Chapitre 5 : la visite de Ginny

Draco entra dans le bureau et posa le dossier qu'il avait sous le bras sur le bureau. Il jeta un regard autour de lui et observa la pièce. Le bureau d'Hermione n'avait presque pas changé. A l'exception de celle qui se trouvait derrière évidemment. Les dossiers avaient gardé leurs places, les plumes étaient rangées dans le même ordre, et même la cape posée sur le rebord de la chaise était pliée à l'identique. Solar n'avait pas pu trouver meilleure remplaçante en attendant le retour d'Hermione. Non seulement elle était presque aussi compétente, mais elle avait également la même organisation, obstination, et passion qu'Hermione dans son travail.

Il y avait seulement une légère différence entre elles, leurs regards. Hermione avait ces yeux flamboyants que Draco aimait tant. Elle avait cette envie indomptable dans le regard, cette joie et cet amour, qu'aucun autre homme que Draco ne pouvait recevoir.

Demeldza, elle, avait le regard naturel, calme et déterminé. Draco l'avait beaucoup observée après son arrivée dans le service. Elle s'était tout de suite entendue avec tout le monde, et les quelques réticents au remplacement si rapide d'Hermione avaient rendu les armes face à cette jeune femme délicate. Elle avait fait comprendre qu'elle souhaitait simplement faire avancer les travaux qu'Hermione avait lancés avant sa disparition et en aucun cas la remplacer. Draco avait beaucoup apprécié cet aspect de sa personnalité. Si elle n'en parlait pas, Il sentait qu'elle quitterait ce bureau dès le retour d'Hermione, sans broncher et, il le savait, même avec le sourire.

Cependant, Hermione ne revenait pas. Les jours et les semaines passaient, sans une avancée dans l'enquête. Draco avait reçu la visite de Ginny, un soir de mars particulièrement pluvieux.

- Salut Draco, dit Ginny d'une voix douce en l'embrassant sur la joue.

- 'lut… grogna Draco.

Il s'écarta pour la laisser entrer. Elle s'installa sur un tabouret et donna sa cape à l'elfe de maison qui se courba avant de quitter la cuisine.

- Comment vas-tu ? commença-t-elle.

- Ça va, dit Draco sans chercher à cacher son état de tristesse.

- On n'a rien de nouveau, reprit-elle sans faire attention à l'extrême lassitude de Draco, j'ai vu Harry juste avant de partir de la maison, et je crois qu'il est à peu près dans le même état que toi.

Draco leva ses yeux gris vers Ginny. Celle-ci le regardait calmement, sans cet air compatissant qui lui donnait envie de vomir, et que tant d'autre s'efforcer d'adopter avec lui depuis la disparition de sa femme. Un faible sourire apparu sur le visage de la jeune femme.

Voila.

C'était pour ça que Ginny était la seule personne que Draco acceptait de voir depuis le drame. Cette femme, cette amie, cette ancienne ennemie, était aujourd'hui le seul être humain au monde qui pouvait calmer la douleur que Draco ressentait en permanence dans la poitrine. Ce sourire si amical, qui ne signifiait rien, ni empathie, ni compassion, ni gêne, ni tristesse, le regardait lui, et seulement lui. Elle était simplement là, avec cette même douleur.

- J'espère qu'il va bien, reprit Draco après un moment de silence.

- Il s'en sort. Mais dès qu'il passe la pas de la porte, il s'effondre sur le canapé et se met à lire et relire les documents de l'enquête, jusqu'à ce qu'il ne puisse plus garder les yeux ouverts.

- Ça ne m'étonne pas, repris Draco d'un air sarcastique, il a toujours été nul en nuits blanches.

Ginny sourit. Elle agita sa baguette et deux verres de Whisky pur feu apparurent devant eux.

- Je suis obligée de le faire léviter jusqu'à notre lit, dit-elle avec un large sourire aux lèvres.

Elle sauta du tabouret et imita un pantin suspendu par les fesses à un fil invisible qui se déplaçait tout seul à travers la pièce, les yeux fermés, la langue pendue.

Draco éclata de rire, et failli recracher le Whisky qu'il venait d'avaler sur la table de la cuisine. Ginny se redressa en rigolant, et se percha de nouveau sur le tabouret. Puis, elle reprit d'une voix douce :

- Comment ça se passe avec la remplaçante d'Hermione ?

- Bien, dit Draco sincèrement. Elle est sympa et discrète. Les gens l'aiment bien, et je n'ai rien à lui reprocher.

- Les gens disent qu'elle ressemble à Hermione, lâcha Ginny d'un coup sec.

Draco la regarda d'un air sombre.

- Normal, répondit-il, c'est vrai.

- Ah bon ? s'étonna Ginny.

- Oui un peu. Mais elle est n'a pas ce qui fait qu'Hermione est Hermione.

- Je vois, dit Ginny en le regardant en coin. Et le travail avance sur Missilupa ?

- Elle est très pro, répondit Draco. Elle s'y connait en potions. Bon elle n'a pas le niveau d'Hermione, mais elle a déjà identifié tous les ingrédients de la potion, et elle s'est attaquée aux effets. Elle ne chôme pas, et j'ai l'impression qu'elle veut vite en finir.

- Tant mieux, réplica Ginny. Je n'aime pas trop le concept de remplaçante à Hermione.

- Ce n'est pas sa remplaçante, répondit doucement Draco. Elle termine simplement les travaux commencés par Hermione. Dès qu'elle aura fini, elle partira.

Ginny le regarda étrangement. Comme si elle s'attendait à ce qu'il fasse quelque chose d'étrange d'un instant à l'autre.

- Si tu le dis, finit-elle par lâcher. Bon, je vais te laisser. Je sens qu'Harry est déjà en train de dormir sur la table du salon.

- Alors vas vite le mettre au lit, répondit Draco dans un sourire.

Elle se leva, récupéra sa cape que l'elfe avait pendue dans l'entrée, et la jeta sur ses épaules. Elle se tourna vers Draco, adossé au montant de la porte.

- C'est toujours un plaisir de te voir Draco, dit elle doucement. Tu devrais venir à la maison ce Week-End.

- Je ne sais pas, répondit-il. Je te redis.

- Ça fera plaisir à Harry, et ça lui changera de ma tête.

- Je vais y réfléchir.

- Au fait Draco, repris Ginny avant de passer la porte.

- Oui ?

- Il faut que je te dise…

- Quoi ?

- Je suis enceinte.

A suivre.