Auteur : Maeglin Surion.

Disclaimer : les personnages et leur univers relèvent de Thomas Harris et Brian Fuller.

Rating : M.

Pairing : Hannigram.

Les mots et phrases en langue étrangère à celle que sont censés parler les protagonistes (à savoir, l'anglais) sont en italique. De même que les mots accentués.

Et comme d'habitude, ce qu'il se passe ici peut heurter la sensibilité des personnes... sensibles, oui. Vala. Mais j'espère quand même qu'au bout du dix-neuvième chapitre, vous vous en doutez x) :D


Merci à tous les lecteurs anonymes qui viennent par ici et qui continuent de suivre cette fic ! Et un ÉNORME merci à celles et ceux qui ont la gentillesse de me laisser un petit mot ! Je pense à Artemis qui a longtemps tenu le coup mais aussi à Papaye, merci ! Je suis ravi que cela vous plaise et je serais très heureux de faire encore un bout de chemin à vos côtés.

A présent, je vous souhaite une bonne lecture.


XIX

Ballo del ricordo : Fuocoso

Hannibal savait que Will aimait les boissons simples et peu onéreuses mais il ne pouvait se résoudre à lui offrir du whisky de premier prix. Cela aurait été faire preuve de mauvais goût et s'il avait été à sa place, cela l'aurait trop dérangé pour lui permettre d'apprécier le cadeau. C'est pourquoi le Lituanien avait pris l'initiative de lui concocter un punch de son cru – avec quelques ingrédients pour le moins inimitables et tout aussi indispensables.

Tout à son affaire dans sa cuisine, il tournait le dos au profiler qui l'observait depuis plusieurs minutes déjà, l'air pensif.

Cela lui arrivait de plus en plus souvent. La plupart du temps, il le regardait cuisiner, mais parfois, lorsque l'un passait la nuit chez l'autre, il lui arrivait de s'éveiller avant lui et il passait alors de longues minutes à le regarder dormir. L'empathe n'était pas près de le reconnaître, mais il adorait ça. Voir cet homme si dangereux plongé dans un profond sommeil à ses côtés n'avait pas de prix.

Will avait mis un certain temps à faire la différence entre le sommeil et l'éveil chez Hannibal, mais maintenant qu'il y parvenait, il ne cessait d'être surpris. Au début, il s'était demandé si l'Éventreur n'osait s'endormir à ses côtés que car il était certain de sa supériorité psychologique… mais… une autre possibilité avait vite fait surface et s'était installée à demeure : c'était une marque de confiance.

Le professeur en fut certain au bout de quelques nuits, car il avait assisté à des cauchemars parfois très violents et, bien qu'Hannibal lui ait un jour dit « nous faisons tous des cauchemars », jamais le jeune homme n'aurait imaginé que le psychiatre pourrait être sujet à de telles paniques nocturnes. Il avait vu le tueur en série dans des moments de détresse extrême et s'il ne comprenait pas les mots étrangers que le blond marmonnait dans son sommeil, il savait que c'était la mort de sa sœur qui le hantait. Lorsque ces événements survenaient, Will le rassurait, se rapprochant au plus près des dents saillantes qui risquaient à tout moment de lui arracher la jugulaire dans un sursaut et, alors, Hannibal se détendait. Parfois même il se réveillait et quand il se raccrochait au brun dans un réflexe apeuré, l'expression de soulagement et de plénitude qui se peignait sur son visage à l'instant où il le reconnaissait emplissait l'empathe de bonheur. Dans ces moments, Will lui disait spontanément qu'il l'aimait et la lumière qui scintillait alors dans les iris fauves valait tout l'or du monde. Il l'embrassait, parfois aussi ils faisaient l'amour et il ne se sentait jamais aussi vivant que lorsque Hannibal et lui ne faisaient plus qu'un. A cette pensée, il sourit et soupira d'aise.

Une douce caresse sur sa joue le ramena à l'instant présent et ses prunelles firent le point sur celles d'Hannibal qui lui souriait d'un air tendre.

« A quoi penses-tu ?

― A toi. » répondit-il en toute sincérité.

A ces mots, Lecter sourit à nouveau et Will ne put se retenir de l'embrasser. Emportés par leur passion, ils reculèrent jusqu'au plan de travail et les reins du psychiatre heurtèrent le marbre. D'un mouvement souple, il fit volte-face en soulevant Will comme un partenaire de danse avant de le déposer sur la pierre lisse. Les mains baltes descendirent alors jusqu'aux fesses et les englobèrent pour annihiler la distance entre leurs deux corps tandis qu'ils se dévoraient des yeux et de la bouche.

Pendant qu'Hannibal abandonnait ses lèvres pour goûter à la peau douce de son cou, Will le lui offrit avec confiance et son regard s'attarda sur le saladier rempli de liquide orangé agrémenté de différents fruits avec une élégance dont seul Hannibal était capable.

« Tu as fait du punch ? » murmura-t-il entre deux baisers.

Son amant sourit tout contre sa peau.

« Avec une touche de cannelle et de noix de muscade. » répondit le blond sur le même ton.

Touché, le brun sourit béatement. Ils n'en avaient jamais parlé entre eux et il était sûr de n'avoir laissé aucun indice chez lui alors… comment Hannibal avait-il su qu'il adorait le punch ?

« Désires-tu y goûter ? »

Le regard que lui lança Lecter fit bondir le cœur du profiler, l'empêchant de formuler sa réponse. Ce qu'il pouvait aimer ce genre d'expression mutine… elles allaient si bien à Hannibal que Will ne pouvait s'empêcher de les attendre avec espoir. Ignorant malgré-lui la question, il écarta le col de la chemise pour atteindre la peau du cou de son amant et la marquer d'une légère morsure. Will savait qu'Hannibal ne faisait pas que tolérer ce genre de marques mais qu'il les appréciait, c'est pourquoi il ne se faisait pas prier pour les apposer. Le léger grognement de plaisir qu'il lui soutira le conforta dans son idée et, enhardi, l'empathe fit quelque chose qu'il osait rarement faire : il écarta brutalement les pans de la chemise du Lituanien, faisant sauter les boutons et déchirant même la soie par endroits.

Dans le creux du cou du profiler, Hannibal étouffa son rire in extremis en embrassant la peau douce et claire. Il se plaisait à lui faire croire qu'il en prenait ombrage alors que la chose l'amusait – et l'émoustillait – bien plus qu'il ne voulait bien le reconnaître. C'était assez désopilant de voir à quel point Will tâchait de faire oublier son geste aussitôt après et l'Éventreur ne se lassait pas de ce spectacle.

Avides, les mains du brun n'avaient de cesse de parcourir le corps puissant qui lui faisait face, tirant sur le pantalon et s'agaçant sur la ceinture qui refusait de se déboucler. Leurs souffles mêlés avaient la chaleur acre d'un feu de cheminée et leur caresse vaporeuse parsemait leurs peaux de chair de poule tandis que le pantalon du psychiatre chutait enfin sur ses chevilles. Laissant à peine quelques secondes à Will pour reprendre son souffle, Hannibal le souleva dans un brusque sursaut pour le défaire du sien. Il ne le lui retira pas totalement cependant et vint s'insérer entre le tissu et le bassin de son amant. Lorsqu'il l'attira à lui, leurs érections se frôlèrent, leur arrachant un gémissement. Le froid de la pierre transperçait la peau fragile des fesses du profiler, le poussant à rechercher le contact du corps brûlant d'Hannibal.

En relevant les jambes et en écartant les cuisses, Will s'offrit tout entier aux bons soins du chirurgien qui, de sa main polydactyle, explorait sournoisement les replis les mieux cachés du corps du professeur, lui soutirant bon nombre de soupirs éperdus. Ses lèvres charnues effleuraient la peau fine de la gorge où palpitait la veine jugulaire, laissant parfois la langue s'y attarder, comme pour goûter ce fruit défendu dans lequel les dents ne pourraient jamais mordre.

Hannibal descendit lentement le long du torse du jeune homme, agaçant la chair tendre du bout des canines, la baisant ensuite dans un geste doux, inspirant sans cesse l'odeur à la fois boisée et sauvage du profiler, parfum dont il ne serait jamais rassasié.

Pendant que Lecter suivait le sillon des abdominaux du bout de sa langue, Will l'observait en se mordant la lèvre. Sa main gauche allait et venait au sein des mèches cendrées, les ébouriffant à loisir, tandis qu'il se servait de l'autre pour maintenir son équilibre sur le marbre. Bien qu'il s'y attendît, il sursauta légèrement lorsque son amant prit l'initiative de lui offrir de plus profondes caresses, sursaut immédiatement suivi par une succession de frissons de plaisir qui ne lui laissèrent aucun répit.

L'empathe tenta plusieurs fois d'articuler mais Hannibal semblait peu disposé à le laisser faire ; bien décidé à l'emmener au septième ciel rien qu'avec l'agilité de sa langue, il s'appliquait à lui arracher des sons de plus en plus incontrôlés.

Will sentait son corps lui échapper de plus en plus et il devenait incapable de focaliser son attention sur autre chose que les caresses de son thérapeute. D'un geste brusque, il le força à se relever en le tirant par les cheveux et le tint tout près de lui. Si près qu'il sentit sa langue sur la sienne tandis qu'il la passait sur ses propres lèvres.

« Arrête, Hannibal, souffla-t-il d'une voix tremblante. Je… »

Encore ce regard. Les yeux fauves fixaient les siens avec une telle intensité qu'il cessa immédiatement de trembler. Serrant les cuisses sur les hanches d'Hannibal, il l'embrassa presque et murmura, tout contre sa bouche entrouverte :

« Viens… en moi… maintenant. »

Son ton suppliant donna la chair de poule à l'Éventreur qui ne put résister à l'envie de se faire prier et ondula pour épouser le corps frémissant de Will. La caresse était une véritable torture pour le profiler qu'il savait suspendu au bord du précipice et il s'appliqua à la rendre plus terrible encore.

Soudain, Graham resserra davantage ses doigts tremblants sur les cheveux blonds, soutirant un bref gémissement de douleur à leur propriétaire quand il lui arracha une mèche. Hannibal sentit alors un très mince filet de sang couler juste derrière son oreille et il en apprécia la chaleur cuisante ; il pouvait presque sentir le goût ferreux sur sa langue. Il ouvrit les yeux juste à temps pour voir la seconde main du brun jaillir avec la célérité d'un serpent. Elle enserra son poignet avec une telle force que le blond sentit ses os grincer sous l'étau. Un frisson parcourut sa peau balte, transportant des sensations variées mais délicieusement piquantes et il pencha la tête en arrière à mesure que Will tirait sur ses cheveux.

« Prends-moi… Hannibal… »

Le cannibale sourit de toutes ses dents ; Will le suppliait enfin. Et Hannibal allait obéir. La vue brouillée par la douleur, il usa de sa main libre pour aligner leurs corps et, d'un brusque coup de rein, pénétra l'empathe qui hurla. Ce cri de soulagement mêlé de plaisir et teinté de douleur attisa le feu au creux des reins d'Hannibal qui s'enfonça encore, jusqu'à ce qu'ils soient totalement unis. Les jambes tremblantes se nouèrent alors autour de ses hanches avec force et Will s'agrippa des deux mains aux cheveux blonds. Le front contre celui de son amant, les yeux clos, il répéta :

« Oui, Hannibal… Prends-moi… »

Lecter obéit graduellement, laissant petit à petit une passion sauvage les posséder tandis que Will renversait la tête en arrière et que ses gémissements se faisaient de plus en plus brefs et gutturaux.

« Oh… Ha… Hanni… Hannibal, oui… Oui ! Encore… Plus fort ! »

Lorsque l'ordre parvint à ses oreilles, le psychiatre s'enfonça jusqu'à la garde dans un mouvement brusque qui souleva Will, puis se retira presque totalement, ne laissant que très peu de contact entre leurs deux corps. Galvanisé par les muscles du brun qui pulsaient autour de l'extrémité de son gland, il enserra les hanches pâles de ses mains puissantes et, d'un coup de rein brutal, le pénétra à nouveau, arrachant un autre cri de plaisir à l'empathe.

L'étroitesse de leur étreinte les fit gémir de concert. Leurs souffles brûlants se muèrent en nuages vaporeux dans la moiteur de la cuisine et leurs corps se couvrirent d'une myriade de minuscules gouttelettes de sueur, lubrifiant leurs peaux qui se mirent à glisser souplement l'une contre l'autre dans une danse effrénée.

A chaque instant, leur étreinte se faisait plus fougueuse et cramponné aux mèches blondes, Will accusait le rythme impétueux des hanches baltes avec délice. Ses lèvres entrouvertes laissaient échapper un cri de plaisir à chaque fois que son homme heurtait sa prostate et c'en était si enivrant qu'il en perdait totalement la tête. Les doigts fins et puissants enfoncés dans ses hanches le maintenaient avec force et les mouvements d'Hannibal redoublèrent d'ardeur, le faisant crier toujours plus haut, toujours plus longtemps. D'un coup, Hannibal le souleva et Will hurla son plaisir, agrippé à son amant de ses bras et de ses jambes, se serrant contre lui de toutes ses forces. Les muscles de l'empathe convulsèrent et emprisonnèrent Hannibal avec violence, le fauchant littéralement au bord du précipice.

Terrassés par la fulgurance de leur jouissance, ils demeurèrent arc-boutés contre le marbre tiède, totalement incapables de recouvrir leur souffle. Au fur et à mesure que les muscles du blond se relâchaient, il échappait au corps du brun qui se contractait par à-coups, provoquant des répliques qui parcouraient leurs nerfs fatigués en dispensant les dernières bribes d'endorphine. Lorsque Hannibal se libéra enfin de l'étreinte brûlante de son compagnon, il put retrouver un semblant de calme et se remettre debout tant bien que mal.

Éreinté, il aida Will à faire de même et ils restèrent un long moment ainsi, appuyés l'un contre l'autre comme des étais. Le souffle court, l'empathe émergeait lentement de sa nébuleuse de plaisir bestial et, blotti contre le torse luisant de son amant, il ouvrit les yeux. Ses pupilles mirent quelques secondes à s'habituer à la lumière blanche, mais à la base de la gorge du Lituanien, une petite traînée rougeâtre presque effacée l'interpella. Il la suivit jusqu'à son origine, derrière l'oreille, et vit avec horreur qu'un peu de sang suintait encore.

« Hannibal… »

Son compagnon inspira profondément et sourit.

« Ce n'est rien.

― Je suis désolé.

― Non, Will, ne le sois pas. »

Les orbes havane sondèrent ceux bleu lagon avec intensité et Graham y vit danser une flamme mutine, la même qui jaillissait toujours, telle un feu follet, lorsque Hannibal était d'une humeur délicieusement coquine.

« J'ai adoré ça. »

Leurs voix se mêlèrent tandis qu'ils prononçaient cette phrase en chœur. Un sourire éclaira alors leurs traits tirés et Will passa une main légère dans les mèches blondes qu'il avait tant malmenées. La caresse tendre contrastait fortement avec la violence de leurs ébats et Hannibal l'apprécia dans toute sa mesure, déposant de doux baisers au creux du cou rougit par l'effort.

« Je t'aime, Will. »

L'aveu était d'une douceur merveilleuse et le souffle chaud du cannibale caressait sa nuque avec délicatesse. Le profiler sourit sans répondre. Lui aussi l'aimait, de tout son cœur et de toute son âme. Il le savait à présent, Hannibal était tout pour lui et il était tout pour Hannibal. La tendresse de ses caresses sur la peau dorée fit sourire le Lituanien qui s'agenouilla à ses pieds pour ramasser le torchon et nettoyer leurs corps fatigués. Il remonta ensuite lentement le sous-vêtement du brun, puis son pantalon, et le rhabilla avec dextérité. Il ne manqua pas cependant de lui voler un long et profond baiser qui les déposséda du peu de souffle qu'ils avaient reconquis.

Lorsqu'ils se séparèrent, Lecter revêtit ses propres vêtements et fit une boule avec sa chemise de soie changeante. Ils échangèrent un bref regard mi amusé mi coquin qui les fit sourire juste avant qu'elle n'atterrisse dans la poubelle.

« Il y a d'autres moyens pour me faire comprendre que tu n'aimes pas mes tenues. » glissa Hannibal en prenant de quoi nettoyer le plan de travail qui avait supporté leur étreinte effrénée.

Surpris par la remarque, Will éclata de rire. Le pire dans tout cela étant qu'effectivement, il n'avait jamais apprécié cette chemise.

« Tu reconnaîtra qu'ils sont bien moins intéressants…

― En effet. »

Le psychiatre souriant délaissa le marbre qui brillait à nouveau et quitta la cuisine qui ne portait plus aucune trace de leur union. Il rejoignit la salle de bain pour nettoyer sa petite blessure, puis revint avec une chemise propre et une coiffure décente.

« Tu vois, celle-ci est bien mieux, commenta Will en ramassant un dernier bouton nacré.

― Je suis d'accord, fit Hannibal en tendant la main pour les récupérer. Je les vois très bien sur la chemise que tu portais tout à l'heure et que tu t'es empressé de retirer lorsque nous sommes rentrés.

― Je ne… »

Mais il s'arrêta avant de nier, sachant pertinemment que c'était inutile.

« Je ne suis pas habitué à porté des choses aussi chères…

― Ces choses sont très agréables à porter. » lui fit remarquer son thérapeute et amant.

Will grimaça.

« Je ne voulais pas te blesser. »

Hannibal s'approcha pour l'embrasser.

« Je sais.

― Je les remettrai. Je te le promets.

― Demain soir ?

― Demain soir ? répéta l'empathe.

― Je t'invite au restaurant. »

Surpris par la proposition, il hésita quelques secondes.

« Dans un restaurant abordable, mais excellent.

― Pas guindé ?

― Pas guindé.

― D'accord. »

Amusé par leur échange, l'Éventreur sourit et lui baisa le front.

« Et si Jack ne refait pas surface avec sa caméra thermique, le lendemain, nous laisserons remonter Abigail. »

Un nouveau sourire éclaira le visage de Will. Même si Hannibal avait pris soin de faire évoluer l'opinion qu'il avait d'elle, il avait hâte de revoir la jeune fille. Son amant descendait toujours seul pour lui porter ses repas ou prendre son linge et sa compagnie lui manquait. Il avait failli le rejoindre tout à l'heure, mais la tempérance l'avait arrêté en haut de l'escalier. L'empathe savait qu'Hannibal ne cherchait nullement à le faire souffrir mais qu'il avait des doutes – sinon des certitudes tues – sur l'état d'esprit véritable de la jeune femme. En l'isolant ainsi, il s'offrait le luxe de l'étudier plus efficacement.

Le bruit de la sonnette les fit sursauter et Graham avisa la montre. Presque vingt-deux heures.

« Est-ce que tu attends quelqu'un ? » demanda-t-il, les sourcils froncés.

Le visage du médecin se tourna vers la porte tandis ses yeux dorés se fermaient et qu'il inspirait profondément. Hannibal reconnut alors un lointain parfum qu'il n'avait plus senti depuis des années, une eau de Cologne surannée qui piquait légèrement les sinus et ce, même plusieurs minutes après le départ de son propriétaire.

« Je ne l'attendais plus. »

D'abord incrédule, l'empathe l'observa quitter la cuisine et gagner le hall d'entrée d'un pas presque hésitant. Il trouva cela curieux mais son impression fut justifiée par l'ouverture de la porte. Dans l'embrasure se tenait un homme grand et mince aux cheveux coupés courts. Il rappelait à Will un acteur français qu'il avait autrefois vu dans quelques films en noir et blanc, mais dont le nom lui échappait.

Lorsqu'il découvrit le psychiatre, l'étranger afficha une émotion non feinte. Le professeur se rendit compte qu'il s'attendait à un homme plus petit que ne l'était Hannibal et qu'il avait relevé la tête avec un certain étonnement. Dans ses yeux brillants, Will avait l'impression de lire une certaine fierté, comme un père qui retrouverait son fils après des dizaines d'années d'absence, mais eu égard à ce qu'il savait de leurs rapports, c'était peu probable.

« Inspecteur Popil, quelle surprise. Bonsoir.

Bonsoir, Hannibal. »

Il fit une pause et un sourire fin étira ses lèvres.

« Dieu, ce que tu as grandi. »

Cette fois, le Lituanien sourit au point de découvrir ses dents, bien qu'il le fît rarement, et s'effaça pour le laisser passer.

« Entrez, je vous en prie. Permettez-moi de vous débarrasser. »

Le Français s'exécutait et offrait son manteau au maître de maison quand son regard fut attiré par une silhouette à l'extrémité de son champ de vision. Se retournant, Hannibal sourit à nouveau.

« Je vous présente Will Graham, mon compagnon. »

Discrètement, le blond surveillait la réaction du policier et il ne fut pas déçu. Une surprise sincère transparaissait dans son attitude, mais l'homme tendit prestement une main polie vers Will en souriant.

« Pascal Popil, je suis enchanté. »

L'esprit du profiler, qui avait buté sur le terme « compagnon » qui le faisait se sentir tout chose, fit difficilement le lien avec l'instant présent. Après ce qui sembla à Popil une légère absence, Graham lui serra la main.

« Moi aussi, répondit-il avec un fort accent qui chanta aux oreilles de son amant.

Parlez-vous français ? »

S'il avait vaguement compris la question, il risqua tout de même un coup d'œil vers le psychiatre qui lui sourit du coin des yeux. Débarrassé de sa courte honte, il secoua la tête.

« Non, je… hum, dé...solé.

― Cela ne fait rien, j'ai un peu de mal avec l'accent américain, mais je comprends et parle un peu l'anglais.

― Vous le parlez bien mieux que moi le français, le rassura Will.

― Je vous remercie. »

L'empathe était heureux de découvrir enfin cet homme qui, le premier, avait été capable de voir Hannibal Lecter tel qu'il l'était vraiment, par-delà le masque que le Lituanien s'était façonné dès son plus jeune âge. D'ailleurs, sans surprise, ce dernier n'affichait nullement la façade qu'il offrait d'ordinaire à quiconque se présentait à lui et Will s'en sentit très légèrement jaloux. Sa main chercha celle du psychiatre qui lui rendit son étreinte avec douceur.

« Avez-vous fait bon voyage, inspecteur ?

― Ce fut long et ennuyeux, mais confortable. »

Il fit une brève pause puis reprit avec une légère grimace.

« Je ne suis plus inspecteur, mais commissaire.

― Je vous prie de m'excuser pour cette maladresse.

― Tu ne pouvais pas savoir.

― J'aurais dû le deviner, fit Lecter avec un sourire en coin. C'était une évolution logique. »

Will, qui les observait, sourit au commissaire lorsque leurs regards se croisèrent. Contrairement à ceux qu'il côtoyait au quotidien, Pascal Popil paraissait intéressant. Il lui faisait l'effet d'être bien davantage que ce qu'il laissait voir au premier abord et cela lui plaisait.

« Puis-je vous demander ce que vous faites dans la vie, Monsieur Graham ? demanda Popil, faisant mine de l'ignorer.

― Je, commença-t-il en étouffant un rire narquois, je suis profiler consultant pour le FBI.

― J'imagine que vous travaillez sur l'affaire de l'Éventreur de Chesapeake ?

― En effet. »

Les yeux acérés de Pascal Popil glissèrent immédiatement vers Hannibal et l'ironie de la situation lui sauta en pleine figure. Le jeune Lecter avait fait très fort, cette fois-ci, en faisant de son ennemi son amant. Mais ce que le commissaire ne comprenait pas, c'était la raison qui l'avait poussé à se dévoiler ; s'il ne se servait pas de ce Will Graham pour assurer ses arrières, se pourrait-il qu'il soit réellement tombé amoureux ? Le policier avait du mal à y croire, mais la façon qu'avait Hannibal de regarder cet homme… Il semblait fier et protecteur à son égard.

Cela faisait près de vingt ans qu'il n'avait plus vu le neveu de lady Murasaki mais les changements étaient si infimes qu'il avait l'impression de l'avoir quitté hier, à Paris. Malgré le sang qu'il savait tâcher les mains surprenantes, Popil ne pouvait s'empêcher d'être heureux de le revoir, de voir l'homme distingué qu'il était devenu, la splendide demeure qu'il possédait… Il l'avait surtout espéré par égard pour la riche veuve dont le jeune homme dépendait jadis, mais maintenant qu'il le voyait, il en éprouvait presque du soulagement. Aux yeux de tous, Hannibal Lecter était un homme respecté et respectable qui gagnait dignement et efficacement sa vie. Même si ce qu'il y avait en dessous de ce fard était atroce. Mais Pascal devait reconnaître qu'une chose en particulier lui faisait plaisir – et l'impressionnait dans le même temps – c'était d'avoir découvert que celui qu'il avait jadis qualifié de monstre faute de qualificatif plus approprié semblait capable d'amour et de tendresse. Il voyait là une once d'espoir, un discret signe de sursaut d'humanité chez le monstre qu'il avait vu prendre forme à Paris.

« Puis-je vous offrir un verre de vin, commissaire ?

― Avec plaisir, Hannibal.

― Rouge ou blanc ?

― J'apprécierais grandement quelque chose de doux. »

Le maître des lieux s'inclina respectueusement et l'invita d'un geste à se rendre dans la salle à manger.

« Je vous en prie.

― Suivez-moi. » intervint Will en souriant.

Il s'occupa d'installer le Français à la table de bois poli et prit place en face de lui, à la droite d'Hannibal. Cependant, lorsqu'il s'assit, il ne put empêcher une grimace de douleur de venir tordre ses traits car leurs récents ébats n'avaient pas été tendres et il mit quelques secondes avant d'être capable de se tenir droit sur sa chaise, ce que Popil ne manqua pas de remarquer. Il leva un sourcil vaguement moqueur mais ne dit rien.

Hannibal revint rapidement avec la bouteille et trois verres qu'il déposa devant eux. Il présenta le vin à Popil comme l'aurait fait un sommelier.

« Bâtard-Montrachet de 1996, un millésime parmi les plus exceptionnels.

― Je te fais confiance en matière de vin, Hannibal. Mes connaissances sont bien trop parcellaires pour émettre un jugement de valeur sur cette simple information.

― Vous me ferez tout de même l'honneur de goûter. » affirma Lecter.

Il déboucha la bouteille et porta le liège à son nez pour en apprécier le parfum. Les yeux clos, il sourit et en versa un fond dans le verre du commissaire qui s'exécuta. Ses yeux s'ouvrirent de stupeur tandis que les arômes d'amande, de citron, de miel et d'épices embaumaient ses papilles, lui laissant en fin de bouche une impression légèrement grasse, un peu comme s'il venait d'avaler un petit morceau de beurre à la fois léger comme de l'air, onctueux et parfumé. Il n'avait jamais rien bu d'aussi délicieux et eut quelques peines à donner son impression.

« C'est vraiment excellent, Hannibal. Il est parfait. »

Un sourire satisfait étira les lèvres baltes tandis qu'il servait le vin bourguignon. Ceci fait, il s'assit entre eux, en bout de table, et leva son verre.

« Je suis absolument ravi de vous avoir à ma table ce soir, commissaire, même si le dressage laisse à désirer. »

Le cristal tinta lorsqu'ils trinquèrent et Popil secoua la tête.

« Tout ici est décoré avec goût, dit-il en désignant le chemin de table en nature morte et les murs céruléens. Et dans la mesure où je me suis invité à l'improviste, je m'estime extrêmement gâté et avec raison.

― Promettez-moi de nous faire un jour le plaisir de partager notre repas.

― Ce serait avec grand plaisir, Hannibal. »

Profitant du silence pour apprécier le vin, le Lituanien sourit et le fit tourner dans le creux du verre pour inspirer son bouquet avant de boire. Grand plaisir, oui. En effet.

« Vous êtes toujours le bienvenu.

― Tu étais bien moins disposé à mon égard dans mes souvenir, lui rappela le Français.

― C'est tout à fait exact, fit le blond en souriant.

― Et le contexte n'est pas si différent.

― Vraiment ? »

La pique discrète mais néanmoins polie amusa presque le commissaire qui manqua de sourire.

« Il m'aurait plu de la revoir, en effet, mais cela n'arrivera jamais.

― Je le pense. »

De son côté, Will n'en perdait pas une miette. Il supposait qu'il était question de la tante d'Hannibal car celui-ci lui avait fait part des sentiments du policier à son égard. Il demeurait attentif car il rêvait d'entendre ce qu'Hannibal refusait d'admettre de vive voix, il attendait que le policier précise l'objet de sa visite.

« Je suis venu aux États-Unis suite à l'appel de l'agent spécial Jack Crawford. »

Un silence respectueux suivit son annonce mais Pascal Popil n'était pas dupe. Il savait très bien qu'Hannibal l'avait deviné depuis longtemps et il ne doutait pas une seule seconde qu'il fut l'Éventreur de Chesapeake.

« Il a l'air convaincu que mon aide lui serait utile dans l'affaire de l'Éventreur.

― Évidemment. Vous faisiez un bon inspecteur, commissaire. »

Le gradé ne releva pas le ton condescendant et poursuivit :

« S'il y a une chose dont je n'ai jamais douté, c'est mon instinct. C'est grâce à lui que je suis remonté jusqu'à toi, à l'époque du Juge.

― Le Juge ? répéta Will.

― C'est ainsi que la presse a fini par nommer celui qui a assassiné cinq personnes dans un court laps de temps en France et en Lituanie.

― Cinq personnes… » répéta l'empathe, l'air pensif.

Le Français hocha la tête. Est-ce que ce profiler du FBI, que les journaux avaient qualifié d'instable, de fou et de dangereux, était le complice d'Hannibal en plus d'être l'amant du Diable ? L'espace d'un instant, Pascal sentit sa nuque se crisper. Il était seul entre deux potentiels tueurs cannibales – l'un l'était sans aucun doute – personne ne savait qu'il était là, il était plus de vingt-deux heures… En énumérant mentalement ses erreurs, il se rendait compte qu'il avait agi comme un débutant. Mais il était impossible de prévoir les agissements d'un homme tel que Hannibal Lecter.

Le verre de vin dans une main, il faisait tourner le breuvage doré tout en observant le docteur en médecine. Il se souvenait de lui comme si c'était hier. Un adolescent droit et fier, élégant et poli, mais d'une froideur marmoréenne. Outre les Lituaniens, Popil était certain qu'Hannibal avait tué Paul Momund et la distance – et même le mépris – qu'avait montré le jeune garçon de douze ans devant le corps sans tête lui avait glacé le sang. Il avait d'abord pensé à de la psychopathie, mais cela ne collait pas. A cet âge-là, Hannibal était encore très émotif. Il suffisait que l'on touche à sa tante, la gracieuse lady Murasaki, pour qu'il accumule des erreurs qui auraient pu leur coûter la vie à tous les deux. Le commissaire ignorait ce qu'il s'était vraiment passé sur cette péniche amarrée à Étampes, mais il avait vu la dame effrayée, il avait vu le M gravé au couteau dans le torse de Vladis Grutas, il avait vu les corps calcinés et il avait vu l'état du jeune Lecter.

« Cinq, oui. Du moins, quatre personnes ont été reconnues par la police comme étant des victimes du Juge. L'autre, celle qui a été tuée en Lituanie, n'a pas eu ce privilège.

― Pourquoi l'avoir surnommé le Juge ?

― A cause de sa victimologie. Ses victimes étaient toutes des adeptes du nazisme et si elles ne s'attachaient pas à le faire revivre, elles avaient collaboré sous le troisième Reich. C'était le cas de Paul Momund. Chronologiquement, c'est la première victime du Juge.

― Je vois.

― Vous savez, n'est-ce pas ? »

La question de Pascal Popil sembla flotter quelques instants au-dessus de la table. Aucun des deux hommes n'esquissait le moindre geste, rien ne bougeait sur leurs visages et cela le terrifia. C'était comme s'il avait sous les yeux deux exemples d'une seule et même personne. Le physique était différent, le style aussi, le langage… Mais les auras étaient sensiblement les mêmes. Le policier aurait été incapable de l'expliquer de manière concise mais… il commençait à comprendre ce qui plaisait à Hannibal chez ce profiler.

Will Graham et Hannibal Lecter n'échangèrent pas même un regard, aucun accord d'aucune sorte n'apparut aux yeux du commissaire. Pourtant, le brun acquiesça.

« Je sais. »

Popil avait eu beau s'en douter, la réponse lui fit tout de même froid dans le dos. Il avait du mal à percevoir dans quel camp était ce consultant, mais il avait l'air au moins aussi dangereux qu'Hannibal… sinon plus.

« Comment comptez vous aider ce bon agent Crawford, commissaire ?

― Il pense que le Juge et l'Éventreur de Chesapeake sont une seule et même personne. »

Il fit une brève pause, le temps d'apprécier une nouvelle gorgée de Bâtard-Montrachet.

« Je suis d'accord avec lui. D'après le message qu'il m'a laissé, il s'interroge sur le changement de victimologie de ce tueur, sauf que je n'en voie pas. Arrête-moi si je me trompe, Hannibal… mais outre le mal que les Hiwis avaient fait à ta famille, ils se prenaient pour des Hiwis, justement et ils agissaient en conséquence. Momund était un ancien collabo… Alors je m'interroge au sujet des victimes de l'Éventreur, parce que cela importe probablement, qu'avaient-elles fait de mal ? »

Il s'agissait davantage d'une question rhétorique que d'une réelle interrogation et Popil ne fut pas surpris qu'Hannibal garde le silence. C'était quelque chose que le Lituanien avait toujours réussi avec brio, même quand il n'était encore qu'un gamin.

« Je suis sûr que vous lui serez d'une grande aide. »

Dans la bouche du fils Lecter, cela lui faisait l'effet d'une menace de mort. Il déglutit. En face de lui, Will frémit presque imperceptiblement et il eut presque l'impression qu'il se retenait de rire. Cela lui fut encore plus désagréable.

En réalité, le profiler avait toutes les peines du monde à retenir son exclamation. Louis Jourdan, c'était lui qu'il cherchait depuis le début de l'entrevue ! Heureux de s'en être enfin souvenu, il croisa le regard d'Hannibal et perdit immédiatement son air jovial. Sur le moment, il se sentit bête, mais ce n'était pas si désagréable de jouer avec l'esprit d'un autre et ce bon commissaire Popil ne semblait plus trop dans son assiette… Aussi Will retrouva-t-il cet air un peu étrange qui le mettait mal à l'aise.

« J'irai le voir à son bureau demain matin.

― Vous pourrez ainsi mieux apprécier sa politesse légendaire…

― Will, le reprit gentiment Hannibal.

― Il faut tout de même reconnaître qu'il est infect quand il s'y met, s'obstina le brun.

― Il m'a paru relativement agréable au téléphone. Il a même fait l'effort de parler français. »

Hannibal se retint de dire qu'il aurait bien aimé entendre ça et sourit.

« Jack n'est pas foncièrement mauvais. Certes, ses manières et ses méthodes sont quelque peu brutales, mais c'est un bon agent et il est intelligent.

― Pas autant que toi, apparemment. »

Le psychiatre sourit. Oui. Non. Peut-être. Qui sait ? A voir. Sûrement. Jouer avec Jack Crawford l'amusait beaucoup, il en fallait peu pour pousser le gourou comme le nommait Miriam Lass à sauter dans telle ou telle brèche. Mais ce qui distrayait réellement Hannibal, c'était ce qu'il advenait ensuite. D'ailleurs, cela devenait de plus en plus intéressant.

De son côté, Will affichait un sourire légèrement béat. Jack devait grandement captiver Hannibal pour que ses manières soient simplement qualifiées de « quelque peu brutales » alors qu'il avait parfaitement le profil pour finir sur sa table de découpe. Lui-même lui en voulait beaucoup de l'avoir poussé dans ses derniers retranchements au point qu'il avait fini par développer une encéphalite virale qui avait grandement servi Hannibal.

Malgré-lui, Pascal Popil étouffa un bâillement et rajusta sa posture. Le voyage en avion l'avait épuisé, sans parler du décalage horaire, et il accusait un vilain mal de dos par-dessus le marché.

« Je vous prie de m'excuser.

― Vous devez être fatigué. Si vous le souhaitez, vous pouvez vous installer dans la chambre d'amis. Voulez-vous que je vous la prépare ?

― Je te remercie, Hannibal, mais j'ai réservé l'hôtel par le commissariat et je me ferait remonter les bretelles si je n'occupais pas ma chambre. Mais je suis touché par la proposition. Il va sans dire qu'il m'aurait été plus agréable de passer la nuit ici.

― Je comprends. »

Le sosie de Louis Jourdan vida poliment son verre et entreprit de se lever, aussitôt imité par ses hôtes. Tel le plus efficace des majordomes, Hannibal lui remit ses effets et sourit.

« Cela m'a fait plaisir de vous revoir, commissaire.

― A moi aussi, Hannibal. Je suis heureux de voir que tu as usé de tes talents pour devenir un chirurgien puis un psychiatre renommé. Ce que je cautionne moins, en revanche, ce sont tes loisirs… »

Le sourire clairement amusé qui se peignit sur le visage balte lui pinça le cœur. Au même titre que celui qu'affichait le jeune échevelé à ses côtés. Cet homme aurait pu faire de si grandes choses… Il se morigéna intérieurement : Hannibal Lecter huitième du nom avait accompli de grandes choses… Des choses absolument terribles, certes, mais non moins stupéfiantes. Et Pascal Popil savait que ce n'était que le début. Si personne n'arrêtait le Juge, l'Éventreur, ou peu importait le nom dont on l'affublait, Popil savait que ce qui arriverait ensuite serait sans précédent aucun.

« Monsieur Graham, ce fut un plaisir de vous rencontrer, dit-il en tendant la main, soudainement pressé de sortir.

― Tout le plaisir a été pour moi.

― Souhaitez-vous que nous vous appelions un taxi ? demanda Lecter en lui serrant la main à son tour.

― Merci, mais j'ai loué une voiture.

― En ce cas, rentrez-bien.

― Merci. Hannibal. Monsieur Graham.

― Commissaire, fit Will en souriant. Bonne soirée à vous.

― Merci.

― Bonsoir. » conclut le blond juste avant de refermer la porte.

L'empathe étira douloureusement son dos et ses reins endoloris. Hannibal le cueillit juste avant qu'il ne redescende ses bras.

« J'aime bien ton inspecteur Popil, commenta-t-il. Enfin, ton commissaire Popil.

― C'est un homme intéressant.

― Je suis curieux de voir ce que cela va donner… »

Le psychiatre sourit. La phrase qu'il venait de penser avait franchi les lèvres duveteuses de l'empathe avec panache.

« Je pense que cela sera très intéressant. »


Il me reste un peu de Bâtard-Montrachet, vous en voulez ?

En espérant que cela vous aura plu et au plaisir de vous retrouver dans le prochain !

N'hésitez pas à me faire par de vos impressions au travers d'une review.

Maeglin