Auteur : Maeglin Surion
Disclaimer : les personnages et leur univers relèvent de Thomas Harris et Brian Fuller.
Rating : M.
Pairing : Hannigram.
Note : je rappelle juste en passant que ce qui se passe dans cette fic peut heurter la sensibilité des personnes... sensibles, justement. Alors si cette phrase vous inquiète, vous êtes libres de faire demi-tour ! Avant qu'il ne soit trop tard mouahahaha (`∀´)Ψ
Je vous souhaite une bonne lecture.
II
Ballare ancora una volta
Assis dans le noir, dans son salon aux volets fermés, entouré de ses chiens, Will avait du mal à être certain de ce qu'il voulait vraiment.
Quand il avait compris le manège d'Hannibal Lecter et qu'il s'était rendu compte que celui-ci lui avait fait avaler l'oreille d'Abigail, cela l'avait dégoûté au plus haut point. Pas parce que c'était une oreille humaine, mais parce que le psychiatre lui avait affirmé qu'il se sentait comme un père pour la jeune orpheline. Pour Graham, c'était un acte de trahison pur et simple.
Quand il avait découvert ce que l'Éventreur avait fait à Beverly Katz, il avait été écœuré et s'était mis à culpabiliser. S'il ne l'avait pas incitée à chercher, elle ne serait pas remontée jusqu'à Hannibal et elle serait toujours en vie.
Mais… à côté de cela, quelque chose s'était brisé en lui. A la place, une autre chose, tapie depuis fort longtemps, s'était éveillée.
Le jour où il avait vu le montage façon kabuki à ciel ouvert que Lecter avait préparé pour lui dans la forêt, il avait été touché comme s'il lui avait laissé un bouquet de fleurs ou écrit un poème.
C'était incontestablement quelque chose qui le dérangeait, mais il était bien forcé de le reconnaître : il avait apprécié le geste parce qu'il savait dans quel but il avait été fait. C'était un cadeau qui lui était destiné.
Le fait que l'Éventreur décide d'éliminer le juge trop partial qui menait son procès dans le mur, puis qu'il laisse des indices menant à Miriam Lass à travers son arbre planté au milieu d'un parking… A ce moment là, Will avait pu constater que le tueur, qui s'était appliqué à l'envoyer en prison à sa place, n'avait pas ménagé ses efforts pour le faire libérer.
Il s'était dit que le jeu ne devait plus l'amuser.
Une fois dehors, il avait choisi de reprendre sa thérapie avec le Dr. Lecter. Celui-ci ne semblait pas lui en vouloir pour sa tentative avortée de meurtre par procuration, ou bien préparait-il quelque chose...
Graham avait eu en tête de le séduire, de lui faire miroiter une confiance totale pour le pousser à se livrer.
Il savait pertinemment que cela risquait de ne pas se dérouler comme il l'avait imaginé. Il n'en existait pas d'autres comme Hannibal Lecter, il n'y avait pas de précédent. Tout demeurait de l'ordre de l'hypothèse avec un homme tel que lui, même pour un empathe de la trempe de Will Graham.
Ça, il avait eu l'occasion de le constater.
Lorsqu'il avait demandé à Hannibal de jouer pour lui, il savait précisément où il voulait que cela les mène.
Il ignorait si Hannibal voulait la même chose que lui ou s'il avait simplement trouvé un moyen plus intéressant de jouer avec lui.
Cette nuit-là, Will Graham avait dansé avec le monstre avec délice et passion.
Depuis, il s'était efforcé d'agir normalement, en proie à un conflit intérieur fondé sur ses histoires passées, son devoir, son véritable lui et ce qu'il voulait réellement.
A sa grande surprise, Hannibal semblait respecter son choix. Par moments, il arrivait même à Will de penser que la nuit avec le criminel n'avait eu lieu que dans ses rêves.
Perdu dans ses pensées, dans la salle d'autopsie du FBI, le consultant avait dit à Jack qu'Hannibal n'allait pas tarder à tenir une réception chez lui. Qu'ils verraient alors la corrélation entre les « courses » de l'Éventreur et ses réceptions.
Or, le psychiatre les avait invités, lui et plusieurs personnes dont il n'avait jamais entendu parler, à une soirée qu'il organisait. Elle devait avoir lieu ce jour, à partir de vingt heures.
Caressant nonchalamment Winston, Buster sur les genoux, Will Graham repensait à sa nuit avec le cannibale. Il devait bien reconnaître qu'il avait pris un pied d'enfer et qu'il brûlait de recommencer.
« Qu'est-ce que tu en penses ? demanda-t-il à Winston qui le fixait de ses grands yeux brillants d'intelligence. Tu crois que j'ai une tenue correcte qui traîne quelque part ? »
Un geignement lui répondit. Le chien se leva et remua la queue, impatient.
Amusé, le professeur souleva doucement Buster et le reposa au sol. Confiant, le Jack Russel ne se réveilla même pas. Will se leva à son tour et suivit Winston jusqu'à la chambre.
Après une longue recherche dans son antique armoire, il finit par dénicher le costume élégant de son procès, qui fleurait déjà bon la naphtaline. Il plissa le nez.
« Mauvaise idée, hein, qu'est-ce que tu en dis ? »
Pour toute réponse, le chien éternua quand il lui agita le vêtement imprégné sous la truffe. Graham rit.
« On est d'accord. »
Il décida de rester fidèle à lui-même et se força à partir en avance, quitte à se retrouver un moment seul avec Hannibal.
.
« Bonsoir, Will.
― Bonsoir, Hannibal. »
Ils se sourirent quelques secondes, puis Lecter s'effaça pour le laisser entrer.
« Je ne suis pas trop en avance ? »
Le psychiatre secoua la tête et le débarrassa aimablement de son manteau avant de le mener à la cuisine où s'affairaient plusieurs jeunes de l'école hôtelière embauchés en renfort.
« Tu as invité Jack ?
― Oui. Ainsi que les Dr. Chilton et Bloom. »
Will hocha la tête et se souvint qu'il avait ramené quelque chose.
« J'ai apporté du vin, je ne sais pas si ça ira…
― C'est parfait. » répondit Hannibal en réceptionnant la bouteille de blanc.
Il eut un sourire en avisant l'étiquette : Chardonnay Sonoma County de cinq ans d'âge. Il était clair que Will avait fait un effort et essayé de bien choisir et cela lui fit plaisir.
Il se promit tout de même de lui faire goûter le Chevalier Montrachet qu'il avait acheté la semaine dernière pour la réception, histoire de lui glisser subtilement sur la langue l'arôme d'un chardonnay véritablement excellent.
Ennuyé par la présence des aides, Will passait d'un pied sur l'autre. Il commençait à trouver le temps long. Pour le faire patienter, Hannibal lui servit une bière de son invention. Le consultant la trouva délicieuse mais se surprit à s'interroger sur ses composants. Il avait presque envie de lui demander.
L'arrivée des invités n'ôta rien à son malaise. Ils étaient tous richement fagotés et il détonnait désagréablement. En plus de cela, Alana le regardait d'une drôle de manière. Abel Gideon lui avait fait part des intentions de Will vis-à-vis d'Hannibal lorsqu'ils étaient encore à l'hôpital psychiatrique et elle commençait sérieusement à le soupçonner.
Comme à son habitude, Hannibal Lecter était très élégant, dans un de ses costumes que lui seul pouvait porter avec prestance. S'esquivant poliment devant des invités qui le complimentaient pour sa cuisine et la qualité de ses réceptions, il vint se placer ostensiblement près de Will que tout le monde contournait comme s'il s'agissait d'un élément de mobilier, et lui sourit.
« Tout va bien ?
― Je ne me sens pas vraiment à ma place, lui avoua le professeur.
― Tu es bien plus à ta place ici que n'importe lequel d'entre eux. »
Touché par la remarque, Will le dévisagea mais le médecin regardait droit devant lui d'un air malicieux. Il croisa intentionnellement le regard de Frédéric Chilton et lui fit un clin d'œil. Son confrère manqua de tourner de l'œil en imaginant qui pouvait bien composer malgré lui les mets sur les plateaux d'argent. Amusé, Lecter avisa Graham qui eut un sourire et souffla :
« Je crois bien qu'il est parti à la recherche des toilettes. »
Hannibal étouffa discrètement un ricanement et Will se détendit. Le fait que le psychiatre le tutoie était déjà bon signe et la remarque de tout à l'heure lui avait vraiment fait plaisir. Encore hanté par ses souvenirs d'encéphalite, il avait eu peur d'avoir rêvé cette fameuse nuit.
Lorsque Jack Crawford arriva, il insista pour choisir lui-même les bouchées, comme Lecter l'avait prévu. Celui-ci feignit d'être outré, Alana Bloom s'indigna visiblement, mais Jack ne se démonta pas, prétextant être pressé par le temps et vouloir en emmener pour plus tard.
« Il devrait avoir honte de vous accuser ainsi ! » fulmina sa consœur dans le dos de l'agent du FBI à qui deux serveurs proposaient des plateaux choisis.
Elle jeta un regard noir à Will qui avait tout fait pour incriminer l'éminent médecin qu'elle admirait.
Au bout d'un moment qui leur parut interminable, elle abandonna le Dr. Lecter au profit des plateaux de tartare de cœur, roses de jambon cru et autres roulades.
L'air de rien, Will revint aux côtés du cannibale. Chilton semblait avoir disparu pour de bon.
« Que va-t-il trouver en les analysant ? s'enquit-il en portant à ses lèvres une bouchée de myocarde relevé aux herbes.
― Qu'il est difficile de se procurer ce genre de viandes, rétorqua le psychiatre.
― Je regrette mes accusations, avoua Will.
― Vraiment ? »
Ils échangèrent un regard.
« Ce n'est pas parce que je le pensais que je ne peux pas les regretter. »
Lecter hocha la tête. Il voyait clair depuis le début dans le jeu de Will pour se rapprocher de lui, mais il l'avait laissé faire. Il savait aussi que la nuit qu'ils avaient partagée, ni lui, ni le professeur ne l'avaient parfaitement anticipée.
Will, quant à lui, souhaitait de plus en plus jouer franc jeu avec Hannibal. Cela le tentait davantage que cela l'effrayait. Il était quasiment certain que l'Éventreur savait ce qu'il manigançait et il se disait que ça serait probablement plus dans son intérêt d'être honnête avec lui… Sans compter que le jeu n'en serait que plus piquant…
Il n'avait qu'une envie, que les indésirables fichent le camp ; visiblement, il n'était pas le seul.
Le docteur Lecter avait l'art de faire croire à ses invités qu'ils avaient eu l'intention de partir et, peu à peu, la maison se vida.
Finalement, il ne resta que les aides, Will, Hannibal et Alana qui s'était impérieusement installée au clavecin. Chaque note qu'elle lui imposait arrachait un frémissement désagréable au médecin. Jaloux, le profiler marmonna entre ses dents :
« J'ai l'impression qu'elle te fait du plat… »
Hannibal ne releva pas mais n'en pensait pas moins. Il remercia les jeunes serveurs et la rejoignit. Avec adresse, il la reconduisit à la porte, si bien qu'elle ne se rendit pas immédiatement compte qu'elle avait été éconduite. Du coin de l'œil, elle aperçut Will, adossé au chambranle de la porte de la cuisine, un verre plein à la main, qui la jaugeait d'un air qu'elle trouva méprisant.
« Voulez-vous que je vous appelle un taxi ? s'enquit le docteur Lecter.
― Oh, non, non, ce n'est pas la peine, commença-t-elle, surprise.
― En ce cas, je vous souhaite une bonne nuit, Alana. Rentrez bien. »
Poliment mais nettement, il lui ferma la porte au nez et tourna la clef dans la serrure. Sidérée, elle resta un moment sur le perron, encaissant la veste qu'elle venait d'essuyer.
De son côté, Will voyait se profiler une belle nuit en perspective. Il délaissa son verre de vin français sur le plan de travail et s'y appuya dans une attitude aguichante.
Hannibal s'approcha lentement, avec une grâce qui ne laissa pas le professeur indifférent. Le psychiatre avait d'abord hésité à glisser un somnifère dans le verre de son patient mais s'était finalement ravisé, curieux de voir ce qui allait se passer. Jouer avec le feu lui plaisait de plus en plus et il avait presque envie de se brûler.
Il s'arrêta à quelques centimètres du consultant, la tête légèrement penchée en arrière. Son invité suivit le mouvement et tendit les mains vers les hanches du tueur pour l'attirer à lui. Ce soir, plus question de faire des manières. Dans leurs prunelles dansait une lueur de désir licencieux qui redoubla d'intensité lorsque leurs lèvres s'unirent avec délectation.
Les mains étonnantes de l'Éventreur se mirent à parcourir savamment le corps de Graham. Celui-ci frissonna lorsqu'elles franchirent la barrière des vêtements pour venir caresser la peau fine de ses reins et qu'elles remontèrent le long de son dos.
Ils titubèrent à l'aveugle jusqu'à la chambre d'Hannibal où ils s'effeuillèrent tout en se caressant.
Le désir montait en eux comme une colonne de lave surgit dans le cœur d'un volcan.
Électrisé par les caresses du meurtrier, Will sentait son cœur s'affoler. Il voulait que le monstre lui fasse l'amour, qu'il l'emporte dans un monde où ne subsisterait que leur passion qui n'y aurait plus rien de délictueux. Le souffle court, il s'agrippa au cou du Lituanien lorsque celui-ci le remonta jusqu'à la tête de lit. Le blond les y délesta des derniers vêtements gênants et prit place d'autorité entre les genoux relevés de Will qui frémit, ainsi exposé. Cette posture n'était pas dans ses habitudes, mais coucher avec un homme non plus et, depuis qu'il connaissait Hannibal Lecter, il avait fait beaucoup de choses qu'il n'aurait jamais imaginé faire un jour.
Il leva les yeux vers Lecter qui le toisait. Pendant quelques secondes, son terrible amant observa ce corps fin dont le torse couvert d'un duvet léger se soulevait à une cadence soutenue. Il apprécia d'un œil étincelant l'élégance de ces courbes douces et harmonieuses qu'il ne se lassait jamais de dessiner. Fasciné, il se pencha et l'embrassa profondément, passionnément, avec une lenteur délicieuse qui arracha un gémissement de satisfaction à Graham. Le profiler joua des doigts dans les mèches cendrées du meurtrier, s'amusant à le décoiffer.
Tandis qu'il prolongeait le contact avec délice, Hannibal fit courir sa main gauche le long des lignes souples du corps frémissant, soulignant chaque muscle, gagnant lentement la zone qu'il convoitait. Du bout des doigts, il caressa la peau fine entre les cuisses, glissa jusqu'au périnée en effleurant sensuellement la verge, faisant naitre des geignements frustrés dans la gorge de son amant.
Celui-ci prit possession du visage slave, lui massant les joues des doigts tandis qu'il l'embrassait avidement. Quand il laissa à nouveau glisser ses mains à travers les mèches claires jusque dans la nuque d'Hannibal, il sentit quelque chose, comme un motif tressé à même la peau, qu'il avait déjà senti la première fois. Alors que le cannibale délaissait ses lèvres pour baiser et mordiller la peau délicate de sa gorge, il tendit le cou pour voir l'étrange arabesque. On aurait dit l'empreinte d'une chaîne imprimée dans la chair.
Le sentant un peu trop distrait à son goût, Lecter entreprit de caresser plus intimement son entre-jambe, le faisant gémir. Ses assauts concupiscents l'empêchèrent définitivement de s'interroger plus avant sur l'origine de l'étrange cicatrice.
Le dos de l'empathe se cambra quand les lèvres charnues du psychiatre épousèrent les formes délicates de son ventre, remontant progressivement jusqu'à un téton qui pointait d'excitation. Un gémissement de plaisir échappa au brun lorsque son envoutant tortionnaire l'emprisonna impérieusement et le titilla du bout de sa langue. Le cannibale goûtait savoureusement la chair qu'il se retenait de mordre trop fort. De temps à autre, il faisait courir son souffle chaud dans une caresse vaporeuse et tentatrice sur la peau claire du consultant qui ondulait lascivement pour accompagner ses mouvements aériens.
Peu à peu, Will s'abandonnait tandis que son membre se raidissait sous les caresses expertes de son compagnon. Les soupirs impudiques du professeur enivraient l'Éventreur qui le couvrait de baisers humides et exigeants, remontant parfois le long de la gorge pour emprisonner à nouveau les lèvres duveteuses dans un baiser qui les laissait hors d'haleine.
Sa main singulière massait voluptueusement la hampe désormais dressée et Lecter insista sur l'extrémité particulièrement sensible, faisant naître des accents pleins de stupre dans la voix changeante de Graham.
Bien décidé à le rendre fou de désir, Hannibal modula adroitement le rythme sensuel qu'il imposait au sexe quémandeur.
Le feu qui brûlait avec ardeur au creux des reins du consultant commandait ses mouvements qui devenaient de plus en plus irréguliers tandis que montait en lui le puissant désir de s'offrir à l'homme qui partageait sa nuit.
Suavement, le Lituanien vint lui mordiller le lobe de l'oreille, arrachant une complainte terriblement érotique à Will qui entortillait ses doigts dans les mèches cendrées, les caressant et les tiraillant avec délice, soutirant au cannibale de discrets gémissements aux inflexions baltes. L'esprit embrumé du profiler tiqua, son amant lui avait murmuré quelque chose dans une langue qui lui était inconnue et il se sentit frustré de ne pas en avoir saisi la signification. Bercé par les caresses expertes et l'intensité du moment, il se mit à rêver d'un sens tendre qu'il pouvait assortir aux termes furtivement soufflés.
Avec délicatesse, le médecin se mit à explorer graduellement l'intimité du professeur de sa main libre, à la recherche d'un point particulièrement érogène, se délectant de ses geignements torrides et du goût salé de sa peau perlée de sueur. Lorsqu'il le trouva, la vive pression qu'il y appliqua fit trembler Will Graham qui laissa échapper un cri jouissif et empoigna les cheveux blonds avec fougue.
Un sourire carnassier étira alors les lèvres du meurtrier qui sentait convulser les parois de chair qui emprisonnaient son doigt tandis qu'il ajoutait souplement un second. Il progressa avec douceur, prenant grand soin à ne pas faire de mal à son amant tout en élargissant progressivement cet antre étroit et vulnérable qui l'accueillerait bientôt.
Galvanisé, l'empathe se sentait pris dans un tourbillon de sensations luxurieuses tandis que son corps était parcouru d'impétueuses vagues de plaisir qui le soulevaient à une cadence effrénée.
Les réactions éperdues de son amant embrasaient le désir d'Hannibal Lecter qui stimulait savamment la prostate du brun. Celui-ci, agrippé aux mèches cendrées qu'il malmenait, commençait à perdre pied.
« Hannibal… »
Les accents outrageusement lubriques qui marquèrent les lettres de son nom électrisèrent le psychiatre qui ajusta subtilement la pression qu'il imposait à la virilité de son compagnon, tandis qu'il stimulait derechef le point immensément érogène d'ordinaire si bien dissimulé.
Éperdu, Will gémit avec une exquise impudicité. Se régalant des appels lascifs et avides du professeur comme s'il s'était agi d'un met aussi rare que délicat, le cannibale enfouit son visage dans le cou pâle à la peau si tendre. Sous lui, le corps spasmodique obéissait désormais fiévreusement au rythme imposé par ses caresses concupiscentes.
Quand le dos finement musclé se courba plus que de raison, Hannibal joua sensuellement de son étrange main sur le phallus dressé qui palpita furieusement lorsque son homme s'éleva au septième ciel en criant.
Vaincu par l'ardeur de la jouissance, Will Graham se laissa retomber au cœur des draps de velours.
Retirant délicatement ses doigts, Lecter embrassa la base de la gorge luisante de sueur, la mâchoire, la tempe, rejoignant progressivement les lèvres entrouvertes entre lesquelles il glissa une langue douce qui fut goulument entraînée dans une valse endiablée.
Alors qu'ils s'embrassaient avec ardeur, le chirurgien ondula pour épouser les formes de son amant dont il souleva légèrement les hanches pour faciliter la pénétration. Déployant tout son talent pour amener sa maîtrise à son paroxysme, il s'introduisit avec une lenteur à la fois terrible et délectable.
La présence délicieuse d'Hannibal en lui enflamma le désir de Will qui laissa échapper un cri de douleur et plaisir mêlés.
Avec une infinie douceur, Il Mostro unit son corps à celui de son amant dans une caresse langoureuse qui les fit tous deux frissonner. A nouveau, le professeur gémit, murmurant sans cesse le nom singulier de son partenaire.
Sensuellement, celui-ci glissa ses doigts dans les boucles brunes déjà plaquées sur le front brillant. Délicatement, il les décolla et les caressa pendant qu'il l'embrassait et que ses hanches puissantes commençaient à se mouvoir.
A cet instant, Will mourait d'envie de l'entendre lui parler, lui susurrer des mots tendres, mais le tueur demeurait inexorablement muet, hormis quelques délicieux gémissements soufflés comme des confidences tout près de son oreille.
Le cannibale le caressait de son corps et de sa joue, l'embrassant, jouant suavement des doigts dans les mèches sombres, gagnant graduellement un rythme balancé et soutenu. Peu à peu, les tiraillements inhérents à la pénétration qui lançaient Will cédèrent la place au seul plaisir. Un cri de jouissance lui échappa lorsque le membre profondément engoncé vint heurter sa prostate, puis un autre, et encore un autre, toujours plus puissants.
Les torrents de luxure furieux qui l'emportèrent alors ne lui laissèrent plus aucun répit.
Soudain, les mouvements erratiques du psychiatre devinrent bien plus mesurés, indiciblement plus lents et plus exquis, ce qui acheva de faire perdre totalement la tête à l'empathe. Des complaintes torrides lui échappaient continuellement alors que, les yeux clos et le corps fébrile, il se laissait posséder par le monstre.
Leurs peaux recouvertes d'une fine couche de sueur glissaient souplement l'une contre l'autre dans une caresse enivrante qui le rendait fou. Il promena ses mains tremblantes sur le dos halé jusque dans le creux des reins musclés qui bougeaient en rythme.
« Haa… Hannibal… »
Will gémissait de plus en plus fort et se mit à crier lorsque Lecter accéléra brusquement la cadence. A son tour, le psychiatre perdait pied. L'étroit passage qui l'enfermait, se contractait et l'enserrait toujours plus fort provoquait en lui de violentes ondes de plaisir. Il se laissa envahir par elles et s'oublia au point de gémir lascivement au creux de l'oreille du professeur.
Celui-ci, totalement exalté, était secoué de délicieux spasmes. Agrippé à son amant de ses bras et de ses jambes, il se cambra alors qu'Hannibal heurtait plus fortement ce point à la stimulation si délicieuse. Il enfonça ses ongles dans le dos balte alors qu'il atteignait l'extase dans une succession de contractions qui dévorèrent sauvagement Lecter qui n'eut d'autre choix que de le rejoindre dans un ultime gémissement submergé de stupre.
Éreinté, il posa doucement son front contre celui de Will, lui caressant les cheveux, les yeux clos et l'esprit embué.
Au bout de quelques instants, leurs souffles s'apaisèrent et le cannibale se retira avant d'embrasser tendrement Graham et de s'allonger à ses côtés.
Le consultant sentait peu à peu sa vision se brouiller tandis qu'il sombrait dans un sommeil profond et réparateur, bercé par les exquises attentions de l'Éventreur. Ce dernier s'autorisa un moment de quiétude et se complut à le regarder dormir de longues minutes.
Finalement, presque à contre-cœur, il se dégagea précautionneusement de l'étreinte possessive, prenant soin de ne pas le réveiller, et abandonna momentanément le lit.
Avant de partir, il remonta le drap de velours bleu sur le corps encore brûlant de son amant.
Sans un bruit, il quitta la pièce, se recoiffa et se rhabilla avant de revêtir sa tenue plastifiée conçue pour éviter tout dépôt intempestif d'ADN et autres fibres accablantes.
Après un dernier regard vers l'embrasure sombre de la porte de sa chambre d'où lui parvenait le souffle discret et régulier de Will Graham, Hannibal Lecter partit convier son nouvel hôte.
Je m'excuse auprès des adeptes de vins américains mais je reste chauvin de ce côté-là… les vins blancs français sont les meilleurs. Et les rouges. Et les moelleux. Et… Bon. Allez, on oublie tout ça autour d'un verre de Château d'Yquem ?
Ça va, ça vous a plu ? N'hésitez pas à me laisser un petit mot pour me faire part de vos impressions, ce genre d'attention est toujours appréciée.
Au plaisir.
Maeglin
