Chapter #08 « lose my breath »
Quelques rayons de soleil s'écrasèrent sur son visage et un léger grognement s'échappa de ses lèvres ; elle tenta de reprendre sa place dans les bras de Morphée mais se heurta à l'odeur de tabac froid qui émanait des draps. Elle repoussa le tissu qui recouvrait son corps et posa son regard émeraude sur la pièce dans laquelle elle se trouvait ; de taille moyenne, une chambre avec le strict minimum dans des tons froids. Un grand brun étouffa un bâillement dans sa main et s'approcha d'elle, un sourire au coin des lèvres ; il déposa un plateau sur la table de chevet elle jeta un coup d'œil à celui-ci : du café, du jus, de cachets et des croissants.
« qu'est-ce que je fais ici ? » souffla-t-elle, dans un murmure
Elle attrapa le jus dans un geste maladroit et fourra les cachets dans sa bouche ; son mal de crâne n'était pas vraiment agréable et elle espérait que ça passe très vite. Le brun entreprit d'ouvrir les volets entièrement, faisant entrer la douce chaleur du soleil dans la demeure.
« tu as débarqué saoule, hier soir » expliqua-t-il « tu ne m'as rien dis de plus »
« outch, j'étais vraiment beaucoup saoule ? j'ai tendance à faire des conneries quand je bois trop »
« en tout cas, tu l'étais assez pour me dire que tu me trouve beau »
Un léger rire s'échappa des lippes du brun et il déposa quelques vêtements sur le bord du lit ; elle jeta un coup d'œil discret à sa tenue et fronça les sourcils, pourquoi diable portait-elle des vêtements avec l'emblème du clan Nara ? Il sembla comprendre sa réflexion.
« je te les ai donné pour que tu puisses dormir confortablement, tu t'es changée seule, ne t'en fais pas » lâcha-t-il « je me suis occupé de faire une lessive ce matin avec les tiens, ils sont propres »
« t'es un ange, sérieux » souffla la rose, une main sur son front
« alors, qu'est-ce qui s'est passé hier soir ? »
« Sasuke est un idiot » grogna-t-elle
Shikamaru s'installa au bord du lit, les coudes sur ses genoux, et attendit un peu plus d'informations ; après tout, ce n'était pas tous les jours qu'une femme débarquait saoule dans sa demeure. D'ailleurs, aucune femme ne passait le seuil de sa demeure.
« il m'attendait dans le salon avec ce fichu contrat de confidentialité »
« un contrat de confidentialité ? » répéta le brun
« par rapport au passé de son clan, dont je suis au courant ; mariés depuis dix ans, nous avons une fille et il ne me fait pas confiance, sérieux »
Un soupir s'échappa des lèvres du brun et il posa sa main sur la tignasse rose de la jeune femme ; ébouriffant ses mèches d'un geste délicat. Que pouvait-il dire ? Appuyer le fait que cet homme était un idiot ? Il lui adressa un petit sourire et posa son regard sur le plateau.
« je dois faire deux-trois trucs, prends ton temps, la salle de bain est au fond, à gauche » expliqua le Nara
« tu t'en vas ? » demanda-t-elle en croquant généreusement dans son croissant
« il faut que je passe voir Miraï, par rapport à la formation que je lui donne mais on se voit ce soir, okay ? »
Elle acquiesça simplement à ces mots et il s'extirpa de la pièce, étouffant un énième bâillement entre ses lèvres ; ses nuits étaient bien trop courtes à son goût.
Des éclats de rires résonnaient dans les rues du village caché de la Feuille ; ses iris brunes observaient les villageois qui s'amusaient pleinement. La plupart des shinobis qui avait connus la quatrième grande guerre se retrouvaient parents ; la paix les avait poussé à faire des enfants. Un bâillement s'échappa de ses lèvres et son regard rencontra celui pourpre d'une jeune femme qu'il connaissait bien. Un grand sourire sur les lèvres, elle écrasa sa main avec force dans le dos de son maître et déposa un baiser sur sa joue rugueuse.
« tu es en retard, Shikamaru » s'exclama-t-elle
« et toi, tu es bien trop en forme Miraï » grogna-t-il
Il tira une cigarette de sa poche et la coinça entre ses lèvres, l'allumant d'un geste expert ; il ignora le regard sévère que la demoiselle lui lançait et haussa les épaules. Il n'allait quand même pas se laisser commander par une jeune fille, tout juste sorti de l'adolescence.
« comment va mon petit Shikadai ? il me manque, j'ai un tas de jeux-vidéos qui l'attendent à la maison, j'ai vraiment hâte d'aller le voir à Suna mon petit bout » lâcha-t-elle, sans prendre une inspiration
« tu m'as demandé uniquement pour me parler d'à quel point tu aimes mon fils ? » souffla le brun, un sourire au coin des lèvres « avec un peu de chance pour toi, il aura un faible pour les femmes plus âgées, comme son père »
« oh ferme là »
Elle écrasa son coude dans le torse du brun, sans une once de douceur et lui donna une énième tape dans le dos ; elle n'était plus cette petite fille qu'il faisait grimper sur ces épaules, il y a longtemps. Sûrement qu'Asuma serait plus que fier de son enfant. Un sourire se glissa sur les lèvres du brun et il passa un bras protecteur autour des épaules de la demoiselle.
« dis moi tout »
« je pars, quelques mois, en mission ; je ne serais pas très loin mais je ne pourrais pas venir constamment vous voir, j'ai prévenu maman et je voulais de te le dire à toi aussi »
« je vois, une mission dangereuse ? tu pars avec une équipe, rassure-moi ? »
« normalement, tout se passera bien et je pars avec Konohamaru, t'en fais pas »
Le brun acquiesça ; un soupir s'échappant de ses lèvres.
« tu prendras soin de maman, en attendant mon retour ? » souffla la jeune Sarutobi
« bien sûr, je m'en occupe »
« et toi aussi, prends soin de toi ; tu as perdu du poids, non ? »
Les iris pourpre de la brune effleurèrent le corps de son maître et elle fronça les sourcils ; maintenant qu'elle s'attardait correctement sur lui, effectivement elle remarquait qu'il avait perdu quelques kilos. Elle repoussa sa poigne et posa ses mains sur ses hanches, un air réprobateur sur le visage.
« Shikamaru Nara, tu ne fais pas d'efforts, sérieux » lâcha-t-elle
« bien sûr que si, j'en fais un tas »
« non, il faut que tu prennes soin de toi, bon sang »
« puis-je savoir pourquoi une demoiselle de dix neuf ans me dispute ? »
« parce que tu ne manges pas assez ; regarde-toi tu as perdu des kilos »
« et ? ça me rends un peu plus beau »
Un rire s'échappa des lèvres de la brune.
« ne te moques pas de moi, tu dois faire attention »
« oui, mademoiselle Sarutobi, à vos ordres »
« puis, tu dois te remettre en selle ; fréquente des femmes »
« je fréquente des femmes, je fréquente Ino, toi et puis Sakura et-.. »
« je te parle de fréquenter des femmes, sans ton pantalon » le coupa-t-elle
Il arqua un sourcil et secoua la tête de droite à gauche.
« stop, je ne suis pas encore assez vieux pour avoir cette discussion avec toi » souffla le brun
« Shikamaru, tu sais que je suis une adulte maintenant, hein ? »
« non, tu es une enfant, tu restes une enfant et si tu ne veux pas que je tue malencontreusement quelqu'un, ne fréquente personne sans ton pantalon, jeune fille »
Ses iris brunes s'entrechoquèrent aux prunelles pourpre de la jeune femme et un rire s'échappa des lèvres de la brune ; d'un petit bond agile, elle se posta devant lui et planta un baiser humide sur sa joue.
« je t'adore, toi » souffla-t-elle
Et elle le planta là, au milieu de cette rue ; un sourire au coin des lèvres, les mains dans les poches, il observa silencieusement la demoiselle prendre la fuite. Si quelques années en arrière, quelqu'un lui avait dit qu'il aurait cette conversation avec elle, il aurait rit, fortement ; pourtant il ne riait pas, souvent. Il glissa une main sur son crâne chevelu et prit le chemin de la boutique de fleurs du clan Yamanaka ; sans un mot, il s'engouffra dans l'établissement et lança un sourire à sa camarade, derrière le comptoir.
« yo, Ino ; l'habituel, s'il-te-plaît » lança-t-il
Accoudé au comptoir, il observait la jeune femme lui tendre trois bouquets de roses blanches ; il déposa quelques billets sur le bois mais elle les repoussa, automatiquement.
« tu ne crois quand même pas que je vais te faire payer les bouquets pour Asuma, Shikaku et Yoshino ? » souffla la blonde « prends les, c'est tout »
Un sourire se glissa sur les lèvres du brun et il se pencha par dessus le comptoir ; déposant ces lèvres sur la joue de sa meilleure amie. Et d'un signe de main, il s'extirpa de la boutique sans un mot. Il connaissait le chemin par cœur ; il se rendait sur leurs tombes tous les mois, à la même date.
Un soupir s'échappa de ses lippes et il déposa les bouquets au pied du marbre ; son maître avait perdu la vie durant une mission, son père était décédé en héros pendant la guerre et sa mère l'avait rejoint, peu de temps après. Il avait toujours eu cette fierté d'être leur fils au fond, bien qu'il ne le montrait jamais ; c'était idiot de sa part.
« bonsoir maman » souffla-t-il « tu me manques beaucoup, tu aurais su comment réagir toi ; tu avais toujours les bonnes réponses aux questions que je me posais, sûrement un truc de maman » un rire s'échappa de ses lèvres « Miraï et Shikadai ne cessent de grandir et je crains fortement que les Nara ne s'unissent aux Sarutobi pour la prochaine génération, mon fils est raide dingue de cette fille même si il essaie de faire croire le contraire à tout le monde ; je passerais le mois prochain, à la même date, promis »
Il se releva sans un mot et s'extirpa du cimetière ; bien qu'il venait constamment, ce lieu lui faisait mal dans la poitrine. Ses parents lui manquaient terriblement ; un soupir s'échappa de ses lèvres et il s'avança dans les rues du village caché de la Feuille. Chaque façade lui rappelait des souvenirs, des jours comme ça où enfant, il traînait avec Ino et Chôji ; il esquissa un sourire. Le ciel se teintait de nuances oranges ; il aimait particulièrement cette vue, ce chef d'œuvre sous ses yeux.
La première chose qui le frappa lorsqu'il s'engouffra dans sa demeure fut la douce odeur dans l'air ; puis les lumières allumées. Il balança ses chaussures dans l'entrée et s'avança dans les couloirs ; ses iris brunes se heurtant à une tignasse rose derrière les fourneaux. Elle était là, se trémoussant doucement au rythme d'une vieille musique à la radio et ce spectacle lui arracha un petit sourire. Elle sembla remarquer sa présence et rattrapa in-extremis l'assiette qui s'échappait de ses mains maladroites.
« bonsoir à toi aussi » lança le brun « qu'est-ce que tu fais ici ? »
« je ne savais pas vraiment comment je pourrais te dire merci pour hier soir ; alors j'ai préparé le repas »
Elle éteignit le feu sous la casserole et déposa le tablier qu'elle portait sur le comptoir de la cuisine ; le brun suivit la bonne odeur et s'avança. Ça faisait bien longtemps qu'il n'avait pas senti une bonne odeur de cuisine ici.
« bon, du coup, je rentre chez moi ; bonne soirée, Shikamaru » lança-t-elle, un sourire au coin des lèvres
Elle s'apprêtait à quitter la cuisine mais la poigne ferme du brun autour de son poignet l'en empêcha ; ses iris émeraude se heurtèrent aux prunelles brunes du chef Nara et elle fronça les sourcils.
« qu'est-ce qu'il y a ? » demanda la rose
« restes » souffla-t-il
Un léger murmure mais ils étaient si proches qu'elle n'avait eu aucun mal à l'entendre ; une teinte rosée prit place sur ses joues et elle acquiesça, s'empressant de mettre la table.
Ils passèrent une bonne partie de la soirée, à rire autour de cette table ; d'une certaine façon, l'un comme l'autre, appréciait ce moment. Depuis combien de temps n'avaient - ils pas partagés un repas avec un adulte ? Ils se tuaient au travail, prenaient soin de leurs enfants et leurs existences s'arrêtaient là. Le brun repoussa son assiette, satisfait de ce repas et porta son verre de saké à ses lèvres ; elle s'apprêtait à débarrasser la table lorsqu'elle croisa le regard dur du brun.
« qu'est-ce que tu fais, Sakura ? » lança-t-il, les sourcils froncés
« je débarrasse, pourquoi Shikamaru ? »
« ne le fais pas, tu as cuisiné déjà, c'est chez moi, je m'en occupe »
Ignorant les mots du brun, elle attrapa l'assiette ; dans un mouvement rapide, il s'avança et lui prit l'assiette des mains, et elle ne tarda pas à la reprendre, les sourcils froncés. Dos à la table, la rose posa un regard sévère sur lui.
« laisse moi m'en occuper » souffla la rose
« non, je te dis » s'exclama le brun
Et ce qui devait se faire, arriva ; l'assiette lui échappa des mains et s'écrasa au sol dans un bruit désagréable. Dans un léger sursaut, le brun manqua de perdre l'équilibre et atterrit contre le corps de la rose, qui se tenait tant bien que mal au bois de la table derrière elle. Ses iris brunes se posèrent dans les prunelles vertes de la rose et il se tût ; il n'avait jamais remarqué toutes ces nuances de vert dans ses iris. Un sourire se glissa sur ses lèvres et dans un geste tendre, il caressa du bout des doigts sa joue rosée.
« je n'avais jamais remarqué mais tes yeux, ils sont vraiment beaux » souffla-t-il
Sans un mot de plus, elle attrapa son visage en coupe et plaqua ses lèvres sur les siennes ; elle se serait attendue à ce qu'il la repousse mais le brun entrouvrit les lèvres pour lui permettre d'approfondir le baiser. D'un geste brutal mais doux, il passa ses bras sous ses fesses et la déposa sur le bois de la table ; la rose délivra les mèches brunes de l'homme et passa ses mains dedans. Ils partageaient un baiser fiévreux au beau milieu du salon.
Maladroitement, ses doigts s'accrochèrent au tissu noir qui recouvrait le torse de Shikamaru et elle s'aperçut qu'à cet instant, elle avait envie de plus. Elle mourrait d'envie de le sentir contre elle. Le brun retira vivement son haut et captura de nouveau ses lèvres ; le pull qu'elle portait ne tarda pas à s'écraser sur le sol dans un bruit étouffé. Les lèvres du brun se posèrent contre son cou et un gémissement échappa à la jeune femme ; elle tenta de reprendre un peu d'air et caressa la peau du Nara du bout des doigts. Qui aurait crû que le fils Nara était capable de mettre sa paresse de côté ? Un sourire se glissa sur ses lèvres et elle grimaça en sentant Shikamaru s'attarder un peu trop sur un morceau de peau.
« att-attends » bégaya la rose « tu es en train de me faire un suçon ? »
Le grognement de son amant lui répondit et il releva un visage souriant vers elle, capturant ses lèvres dans un baiser fiévreux ; il s'en fichait, lui. Il déposa un chaste baiser sur le bout de son nez et haussa les épaules.
« le fond de teint, ça existe » lâcha-t-il
Il l'embrassa avec une fougue qui lui plaisait et elle glissa ses mains sur le torse du brun, descendant dangereusement jusqu'au bouton de son pantalon ; un léger gémissement s'échappa des lèvres du chef Nara lorsqu'elle effleura sans faire exprès son érection.
Un toussotement résonna entre les murs et dans un sursaut, la rose envoya son genou entre les cuisses du brun ; lui arrachant un gémissement de douleur. Plié en deux, il posa son regard sur le nouveau venu et fronça les sourcils.
« salut papa »
