Chapter #12 « take me home tonight »

Un bruit de pas résonnait entre les murs de la demeure ; le visage déformé par la panique, ses iris émeraude tremblantes et la cadence effréné des battements de son cœur. Un soupir s'échappa des lèvres du brun et il posa un regard inquiet sur son fils ; il était là, à faire les cent pas depuis une bonne heure et rien ne parvenait à calmer ses angoisses. Dans un geste délicat, il attrapa son fils par les épaules, forçant le contact entre leurs regards.

« calme-toi Shikadai » grogna-t-il « prends une inspiration et calme-toi »

L'adolescent acquiesça et tenta tant bien que mal de suivre les conseils de son paternel ; mais sa respiration restait saccadée et les battements de son cœur dans sa cage thoracique restaient douloureux. Le visage souriant de sa mère ne cessait d'apparaître dans son esprit et ça n'arrangeait rien à son état. Un énième soupir s'échappa des lèvres du grand brun et il se releva, se heurtant au regard de la rose ; un simple hochement de tête et elle s'approcha de l'adolescent, posant une main délicate sur son torse.

« regarde moi » souffla-t-elle

Ses iris émeraude se confrontèrent aux prunelles vertes de la rose et il ne dit rien ; sentant malgré tout son angoisse disparaître peu à peu. Elle utilisait son ninjutsu médical sur lui. Il lâcha un faible « merci » dans un murmure et prit place sur le canapé, là où Sarada ne cessait de lui jeter des coups d'œils inquiets. Le regard perdu dans le vide, il se maudissait d'être parti de Suna.

« répète le, s'il-te-plaît » lâcha-t-il, dans un murmure

Un soupir s'échappa des lèvres du grand brun et il acquiesça, coinçant un tube de nicotine entre ses lèvres sèches ; l'Uzumaki était retourné à son bureau.

« Gaara a envoyé un message au Hokage, il y a une heure » souffla-t-il, en allumant sa cigarette d'un geste expert « ta mère est à l'hôpital, elle n'a rien de bien grave mais il semblerait qu'elle se soit tuée à la tâche, oubliant sûrement de se nourrir ou de prendre du repos »

L'adolescent se tendit légèrement, à ses mots.

« tu avais dis que ça arriverait » souffla-t-il à son paternel « le jour où nous sommes partit, tu m'as dis de prendre soin de maman parce que c'est ce qu'elle ferait, elle ne vivrait que pour ses frères et en oublierait sa santé, tu l'avais dis »
« je sais » lâcha le grand brun, dans un murmure maladroit
« c'est à cause de moi, j'aurais dû resté près d'elle, tu m'avais dis de prendre soin d'elle »

Les larmes qu'il avait tant bien que mal tenté de camoufler sous son air impassible, roulèrent sur ses joues d'adolescent et il étouffa un sanglot entre ses lèvres ; Shikamaru écrasa sa cigarette à peine entamée dans un cendrier et s'accroupit près de son fils, déposant ses grandes mains sur ses genoux.

« ne dis pas ça, d'accord ? » souffla le plus âgé « tu es ce qu'il y a de plus précieux pour ta mère et moi, tu n'es pas juste un morceau de moi ou un morceau de ta mère, tu es le parfait mélange ; tu n'as rien fait de mal, la situation est compliquée pour des adultes alors elle comme moi, nous comprenons qu'elle soit dure à vivre pour tes épaules d'adolescent »

Il releva son regard émeraude embué vers le visage de son père.

« je savais ça, parce que je connais ta mère par cœur ; je la connais depuis que j'ai treize ans, tu imagines ? je sais très bien qu'elle est le genre de personne à faire passer le bien-être des autres avant le sien, ce n'est pas de ta faute »

Dans un geste délicat, il déposa sa main sur le crâne de son fils, ébouriffant doucement ses cheveux bruns ; il comprenait sa souffrance actuelle, bien qu'ils se soient disputés, le lien entre sa mère et son fils était bien là, les reliant jusqu'à la fin.

« papa ? » appela-t-il
« hm ? »
« je retourne à Suna, demain »
« je sais, Shikadai »

Et sans un mot de plus, le grand brun disparut au détour de la cuisine. La rose ne tarda pas à le rejoindre, collant sa poitrine au torse de l'homme ; peut-être bien qu'ils étaient ensemble et qu'une autre femme aurait sûrement mal réagit de le voir si mal concernant son ex-épouse mais elle comprenait. Ils avaient partagés des années d'amitiés, puis des années d'amour et maintenant, ils partageaient un fils ; elle ne jugeait pas, elle trouvait ce lien qui unissait Temari et Shikamaru, beau. Elle se glissa maladroitement face au brun et se heurta à son regard triste.

« tout ira bien » souffla-t-elle

La rose, dans un geste délicat, déposa ses mains sur les joues du brun ; caressant du bout des doigts sa peau si douce sur laquelle elle aimait tant déposé quelques baisers.

« je suis désolé » lâcha-t-il, dans un murmure

Pourquoi s'excusait-il ? Parce qu'il était un peu trop touché par l'état de son ex-femme ? Oui, sûrement ça. Il n'aimait pas l'idée que la rose se sent inférieur à qui que ce soit, il connaissait ses faiblesses et il savait très bien qu'elle avait toujours cette sale impression de ne pas être assez, constamment ; il attrapa ses mains dans les siennes et les parsema de baisers.

« merci d'être là »

Et il captura ses lèvres dans un baiser tendre.

Le regard dans le vide, il se perdait dans ses hasardeuses pensées qui l'emmenait encore et encore auprès de sa mère ; il avait prit la décision de retourner au village caché de la Feuille et ces quelques mois avaient été plaisants, vraiment plaisants mais sa mère comptait plus que tout, et demain il retournait prendre soin d'elle, là - bas, dans ce village qu'il détestait. Un grognement s'échappa de ses lèvres et plongé dans l'obscurité de sa chambre, il ramena ses genoux contre son torse, étouffant tant bien que mal les larmes qui perlaient au coin de ses yeux.

Une tignasse brune se glissa dans sa chambre, sans un bruit ; enveloppé dans un pyjama brun, elle s'approcha de lui et s'installa sur le côté libre du lit. Il ne dit rien ; n'importe quel adolescent aurait hurlé qu'une fille n'avait rien à faire dans sa chambre et encore moins dans son lit mais la relation de leurs parents les avait rapproché, et il appréciait sa compagnie. Lorsqu'elle passa ses bras autour de ses épaules, le tirant contre elle sous les draps, il ne dit rien ; il se heurta à ce parfum cerise qui enveloppait la mère de la brune, également et déposa sa tête contre l'épaule de l'adolescente.

« tu sais, tu as le droit de fondre en larmes » souffla-t-elle « je ne dirais rien »

Cela suffit à faire tomber les barrières du brun ; ses larmes dévalèrent ses joues et il étouffa un sanglot entre ses lèvres. Il détestait être si faible, si pathétique, constamment. Il s'accrochait à elle comme à une bouée de sauvetage.

« je ne veux pas partir, mais-.. » bégaya-t-il, entre deux sanglots
« je sais,Shikadai, je sais » souffla-t-elle

Elle était là, prenant délicatement soin de lui et pour la première fois de sa vie, il comprit les mots de son père lorsqu'il disait qu'une femme était indispensable à un homme, aussi fort soit-il.

Il étouffa un bâillement entre ses lèvres et sauta sur ses deux pieds ; bien qu'elle ne soit plus dans son lit, étant un jour de la semaine qu'elle passait sur le terrain d'entraînement avec son équipe, l'odeur de cerise qui émanait de ses draps, trahissait sa venue. Ses iris brunes se posèrent sur l'heure qu'affichait son réveil et il étouffa un juron entre ses lèvres, se glissant dans la douche.

Son père l'attendait patiemment dans le salon, devant cette tasse de café chaud, une cigarette au coin des lèvres et le regard las ; les cernes sous ses yeux trahissaient son inquiétude et il remarqua que la rose n'était pas présente, ce matin. Il balança son sac dans l'entrée et se posta devant son père, croquant dans un croissant.

« tu as passé une bonne nuit ? » demanda-t-il
« bien, 'fin moins que toi, visiblement puisqu'en sortant de la douche, je suis tombé sur Sarada qui tentait de s'échapper de ta chambre, discrètement »

Le sourire amusé sur les lèvres de son père accentua les rougeurs qui se glissaient sur ses joues.

« ce n'est pas ce que tu crois » grogna-t-il « je l'apprécie beaucoup mais pas de cette façon ; puis imagine que vous fassiez un bébé avec Sakura, ce serait étrange »
« le bébé n'est pas prévu du tout dans notre relation mais je vois que l'idée t'enchante »
« bah, je savais que maman n'accepterait jamais que vous fassiez un autre enfant alors, je me dis que Sakura a l'air bien plus ouverte à l'idée »
« tu es bien trop intelligent pour ton âge, sérieux »
« paraît que je tiens ça de mon père »

Shikamaru leva les yeux au ciel et écrasa son mégot dans le cendrier sur la table, rangeant rapidement le petit - déjeuner ; normalement, il aurait du passer sa journée au boulot mais le départ de son fils ne lui permettait pas.

« je suis désolé, il faut que je me rend rapidement au bureau, signé deux trois trucs mais je serais devant les portes, dans deux heures, d'accord ? » souffla le plus âgé « Sakura et Sarada seront là, elles aussi »

L'adolescent acquiesça et observa le dos de son père disparaître au détour d'un couloir.

Dans un bruit sourd, légèrement étouffé, il se posta devant les portes, ces iris émeraudes foudroyant la jeune femme ; elle fronça les sourcils et un soupir s'échappa de ses lèvres. Les mains dans les poches, cet air impassible sur le visage, il se contentait d'être là, entre les portes et elle.

« qu'est-ce que tu fiches ici, bon sang ? » s'exclama la brune, les mains sur les hanches
« il fallait que je te vois » souffla le jeune garçon

Elle posa un regard surpris sur lui.

« tu te fous de moi ? j'étais avec toi, hier encore, tu as déjà oublié notre entraînement ? »
« ce n'est pas du tout la même chose » s'emporta-t-il
« bien sûr que si, si tu souhaitais avoir une discussion avec moi, tu aurais dû le faire hier ; je suis en retard, là »

Un soupir s'échappa de ses lippes ; elle semblait sur le point de s'en aller, sans écouter une once de ce qu'il avait à lui dire. La brune fit un pas en avant, un seul avant que ces mouvements ne cessent soudainement ; elle lâcha une injure lorsqu'elle comprit que le garçon devant elle n'était pas innocent. Bien qu'elle était son aînée et un shinobi confirmé, elle ne parvint pas à se libérer de ses ombres.

« Shikadai, bon sang, relâche-moi » grogna-t-elle
« je ne peux pas, tu dois d'abord écouter ce que j'ai à te dire »
« ça ne peut pas attendre ? vraiment ? »
« c'est important, Miraï »

Un grognement passa le cap de ses lèvres et elle se détendit, acquiesçant aux mots du petit brun.

« bien, mais dépêches-toi »

Le jeune Nara rompit sa technique, la laissant libre de ses mouvements et fourra ses mains dans sa poche, une nouvelle fois ; ces lèvres s'entrouvrirent et il sembla prononcer quelques mots mais ils ne parvinrent pas aux oreilles de la grande brune. Les sourcils froncés, elle tapa vivement dans ses mains.

« plus fort, bon dieu » s'exclama-t-elle, d'un air contrarié

Les joues du petit garçon se teintèrent d'un rose extrêmement adorable et elle se retint d'avancer de quelques pas, pour prendre sa température ; un Nara aux joues roses était certainement souffrant. Un grognement s'échappa des lèvres du brun et il pointa un doigt vers elle, le visage écarlate.

« attends moi » s'écria-t-il, d'une voix qui montait dans les aiguës.
« hein ? » elle ne comprenait rien « qu'est ce que tu me fais, Shikadai ? t'attendre ? où tu vas ? »
« argh, tu ne comprends rien »

Il semblait partagé entre l'envie de prendre ses jambes à son cou et l'envie de terminer son message ; il gonfla son torse d'adolescent, tentant maladroitement de prendre une posture virile et prit une inspiration.

« dans quelques années, je serais un shinobi et je serais fort » commença le jeune garçon, les joues rouges « je suis l'héritier du clan Nara, les filles voudront certainement toutes me prendre pour époux mais mon cœur est prit »

Elle fronça les sourcils, ne comprenant pas où ce garçon voulait vraiment en venir.

« Miraï Sarutobi, je suis fou amoureux de toi » s'exclama-t-il, d'une traite « alors attends-moi »

Son cœur rata un battement aux mots du jeune Nara ; ce garçon était totalement fou, s'en était sûr. Pourtant, il était là, rouge pivoine, à lui confesser ses sentiments. Elle entrouvrit les lèvres, sûrement dans le but de lui offrir une réponse mais il n'attendit rien de sa part, disparaissant dans un bond agile dans les airs.

Le bruit étouffé d'un sac qui tombe sur le sol retentit derrière eux et le grand brun posa un regard sévère sur la bouille angélique de son fils ; les joues légèrement roses, il était là, les mains dans les poches.

« tu es en retard à ton propre départ, tu es bien un Nara » lâcha-t-il

L'adolescent haussa simplement les épaules et eût à peine le temps de dire quelque chose qu'il se retrouvait happé dans les bras d'une fleur de cerisier ; avec un sourire au coin des lèvres, il lui rendit son étreinte. Il avait vraiment apprécié ces moments qu'ils avaient partagés tous ensemble.

« fais bien attention à toi » souffla la rose
« promis, Sakura »

Elle déposa un baiser sur son front et libéra la place pour sa fille ; la jeune Uchiha s'approcha de lui, d'un pas léger, et lui fourra un paquet dans les mains. Elle ignora son regard surpris, détournant son visage légèrement rose et haussa les épaules.

« un cadeau, c'est une arme, elle m'a fait pensé à toi »
« merci Sarada, tu n'aurais pas dû »
« tais-toi, accepte et c'est tout »

Un sourire se glissa sur les lèvres du brun et il tira la brune contre son torse, elle lui rendit son étreinte maladroitement.

« envoies moi des lettres, je veux tout savoir »
« promis, je n'y manquerais pas »

Elle acquiesça à ses mots et céda sa place à un grand brun ; sa copie conforme. Shikadai adressa un petit sourire à son père et lui donna un petit coup de coude dans les côtes.

« au moins, je ne te surprendrais plus dans des situations gênantes avec Sakura » souffla-t-il
« tu veux dire, que tu ne feras plus exprès de te glisser dans la pièce à ce moment là ? »

Le rire de son fils résonna un instant dans l'air et il lui ébouriffa les cheveux.

« fais attention, et prends soin de ta mère »
« promis, je m'occuperais bien d'elle »

Et après un dernier sourire, il s'éloigna des portes du village caché de la Feuille, le cœur lourd.