Chapter #23 « one step closer »

Leurs cœurs battaient si fort, à cet instant ; lentement, il approcha son visage du sien et ne s'arrêta qu'à quelques millimètres de ses lèvres, ses prunelles brunes perdues dans les iris émeraudes de la jeune femme. Son souffle se mêlait au sien, doucement et elle ne tarda pas à réduire la distance qui les séparaient ; capturant ses lèvres dans un baiser passionné. Son dos se heurta brutalement à la dureté du mur, lorsqu'il la plaqua contre celui-ci et il s'empressa de faire fuir le bout de tissu qui la recouvrait, le peignoir s'écrasa sur le sol dans un bruit étouffé et elle arqua un sourcil ; il l'observait, avec un tel désir dans les prunelles, qu'elle était sur le point de défaillir. Les pupilles dilatées, elle attrapa son menton entre ses doigts et colla leurs lèvres, fiévreusement ; les mains de l'homme se glissèrent sur son corps, sur sa peau au teint hâlée, découvrant une énième fois ses formes délicieuses et la réduisant à de simples gémissements.

Un doux ronflement flottait ; un sourire au coin des lèvres, elle déposa le bout de ses doigts sur la joue rugueuse du brun. Ils avaient fait l'amour, plusieurs fois, profitant de l'absence de leur fils et rattrapant tout ce temps qu'ils avaient perdus, et il s'était assoupi, au milieu des draps d'un beau miel, en bordel ; elle se pencha légèrement et déposa ses lèvres sur sa joue, lui arrachant un soupir de bien-être. Le brun bougea légèrement mais n'ouvrit pas les paupières, elle repoussa doucement le drap qui couvrait son corps nu et s'allongea de tout son long sur lui ; un grognement s'échappa des lèvres du garçon et il tira le drap sur son visage, lâchant quelques mots incompréhensibles dans sa barbe.

« ton fils rentre bientôt, la belle au bois dormant » souffla-t-elle, amusé
« tu mens » grogna-t-il, d'une voix faible
« hm hm, il rentre vraiment bientôt » répéta-t-elle, un sourire au coin des lèvres

Dans un élan plein de courage, le brun ouvrait délicatement les yeux et étouffa un bâillement entre ses lèvres ; ses prunelles d'un bel ébène se posèrent d'abord sur le sourire qui traînait sur les lèvres de la jeune femme, puis sur les murs de la chambre d'amis, qu'ils avaient transformés en chambre parentale. Il s'étira maladroitement.

« combien de temps m'as-tu laissé dormir ? » demanda-t-il, un sourcil arqué
« trois heures, tu t'es assoupi directement après ; tu te fais vieux, je crois »
« bien sûr, dis-moi qu'après quatre fois, tu n'étais pas épuisé »
« je ne me suis pas endormi, directement, moi » répliqua-t-elle
« j'ai toujours eu le sommeil terriblement facile »
« ce n'est pas faux, ça ; une explosion ne te réveillerait pas »

Un doux rire s'échappa des lèvres de la jeune femme et elle captura tendrement ses lèvres dans un baiser empreint d'amour ; il lui avait manqué, lui et son sourire, lui et son air impassible, lui et ses blagues douteuses. Il esquissa un sourire contre ses lèvres et passa ses bras autour de son corps nu, caressant du bout des doigts son dos dénudé ; il aimait cette sensation, être là, contre elle. Ils se séparèrent à contre-cœur et il étouffa un énième bâillement entre ses lèvres. La tête posé contre son torse, elle caressait tendrement les quelques cicatrices qui traînaient sur sa peau ; il était presque mort pendant la quatrième grande guerre, puis, récemment, pendant une fichue mission avec un certain Uchiha, qu'aurait-elle fait si il était mort ? Comment aurait-elle supporter une existence sans lui, en croisant tous les jours le regard de leur petit garçon ?

« dis, Temari ? » appela-t-il
« oui ? » souffla-t-elle
« qu'est-ce qu'on fait ? »

La question la prit par surprise, elle arqua un sourcil mais ne bougea pas pour autant.

« qu'est-ce que tu veux dire ? »
« toi et moi, nous ne sommes plus des adolescents ; nous avons un fils, un magnifique fils mais nous nous sommes séparés et j'aimerais savoir ce que nous sommes censés faire, maintenant » avoua-t-il « je t'aime mais ceci est la dernière chance, je refuse de mettre Shikadai, encore une fois, au milieu de nos disputes »
« je suis d'accord avec toi, c'est injuste pour lui » lâcha-t-elle, dans un soupir

Shikadai s'était retrouvé entre ses deux parents, sans avoir la chance de faire un choix, puis tant de kilomètres séparaient les deux villages qu'il ne pourrait pas vivre avec les deux adultes, si ils étaient séparés, de nouveau ; un soupir s'échappa des lèvres du brun et il attrapa un tube de nicotine sur la table de chevet, le coinçant entre ses lèvres. Il l'alluma d'un geste expert et tira une taffe.

« j'aimerais vraiment que ça marche » souffla-t-elle « une seconde chance et que ça recommence, comme avant ; je n'ai pas envie de te perdre une nouvelle fois, parce que j'ai vraiment crû te perdre en te voyant si heureux avec elle, avec.. » un soupir s'échappa de ses lèvres « avec Sakura »
« tu sais, elle est ton amie ; souviens-toi, à quel point, elle s'est débrouillé avec Ino, pour que tu sois de suite intégré dans le village et dans la bande, je sais que tu as du mal avec l'idée qu'il se soit passé quelque chose entre elle et moi mais elle est ton amie et elle aussi, elle souffre »

Un soupir s'échappa des lèvres de la blonde et elle se hissa, en position assise, tirant le drap contre sa poitrine, avec elle ; un courant d'air effleura le torse nu du brun et un frisson le prit.

« techniquement, tu n'as pas de réelle raison de la haïr ; c'est une bonne amie à toi, de base » ajouta-t-il « elle est la personne qui t'a aidé à mettre au monde notre fils, elle n'a jamais eu un seul geste déplacé envers moi pendant notre mariage et même ensuite, elle a attendu un temps plus que respectable et tu le sais »

« je sais ça, Shikamaru » souffla-t-elle « je pense qu'avec du temps, ça sera plus facile »

Un sourire naquit au coin des lèvres du brun et il tira la jeune femme contre son torse, déposant ses lèvres sur son front, chastement ; elle esquissa un sourire et s'empressa de prendre ses lèvres en otage, dans un doux baiser. Bien sûr qu'elle en voulait terriblement à la rose pour être tombé amoureuse du brun mais les sentiments ne se contrôlaient pas et les jours passaient, sa colère diminuait.

La lame glissa délicatement sur sa joue rugueuse et il fronça le bout de son nez, détaillant la minuscule plaie d'où un filet de sang s'échappait ; un grognement s'échappa de ses lèvres et il s'empressa de mettre un coup d'eau. Un parfum exotique se heurta aux murs et un doux rire flotta ; les sourcils froncés, son regard brun se posa délicatement sur la blonde, qui étouffait tant bien que mal son rire.

« arrêtes de rire » grogna-t-il
« tu n'es vraiment pas doué » souffla-t-elle

D'un pas léger, elle s'avança et attrapa le rasoir dans ses mains, terminant ce qu'il avait commencé ; elle se souvenait très bien de la première fois qu'ils avaient tous les deux remarqués qu'une légère barbe faisait son apparition, elle s'était moqué ouvertement en disant que ça lui apporterait une virilité au passage et il avait boudé, pendant des heures. Un sourire naquit au coin de ses lèvres, à ce souvenir et elle nettoya correctement le visage du brun.

Ses prunelles d'un bel ébène s'attardèrent un instant sur le reflet que lui renvoyait le miroir, au dessus du lavabo ; un sourcil arqué, il vérifia qu'il ne restait plus de poils bruns sur ses joues et que tout était taillé parfaitement. Il attrapa une serviette, qui traînait sur le lave-linge et essuya les quelques gouttes d'eau qui glissaient sur son menton.

Le claquement d'une porte l'arracha à sa contemplation et il arqua un sourcil, lorsqu'une tignasse brune s'élança dans les couloirs, dans un bruit assourdissant.

« je suis rentré, vous vous êtes entre-tués ? » s'exclama l'adolescent, un grand sourire sur les lèvres
« pardon ? » souffla la blonde, amusé
« oh merde » grogna Shikadai, en s'engouffrant dans la salle de bain « j'ai perdu deux cents yens »
« qu'est-ce que c'est que cette histoire ? » demanda le brun, les sourcils froncés
« j'ai parié avec tonton Gaara, que vous vous seriez entre-tués avant que je rentre »

Un rire s'échappa des lèvres de la blonde et elle tira l'adolescent dans une étreinte, sous le regard perdu du brun ; il arqua un sourcil et balança la serviette dans le bac à linge.

« ça, il le tient de toi » s'exclama-t-il « il a parié sur ses parents, avec son oncle, n'importe quoi »

Le sourire amusé sur les lèvres de son ex-épouse s'étira et elle relâcha son fils, pour s'approcher de l'homme ; elle balança ses bras autour de sa nuque et déposa chastement ses lèvres sur son menton.

« arrêtes de faire le grognon » souffla-t-elle
« je ne fais pas le grognon » lâcha-t-il
« oh que si, papa ; tu le fais » ajouta l'adolescent
« liez vous contre moi, allez-y, ne vous gênez pas »

Bien qu'il aurait aimé faire le grognon, un peu plus longtemps, le rire de son fils lui arracha un sourire et il accepta le baiser qu'elle lui offrait, tendrement. L'amusement sur le visage de l'adolescent se perdit lorsqu'il remarqua que ses parents mettaient un peu trop de temps, dans ce fichu baiser ; les bras croisés sur son torse, il se racla la gorge, amusé par la situation.

« oncle Gaara est dans le salon, d'ailleurs » lâcha-t-il

L'effet fût immédiat ; il repoussa la blonde, à une certaine distance et acquiesça.

« très bien, restes loin de moi, je ne préfère pas qu'il tente de me tuer »
« n'importe quoi, toi » souffla-t-elle
« vraiment ? » lança-t-il, un sourcil arqué
« bon, d'accord »

Dans un élan agile, elle fit volte-face, attrapa la main de sa progéniture et le tira dans le corridor, soudainement bien trop heureuse ; un sourire amusé au coin des lèvres, le brun s'empressa de remettre son haut, qui traînait sur le lave-linge et emboîta le pas.

Dans l'immense salon, Gaara, installé dans un fauteuil en cuir, relisait pour la énième fois le rapport que lui avait transmis son ami de longue date ; le sourire du blondinet glissa dans son esprit et il esquissa un sourire, malgré lui. Des bruits de pas l'arrachèrent à sa lecture et il arqua un sourcil, ses prunelles émeraudes s'attardèrent sur la silhouette de sa grande sœur ; il étouffa un sourire entre ses lèvres et déposa le rapport sur le bois de la table basse. Il s'empressa de prendre la jeune femme dans ses bras ; fût un temps où il ne supportait pas les marques d'affections mais là, tout de suite, ils en avaient tous les deux besoin.

« content de te revoir, Gaara » lâcha une voix masculine

Le roux relâcha délicatement sa sœur et posa son regard sur le brun, derrière elle ; ses mèches brunes noués en cet éternel catogan, un peu de barbe, Shikamaru ne changerait sûrement jamais. Il attrapa la main que son beau-frère lui tendait et la serra, un sourire amusé au coin des lèvres.

« de même, Shikamaru » commença-t-il « pas mal le suçon dans le cou, de ma sœur »

Les joues de la blonde se teintèrent de rose et elle tira le col de son pull, vers son menton, cachant la vue de son cou aux prunelles curieuses de son fils ; le stratège fut prit d'une légère quinte de toux, en avalant de travers sa salive. Gaara lui tapota gentiment le dos.

« trêve de plaisanterie » lâcha le roux

L'expression amusé sur son visage céda à une pointe de remords et son dos se heurta doucement au canapé ; les sourcils froncés, le brun fit de même, suivit par Temari, alors que Shikadai disparaissait dans le jardin. Cette lueur dans les prunelles du roux ne lui plaisait pas, pas du tout ; d'un geste lent, Gaara attrapa le rapport sur le bois de la table et prit une inspiration.

« j'ai reçu ce message, ce matin » avoua-t-il « de la part de Naruto »
« qu'est-ce qu'il se passe ? » demanda Temari, inquiète
« ça concerne Shikamaru » lâcha-t-il

Sans un mot, le brun attrapa le rapport que lui tendait le roux et parcouru les quelques lignes ; l'inspiration qu'il voulut prendre, se perdit dans sa gorge. Ce n'était pas possible, ce n'était pas du tout possible ; ses prunelles croisèrent un court instant les iris du Kazekage et il balança le rapport sur la table, disparaissant au détour d'un couloir. Les sourcils froncés, Temari posa son regard émeraude sur son frère.

« qu'est-ce qu'il se passe ? » souffla-t-elle
« une équipe manque à l'appel, au village ; une mission qui, visiblement, aurait mal tourné et ils n'ont aucune nouvelle » expliqua-t-il « tu connais les lois, au bout d'un mois, les shinobis portés disparus sont déclarés décédés au combat »
« oui, je sais mais je ne vois pas où tu veux en venir »
« l'un des membres de cette équipe est Miraï Sarutobi »

Un hoquet de surprise s'échappa des lèvres de la jeune femme, bien sûr que ce nom lui disait quelque chose ; elle se souvenait de la première fois où elle avait croisé ses deux billes écarlate, de la première fois où Shikamaru lui avait présenté, le fruit de l'amour qui avait uni Kurenaï à Asuma. Lorsqu'elle avait vu ce sourire sur les lèvres du brun, alors qu'il jouait tendrement avec la petite fille, elle avait comprit au fond d'elle qu'il serait un bon père et qu'elle aimerait qu'il soit celui de ses enfants. Sans un mot, elle se hissa sur ses deux pieds et s'empressa de rejoindre le brun ; elle le trouva en train de fourrer quelques vêtements dans un sac de voyage, les sourcils froncés, et le souffle court.

« Shikamaru » appela-t-elle

Mais elle n'eût aucune réponse, elle se heurta aux bruits étouffés qui coupait le silence. Elle étouffa un soupir entre ses lèvres et s'approcha du brun, délicatement, attrapant ses mains entre les siennes ; elle comprenait qu'il se sent si mal, elle comprenait qu'il ai l'impression de perdre les pédales. Elle connaissait cette promesse qu'il avait fait, à son maître, aux portes de la mort ; une promesse où il annonçait qu'il protégerait le roi, qu'il protégerait cet enfant dans les entrailles de Kurenaï.

« Shikamaru » répéta-t-elle
« je me dois de protéger le roi » souffla-t-il « c'est ma mission et là, elle.. »
« je sais » le coupa-t-elle « je ne te retiens pas, retournes-y »

Une telle tristesse émanait de lui qu'elle se heurta à son dos, glissant ses bras frêles autour de sa taille imposante ; il était grand, bien plus grand qu'elle, qui aurait crû que le petit idiot en larmes qu'elle avait connue, deviendrait un si bel homme ? Il fit volte-face, silencieusement et déposa un chaste baiser sur son front.

« je reviendrais » souffla-t-il, dans un murmure
« je n'en doutes pas, retrouves la et reviens moi »
« promis, Temari »