Hey ~
Un autre chapitre juste avant que je prenne l'avion pour rentrer en France! J'avais prévu que l'identité d'Elea soit révélée dans ce chapitre et au final j'ai écrit plus que prévu...

A l'avenir je tâcherai de plus m'attarder sur les chevaliers.
(Chapeau à ceux/celles qui pourront reconnaître ce qu'Elea chantonne -sans faire de recherches bien sûr-).

Bonne lecture!


- Voilà, dernière page du dernier journal de la précédente Athéna… rien…

On pouvait ressentir toute la déception du monde dans la voix de Shun au moment où il faisait ce triste constat. Malgré sa tenue régulière d'un journal intime, Sasha n'avait jamais mentionné cette déesse, cette 'Elea'. Les archives officielles tenues par le Pope de l'époque ne contenait pas plus d'informations et ils n'avaient trouvé aucun journal personnel ayant appartenu à Albafica des Poissons.

- Rhaaa des jours gaspillés au milieu de bouquins poussiéreux pour rien ! Se plaignit fortement le chevalier Pégase.

- Pourquoi Athéna ne demande pas à un manipulateur de lui arracher la vérité ? Persiffla le Phénix. Kanon tiens… après Poséidon, ça devrait pas être trop difficile pour lui.

Shun finit de ranger les livres éparpillés par les Bronzes dans leurs recherches infructueuses.

- Saori veut tenir parole et ne pas lui porter atteinte. Et puis, il me semble qu'elle est souvent avec Saga ou Kanon déjà. Athéna pense sûrement que comme Kanon est plus puissant que les Juges, il pourrait l'arrêter en cas de danger.

Hyôga s'adossa à une étagère.

- Ca me paraît louche, et je sais que tous les chevaliers d'Or partagent cet avis. Une divinité infernale qui n'est pas loyale à Hadès, c'est impossible. Shion et Dohko ont même essayé de l'interroger sur sa vie ici il y a deux cents ans, pour avoir des indices, mais ils n'ont rien pu en tirer. Ils ont juste appris que Sasha avait demandé à Albafica des Poissons de ne pas chercher à savoir pourquoi elle était immunisée à son poison. Et qu'il croyait donc qu'elle était une nymphe, ou quelque chose comme ça.

- Une nymphe, aux Enfers ? S'immisça le Dragon.

- Mmmh… Il y en avait à Elysion. Ça pourrait être ça, rappela Pégase.

- Mais je ne crois pas que les Juges obéiraient de la sorte à une simple nymphe, souleva intelligemment Andromède.

Les Bronzes s'attaquaient là à une question qui faisait blanchir les cheveux de toute la Chevalerie -sauf de Saga espérons-le-, la réelle identité d'Elea.

Peu de temps après le départ des Juges, Shion avait demandé à deux chevaliers d'aller fouiller les appartements au village de la servante. Enfin « appartements » n'était pas le terme le plus approprié. Il s'agissait plutôt d'une toute petite maison de plein pied en pierre, à peine plus grande qu'une chambre. Il n'y avait de la place que pour un foyer, un lit d'une personne, une commode et une table. La demoiselle avait très peu de possession. En dehors de ses tenues et des ustensiles de cuisine, ils ne trouvèrent que quelques livres en grec parlant de l'histoire du Sanctuaire et qu'on faisait apprendre aux apprentis, quelques bijoux en acier, une composition florale et une petite sculpture en bois. Si le Palais d'Athéna avait aussi des appartements assez simples, cette divinité avait décidé de l'être beaucoup beaucoup plus.

Puisque sa chambre avait été fouillée, le Pope avait tout de même demandé qu'elle vienne vivre au Palais. Bien entendu, il ne s'agissait que d'une précaution pour avoir la garantie de l'avoir constamment sous les yeux. Il lui était d'ailleurs interdit de déambuler seule dans le Sanctuaire. Autant dire que pour Elea, qui venait de passer plusieurs années en tant que domestique, avoir soudainement des journées entières de temps libre était quelque peu destabilisant.

Comme Andromède l'avait mentionné, la jeune femme était souvent suivie par Kanon. Ou plutôt, c'était elle qui suivait Kanon. Le Phénix avait par ailleurs vu juste, en quelque sorte. Bien qu'il n'en ait pas reçu l'ordre, il tentait tout de même de récolter des informations mais il n'obtint que des réponses se limitant à « oui » ou « non », ou encore un sourire. Il ne réussit qu'à confirmer qu'elle avait connu Hadès, les dieux jumeaux, Pandora, les Juges et… et en fait tous les Spectres.

La tâche était rude mais s'il avait réussi à manipuler Poséidon, obtenir des informations d'une déesse inférieure ne devrait pas être trop difficile ni trop long.


- ALLEZ KANON, MONTRE LUI QUI COMMANDE ICI !

En ce beau jour ensoleillé, quelques Ors avaient décidé d'envahir l'arène pour faire une petite démonstration de compétences aux apprentis. Sur la terre, en armure scintillante, Shura et Kanon se faisaient face et chacun avait ses supporters. Celui qui venait de hurler au Gémeau de se bouger, c'était Milo, qui décidément appréciait de plus en plus l'ex-Marina. Deux colonnes ne parvinrent pas à échapper au tranchant du Capricorne sous les encouragements des novices et chevaliers dans les gradins.

A l'ombre d'une colonne, quelques rangées derrière le Scorpion, Elea assistait à l'entraînement puisqu'on lui avait imposé de toujours rester en vue d'un ou deux chevaliers. Elle s'était sincèrement inquiétée de savoir si ces derniers parviendraient ou non à s'occuper en temps de paix, et c'était une excellente surprise de voir que tout allait bien. Il fallait bien sûr mettre de côté le petit incident avec les Juges et sa propre présence qui les rendait suspicieux, mais au fond, elle était heureuse que tout revienne ainsi à la vie.

- Une fleur ?

Une tâche rouge entra dans le champ de vision de la demoiselle en même temps que la voix d'Aphrodite des Poissons résonnait derrière elle. La tâche rouge était, bien évidemment, une rose. Elle s'en saisit délicatement.

- Merci Chevalier.

- C'est un plaisir !

Il descendit d'un rang pour s'asseoir non loin d'elle, passant une main dans ses cheveux pour leur donner un faux air décoiffé.

- J'ai entendu dire que vous aimiez les roses d'Albafica, alors je me suis permis.

- Vous avez bien fait, une rose fait toujours plaisir.

- Mmh… Je doute qu'Andromède partage cet avis, lança t-il, une moue sur les lèvres.

- Pour ma part j'ai entendu dire que vous signiez vos crimes d'une rose rouge, devrais-je m'inquiéter ? Répliqua la demoiselle, toujours souriante.

Aphrodite sourit à son tour en regardant son interlocutrice effleurer les pétales de sa rose avec ses lèvres.

- En tant que prisonnière, vous devriez toujours être sur vos gardes. Sauf bien sûr si vous dites enfin votre vrai nom.

- Encore ce refrain ? Je vous en prie, essayez d'être plus imaginatifs ou plongez vous dans la mythologie tiens.

- La mythologie ? Les légendes écrites par les ignares vous voulez dire ?

- Ils n'étaient pas tous ignares. Honnêtement je trouve ça un comble que des Chevaliers d'Athéna ne limitent leurs connaissances qu'à ce qui concerne leur déesse, alors que les connexions de cette dernière peuvent donner une longue liste d'ennemis potentiels, ou d'alliés.

Relevée de ses fonctions de servante, Elea s'était également relevée de l'attitude qui allait avec. Ses paroles étaient toujours polies et respectueuses dans la forme, mais le contenu était par moments plus nuancé.

- Certains y pensent, fit irruption une voix.

A quelques pas d'eux se tenait Camus du Verseau, les yeux non pas rivés sur l'arène mais sur un livre.

- Ah, sûr que tu dois avoir des tonnes d'informations dans tes bouquins Camus. Ton temple a donc été restauré avec tous tes ouvrages ? Quelle aubaine… répondit Aphrodite d'un ton indiquant clairement qu'il n'en pensait pas un mot.

- Athéna a ordonné de ne pas lui faire du mal. Les livres sont donc plus sûrs que tes roses empoisonnées. Tu permets ?

D'un geste négligé de la main, le Verseau givra la rose entre les doigts de l'ex-servante qui sursauta sous la soudaine baisse de température. Le Poisson refit une moue.

- Tu n'es pas drôle, je voulais confirmer ce qui se disait… Bon, puisque tu es un tel rabat-joie…

Le chevalier se leva et laissa la jeune femme avec Camus. Celle-ci observait la fine couche de glace sur les pétales de la rose, bloquant ainsi ses émanations toxiques. Emanations qui, comme le disaient effectivement ses dires concernant Albafica, n'avaient aucun effet sur elle puisqu'elle semblait ne même pas l'avoir remarqué. Cette insensibilité à un poison venant de la nature était un autre élément à prendre en compte dans les maigres indices la concernant. Toutefois, une divinité proche de la nature, ou du moins qui l'influencait en partie, qui a vécu aux Enfers ne devait pas être si difficile à identifier… Et puis, il y avait ces paroles « plongez vous dans la mythologie ». C'était ce qui était précisément en tête du Verseau. Le livre qu'il tenait actuellement était d'ailleurs une œuvre classique grecque mentionnant les Olympiens : l'Iliade. Le seul problème était sa langue d'écriture : en grec ancien. Il faudrait donc un peu de temps avant de parvenir à savoir si cet ouvrage était bel et bien utile.

Le Verseau tourna la tête vers la jeune femme qui souriait toujours.

- Il y a quelque chose de risible ?

- Non, du tout. Je me disais simplement que par un étrange coup du destin, vous ressemblez tous beaucoup à vos prédécesseurs des dernières Guerres Saintes.

- Ah oui ? Répondit le chevalier, replongeant dans son livre.

- Oui, à la différence que Degel, le chevalier du Verseau d'il y a 200 ans, avait des cheveux plus longs et devait porter des lunettes pour lire.

- Je vois. Vous vous amusez donc à noter les ressemblances entre les chevaliers des différentes époques ?

Son sourire diminua pour arborer un air triste et son regard se baissa.

- … Non. Au contraire ça m'attriste de faire un tel constat.

Conservant la rose gelée, Elea se leva puis descendit les gradins en annonçant retourner au Palais sous le regard interrogatif de Camus.


- Bon retour parmi nous Aldébaran ! Comment s'est passée ta mission ?

Le Chevalier du Taureau mit un genou à terre pour saluer sa déesse.

- Il n'y a rien à signaler Altesse. Les tremblements de terre signalés étaient naturels, je n'ai ressenti aucun cosmos sur place. J'ai tout de même poussé mes recherches en interrogeant les habitants locaux mais aucun événement étrange n'a eu lieu ces derniers mois. Les derniers en date sont ceux causés lors de la dernière Guerre Sainte, avant que vous ne vainquiez Hadès.

- Très bien Chevalier, excellent travail. Tu peux enfin aller te reposer.

Le Taureau courba l'échine une dernière fois puis quitta la salle d'audience. Lorsque les lourdes portent se refermèrent derrière lui, Shion laissa échapper un soupir sous son casque de Pope.

- Allons Shion, tu ne vas pas me dire que tu ne te réjouis pas non plus de cette nouvelle.

- Si Athéna, bien sûr. Seulement…

- Je ne veux plus entendre tes doutes ! Tout le monde la surveille et nous allons bien finir par savoir qui elle est. Ne peux-tu pas faire confiance à Sasha qui l'avait autorisée à rester avec elle ? Si elle était une réelle menace, cela ne se serait pas passé comme ça.

- J'en conviens mais je…

- Qu'est-ce que je viens de dire ? … … Ne te méprends pas. Je tiens moi aussi à m'assurer que les Spectres ne surgissent pas à nouveau. Cependant je refuse de mettre mes Chevaliers en alerte constante pour rien ! Après tout ce qu'ils ont vécu, ce que vous avez vécu, cette paix est plus que méritée.

Le Pope retint un autre soupir. Il était tiraillé entre son propre désir de repos et de paix et sa méfiance constante après la visite des Juges.

- D'ailleurs Shion, j'ai eu une idée.

- Euh… oui Altesse ?

Allait-elle lui reparler du banquet qu'elle tenait à organiser pour les Chevaliers ?

- Puisque les Dieux ont fait reconstruire le Sanctuaire comme à son apogée, il est temps de le faire entrer dans l'ère moderne. Que les appartements soient mieux équipés et plus confortables, pareil pour les Temples. Et que tous soient autorisés à quitter le Sanctuaire au moins une fois par semaine. Qu'ils partent à la découverte du monde extérieur et oublie un peu la rigueur des entraînements.

- Mais…

- Je ne te demande pas de tout mettre en place dans l'heure, mais mets toi à la tâche je te prie.

Sous la cordiale invitation, il y avait bien entendu un ordre qui ne changerait pas. L'ex-Chevalier du Bélier était certes favorable à la détente en ce moment, tant que ça ne perturbait pas la sécurité de la Déesse. Mais voilà, autoriser autant d'allers et venues serait un véritable calvaire.


Loin de se préoccuper de ce que pouvait faire Athéna, l'ex-servante avait changé d'avis et s'était dirigée vers le village, où elle habitait il y a peu encore. Les appartements du Palais étaient bien aménagés bien qu'encore un peu austères, mais il n'y avait pas la convivialité de Rodorio. Ancrés dans leur allégeance envers la déesse de la sagesse, ses habitants n'avaient pas perdus espoir, même en temps de guerre et l'entraide dont ils faisaient preuve était un exemple que d'autres villes devraient suivre.

Elea s'y rendit donc une petite heure et en profita pour converser avec ses anciennes connaissances. Du moins celles qui n'avaient pas refusé de lui parler. La nouvelle de son affiliation avec des Spectres leur était parvenue et il y avait donc ceux la croyant trop ingénue pour s'allier à pareilles créatures et les autres qui ne pouvaient pas remettre en cause la parole des Chevaliers les ayant informés. En revanche, personne n'était au courant de la divinité de la demoiselle. Ce fait, Athéna avait ordonné qu'il soit confiné à la chevalerie d'Or et aux chevaliers divins.

Un peu attristée d'avoir perdu l'amitié de certains villageois auxquels elle tenait, la jeune femme reprit la direction du Palais les épaules baissées. Le chemin était quasiment désert et elle se surprit même à chantonner.

- Wolves asleep amidst the trees. Bats all swaying in the breeze. But one soul lies anxious wide awake… Fearing all manners of ghouls, hags and wraiths…

Quand l'avait-elle apprise ? Aucun souvenir… un comble pour elle mais même les dieux n'étaient pas infaillibles. Seiya et ses compagnons l'avaient prouvé à multiples reprises.

- Toi, arrête toi.

Elea releva les yeux et tomba sur deux chevaliers de bronze dont elle ne reconnut pas les armures.

- C'est toi la servante qui a arrêté les Juges, non ?

La voix était dure, grave, furieuse.

- Ou… oui

Elle aurait aimé mentir mais il était peu probable qu'ils la croient. Une ancienne servante soudainement surveillée par des chevaliers d'or, ça se remarque.

- Tu feras passer notre message à tes amis sous terre.

Les deux chevaliers chargèrent soudainement leur cosmos et envoyèrent à l'unisson leur attaque sur la jeune femme.