme monstre de glace ?
Marshmallow : VOUS SAVEZ, MOI JE NE CROIS PAS QU'IL Y AIT DE BONNE OU DE MAUVAISE SITUATION. MOI, SI JE DEVAIS RÉSUMER MA VIE AUJOURD'HUI AVEC VOUS, JE DIRAIS QUE C'EST D'ABORD DES RENCONTRES. DES GENS QUI M'ONT TENDU LA MAIN, PEUT-ÊTRE À UN MOMENT OÙ JE NE POUVAIS PAS, OÙ J'ÉTAIS SEUL CHEZ MOI. ET C'EST ASSEZ CURIEUX DE SE DIRE QUE LES HASARDS, LES RENCONTRES FORGENT UNE DESTINÉE… PARCE QUE QUAND ON A LE GOÛT DE LA CHOSE, QUAND ON A LE GOÛT DE LA CHOSE BIEN FAITE, LE BEAU GESTE, PARFOIS ON NE TROUVE PAS L'INTERLOCUTEUR EN FACE JE DIRAIS, LE MIROIR QUI VOUS AIDE À AVANCER. ALORS ÇA N'EST PAS MON CAS, COMME JE DISAIS LÀ, PUISQUE MOI AU CONTRAIRE, J'AI PU : ET JE DIS MERCI À LA VIE, JE LUI DIS MERCI, JE CHANTE LA VIE, JE DANSE LA VIE… JE NE SUIS QU'AMOUR !
Dingo : …
Donald : Oh.
Sora : Eh beh.
Dingo : Wow.
Donald : Et toi, Olaf ? Tu peux parler ?
Olaf : DÉCHIQUETER.
Donald : C'est bien ce que je pensais. Je crois que nos affaires ici sont finies, si ça vous dérange pas.
Et puisque de toute manière, nul n'avait son mot à dire, le trio fut de retour dans le vaisseau Gummi en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Tandis qu'ils se livraient entre eux à une énième dispute sur leur prochaine planète, soit l'équivalent spatial d'une bataille pour la télécommande un samedi soir devant la télé, intéressons-nous aux machinations de Laryenne, qui avait regagné via un traditionnel portail noir un monde ocre et désolé. Là, sur l'un des treize immenses piliers dressés en cercle, elle vit venir Marluyia.
Laryenne : Je préférais notre salle blanche, sur Illusiopolis. Les murs piquaient les yeux mais au moins j'étais assise sur mon cul, et pas sans arrêt à deux doigts de tomber.
Marluyia : Qu'est-ce… qu'est-ce que… ce que tu veux… veux… que… que je te… que je te dise ?
Laryenne : Des phrases plus courtes, ce serait un début.
Marluyia : Je suis s… s… suis s… je suis s…
Derrière eux, sur un pilier voisin, leur parvint le son d'un autre portail immédiatement suivi d'un cri de panique.
? : AH ! À CHAQUE putain de fois je manque de tomber !
Laryenne : Oh, hé, salut Demyy. Ça t'emmerderait de faire le traducteur ?
Demyy : Ben oui.
Laryenne : Je t'ai connu plus docile. Et naïf. Et manipulable à l'envi. Et globalement assez vulnérable à tout ce qui touche à la torture psychologique.
Demyy : C'était l'ancien moi. Maintenant, j'ai décidé de ne plus obéir si on ne me dit pas "s'il-te-plaît" !
Laryenne : Oh, hardcore.
Demyy : Mais… euh… je veux bien t'aider à deviner ce qu'il dit… si… tu veux…
Marluyia : Je suis s… sûr… que… que… S… So… So…
Laryenne : Socrate ?
Demyy : Sophie Marceau ?
Marluyia : que Sor… Sora…
Laryenne : Soral ? Alain ? Le chauve raciste ?
Demyy : Soraya Sáenz de Santamaría ? La femme politique espagnole dont je viens de découvrir l'existence sur Wikipedia ?
Laryenne : Elle est trop cool, cette nouvelle version d'Akinator.
Marluyia : ALLEZ VOUS FAIRE F…
? : Il suffit.
Yemnas était apparu sur un pilier un peu plus élevé que les leurs, dans le plus grand silence. Sa voix suave de baryton suffisait à elle seule à calmer les esprits échaudés et à faire ovuler ses congénères du sexe opposé.
Yemnas : Le prochain que je surprends à proférer des injures verra sa bouche lavée à la liqueur de savon.
Demyy : Gloups.
Laryenne : Tu dois être le seul être au monde à vraiment dire "Gloups" à haute voix, Jean-Victime.
Yemnas : Où en est notre plan, vous deux ?
Marluyia : Eh b… eh b… bien…
Laryenne : Comme sur des roulettes, boss. Marlulu a parlé à Alain Soral et ses potes des sept nouvelles princesses de cœur, qui serviraient si jamais ils échouaient à récupérer leurs lumières, et moi j'ai failli enfoncer le clou.
Yemnas : Failli ?
Laryenne : Ouaip. Il s'en est fallu de peu pour que je pense au plan, vraiment.
Yemnas : Ta tâche était simple : tu devais leur mentir en disant que nous détenions les treize réceptacles de ténèbres, afin qu'ils se mettent à paniquer. Ils ne sont pas censés savoir que nous cherchons actuellement à nous servir des répliques produites par Veyen pour combler nos rangs…
Laryenne : Ouaaaais mais comme j'ai moi-même pas trop pigé le plan, je m'attendais pas à ce qu'eux le comprennent. Je veux dire… Vous avez vu leur gueule ?
Yemnas : Oui, bon, c'est vrai.
Un quatrième invité se joignit à la bande… en apparaissant sur le pilier où se trouvait déjà Demyy.
? : OH ! HÉ ! PUTAING DE FOUTRE DE CONG !
Demyy : AAaah ! Luyord ! Non ! On tiendra jamais à d… AAAaaaah !
Le jeune homme au sitar et à la passion malsaine pour le mousseux tomba de son piédestal longiligne, et se serait écrasé en bas s'il n'avait pas eu le réflexe de produire un nouveau portail pour se hisser sur un autre pilier proche, vacant.
Demyy : C'était… c'était mon pilier…
Luyord : Ah bé ! C'est le mien maintenant, cagole !
Demyy : T'as… t'as pas dit "s'il-te-plaît"…
Laryenne : Franchement, c'était sûr que ça arriverait un de ces jours. C'est quoi, cette idée de nous réunir dans ce coin poussiéreux au juste, boss ?
Yemnas : Une… idée de Xehanort, j'en ai bien peur.
Demyy : Vous voulez dire qu'il a des idées ? Il se contente pas juste de regarder les gens avec un sourire de malade mental ?
Laryenne : Comme un certain bonhomme de neige…
Luyord : Té ! De quoi tu parles, toi ?
Laryenne : Rien, rien.
Yemnas : Les plans du maître ne sont pas sujets à discussion. Luyord, j'espère que tu es prêt à entrer en scène très bientôt.
Luyord : Ho bé ! J'suis né en entrant en scène, moi, hein ! Enfin, en sortant en scène… C'était sale, ça, non ?
Yemnas : Oui.
Marluyia : Ou.. ou… oui…
Demyy : Archi-sale.
Laryenne : Gros dégoûtant.
Luyord : Ah bé je m'en tamponne, moi ! J'ai hâte d'y être pour te dire, mon Yemnas !
Yemnas : Bien, bien… Quant à toi, Demyy…
Demyy : Oui, oui, je sais. Ce sera à mon tour sur ce monde, là, qui mélange deux villes…
Yemnas : Justement… Il y a un changement de plan. Quelqu'un d'autre va prendre ta place.
Demyy : Quoi ?! Mais je m'étais préparé mentalement à faire des trucs !
Yemnas : C'est regrettable, vraiment.
Demyy : Bon, d'accord.
Là-dessus, l'ancien maître de l'Organisation XIII disparut.
Luyord : Ah bé lui il a pas besoin de te dire "s'il teuh-plaît", hein ?
Demyy : Ben non. C'est Yemnas. Le "s'il-te-plaît, sinon je me fâche" est déjà inclus dans sa voix.
Laryenne : Ah, marrant. Dans sa voix, moi, j'entends "Retire tes vêtements".
Luyord : …
Marluyia : …
Demyy : …
Laryenne : Hé, me jugez pas, O.K ?
Avant de nous quitter, un dernier détour s'impose par le bureau du Dr. Jean-Jacques Leuleu, un peu moins propre qu'à l'accoutumée. Billy y entra d'un pas hésitant.
Billy : Vous allez bien, m'sieur Leuleu ?
Dr. Leuleu : Formidablement bien.
Billy : La femme de ménage est pas passée depuis un bail ?
Dr. Leuleu : Oh, elle m'a demandé quelques jours de congés. Une sombre histoire d'ambiance "trop pesante".
Billy : Oh ben c'est pas le pied, ça…
Dr. Leuleu : Racontez-moi l'opus suivant, Billy…
Billy : D'accord, donc il s'appelle Dream Drop Distance, parce que ça fait "3D" et qu'il est sorti sur 3DS. Peut-être que s'il était sorti sur PS Vita, il se serait appelé "Virevolting In The Air", mais on l'aurait jamais su parce que personne a acheté la PS Vita.
Dr. Leuleu : LE JEU BILLY ! Ahem. Pardon, excusez-moi… Parlez-moi du jeu.
Billy : Ah oui, du coup le type et le meilleur ami du type doivent passer le bac du maître des clés et du coup plongent dans un rêve où ils se battent contre une pieuvre tutorial et ils gagnent et après les deux se retrouvent séparés et explorent tout plein de mondes mais ils jouent chacun leur tour jusqu'à ce qu'ils s'endorment au milieu des ennemis mais ça va ils leur font rien parce que ça doit être interdit d'attaquer un héros endormi peut-être… Heureusement ils peuvent compter sur des Pokémon qui deviennent plus forts quand on les caresse. Sauf qu'à la fin on comprend qu'en fait le type il se trouvait dans un rêve à l'intérieur d'un rêve, et j'ai cherché partout mais j'ai pas vu DiCaprio avec sa putain de toupie. Par contre on apprend que l'ami du type depuis le début il servait de Pokémon protecteur mais lui, personne le caressait.
Dr. Leuleu : Passionnant. Poursuivez.
Billy : Ben à la fin le type tombe dans un gay tapant où tous les méchants lui tombent dessus et il devient une espèce d'otage et ils leur exposent un plan bizarroïde à base de sept lumières et treize ténèbres, mais c'est con parce que le compte il est pas juste, sept c'est vachement moins que treize. Heureusement, l'ami Pokémon du type vient à la rescousse avec Mickey et l'ancien méchant des flammes qui est devenu le gentil des flammes et qui a une clé aussi parce que maintenant on en donne à tout le monde. Et tous ensemble ils sortent du rêve et le type il est dég parce qu'il a pas le bac mais l'ami qui dans la vraie vie est plus un Pokémon il a une mention bien.
Dr. Leuleu : Et… cette histoire-ci est finie, n'est-ce pas ?
Billy : Oui, oui, m'sieur Leuleu.
Dr. Leuleu : Bien, je vois…
Billy : Tout va bien, m'sieur Leuleu ?
Dr. Leuleu : Comment ? Oh, oui, très bien. Très bien. Je vais bien. Oui. Revoyons-nous, Billy. Vous avez encore deux jeux à me raconter, n'est-ce-pas ?
Billy : Je peux changer de psy, si vous préfér…
Le regard que lui adressa le professionnel de santé le poussa au silence. Le jeune patient sortit de la salle, paya la séance et partit sans demander son reste.
Dr. Leuleu : Je vais. Très bien.
