Auteur : Maeglin Surion.

Disclaimer : les personnages et leur univers relèvent de Thomas Harris et Brian Fuller.

Rating : M.

Pairing : Hannigram.

Je vous souhaite une bonne lecture.


XIV

Ballare con la Bestia : Intermezzo

Lorsque le docteur Alana Bloom découvrit Freddie Lounds en vie dans les locaux du FBI, elle se retrouva sans voix. Elle se souvenait parfaitement avoir assisté à l'enterrement de la journaliste. Et notamment d'y avoir vu Will, qui s'était présenté alors qu'il était de notoriété publique qu'il n'avait pas le moindre respect pour cette femme. Cela faisait un moment qu'Alana le soupçonnait d'être dangereux, mais s'il était réellement coupable, pourquoi Freddie était-elle toujours en vie ? Cela sonnait comme une fausse note dans le cerveau embrouillé de la psychiatre…

Elle n'obtint guère d'explications de la part de Lounds, si ce n'est qu'elle avait trouvé Will Graham particulièrement crédible en tueur en série. Finalement, Jack Crawford la mena auprès de Price et Zeller afin de pouvoir l'entretenir du bienfondé de la manœuvre. Eux-mêmes avaient eu grand mal à admettre que l'Éventreur ne pouvait être que l'estimé docteur Lecter, mais, à présent, il était temps de la mettre dans la confidence, pour qu'elle puisse se prémunir contre lui.

« C'est Hannibal Lecter, docteur Bloom, reprit Jack. C'est lui que nous essayons de piéger depuis plusieurs semaines.

― Hannibal n'est pas, commença-t-elle.

― Tu crois le connaître ? » l'interrompit sèchement Will.

Le jeune homme venait d'arriver et retirait sa veste, debout dans l'embrasure de la porte, un air suffisant peint sur le visage.

« Je croyais que tu avais admis ton erreur…

― Je n'ai pas fait d'erreur, Alana. Hannibal est l'Éventreur de Chesapeake. Tu imagines bien que je ne pouvais pas affirmer ça devant lui.

― Il vous l'a dit ? Vous avez vu quelque chose ?

― Non, Jack, il ne m'a toujours rien donné, mentit-il éhontément.

― Nous n'avons rien contre lui, vous comprenez ça, Will ? s'emporta Jack. Rien du tout ! Il nous faut plus qu'une intuition, la justice a besoin de preuves, de choses tangibles sur lesquelles s'appuyer !

― Je sais, rétorqua l'empathe d'un ton ferme. C'est pour ça qu'on suit mon plan.

― Vous ne croyez pas que vous allez trop loin avec lui ? intervint Zeller. Et s'il vous tuait, vous y avez pensé, à ça ?

― Il ne me tuera pas.

― De quoi parle-t-il, Will ? »

Mais le concerné ne répondit pas et se contenta d'un regard en coin. Quant au docteur Bloom, elle ouvrait des yeux effarés. Toutes les personnes présentes semblaient intimement convaincues de la culpabilité de son confrère… Mais elle ne pouvait pas croire que cet homme si brillant, si cultivé, si bien élevé… puisse être un tel monstre. Non, Will, elle l'aurait accepté, il était instable, mais pas Hannibal. Cet homme était un roc. C'était impossible.

Ignorant la jeune femme comme s'il s'était agi d'un élément de mobilier, Crawford se pencha vers Graham.

« Vous voulez qu'on vous fasse confiance, Will, mais je vous rappelle que vous êtes plus proche que personne du docteur Lecter… Comment pouvons-nous être certains que c'est avec lui que vous jouez, en partageant ainsi sa vie, et pas avec nous ? »

Parfaitement sûr de lui, le profiler ne cilla pas.

« Vous n'avez pas le choix, Jack. Je suis votre seule chance. »

Le chef de la BAU se tut un instant. Il savait pertinemment que le jeune homme avait raison. Malgré ce qu'il lui avait semblé, jamais il n'était parvenu ne serait-ce qu'à s'approcher de l'Éventreur. Cette perspective paraissait moins utopique depuis qu'il collaborait avec Will Graham. S'il y avait quelqu'un ici qui pouvait lui permettre de mettre enfin la main sur ce tueur, c'était bien lui.

« Ne vous faites pas avoir… » fit Jack en tentant encore de le mettre en garde, bien qu'il eût prévu de le pousser dans ses derniers retranchements s'il en ressentait le besoin.

Will eut un sourire narquois.

« Je ne me ferais pas avoir. »

L'ambivalence de la formulation lui plut. Au fond de lui, il ressentit un petit pincement, comme un vieux regret qu'une furtive effluve aurait subrepticement réveillé. Dans son cœur, la notion de justice commençait à se muer en une chose à la fois différente et semblable qui brillait d'un éclat terrible.

Ses yeux bleus comme un lagon limpide glissèrent vers la petite brune au brushing travaillé. La pauvre, se dit-il ironiquement, elle qui lui reprochait de n'être pas suffisamment stable pour susciter son intérêt sentimental, la voilà qui se retrouvait soudainement sur d'immenses sables mouvants. L'interrogation qu'il lut dans son regard manqua de le faire sourire.

« Will, que veulent-ils dire quand ils parlent de ton implication avec Hannibal ? »

Le ton dont elle avait usé était de ceux qu'un parent emploierait pour obtenir une réponse à la fois claire et immédiate juste avant d'asséner une sévère punition.

« Nous avons des contacts enrichissants, répondit le brun dans un haussement d'épaules. Hannibal et moi te l'avons déjà dit. »

Malgré lui, Jimmy Price eut un petit rire nerveux.

Il repensait aux heures de planque devant la riche demeure, pendant lesquelles ni lui, ni Brian n'avaient été capables de décoller leurs yeux de l'écran de la caméra thermique. Ils y avaient vu des choses véritablement incroyables.

« Vous trouvez ça drôle, Jimmy ? feignit de s'étonner Will, histoire de voir s'ils oseraient lui parler de leur voyeurisme qualifié.

― Oh, non, non, excusez-moi, ça doit être le stress.

― Nous sommes tous usés, enchaîna Jack. L'Éventreur est un sacré poisson. Mais nous devons encore tenir. Nous avons une chance de l'avoir. »

Ses yeux noirs se posèrent sur Graham.

« Vous le ferrez et je l'attrape. »

Son profiler opina de la tête. L'air de rien, Brian Zeller se pencha vers Price.

« Tu n'as rien trouvé de mieux ?

― Non… »

Brian soupira. Si les deux amants apprenaient pour la caméra thermique, ils pourraient leur coller un procès sur le dos et ils avaient même de bonnes chances de le gagner. Non. Avec Lecter aux commandes, ils ne pouvaient tout bonnement pas le perdre. Ce qui vaudrait une vilaine sanction au département et ne ferait certainement pas très joli sur les dossiers des agents…

« J'espère que vous avez briefée Lounds, monsieur Graham, intervint une jeune femme, derrière lui. Si jamais elle publiait quelque chose sur TattleCrime, cela détruirait une bonne partie de l'appât que vous tendez à l'Éventreur de Chesapeake.

― Elle a tout intérêt à se tenir tranquille, répondit Will. Qui êtes-vous, au juste ?

― Jean Wright, je travaille sous les ordres de l'agent spécial Crawford. »

Le concerné soupira, cette femme avait le chic pour s'incruster dans son enquête à un niveau qui ne la regardait absolument pas. De son côté, Price mit un petit coup de coude discret à son collègue.

« Pourquoi tu ne l'inviterais pas à sortir ?

― Vas-tu te décider à me foutre la paix avec ça ? »

Si leur échange parvint aux oreilles de la scientifique, elle n'en laissa rien paraître. Elle toisait Will avec un air qui s'apparentait à du dégoût mêlé à de la jalousie. L'empathe le remarqua et refusa de lui serrer la main, jouant les Asperger réticents comme il savait si bien le faire. Amusée, la rousse réprima tant bien que mal un rictus méprisant et se tourna énergiquement vers Alana.

« Docteur Bloom, je présume ? Ravie de vous rencontrer.

― Enchantée. »

La psychiatre n'était guère aimable avec cette femme qu'elle trouvait trop intrusive, sensation qu'elle partageait visiblement avec les autres personnes présentes.

« N'avez-vous pas quelque chose d'important à faire, mademoiselle Wright ? susurra Will.

― Sans aucun doute, professeur. Monsieur. » dit-elle en s'adressant à Jack.

Elle gratifia le docteur Bloom d'un étrange regard qu'elle ne parvint pas à identifier avec certitude. C'était comme si elle se moquait d'elle et qu'elle tenait à le lui montrer. Lorsqu'elle s'éloigna, sa queue de cheval ondoya au rythme de sa démarche affirmée, presque disgracieuse. Jean Wright était sans aucun doute une femme sûre d'elle, peut-être un peu trop insolente, et Alana la voyait mal accepter de recevoir des ordres d'un homme tel que Jack. Elle n'avait guère le profil pour travailler sous son autorité.

« D'où est-ce qu'elle sort, celle-là ? » fit Will sans chercher à être discret.

Il se demandait depuis combien de temps Wright les épiait depuis le couloir. C'était une partie de l'enquête à laquelle elle n'avait pas à prendre part. D'ailleurs, elle ne devrait même pas être au courant.

« Elle travaille ici depuis deux mois, répondit Price. Elle nous vient de New York et est dans l'équipe scientifique.

― Comment tu sais ça, toi ? intervint son ami.

― Je, euh… Je lui ai demandé.

― On peut dire qu'elle n'a pas froid aux yeux, renchérit Will.

― Hum. »

Jack Crawford, quant à lui, n'appréciait pas du tout la rouquine. Il n'acceptait pas ce genre d'intrusions autoritaires – sauf quand il en était la source – et jugeait qu'elle s'octroyait trop de prérogatives. Baltimore, ce n'était pas New York. Il ne savait pas comment cela se passait dans sa précédente section, et n'en avait rien à faire, mais il se disait qu'il était temps de la convoquer histoire de lui mettre définitivement les points sur les i.

Pensif, il laissa divaguer son regard assombri par le souci. Alana Bloom semblait perdue, quant à Will Graham… Il l'avait rarement vu autant à l'aise. Il lui faisait l'effet d'un chat devant un buffet de souris. Le jeune homme était extrêmement sûr de lui, ce qui était une première. Jusqu'à présent, il lui avait toujours paru fragile, prêt à se briser, mais ce Will-ci semblait avoir cédé la place à un homme déterminé et Jack ignorait si c'était une bonne nouvelle ou non…

« Je reviens, dit soudain Will, j'ai encore deux mots à dire à Freddie Lounds. »

Il les abandonna pour rejoindre le bureau du chef du département où la journaliste s'était installée d'une manière particulièrement effrontée. Elle l'accueillit avec un de ces sourires dont elle avait le secret, de ceux qui vous laissaient une impression glaçante et vous faisaient irrémédiablement vérifier si vous étiez toujours en possession de vos effets les plus onéreux une fois parti.

« C'est bien que vous soyez revenu, commença-t-elle.

― Freddie, n'oubliez pas qu'il serait fâcheux pour vous que vous publiiez quelque chose sur TattleCrime pendant toute la durée de votre mort.

― Fâcheux pour vous, vous voulez dire. »

Will eut un rictus moqueur.

« Qui croyez-vous que l'Éventreur viendra cueillir, si vous le faites ? Moi ? Alors qu'il joue avec moi depuis des semaines et s'amuse comme un petit fou, ou bien vous, qui lui êtes particulièrement insupportable ? »

Bien qu'elle ne se départisse pas de son air supérieur, la remarque la fit réfléchir. Il fallait reconnaître qu'elle ne faisait pas le poids, niveau intérêt suscité, même si l'Éventreur suivait ses articles avec assiduité. A nouveau, elle sourit. Déjà énervé, Graham tourna les talons, prêt à ressortir.

« Vous couchiez déjà avec le docteur Lecter avant d'être interné ou ça s'est fait après ? »

Elle avait posé sa question d'une voix forte qu'Alana Bloom ne manqua pas d'entendre à travers la porte entrebâillée. Choquée, elle avança dans le couloir.

« Vous devriez vraiment cesser de mettre votre nez dans des choses qui vous dépassent, Freddie. Dans votre propre intérêt, rétorqua le profiler.

― Vous me menacez, monsieur Graham ? »

Son ton mielleux lui blessa les oreilles, lui rappelant à quel point il avait eu du mal à se contenir pour ne pas la tuer sur le champ et se contenter de lui faire peur.

« Non, Freddie, je ne vous menace pas. Ce n'est pas de moi que vous devriez avoir peur, mais de l'Éventreur de Chesapeake. Dites-vous bien que si vous dérapez avec lui, vous ne serez plus jamais en sécurité nulle part, pas même six pieds sous terre. »

L'air un instant pensif, la rousse fit la moue. Pensant la conversation terminée, le professeur sortit du bureau.

« Le docteur Lecter doit être un sacré bon coup pour vous mettre dans un état pareil, monsieur le consultant du FBI. »

Prêt à riposter, Will ouvrit la bouche mais se retrouva brusquement repoussé dans le couloir par Jack qui s'enferma avec la journaliste. Bouillant de colère, il fixait la porte d'un œil furieux. S'il y avait bien une personne sur cette terre qu'il pourrait prendre plaisir à tuer, c'était bien Freddie Lounds. Inconsciemment, il espérait qu'Hannibal lui offre un jour cette opportunité. Fermement décidé à partir, il enfila sa veste qu'il tenait jusqu'alors à bout de bras, mais fut rattrapé par le docteur Bloom.

« Qu'est-ce qu'elle a voulu dire, Will, qu'est-ce que ça veut dire ? »

Cette fois, il en eut assez.

« Il me semble que c'était suffisamment clair, Alana. Hannibal et moi couchons ensemble et, d'ailleurs, dans sa grande lucidité, Freddie a vu juste : c'est un coup d'enfer. Maintenant, si tu permets, j'ai rendez-vous avec mon estimé psychiatre. »

Sidérée, elle le lâcha et le regarda s'éloigner. Compatissant, Brian Zeller vint auprès d'elle.

« Faut pas lui en vouloir, il est sur les nerfs. Il joue très gros pour coincer l'Éventreur.

― Ce… Ce n'est plus jouer… à ce niveau-là, c'est… »

La jeune femme en perdait ses mots tant elle était dévastée.

« Je reconnais que le plan de Will nous dépasse un peu, mais il est mieux infiltré que personne ne le sera jamais. Il partage la vie de l'Éventreur. C'est bien le dernier endroit d'où Lecter pourrait voir venir le danger, non ? risqua Price.

― Je n'arrive pas à le croire… »

Elle avait été toute prête à accepter que Will Graham soit coupable. D'être l'Éventreur, l'Imitateur, ou même un simple complice, mais jamais elle n'aurait cru qu'il se lierait si intimement avec Hannibal Lecter. Cela expliquait bien des choses qu'elle avait vues ou senties chez son confrère, notamment le fait qu'elle se fasse éconduire, mais… ils lui avaient tous deux menti de manière éhontée. Cela ne ressemblait pas à Hannibal.

« Depuis combien de temps ?

― Euh… On… On ne sait pas exactement, répondit Jimmy.

― Ils se sont probablement mis ensemble peu de temps après la sortie de prison de Will, souffla Brian qui avait lui-même envisagé la chose sous toutes les coutures.

― Je… »

Le reste de la phrase ne vint pas. Depuis tout ce temps, elle courtisait d'une manière parfois relativement voyante un homme duquel elle ne suscitait aucunement l'intérêt. Elle se souvint de la fois où Hannibal l'avait reconduite à la porte, après la soirée où Jack était venu prendre des échantillons de viandes à analyser. Elle se rappelait distinctement de Graham, installé comme chez lui, un verre plein à la main. Elle avait attendu encore un long moment, dehors, dans sa voiture. Dix, quinze, trente minutes, même plus d'une heure, sans que l'empathe ne sorte. Cette nuit-là, elle s'était refusée à y croire, pourtant, la vérité venait de lui éclater à la figure.

Le silence pesant fut brisé par Jack qui ressortit de son bureau, laissant une Freddie apparemment très ennuyée, sur laquelle il referma la porte comme s'il s'était agi d'un quelque animal qu'on aurait voulu empêcher de se faufiler.

« Docteur Bloom, il va de soi que vous devez garder le secret sur ce que vous avez appris aujourd'hui, y compris sur la relation intime qu'entretiennent Will et le docteur Lecter. »

N'obtenant aucune réponse, il se pencha vers le visage rougi aux lèvres tremblantes.

« Docteur Bloom ? »

Surprise par cette imposante forme emplissant subitement son champ de pensée, elle eut un mouvement de recul.

« Est-ce que c'est clair, docteur Bloom ?

― Très clair. »

Son ton était amer et glacial. La démarche raide, elle quitta les lieux sous le regard amusé de Jean Wright qui la gratifia d'un discret, quoique désagréable, « Tout va bien, docteur Bloom ? » qu'elle ignora.

« Elle a l'air drôlement choquée, murmura Zeller.

― Je crois qu'elle avait des vues sur le docteur Lecter, ajouta Price.

― Elle est mal barrée, alors. » renchérit son collègue.

Jack allait les reprendre quand son téléphone se mit à sonner. Il s'éloigna pour répondre.

« Sérieusement, tu ne la trouve pas chouette, la petite Wright ? Elle a quelque chose, non ? insista Jimmy.

― Je t'ai déjà dit de me foutre la paix avec elle.

― Ce n'est pas une réponse, ça. »

Un regard passablement agacé lui répondit.

« J'en ai ma claque, des rousses.

― Ça suffit, vous deux, prenez vos affaires, nous avons une nouvelle scène de crime.

― De l'Éventreur ?

― C'est possible. »

Le ton de Crawford n'était pas convaincant car il n'y croyait pas lui-même. Il voyait mal le docteur Lecter tuer en cette période mal à propos…

.

« C'est à l'autre bout de la ville, alors profitez-en pour me faire un topo sur ce que vous avez déjà découvert par rapport aux autres agissements éventuels de l'Éventreur. »

Installés dans l'imposante voiture de service de Jack, les trois hommes faisaient route vers une banlieue mal famée de Baltimore, soit l'exemple type de l'endroit où ils ne risquaient pas de croiser leur tueur cannibale. Brian Zeller se pencha pour se rapprocher de ses collègues assis à l'avant.

« Je suis tombé sur un vieux dossier scellé mais jamais classé d'affaires troublantes ayant eu lieu en France, commença-t-il. Ça remonte à plusieurs années ; le docteur Lecter avait douze ans à la date du premier meurtre suspect.

― Intéressant, commenta Crawford. Poursuivez.

― Il y a eu plusieurs morts, parfois sans lien apparent, qui ont été ajoutées au dossier par un certain inspecteur Popil… Je ne sais pas comment ça se prononce. Le docteur Lecter est cité comme témoin, mais il a été soumis à des interrogatoires, notamment au détecteur de mensonges, ce qui est assez surprenant pour un simple témoin et encore plus pour un enfant. J'ai aussi lu qu'un suspect avait été envoyé en prison pour un bref séjour. Le suspect en question n'a pas de nom dans le dossier, mais au vue des coïncidences, je pense que c'était Lecter. Enfin, à vérifier. »

Surpris, Jack le dévisagea dans le rétroviseur.

« En prison ?

― Ouais. Sur ordre de ce même inspecteur Popil. Mais des gens ont manifesté et l'affaire est remontée aux oreilles d'un juge qui l'a fait libérer pour absence de preuves. Apparemment, l'inspecteur l'avait incarcéré en se basant sur ses intuitions. Cela a vraisemblablement été assimilé à une erreur judiciaire. En tout cas, je n'en ai pas trouvé trace dans le dossier du psychiatre.

― C'est quand même dingue comme ce type peut être blanc comme neige avec tout ce qui lui tourne autour, fit remarquer Price.

― Oui, et comment un gosse peut-il tuer autant de gens sans se trahir ? »

Les sourcils noirs et épais de son patron se froncèrent.

« Combien et sur quelle période, précisément ?

― Hum… Ce Popil cite sept cas possibles, dont un qu'il lie aux autres et qui aurait été tué en Lituanie, sur les terres – tenez-vous bien – des Lecter, plus quelques dommages collatéraux. Il y a apparemment quatre ans entre le premier et le dernier meurtre, mais c'est vraiment pas très clair.

― Ça fait une sacrée coïncidence, souligna le blond.

― Vous nous donnez le détail, Brian ?

― Alors, euh… Ah, oui : le premier à avoir été tué est un certain Paul Momund, boucher de son état et, accessoirement, criminel de guerre, qui a été assassiné à coups de sabre japonais. Sa tête a été tranchée et retrouvée plusieurs jours plus tard, plantée sur un poteau devant le commissariat de Paris, sans ses joues, avec une étiquette calligraphiée disant « Paul Momund, boucherie de qualité ». Lecter a un alibi pour la mise en scène de la tête, mais pour le reste, Popil est plus vague, bien qu'il ne le qualifie jamais de suspect. D'après ce que j'ai lu, il est probable que le doc connaissait Momund, mais à quel degré… »

L'esprit du vieux limier tiqua.

« Sans les joues ?

― Oui. Elles ont été soigneusement retirées et n'ont jamais été retrouvées.

― Comme avec Raspail, dit Jimmy.

― Voilà qui nous parle. Qu'en pensait l'inspecteur français ?

― Il n'y a pas beaucoup de détails, Jack. On dirait qu'il avait peur d'en dire trop… C'est tout ce que j'ai sur lui.

― Bon. Et les autres ? »

Brian prit quelques secondes pour se remémorer le dossier qu'il avait eu de la peine à traduire.

« Un homme, d'origine lituanienne cette fois, a été retrouvé mort dans une des cuves de formaldéhyde de la faculté de médecine de Paris où étudiait le docteur Lecter à la même époque. Il semble qu'il y ait été noyé. Il s'appelait Milko quelque chose… Rien d'autre n'était précisé. Apparemment, le tueur ne lui a rien pris.

― Un Lituanien ? Comme Lecter…

― Oui, Jack. Vous allez, voir, les coïncidences s'enchaînent. Soit il n'était pas aussi prudent à ses débuts, soit nous avons là un sacré paquet de similarités. Un autre Lituanien, un certain Kolnas, a été retrouvé mort, poignardé par une lame assez longue, à son domicile à Étampes, près de Paris. Il avait apparemment des liens avec l'autre trouvé à la fac, mais on n'en sait pas plus. Là non plus, le tueur n'a rien pris.

― Reconnaissons que c'est plutôt surprenant, commenta Price.

― Plutôt, oui. Un autre cas est assez spécial. Toujours à Étampes, une péniche a explosé très peu de temps après la mort de Kolnas. En fouillant les débris, les policiers français ont retrouvé quelques éléments d'une bombe artisanale sophistiquée et plusieurs corps. Deux ont été tués par arme à feu – pistolet appartenant au Milko de la fac – et Popil les mentionne à peine, plus encore un autre Lituanien, un certain Vladis Grutas. Il était connu pour ses activités de mac et il détenait visiblement des gens sur son bateau. Popil parle de prisons. Il a été retrouvé relativement brûlé, mais le médecin légiste a distingué un M profondément gravé au couteau sur son torse.

― M ? Tu es sûr que ce n'était pas un H ?

― Oui, il avait l'air formel.

― Bizarre.

― Pas de conclusion hâtive, les reprit Jack. Peut-être que cette lettre représente quelque chose pour Lecter, mieux vaut creuser plus avant plutôt que de partir dans la mauvaise direction. »

Ses subordonnés hochèrent la tête.

« Quant à celui qui a été tué en Lituanie, reprit Zeller, eh bien… Il n'y a pratiquement rien sur lui… Je sais simplement qu'il s'appelle Enrikas Dort… euh… Dortlich, dit-il en buttant sur les syllabes, et qu'il a été retrouvé décapité et ligoté à un arbre, non loin d'un chalet en ruines, la tête posée sur une souche à ses pieds, le visage mutilé. Près du corps se trouvaient les restes d'un feu, des tiges de bois et des déchets non consommables de champignons. D'après la note de Popil, le tueur s'est fait des brochettes…

― Encore un prélèvement de joues ? On dirait que c'est son morceau préféré, marmonna Jimmy d'un ton amer.

― Ce lot de Lituaniens est surprenant, fit remarquer Crawford. On dirait une vendetta.

― Ça y ressemble. Et puis, un cannibale, ce n'est pas courant. Enfin, ce Popil a l'air sûr que c'en est un, mais il ne parle de brochettes qu'avec celui de Lituanie. Je suis en train de me renseigner sur les terres des Lecter, peut-être que je verrais quelque chose faisant référence aux ruines près desquelles on a retrouvé ce Dort… quelque chose. Ou qui pourrait évoquer le M gravé sur le torse de celui de la péniche. »

Soudain, Jimmy Price se frappa le front.

« Mince, ça a mis le temps ! Brian, tu m'as rappelé que j'étais tombé sur un meurtre bizarre en fouinant dans les archives du Canada.

― Du Canada ?

― Oui, un taxidermiste d'origine lituanienne a été retrouvé empaillé dans son atelier, sans sa tête. Elle avait été remplacée par celle d'un sanglier à qui on avait… hum… greffé les yeux de l'homme. Sa tête n'a jamais été retrouvée, mais son corps était très bien empaillé et ses yeux très bien intégrés. La commande de la tête de sanglier avait été passée par un des clients réguliers du bonhomme. C'est lui qui a découvert le corps, mais il a été innocenté. Les recherches se sont orientées vers les spécialistes de la chose, sans succès, et l'affaire a été classée sans suite.

― Encore plus bizarre, reconnut Zeller. Et ils ne sont pas très méticuleux… Un meurtre aussi singulier classé sans suite… Puis, ça a dû lui prendre un temps fou d'empailler le mec.

― D'après ce que j'ai lu, ils ont fini par prendre peur et lier ça je ne sais trop comment à des agissements sataniques.

― Vous rappelez-vous son nom ?

― Oh, oui : Bronys Grentz.

― Et quand cela a-t-il eu lieu ?

― Quelques mois après l'arrivée du docteur Lecter chez nous. Il venait d'être embauché aux urgences de l'hôpital central de Baltimore. »

Le chef de la BAU hocha la tête.

« Messieurs, j'ai l'impression que vous avez exhumé les premiers meurtres de l'Éventreur. » les félicita-t-il.

Ils hochèrent la tête de concert.

« Vous vous rendez compte ? Il avait douze ans quand il a tué Momund, chuchota Brian.

― Ouais, c'est dingue…

― S'il vous plaît, les reprit Jack, n'oubliez pas que cet homme n'a rien de commun. Je veux que vous vous concentriez sur ces évènements. Peut-être que ce n'est pas Lecter, peut-être que si. Tâchez de rassembler tout ce qui existe sur le sujet, photos, résultats des entretiens, du détecteur de mensonges, conclusions du légiste, indices, tout. Pensez-vous pouvoir retrouver cet inspecteur Popil ? Il faut que je lui parle.

― Nous allons essayer.

― Bien. »

Reportant son attention sur la route, Jack constata qu'ils arrivaient à destination. De toute évidence, les badauds étaient mieux informés qu'eux : une foule dense se pressait contre les rubans de la police de Baltimore. Tant bien que mal, les trois hommes se frayèrent un chemin entre les habitants du quartier et les journalistes. Lorsqu'ils tournèrent dans la petite ruelle lugubre, ils écarquillèrent les yeux. La scène, assez paradoxale, ressemblait étrangement aux productions de l'Éventreur.

Deux femmes, vêtues de robes excessivement courtes et étroites, comme celles que portaient traditionnellement les prostituées du quartier, étaient allongées sur le sol. Chacune avait le sein gauche dénudé, la bretelle retirée passée sous l'aisselle. Leurs bras étaient levés au-dessus de leurs têtes, elles se tenaient la main, comme pour s'entraîner l'une l'autre, et leurs jambes mimaient une course effrénée. Vues d'au-dessus, elles semblaient s'ébattre avec insouciance, cheveux au vent. D'un autre côté, elles avaient l'air d'avoir été jetées aux ordures. Les dents serrées, Jack guettait le détail qui lui permettrait d'attribuer ou non cette œuvre à sa Némésis.

En prenant la température des corps, Jimmy Price tiqua. Sachant qu'elles étaient là depuis cette nuit et qu'ils savaient avec certitude que le psychiatre l'avait passée avec Will Graham, ce crime ne pouvait pas être une de ses œuvres. Ils ne les avaient pas quittés des yeux. et ils n'avaient pas quitté la maison.

« Ce n'est pas l'Éventreur, Jack, dit-il. Elles ont été tuées cette nuit. Entre minuit et quatre heures du matin.

― Et a priori aucun organe n'a été prélevé, renchérit Zeller.

― Formidable, soupira Crawford. Qu'est-ce que c'est, alors, un imitateur ? Un fan ?

― Possible. Il s'est donné du mal pour les mettre dans cette position. Ça a dû lui prendre un bon quart d'heure, répondit le blond.

― L'arme du crime ?

― Une pointe fine et allongée, peut-être un tournevis, il faudra voir à l'autopsie. Elle a été plantée dans leurs nuques.

― C'est pas comme ça qu'on tue les lapins ? glissa Brian.

― Aucune idée. »

Un nouveau tueur… C'était bien la dernière chose dont Jack Crawford avait besoin. Le pire, dans tout ça, c'était que ce rigolo semblait s'inspirer des crimes de l'Éventreur de Chesapeake. Ce monstre n'était encore même pas passé à la postérité qu'il suscitait déjà des vocations…

Il eut quelques réticences à composer le numéro de Will Graham, mais lorsque le couple se présenta, il lui fut d'un grand secours. Tous deux se montrèrent extrêmement coopératifs, même le docteur Lecter qui avait pourtant vu sa patience mise à rude épreuve. Les premiers mots de ce dernier, lorsqu'il découvrit la scène, confortèrent Jack dans l'idée que ce nouveau tueur marchait dans les traces de l'Éventreur.

« Deux femmes courant sur la plage. »

Surpris, les agents du FBI le dévisagèrent.

« Pardon ? fit Zeller.

― C'est un tableau relativement peu connu de Pablo Ruiz Picasso, l'un des deux initiateurs du cubisme, un mouvement artistique né en France au début du vingtième siècle, expliqua Hannibal.

― Est-ce fidèlement reproduit ? s'enquit Will qui tournait autour.

― Les femmes du tableau son brunes et plus fortes que ces jeunes filles. Les robes sont normalement blanches et plus longues. Mais, à part ça, c'est suffisamment fidèle pour que l'on reconnaisse la scène.

― Je vois, marmonna Jack.

― Pensez-vous que ce soit l'œuvre de l'Éventreur, Will ? demanda Jimmy.

― Non. Jamais il ne commettrait pareille erreur.

― A-t-il prélevé quelque chose ? s'enquit Lecter, curieux.

― Rien de charnel. »

Les yeux bleus du profiler se posèrent sur le scientifique.

« Rien de charnel ? répéta-t-il. Qu'a-t-il pris, dans ce cas ?

― Il manque les boucles d'oreilles de celle-ci, répondit Brian en désignant la blonde, à moins qu'elle ait décidé de ne pas en porter cette fois, et celle aux cheveux roses a une marque de bronzage à un annulaire. Il semble qu'on lui ait retiré une bague.

― S'il prend des trophées, il y a fort à parier que notre homme soit un tueur en série, non ? fit remarquer un policier.

― Ce n'est pas obligatoire, rétorqua Graham.

― Mais c'est très probable. » ajouta Jack.

L'espace d'un instant, l'empathe redevint l'homme qu'il avait toujours connu, désagréable, distant et absorbé par son analyse de la scène de crime. Rapidement, il les congédia tous, sauf Hannibal. Caché derrière l'angle d'un immeuble, Crawford les observa.

Debout à côté de son meurtrier d'amant, le consultant ferma les yeux. Derrière ses paupières, l'intense lumière jaune se balança, telle un métronome, l'aidant à se vider la tête de ses propres pensées et à se laisser envahir par celles du criminel.

Lorsqu'il rouvrit les yeux, la scène se décomposa devant lui, comme un film qu'il aurait visionné au ralenti. Cependant, ce qui le frappa tout particulièrement, ce fut le choix du tableau. Ce crime était très clairement un cadeau pour l'Éventreur, mais c'était… maladroit. La personne qui avait réalisé ça connaissait les œuvres d'Hannibal, mais elle le comprenait mal. D'abord, il ne serait jamais tombé sur le présent par hasard étant donné qu'il ne fréquentait ni ce genre d'endroit, ni ce genre de personnes. Ensuite, les goûts artistiques du psychiatre étaient certes variés, mais Pablo Picasso n'avait pas une grande place dans son cœur. Le Lituanien le trouvait trop suffisant. Quant à ses œuvres, mis à part Guernica, aucune ne suscitait de réelle émotion chez lui et c'était quelque chose qui lui était trop cher pour qu'il en fasse abstraction.

« Qu'en penses-tu ? demanda-t-il.

― Touchant, mais malvenu.

― Cela te fait-il penser à quelqu'un ?

― Non, mais je peux te dire que ses connaissances en art sont très globales. Si ça l'intéresse vraiment, c'est une lubie récente ; j'ai comme l'impression qu'il s'est laissé emporter…

― Par le feu ardent de son amour pour toi ? le taquina Will.

― Il semblerait. »

Ils échangèrent un regard amusé. Ce pauvre soupirant n'avait aucune chance. Ni face à Will, ni auprès d'Hannibal. Contournant son compagnon, le brun en profita pour poser sa main sur lui dans un geste affectueux et possessif.

« Quel effet te fait ce tableau ? » lui demanda Hannibal.

Le visage fin de Will s'inclina sur le côté.

« C'est méprisant. Le tueur n'avait clairement aucun respect pour ces deux filles. Il les a modulées pour dessiner un tableau existant, mais il n'a pas cherché à créer une œuvre suscitant l'émotion, ni à rendre hommage au tableau d'origine.

― Effectivement, confirma Lecter. Picasso disait qu'un tableau "ne vit que par celui qui le regarde". Dans une certaine mesure, je suis d'accord avec lui. En regardant cette peinture, le tueur y a vu la même chose que toi en regardant la sienne. »

Il s'interrompit pour jeter un coup d'œil à Jack qui venait de réapparaitre auprès d'eux.

« Il faut cependant replacer le tableau originel dans son contexte. Picasso l'a peint en 1922, soit peu de temps après la Première Guerre mondiale et au début des Années folles, qui se sont échelonnées de 1920 à 1929.

― Les Années folles ?

― Oui, Jack. C'était une période de décompensation, la Grande Guerre venait de prendre fin. Cette abomination a coûté la vie à près de neuf millions de personnes. A cette époque, les gens n'imaginaient pas qu'une seconde suivrait quelques années plus tard. Il y a eu un certain sentiment d'euphorie, de liberté et de joie de vivre retrouvée. Le tableau qui a inspiré ce tueur s'inscrit dans ce contexte prônant une légèreté de ton qui contraste avec le carcan moral caractérisant les années précédentes.

― Vous voulez dire que le tueur a mal compris l'œuvre de laquelle il s'est inspiré ?

― En quelque sorte. Il ne l'a pas interprétée dans son contexte. Si vous regardez l'original, vous ressentirez probablement autre chose que lui, maintenant que vous en connaissez le cadre réel.

― Je vois. Ce n'est donc pas quelqu'un travaillant dans le milieu de l'art ?

― C'est très peu probable.

― Et s'il était spécialiste d'une autre période ? Genre, l'Antiquité ? » risqua Zeller.

L'Éventreur secoua la tête.

« Il aura forcément reçu une formation généraliste et Pablo Picasso est un artiste incontournable. De même que l'entre-deux-guerres.

― Mais le choix des filles s'apparente à la victimologie de l'Éventreur, non ? » tenta à son tour Price.

Will Graham secoua la tête.

« Non, Jimmy. Il y a quelque chose qui me dérange, dans ce tableau… Le tueur avait sans aucun doute un profond mépris pour ces filles, mais… Je crois qu'il y a eu une sorte de méprise… Je pense qu'elles ne sont pas ce qu'elles semblent être.

― Que voulez-vous dire ? l'interrogea Jack. Il se serait trompé de cibles ?

― Non, Jack, il pense avoir tué des prostituées tout ce qu'il y a de plus générique.

― Elles ne seraient donc pas des prostituées ? firent Jimmy et Brian en chœur.

― Si, ça reste possible, mais peut-être l'étaient-elles seulement par obligation et non par choix. Vous dites qu'on a pris une bague à celle-ci. Vu le doigt à laquelle elle se trouvait, c'était peut-être une alliance ou une bague de fiançailles. La blonde a d'anciennes marques d'aiguilles. Visiblement, elle se piquait, possiblement à l'héroïne, mais elle a arrêté depuis longtemps. Peut-être faisaient-elles simplement ça pour survivre.

― Je confirme, fit Price, les marques les plus récentes remontent à plusieurs semaines, les plus vieilles ont laissé des cicatrices. C'était sans aucun doute une toxico. J'attends de l'examiner à l'autopsie, mais je pense qu'elle était clean, si j'en juge par son état général. Pareil pour la deuxième.

― Pouvons-nous les emmener, Will ?

― Oui, Jack. Il n'y a plus rien à voir ici. »

Les yeux bleus du consultant s'arrimèrent à ceux d'or du chirurgien. L'espace d'un instant, Crawford crut saisir un échange secret et silencieux, compris d'eux seuls. Cette vision furtive lui glaça le sang, mais cette sensation s'évanouit aussi vite qu'elle était apparue, lui laissant une étrange impression.


C'est qu'il a mis du temps à venir, celui-là ! J'espère que ça vous a plu.

Dites, c'est quand même drôle, non ? Plus on a de projets de fics, plus nos vies se mettent à être chargées. Ou bien c'est juste moi ? Non parce que novembre était déjà pas mal, mais décembre, ça va être balèze x)

Je vous demande donc un peu de patience pour le prochain chapitre, parce que je ne sais pas si j'aurais le temps de le boucler avant la fin de l'année. Cependant, de petits ficlets viendront entre temps (Nuit du FoF de décembre et jeu du Secret Santa), j'espère qu'ils vous aideront à patienter !

Au cas où, bonnes fêtes de fin d'année à vous, merci encore d'être fidèles à cette fic :')

Je vous nem.

A très bientôt.

Maeglin