Chapter #29 « if we have each other »

Un grognement indiscret s'échappa de ses lèvres, il était là, debout, les mains dans les poches, les sourcils froncés et le rire de la jeune femme, près de lui, lui arracha une grimace maladroite ; une tignasse blonde se hissa sur un siège et tira un carnet sur ses genoux, traçant quelques traits agiles sur le papier blanc.

« dites, monsieur Nara » souffla l'adolescent, concentré dans sa tâche « j'aurais aimé faire une surprise à Shikadai, alors j'ai dessiné Miraï ; mais je bloque sur quelque chose »

Le regard brun de l'adulte hésita mais se posa, finalement, sur l'adolescent, les sourcils froncés.

« qu'est-ce que c'est ? » demanda le brun, curieux « peut-être que-.. »
« son tour de poitrine » lâcha l'adolescent, naturellement

Un sorte de hoquet de surprise s'échappa des lèvres du stratège ; il tourna la tête, dans la seconde qui suivit, vers la mère de l'adolescent mais elle haussa simplement les épaules, sûrement habitué. Le petit garçon qu'il avait connu, particulièrement doux et timide, s'était totalement évaporé ; il faisait face à une version de Saï, dans l'adolescence, le blond ne comprenait pas que certaines choses ne se disent pas et son père n'aidait en rien. Shikamaru passa une main maladroite dans ses mèches brunes, gêné par la tournure de la conversation, alors qu'ils étaient en plein milieu d'une gare. Il se racla la gorge, mal à l'aise.

« Miraï est une jeune femme, et-.. » commença-t-il
« vous ne savez pas ? » demanda le blond, les sourcils froncés
« 85C, mon ange » lança la douce Yamanaka

Les prunelles bleutés de la femme se heurtèrent au regard sévère que lui lançait le brun, elle haussa de nouveau les épaules, un sourire amusé au coin des lèvres. Son fils ressemblait de plus en plus à son père, elle ne cherchait même plus à dire quoi que ce soit ; et au fond, ça lui plaisait qu'il lui ressemble autant.

« ne me regardes pas comme ça, ne sois pas jaloux parce que, moi, je le sais » souffla-t-elle
« mais ce n'est pas le cas » s'exclama le Nara, les sourcils froncés « vous êtes dingues »

Un rire s'échappa des lèvres de la blonde et elle se pencha un instant, observant silencieusement les détails du dessin que son fils terminait ; elle lui souffla doucement quelques trucs, sa relation avec Saï lui avait apprit tellement de choses sur l'art et elle esquissa un sourire, posant son regard bleu sur son meilleur ami. Quelques nuances de rose s'accrochaient aux joues du brun et ça l'amusait.

« ne fais pas la prude, je sais très bien que Temari fait du-.. » commença-t-elle

La main du brun sur ses lèvres l'empêcha de dire quoi que ce soit d'autre, les sourcils froncés, il intima silencieusement à l'adolescent soudainement intéressé de se remettre à son dessin et soupira ; sa meilleure amie était littéralement dingue, prendre de l'âge ne l'aidait pas.

« tu es folle » lâcha-t-il, au bout de quelques secondes

Relâchant sa prise sur les lèvres de la jeune femme, il s'empressa de prendre un tube de nicotine dans sa poche ; il le coinça entre ses lèvres, l'alluma d'un geste mécanique et tira une taffe. Des semaines en arrière, il était retourné au village caché de la Feuille, avait été accueilli par Kiba qui se sentait encore redevable, par Miraï qui riait aux éclats, par Naruto heureux qu'il soit là et s'était remit au boulot ; étrangement, il s'était rendu compte que ce boulot lui avait manqué, ou peut-être était-ce les instants qu'il partageait avec ses camarades, les rires qu'il échangeait avec le blondinet, les sourires de la rose, les idioties du chien de Kiba. Tant de choses, au final.

Un bruit désagréable résonna et il étouffa un juron entre ses lèvres, balançant sa cigarette à peine entamé sur le sol et l'écrasa ; alors qu'une vingtaine de têtes inconnus s'extirpaient tant bien que mal du train à l'arrêt. Ce week-end, Temari et Shikadai venaient, ils resteraient deux jours dans la demeure familiale du clan Nara et repartiraient dimanche soir ; ça le mettait de bonne humeur. Une tignasse brune s'extirpa la première de la foule ; cette flamme qui brilla dans le fond des prunelles émeraude de l'adolescent lorsqu'il croisa les iris bleutés de son meilleur ami, l'acheva, son fils semblait si heureux. Sans prendre la peine de dire quoi que ce soit à son père, n'ayant sûrement pas capté sa présence d'ailleurs, le brun se jeta dans les bras du blond, un grand sourire sur les lèvres ; bien qu'ils soient séparés, ils se retrouvaient constamment, heureux. Une moue boudeuse se glissa sur le visage du brun, lorsqu'il remarqua que son fils ne faisait même pas attention à lui ; il ignora le rire moqueur de sa meilleure amie et chercha une tignasse blonde dans la foule dense. Il eût tout juste le temps d'ouvrir les bras qu'elle s'écrasait contre son torse, avec une force qui lui coupa le souffle une demi-seconde ; il resserra sa prise autour de son corps, et captura ses lèvres, dans un baiser fiévreux. Fût un temps où la blonde n'osait pas faire ce genre de choses en public, mais ils tentaient doucement de changer certaines choses ; quelques nuances de rose s'accrochèrent aux joues de la blonde et elle s'extirpa de l'étreinte, saluant poliment Ino et Inojin.

L'emblème du clan Nara trônait fièrement au dessus de la porte et cette image lui mit du baume au cœur ; dans un geste doux, elle ouvrit la porte et s'engouffra dans la demeure, savourant un court instant cette douce odeur de tabac froid qui caractérisait si bien son amant. Le bruit de pas effréné de Shikadai flotta un instant, alors qu'il disparaissait à l'étage ; elle fit volte-face et se heurta à la vision du brun, tenant maladroitement les deux valises dans ses mains. Un sourire amusé se glissa sur ses lèvres et elle en attrapa une, claquant un baiser sur sa joue ; ils s'engouffrèrent à l'étage et elle s'empressa d'ouvrir l'un des bagages, en tirant une tenue un peu plus chaude. La température du village était totalement différente de celle de Suna ; la tignasse brune de l'adolescent se glissa dans la chambre parentale et il gonfla son torse, une teinte rose sur les joues.

« dites, j'ai une question » lâcha-t-il, à bout de souffle
« bien sûr, nous t'écoutons » souffla le brun, les sourcils froncés
« je sais que, normalement, c'est un week-end tranquille, tous les trois »
« mais ? » lança sa mère, amusé
« mais Inojin m'a proposé de passer la nuit chez lui, tante Ino est d'accord »

Un sourire amusé traînait sur les lèvres de la blonde, elle acquiesça et le brun haussa les épaules.

« tant que tu es sage et qu'Ino ne me dit pas que tu as fais des bêtises, c'est okay » souffla l'adulte

Le « yes » qui s'échappa des lippes de l'adolescent arracha un rire à la sunienne, il lâcha un rapide remerciement au gré du vent et disparût dans les escaliers ; la minute d'après, le claquement de la porte se répercuta entre les murs. Shikadai grandissait à une allure folle et bientôt, il n'aurait sûrement plus besoin de ses parents ; cette idée effrayait la blonde, que ferait-elle sans son petit garçon ? Elle n'était certainement pas prête à ce qu'il prenne son envol.

Deux bras puissants se glissèrent autour de sa taille et elle réprima un frisson, un sourire au coin des lèvres ; Shikamaru se montrait particulièrement tendre avec elle, aimant et passionné. Elle aimait cette facette de lui, une facette qui lui donnait constamment envie de lui ; doucement, elle fit volte-face et passa ses mains sur son torse, recouvert d'un tissu blanc.

« notre fils est absent » souffla-t-elle, dans un murmure suave

Quatre mots qui suffirent amplement au brun, il la tira contre son torse et captura ses lèvres ; ils avaient besoin de quelques heures, seul à seul.

Le lendemain, alors que Shikamaru dormait encore profondément, la blonde s'échappa de la demeure de bon matin ; une chose qui lui avait terriblement manqué, c'étaient les commerçants de ce village, constamment un sourire sur les lèvres et quelques mots gentils. Les rues fraîches du coin la rendaient nostalgique et elle se dit, que peut-être qu'elle aurait dû dire à Gaara de l'accompagner ; il se noyait sous le travail, refusait une quelconque aide, bien que Shikadai lui arrachait toujours des sourires maladroits. Perdue dans ses pensées, elle s'engouffra dans une épicerie hasardeuse et tomba nez à nez avec une tignasse familière.

« oh » fût le seul son que s'échappa de ses lèvres

Poliment, la femme en face d'elle, se pencha légèrement en avant, la saluant comme il convenait concernant son rang ; qui aurait crû qu'elles se retrouveraient, ici, au détour du rayon fruits et légumes, d'une épicerie ? Temari s'empressa de lui faire comprendre que ce n'était pas obligatoire et se gratta nerveusement l'arrière du crâne.

« tu sais, ce n'est pas parce que je suis haut placé là-bas, que je le suis ici » souffla-t-elle, un sourire gêné au coin des lèvres « je suis juste une villageoise »
« d'accord, pardonne-moi mais je n'ai pas terminé mes courses ; je te souhaite une bonne journée »

Et sans une seconde de plus, elle se tira en dehors de l'établissement ; Temari fronça les sourcils et se lança à sa poursuite, peut-être que Shikamaru avait raison, dans le fond. Elle n'eût aucun mal à reconnaître la tignasse de la femme et s'empressa de la rejoindre, légèrement à bout de souffle.

« attends, Sakura » s'exclama-t-elle, essoufflé

La rose fit volte-face, les sourcils froncés et s'arrêta au beau milieu de la rue ; elle savait très bien que ce week-end était le week-end où Temari et Shikadai revenaient dans le village, mais sûrement qu'elle aurait aimé ne pas avoir à la rencontrer, pendant ces deux jours.

« un café, ça te dit ? » souffla la blonde « j'insiste »

Et elles se retrouvèrent au détour d'une table, dans un café hasardeux. Le propriétaire salua chaleureusement la rose et la blonde, heureux de revoir deux bouilles familières dans son établissement et s'empressa de prendre les commandes. Elles ne parlaient pas, Sakura se sentait presque de trop dans cet instant ; pourtant, il n'y avait que la blonde et elle.

« je suis contente que tu sois là » lâcha la sunienne, en attrapant sa tasse de café
« Temari, je-.. » commença la rose
« non » la coupa-t-elle « ça va, ne t'en fais pas ; je ne te dirais rien de méchant et de déplacé »

Sûrement qu'elle faisait référence aux propos qu'elle avait tenue, ce jour-là, dans le corridor de l'hôpital, alors qu'ils attendaient tous patiemment des nouvelles du brun ; un frisson la prit, au souvenir de toutes ces émotions qu'elle avait ressenti, assise entre Ino et sa fille, et elle acquiesça.

« je m'excuse pour ça, d'ailleurs » ajouta-t-elle « ce n'était pas le bon moment, j'allais mal, j'étais inquiète et apprendre qu'il était heureux, sans moi, sur le moment, ça m'a fait dire des idioties »
« tu n'as pas à faire ça, Temari ; ça va, je comprends »

D'une certaine manière, toutes ces choses que la blonde avait dites sur la relation qui liait Sasuke Uchiha à la rose n'étaient pas fausses ; elle le savait, maintenant, au fond d'elle. Shikamaru lui avait ouvert les yeux, sur ce lien malsain entre son ex-époux et elle.

« non, vraiment, j'insiste » répliqua la blonde « tu l'as rendu heureux, lorsque je lui faisais du mal ; merci à toi »

Délicatement, Temari attrapa la main de la rose dans la sienne et lui adressa un petit sourire, un énième « merci » au gré du vent ; puis, elle récupéra sa tasse et souffla doucement sur le liquide chaud.

« tu sais, je t'en ai énormément voulu ; au lieu de comprendre le fait que tu le rendais heureux, qu'il allait bien, que tu prenais soin de lui, j'étais obnubilé par le fait que nous étions amis, toutes les deux » avoua-t-elle « la trahison d'une amie, c'est ça qui m'a mit en colère mais ne t'en fais pas, je ne t'en veux plus »
« pourquoi ? » demanda la rose, les sourcils froncés « j'aurais compris que tu m'en veuilles »
« non, parce que je sais très bien que personne ne choisit de qui il tombe amoureux et j'ai conscience que Shikamaru n'est pas un homme comme les autres, ça ne m'étonne pas tant que ça, au final, votre relation ; c'est lui qui m'a ouvert les yeux, lui et notre fils »

Un éclat de surprise passa dans les prunelles d'un bel émeraude de la rose.

« si tu entendais notre fils dire toutes ces choses gentilles sur toi, il t'aime beaucoup »

Bien malgré elle, un sourire naquit au coin des lèvres de la Haruno ; Shikadai était un adolescent qu'elle appréciait énormément, le digne fils de son père.

« c'est un bon garçon » souffla la rose, un sourire au coin des lèvres
« et tu as pris soin de lui, merci à toi » ajouta la blonde

Sakura lui adressa un petit sourire gêné, gêné par tant de remerciements ; la blonde attrapa sa tasse et la porta à ses lèvres, silencieusement. Sûrement que ça lui faisait un peu de bien cette conversation avec la rose, elles avaient été de bonnes amies, pendant si longtemps.

« comment ça se passe avec Uchiha ? » demanda la blonde, un sourcil arqué « 'fin, je suis au courant pour le divorce, mais comment ça avance ? »

Surprise par la question, la rose haussa les épaules.

« il est absent, il revient prendre un peu de temps avec Sarada mais ça s'arrête là, je ne veux plus rien de sa part »
« et c'est une bonne chose ; ce gars ne te mérite pas, depuis le début » souffla la sunienne « en tant qu'amie, j'aurais dû me mettre entre vous avant, mais tu semblais si heureuse dans ce mariage, même Naruto n'a rien osé dire »
« je sais, je suis tombé dans le panneau ; j'ai crû qu'il m'aimait vraiment, c'était une erreur »
« il ne sait pas ce qu'il rate, crois-moi, Sakura ; tu es une femme magnifique, intelligente, drôle, forte, c'est un idiot, tant pis pour lui »

Ces quelques mots suffirent à mettre un peu de baume au cœur de la rose et elle acquiesça, au fond, la blonde avait raison ; l'Uchiha n'était pas assez bien pour elle, bien qu'ils aient eu une magnifique petite fille ensemble, l'adolescente faisait littéralement le bonheur de sa mère et ce lien qui les unissait, ne faisait que se renforcer de jour en jour.

Les minutes s'échappèrent, à une allure folle ; elles payèrent leurs consommations et s'extirpèrent de l'établissement, silencieusement. Ce moment qu'elles avaient partagées était quelque chose d'important, pour toutes les deux.

« Sakura » appela-t-elle « tu sais, j'aimerais vraiment que l'on redevienne amis »

Un éclat de surprise passa dans les prunelles de la rose.

« je sais que la situation actuelle n'est sûrement pas facile pour toi, je sais que ça doit être douloureux mais si tu veux bien, j'aimerais que l'on redevienne amis ; je te promets de ne rien dire sur Shikamaru, tant que ça n'ira pas mieux pour toi et je te promets d'être une bonne amie »
« avec plaisir, Temari » lâcha la rose

Le sourire qui naquit au coin des lèvres de la blonde, l'acheva et elle réceptionna tant bien que mal son corps, pour une étreinte maladroite ; finalement, la sunienne claqua un baiser bruyant sur sa joue et disparut au détour d'une rue, dans une bonne humeur contagieuse.

L'immensité d'un ciel étoilé dans une nuit noire ; ses prunelles se perdirent un instant dans cet atlas qui le fascinait tant, sur ces petites lumières qui éclairaient gaiement le chemin de quelques voyageurs nocturnes. Il aimait particulièrement cet endroit, la forêt dense du clan Nara lui amenait tant de bons souvenirs ; il se souvenait très bien de ces premiers pas, sur l'herbe fraîche, des rires moqueurs de sa mère, et des sourires fiers de son père. Et il se souvenait très bien des premiers pas de son fils, au même endroit, de sa fierté et de la façon dont l'enfant s'était endormi dans l'herbe, deux pas plus tard. Un sourire naquit au coin de ses lèvres, à ce souvenir et il coinça un tube de nicotine entre ses lèvres, l'allumant d'un geste expert ; il tira une taffe et observa silencieusement la fumée, dans les airs.

Une silhouette se glissa près de lui et le sourire sur ses lèvres s'étira un peu plus ; ce parfum exotique, il le connaissait par cœur. La tignasse blonde de son amante s'avança doucement et elle captura ses lèvres, dans un doux baiser ; qu'est-ce qu'il l'aimait. Ce doux parfum exotique le rendait littéralement fou, à un point inimaginable. Les mains du brun glissèrent tendrement dans le creux de ses reins et il la tira doucement, contre son torse ; contre sa cage thoracique, là où son cœur battait la chamade, s'en était dingue cet effet qu'elle avait sur sa personne. Un soupir d'aise s'échappa des lèvres de la blonde, le bout de ses doigts s'attarda un court instant sur les joues rugueuses du brun.

« c'est dingue, quand même » souffla-t-elle, un sourire au coin des lèvres
« qu'est-ce qui est dingue ? » demanda le brun, un sourcil arqué
« je t'ai connu, tu étais assez moche, hein »

L'expression qui passa sur le visage du garçon lui arracha un sourire amusé et elle se positionna, un peu plus confortablement, dans les bras de son amant ; elle était bien, là, sous le ciel étoilé et bercé dans la chaleur du corps masculin du brun.

« mais au final, tu es devenu un bel homme » ajouta-t-elle « je pensais que tu resterais moche, erreur de jeunesse ; ton père était plutôt canon pour un quarantenaire »
« oh non, beurk » lâcha-t-il, les sourcils froncés
« je suis juste déçu que tu n'ai pas pris un peu plus de virilité de son côté » poursuivit-elle, amusé

Un grognement s'échappa des lèvres du brun et elle déposa chastement ses lèvres, au coin de sa joue ; sûrement mentait-elle un peu, parce qu'elle était tombé sous son charme, des années en arrière, alors qu'il n'était qu'un pré-adolescent.

Les éclats de voix cédèrent leurs places à un silence apaisant, entrecoupé par les légères rafales de vents et le bruissement des feuilles ; il resserra délicatement sa prise autour de son corps, lorsqu'un frisson la prit mais la blonde s'extirpa de ses bras, se hissant maladroitement sur ses deux pieds. Il se heurta à son dos, sa peau légèrement hâlée couvert par le tissu de son kimono mauve ; il prit appui sur la paume de ses mains et prit une inspiration. Son regard se perdait sur ses courbes délicieuses.

« Shikamaru » appela-t-elle, d'une voix douce

Ses prunelles d'un bel émeraude se confrontaient à l'immensité du ciel, aux étoiles qui illuminaient quelques coins de l'atlas ; s'en était dingue, cet apaisement qui naissait de ce paysage. Elle comprenait parfaitement cette douce fascination que le brun avait pour ce spectacle depuis tant d'années.

« hm ? » lâcha-t-il, au gré du vent
« tu te souviens de notre combat, pendant l'examen ? » demanda-t-elle, un sourire au coin des lèvres « tu étais cet enfant, constamment dans un bâillement et tu aurais clairement pu me battre, vraiment, mais tu étais bien trop flemmard pour ça »
« à vrai dire, tu sais que je n'avais pas l'intention de me lancer dans ce combat, mais cet idiot de Naruto m'a poussé dans l'arène, avant que j'abandonne »

A ces mots, elle s'empressa de faire volte-face, posant un regard indigné sur le brun ; un sourire amusé au coin des lèvres, il haussa simplement les épaules.

« tu abuses, vraiment » lâcha-t-elle, au gré du vent
« je sais, je sais » souffla-t-il, amusé

Finalement, le blondinet avait peut-être fait une bonne chose, en le forçant à prendre part à ce combat ; il ne l'aurait pas épousé et il n'aurait pas eu un fils, dans le cas contraire. Le sourire sur les lèvres du garçon, acheva la blonde et elle glissa ses mains dans son dos, son cœur prit dans un battement effréné, enfouit dans sa cage thoracique.

« tu ne sais pas à quel point tu me rends heureuse, Shikamaru » lança-t-elle, au bout de quelques secondes
« Temari » lâcha-t-il, dans une inspiration
« non, attends » le coupa-t-elle « tu ne sais pas à quel point je me sens bien, grâce à toi ; tu me pousses à faire des choses que je n'aurais jamais fais, tu me pousses à être heureuse, après des années où je m'étais persuadé que je ne le serais sûrement jamais. comment est-ce que j'aurais pu être heureuse ? je ne vivais pas, je survivais ; je n'avais pas de mère et mon père n'était pas quelqu'un de bien, il faisait de mon petit-frère un monstre et je ne disais rien »

Une enfance assassiné ; par rapport au brun, elle n'avait pas eu la chance de vivre dans une famille aimante, de faire naître un tas de souvenirs heureux. Les années qu'elle avait partagé, tendrement, avec le brun, étaient ce tas de souvenirs heureux.

« mais toi » continua-t-elle « tu m'as rendu heureuse, tu m'as fais goûté le bonheur et l'insouciance ; et je ne sais pas comment est-ce que je pourrais te dire merci » elle prit une inspiration « te perdre, ça a été horrible ; tu étais si proche et si loin, en même temps »
« qu'est-ce qu'il se passe, Temari ? » demanda le brun, inquiet

Elle prit une inspiration, qui semblait presque douloureuse au regard du brun.

« je suis tombé amoureuse de toi, encore et encore, constamment ; dans tes sourires maladroits, dans ton odeur de tabac froid, dans ton rire idiot, dans ton intelligence et bordel, être loin de toi, ça m'a rappelé à quel point je t'aime, à quel point j'ai besoin de toi »

Les mains tremblantes, elle prit une énième inspiration et maladroitement, elle remonta les pans de son kimono, dévoilant ses longues jambes à la peau hâlée ; elle déposa un genou à terre.

« tu es là et tu es la personne qui hante mes nuits, mes jours, qui me donne une raison de vivre, de sourire ; je sais que c'est galère mais Shikamaru Nara, épouse-moi »

Soudainement, l'air lui manqua ; son cœur dans sa cage thoracique rata un battement et dans un élan maladroit, il se hissa sur ses deux pieds et fronça les sourcils.

« attends, tu.. » commença-t-il, incertain
« oui, je suis sûr ; j'en ai envie » souffla-t-elle « et toi, est-ce que tu en as envie ? »

Le souffle court, le brun se revit dans les années précédentes, dans tous ces instants qui avaient fait de lui, l'homme qu'il était à cet instant ; dans un geste doux, il attrapa les mains de la femme qu'il aimait entre les siennes. Le brun les porta à ses lèvres, glissant quelques baisers sur le dos de ses mains ; un sourire naquit au coin de ses lèvres.

« un million de fois » lâcha-t-il, dans un murmure doux « oui »

L'éclat incertain dans les prunelles d'un bel émeraude de la blonde s'évapora ; un grand sourire se glissa sur ses lèvres et alors qu'il s'apprêtait à ajouter quelque chose, elle se jeta à son cou, capturant ses lèvres contre les siennes. Bordel ce qu'elle était heureuse.