Auteur : Maeglin Surion.
Disclaimer : les personnages et leur univers relèvent de Thomas Harris et Brian Fuller.
Rating : M.
Pairing : Hannigram.
XXXI
Ballo angosciosa
Il n'avait pas été difficile pour Hannibal de trouver un logement temporaire à Florence et il s'était aussitôt arrangé pour qu'un poste se trouve vacant au Palazzo Capponi. Cela ne lui avait guère demandé d'efforts. L'intervention sur la personne du conservateur avait été minime et le plus gros du travail avait été de descendre les sacs de ciment dans les sous-sols du bâtiment. Le vieillard reposait à présent, figé pour longtemps, dans le socle même de son lieu de travail. L'esprit de cette mise en scène destinée à rester cachée laissait à désirer, mais Hannibal ne pouvait pas se permettre de traverser Florence avec un cadavre sur l'épaule.
Il s'était donc appliqué à faire courir quelques rumeurs, toutes différentes, au sujet des éventuelles raisons qui avaient poussé le conservateur à mettre les voiles. La plus populaire étant qu'il avait filé avec une stagiaire trois fois plus jeune que lui. Ces détails n'intéressaient pas l'Éventreur.
Debout près de la fenêtre, un verre de Chianti à la main, il observait l'agitation florentine à la lumière des phares et autres lampadaires. Il avait cessé de sédater Bedelia qui allait et venait à sa guise dans l'appartement. Elle n'avait pas encore osé demander à sortir – principalement car elle jugeait dégradant d'avoir à demander la permission – mais rien ne l'en empêchait. En dehors de la menace silencieuse qui émanait continuellement d'Hannibal. Il semblait parfaitement détendu en sa présence et cela la mettait encore plus mal à l'aise que s'il avait passé son temps à la surveiller. Il est sûr de lui, pensa-t-elle en le regardant, il ne doute pas une seule seconde qu'il contrôle la situation. Un soupir las lui échappa. Hannibal se retourna.
« Tu n'aimes pas l'appartement ? »
Sa consœur leva les yeux vers lui. Oui, c'était vraiment comme si rien n'avait changé, comme s'ils étaient toujours de simples collègues qui se respectaient mutuellement. Sauf qu'elle était sa prisonnière et qu'il était un tueur en série. Elle ne l'avait jamais vu faire, mais elle savait qu'il était passé maître dans l'art de la manipulation ; elle était particulièrement bien placée pour savoir ça.
« Il est agréable. »
Hannibal la jaugea quelques instants sans rien dire. Elle en profita pour lui glisser :
« Où as-tu laisser filer ton profiler ?
― Tu me demandes cela comme s'il était l'un de mes jouets. » souligna calmement Hannibal.
Il but une gorgée de vin ; son expression était inchangée. Bedelia ne se démonta pas.
« N'est-ce pas ce qu'il est ? »
Hannibal ne répondit pas. Cela avait été vrai, mais dans son esprit, c'était il y a bien longtemps. Il avait joué avec Will, il avait appuyé sur certains boutons pour voir quels résultats il obtiendrait, mais ce qu'il avait découvert avait dépassé toutes ses prédictions. Will l'avait surpris, et c'était quelque chose qui ne lui était jamais arrivé. Pas de la sorte, pas d'une manière aussi grandiose, aussi magistrale. Il avait bien vite respecté Will grâce à cela. Et son intérêt pour lui n'avait, depuis, cessé de croître, se muant peu à peu en une affection profonde. Non, Will n'était pas son jouet. Il était son égal.
« Que dirais-tu de te dégourdir les jambes, demain ? commença-t-il, le visage toujours aussi illisible.
― Qu'as-tu en tête, exactement ? »
La peur froide qui lui tordait perpétuellement les tripes depuis qu'elle avait trouvé Hannibal et Will dans sa chambre d'hôtel se fit un peu plus présente quand Hannibal sourit.
« J'aimerais que tu fasses quelques courses, nous manquons de réserves. »
Il vida son verre, puis le reposa sur la table.
« Il y a une petite épicerie fine du nom de Vera Dal le long du Ponte Santa Trinita. Je veux que tu y achètes des truffes blanches et deux bouteilles de Bâtard-Montrachet.
― Tu devrais te méfier de tes goûts, il se pourrait qu'ils attirent l'attention sur toi. » lui fit-elle remarquer.
Elle perdit son sourire en remarquant que celui de son confrère avait changé.
« Pour ma part, poursuivit-il, j'ai repéré une parfumerie sur la Via della Scala. Je m'y rendrai en fin de matinée. »
Bedelia n'ajouta rien. Elle trouvait curieux qu'Hannibal la laisse sortir, de même qu'il s'amuse de ce que ses goûts avaient de singulier. Elle pensa furtivement que tout cela était peut-être orchestré, que cela n'avait rien d'une fuite, mais qu'il s'agissait en fait d'un piège. Pour qui ? Le FBI ? Sans doute, mais elle n'en était pas certaine. Il lui semblait qu'Hannibal cherchait à se faire repérer. Un rictus lui échappa tandis qu'elle lui tournait le dos. Peut-être agitait-il un drapeau pour que Will Graham le repère plus facilement et le rejoigne… Si c'était le cas, ç'aurait pu en être comique si la situation dans laquelle elle se trouvait ne lui avait pas paru aussi alarmante.
.
Le FBI avait découvert un si grand nombre d'éléments traumatisants dans la demeure d'Hannibal Lecter qu'il n'avait encore même pas eu le loisir de s'intéresser à son cabinet, ou même à la maison de Will à Wolf Trap. Sans compter qu'il y avait quelques zones d'ombre très étranges.
« Nous n'avons aucune trace de la Bentley Arnage, Jack, confessa Brian d'un air ennuyé ; ses traits étaient tirés et il semblait sur le point de s'endormir. Le garage n'a pas été forcé, il n'y a pas la moindre trace là-dedans, en dehors des empreintes chevauchantes de Lecter et de Will – d'après les hypothèses que nous avons pu produire. La voiture et sa carte grise ont purement et simplement disparu.
― C'est insensé, ils sont forcément partis à pieds, nous aurions déjà repéré la voiture dans le cas contraire… »
L'agent ne répondit pas. Il n'avait aucune explication réaliste pour justifier de l'absence du véhicule. Quant à sa carte grise, elle était probablement dans le portefeuille du docteur Lecter… Contrairement à celle de la BMW qui, elle, trônait bien en évidence sur la commode près de l'entrée. Cela n'avait, effectivement, aucun sens.
« L'équipe technique est en train de s'occuper des caméras de vidéosurveillance de la ville ; si la Bentley est passée quelque part dans Baltimore, ils la trouveront. »
Jack Crawford hocha la tête sans conviction. Ils devaient découvrir où les deux hommes s'étaient envolés. Évidemment, la maison du psychiatre renfermait suffisamment de preuves pour le faire comparaitre devant un juge – et le faire condamner à la peine de mort – mais encore fallait-il lui mettre la main dessus. Cependant, Jack n'était pas dupe, il savait qu'Hannibal Lecter avait dû envisager la possibilité qu'il se ferait arrêter ; le commissaire Popil et lui en avaient longuement discuté. Ils se doutaient que si, par chance, ils réussissaient à lui mettre la main dessus, l'Éventreur de Chesapeake serait parfaitement capable de s'en tirer avec un emprisonnement à vie. Or – et toute l'équipe était d'accord sur ce point – lorsque l'on est simplement emprisonné et ce, quel que soit le niveau de sécurité dont on nous honore, l'évasion demeure toujours envisageable.
L'idée même qu'un homme tel qu'Hannibal Lecter caracole librement dans la nature était insupportable pour Jack. Combien de victimes avait-il réellement fait ? Certes, ils en avaient découvert un grand nombre, mais Jack restait persuadé qu'il en existait d'autres qui n'avaient pas eu le privilège de se faire mettre en scène. Des centaines, sans doute. Peut-être plus. La tête lui tournait lorsqu'il y songeait.
« Agent Crawford ? »
C'était la voix grave du commissaire Popil.
« Comment arrêter une telle chose ? »
La question franchit ses lèvres au lieu de s'en tenir à son subconscient, mais Jack n'avait même pas la volonté de la regretter. En face de lui, le Français hocha la tête.
« Comment arrêtons l'eau, agent Crawford ?
― Avec des barrages. » répondit-il d'une voix blanche.
Cela avait été un réflexe. Pascal Popil demeurait grave.
« Non, agent Crawford. Les barrages contiennent momentanément les eaux à condition que celles-ci restent calmes. Mais rien n'arrête l'eau, agent Crawford. Rien, ni la pierre, ni le métal, et certainement pas l'Homme. Elle ne s'arrête que lorsque son origine se tarit.
― Où voulez-vous en venir, commissaire ?
― Nous n'arrêterons Hannibal que s'il décide de se rendre. »
Le visage inexpressif du chef de la BAU s'inclina vers l'avant.
« Nous pouvons aussi l'abattre. »
Cette fois, un voile passa sur la face du Français et Jack renchérit :
« Je pense, commissaire Popil, que les états d'âme n'ont plus leur place dans cette affaire.
― Je ne suis pas d'accord… Dites-vous bien que si Hannibal avait voulu vous tuer, il aurait défoncé cette porte et il l'aurait fait. »
Les yeux noirs de Jack ne quittaient pas ceux, gris clair, du policier. Savoir qu'il devait la vie à la volonté d'un tueur en série cannibale le mettait hors de lui et il n'appréciait pas le ton défiant de son confrère.
« Hannibal joue avec nous, agent Crawford. Il joue avec le monde. Il est comme un gosse devant une colonie de fourmis ou un plateau de jeu, il place des pions, des obstacles, des appâts, et il attend. Il regarde les réactions, les effets boule de neige, les erreurs… Il observe, il étudie… Nous sommes ses sujets d'étude.
― J'ai une question, commissaire, glissa Jack d'une voix morne. Que se passera-t-il quand il en aura assez vu ? Que se passera-t-il quand nous ne l'intéresseront plus ? Se tournera-t-il simplement vers autre chose, ou bien se débarrassera-t-il de nous dans un bouquet final de sa confection ? »
Le Français ne répondit pas.
« Nous n'avons aucun moyen de savoir ce qu'Hannibal pourrait faire de nous, ajouta sournoisement Jack. Et cela vaut aussi pour vous, commissaire. Sans vouloir vous offenser, poursuivit-il, je ne miserais pas sur le fait qu'Hannibal vous épargnera en souvenir du bon vieux temps. »
L'expression empreinte de gravité du policier ne trahissait aucune émotion, mais les paroles de l'agent Crawford firent tout de même leur effet. Il se rendit compte qu'il surestimait peut-être l'humanité d'Hannibal. La peur qu'il avait ressentie juste avant de partir de chez lui, le soir de son arrivée aux États-Unis, lui revint alors en mémoire et il sentit une sueur froide couler le long de sa nuque. Ce soir-là, il avait littéralement été mort de trouille, mais il avait mis cela sur le compte de la présence inattendue de Will Graham – d'ailleurs, ce dernier l'inquiétait grandement derrière ses airs un peu gauches. En y repensant, il se dit que ce n'était peut-être pas Will Graham qui avait eu cet effet sur lui, mais bien Hannibal Lecter. La réalité lui fit assez mal pour qu'il doive s'appuyer contre le mur.
« Vous avez raison, agent Crawford, admit-il d'une voix blanche. Je ne sais pas ce que je m'imaginais…
― Si vous me permettez, intervint Jimmy Price, je pense que votre réaction est tout à fait normale, commissaire. Pour peu que l'on côtoie un certain moment le docteur Lecter, on le place rapidement sur un niveau que nous ne fréquentons pas. Les années passant et sa présence s'estompant, vous l'avez sans doute quelque peu idéalisé. Surtout qu'il n'était qu'un adolescent, à l'époque où vous l'avez connu. Vous étiez en droit de penser qu'il aurait pu changer.
― Je me sens assez ridicule, confessa-t-il. D'un côté, je crains Hannibal, et d'un autre, je le respecte. Pas pour ce qu'il est, mais… enfin… je le respecte parce que je sais qu'il avait des principes qui me touchaient, à l'époque – envers les Hiwis, les collabos ou vis-à-vis de sa tante – et parce que malgré tout ce qu'il a fait, il a réussi à devenir l'homme que j'espérais qu'il deviendrait. Quelqu'un, quoi. »
Il se passa la main sur le visage et fit la moue.
« En tout cas, quand on ne s'intéresse pas à ce qu'il y a sous la surface brillante.
― Hum, c'est ça qui est déroutant, à mon avis, intervint Jimmy. Lecter est difficile à haïr. Je vous avoue que ça me fait drôle de dire ça. Au vu de ce qui s'est passé, il ne fait plus aucun doute qu'il soit l'Éventreur de Chesapeake, pourtant…
― Oui, fit Popil avec un sourire compatissant. C'est cela. Hannibal est extrêmement doué, ajouta-t-il après quelques secondes, il a réussi à nous faire culpabiliser de le pourchasser tout en faisant planer une certaine forme de sensation d'immunité autour de nous. Ou, du moins, autour de moi.
― Non, vous avez raison de parler de nous, commissaire, intervint Jack. Je reconnais que ma remarque de tout à l'heure était déplacée, mais…
― Vous avez bien fait de me ramener à la réalité. » le coupa le Français.
Jack Crawford hocha la tête.
« Il ne faut pas nous égarer, commissaire, pas avec Hannibal qui rôde dans les parages. Ce que vous dites est très vrai, cela fait si longtemps qu'il se joue de nous, qu'il joue avec nous, avec nous tous, que nous avons l'impression qu'il ne nous arrivera rien. Nous sommes encore en vie après tout ce temps… mais nous ne devrions pas nous endormir pour autant. Cette sensation de sécurité n'est qu'illusoire.
― Oui, sans doute.
― Croyez-moi, insista Jack. Plus nous resterons sur nos gardes, plus nous auront de chances de rester en vie… Ce n'est pas une chose que nous devons négliger.
― C'est le moins que l'on puisse dire. » lâcha Price.
À ses côtés, Brian Zeller hocha sombrement la tête.
« Comment faire alors, puisqu'il a toujours un millier de coups d'avance ? La question lui avait échappée alors qu'il aurait voulu se contenter de la penser, mais, après tout, cela n'avait plus guère d'importance.
― Il nous faut deviner où il est, ce qu'il risque de faire ensuite, répondit Popil. Nous devons prévoir mille-et-un coups d'avance, au moins.
― Ah, ça va être simple. Un vrai jeu d'enfant, siffla Jimmy.
― Pourquoi croyez-vous qu'il soit toujours dans la nature ?
― Alors Hannibal Lecter est un être supérieur, en somme, grimaça Brian Zeller. Pourquoi fallait-il qu'il soit démoniaque ? »
Pascal Popil eut un pauvre sourire.
« Je ne considère pas qu'Hannibal soit démoniaque. Ou, plutôt, je ne le considère plus comme un monstre ou un démon, bien que je l'aie fait autrefois, faute de mieux. Le terme "être supérieur" est ce qui s'approche le plus, je pense, de ce qu'est réellement Hannibal. Vous n'ignorez pas qu'il possède un quotient intellectuel de 260. Ce n'est pas juste excellent, c'est prodigieux.
― C'est tout à fait exact, admit Jimmy Price. Il dépasse de trente points le plus… proche… génie aujourd'hui officiellement connu. Un mathématicien australien détenteur de la médaille Fields qui…
― Pensez-vous, l'interrompit Jack, qu'il soit réellement impossible de s'opposer à de telles capacités intellectuelles ?
― Techniquement, non, ça ne l'est pas, répondit Price en profitant du fait que la question n'était pas clairement adressée au commissaire français. Cela dit, un Q.I. donne un ordre d'idée plus qu'une preuve d'intelligence incontestable, même si celle du docteur Lecter n'est plus à démontrer. Je pense que même s'il est doté d'une intelligence supérieure, un homme reste un homme, et un homme a toujours des faiblesses. »
Les autres membres de l'équipe d'infortune constituée pour donner une chasse éperdue à l'Éventreur de Chesapeake hochèrent la tête de concert.
« Will, murmura Brian à contre cœur. Will est la seule faiblesse de Lecter.
― Nous devons envisager cette possibilité, en effet, confirma Popil.
― Nous devons nous servir de Will ?
― Pourquoi pas, agent Price ? Après tout, nous ignorons toujours de quel côté il se situe.
― Hum…
― Avez-vous vu quelque chose pouvant nous aiguiller vers leur lieu de fuite, commissaire ?
― Non, agent Crawford. »
Il se tut le temps de prendre l'un des carnets de croquis d'Hannibal Lecter et se mit à le feuilleter.
« Mais le connaissant, il va sûrement avoir envie de se rapprocher des grands centres artistiques et culturels. Je crois qu'il n'est pas déraisonnable de penser qu'ils ont quitté le pays et je crois que nous devrions commencer par chercher en Europe.
― Vous pensez qu'il serait retourné en France ? s'étonna Jimmy.
― Cela m'étonnerait, ou alors temporairement. Je pencherais plutôt pour l'Allemagne, l'Autriche ou, plus probablement, l'Italie. Il y était plus jeune, j'en suis quasiment certain.
― Vous faites référence à Il Mostro ? Le Monstre de Florence ?
― Oui, agent Zeller. Cela fait très… façon Hannibal, si vous me permettez l'expression.
― Ouais, je suis d'accord.
― Il serait un peu fou d'y retourner, non ? risqua à nouveau le blond.
― Pas nécessairement. Personne n'a jamais vu Il Mostro. Un homme a été emprisonné pour ses crimes, même si sa culpabilité est restée âprement discutée jusqu'à sa mort accidentelle en prison. Et le Monstre n'a plus jamais frappé, ni à Florence, ni ailleurs en Italie.
― En tout cas, pas avec le même mode opératoire. »
Une nouvelle fois, le commissaire Popil secoua la tête.
« Je pense que ces surnoms l'amusent. Si vous voulez le fond de ma pensée, messieurs, je pense qu'à partir du moment où l'on nomme Hannibal Lecter, il tuera à nouveau à cet endroit en conservant le même style. Peut-être pas indéfiniment, mais un peu tout de même… Juste pour…
― S'amuser ?
― Oui, souffla le Français après un silence. Ou devrais-je dire, pour voir.
― Je vois ce que vous voulez dire, fit Jack.
― Cela se tient, dit Jimmy d'un air faussement détaché que ses camarades avaient appris à identifier comme étant une colère sourde, il nous a fait le coup avec l'Imitateur. Et aussi avec l'autre tueur que la presse n'a pas honoré d'un surnom, Matthew Brown. Il a tué le greffier du tribunal en le mettant en scène, et le docteur Lecter a tué le juge suivant la même méthode.
― Oui, c'est exact, admis Popil.
― Qu'en est-il de l'Éventreur de Chesapeake ? l'interrogea Brian.
― Je dirais que c'est le style d'Hannibal, le vrai, qui s'exprime dans les… œuvres… de l'Éventreur de Chesapeake. Ce ne sont pas réellement des expérimentations comme l'ont été les meurtres de l'Imitateur ou d'Il Mostro. En tant qu'Éventreur, il a atteint le sommet de son art. »
Après avoir invité Jimmy et Brian à se concentrer sur la chambre et le bureau d'Hannibal Lecter – qu'ils avaient déjà passé et repassé au peigne fin – Jack planta ses yeux dans ceux du commissaire. Il ignorait si c'était en raison de ses trop nombreux échecs dans sa lutte contre l'Éventreur ou à cause d'une quelconque paranoïa, ou encore parce que ce serait vrai, mais il se demandait si ce commissaire Popil était vraiment dans le même camp que lui, au bout du compte…
« Vous nous avez cité trois pays, commissaire. Mais je pense que vous savez où ils sont allés. »
Partagé entre l'envie de sourire et celle de se sentir vexé, le Français finit par répondre :
« Je suis certain qu'ils sont à Florence. »
C'est toujours dingue pour moi de voir combien de personnes suivent cette fic. Vraiment, merci !
Vous êtes incroyables.
Maeglin
