Auteur : Maeglin Surion.

Disclaimer : les personnages et leur univers relèvent de Thomas Harris et Brian Fuller.

Rating : M.

Pairing : Hannigram.

Je vous souhaite une bonne lecture.


IX

Ballare con la fiducia

Au matin, Jack Crawford attendit patiemment que le docteur Lecter arrive à son cabinet pour quitter son poste de guet et rejoindre ses collègues dans la camionnette. Quand il entra, ils sursautèrent et se rassirent convenablement.

« J'espère que vous n'étiez pas en train de dormir… »

Ils tentèrent vainement de reprendre contenance et bredouillèrent :

« Non, non, Jack. Bien sûr que non.

― Pourquoi on dormirait ? »

Mécontent, leur supérieur leva un sourcil.

« Rien à signaler ? »

Brian Zeller, qui tendait subrepticement la main vers un donut, se ravisa et eut un rictus vers la caméra.

« Hier soir, ils sont restés un long moment couchés l'un contre l'autre à se regarder dans le blanc des yeux… A priori, ils ont beaucoup discuté. Mais nous n'avons pas la moindre idée de quoi il était question…

― Et après ? »

Les deux hommes échangèrent un regard honteux.

« Après… euh…

― Ben…

― Vous allez cracher le morceau, oui ?

― Ils ont fait l'amour, Jack, vous ne voulez pas plus de détails, quand même ! » s'emporta le brun.

Imperturbable, Crawford secoua la tête.

« J'ai une question à ce propos et j'espère que vous y avez suffisamment bien regardé pour y répondre sans faute. »

Il fit une pause et ses collègues affichèrent un air profondément choqué.

« Qui a pris qui ?

― Je vous demande pardon ? s'étrangla Price.

― Je crois avoir été suffisamment clair.

― Euh… Will… Will a… Enfin, dans la douche euh… c'était Will qui s'est fait… et… après euh… ben… c'est Lecter qui était… dessous, quoi. »

Zeller stoppa net ses gestes explicatifs et grimaça. Ils étaient rouges comme des tomates. Surpris, Jack fronça les sourcils.

« Vous dites qu'Hannibal Lecter s'est laissé prendre ?

― Mais, oui ! Mais, enfin, Jack ! Qu'est-ce que ça peut bien vous faire ?

― Will Graham a été très clair, Jimmy, par rapport au profil de l'Éventreur de Chesapeake, et je suis d'accord avec lui sur ce plan : c'est un chef, un leader, un dominant. Jamais il ne se coucherait devant personne, il maîtrise toujours tout. »

Price eut un hoquet assorti d'un rire nerveux.

« Le docteur Lecter n'a pas maîtrisé grand-chose cette nuit, Jack…

― Non… C'est… le cas de le dire, renchérit Brian.

― Hum… Cela ne colle pas… »

Littéralement éberlués, ses subordonnés se tenaient coi. Quant à Jack, ses méninges tournaient à plein régime. Si, à première vue, le docteur Lecter collait à l'idée qu'il se faisait de l'Éventreur, dès qu'il y regardait de plus près, quelque chose laissant croire le contraire lui sautait à la figure… Il ne savait jamais sur quel pied danser… Il était temps qu'il ait une conversation de plus de deux minutes avec Will Graham…

« Où est Will ?

― Il est parti en même temps que Lecter.

― Bon, on s'en va, déclara Jack.

― On… on lâche la planque ? risqua Zeller avec une pointe d'espoir dans la voix.

― Pour le moment, oui. J'ai besoin de vous pour autre chose. »

.

« Will, je peux savoir à quoi vous jouez ? »

Surpris, le consultant du FBI leva les yeux du dossier Raspail et l'interrogea du regard.

« A quoi je joue, Jack ?

― Avec le docteur Lecter. »

Il n'obtint qu'une grimace pour toute réponse.

« Will, vous vous êtes épuisé à me faire comprendre qu'Hannibal Lecter était en fait l'Éventreur de Chesapeake. Ensuite, vous êtes sortis de prison et vous avez continué. Maintenant, vous couchez avec lui et, d'un seul coup, il n'est plus suspect ?

― Non, Jack, ce n'est pas du tout ça… »

Excessivement ennuyé par la conversation, le profiler fit mine de vouloir s'esquiver mais le chef de la BAU ferma la porte de son bureau et s'appuya fermement contre. Il avait comme une impression de déjà vu et n'avait pas l'intention de le laisser filer, cette fois.

« Expliquez-moi, dans ce cas. »

Graham prit une profonde inspiration.

« Je me suis tué à vous dire qu'Hannibal était l'Éventreur de Chesapeake. C'est vrai. Mais je ne le connaissais pas comme je le connais aujourd'hui. Ou plutôt, comme je commence à le connaître.

― Et donc ? Ce n'est plus l'Éventreur ?

― Si, Jack, je suis absolument sûr que c'est lui. »

Sidéré, Crawford ouvrit la bouche et la referma. En proie à un conflit intérieur violent et subit, Will se mit à transpirer. Cette phrase, il avait seulement voulu la penser, mais elle avait malgré tout franchi la barrière de ses lèvres. Tremblant, il endossa à nouveau son rôle d'Asperger fébrile et essaya encore de sortir sans y parvenir. Incontournable et quelque peu déconcerté, l'agent reprit :

« Attendez, à quoi vous jouez, alors, en couchant avec lui ?

― Je… »

Graham se voyait difficilement lui rapporter sa conversation avec Hannibal et leurs confessions mutuelles. Comment pouvait-il lui dire que cet homme terrible exerçait sur lui une si forte attirance ? A un point tel qu'il en était venu à lui dire qu'il l'aimait ? Il ne le pouvait tout bonnement pas.

« Quand vous m'avez dit que vous envisagiez de le séduire, je n'avais pas compris ce mot dans ce sens-là…

― Je ne m'attendais pas du tout à ce que cela prenne cette tournure, Jack. » avoua le brun dans un souffle.

Les iris sombres semblaient sonder son esprit, mais leur propriétaire ne fit pas d'autre commentaire. Jack Crawford lisait du désespoir dans les réponses et les attitudes de son consultant. Il avait déjà failli le casser une fois, il préférait ne pas recommencer immédiatement, surtout maintenant qu'il était si bien installé auprès du docteur Lecter… Jack voulait encore pouvoir croire à l'innocence d'Hannibal, il se disait que le psychiatre pouvait au moins servir de bouée de sauvetage à Will, le protéger de ses démons… Mais il y avait une chose que le policier avait compris depuis longtemps : il n'en existait pas deux comme le docteur Lecter. Une particularité qu'il partageait avec l'Éventreur de Chesapeake…

« Comment pouvez-vous être sûr qu'il est l'Éventreur ? Il vous l'a dit ? Vous avez vu quelque chose ? »

Cette fois, le professeur choisit de mentir en toute conscience.

« Non, Jack. Il ne m'a rien dit, rien montré. Je n'ai rien trouvé par hasard.

― Même pas sur son passé ? Quelque chose qui indiquerait pourquoi il en serait venu à faire cela ?

― Non. »

Les réponses qu'il obtint ne plurent pas du tout à son interlocuteur : les agents avaient très clairement vu une longue conversation entre les deux hommes. De quoi avaient-ils bien pu parler ? De fait, une question se posait, deux, même : est-ce que Will protégeait délibérément Hannibal Lecter ? Ou bien, est-ce que Will avait finalement tort à propos du psychiatre ? La paranoïa de Jack Crawford s'engageait lentement sur une pente dangereusement glissante. Taraudé par la curiosité, il s'apprêtait à poser une dernière question quand Brian Zeller frappa à la porte.

« Jack ? Oh, Will… euh… bonjour. Euh… ça va ? »

Son attitude hésitante et gênée ne plut guère à l'empathe qui préféra se taire et se contenter d'un bref signe de tête. Le gourou brisa brusquement le silence pesant :

« Qu'y a-t-il ?

― Euh… Le corps d'une femme vient d'être découvert dans une jument…

― Une jument ? intervint Graham.

― Oui, a priori, elle serait morte à cause d'un poulain mort-né et quelqu'un l'aurait remplacé par une femme. »

Intrigué, le profiler avisa Jack qui hocha la tête.

« Appelez Hannibal, dites-lui de nous y rejoindre. Donnez-lui l'adresse, Brian. »

.

Bien plus tard, dans la Bentley qui les ramenait vers la maison de Will Graham à Wolf Trapp, en Virginie, l'ambiance était loin d'être au beau fixe… L'affaire de la jument n'avait pas été des plus agréables, surtout pour Will. Ce dernier ne doutait pas qu'Hannibal s'était bien amusé, surtout quand il s'était rendu compte que le meurtrier était dans l'autre poulinière et qu'il avait patiemment attendu qu'il s'en extirpe par ses propres moyens. Mais… il y avait quelque chose qui horripilait profondément le profiler. Finalement, il n'y tint plus et grommela :

« Pourquoi tu as fait ça ?

― Quoi donc ? »

Fâché, le brun se tourna vers lui.

« Tu sais parfaitement de quoi je parle !

― Tu n'es pas un meurtrier, Will. »

Les yeux bleus brillaient de reproches mais il ne sut que répondre à pareille remarque. Le Lituanien lui coula un regard de biais.

« Tu avais envie de le tuer, mais aucun besoin de le faire. Ce n'est pas la même chose qu'avec Garret Jacob Hobbs.

― Je ne me suis jamais senti plus vivant que quand j'ai appuyé sur la détente.

― Vraiment ? »

Le visage de son amant se radoucit et un sourire éclaira finalement ses traits.

« Si. Avec toi, je me sens vivant. Avec toi, je me sens vraiment moi-même. Et ça, Hannibal, ça ne m'était jamais arrivé. »

Le blond ne répondit rien mais sourit. Will le menait souvent en bateau, mais il savait reconnaître une phrase sincère quand il l'entendait.

« Tu restes avec moi, ce soir ? s'enquit Graham.

― J'allais te le proposer. » répondit Lecter en jetant bref un coup d'œil dans le rétroviseur principal.

Intéressé, l'empathe se retourna vers une glacière qu'il n'avait jusqu'alors pas remarquée. Il leva un sourcil.

« Tu as peur que je t'empoisonne avec ma cuisine ?

― Où vas-tu chercher ça ? Non, Will, bien sûr que non, mais j'aime te faire la cuisine. »

Ben voyons. Will Graham ne put réprimer un rire moqueur. Il se doutait que faire manger ses victimes à d'autres personnes n'était pas désagréable au cannibale.

Quand la porte de sa maison s'ouvrit et que ses sept chiens se répandirent à l'extérieur en une marée mouvante de poils et de joie, le professeur oublia momentanément la présence de son amant. Celui-ci observait la scène avec un demi-sourire. Son expression devint bien plus contrite quand la petite famille vint lui faire la fête, mais il prit sur lui et en caressa quelques-uns, s'attardant un peu sur la tête soyeuse de Winston.

« On dirait qu'il t'aime bien, constata Will.

― C'est un chien intelligent, renchérit Hannibal.

― C'est vrai. »

Amusé par la remarque, il rejoignit sa cheminée et entreprit d'y faire un feu, tandis que le chirurgien apportait sa glacière. Ce dernier avisa le four et l'ouvrit pour être sûr de l'état général.

« Je m'en sers de temps en temps et je l'ai nettoyé la semaine dernière, se vexa son amant.

― Je n'ai rien dit.

― Tu l'as pensé si fort que je l'ai entendu jusqu'ici. »

Souriant, le Lituanien préchauffa le four et alla ouvrir une bouteille de vin. Alors qu'il venait de remplir les verres, Graham vint chercher un baiser qu'on lui offrit avec délectation. L'un contre l'autre, ils trinquèrent.

.

« Hannibal ? »

Le concerné venait de déposer devant lui une assiette diablement appétissante. Il déboutonna sa veste de costume d'une main et interrogea Will du regard pendant qu'il s'asseyait.

« Qui est-ce ? »

Amusé par la question et surtout le détachement dont s'efforçait de faire preuve son empathe, le cannibale eut un sourire en coin.

« Je n'en ai pas la moindre idée.

― Je te croyais plus minutieux, commenta Graham en coupant la viande tendre et saignante.

― C'est de l'autruche. »

Surpris, le profileur ne put s'empêcher de ricaner. Devant l'air parfaitement sérieux de Lecter, il finit toutefois par douter.

« De l'autruche ? répéta-t-il. L'oiseau ?

― Oui. Mon boucher a de temps en temps des arrivages particuliers. Une prochaine fois, je te ferais du bison. C'est une viande qui a du caractère. »

Il termina sa phrase en prenant une bouchée qu'il apprécia les yeux clos. Lorsqu'il les rouvrit, il les leva vers Will et sourit sincèrement. Sourire que lui rendit son amant. Will Graham commençait tout doucement à connaître Hannibal Lecter, du moins, il savait que celui-ci commençait enfin à vraiment le laisser le voir. Il se trouvait étonnement démuni face à l'extrême sincérité du psychiatre. Certes, il n'avouait rien verbalement, niait à peine, mais quand il lui souriait, c'était toujours de tout son cœur. Il savait que le médecin ne lui aurait pas éhontément menti sur la nature du plat, aussi lui fit-il confiance.

« C'est assez particulier, comme viande… Mais la sauce est excellente. » se rattrapa-t-il un peu trop précipitamment.

Cette fois, Hannibal rit. Très brièvement, certes, mais ce son grisa littéralement le consultant. Il pouvait compter sur les doigts d'une main le nombre de fois où il avait entendu son compagnon rire. A cette pensée, il eut un sourire : sa main, pas celle d'Hannibal. Non que ce fût quelqu'un de froid, au contraire, mais il semblait continuellement habité d'une profonde tristesse. Maintenant qu'il savait pourquoi, il ne pouvait que partager sa douleur… Will Graham ne doutait pas que le Balte vivait chaque seconde comme si c'était la dernière, surtout avec lui.

« Je peux améliorer la viande, mais pas en changer le goût, je regrette.

― Moi pas, ce serait dommage de la dénaturer. Par rapport à l'autruche, je veux dire. Ce n'est pas de sa faute si sa viande a ce goût-là. »

Il fit une pause pendant laquelle il ancra ses iris azurs dans ceux, havane, du chirurgien.

« Tu m'en veux si je mets de la moutarde ? »

Le cuisinier ne répondit pas mais ses yeux se firent rieurs. Il sortit furtivement un pot en verre de dessous la table. Will ouvrit et referma plusieurs fois la bouche avant de rire à son tour.

« Tu m'as vu venir !

― Pratiquement pas, chuchota Hannibal.

― Tu mens très mal, tu sais, commenta-t-il en prenant une généreuse cuillerée.

― Je ne suis pas particulièrement doué pour ça, il faut bien le reconnaître. »

Ils échangèrent un regard entendu. Le professeur badigeonna généreusement la viande de moutarde et goûta à nouveau, sous l'œil tolérant du blond.

« Est-ce que je t'ai dit que ce plat était vraiment excellent ? »

Lecter leva un sourcil accusateur mais ne dit rien.

« Il y en a d'autres qui ont porté le nom d'Hannibal, dans ta famille ? demanda Will dans une tentative pour changer de sujet et, accessoirement, remettre une partie de leur conversation précédente sur la table.

― Je suis le huitième.

― Tu sais quelque chose du premier ? Pour qu'il ait ainsi transmis son patronyme, il devait être important, non ?

― Il était surnommé Hannibal le Sombre. Je ne sais pas grand-chose de lui, sinon qu'il s'est distingué au combat, notamment à la bataille de Žalgiris. Nous avions une copie d'un tableau du seizième siècle par Jan Matejko, un grand maître polonais, qui illustrait cet évènement. Mon père me racontait souvent des histoires à son sujet, notamment sur ses oubliettes. Il m'y a descendu, une fois, pour que je cesse de le harceler à ce propos. C'était davantage une sorte de puits qu'une prison au sens où on l'entend habituellement. Tout au fond, il y avait un mot en français, gravé en majuscules, une simple question : POURQUOI ? »

Le consultant but une gorgée de vin pour faire passer une trop forte dose de condiment.

« Et alors, pourquoi ?

― Je l'ignore. »

Un silence brisé seulement par les mouvements des chiens à leurs pieds s'installa. Une question particulièrement déplacée brûlait les lèvres de Will. Il voulait lui demander pourquoi il ne s'était pas arrêté à cette vengeance, pourquoi il avait continué à tuer et à s'adonner à une certaine forme de cannibalisme. Du coin de l'œil, il observait son compagnon manger. Il n'était pas certain d'avoir atteint une zone de confort suffisante avec lui. Il ne pensait pas pouvoir se permettre de demander ouvertement à Hannibal pourquoi il tuait et ce qui lui plaisait tant dans cet acte en particulier. Avec tous les autres, cela avait toujours été évident, mais la raison intrinsèque aux crimes de l'Éventreur demeurait cachée à son regard affuté. Il était convaincu que le tueur pouvait se passer de ce type de viande comme l'on se passait de bœuf quand le prix au kilo n'était plus vraiment dans notre budget. Alors… oui… Le profiler eut une pensée émue pour le prisonnier d'Hannibal le Sombre. Pourquoi

« Will… Tout va bien ? »

Quelque peu désorienté, le concerné revint lentement sur Terre et hocha la tête. Les yeux ocres s'arrimèrent aux siens. Le docteur Lecter semblait réfléchir. Finalement, il rouvrit la bouche :

« Il y a quelque chose que tu voudrais me demander, Will ? »

Le professeur vit alors poindre une opportunité qui ne se reproduirait jamais plus s'il venait à la gâcher. De l'ombre du foyer, derrière le Lituanien, il regarda approcher le cerf-corbeau qui le symbolisait dans ses rêves et dans ses visions. Calme et altier, l'animal se coucha près de lui. Les iris turquoise quittèrent le pelage singulier continuellement agité d'une brise légère pour revenir au visage anguleux. Soudainement, il se trouvait totalement serein.

« Pourquoi ? » répéta-t-il simplement.

Hannibal ne répondit pas immédiatement. Finalement, il posa ses couverts et releva la tête.

« Je voulais être sûr. Sûr que cela n'était pas que parce que c'était Mischa. »

Pensif, il s'arrêta. Concentré, Will Graham se tut, respirant à peine. C'était donc bien cela… Il avait aimé ce qu'il avait mangé, au-delà de la famine qu'il subissait, c'était la saveur de la viande qui lui avait plu…

« Lorsque j'en fus convaincu, je su également que le déni n'était plus une échappatoire envisageable.

― Ce n'est pas de ta faute si tu as mangé ta sœur, Hannibal. En aucune manière.

― Non, c'est vrai. Cependant, longtemps, j'ai refusé de voir l'évidence.

― Tu n'as rien à te reprocher. »

Son thérapeute leva les yeux vers lui. Le brun reprit :

« Elle est en paix, à présent. Tu l'as protégée, tu as protégé sa mémoire. Tout ce que tu dois garder d'elle, ce sont ses joies, ses sourires, rien de plus, Hannibal. Rien de plus. »

Cette fois, plus un son ne franchit les lèvres slaves, mais la bête était vaincue. Le cerf-corbeau ne s'était pas relevé. Étendu aux pieds de celui qui l'avait fait naître, il demeurait paisible et ses bois tranchants s'étaient couverts d'une douce couche de velours noir.


Des fois que vous vous poseriez la question : oui, l'autruche, ça se mange. C'est même assez bon. En tout cas, moi, j'avais bien aimé.

Je ne le répèterai jamais assez : merci à vous qui lisez, suivez, commentez et appréciez cette fic. Vraiment, merci.

Et si on se donnait rendez-vous dans le dixième ?

Maeglin