Non je n'ai pas oublié cette fic! Désolée du retard et bonne lecture ~


Au terme d'âpres discussions, Shun parvint à obtenir une guitare offerte par son frère. Seiya n'avait rien acheté, préférant faire plaisir à sa sœur. Shiryu fit de même avec Shunrei mais Hyôga prit de nouveaux vêtements plus pratiques et plus classes que la simple tenue d'entraînement. Ils furent étonnés du nombre d'apprentis et de chevaliers se permettant de venir ici. Cela dit, ils étaient loin de vouloir le leur reprocher. Ils méritaient tous de se reposer et il était surtout important de ne pas paraître inquiet pour révéler la présente d'ennemis au Sanctuaire. Athéna parvenait heureusement à dissimuler le cosmos d'Hypnos grâce au sien. Quant à Perséphone, elle était quasi constamment suivie d'un chevalier, même si Hypnos la suivait aussi presque partout.

- Je comprends pas pourquoi tu tenais tant à avoir ça. Qu'est ce que tu vas en faire ici ? Râlait le Phénix qui avait certes cédé au caprice de son frère mais n'était pas convaincu de l'utilité de cet achat pour autant.

- J'ai toujours voulu faire de la musique, pour la détente. Certains vontsur des îles arides, moi c'est ça.

Ikki grogna mais n'ajouta rien.

Le petit groupe reprit ensuite la route du Sanctuaire. Sur le chemin, au niveau du cimetière des chevaliers, le chant d'une flûte leur parvint, mais seule Seika y fit attention. Elle chercha donc du regard d'où venait la mélodie et aperçut au loin trois silhouettes. L'une d'elle, se tenant devant une tombe, semblait assise dans l'herbe. Les deux autres, l'un avec une chevelure bleue et l'autre une chevelure blonde, étaient debout derrière. C'est le blond qui semblait jouer de l'instrument.


Plus haut, bien plus haut dans le palais d'Athéna, le Pope, en compagnie de la Vierge et du Bélier, interrogeait les domestiques. Il était en effet inconcevable à Shion qu'une divinité se soit infiltrée parmi eux sans qu'ils s'en aperçoivent et surtout sans qu'elle n'ait rien fait pour leur nuire, ou au moins avoir des informations. Il profitait que Perséphone et Hypnos n'étaient pas dans le palais pour mener ses enquêtes.

Cela faisait déjà deux bonnes heures et seulement la septième domestique venait de passer.

- Tu as remarqué quelque chose Shaka ? Demanda Shion.

- Non, pas plus que chez les autres. Elles semblent toutes dire la vérité.

Le Pope soupira.

- Elle peut simplement être innocente, intervint Mü. Si seulement la moitié des quelques légendes à son propos sont vraies, ça ne serait pas étonnant qu'elle refuse d'être aux Enfers.

- Je vois ce que tu veux dire Mü, mais il n'est pas indiqué dans les légendes qu'elle possède la kunée qui peut la faire devenir invisible. En revanche, il est dit qu'elle ne s'oppose pas à Hadès et suit ce qu'il fait.

- Entre suivre le jugement des âmes et le suivre à la guerre, il y a une différence, maintint le Bélier. Toutes les divinités ne souhaitent pas forcément la guerre.

- Malheureusement pour elle, son entourage le souhaite. Même si ses convictions personnelles prônent la paix, elle peut être utilisée malgré elle. Nul doute que les jumeaux en sont parfaitement capables, pontifia la Vierge. Sans compter que nous ignorons ce qui s'est dit entre eux et Athéna.

- Faites entrer la suivante, esquiva l'ex-Bélier qui avait parfaitement compris la requête sous entendue de Shaka.

Mais les interrogatoires suivants ne donnèrent pas plus d'informations. Les domestiques donnaient tous la même version à propos de Perséphone. Le fait qu'elle se faisait appeler « Coré », qu'elle était relativement discrète mais s'entendait toujours bien avec tout le monde et qu'elle avait même aidé à l'évacuation du village lorsque le Sanctuaire avait été attaqué. En revanche, ils l'avaient trouvé beaucoup plus réservée à la fin des combats lors de la reprise du Sanctuaire par Athéna. Les domestiques avaient été chargés de remettre les temples en ordre autant qu'ils le pouvaient, mais aussi d'enterrer les chevaliers, ce qui semblait l'avoir beaucoup affectée. Son humeur s'était encore détériorée lors des affrontements contre les spectres.

Ce rappel de ce qu'ils avaient vécu fut douloureux mais ils ne firent aucun commentaire face aux servantes. Shion était visiblement perplexe mais ces deux comparses l'étaient moins, ou du moins le cachaient mieux. Il tentait de deviner les desseins de cette déesse. Même s'il admettait qu'avant elle n'avait voulu aucun mal à Athéna et au Sanctuaire, maintenant qu'elle avait admit revenir à sa place de souveraine infernale, cela faisait d'elle une ennemie, forcément. Comme l'avait soulevé Shaka, elle pouvait sans aucun doute désirer sincèrement la paix, ce qui ne contredirait pas les légendes à son propos, mais il était très peu probable qu'Hypnos et Thanatos la suivent.

Le Pope, toujours accompagné des deux autres Ors, retourna donc auprès de sa déesse et lui fit son rapport. Athéna ne fut pas plus surprise que ça qu'ils n'aient rien découvert.

- Je doute que Sasha l'ait laissée au Sanctuaire si elle avait eu ne serait-ce qu'un soupçon d'hostilité à son égard. Tu l'as connue, tu dois le reconnaître non ?

- En effet...

Sasha, orpheline liée depuis l'enfance à Alone, un jeune garçon qu'elle avait considéré comme son frère et qui était devenu le vaisseau d'Hadès avec l'influence des jumeaux et de Pandora... Shion supposait qu'elle avait accepté Perséphone en espérant qu'elle l'aiderait à libérer l'âme d'Alone... pourtant il n'avait aucun souvenir d'une aide extérieure ou d'une information qui avait semblé « venir de nulle part » à l'époque. La déesse n'avait donc pas dû se montrer utile.

Athéna reprit, laissant libre cours à ses pensées à voix haute.

- Il y aurait tellement à apprendre d'elle... elle semble avoir conservé tous ses souvenirs, c'est étrange... Je n'en ai aucun des mes vies précédentes moi...

- J'ai une hypothèse à ce sujet Altesse, intervint la Vierge.

- Je t'écoute

- Même à nos yeux, si nous vous avions rencontré en ignorant que vous étiez Athéna, sans votre cosmos, nous ne vous reconnaîtrions pas. Pourtant, à leur arrivée que ça soit pour les Juges ou Thanatos et Hypnos, ils l'ont reconnue immédiatement alors que son collier dissimulait son cosmos. Je pense qu'en fait, contrairement à vous, elle ne s'est jamais réincarnée, et que sa forme actuelle est son corps divin originel. Sans changement de vaisseau, elle a donc toujours conservé le même esprit et la même personnalité.

Une théorie qui tenait la route. Saori médita rapidement là dessus.

- Aurait-elle vraiment pu tenir autant de siècles avec ce même corps ?

- Le choix des vaisseaux semble une décision à part entière venant des dieux. Vous, dans votre forme originelle, avez dû décider qu'il était plus sage d'utiliser un autre corps que le vôtre, au cas où vous seriez vaincue.

- On dit aussi qu'Hadès conservait son corps à Elysion car il en était fier et ne voulait pas qu'il soit abîmé par une blessure reçue au combat, enchérit le Bélier. Si Perséphone n'a aucune de ces considérations, elle a pu tout simplement garder son apparence.

- En effet, c'est possible, commenta la déesse. Où est-elle en ce moment ?

- Dans le domaine, accompagnée d'Hypnos bien sûr et de Kanon.

- Très bien. Maintenant, dites moi si vous avez des nouvelles d'Aphrodite et Deathmask.


Les chevaliers des Poissons et du Cancer avaient été envoyés la veille en Sicile, afin d'enquêter sur une recrudescence des tremblements de terre de la zone. Seulement, cette mission de reconnaissance leur paraissait insignifiante pour des chevaliers d'Or.

- Pourquoi nous coller ça à nous ? Se plaignit à nouveau Deathmask. Elle pouvait pas refiler ça à une bête à cornes ? Ils auraient été plus qu'heureux de le faire... C'est indigne de nous ça.

- Oui, surtout qu'Aldébaran l'a déjà fait, approuva le Poisson.

- Quelqu'un a dû cafter ce que t'as dit à propos de l'artéfact de l'autre infernale là, alors Athéna a décidé de nous envoyer loin, au cas où.

- Non je pense pas. Je pense que c'est surtout lié à son entretien privé avec les jumeaux, le Pope et Kanon. Faudrait voir pour lui faire cracher le morceau pour savoir ce qui se passe, ça doit être possible.

- Mouais... ça sera pas facile, le mec a quand même réussi à manipuler Poséidon.

- Est-ce vraiment un si grand exploit ? Le vieux était bloqué depuis des années dans une jarre, il connaissait rien de ce qui se passait au dehors. Ca ne devait pas être si difficile.

- … mouais...

Habillés simplement pour se fondre dans la population locale, les deux hommes ne rencontrèrent aucun signe d'une quelconque trace infernale de la journée. Ils finirent par arriver aux alentours d'un lac où le Taureau avait signalé des ruines. Les deux chevaliers s'ennuyaient clairement, au point qu'ils finirent par se joindre à un groupe de touristes qui visitaient les ruines. Enfin... si on pouvait appeler ça des ruines pour le peu qu'il y avait... Ils retinrent rapidement qu'un temple se tenait là mais autrement, il n'y avait vraiment rien d'intéressant. Au final ils se détachèrent du groupe qui était parti sur les rares espèces d'oiseaux qui venaient migrer ici.

- Une forêt... faut qu'on y aille ? Demanda le Cancer tout sauf motivé.

- Allons-y, autrement le Pope serait capable de nous y renvoyer s'il juge qu'on a bâclé le travail.

Un peu moins aux aguets que ce qu'il aurait fallu, le duo marcha encore une petite heure sans rien ressentir. Cependant, ils finirent par ressentir une aura inquiétante au milieu des bois, à proximité d'autres ruines ensevelies par la végétation.

Revêtant leurs armures d'or, ils s'avancèrent en direction de l'aura, prêtant attention à la moindre émanation hostile de cosmos.

- Tu penses à la même chose ? Demanda le Poisson.

- Ouai... ça vient des Enfers ou je m'appelle plus Deathmask.

Des chevaliers d'or, Deathmask était sans aucun doute le plus habitué aux Enfers, sans même avoir besoin d'y aller. Il pouvait donc affirmer que ce qu'ils ressentaient actuellement venait indubitablement de là-bas.

- Retiens ta respiration.

Aphrodite retira la rose de sa bouche et s'apprêta à répandre ses fleurs sur tous les alentours afin de forcer leur ennemi à apparaître. Seulement, à peine eut-il commencé qu'une voix résonna au dessus d'eux.

- Blood Flower Scissors !

Une immense énergie s'abattit sur eux mais les Ors parvinrent à l'éviter sans trop de problème. Deathmask leva les yeux et vit alors, sur une large branche, un spectre les toisant d'un air mauvais.

- Vous vous êtes perdus mes mignons ? Lança t-il. Deux chevaliers d'or, c'est mon jour de chance.

Il plongea ensuite sans attendre sur le Cancer qui le bloqua aisément. Un rictus mauvais apparût sur son visage.

- C'est plutôt moi le chanceux, enfin un peu de divertissement.

Il repoussa violemment le spectre qui se rétablit quelques mètres plus loin. L'ennemi allait réattaquer lorsqu'il s'aperçut que flottait autour de lui une brume parfumée à la rose qui montait lentement. Ce n'est qu'à ce moment là qu'il s'aperçut avoir perdu de vue le deuxième chevalier d'or. Une erreur fatale réalisée trop tard. Aphrodite apparut dans le dos du spectre et lança son attaque des roses noires.

- T'es fini !

Deathmask allait profiter de la situation pour le prendre en tenaille et lui asséner un coup fatal, mais leur adversaire, réalisant que deux chevaliers d'or étaient trop pour lui, projeta son cosmos sous forme de lames pour trancher les roses noires et pouvoir se téléporter ailleurs. Une tentative que les Ors remarquèrent sans problème. Ils se rapprochèrent de leur proie à la vitesse de la lumière au moment où celui-ci allait disparaître, influençant alors le choix de sa destination.


Au Sanctuaire, Perséphone était présente dans la salle du trône où travaillaient Shion et Saga des Gémeaux -prié par son supérieur d'expliquer sa gestion de ses 13 ans d'usurpation-. Assise en retrait, elle disputait une partie d'échecs avec Hypnos. Le duo était très silencieux car concentrés sur leur partie, et non car ils tenaient à écouter ce que disait le Pope, contrairement à ce que ce dernier pensait. A quoi pourraient leur servir des informations datant d'il y a 13 ans de toute manière ?

- Echec et mat, s'éleva la voix du Dieu du Sommeil.

Saga jeta un œil vers leur table pour voir Perséphone soupirer, sourire au coin.

- Décidément... J'ai bien peur d'avoir oublié toutes tes leçons de l'époque...

- Mmh pas toutes, à l'époque je me souviens que tu savais à peine y jouer. Maintenant tu pourrais presque rivaliser avec Thanatos.

- Merci du compliment mais je ne te crois pas. J'y ai très peu joué ces dernières décennies, impossible que j'arrive à effleurer votre niveau.

- Peut-être un jour. Une autre partie ?

- Juste après, je vais d'abord prendre quelque chose aux cuisines.

Elle proposa à Hypnos de lui amener quelque chose mais il refusa. Bien qu'il ait adopté un vaisseau humain pour rester au Sanctuaire, il n'éprouvait pas l'envie ni le besoin de se nourrir, son cosmos divin permettant amplement à son corps de trouver l'énergie nécessaire pour vivre. Le dieu ne suivit donc pas sa prétendue supérieure, aussi de simples gardes la suivirent jusqu'aux cuisines.

A la vue des fourneaux et des quelques domestiques qui y étaient, Perséphone fut prise d'un moment de nostalgie. Dire qu'il y a une semaine encore, aucun d'entre eux n'aurait même pensé qu'elle aurait pu être liée aux Enfers. Aujourd'hui, tous la croyaient être une espionne, ce qui justifia tous les regards assassins qu'on lui jeta lorsqu'on remarqua sa présence. Elle déglutit. Peut-être que faire appeler une domestique aurait été moins gênant. Car là, en cet instant, il n'y avait pas d'autres choix que leur faire face, et faire face à ce qu'ils croyaient être la vérité.

- Qu'est-ce que tu veux ?

Une aide cuisinière du nom de Heli l'interpella sèchement. Les deux femmes se connaissaient bien, pour avoir travaillé ensemble ces trois dernières années, lorsqu'Heli était arrivée au Sanctuaire, mais aussi pour avoir dû déblayer les temples ravagés lors des dernières guerres. La déesse savait en plus que le frère de son (ex-)amie était un des chevaliers d'Athéna et avait péri à cause d'un spectre. Même s'ils étaient tous revenus aujourd'hui, nul doute que savoir leurs ennemis de retour ne la rendait pas tendre, encore moins envers une de leurs alliés.

- Juste de quoi grignotter, je vais me servir moi-même.

Mais l'aide cuisinière lui bloqua la route.

- Tu ne feras rien ici, y a rien à manger à cette heure là de toute manière, on range tout.

- Trouvez lui quand même quelque chose, et à moi aussi tiens, intervint une voix grave.

Les deux femmes se tournèrent alors vers Kanon, qui arrivait verre à la main. Voyant qu'il s'agissait d'un chevalier, Heli n'avait pas d'autres choix que d'obéir. Après un dernier regard mauvais à Perséphone, elle partit donc aller chercher quelque chose, laissant les deux autres seuls à l'entrée des cuisines.

- Faut-il toujours que vous apparaissiez quand j'ai besoin de soutien ? Demanda presque naïvement la déesse.

- Il faut croire. Si je peux être utile après tout... J'ai pas grand chose à faire.

- Vraiment ? Je suis sûre qu'il y a pas mal à faire au Sanctuaire pourtant.

- Mouai... comme quoi ? Entraîner les apprentis ? Non merci, jsuis pas là pour enseigner.

- Ca serait une bonne occupation je pense, juger un peu les nouvelles recrues, transmettre ce que vous avez appris.

- Pfeuh, j'aurais jamais la patience de regarder tous ces jeunes faiblards et les encourager à être plus forts. Mon saint frère est mieux placé pour ça.

Heli revint à ce moment là avec un plateau sur lequel se trouvaient sandwichs, tranches de pain et fromage. Elle ne répondit pas aux remerciements de son ancienne amie et préféra déguerpir à nouveau. Kanon prit un sandwich qu'il dégusta sans attendre.

- Et vous ? Dit-il entre deux mastications. Des projets avec votre garde du corps ?

- Rien de plus que ce dont on a parlé avec Athéna.

- Mais encore ?

Perséphone se saisit d'un morceau de fromage mais n'eut ni le temps de le commencer, ni de répondre à l'ex-Marina. Les deux venaient de ressentir un grand danger à la périphérie du Sanctuaire. Trois cosmos distincts venaient en effet d'apparaître : deux dorés, et un obscur ne pouvant appartenir qu'à un spectre. Kanon braqua son regard sur la déesse.

- Vous l'avez fait venir ici ?

- Absolument pas !

Le gémeau n'attendit pas d'autres explications/excuses et se saisit du bras de la jeune femme pour la faire retourner à la salle du trône. Shion et Saga, qui avaient eux aussi ressentis cette arrivée soudaine, y étaient encore. Le Pope s'était tourné d'ailleurs vers Hypnos.

- Pourquoi un spectre se trouve ici ?

- Je l'ignore, répondit calmement le dieu qui se tourna ensuite vers Perséphone, enfin lâchée par Kanon.

- Je ne sais pas non plus, mes ordres étaient formels.

Le Pope lui s'inquiétait pour autre chose .

- Saga, où est Athéna ?

- Dans ses appartements avec Pégase et Andromède.

- Bien, qu'elle y reste. Seuls Aphrodite et Deathmask étaient en mission, va les rejoindre avec Kanon, Camus, Milo et Aldébaran vous y rejoindront.

- Shion, laissez moi aller là-bas, je vais tirer ça au clair ! Intervint Perséphone.

- Hors de question de vous mettre en contact avec les spectres.

- Si j'avais voulu partir d'ici, aucun d'entre vous n'aurait pu m'en empêcher, encore moins avec Hypnos pour m'épauler. Je n'ai PAS ordonné d'attaque, laissez moi tirer cette affaire au clair. Si vos chevaliers achèvent un spectre, ça sera à nouveau la guerre, soyez-en sûr.

Elle ne voulait pas la guerre, c'était un fait. Mais si une telle chose arrivait, alors il lui serait impossible de retenir Thanatos d'attaquer à nouveau le sanctuaire, et nul doute que son frère le suivrait. L'ex-bélier dût arriver à la même conclusion puisqu'il finit par accepter.

Saga était déjà parti soutenir ses confrères mais Kanon était resté. Il ouvrit ondc une faille spatio-temporelle qui amena les deux divinités infernales sur le lieu de l'apparition des cosmos.

Ils tombèrent alors sur Aphrodite, Deathmask ainsi que les autres Ors entourant le spectre. Ce dernier était visiblement en très mauvaise posture mais il ne semblait pas baisser les bras pour autant. Hors de question de se rendre à l'ennemi !
Ses attaques cessèrent cependant alors qu'il fixait Hypnos qu'il venait de remarquer. Que pouvait faire son seigneur ici ?

- Inutile d'essayer de t'enfuir, la barrière d'Athéna affaiblit tes pouvoirs, s'éleva la voix de Saga. Quoique tu sois venu faire ici, tu échoueras.

Saga se tourna vers Perséphone et son garde du corps. Lequel des deux allait intervenir ? Pour Hypnos, la réponse était claire. Puisque la déesse avait décidé de reprendre son rôle, c'était à elle de gérer cette situation. Cette dernière avait d'ailleurs anticipé que le dieu du Sommeil penserait de cette manière. Elle s'approcha donc de quelques pas vers le spectre, franchissant le cercle de chevaliers. Son visage était fermé et son regard foudroyait l'homme en face d'elle.

- Cette armure... Queen de la Mandragore c'est ça ?

- Et toi ?

Le spectre lançait des regards vers Hypnos qui, encadré de Saga et Camus, demeurait impassible et silencieux.

- Ne regarde pas Hypnos, il ne dirige pas ici, moi si.

Queen observa la femme face à lui. Son visage ne lui disait rien. Il avait pensé à Pandora au premier abord mais le dieu ne serait jamais resté en retrait, enfin si c'était bel et bien lui.

- Si j'ai bonne mémoire, tu es sous les ordres directs de Rhadamante, je me trompe ? J'avais ordonné très clairement qu'aucun spectre ne devait attaquer les chevaliers d'Athéna, pourquoi cette action ?

- Je n'obéis qu'à Hadès, qu'importe tes ordres.

Ca prenait une mauvaise tournure. Il est vrai que peu de spectres l'avaient vue en chair et en os, ce n'était donc pas étonnant qu'ils ne connaissent pas son apparence ou ne s'en souviennent pas. Seulement, malgré son ouverture d'esprit vis à vis des mortels, elle conservait un dur noyau d'ego divin. Afin de raviver les souvenirs, la déesse se saisit de son collier et fit glisser un ongle sur le pendentif sombre.

Immédiatement, Queen tomba à genoux, un râle rauque s'échappant de sa gorge. Toute son armure, en plus de bloquer ses mouvements, était désormais en train de le comprimer.

- Mes excuses, je m'appelle Perséphone, l'épouse d'Hadès et toi, Queen de la Mandragore, tu m'appartiens.

- N...non... jamais, parvint-il à articuler.

- C'est ce que nous verrons... Qui t'a donné l'ordre d'attaquer ?

Bien qu'il ait mentionné « Hadès » auparavant, la déesse se doutait qu'il désignait les Enfers de manière générale, soit les trois Juges et les jumeaux. Elle espérait de tout cœur qu'il n'insinuait pas qu'Hadès était de retour. Seulement, le spectre ne parlait toujours pas. Perséphone sentait les regards sur elle, notamment celui d'Hypnos. Elle devait absolument donner une preuve de son pouvoir pour contraindre le dieu à rester à sa place. Etant donné qu'ils avaient une vision radicalement différente de la marche à suivre concernant Athéna, si la reine se montrait faible, alors le faible espoir d'exercer une quelconque autorité sur les jumeaux s'envolerait définitivement.

Son ongle quitta le pendentif, relâchant alors Queen de son emprise. Celui-ci reprit son souffle et tenta de se relever, son regard assassin désormais rivé sur la femme en face de lui.

- Je ne supporte pas l'insubordination. Si tu ne me donnes pas de nom, alors tu en subiras les conséquences.

Elle décrocha son collier, et le confia à Kanon avant de conseiller aux chevaliers de se reculer. Son cosmos désormais non dissimulé, le spectre se mit à douter de ses propres pensées, mais il ne pouvait se résoudre à accepter une chose aussi absurde.

- Hadès n'a pas d'épouse. Seuls Hypnos, Thanatos et Pandora peuvent diriger en son absence. Cette faible illusion m'aura pas, cracha Queen en désignant le dieu.

Perséphone ne répondit pas. Chacun des chevaliers autour d'eux était prêt à relâcher leurs plus puissantes attaques pour protéger leur déesse si la Mandragore avait un seul geste hostile. Mais l'attaque ne vint pas du spectre.

Au lieu de gaspiller son énergie à parler, la déesse s'accroupit pour prendre une poignée de terre. La main tenant la terre s'ouvrit, paume vers le ciel, comme une offrande. Le cosmos de la déesse s'amplifia alors, imprégnant la terre de cette énergie divine. Puis, un mot résonna.

- ἐπομβρία (e/pombri/a)

La main se referma brusquement sur la terre provoquant un éclair de lumière qui s'abattit sur le sol. Celui-ci se mit à trembler et se transforma à une vitesse hallucinante. L'herbe, des fleurs, des buissons, racines, avec épines, sans épines se mirent à sortir de terre, à grandir et se multiplièrent pour ensuite se diriger vers une unique cible : Queen de la Mandragore.

Le spectre tenta de répliquer mais trop tard. La Nature s'était déjà emparée de tous ses membres, s'enroulant autour, le transperçant, parvenant même à s'insinuer sous son armure. En à peine quelques secondes, une sorte de chrysalide naturelle s'était formée autour du spectre, le laissant apparaître mais le maintenant fermement prisonnier. Les chevaliers purent alors voir des fleurs éclore pour laisser s'échapper un doux parfum qui forma une sorte de brume bleuâtre autour de l'amas végétal.

Lorsque la structure s'immobilisa enfin, la déesse s'approcha du cocon naturel et y grimpa afin d'être au niveau du prisonnier.

- Délicieux parfum n'est-ce pas ? Il agit sur l'esprit de ses victimes. Tu vas vite te rendre compte que désormais tu es incapable de t'opposer à moi. Alors tu vas pouvoir répondre à toutes mes questions... La première, pourquoi avoir attaqué les chevaliers ?

- Gnn... e... je... j'en avais... l'occasion...

- Quelqu'un te l'a autorisé ?

- o...oui...

- Qui ?

- … mmh... non...

Il résistait, ce qui était tout à son honneur vis à vis de sa loyauté. Malheureusement il n'était jamais conseillé de s'opposer à un dieu. On entendit alors le bois craquer alors qu'il se resserrait autour du spectre et s'enfonçait un peu plus dans ses chairs. Celui-ci lâcha un cri de douleur puis un long râle tandis qu'on commençait à voir le sang couler le long des plantes. Malgré la protection de son armure, chaque os de ses membres venait de casser. Les chevaliers alentours purent en plus ressentir le cosmos de leur ennemi diminuer peu à peu, alors que la brume parfumée s'étendait toujours.

- Qui l'a autorisé ?

- Elle... Pa... Pandora...

Le visage de Perséphone se crispa.

- Cette chienne est aussi revenue ? Depuis quand ?

- … Je ne... sais pas...

- Thanatos l'a t-il autorisé ?

- Je ne sais...pas.

- Et Hadès, est-il de retour ?

Il fallait qu'elle pose la question, et nul doute que les chevaliers tout autour souhaitaient avoir une réponse également.

- ...n...

Il résistait à nouveau. Les plantes se glissèrent alors autour de la cage thoracique du spectre et se mirent à nouveau à serrer encore, et encore, et encore. On entendit l'armure commencer à se briser. Le cosmos du spectre lui était au plus bas.

- Réponds moi !

- No... non, aucune... trace.

Le bois craqua à nouveau et la pression autour du prisonnier se relâcha un peu afin qu'il puisse un peu mieux respirer. Perséphone descendit du cocon et revint vers Hypnos, furieuse.

- Tu savais pour Pandora ?

- Non.

- Vraiment Hypnos ? Je doute que beaucoup de choses t'échappent à toi ou ton frère, et tu cherches à me faire croire que tu ignorais que votre petite marionnette était de retour ?

- Les Juges nous ont invoqués lorsqu'ils t'ont rencontré ici mais Pandora n'a jamais fait parti de tout ça. Elle a trahi Hadès en permettant aux Bronzes d'entrer à Elysion, elle ne nous était donc d'aucun intérêt.

Hypnos demeurait d'une impassibilité à toute épreuve. La déesse soutint son regard de longues secondes avant de se tourner vers Kanon pour reprendre son collier. Elle revint ensuite vers le spectre prisonnier, ordonnant aux plantes de le relâcher un peu plus pour l'amener à son niveau.

- Tu vas retourner aux Enfers et transmettre mon message à tous ceux que tu croiseras : Aucune attaque envers les chevaliers d'Athéna ne sera tolérée. La peine de mort attend tous ceux qui oseront me défier suivie d'une longue agonie au Tartare. Dis-leur, rappelle-leur que vous appartenez tous à Hadès, et donc à moi avant tous les autres. Quant à toi, ne t'avise plus jamais de recroiser mon chemin ou tu connaîtras bien pire que des os brisés et une baisse de cosmos.

Sans attendre, elle reproduisit ensuite l'onde de cosmos qui avait fait disparaître les armures des jumeaux. Un portail s'ouvrit et se referma aussitôt, juste le temps que le spectre et sa prison végétale la traverse, ne laissant que quelques volutes de brume bleuâtre qui se dissipèrent rapidement.

Perséphone se retrouvait donc seule, entourée des chevaliers d'or, le poing crispé autour de son collier.

- Hypnos, finit-elle par lancer d'une voix forte. Il est impossible d'imaginer que ton frère ait pu tolérer et laissé passer un affront de la part de Pandora. Pourtant il la laisse rester aux Enfers, et maintenant cette attaque.

- Pandora a déjà agi dans notre dos, elle recevra une punition appropriée.

- Oui j'y compte bien. Contacte Thanatos, dis lui de la trouver et de me l'amener avec Minos et Lune. Et gardez-bien à l'esprit tous les deux, qu'au prochain affront que vous soyez responsables ou non, je m'assurerai que vous retourniez dans votre boîte sans aucun espoir d'en être libéré.