Partie 2 : Oiseau aux ailes brisées ne peut plus voler.

ND'A : Smut dans ce chapitre ou dans le suivant, je ne sais pas encore. Par contre il va bien y avoir des situations gênantes et malsaines (on peut dire merci à Peter Pan pour ça…)

Édit : Bon, ce sera pour le chapitre suivant en fait. Et c'était éprouvant à écrire et à relire, donc non, à nouveau, ce n'est pas du tout joyeux.

Et je vous préviens tout de suite, la partie 3 n'est toujours pas finie, c'est probablement

le OS le plus difficile que j'ai jamais eu à écrire.

Wendy se rendit compte très rapidement d'une chose simple.

Elle détestait le silence.

Ce dernier l'avait accompagnée durant ces trois dernières semaines, et elle savait pertinemment que si ça recommençait, elle allait bientôt devenir complètement folle.

« Pourquoi est-ce que tu fais tout ça Peter ? Demanda-t-elle d'une voix lasse. Enlever tout ces enfants, me séquestrer, retenir Baelfire… Pourquoi ? »

A vrai dire, elle ne savait pas elle-même si elle s'attendait vraiment ou non à une réponse.

Tout ce qu'elle savait, c'est que son corps n'était que fatigue, qu'elle était forcée de serrer de toutes ses forces la main de Peter pour ne pas tomber par terre, que ses yeux étaient en train de se fermer de plus en plus, et que, même si c'était absurde, le trajet jusqu'à l'arbre des enfants perdus lui semblait être interminable.

Sentant ses jambes faiblir, elle manqua alors de trébucher à deux ou trois reprises.

Il se retourna vers elle et constatant à quel point elle était à la traîne, il haussa les épaules, et sortit quelque chose de sa poche.

Ça semblait d'ailleurs particulièrement l'amuser de la voir dans cet état.

Espèce de connard sadique.

Si elle se décidait à faire l'état des lieux, ce n'était pas vraiment brillant.

Elle ne sentait ni ses pieds, ni ses jambes (enfin, à peine), elle ne se rappelait plus de la dernière fois où elle avait mangé ou bu, ou même dormi, et elle sentait avec inquiétude que la fatigue physique était ce qui risquait le plus de la faire sombrer.

Elle ne prit même pas en compte le fait qu'il ne lui avait toujours pas répondu, et il ne semblait pas décidé à le faire.

L'objet en question était une petite fiole transparente remplie d'une poussière verte que Wendy identifia immédiatement comme étant de la poussière de fée.

En voyant une lueur d'espoir s'allumer dans les yeux de sa prisonnière, il eut un sourire narquois.

« Ne pense pas t'en servir pour t'échapper d'ici, très chère Wendy… La quantité qui s'y trouve ne serait en aucun cas suffisante, et de toute façon, tu ne voudrais pas abandonner ton cher Baelfire ici, pas vrai ?

En voyant sa lèvre supérieure trembler, signe qu'elle était bientôt sur le point de pleurer à cause de la culpabilité, il sourit une nouvelle fois.

- Ce n'est, continua-t-il, qu'une solution temporaire pour nous permettre d'atteindre l'arbre avant que tu ne t'écroules de fatigue.

- A qui la faute ? Lui demanda-t-elle, sa hargne revenant en elle aussi forte qu'auparavant.

- Oh, la mienne, bien sûr, s'exclama-t-il sans une once de remords, et presque avec satisfaction. Et aussi la tienne, puisque tu n'es dans cette situation qu'à cause de ton entêtement stupide et absurde.

Mais ne t'en fait pas, ajouta-t-il, se rapprochant d'elle et lui parlant d'une voix à la fois terrifiante et presque réconfortante, mais d'une manière malsaine, je vais bien m'occuper de toi maintenant. »

Le plus terrifiant dans tout cela, se dit-elle, c'était ses yeux, réalisa-t-elle alors qu'elle s'envolait avec lui à ses côtés, et qu'elle constatait également avec douleur que la sensation d'émerveillement qu'elle éprouvait autrefois à la simple idée de voler s'était évanouie depuis longtemps.

Alors qu'ils atteignaient tout les deux le sol et qu'elle sentait qu'elle n'atteindrait pas celui-ci sans dommage, elle sentit avec surprise la magie de Pan l'attirer vers lui, ce dernier la prenant dans ses bras avec une douceur qui l'étonna autant qu'elle la terrifia.

Elle aurait voulu pouvoir se débattre, partir, lui échapper, mais, quand l'étreinte du monstre se resserra sur elle, elle ne résista pas, et finit par sombrer dans l'inconscience.

§§§§

Wendy Darling était tout bonnement magnifique.

Ilaurait bien voulu pouvoir l'embrasser, mais il savait pertinemment que ce n'était pas encore le bon moment.

Il savait être patient quand la situation l'exigeait.

(Au moins deux siècles lui seraient nécessaires pour obtenir le cœur d'Henry Mills, bien sûr qu'il savait attendre.)

Allongée sur le lit dans lequel elle se trouvait déjà la première fois que Pan lui avait fait subir l'épreuve de la cage, la jeune fille n'avait pas encore conscience du regard pervers posé sur elle.

Quand elle ouvrit les yeux une nouvelle fois, son corps lui faisait un peu moins mal, mais la tête lui tournait encore beaucoup, à vrai dire, elle était même étonnée d'être encore en vie.

Voulant éviter qu'elle ne sombre dans l'inconscience une nouvelle fois (ce qui aurait été à la fois très préoccupant pour elle et très ennuyeux pour lui), Peter décida alors, d'un geste, d'utiliser sa magie afin qu'elle ne souffre plus (du moins temporairement) de la faim et de la soif.

Se sentant soudainement beaucoup mieux, Wendy cligna des yeux, surprise de cette marque de… gentillesse ?

Et elle ne put s'empêcher de se demander pourquoi il n'avait pas déjà fait cela avant.

Ah oui, c'est vrai, ça aurait été oublier que ce type n'était rien d'autre qu'un sale enfoiré de merde !

Elle était toujours fatiguée, même si ça allait un peu mieux, maintenant que Peter avait jeté son sort, et qu'elle avait pu se reposer pendant au moins deux ou trois heures.

Si elle avait été entièrement reposée, peut-être se serait-elle dit avec horreur que celui-ci avait dû l'observer pendant le moment où elle avait dormi, ce qui était quant même relativement… enfin non, complètement glauque.

« Merci Peter, fit-elle avec circonspection et avec un peu de réticence. Je suppose… ajouta-t-elle.

- Oh, mais je t'en pris, Wendy, fit-il avec une voix qui la fit frissonner. Tout le plaisir est pour moi… »

Comment, par les dieux, comment diable pouvait-il réussir à rester aussi effrayant et malsain même en démontrant de la gentillesse ?

Ça dépassait l'entendement…

« Je te déteste… Tu le sais déjà, pas vrai ?

- Exact ma petite Wendy… Ce n'est un secret pour personne. »

Elle était toujours allongée, et même si le lit était réellement confortable, elle n'avait qu'une envie : partir.

« Je te repose la question, fit-elle d'une voix qu'elle espérait assurée. Pourquoi est-ce que tu fais tout cela ? Explique moi ! Je veux comprendre ! »

Un sourire beaucoup trop ravi se dessina alors sur le visage du jeune homme qui ne paraissait avoir que dix-sept ans, mais qui était en réalité (en théorie du moins), bien plus vieux que cela.

Peter Pan n'était plus Malcolm depuis bien longtemps, et, même si ce dernier n'avait pas été l'homme le plus vertueux du monde (son fils pouvait en témoigner…), le fait est qu'autrefois, ce qu'il était en train de faire l'aurait horrifié.

Torturer une pauvre gamine pour son propre plaisir ?

Ce n'était pas son genre.

(Non, son genre, c'était plutôt d'abandonner son fils après avoir perdu tout son argent au jeu…

Détail.)

« Je vais te faire une proposition, ma chère Wendy.

- Arrête de me parler comme si je comptais pour toi Peter !

Il la regarda alors avec un air de fausse tristesse sur le visage.

- Mais enfin, tu comptes pour moi ! Protesta-t-il. »

Menteur, pensa-t-elle.

Si c'était vraiment le cas, tu m'aurais laissée partir depuis longtemps.

Tu sais Peter, je tenais à toi autrefois.

Avant que tu ne détruises tout.

Il reprit alors son sourire à la fois malicieux et diabolique.

« Et si on jouait ? »

Il ne put s'empêcher de passer sa main dans ses cheveux, comme autrefois, comme quand elle croyait encore qu'il tenait à elle, qu'il l'aimait.

Avant, quand elle était encore heureuse d'être au Pays Imaginaire.

Quand sa main frôla finalement son visage, elle ferma les yeux, frissonnant.

Elle était toujours fatiguée, mais elle n'avait plus ni faim ni soif (bon, elle avait besoin de se laver, mais c'était une chose à laquelle elle accepterait de penser plus tard), donc étrangement, elle se sentait… bien.

Bien, certes, mais faible.

Trois semaines plus tôt, elle aurait sans doute refusé cette suggestion stupide, mais à vrai dire, elle n'en avait plus la force.

Tout ce qu'elle voulait, c'était que la douleur cesse.

Et comprendre, aussi.

Et elle se moquait du prix qu'elle devrait payer.

« Quoi ? Qu'est-ce que tu veux ? »

Elle savait que quelque chose n'allait pas dans cette situation, que quelque chose clochait, mais le fait est qu'elle ne voulait pas réellement y réfléchir.

Une lueur de convoitise apparut alors dans ses yeux, et elle comprit aussitôt qu'elle avait probablement fait une erreur.

« Toi et moi, nous allons parler. Enfin, moi, surtout. Je vais parler, et te dire ce que je compte faire. Mais par ailleurs…

- Que veux-tu en échange ? Demanda Wendy d'une voix lasse, commençant à être habituée au fait qu'avec lui, rien n'était jamais gratuit.

En terme de marchés, Peter Pan n'avait définitivement rien à envier à son fils…

Il semblait comme vouloir faire durer le plaisir, savourant la peur et la fatigue qu'il voyait dans le regard de la jeune fille apeurée.

« Tu as besoin d'être lavée, très chère… Urgemment… Disons que, pendant que je te ferais prendre ton bain, je t'exposerais mes raisons, et mon plan. Et à l'issue de ce que je te dirai, tu pourras choisir de me rejoindre… Ou de retourner dans ta cage. Pour une durée indéterminée et sans doute encore plus longue que la dernière fois. Tu sais très bien que j'en suis capable, finit-il d'une voix pleine de sous-entendus. »

L'horreur refit surface dans les yeux de la jeune fille, dont la respiration commença doucement à s'affoler, et qui ne se focalisa tout d'abord que sur ses dernières paroles, en oubliant presque l'atrocité qu'il avait prononcé l'instant d'avant.

Non, pas la cage…

Plus jamais la cage.

Tentant de reprendre une respiration plus calme, elle se remémora que ce n'était qu'une menace.

Rien de plus.

Alors, la véritable teneur de sa proposition finit enfin par atteindre son esprit fatigué, et elle sursauta.

« Attends… Quoi ?

- Tu serais donc devenue sourde ? Lui demanda-t-il avec un sourire amusé, plaçant sa main sur son épaule d'un air faussement rassurant, ne manquant pas la lueur de dégoût dans son regard.

Wendy tenta alors de se dégager de sa prise, pour se réfugier au fond du lit, loin de lui, avant de hurler de douleur lorsque son gardien impitoyable resserra son emprise sur son épaule, la broyant presque avec sa magie.

- Ne pense même pas à essayer de t'échapper, lui susurra-t-il avec une douceur cruelle.

- Qu'est-ce que tu veux exactement ? Hoqueta-t-elle avec horreur. Me… »

Elle ne prononça jamais ces mots qui lui faisaient tellement peur.

Me violer ?

Angleterre victorienne ou pas, Wendy Darling n'était pas complètement ignorante non plus.

Elle savait parfaitement que si Peter la voyait nue, même si c'était dans un contexte aussi ordinaire que celui d'un bain, les choses risquaient de mal se terminer pour elle.

Et elle n'avait aucune envie que cela arrive.

Un frisson d'horreur s'empara alors d'elle, tandis que le monstre en face d'elle ne lui répondait toujours pas.

« Pourquoi est-ce qu'il faut que tu gâches toujours tout ? Que tu ruines tout, que tu souilles tout ? Pourquoi Peter, pourquoi faut-il que tu sois un tel monstre ?

- Que veux-tu dire ? En quoi suis-je donc un monstre ?

- Tu le sais très bien ! Tu me fais du chantage, tout ça pour une information que tu ne me donneras sans doute même pas ! Une information qui sera sans aucun doute sans aucun intérêt !

- Alors dans ce cas, pourquoi veux-tu autant la connaître ?

- Je… Je n'en sais rien… Je veux juste comprendre ! »

Comprendre ce qu'il était devenu, comprendre comment et pourquoi il pouvait à la fois se comporter avec gentillesse et être un monstre.

Elle voulait savoir.

Il sourit avec une tendresse bien éloignée de la cruauté dont il avait fait preuve juste avant, avant de desserrer son étreinte.

Elle grimaça de douleur une nouvelle fois, regardant son épaule meurtrie, avant qu'il ne la soigne encore une fois avec sa magie.

Arrêterait-il un jour de la faire souffrir ?

« Tout ce que je veux, continua-t-il, c'est te faire du bien. Rien de plus. Je t'ai nourrie, je t'ai soignée, maintenant, je veux te laver. »

Et sans doute bien plus encore, pensa Wendy, ne pouvant s'empêcher de frissonner à nouveau.

« Je sais me laver toute seule tu sais, lui cracha-t-elle au visage. Je peux le faire par moi-même, tu n'as pas besoin de faire quoi que ce soit, en fait, tu n'as même pas à être là tout court ! »

Wendy n'était pas stupide. Elle savait parfaitement que, magie du Pays Imaginaire ou pas, elle devait empester à cet instant.

Mais elle savait aussi que Peter aurait pu régler cela avec sa magie en un claquement de doigts, et que ce n'était que par pur sadisme qu'il ne le faisait pas.

Et ça la répugnait, la dégoûtait, lui donnait envie de vomir.

Il lui donnait envie de hurler, lui et sa proposition à deux balles.

Pourtant, elle avait également conscience qu'elle avait besoin de lui sur cette île, et que sans lui, elle ne s'en sortirait pas.

Cependant, cela ne voulait pas dire qu'elle était forcée de céder non plus, elle pouvait encore résister, et se battre, et peut-être un jour libérer Baelfire, et s'enfuir avec lui.

Après tout, c'était bien pour ça qu'elle était là, non ?

Elle secoua la tête, se remémorant alors que sa présence ici n'avait rien à voir avec Pan, même si les derniers moments qu'elle avait passés avec lui pouvaient lui faire penser le contraire.

Puis, elle prit soudainement sa décision.

« Tu sais quoi ? Tu peux toujours crever… Hors de question que je cède.

Son expression se remplit de tristesse, et elle ne parvint pas à déterminer si celle-ci était feinte ou non.

- Autrefois, Wendy, tu m'aimais… Et moi aussi je t'aimais.

- Ce n'était pas de l'amour, murmure l'adolescente. Ça n'a jamais été de l'amour. Pas de ta part en tout cas. Tout ce que tu veux, c'est m'utiliser, me briser. Et je ne me laisserais jamais faire ! »

Son expression se durcit soudainement, et une ombre apparut sur son visage.

« Oh, tu crois ça ? Il sourit avec arrogance. Va donc dire ça à Félix… Il a bien fini par m'appartenir, à la fin… Et il en est très satisfait, crois-moi. Et heureux, aussi. Comme tu le seras, un jour prochain. »

Wendy frissonna alors face à ses paroles, ne pouvant pas croire que le garçon qui lui faisait tellement peur avait été un jour quelqu'un de bien, quelqu'un de différent, elle n'arrivait pas à croire que Pan avait réussi à le briser, lui aussi.

Y croire voudrait dire qu'elle pouvait accepter l'idée que Pan pouvait aussi la briser elle.

Et elle refusait de toutes ses forces de le faire.

En aucun cas elle ne voulait lui faire ce plaisir.

Dans un dernier sursaut d'orgueil, elle refusait de laisser ce monstre lui prendre sa dignité, alors qu'il lui avait déjà tout pris avant.

Il eut un dernier sourire.

« Tu sais quoi ? Je ne vais pas me mettre en colère. Je ne vais pas non plus te remettre dans ta cage… Je vais te laisser ici, seule. Pendant, disons… un certain temps. Afin de te laisser réfléchir. Puisque ces trois dernières semaines n'ont pas été suffisantes, j'espère que cette fois-ci, tu comprendras que je ne veux que ton bien.

- En m'enfermant ? Comment cela peut-il avoir seulement un sens ? En quoi cela est-il de l'amour, Peter ?

- Peu importe ce que tu crois Wendy, l'interrompit-il. Voici mes conditions. Tu vas rester ici, jusqu'à ce que tu ais accepté mon marché.

- Tu veux dire « céder à ton odieux chantage ». »

Il hocha les épaules.

« C'est une simple question de point de vue. »

Tu parles.

« Et, soit dit en passant, ajouta-t-il, n'espère pas essayer de t'échapper pendant le laps de temps durant lequel tu seras toute seule. Car le mot prison veut bien dire ce qu'il veut dire.

Il claqua alors des doigts, des entraves entourant la jeune fille qui malgré ses efforts, ne parvint pas à se libérer.

Wendy sentit alors le goût amer de la bile lui remonter dans la gorge.

Elle avait tellement envie de vomir, de hurler, de mourir.

- Et je pense qu'un peu de ce traitement devrait, à la longue, te faire revoir ton jugement en ma faveur. »

Elle aurait pu hurler, protester, se plaindre.

Mais ça n'aurait servi à rien.

« Ne t'en fait pas, ma magie t'empêchera de manquer de quoi que ce soit… murmura-t-il avant de sortir. »

Ce n'est que quand Peter fut sorti de sa chambre que Wendy s'autorisa enfin à pleurer.

§§§§

Sa vie, son existence entière, était devenue une putain de blague.

Le même enfer avait recommencé, encore, pendant deux autres mois.

Il l'avait laissée seule, forcée de rester allongée sur ce foutu lit, sans rien avoir à faire, si ce n'est penser et réfléchir à sa vie.

Elle se demandait combien de temps elle allait réussir à tenir comme ça.

Combien de temps elle saurait résister face à ce que Pan était en train de lui infliger, cette solitude, cette horreur, cette attente sans fin.

Et peu à peu, elle recommença à le haïr.

Le seul bon côté dans tout ça, c'est qu'ici, au moins, elle pouvait se reposer, ce qui n'était pas le cas quand elle était encore… dans la cage.

Mais ce n'était en aucun cas suffisant.

À nouveau, elle sentait qu'elle allait bientôt devenir folle à lier, si ça continuait comme ça.

Au bout de deux mois, elle finit par craquer.

§§§§

Pendant deux mois elle avait hurlé à s'en déchirer la voix.

Elle avait protesté, supplié, imploré.

Deux mois où elle avait été seule, tellement seule, où ni la faim ni la soif ni quoi que ce soit d'autre ne vint la torturer, mais où elle se sentit mourir peu à peu.

Deux mois d'Enfer.

(Mais bon, l'Enfer, elle commençait à connaître, non ?)

§§§§

Quand il vint la revoir, après avoir été rappelé par elle, Peter Pan arborait sur son visage un sourire victorieux, sourire qu'elle aurait voulu lui arracher du visage.

Crève salopard, crève !

« Hé bien, ma chère Wendy, serais-tu devenue plus… conciliante avec le temps ? »

Plus désespérée aurait été un terme plus exact, mais Wendy décida de laisser couler, trop épuisée pour se défendre d'une quelconque manière.

« C'est d'accord… Fit-elle avec difficulté, la voix douloureuse. On va la faire, ta stupide cérémonie, ou je sais pas quoi… Après tout, peu importe…

Elle ne comprenait toujours pas où il voulait en venir, pourquoi il tenait semble-t-il tant à avoir cette foutue emprise sur elle.

- Mais, ajouta-t-elle, il y a quelque chose que je veux faire après cela. Après avoir accompli ta… demande stupide. Je veux voir Baelfire !

- Au cas où tu l'aurais oublié, j'avais justement spécifié que tu n'aurais pas le droit de le voir.

- Je le sais déjà, alors… On va faire ça selon tes conditions. J'irais le voir, mais lui ne me verra pas. Puisque apparemment, c'est ce que tu veux.

- Pourquoi est-ce que j'accepterais de t'accorder cette faveur ?

- Parce que tu me dois bien ça ! Hurla-t-elle avec fureur. Et parce que j'ai besoin de savoir s'il va bien ! »

Elle avait peur, tellement peur qu'il ne soit trop tard et que Baelfire soit déjà mort, de désespoir ou tué par un des sbires de Pan, elle avait tellement peur que tout ses efforts puissent n'avoir servi à rien.

« D'accord, finit-il par dire, à sa grande surprise. Tu pourras le voir… Une fois que toi et moi, on en aura fini, une bonne fois pour toute. »

Elle n'aurait pas dû se sentir autant soulagée, réalisa-t-elle alors…

Et pourtant, c'était bien le cas.

§§§§

La pièce dans laquelle il la mena était bien rangée, semblait à première vue très confortable, et ressemblait trait pour trait à la salle de bain de sa propre maison, et Wendy ne put s'empêcher de frissonner en comprenant ce que cela pouvait signifier.

Ça ne pouvait pas être une coïncidence.

« Tu m'avais promis que tu ne remettrais pas les pieds chez moi… Que tu n'irais plus jamais torturer ma famille à nouveau. Elle le regarda droit dans les yeux. Est-ce que tu as tenu au moins cette promesse-là, Peter ?

- J'ai promis que je ne m'en prendrais pas à eux, pas que je n'irais pas les voir… Et je pensais que ça te ferais plaisir, de voir que j'avais essayé de recréer pour toi un environnement familier que tu connais bien. »

Oui, enfin c'était plutôt un rappel cuisant et douloureux de ce qu'elle avait perdu et ne reverrait plus jamais.

Avec une galanterie qu'elle trouva plutôt mal appropriée, il lui offrit un simulacre de révérence, avant de se saisir de sa main, sans même lui demander la permission.

À nouveau, elle tenta avec difficulté de ne pas trop se sentir dégoûtée.

« Mademoiselle, si voulez bien me suivre. »

Avait-elle seulement le choix ?

Claquant des doigts, il fit alors apparaître en plein milieu de la pièce une baignoire remplie d'eau chaude.

Elle le fusilla du regard.

Si cela lui était tellement facile, alors par la magie, pourquoi diable s'emmerdait-il à mettre en place tout cette machinerie ?

Réponse : pour le simple plaisir de la faire souffrir et de l'humilier, évidemment.

Sa main dans la sienne, qui semblait tenter de reproduire l'illusion d'une étreinte pleine de tendresse lui donnait envie de hurler, tout comme cette foutue mascarade elle-même, qui n'avait absolument aucun sens.

Oh, par les dieux, Pan pensait-il sincèrement qu'elle pourrait un jour l'aimer ?

Après tout ce qu'il lui avait fait ?

Vu la lueur dans son regard, oui, il en était intimement persuadé, et Wendy Darling était bien décidée à lui donner tort.

Et ce, quelque soit le prix à payer.

A suivre…

ND'A : Ha, ha… Je ne sais pas écrire de trucs courts, donc on se voit au prochain chapitre de cet OS (qui ne sera sans doute pas le dernier, je vous préviens.) pour encore plus de situations malsaines. Youpi !