Auteur : Maeglin Surion.

Disclaimer : les personnages et leur univers relèvent de Thomas Harris et Brian Fuller.

Rating : M.

Pairing : Hannigram.

Note : le français n'étant pas censé être la langue de nos protagonistes, les phrases qu'ils prononcent dans cette langue sont ici en italique, pour les différencier du reste.

Merci à vous qui lisez, que vous suiviez cette fic depuis ses débuts ou non. Et merci pour les reviews et pour les favoris !


XXVIII

Nuova ballo : Intermezzo

Heureusement pour les nerfs de Will qui commençaient sérieusement à s'emmêler, ils finirent par atteindre l'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle après près de huit heures de vol nocturne au-dessus de l'Atlantique. Il avait craint, l'espace d'un instant, que des policiers soient là pour les cueillir à leur descente de l'appareil, mais rien de ce genre ne se produisit. Dans la mesure où ils voyageaient sans aucun bagage en dehors du sac à main du docteur Du Maurier et de deux sacoches qu'Hannibal avait en réserve, ils n'eurent pas à attendre dans le vaste bâtiment.

Will était soulagé de pouvoir enfin quitter cet énorme cigare de métal et, surtout, d'être à nouveau debout sur la terre ferme. Il n'avait jamais eu le vertige, mais l'idée d'être coincé à plusieurs milliers de mètres d'altitude dans une machine ne l'enchantait pas particulièrement. Surtout qu'il avait dû passer tout ce temps – ou presque – loin d'Hannibal. Par chance, ils avaient pu s'offrir quelques minutes d'une quasi-intimité en attendant leur tour devant la porte des toilettes. L'absence d'hôtesse à ce moment-là et de caméra dans cette micro-zone de services leur avait permis d'échanger un rapide baiser et quelques caresses brèves mais tendres qui avaient rassuré Will.

Tout le reste n'avait été qu'un supplice pour lui. Le moment où ils sortirent de l'aéroport fut une véritable délivrance et il inspira à pleins poumons l'odeur de pollution âcre et froide. Chose incroyable, il trouvait cette puanteur presque agréable.

Hannibal attendit patiemment qu'il décide de poursuivre la marche, puis lui sourit quand il se tourna vers lui.

« On y va ?

― Tu as prévu quelque chose ? » demanda Will, plus par envie de parler que par doute car il savait bien qu'Hannibal avait tout prévu.

Celui-ci ne répondit pas intelligiblement, se contentant de lui montrer une clef de voiture. Évidemment. C'était plus discret et moins facile à tracer qu'un taxi. Tandis qu'ils se remettaient à marcher en direction d'une zone de l'immense parking, Will jeta un coup d'œil à Bedelia Du Maurier. Droite, fière, elle avait néanmoins la démarche un peu raide, mais, se disait bêtement Will (il continuait à vouloir trouver des excuses aux individus plutôt que d'accepter l'idée qu'ils aient spontanément de mauvaises intentions) elle était continuellement perchée sur des talons de vingt centimètres. Ses pas claquaient comme des coups de fouet sur le macadam et se répercutaient dans le brouillard qui les enveloppait. Il faisait encore plus froid ici qu'à Baltimore et Will releva le col de sa veste en frissonnant.

Ils marchèrent près d'un quart d'heure avant d'arriver devant une berline noire racée particulièrement élégante. C'était un modèle de luxe, mais plus discret et bien plus courant que la Bentley Arnage d'Hannibal. À cette pensée, Will eut une moue peinée. Il adorait véritablement cette voiture – bien qu'il ne l'ait conduite qu'une fois – et l'imaginait déjà déplacée dans le labo du FBI où elle serait totalement désossée et étiquetée en tant que vulgaire pièce à conviction.

En prenant place dans la Mercedes-Maybach, il ne put toutefois s'empêcher de sourire. Hannibal n'avait pas pu résister à l'envie de piocher dans le haut de gamme. Il allait falloir qu'ils aient une sérieuse discussion à ce sujet s'ils souhaitaient demeurer discrets dans leurs déplacements une fois qu'ils auraient atterri à Florence.

« Où allons-nous ? » demanda la psychiatre d'un ton détaché.

Sans que cela se voit sur le visage de son compagnon, Will savait qu'il souriait et cela le fit sourire à son tour. Il vit Bedelia lui jeter un coup d'œil dans le rétroviseur latéral et conserva ostensiblement sa mimique afin de la rendre mal à l'aise. Si son visage n'en montrait rien, Will avait appris à mieux ressentir l'effet qu'il faisait aux autres et il sut qu'il avait fait mouche.

Finalement, Hannibal desserra les dents :

« J'ai réservé un hôtel rue Marivaux. Nous nous y rendons directement. »

Elle ne répondit, ni n'acquiesça de quelque façon que ce soit. Elle était captive et elle le savait. Après avoir laissé peser quelques temps son regard accusateur sur Hannibal, elle tourna résolument la tête vers la fenêtre et se mit à regarder le paysage défiler.

L'endroit dont avait parlé son amant ne disait rien à Will, mais connaissant Hannibal, c'était au moins un hôtel quatre – ou, mieux, cinq – étoiles renommé. Il espérait simplement qu'Hannibal avait pris soin d'écarter cette femme de sa couche. Naturellement, sa jalousie obscurcissait légèrement son jugement, si bien qu'elle le poussait à douter de l'implication qu'entendait assumer Hannibal. Il s'en voulait de penser à ce genre de choses, mais il avait encore si peu confiance en lui-même qu'il s'imaginait sans cesse surclassé aux yeux de cet homme incroyable.

Le trajet dura un peu plus d'une heure et, pendant tout ce temps, plus personne ne souffla mot. Will et Hannibal n'avaient pas besoin de se parler ; ils échangeaient de fréquents coups d'œil dans le rétroviseur principal. Quant à Bedelia, épuisée par ces dernières heures surréalistes, elle avait fini par laisser sa tête reposer contre le siège et s'était endormie.

Hannibal la réveilla progressivement en montant le son de l'émission de radio de France Musique. L'animatrice à l'accent tchèque chantant et aux connaissances fort agréables venait de lancer l'une des cinq-cents-cinquante-cinq sonates de Domenico Scarlatti. Les longs cils papillonnèrent quelques instants, puis Bedelia se redressa, vaguement gênée.

« Nous arrivons. » dit simplement Hannibal en s'engageant dans le parking privé dont la barrière s'ouvrit immédiatement pour les laisser passer.

Du coin de l'œil, Will devina une petite télécommande que son amant rangea presque aussitôt dans sa poche. Ce dernier gara la longue berline sur l'un des emplacements disponibles, puis coupa le contact et sortit. Les deux autres l'imitèrent et ils se dirigèrent vers l'entrée de la haute bâtisse aux allures de maison particulière. Le hall était de taille raisonnable et le décor résolument dix-huitième donnait un charme suranné mais très agréable à l'ensemble. Derrière le comptoir, un homme fin en redingote les accueillit avec un sourire authentique.

« Bonjour, soyez les bienvenus à la Maison Favart, Madame, Messieurs.

― Bonjour, répondit Hannibal avec un accent impeccable malgré les nombreuses années passées à parler l'anglais américain. J'ai une réservation au nom de Fell.

Fell, répéta l'employé tandis qu'il cherchait dans le registre, Monsieur Roman Fell ?

― C'est cela.

― Excellent. »

Il décrocha un jeu de clef.

« Si vous voulez bien me suivre, Monsieur Fell, je vais vous conduire à votre duplex. »

Hannibal ne répondit pas et ne parla pas du fait qu'il y avait deux hommes et une femme, mais Will fut rassuré en arrivant dans la chambre. La suite – ou, plutôt, le duplex, comme l'avait qualifié l'employé – était vaste, presque quarante mètres carrés à vue d'œil, décorée suivant les goûts du dix-huitième siècle français, ce qui lui conférait une certaine chaleur. Il s'y sentit bien et se détendit visiblement. Ce fut à ce moment-là qu'Hannibal dit :

« Mon assistant et moi avons à travailler. Je prends la responsabilité de son hébergement jusqu'à nouvel ordre.

― Bien entendu, Monsieur Fell. »

Nullement surpris ou offusqué, l'homme souriait poliment et s'abstenait de toute remarque superflue, comme n'importe quel employé d'hôtel de luxe.

« Souhaiterez-vous commander à dîner dans votre chambre ? Ou peut-être préférez-vous descendre vous sustenter au restaurant de l'hôtel ?

― Je suis très fatiguée, dit doucement Bedelia dans un français plus que correct. J'aimerais rester ici. »

Hannibal sourit aussitôt.

« En ce cas, nous ne t'ennuierons pas avec des futilités. Anthony et moi descendrons dîner. Cela te permettra de te reposer. »

Surprise, elle le dévisagea quelques secondes mais eut la présence d'esprit de conserver un visage serein. Finalement, elle rendit son sourire à l'employé et acquiesça :

« C'est très bien.

― Veuillez nous réserver une table excentrée pour dix-neuf heures.

― Très bien, Monsieur. »

Après une pause respectueuse, il enchaîna :

« Souhaitez-vous autre chose ?

― Non. Vous pouvez vous retirer. »

L'homme inclina respectueusement le front sans cesser de sourire, puis obéit et referma la porte.

« Je suis surprise que tu me laisses seule, souffla aussitôt Bedelia sans plus se soucier du vouvoiement qu'elle ne jugeait plus de circonstance. Je pourrais… m'enfuir… »

Elle avait dit cela d'une voix traînante, presque sensuelle, mais les expressions combinées des deux hommes lui arrachèrent immédiatement son sourire. Dès qu'elle le perdit, ils se mirent à sourire à leur tour avec une synchronisation effarante.

« Non, Bedelia, cela serait à la fois éminemment inutile et profondément déraisonnable. »

Hannibal se tut et l'échange de regards se prolongea quelques secondes. Finalement, elle retrouva son drôle de sourire – la mimique rappelait à Will celle de La Gioconda de Léonard de Vinci – et ajouta :

« Je suis d'accord. »

Les yeux d'Hannibal se firent rieurs.

.

« Tu sais, chuchota Will, j'émets tout de même quelques réserves quant à la… à l'assiduité de notre amie. »

Debout à ses côtés dans l'ascenseur, Hannibal lui sourit d'un air très détendu. Ses yeux étaient cernés et ses traits tirés – cela faisait près de quarante-huit heures qu'ils n'avaient pas dormi – mais il était confiant et cela aida Will à le devenir.

« N'aie crainte. Elle est loin d'être dépourvue de bon sens. Et puis, elle est vraiment très fatiguée. »

Hannibal avait étrangement insisté sur la dernière phrase, si bien que Will se doutait qu'il y avait anguille sous roche. Effectivement, il était plus logique que son amant ait agrémenté le sang de la psychiatre de quelque substance susceptible de l'aider à se reposer le plus tranquillement possible.

Will sourit et croisa le regard d'Hannibal. Ses yeux évoquaient à Will une terre rouge brûlée par un soleil trop proche, à la manière du désert du Namib. Il se noya littéralement dans ce paysage brillant et changeant comme si une tempête de sable y faisait rage, et sursauta en sentant la paume douce d'Hannibal contre sa barbe.

« Me feras-tu le plaisir de demeurer avec moi jusqu'à demain ? »

Sa voix grave était teintée d'un espoir qu'il ne cherchait pas à dissimuler et Will sourit.

« À une seule condition.

― Je t'écoute.

― Je veux passer la nuit dans le même lit que toi. »

Cette fois, ce fut Hannibal qui sourit, découvrant ses dents dans une amorce silencieuse de rire juste avant que les portes ne s'ouvrent sur le hall d'entrée.

« Nul autre que toi n'aura jamais accès au même lit que moi.

― Bien. »

Ils échangèrent un regard complice et, le cœur réchauffé, Will se laissa guider jusqu'au restaurant et à la petite table qu'ils avaient réservée.

Les deux hommes savaient qu'il ne serait pas prudent de parler de leur fuite ou de leurs projets, ni même de s'appeler par leurs véritables noms, et Will tachait de penser aux « pseudonymes » qu'ils allaient endosser pour les prochains jours. Il serait fâcheux de voir sa langue fourcher lors d'une conversation délicate.

Contrairement à Roman Fell qui mourrait bientôt – sans doute en même temps que sa femme – Anthony Dimmond, son ancien assistant, resterait en vie. Sauf s'il lui prenait l'envie de se mêler de cette histoire, naturellement. C'était son identité que Will avait usurpée. Il ne connaissait rien de cet homme, ni du conservateur ou de sa femme, mais en y réfléchissant, il se rendit compte que ce genre de pensées ne l'émouvait plus comme avant. Envisager la mort d'une ou plusieurs personnes gênantes ne lui faisait ni chaud, ni froid. Et il devait reconnaître que cela ne l'effrayait plus autant qu'il l'aurait souhaité.

Par ailleurs, Will savait que, dans la mesure où il tenait à conserver – au moins pour l'instant – ses deux visages officiels auprès du FBI, il n'était pas obligé d'user systématiquement du nom d'Anthony Dimmond et cela le rassurait. Il ne comptait d'ailleurs pas le faire pour se rendre en Lituanie. Il considérait que pareille précaution était inutile dans la mesure où Hannibal partirait en même temps que lui, en direction de l'Italie. Si le FBI, Interpol ou n'importe quelle institution judiciaire venait les chercher à Paris, ils n'y seraient déjà plus quand commenceraient les investigations.

Chose étonnante après avoir passé autant d'heure sans pouvoir vraiment discuter, aucun des deux ne parla durant le repas. Pas un seul mot ne fut échangé, en dehors des commandes et des formalités de politesses envers leur serveur. Tout ne fut qu'un subtil échange de regards, d'effleurements discrets diffractés par les verres juxtaposés ou subtilisés aux regards par la lourde nappe.

Ils ne perdirent guère de temps à traînasser après leurs excellents babas au rhum et remontèrent aussitôt vers le duplex. Ils trouvèrent Bedelia étendue dans l'une des deux chambres. Hannibal vérifia ses constantes et s'assura qu'elle dormait profondément avant de refermer la porte et de se tourner vers Will.

Ça y était, il était à lui.

Envolée, la terrible fatigue liée à sa lutte avec Jack et à leur fuite. Seul subsistait ce désir profond aussi ardent que le plus furieux des feux qui dansait désormais dans les prunelles sombres. Will ne saurait trouver les mots capables d'exprimer à quel point il adorait qu'Hannibal le regarde ainsi. Les mots n'étaient pas assez grands, pas assez forts, pas assez sublimes.

Ses mains épousèrent la courbe élégante des épaules baltes tandis que leurs lèvres s'unissaient avec avidité. Leurs perceptions s'étaient décuplées, chaque caresse engendrait des soupirs lascifs et chaque baiser leur volait le souffle.

C'était la dernière fois. La dernière fois qu'ils pouvaient s'unir ainsi, partager leur amour de façon plénière, avant la douloureuse et inévitable séparation. Les mots n'avaient pas leur place entre eux, les seuls sons qui leur échappaient étaient teintés d'une émotion profonde et passionnée qui laissait voir toute l'intensité de la confiance qui les englobait. L'un et l'autre s'étaient offerts, les yeux clos et sans retenue, se laissant porter par une houle souple et ample qui n'avait de cesse de croître, les portant toujours plus haut vers un prodigieux firmament.

Dès lors qu'ils accédaient à ce niveau de conscience supérieure qui n'appartenait qu'à eux, plus rien n'existait que leurs deux êtres, leurs deux souffles mêlés, leurs peaux unies et leurs âmes fondues en une seule, infiniment plus grandiose.

.

Au moment de partir, Will se tourna une dernière fois vers Hannibal. Il n'avait plus aucun doute quant à ce qui se passerait dès qu'il aurait le dos tourné. Bedelia Du Maurier – quoi qu'elle s'imagine manigancer – n'était pas de taille à ne serait-ce qu'espérer prendre le dessus sur Hannibal Lecter. Et celui-ci n'était pas du genre à tuer le temps aussi sournoisement qu'elle aurait pu le souhaiter. Hannibal aimait Will et Will le savait. C'était tout. Il n'avait pas besoin de plus.

Il se concentra sur le visage de son compagnon et découvrit une bouche tendue, affichant presque une moue malheureuse. Ses beaux yeux d'ambre mentaient en souriant et Will lui rendit son sourire. Mais, pour lui, cela n'avait rien d'une mimique forcée, il était heureux. Heureux de susciter de telles émotions chez le grand tueur cannibale, heureux d'être en partance pour l'univers qui l'avait vu naître, qui l'avait forgé. Même si ça avait été dans l'horreur.

Will savait qu'il n'aimerait pas ce qu'il découvrirait là-bas, en Lituanie, mais il savait qu'il devait y aller. Il en avait besoin pour mieux saisir les sentiments d'Hannibal, mais aussi pour pouvoir pleinement se réaliser lui-même.

Les deux amants auraient été mal avisés d'échanger un baiser au beau milieu de l'aéroport. Aussi se contentèrent-ils d'un affectueux échange de regards ; ils avaient encore sur la peau le souvenir des caresses à la fois tendres et sauvages de la nuit passée. Will s'humecta les lèvres qui conservaient la mémoire de celles d'Hannibal et sourit à nouveau.

« Je t'aime, dit-il doucement.

― Je t'aime, Will. » murmura Hannibal sur le même ton.

Il lui tendit son sac à dos et leurs doigts se frôlèrent.

« Fais bon voyage.

― Oui. Et toi, sois prudent. »

Hannibal hocha presque imperceptiblement la tête. Il regarda Will reculer de quelques pas et le dévisager une dernière fois de la tête aux pieds. Le Lituanien était tout en noir car il avait revêtu sa tenue de motard. Le casque avait été pour Will à l'aller, aussi n'était-il pas décoiffé tandis que l'empathe affichait à nouveau ses boucles sauvages.

La tenue de cuir allait particulièrement bien à Hannibal et ne détonnerait pas dans la soirée mondaine où il se rendrait ensuite. Là, il mettrait sans aucun doute la main sur Roman Fell et il n'aurait guère de peine à faire de même avec sa femme. Quant à Bedelia Du Maurier, elle ne pouvait que planer suavement dans sa chambre, à l'hôtel, perdue dans un univers riche en hallucinations et un corps incapable de bouger.

Après un dernier sourire, large et sincère, Will se retourna et s'éloigna d'un bon pas, son sac sur l'épaule. Les dents serrées, Hannibal le regarda partir puis disparaître dans le couloir d'embarquement. Il calcula sa position en fonction du rythme de ses pas et le suivit virtuellement des yeux jusqu'à son siège. Il ne quitta son poste d'observation qu'une fois que l'avion eut totalement disparu dans les cieux gris.

Alors, seulement, Hannibal baissa la tête et se retourna. La démarche élégante et décidée, il sortit de l'aéroport et regagna le parking où il avait garé sa Triumph Bonneville SE. Les promenades à moto lui manquaient mais l'antique BMW rescapée de la Seconde Guerre mondiale qu'il conduisait enfant avait fait son temps. La Triumph était plus élégante et plus maniable et elle conservait un petit côté suranné qui lui plaisait. Il l'enfourcha et se coiffa du casque, inspirant à pleins poumons l'odeur de son amant désormais inaccessible.


Un chapitre de transition, vi. Mais j'espère qu'il vous a plu quand même !

Le mois prochain, il y aura du sang. Héhé.

Au plaisir de vous y retrouver.

Maeglin