Chapitre 13 – Amère Mort en Mer
Une fois de plus, nos héros s'étaient embarqués dans une nouvelle histoire. Littéralement.
Sora : Aaaah ! Sentez-moi cet air marin ! Humez-moi ces effluves chargées de sel, de poissons morts et d'aventure !
Donald : Tu voudrais pas ramer, au lieu de martyriser ton odorat ?
Sora : Ça a assez de rames pour trois, sur ce radeau moisi ?
Ledit radeau moisi dérivait paisiblement au milieu d'un vaste océan. À son bord, nos héros avaient revêtu leurs plus beaux accoutrements de pirates issus de leur garde-robe de costumes de carnaval.
Donald : Ose me dire qu'avec toutes tes formes de Keyblade bizarres, t'en as pas au moins une qui peut servir de rame !
Sora : Elles sont pas si bizarres que ça, si ?
Dingo : Enfin, lapin, est-ce qu'il faut qu'on te rappelle que ton arme peut potentiellement se transformer en frite de plage ?
Sora : Hé, j'y peux rien si mes transformations de Keyblade fonctionnent aussi avec les porte-clés trouvés dans les paquets de céréales !
Donald : C'est encore plus effrayant quand tu dis ça à haute voix.
Dingo : Dites-donc, les amis... Vous savez ce qui est aussi effrayant ?
Donald : Non, mais tu vas probablement nous parler d'un péril mortel qui nous guette.
Dingo : Comment t'as deviné ?
Sora : OH BORDEL L'EAU S'ARRÊTE !
Donald : Quoi ?
Dingo : Mais zut ! Mon effet !
Donald : Attendez... Comment ça, l'eau s'arrête ?!
En effet, quelques centaines de nœuds marins devant eux (tant pis si c'est une unité de vitesse, le principal est que ça sonne bien), l'océan arrivait à son terme. Passée une certaine ligne, l'eau s'écoulait en cascade dans un vide insondable. Que les héros ne tarderaient pas à sonder par eux-mêmes.
Donald : RAMEZ !
Dingo : YAAAAaaaaah !
Sora : Bordelbordelbordelbordelbordelbordel...
Donald : T'as fini par trouver une rame, Sora ?
Sora : Ouais !
Dingo : MAIS C'EST MON BOUCLIER, ÇA !
Sora : Ça marche au poil !
Dingo : Rends-le moi !
Sora : Héééé !
Donald : CONTINUEZ À RAMER BANDE DE DÉBIIIILLLLAAAAAaaaaaaaah !
Sora : NOOOOON !
Dingo : MON BOUCLIEEEEER !
Lorsque nos amis reprirent connaissance, ils se trouvaient sur une vaste étendue de sable blanc, immaculé. Rien à l'horizon, à l'exception de dunes quasi infinies.
Donald : Là, normalement, c'est le moment où je devrais hurler face à l'absurdité de mon existence.
Sora : Et qu'est-ce qui t'en empêche ?
Donald : Les cachets que Dingo m'a forcé à prendre avant de quitter le Gummi.
Dingo : C'est pour ton bien, poussin.
Sora : Où est-ce qu'on a atterri, vous croyez ?
Donald : Aucune idée, le médecin de bord m'a prescrit de ne pas trop réfléchir.
Sora : On a un médecin de bord ?
Dingo : J'ai un certificat de premiers secours.. Et de plus grandes poches que vous pour porter les Mega-Potions.
Sora : Ça se tient.
Donald : Honnêtement, je suis tellement shooté à l'heure actuelle que je vois des mirages débiles.
Dingo : Mmh... Par curiosité... Quel genre de mirage ?
Donald : Un bateau qui glisse sur le sable, ce genre de conneries.
Dingo : Grand ? Trois mâts ? Les voiles repliées ?
Sora : Oh merde, je le vois aussi !
Donald : Vous voyez aussi Jack Sparrow courir vers nous ?
Jack: Salut, Sora !
Sora : Ouais, ouais, il vient de nous dépasser en direction du bateau.
Dingo : Et de nous ignorer totalement, toi et moi.
Donald : D'accord. Et les crevettes géantes à tête de Patrick Sébastien qui flottent derrière lui ?
Dingo : Un pur produit de ton imagination, Dieu merci.
Donald : Parfait. Allons-y.
Sora : Vers le bateau ? O.K.
Dingo : En route !
Donald : Vous êtes VRAIMENT sûrs qu'ils sont pas réels, les Gambastien ?
Dingo : Aussi réels que la vie sociale de Sora.
Sora : Hé !
Donald : Bon, je te cacherai pas que ça me rassure.
Sora : HÉ !
S'engagea alors une course-poursuite entre nos héros et le navire, entre lesquels apparurent de façon éparse des groupes de Sans-cœurs..
Dingo : Ça y est ! On a rattrapé Jack !
Jack : Vous êtes rapides !
Sora : Non, on a juste ignoré tous les ennemis sur notre route.
Donald : Et je vous conseille de presser le pas parce qu'ils ont pas aimé qu'on les snobbe !
Jack : Sitôt dit, sitôt fait !
Dingo : Oh ! J'avais encore jamais vu quelqu'un utiliser autant ses bras pour courir...
Jack : Enfer et impôt sur la fortune ! Voilà d'autres de ces loustics !
Les loustics en question s'apparentaient à d'immenses pirates sombres aux allures de capitaines , suspendus à des ancres volantes.
Donald : Gnnn...
Sora : Ils font toujours effet, ses cachets, à Donald ?
Dingo : Ils sont censés fonctionner pendant au moins 48 heures !
Donald : Attention, le vaisseau se fait la malle !
Sora : La malle, c'est une hallucination aussi ou bien... ?
Donald : Non, non, il est vraiment en train de prendre le large. Toujours sur le sable.
Dingo : Tant pis pour ces Sans-cœurs ! Poursuivons ce bateau, sinon on n'arrivera jamais à quitter cet endroit !
Jack : Dites donc, c'est de mon Black Pearl que vous parlez.
Sora : Le Black Pearl ? Celui qu'on se faisait chourer à longueur de temps la dernière fois qu'on est venus dans ce monde ?
Jack : Celui-là même ! L'entrée est de 300 munnies par passager, et je compte ton criquet de compagnie dans le tas !
Sora : Ouaaaais... À ce propos...
Donald : Plus tard ! On a un bateau à courser !
Dingo : Regardez ! J'ai compris comment il se déplaçait ! Il y a toute une couche de petits crabes qui le portent !
Sora : ...
Donald : ...
Jack : ...
Dingo : Oui, vous avez raison, ça ne fait pas beaucoup plus de sens...
En dépit de son mode de déplacement défiant toute logique – et la battant même à plate couture – le Black Pearl n'était pas bien rapide et nos héros n'eurent pas de mal à le rattraper une fois décidés à ignorer tout ennemi sur sa route. La coque offrait également des aspérités propices à l'escalade, aussi les quatre personnages hors d'haleine furent-ils sur le pont en un rien de temps.
Sora : Bien ! Voilà une bonne chose de faite ! Tu sais où va ce bateau, Jack ?
Jack : Droit devant lui, l'ami.
Donald : Mais encore ?
Jack : Si tu as une suggestion, je te conseille de descendre la soumettre à nos porteurs crustacés. Par contre, il faudra payer à nouveau ton ticket pour embarquer.
Donald : Quoi ? On t'a aidé à le récupérer, je te rappelle !
Jack : Et pour ça, je suis prêt à vous faire une ristourne.
Dingo : J'avais oublié que Jack était capable de vendre sa propre mère pour 2000 munnies...
Jack : Quoi ?! C'est faux ! Je suis sûr de pouvoir en tirer deux à trois fois plus !
Donald : On n'en doute pas. Mais... sérieusement... Où est-ce qu'on est ?
Jack : Sur le Black Pearl.
Donald : Qui navigue... ?
Jack : Oui.
Donald : Qui navigue où ?
Jack : Sur le sable.
Donald : Mais ce sable... est-ce que ça... euh... marque un territoire qui... éventuellement... porte un nom ?
Jack : Bien sûr.
Donald : Et c'est... ?
Jack : Un très joli nom.
Donald : MAIS ON EST OÙ PUTAIN ?!
Jack : Sur le Black Pearl. Je l'ai déjà dit.
Donald : RAAaaaah !
Jack : "Qui suis-je ?", "Où vais-je ?", "Quand est-ce qu'on mange ?"… Pourquoi toujours chercher à tout savoir ?
Dingo : Disons que ça peut, potentiellement, paraître important.
Jack : Mais ce n'est pas une attitude de pirates, ça, les gars. Où est la liberté ? Où est le sens de l'aventure ? Où sont les munnies que vous me devez ?
Sora : Tiens, voilà ma part.
Donald : Rentre pas dans son jeu, toi !
Sora : Si tu veux passer les prochaines heures à te faire harceler pour donner de l'argent. Ce sera sans moi.
Donald : J'ai fraudé le Fisc de Disneyland pendant 13 ans, alors je vois pas ce que ce pirate pourrait me faire !
Dingo : HO !
Jack : Bravo ! Un digne esprit de pirate ! Pour la peine, la traversée est gratuite pour toi.
Sora : Quoi ?! Mais je me suis fait arnaquer !
Jack : Tout à fait. Hissez les voiles, moussaillons ! Et… euh… souquez ferme, les crabes là-dessous !
Une dune, puis une autre... et quelque chose changea soudain, dans l'horizon,
Dingo : Mer ! Mer droit devant mon capitaine !
Jack : Ah ! Fort bien !
Donald :Je vois des silhouettes, sur la plage...
Sora : Est-ce qu'ils font tourner des serviettes ?
Donald : Je crois pas.
Sora : Alors ceux-là sont sûrement réels..
Dingo : C'est vrai, je les vois aussi !
Jack : Mmh... Je vais bientôt devoir faire des tarifs de groupe.
Ce n'est qu'en approchant un peu plus de la côte, portés par leurs esclaves arthropodes, qu'ils purent distinguer les traits de ceux qui les attendaient. Quant au Black Pearl, il s'immobilisa une fois mis à l'eau, et ses occupants en profitèrent pour débarquer et partir à la rencontre de leur comité d'accueil.
Un comité d'accueil dans lequel se trouvaient plusieurs visages connus… ce qui n'aidait pas vraiment à dissiper cette confusion générale.
Sora : Oh ! Will !
L'Orlando Bloom du début des années 2000, fort bien modélisé, lui adressa un hochement de tête encourageant, de ceux que l'on réserve aux vieilles connaissances pas revues depuis des années et qu'on n'associait pas forcément aux heures les plus glorieuses de sa vie.
Will : Oh, euh… bonjour, Sora…
Sora : Et… Elizabeth ? Euh… ça va mieux depuis… le temps ?
La jeune pirate de noble lignée l'observa un instant sans comprendre. Sans doute avait-elle refoulé loin, très loin en elle le souvenir de son séjour dans le coffre magique de Jack Sparrow. À l'époque, après avoir écarté le capitaine Barbossa et pris le contrôle de ses pirates maudits, elle s'était montrée plus tyrannique et impitoyable que lui, jusqu'à être enfermée dans le coffre au contenu infini – lequel était rempli de membres humains arrachés et de déjections humaines. Elle en était ressortie… perturbée.
Elizabeth : Êtes-vous bien sûr que nous nous connaissons ?
Will : Ne vous étonnez pas, Elizabeth est passée par une thérapie intense. Très intense.
Sora : Ah, d'accord. Oh ! Barbirossa !
Le capitaine barbu, qui avait fut un temps dérobé le Black Pearl à Jack, fit la moue. S'il se faisait appeler "Barbossa", l'état civil pirate avait malencontreusement orthographié son nom en "Barbirossa", ce qui ne manquait jamais de déclencher l'hilarité de ceux qui le découvraient.
Barbirossa : Peuh !
Sora : Jean-Favoris !
Lui, par contre, était complètement inconnu au bataillon, mais dans l'esprit de Sora, tous les hommes portant des rouflaquettes n'étaient au fond qu'une seule et même personne.
? : Quoi ? Euh… Moi, c'est Gibbs, mais…
Sora : Et une dame qui caresse un crabe avec un sourire mi-sensuel, mi-terrifiant !
Tout est dit.
? : Oh, le doux écho des vagues ! De profonds murmures lui apportent les salutations des abysses !
Sora : Moi aussi, ça va !
Sora fut soudain écarté par un Jack un brin vexé de s'être fait voler l
Jack : Laisse-moi m'occuper des présentations, Sora. Je suis, après tout, le personnage principal de mon histoire.
Sora : Quoi ?
Dingo : On est tous un peu le personnage principal de son histoire. Ou alors il faut un sacré manque de charisme.
Jack : Will ! Mon Will ! Tu t'es finalement trouvé une personnalité ?
Will : Tu vas réussir à me faire regretter d'être venu te...
Jack : Elizabeth ! Toi, tu t'es débarrassée de ta personnalité ?
Elizabeth : Je ne comprends pas ce que ça signif…
Jack : Barbossa, vieille canaille ! Toujours aussi mort ?
Barbossa : Espèce d...
Jack : Tia Dalma ! Tu es particulièrement noire, aujourd'hui !
Tia Dalma : Noire, oh, noire comme une nuit sans espoir…
Jack : Gibbs !
Gibbs : Oui ?
Jack : ...
Gibbs : ...
Jack : Je ne m'attendais pas à vous voir tous ici !
Gibbs : Je... je crois que j'aurais préféré qu'il me sorte une crasse...
Jack : Dommage que vous soyez tous des hallucinations.
Donald : Ah ! Je me disais, aussi !
Sora : Non, non, moi je aussi les vois !
Will : Ça suffit, Jack. On est venus te chercher.
Elizabeth : Ne te rends-tu donc pas compte de l'endroit où tu es ?
Donald : AH ! Quelqu'un va enfin pouvoir nous dire où on se trouve !
Gibbs : Z'êtes dans le Casier de Davy Jones !
Donald : Je me sens... extrêmement renseigné.
Dingo : Est-ce que... c'est une métaphore pour dire qu'on est morts ?
Will : Jack n'a pas honoré sa dette, donc il a envoyé son Kraken le dévorer.
Donald : Ça répond pas vraiment à notre question.
Sora : Est-ce qu'on est dans l'estomac d'un poulpe géant ?
Will : Je... je ne crois pas.
Sora : Et si l'univers tout entier se trouvait dans l'estomac d'un poulpe géant ?
Donald : Tu devrais inventer une nouvelle religion.
Dingo : D'après Wikigummi, le Casier de Davy Jones, ou "Davy Jone's Locker", est une formule utilisée en anglais pour signifier le fond de la mer, là ou reposent les marins perdus.
Donald : Ce qui signifie...
Dingo : QUE C'EST VRAIMENT UNE MÉTAPHORE POUR DIRE QU'ON EST MORTS !
Jack : Vous savez ce qu'on dit. On ne vit jamais autant qu'après être mort une fois.
Donald : Qui dit ça, sérieusement ?
Sora : Jésus, non ?
Gibbs : Je suis perdu...
Elizabeth : N'oublions pas pourquoi nous sommes venus. Jack ! Tu dois venir avec nous !
Jack : Plaît-il ?
Will : L'amiral Cutler Beckett détient le cœur de Davy Jones et donc le Hollandais Volant ! Il tente de dominer les mers ! Toi seul peux l'en empêcher !
Donald : Bon, je retourne au bateau pleurer mon décès. Faites-moi signe quand toute cette histoire nous concernera.
Sora : Je viens avec t...
Dingo : Attends ! Il faut qu'on essaie de suivre, sinon on ne pourra jamais comprendre ce qu'il se passe ici !
Jack : Moi ? Sauver la mise ? Vous savez que ce ne sera pas gratuit, mmh ?
Sora : Mais... euh... pourquoi absolument Jack, en fait ?
Jack : Chut, Sora. Tu vas me faire rater ma transaction.
Will : Eh bien, parce que c'est le capitaine du Black Pearl, tout d'abord.
Barbossa : Le bateau le plus rapide du monde.
Will : Et ensuite...
Gibbs : Mmh...
Elibabeth : Eh bien...
Barbossa : Il a une chance de cocu.
Will : VOILÀ ! Et puis on l'aime bien, nous, Jack.
Jack : Pas la peine de m'amadouer, ce sera toujours trop cher pour toi.
Elizabeth : Jack, tu… tu as besoin d'un équipage, non ?
Jack : Bien sûr, et j'ai déjà engagé ces trois mousses, pour trois fois rien.
Sora : Ah non merci. On a déjà été intérimaires pour une compagnie monstrueuse de production d'énergie à partir de rires d'enfants., ça nous a suffi.
Will : Oh. Votre vie a l'air... toujours aussi étrange.
Dingo : Figure-toi que notre mort aussi.
Gibbs : Ne sois pas ridicule, Jack. Ces trois zigotos ne savent pas manœuvrer un bateau ! Alors que nous...
Sora : Je sens que ça va prendre des plombes. Rentrons au bateau.
Le lendemain après-midi, l'équipage était au complet. Sur le papier, chacun de ses membres avait été recruté pour 2 munnies. En réalité, Jack était désormais le propriétaire de deux îles, avait été nommé "Lord', bénéficiait de déductions fiscales ad vitam eternam et d'une carte de membre du Rotary Club de Port Royal. Par ailleurs,Will s'était engagé à appeler Jack "Monseigneur", Elizabeth à lui céder la moitié de sa fortune familiale, Gibbs à jongler régulièrement avec des boulets de canon pour le distraire et Tia Dalma à s'exprimer en français. Quant à Barbossa, il était l'invité d'honneur du Black Pearl en sa qualité de "jeune collégien en stage d'observation".
Barbossa : Je me sens humilié.
Will : Je crois que c'est le but.
Jack : … Et là-bas, mon petit, c'est le gou-ver-nail. Tu l'épelleras correctement dans ton rapport de stage, hein ?
Barbossa : Grmrbmbm…
Lorsque enfin, après cette interminable attente, il fut temps de se lancer à l'assaut des mers, Sora ne tenait plus. Il se précipita auprès de Jack.
Sora : Jack ! Jack ! Est-ce que je peux tenir la barre ?
Jack : 500 munnies !
Sora : Tout ça juste pour piloter un bateau ?
Jack : Oh, la barre du Black Pearl ? 2500 munnies, alors !
Sora : Quoi ? Attends, tu parlais de quelle barre, juste av...
Jack : À moins que tu ne montres ta valeur en réussissant à naviguer jusqu'à cette île, là-bas, en éliminant tous les obstacles qui se dresseront sur ta route.
Sora : Seulement ça ? Ça peut pas être si compliqué...
Ça n'aurait effectivement pas été compliqué, si Jack avait pris le temps d'expliquer à Sora comment fonctionnait un bateau. Au lieu de quoi il le regarda s'échiner à trouver la pédale d'embrayage, à courir d'un bord à l'autre du bateau à la recherche des rétroviseurs et marteler sa barre pour "klaxonner" les navires qui se dressaient sur sa route. Navires qui se trouvaient être pilotés par des Sans-cœurs hostiles, et qui tous sans exception furent envoyés par le fond à grands coups de proue dans la coque.
Sora : C'est super, finalement, de piloter ce machin !
Gibbs : Vous avez l'air d'avoir vite trouvé le coup de main, capitaine Sora ! Euh... à part pour le fait de bien se diriger et de vous servir des canons le long de notre coque.
Sora : ON A DES CANONS ?
Jack : Allons-y mollo, l'ami. Chaque boulet coûte au moins 15 munnies. Ta technique à toi est un peu plus économique, je dois dire.
Sora : En tout cas, pour répondre à ta question, Gilles...
Gibbs : Gibbs.
Sora : ... J'ai l'habitude de conduire des engins de destruction massive avec des commandes et des boutons qui ne font aucun sens.
Gibbs : Vraiment ? Vous naviguiez sous quel pavillon ?
Sora : Euh... une espèce de bloc de lego.
Gibbs : Quoi ?
Le reste de la traversée s'effectua finalement avec Jack aux commandes – Sora n'avait plus de pièces à lui donner pour poursuivre l'expérience – tandis que les membres de notre éternel trio se prélassaient, dos au mat. Et se demandaient vers où diable s'effectuait cette foutue traversée, justement.
Sora : Ça fait combien de temps qu'on est sur ce monde, déjà ?
Dingo : Un peu plus de vingt-quatre heures, maintenant.
Sora : Est-ce que c'est trop tôt pour se demander ce qu'on fout ici ?
Donald : En ce qui me concerne, je me posais la question dès que tu m'as demandé de ramer, en quittant le Gummi.
Sora : Oh, ça va ! Je pensais juste qu'on allait faire semblant d'être des pirates, visiter un port glauque de nuit et frapper des squelettes au clair de lune, comme au bon vieux temps ! J'aurais jamais pu imaginer qu'on serait des vrais pirates et qu'on vivrait des super aventures en mer ! Quelle arnaque !
Donald : Ouais, ben j'ai pas hâte d'avoir le scorbut.
Dingo : Moins fort, quelqu'un approche par ici.
La quelqu'un était en réalité une quelqu'une, et plus précisément Tia Dalma, mystérieuse fréquentation de Jack Sparrow et qui figurait parmi les trop nombreuses personnes que nos héros ne connaissaient ni d'Ève, ni d'Adam.
Donald : On peut vous aider ?
Tia Dalma : Étranges visions des ondées ! Les flots me soufflent que le fil de votre destin est lié Celui Qui Ne Rend Pas l'Argent.
Sora : Est-ce que… vous parlez de Jack ?
Tia Dalma : Celui Qui Ne Rend Pas l'Argent revêt bien des formes… Dans ce monde, son enveloppe est celle de celui que vous nommez "Jack Sparrow".
Sora : Oh, ben les flots sont plutôt perspicaces, Jack est littéralement le premier être humain qu'on a vu en revenant sur cette plan...
Dingo : Ahem ! Mon ami était sur le point de dire "en revenant dans cette mer". Nous venons d'un océan lointain.
Tia Dalma : Un océan fait d'étoiles et de vide, de pierre et de métal, oui… Mais l'eau, oui, l'eau, s'en soucie autant que de sa première vague !
Donald : Oh, ça… règle la question.
Dingo : Peux-tu nous expliquer avec... euh... des mots simples... ce qu'il se passe ici et ce que vous voulez faire, exactement ?
Tia Dalma : Simples, oh, simples comme la danse des flots... Celui Qui Ne Rend Pas l'Argent a conclu voilà des lunes un pacte avec Celui Qui Fait Bloub Bloub Avec Sa Bouche.
Donald : Qui ? Davy Jones ? Le fameux Monsieur Métaphore ?
Tia Dalma : Oui… Celui Qui Ne Rend Pas l'Argent rêvait de faire sien le Navire Perlé de Noir. Ce rêve, Celui Qui Fait Bloub Bloub Avec Sa Bouche l'exauça au prix de son âme, oui, de son âme éternelle.
Dingo : Je crois que je devine à peu près où se dirige cette histoire…
Sora : Ouais, sa première erreur a été de croire que Jack allait lui payer quoi que ce soit.
Tia Dalma : Depuis, treize Tours Autour du Soleil ont passé, et Celui Qui Ne Rend Pas l'Argent n'a pas payé son dû, alors Celui Qui Fait Bloub Bloub Avec Sa Bouche a invoqué Celui Qui Rôde Dans l'Abîme.
Donald : Je commence à m'y perdre. C'est quoi, exactement, qui rôde dans l'abîme ?
Tia Dalma : On l'appelle également Celui Qui A Beaucoup de Tentacules…
Dingo : Ah ! C'est vrai que les autres ont mentionné un "Kraken", toute à l'heure.
Sora : Loué soit le Saint Poulpe !
Dingo : Pardon ?
Sora : Je planche toujours sur cette nouvelle religion.
Donald : O.K, donc Celui Qui Tentacule À Tours de Bras a pas réussi à tuer Jack, ou en tout cas il a échappé à la mort... Et maintenant ?
Tia Dalma : Aussi sûrement que marée reflue, le seul salut de Celui Qui Ne Rend Pas l'Argent se trouve dans le contenu de la Boîte.
Dingo : Une boîte ? Je n'aime pas ça... Maléfique avait l'air d'en chercher une aussi.
Donald : Tu sais qu'il existe probablement des millions de boîtes dans l'univers, qui peuvent aussi bien contenir des ogives nucléaires qu'un déjeuner maison ?
Dingo : Oui, mais elle a mis une Majuscule. Je l'ai senti même à l'oral.
Sora : C'est vrai.
Donald : J'ai pas remarqué, il y avait tellement de majuscules dans Ce Qu'Elle Nous A Dit. Vous voyez ? Moi aussi, je peux le faire.
Dingo : Mais qu'y a-t-il dans cette boî… pardon, dans cette Boîte ?
Tia Dalma : Dans la Boîte se trouve la chose à laquelle tient le plus Celui Qui Fait Bloub Bloub Avec Sa Bouche, aussi essentielle que le sel dans la mer, aussi primordiale que les ténèbres au plus profond des abysses.
Sora : Un vrai nom ?
Dingo : L'amour !
Donald : Allez, faisons comme si on n'avait pas déjà deviné que c'était son cœur. Comme toujours.
Sora : Ah... ? Ah !
Dingo : Je n'étais pas loin… d'un certain point de vue…
Tia Dalma : Quiconque contrôle le cœur de Celui Qui Fait Bloub Bloub Avec Sa Bouche… détient le monde dans le creux de sa main.
Mais l'équipage du Black Pearl n'était pas le seul à poursuivre le cœur de Davy Jones. Il y avait, à quelque distance de là, un autre navire sur lequel d'autres pirates néophytes s'essayaient à la navigation en pleine mer.
Luyord : Ohé ! Du bateau ! Parez à mouiller sec, té !
Veyen : Luyord, mon ami ?
Luyord : Quoi ?
Veyen : Ça fait cinq minutes que tu cries tes ordres à la voile sans réaction et je tombe à court de blagounettes. Est-ce que tu sais VRAIMENT ce que tu fais ?
Luyord : Arrête un peu de marronner, je suis un vrai loup de mer, moi, heing ! Allez ! Hissez haut ! Santiaaago !
Veyen : Est-ce qu'on pourrait… au moins… invoquer des Sans-cœur pour servir d'équipage ?
Luyord : Oh bé voilà une idée qu'elle est bien bonne ! À moi, romarins !
Veyen : … Romarins ?
Luyord : Eh bé quoi ? Page quarante-cinq de "Parler pirate pour les fadas". Ça veut dire "matelot".
Veyen : Est-ce que le mot que tu cherches est "mathurin" ?
Luyord : Est-ce que la phrase que tu cherches est "Je ferme ma bouche et je laisse faire le professionnel", espèce de Tchoutchou ?
Veyen : J'a… j'abandonne. Je rentre au bercail, poil aux entrailles. N'oublie pas que nous sommes ici à la recherche de la Boîte.
Luyord : Heing ? Quelle Boîte ? Oh bé ! Il est parti !
Revenons à nos héros... qui se trouvaient actuellement à vingt mètres en-dessous du niveau de la mer, à lutter désespérément contre les flots pour trouver un souffle d'air. En effet, le sort s'acharnait pour pour qu'il leur arrive de terribles mésaventures dès que la narration avait le dos tourné. Dix secondes plus tard, le Black Pearl émergeait des eaux, dégoulinant de sel et d'algues du sommet des voiles jusqu'au fond des cales.
Sora : Pouah ! Pouah ! Jack pouvait pas nous prévenir, sérieux ?!
Donald : Pour être honnête, s'il était venu nous voir en disant "On va bientôt quitter la mer de l'au-delà, je vous conseille de bien prendre votre respiration puisque le navire va retourner dans le monde réel via le fond de l'océan", je me serais probablement foutu de sa gueule.
Dingo : Oh... Alors j'imagine que j'ai bien fait de refuser lorsqu'il m'a proposé une "information importante" en échange de mes économies.
Jack : Ah ! L'air du monde réel m'avait manqué !
Gibbs : M... moi, c'était l'air tout court...
Will : Même en l'ayant déjà fait une fois à l'aller, je crois que je ne m'y habituerai jamais...
Elizabeth : Je n'aurais jamais cru que cette opération de sauvetage serait un succès !
Jack : Ou... l'est-ce vraiment ?
Barbossa : Oui.
Jack : D'accord.
Will : Attendez... Regardez ! Il y a une nuée d'oiseaux qui arrivent vers nous !
Tia Dalma : Ô, présages de mers lointaines ! Sur vos ailes reposent les espoirs de nuées de marins !
Sora : C'est ni des oiseaux, ni des présages ! C'est ces salauds de Sans-cœurs qui ont décidé de se joindre à la fête !
À vrai dire, ces derniers étaient mêmes dénués d'ailes : il s'agissait plutôt de bêtes quadrupèdes poussées en avant par quelque propulsion issue de...
Gibbs : Pourquoi ils ont de la fumée multicolore qui leur sort du derrière ?
Jack : Pourquoi pas ?
Dingo : J'admire ton sang-froid, Jack.
Donald : En tout cas, on se retrouve enfin en terrain connu.
Dingo : Terrain, terrain, c'est vite dit... Ils volent tous et aucun n'a l'air vraiment décidé à venir nous attaquer sur le pont.
Quelques secondes passèrent avant que l'équipage du Black Pearl s'aperçût avec effroi – et quelques cris alarmés – que la véritable menace venait de plus haut encore : un Sans-cœur plus gros et aux allures de ptérodactyle venait de tirer une espèce de missile... qui manqua de peu le bateau.
Sora : Je suppose que les canons ne peuvent pas viser aussi haut ?
Will : Si, mais ce serait risquer de se le prendre sur le haut du crâne lorsqu'ils redescendront...
Elizabeth : Gnnn… gnnn…
Donald : Qu'est-ce qui lui arrive, à celle-là ?
Will : Eh bien… Quand elle est soumise à un état de stress, j'ai bien peur que ses traumatismes reprennent le dessus…
Dingo : Tu as une idée, Sora ? Sora ?
Sora avait eu son attitude distraite lorsque Tia Dalma, par surprise, s'était penchée sur son oreille pour lui murmurer quelques mots audibles de lui et de lui seul. Son visage trahissait un certain désarroi.
Sora : Comment ça, je ne suis qu'un personnage de fiction ?
Gibbs : Attention ! V'là une autre attaque !
Jack : Olé ! C'est évité !
Elizabeth : Gnnnniiihihihihihi ! Nous sommes CONDAMNÉS, mon précieux !
Sora : Je... je vais essayer quelque chose !
Suivant un mystérieux instinct qui lui disait que les fumées colorées étaient peut-être palpables, Sora se précipita hors du bateau et bondit sur une traînée nuageuse laissée par l'un des petits Sans-cœurs volants. Contre toute attente, il ne passa pas au travers le volute, mais réussit à glisser dessus sur toute la longueur jusqu'à remonter vers le moteur dont il était à l'origine.
Dingo : Sora ! Non !
Donald : Je peux pas regarder ça, il faut que je ferme les yeux...
Gibbs Vous êtes inquiet pour lui, vous aussi ?
Donald : Non, c'est pour ma santé à moi.
Elizabeth : GNIIIIIH LA SANTÉ, C'EST LE TRAVAAAAIL !
Dingo : Il a réussi à s'accrocher !
En effet, Sora avait agrippé le Sans-cœur dont il remontait la trace, et il découvrit que ce dernier tirait une salve devant lui lorsqu'on lui tapait sur la tête. Il s'en servit donc – tout en le manœuvrant par de petits coups répétés de part et d'autres de son crâne – pour éliminer la flotte aérienne qui se dressait entre lui et le ptérodactyle.
Will : Ma parole, mais il va vraiment y arriver !
Barbossa : J'ai vu des trucs bizarres, dans ma vie... et après ma vie... mais j'pensais pas un jour voir serrurier glissant sur des nuages s'embarquer sur un oiseau pour tirer des balles sur un dinosaure antique.
Dingo : Il y a une première à tout, comme on dit.
Pendant ce temps, et sous leurs yeux ébahis, Sora virevoltait entre les projectiles à bord de son Sans-cœur volant et se rapprochait toujours plus de sa proie, le submergeant d'une pluie de balles.
Sora : Quand tout ça sera fini, j'aurai bien besoin d'une des pilules de Dingo !
Lorsque ces dernières l'eurent suffisamment affaibli, il poussa sa monture dans ses derniers retranchements et bondit sur le reptile volant. Là, il laissa sa Keyblade et sa force brute effectuer le reste du travail.
Donald : Je peux ouvrir les yeux, maintenant ?
Will : Je me sens un peu mal de lui laisser faire tout le travail, comme ça.
Elizabeth : OOOOOOH LE TRAVAIL, C'EST LA S…
Donald : Ta gueule !
Elizabeth : D'ACCORD !
Jack : Ça dépend si on considère le torticolis comme un danger. J'espère que son ballet aérien est bientôt terminé, ou je me verrai obligé de lui demander un dédommagement.
Will : N'as-tu donc aucune compassion ?! C'est pour nous qu'il se bat !
Jack : Ben oui, mais c'est son boulot. Il est p… Il est toléré à bord du bateau pour ça.
Gibbs : Est-ce que vous alliez dire "payé pour ça", capitaine ?
Dingo : Attendez un peu... Qu'est-ce qu'il va se passer exactement quand Sora sera venu à bout du monstre ?
Après quelques dizaines de secondes de martèlements acharnés, le ptérodactyle poussa un cri perçant, se figea et vit sa peau se craqueler. Aussitôt, il explosa et Sora se retrouva suspendu au-dessus du rien.
Sora : Oh. Merde. Oh merde. OH MERDE ! OOOOOOOOOHHHHH MEEEEERDE !
Et il tomba.
Elizabeth : LA CHUTE EST LIBRE, MON TRÉSOR !
Dingo : Oh non ! Que peut-on faire ?!
Jack : Poursuivre le chemin vers notre objectif. C'est ce qu'il aurait voulu.
Will : Il n'est pas encore mort ! Regardez ! Il est toujours en train de tomber ! Il faut aller le chercher !
Jack : Nous devons aller de l'avant.
Gibbs : Tout ça pour pas avoir à le payer, capitaine ?
Jack : Bien sûr que non, j'honore simplement sa mémoire. En route !
Dingo : Non ! Viens Donald, on va nager jusque là-bas pour essayer de le retrouver !
Donald : Hein ? Pourquoi ? Il s'est passé quoi ? Sora est pas encore rentré de son aventure céleste ?
Dingo : Allons-y !
Et ils se jetèrent dans l'océan sans plus de cérémonie, laissant le Black Pearl voguer dans le sens opposé.
Lorsque Sora s'éveilla suite à son aventure céleste, justement, il ouvrit les yeux sur une plage paradisiaque, bordée de cocotiers.
Sora : L'Île du Destin ? Je suis rentré chez moi ? Tout ça n'était qu'un rêve étrange ?
Dingo : Sora !
Donald : Debout, espèce de gros fainéant.
Sora : Donald ! Dingo ! Qu'est-ce que vous faites là ?
Dingo : Quand on t'a vu tomber du ciel après ce combat épique contre le ptérodactyle, on s'est jetés à l'eau...
Donald : Correction, tu m'as jeté à l'eau en te propulsant par-dessus bord.
Dingo : ... pour chercher à te sauver, mais le courant nous a entraînés tous les deux. Et toi, bichon, comment est-ce que tu as réussi à survivre à la noyade ?
Sora : Ben tu te souviens quand tu m'as rappelé que ma Keyblade pouvait se transformer en frite de plage ?
Donald : ...
Dingo : ...
Sora : Ben t'as sacrément bien fait.
Donald : C'est donc ça, une frite de Tchekov.
Sora : Quoi ?
? : Ben alors ? Puisque tout le monde est réuni, qu'est-ce qu'on attend ?
Ils s'aperçurent, en faisant volte-face, que Jack Sparrow les observait depuis l'autre bout de l'étroite plage.
Dingo : Tu es venu nous chercher, finalement !
Donald : Parfait, et moi qui avais peur de rester bloqué ici.
Jack : Par contre, il nous faut un bateau.
Donald : Pardon ? Et le Black Pearl, alors ?
Jack : Une longue histoire.
Nul, parmi nos protagonistes, ne parut remarquer le petit crabe qui surgit du bas du pantalon de leur interlocuteur.
Dingo : Où penses-tu pouvoir trouver un autre bateau sur cette île, Jack ?
Jack : Par là.
Sora : Mais c'est juste une lagune, ça. C'est rempli d'eau, on est coincés sur cette plage.
Jack : Mais non, regardez. Il y a un passage sous-marin, au bout.
Sora : Et... il faut qu'on y aille les premiers ?
Jack : J'ai l'air d'avoir des branchies ?
Dingo : On a l'air d'en avoir ?
Jack : Vous avez un peu plus l'air d'animaux que moi...
Donald : Croyez-moi, ça me fait mal de lui donner raison, mais ma magie peut effectivement nous permettre de respirer sous l'eau.
Sora : Bon alors je saute ! Yaah !
"Plouf", fit l'eau au contact de Sora.
Donald : À quel moment je devrais le lancer, à ton avis ?
Dingo : Maintenant !
Donald : Je vais quand même attendre les premières bulles.
"Bloup", fit cette même eau.
Dingo : Je... je crois que c'est le moment.
Donald : Allez, hop. À moi, étoiles qui brillent !
Après un scintillement du plus bel effet, Donald et Dingo plongèrent à la suite du jeune homme qui les regarda d'un air soupçonneux.
Sora : Pas besoin d'avoir des ennemis, quand on a des amis comme vous.
Donald : Commence par avoir des neurones, et ensuite seulement tu pourras nous blâmer.
Dingo : Calmons-nous, les garçons, et explorons cette fameuse grotte sous-marine.
Mais nos amis n'étaient pas au bout de leurs peines : leur chemin aquatique était parsemée d'ennemis prenant la forme de poissons Sans-cœurs.
Sora : Ça me rappelle nos combats à Atlantica !
Donald : Est-ce que tu pourrais me rappeler de meilleurs souvenirs que ceux où j'étais à demi-pieuvre ?
Dingo : Ne te plains pas, au moins tu avais encore l'usage de tes deux mains !
Sora : Ouais ! Et moi, tout le bas de mon corps n'était qu'une immense q…
Dingo : Oui… ?
Sora : Je... vais pas terminer cette phrase.
Donald : Ça tombe bien pour toi, voilà une diversion pour changer de sujet.
En effet, parvenus au cœur du réseau de cavernes immergées, ils découvrirent une vaste grotte sur le sol duquel se trouvait un coffre... entouré de deux grandes antennes aux allures de parafoudre.
Sora : Oh ! Il faut qu'on nage jusque là-bas pour l'ouvrir !
Donald : Pardon ? Ça te semble pas suspect, à toi ?
Sora : Ben si, je sais que c'est un piège ! Mais quel genre de pirate ne se rue pas vers un coffre quand il en voit un ?
Donald : Un pirate qui veut rester en vie ?
Dingo : Si tant est qu'on le soit encore… si vous me permettez d'insister là-dessus.
Sora : Bon, d'accord. De toutes façons, vu les antennes de ce truc, ça risquerait d'être une espèce de Sans-cœur poisson de foudre, et c'est un coup à tous mourir électrocutés.
Donald : Ton raisonnement me paraît un peu trop cohérent pour ce monde absurde. Il faudrait presque s'attendre à ce qu'il nous attaque à coups de barbapapa.
Dingo : Ne restons pas ici pour le vérifier ! Regardez, il y a une autre cavité par là.
Coup de chance, ce tunnel qui s'élevait lentement finit par déboucher sur la surface : une surface sombre, à l'intérieur d'une grotte de grande taille. Tellement grande, en vérité, qu'elle pouvait contenir un bateau.
Sora : C'est fou ! Comment il a su qu'il y aurait un bateau ici !
Donald : Soit il avait senti l'odeur du bois pourri et des mites qui rongent manifestement la voile, soit il avait déjà fait du repérage. Ce qui voudrait dire…
Dingo : Sora, attends !
Sora : Notre propre bateau ! Ouaaaaais !
? : "Votre" ?
Donald : ... qu'il pouvait facilement nous devancer.
Dingo : Jack ! Tu es déjà à bord ?
Jack : Premier arrivé, premier servi. Ce bateau est à moi.
Sora : Et... euh... si on te le paie... ?
Jack : Mmmh...
Donald : À quoi est-ce que tu joues, Sora ? Ce type serait capable de vendre ses crottes de nez hors de prix, alors j'ose même pas imaginer le prix qu'il demanderait pour ce bat...
Jack : Pourquoi pas 30 munnies ?
Donald : Quoi ?
Jack : Et un petit échantillon de sang à tous les trois ?
Sora : Affaire conclue !
Donald : Tu... tu trouves pas ça un peu étrange ?
Sora : Dis plutôt que t'es jaloux de mes talents de négociateur.
Donald : Sans commentaire. Et toi, Dingo ?
Dingo : C'est la première fois qu'on autorise les gens comme moi à donner mon sang, alors tu penses bien que je suis tout émoustillé !
L'affaire fut conclue et Jack – qui avait entre temps vu un crabe s'échapper de sa manche – préleva une petite goutte de leur sang à l'aide d'un couteau.
Donald : J'espère seulement que ça va pas servir à invoquer des dieux anciens.
Sora : T'inquiète, croquette, je suis du groupe AB- ! C'est tellement rare que personne s'en servirait pour l'étaler sur des bêtes cailloux sacrificiels.
Jack : Abbé quoi ?
Dingo : En tout cas, Sora, tu es maintenant le capitaine de ce vaisseau. Comment est-ce que tu veux l'app...
Sora : Le Pourfendeur des Mères !
Dingo : C'est pas très origin... OOooh...
Donald : Pourquoi est-ce que j'ai la désagréable impression que t'y réfléchis depuis beaucoup trop longtemps ?
Sora : Je vois pas de quoi tu veux parler. En avant !
Donald : ...
Dingo : ...
Jack : Mmh…
Dingo : ...
Donald : ...
Sora : J'aurais probablement dû regarder s'il y avait une sortie à cette grotte avant d'accepter.
Donald : BORDEL.
